Food Security Outlook

La production agricole est déficitaire du fait des chocs climatiques et sécuritaires.

October 2021

October 2021 - January 2022

February - May 2022

IPC v3.0 Acute Food Insecurity Phase

1: Minimal
2: Stressed
3: Crisis
4: Emergency
5: Famine
Would likely be at least one phase worse without current or programmed humanitarian assistance
FEWS NET classification is IPC-compatible. IPC-compatible analysis follows key IPC protocols but does not necessarily reflect the consensus of national food security partners.

IPC v3.0 Acute Food Insecurity Phase

1: Minimal
2: Stressed
3: Crisis
4: Emergency
5: Famine
Would likely be at least one phase worse without current or programmed humanitarian assistance
FEWS NET classification is IPC-compatible. IPC-compatible analysis follows key IPC protocols but does not necessarily reflect the consensus of national food security partners.

IPC v3.0 Acute Food Insecurity Phase

1: Minimal
2: Stressed
3+: Crisis or higher
Would likely be at least one phase worse without
current or programmed humanitarian assistance
FEWS NET classification is IPC-compatible. IPC-compatible analysis follows key IPC protocols but does not necessarily reflect the consensus of national food security partners.
FEWS NET Remote Monitoring countries use a colored outline to represent the highest IPC classification in areas of concern.

IPC v3.0 Acute Food Insecurity Phase

Presence countries:
1: Minimal
2: Stressed
3: Crisis
4: Emergency
5: Famine
Remote monitoring
countries:
1: Minimal
2: Stressed
3+: Crisis or higher
Would likely be at least one phase worse without
current or programmed humanitarian assistance
FEWS NET Remote Monitoring countries use a colored outline to represent the highest IPC classification in areas of concern.

Key Messages

  • Avec une installation tardive, des séquences sèches et d’un arrêt précoce des pluies en plus des chocs sécuritaires, les productions attendues pour les céréales, les cultures de rente et les pâturages seront inférieures à la moyenne. Cela va se traduire par un épuisement précoce en décembre/janvier des stocks céréaliers et des disponibilités fourragères aggravées par l’inaccessibilité dans les zones de conflits et les pertes dues aux feux de brousse. 

  • Malgré les récoltes en cours, les approvisionnements sont encore inférieurs à la normale et les prix des produits sont au-dessus de la moyenne à cause de la baisse des flux et le niveau élevé des couts de transactions. Cela risque de perdurer à cause des faibles disponibilités céréalières nationales et la perturbation persistante des flux consécutive à des baisses de productions agricoles annoncées dans les pays sources.

  • Les foyers des conflits et de l’insécurité sont restés actifs même pendant la saison des pluies, qui est habituellement une période d’accalmie à cause des obstacles naturels. Les conflits et l’insécurité sont en train de s’étendre à de nouvelles zones au long de la frontière avec le Burkina Faso et avec la fin de la saison des pluies, les incidents sécuritaire et leurs victimes vont augmenter et entrainer des déplacements de personnes d’une ampleur plus grande.

  • L’insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 IPC) est attendu dans la plupart du pays à la faveur des récoltes de céréales et des cultures de rente renforçant le pourvoir d’achat sauf dans le Nord de la région de Tillabéry et le Nord Tahoua où les résultats de  Crise (Phase 3 de l’IPC) prévaudra consécutive au manque de disponibilités alimentaires propres et d’accès à l’assistance alimentaire. Une insécurité alimentaire en Stress (Phase 2 IPC) va dominer dans le pays en février-mai 2022 du fait de l’épuisement des stocks céréaliers et la hausse des prix des produits de consommation. Cette insécurité alimentaire sera en Stress ! (Phase 2 ! de l’IPC) dans les régions de Diffa et Maradi grâce à l’assistance alimentaire et en Crise (Phase 3 de l’IPC) dans les zones de Tillabéry et Tahoua pendant la même période.

CONTEXTE NATIONAL

Situation actuelle

Les faibles précipitations, sinon l’arrêt précoce des pluies, dans la majeure partie de la zone agropastorale enregistrés en septembre n’ont pas permis de rattraper le retard observé dans l’installation de la saison agricole en juin. Les reprises des précipitations et les cumuls des pluies enregistrés en juillet-août ont certes favorisé des conditions hydriques favorables mais n’ont été suffisants pour permettre aux cultures de boucler normalement leur cycle végétatif affectant négativement la production nationale. Les zones les plus concernées par ces aléas climatiques et leurs impacts sur les résultats de la campagne agricole sont les régions de Tillabéry, Agadez, Diffa et Tahoua qui sont par ailleurs des zones où les superficies mises en valeur ont baissé par rapport à la moyenne à cause des effets de l’insécurité sur les activités agricoles. Des baisses de production agricole sont aussi attendues dans les régions de Zinder, Maradi et Dosso suite aux attaques des ennemis des cultures (foreurs de tiges), le stress hydrique et la grêle, mais de faible ampleur.

Malgré les déficits pluviométriques globalement enregistrés, le mois d’aout a été caractérisé par de fortes précipitations ayant occasionné des inondations ayant détruit 7 017 hectares de cultures dunaires et 238 078 personnes sinistrées réparties dans toutes les régions.

Les perspectives de productions fourragères sont aussi compromises dans la zone pastorale car en plus d’une installation tardive des pluies, la campagne pastorale a souffert de longues périodes de sécheresses en juillet et septembre qui ont impacté significativement le bon développement de la biomasse. Aussi, dans la zone pastorale, 88 cas de feux de brousse sont enregistrés sur environ 300 000 hectares dont plus 200 000 hectares dans la région de Tahoua et se sont traduits par une destruction des cultures fourragères. Les zones pastorales les plus touchées par les réductions de disponibilités, sont celles de Tahoua, Zinder, Diffa et Maradi suite aux déficits pluviométriques et aux feux de brousse. Dans les parties Nord des régions de Tillabéry, Tahoua et Diffa, en plus des effets des aléas climatiques et des feux de brousse, l’insécurité réduit l’espace de pâturage pour les animaux. Les animaux s’abreuvent à partir des eaux de surface qui ont un niveau de remplissage moyen à inférieur à cause des déficits pluviométriques enregistrés dans la zone. L’état physique des animaux est encore moyen.

Dans la partie nigérienne du Liptako Gourma, et dans le Sud-ouest de la région de Maradi, la situation sécuritaire continue à être perturbée par des incidents de plus grande ampleur et sévérité (Figure 1). Au Niger, on continue d’observer un accroissement des populations déplacées internes. Selon OCHA, environ 600 000 personnes, sont en situation de déplacement forcé en septembre 2021 dont environ 300 000 personnes déplacées internes (PDI), et 243 000 réfugiés nigérians, maliens et burkinabés. Les régions les plus concernées sont celles de Tillabéry avec environ 51 pour cent des PDIs, Diffa avec 26 pour cent des PDIs, Tahoua avec 18 pour cent des PDIs et Maradi avec 5 pour cent des PDIs. On note une baisse des PDIs dans la région de Diffa à cause de l’organisation par le Gouvernement du Niger des retours de 30 208 personnes (6 036 ménages) dans leurs localités d’origine de Baroua dans l’est de la région de Diffa.

 

La situation relative au COVID-19 indique un total de 6,139 cas confirmés au 13 octobre 2021 contre 5,938 cas le mois passé, soit une augmentation inter mensuelle de 3 pour cent. Les cas de décès sont estimés à un total de 204 cas correspondant à une augmentation de 1 pour cent par rapport à la même période du mois passé.

Le Ministre de la Santé Publique a lancé la troisième campagne de vaccination de masse dans tout le pays. L’objectif est de couvrir 30 pour cent avant la fin de cette année de la population ciblée constituée par les personnes de 18 ans et plus. Le 5 octobre 2021, 1 350 000 doses des vaccins ont été reçues et 2 100 000 autres doses seront reçues grâce à l’initiative COVAX de l’OMS.

Le Niger enregistre aussi une augmentation de cholera. Du 13 mars (date du début de l’épidémie) au 12 0ctobre 2021, au total 5343 cas dont 156 décès, soit un taux de léthalité de 3 pour cent, ont été enregistrés. Les régions les plus touchées sont celles de Maradi avec 3011 cas et 49 décès, Tahoua avec 1239 cas et 64 décès, Zinder avec 566 cas et 20 décès, Tillabéry avec 307 cas et 10 décès et Niamey avec 112 cas et 12 décès. La dynamique de l’épidémie du choléra au Niger montre que sur les 34 foyers de l’épidémie au début de l’épidémie, 10 foyers sont encore actifs au 12 octobre 2021 dont le nombre le plus élevé selon les régions est de 4 foyers actifs observés dans la région de Tahoua. Le seul foyer d’épidémie de la région de Diffa est le district sanitaire de Diffa qui reste encore un foyer actif. Tous les foyers actifs des régions de Dosso et de Niamey sont éteints à partir du 12 octobre 2021. Pour lutter cette épidémie et son impact sur la situation sanitaire et nutritionnelle, le gouvernement a, en collaboration avec les partenaires a déployé des équipes multidisciplinaires dans les régions sanitaires, ravitaillé en intrants de lutte contre le choléra dans les districts sanitaires, ouvert des Unités de traitement de Choléra dans les aires de santé et pris en charge gratuitement les cas confirmés. 

En ce qui concerne la situation nutritionnelle, selon les données collectées à travers le système d’information sanitaire de la division de l’assainissement et l’information sanitaire, entre janvier et août 2021, 273 748 enfants, soit 69 pour cent de la cible annuelle du HRP (396 467) souffrant de malnutrition aigüe modérée (MAM) et 266 283 enfants, soit 58,2 pour cent de la cible annuelle du HRP (457 200) souffrant de la malnutrition aiguë sévère (MAS) ont été admis dans le programme national de Prise en Charge Intégrée de la Malnutrition Aigüe (PCIMA) (Figure 2). Les tendances dans les admissions pour la MAM et la MAS au niveau national montrent une hausse dans le pays particulièrement dans les districts sanitaires où les foyers de choléra restent encore actifs. La situation est davantage plus préoccupante dans les zones frontalières de la région de Maradi où l’on observe une augmentation importante du nombre d’enfants admis pour la prise en charge de la malnutrition aiguë depuis le début de l’année. Les districts sanitaires de Madarounfa, de Guidan-Roumdji, de Tessaoua enregistrent de très nombreux cas à cause des mauvaises pratiques alimentaires et de la présence des enfants venus du Nigéria dans les centres de récupération nutritionnelle de cette partie du Niger.

Sur les marchés céréaliers, la disponibilité des céréales est globalement satisfaisante sur la plupart des marchés, exceptés ceux situés en zone de conflit/insécurité ou enclavée du fait de la disponibilité progressive des nouvelles récoltes. Toutefois, le niveau des disponibilités reste en dessous de la moyenne. Cette baisse est beaucoup plus notable pour les céréales importées (maïs et sorgho) à cause des restrictions sur leurs importations persistantes au Burkina Faso mais levées au Bénin en mi-Octobre. A cela s’ajoute de la réduction des flux en provenance du Nigéria où les baisses sont estimées à plus de 50 pour cent. Actuellement, la demande provient essentiellement des commerçants, de quelques institutions et consommateurs. Les prix de toutes les céréales sont restés presque constants par rapport aux niveaux du mois antérieur. Ils sont cependant en hausse significative particulièrement pour le maïs de 20 et 31 pour cent par rapport à la même période de l’année passée et à la moyenne des cinq dernières années respectivement, à cause du ralentissement des flux du produit en provenance des pays d’approvisionnement.

Sur les marchés à bétail, l’offre du bétail est également stable sur la majorité des marchés en dehors de ceux situés en zone d’insécurité/conflit. La demande de toutes les espèces reste cependant en dessous de la moyenne consécutive à la faible présence des commerçants extérieurs et provient exclusivement des commerçants, des bouchers et des emboucheurs locaux et de quelques commerçants burkinabés et nigérians. Les prix moyens de toutes les espèces d’animaux demeurent presque constants par rapport au mois passé, en raison de l’équilibre observé entre l’offre et la demande sur la plupart des marchés. Ils sont cependant en légère hausse, par rapport à la même période de l’année passée, pour toutes les catégories et en particulier le bouc affichant une hausse de 17 pour cent, le taureau, 10 pour cent et le bélier, 8 pour cent. Ces prix sont en revanche stables pour les ovins et bovins mais en légère hausse de 13 pour cent pour les caprins comparativement à la moyenne des cinq dernières années. Toutefois, l’analyse selon les marchés suivis montre des baisses de prix de plus de 15 pour cent par rapport à la même période de 2020 et à la moyenne des cinq dernières années. Les marchés concernés par ces baisses sont ceux de Téra (-35 pour cent), Kinjindi (-20 pour cent) et Torodi (-21 pour cent) pour les bovins ; Maradi commune (-27 pour cent), Koundoumawa (-22 pour cent) et Boureimi (-19 pour cent) pour les ovins ; Gothèye (-25 pour cent), Nguelkolo (-23 pour cent), Maradi Commune (-20 pour cent), Mangaïsé (-19 pour cent) et Kablewa (-18 pour cent) pour les caprins en raison de la réduction de la demande sur ces marchés.

Les principaux revenus des ménages sont constitués de la vente de produits agricoles, la vente d’animaux et la vente de la main d’œuvre agricole. Compte tenu de la baisse des récoltes, la quantité vendue sont inférieurs à la moyenne ainsi que les revenus gagnés, la demande de main d’œuvre est aussi faible à cause de récoltes réduites et les prix et revenus de la main agricole baisse de 25 à 50 pour cent par rapport à la moyenne. Les revenus de la vente d’animaux sont moyens.

L’analyse de l’état de la réponse humanitaire apportée en mars-aout 2021 indique que sur un total national de 2 300 000 personnes ciblées pour la réponse humanitaire national, 1 500 000 personnes sont atteintes, représentant 67 pour cent des personnes ciblées (Figure 3). L’assistance comprend des distributions gratuites de vivres, farines fortifiées, de légumineuses et de cash au bénéfice de populations pauvres vulnérables, de personnes déplacées internes, de personnes victimes de chocs (inondations, incendies, feux de brousse). L’évaluation de cette réponse au niveau national par la Cellule Crise Alimentaire du Cabinet du Premier Ministre indique qu’il y a une assez bonne à moyenne couverture des besoins des populations ciblés dans les régions de Diffa, Dosso, Niamey, Tahoua et Maradi et une faible couverture dans les régions de Tillabéry et Zinder.

Résultats de la sécuritaire alimentaire : La plupart des ménages pauvres dans le pays consomment actuellement leur propre production agricole, malgré le déficit agricole. Ils font face à une insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC), pouvant couvrir leurs dépenses alimentaires et non-alimentaires suite aux ventes de produits agricoles et à la main d’œuvre agricole. Dans les zones pastorales, les conditions physiques du bétail et la disponibilité de lait se sont améliorées ainsi que la valeur marchande des animaux permettant un accès suffisant aux produits de consommation.

La situation alimentaire dans les zones d’insécurité reste en Stress ! (Phase 2 ! IPC) dans les régions de Diffa et de Maradi grâce à une assez bonne et moyenne couverture des besoins par les assistances alimentaires mais malgré cette assistance les ménages sont dans l’incapacité de couvrir leurs besoins non alimentaires. Cependant la situation est plus critique dans le Nord des régions de Tillabery et Tahoua où l’insécurité alimentaire en Crise (Phase 3 IPC) à cause des déficits alimentaires et de protections consécutifs à la baisse de la production, le faible pouvoir d’achat, le prix élevé des produits de consommation et une faible couverture des besoins par les assistances alimentaires.

Suppositions

  • Perspectives sur la situation sécuritaire :  L’insécurité va s’intensifier à un niveau plus élevé que la moyenne avec la fin précoce de la saison des pluies, ce qui va se traduire par une augmentation du nombre d’incidents sécuritaires, de populations affectées et de déplacements de populations durant la période du scénario. En outre, cette insécurité va s’amplifier avec l’organisation des groupes d’autodéfense qui se forment souvent sur une base ethnique dans les régions de Tillabéri, Tahoua et Maradi, pour lutter contre les incursions de bandits armés et de militants extrémistes. Ils pourront bénéficier du soutien tacite des autorités locales et des forces de sécurité et provoquer des craintes d’une possible augmentation de la violence intercommunautaire opposant les membres des communautés sédentaires aux pasteurs peuls – souvent accusés de soutenir des organisations extrémistes violentes.
  • Les perspectives sur la situation relative au COVID 19 : Avec les faibles taux de vaccination, l’apparition de nouveaux variants et la volatilité de la situation liée au COVID 19 notamment dans plusieurs pays voisins, on pourrait s’attendre à une nouvelle vague au Niger. Ainsi, on pourrait observer à nouveau des effets sur les moyens d’existence des ménages et sur les opportunités économiques du pays qui seraient similaires à la situation observée l’année passée à la même période. Les effets rétroactifs de la pandémie sur le transport urbains, le petit commerce, l’artisanat, le gardiennage, la restauration et les emplois du secteur informel pourraient persister et les revenus des ménages dépendant de ces activités économiques seront inférieurs à la moyenne.
  • Perspectives pour la production agricole et culture de rente : Les productions agricoles seront globalement inférieures à la moyenne. Les baisses de production agricole les plus importantes par rapport à la moyenne seront enregistrée dans les régions d’Agadez, de Tillabéry, Diffa, Tahoua et localement dans la région de Zinder. Tout comme pour les céréales, pour les cultures de rente, les déficits hydriques pourraient conduire à des baisses de production par rapport à la moyenne. La commercialisation du niébé, sésame, souchet et l’arachide par les producteurs pour couvrir certaines dépenses et renforcer les stocks céréaliers ne sera pas soutenue cette année et les revenus de la vente des produits agricoles seront inférieurs à la moyenne.
  • Perspectives pour les cultures de contre saison et de décrue : La faible disponibilité en eau pour conduire les cultures irriguées dont le démarrage est prévu en octobre va négativement affecter les activités de contre saison. Toutefois, les cultures de décrue pourraient être conduites selon le calendrier habituel en janvier/février 2022. Ainsi, une campagne de production maraichère moyenne à déficitaire est attendue.
  • Perspectives sur la production pastorale, la transhumance et l’embonpoint du bétail : L’amélioration de l’embonpoint des animaux et l’augmentation de la disponibilité laitière seront observées en octobre-décembre et même en janvier 2022 et contribueront à renforcer l’alimentation et les revenus pour les ménages éleveurs. Toutefois, dans les zones pastorales de Tahoua, Diffa, Agadez, Tillabéry et Zinder qui seront plus concernés par les faibles disponibilités fourragères cette année à cause de la faible pluviométrie, les feux de brousse et dans certains cas l’insécurité, le mouvement interne des animaux sera perturbé et une descente précoce vers le Sud sera observée en novembre/décembre. Et dans toutes les zones la transhumance transfrontalière des animaux sera moins observée en mars-avril-mai 2022 suite à l’insécurité et la fermeture des frontières des pays d’accueil, et cela va entrainer une forte surcharge animale sur le disponible fourrager dans le sud et autres zones sécures avec pour corollaire un épuisement plus précoce du disponible fourrager, une dégradation de l’embonpoint des animaux en mars-avril et mai 2022.
  • Perspectives sur les achats institutionnels : La reconstitution des stocks par les commerçants, les organisations paysannes, les institutions et les structures étatiques vont s’opérer entre octobre et janvier à un niveau optimal. Toutefois, compte tenu des conditions de précipitations irrégulières enregistrées dans plusieurs zones du pays, cette situation pourrait créer une pression supplémentaire sur les marchés locaux et provoquer davantage la hausse des prix entre janvier et février 2022.
  • Perspectives de la main d’œuvre, de la migration et des transferts : Les emplois locaux pour les travaux de récoltes vont débuter en octobre pour les cultures sous pluies et vont se poursuivre jusqu’en avril pour les cultures de décrue et de contre saison mais à un niveau inférieur à la normale. Les revenus gagnés par les ménages pauvres seront en baisse par rapport à la moyenne. Toutefois, il y’aura les opportunités de vente de paille, de bois et de produits artisanaux qui vont contribuer au pouvoir d’achat des ménages et leur permettre d’augmenter les ressources alimentaires.
  • La migration va démarrer comme habituellement et dans les zones et pays traditionnels de destination mais le nombre de migrants restera inférieur à la moyenne compte tenu du maintien des restrictions et la fermeture des frontières terrestres. Les transferts seront en amélioration par rapport à ceux de l’année passés mais resteront en dessous de la moyenne à cause des effets résiduels persistants du COVID 19 sur l’économie des zones et pays d’accueil.
  • Offre sur les marchés : L’offre de céréales sèches sur les marchés ruraux et urbains devrait augmenter de façon saisonnière au cours des prochains mois au fur et à mesure que les récoltes sont effectuées d’octobre jusqu’en janvier mais elle va rester inférieure à la moyenne à cause des faibles stocks de report, les faibles productions enregistrées et dans les pays d’approvisionnement et les tracasseries routières qui vont entraver les transactions et les flux transfrontaliers.
  • Demande sur les marchés : Suite à la production nationale estimée globalement déficitaire attendue, la demande générale des céréales pour la consommation des ménages sera typique au cours de la période octobre-décembre 2021. Toutefois, on s’attend à une augmentation progressive et saisonnière dès janvier 2022 jusqu’en mai 2022 due aux achats institutionnels directs et le recours aux marchés par les ménages pauvres et ceux des zones déficitaires. La dépendance vis-à-vis des marchés des ménages de la région de Diffa, Tillabéry et Nord Tahoua affectées par les conflits, va s’accroitre, ce qui va se traduire par des quantités demandées qui seront supérieures à la moyenne.
  • Flux : Les flux internes vont se maintenir normalement grâce à la généralisation des récoltes moyennes entre octobre et décembre et approvisionner les marchés éloignés et ceux des zones structurellement déficitaires. A partir de janvier jusqu’en mai 2022, les flux transfrontaliers en provenance du marché régional des pays comme le Benin, le Togo, le Ghana, la Cote d’Ivoire, le Burkina Faso et le Nigéria vont approvisionner les marchés locaux du Niger mais à des niveaux inférieurs à la moyenne suite aux restrictions qui seront maintenues ou reconduites dans certains pays mais aussi surtout à cause des baisses attendues de la production au Nigéria et des prix élevés des produits sur le marché international. Dans les zones de conflit de Tillabéry, Diffa, Tahoua, les flux vont rester perturber et le délai d’approvisionnement sera allongé.
  • Prix des produits alimentaires : Les niveaux de prix vont commencer à baisser de façon saisonnière à partir d’octobre sur la plupart des marchés avec la généralisation des récoltes. Dans les marchés où les baisses sont déjà observées en octobre, elles seront minimes par rapport à celles habituellement observées en cette période de récolte. Entre janvier et mai 2022, les prix alimentaires vont poursuivre leur évolution atypique à la hausse et se situer au-dessus de la moyenne.
  • Prix du bétail : Les marchés à bétail resteront bien animés et les prix des animaux vont rester moyens entre octobre et décembre en espérant une forte demande par les pays côtiers pour supporter les fêtes de Noël et de fin d’année en décembre. Cela pourrait se traduire par une augmentation des revenus et des termes de l’échange favorables pour les éleveurs. A partir de janvier, les prix pourraient connaitre une baisse par rapport à la moyenne quinquennale à cause de la faible demande à l’exportation vers le Nigeria qui demeure le plus important marché de destination et l’état d’embonpoint moyen des animaux.
  • Perspectives sur les interventions humanitaires : Les interventions humanitaires par l’Etat et ses partenaires sont en cours dans la région de Diffa et dans le Sud de Maradi où elles vont continuer toute la période du scénario. Dans les régions de Tillabéry et de Tahoua, les interventions auront lieu mais vont couvrir moins de 20 pour cent des personnes dans le besoin. Dans le reste du pays, ces assistances vont débuter à partir de mars et se poursuivre jusqu’au moins en fin mai comme en année normale sous forme de vente à prix modéré de céréales et de food et/ou de cash for work et donc ne vont bénéficier aux ménages ne disposant de pouvoir d’achat ou de bras valides. Elles contribueront globalement à maintenir des bonnes disponibilités sur les marchés et chez les ménages et favoriser l’accès aux céréales des ménages dans les zones structurellement déficitaires.

Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

La majorité des groupes des ménages pauvres des zones agricoles, agropastorales et pastorales qui sont moins affectés par les effets des inondations cette année vont rester à un niveau d’insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 IPC) en octobre 2021-janvier 2022. Aussi, les ménages se remettent de plus en plus des effets rétroactifs du COVID-19 et disposeront de stocks céréaliers propres couvrant au moins 3 à 4 mois de consommation, en dépit de la baisse de production, et un pouvoir d’achat de céréales grâce aux vente des produits agricoles et de bétail pour assurer leur consommation alimentaire tout en protégeant les moyens d’existence. En février-mai 2022, les stocks vont s’épuiser, les prix des produits de consommation vont se situer à des niveaux très élevés se traduisant par des termes de l’échange en défaveur des vendeurs de produits de rente et d’animaux et un déclin significatif pour les ménages pauvres agricoles, agropasteurs et éleveurs dont la consommation alimentaire se fera à travers des achats à crédit, des emprunts d’argent et des ventes inhabituelles d’animaux. Dans ces zones, une insécurité alimentaire en Stress (Phase 2 de l’IPC) va prévaloir chez au moins 20 pour cent des ménages avec même des portions de ces ménages, ne dépassant pas 5 à 9 pour cent, qui feront face à une insécurité en Crise (Phase 3 de l'IPC).

La situation nutritionnelle au Niger est typiquement marquée même en période de récolte en octobre/novembre/décembre par des prévalences élevées ou très élevées de malnutrition aigues globale qui se situent entre 10 et 15 pour cent. Selon les acteurs humanitaires intervenant dans le secteur de la nutrition, il y’a des risques d’augmentation du nombre d’enfants souffrant de malnutrition aigüe sévère (MAS) cette année à cause des effets conjugués de l’insécurité et des inondations, suivis des déplacements forcés, des endémies et épidémies (paludisme, COVID-19, Choléra, rougeole) sur la situation alimentaire et nutritionnelle de nombreux ménages.

Dans les zones affectées par les conflits et l’insécurité de Tillabéry, Tahoua, Diffa et Maradi, les conditions alimentaires pour les personnes déplacées et les ménages pauvres seront marquées par des stocks faibles ou épuisés, de faibles niveaux d’approvisionnements des marchés avec des prix élevés, des pouvoirs d’achats de produits de consommation fortement bas et donc des déficits de consommation alimentaire pour la majorité des ménages qui seront assistés dans les régions de Diffa et Maradi et restés en Stress ! (Phase 2 ! IPC) et non ou faiblement assistés dans les régions de Tillabéry et Tahoua hôtes de toutes les zones dans les régions de Diffa, Tillabery, Tahoua et Maradi, où l'insécurité civile a perturbé les moyens où l’insécurité alimentaire des ménages sera en Crise (Phase 3 de l’IPC) en octobre 2021-janvier 2022 et février -mai 2022.

EVENEMENTS QUI POURRAIENT CHANGER LES SCENARIOS

Zone

 

 

Evénements

Impact sur les résultats de la sécurité alimentaire

 

 

 

 

National

Plus forte tension sécuritaire

Réduction significative des flux des produits de consommation, de rente et d’animaux et une diminution de la migration et des transferts. L’espace humanitaire sera réduite et il y aura probablement une augmentation du nombre de personnes en Crise (Phase 3 de l’IPC) alimentaire.

Recrudescence des cas COVID et reconduction des restrictions contre le COVID-19.

Baisse significative des revenus aussi bien dans les milieux ruraux qu’urbains conduisant à une insécurité alimentaire des ménages dépendant des activités informelles.

Retard ou insuffisance de fonds pour la mise en œuvre du plan de réponse alimentaire et humanitaire

Baisse des quantités de céréales et de cash distribués ainsi qu’une baisse du nombre de ménages bénéficiaires. Cela engendrera des déficits alimentaires et de protection des moyens d’existence pour une plus grande étendue de zone et une augmentation du nombre de zones et de ménages en insécurité alimentaire

Courte durée de la campagne de cultures de contre saison et de décrue suite au tarissement rapide des points d’eaux et de la faible recharge de la nappe phréatique

Réduction des superficies emblavées et une réduction de la production agricole de saison sèche. Reduction des revenus agricoles de saison sèche suite à la baisse de la production, de la demande de main d’œuvre et de la réduction des produits vendus

 

About Scenario Development

To project food security outcomes, FEWS NET develops a set of assumptions about likely events, their effects, and the probable responses of various actors. FEWS NET analyzes these assumptions in the context of current conditions and local livelihoods to arrive at a most likely scenario for the coming eight months. Learn more here.

About FEWS NET

The Famine Early Warning Systems Network is a leading provider of early warning and analysis on food insecurity. Created by USAID in 1985 to help decision-makers plan for humanitarian crises, FEWS NET provides evidence-based analysis on approximately 30 countries. Implementing team members include NASA, NOAA, USDA, USGS, and CHC-UCSB, along with Chemonics International Inc. and Kimetrica.
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