Remote Monitoring Report

Les mesures restrictives continueront d’impacter négativement la transhumance et les revenus des pauvres

June 2020

June - September 2020

October 2020 - January 2021

IPC v3.0 Acute Food Insecurity Phase

1: Minimal
2: Stressed
3+: Crisis or higher
Would likely be at least one phase worse without
current or programmed humanitarian assistance
FEWS NET classification is IPC-compatible. IPC-compatible analysis follows key IPC protocols but does not necessarily reflect the consensus of national food security partners.
FEWS NET Remote Monitoring countries use a colored outline to represent the highest IPC classification in areas of concern.

IPC v3.0 Acute Food Insecurity Phase

1: Minimal
2: Stressed
3: Crisis
4: Emergency
5: Famine
Would likely be at least one phase worse without current or programmed humanitarian assistance
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IPC v3.0 Acute Food Insecurity Phase

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Key Messages

  • La pandémie de COVID-19 continue de se propager et de s’aggraver dans le pays, justifiant le maintien des mesures restrictives qui affectent négativement les revenus des pauvres du secteur informel dans les villes et aussi les revenus et les transferts de la migration saisonnière. Les transhumants continuent aussi de subir les conséquences néfastes de la fermeture des frontières et la dégradation des ressources alimentaires le long de la frontière avec le Mali et le Sénégal affectent négativement l’état d’embonpoint de leurs animaux.

  • Près de 69% des pauvres devraient recevoir des transferts monétaires suffisants pour satisfaire à leurs besoins essentiels entre juin et septembre. Cela renforcera leur accès alimentaire et favorisera ainsi une insécurité alimentaire aigue Stress ! (Phase 2 ! de l’IPC) dans la zone de culture pluviale plus exposée à l’effet cumulé d’une soudure précoce et d’une perte de revenu suite aux mesures restrictives du COVID-19.

  • Les ménages pauvres de Nouakchott et des autres centres urbains ont subi des pertes d’opportunité d’emplois et des baisses de revenus lors des restrictions contre la propagation du COVID-19 telles que la fermeture des points de commerces, des restaurants, le couvre-feu, et des restrictions de déplacement. Bien que certaines restrictions ont été assouplies en juin (ouverture du commerce et des restaurants moyennant le respect des mesures barrières), les ménages, en particuliers ceux du secteur informel, continuent de faire face au ralentissement de l’économie et sont actuellement en insécurité alimentaire Minimale ! (Phase 1 ! de l’IPC) suite aux distributions de kits alimentaires réalisées depuis avril et aux transferts monétaires en cours.

  • L’installation à temps des pluies dans le pays et la poursuite d’une saison normale permettront des récoltes moyennes et l’accès typique au lait et produits animaux, ce qui favorisera une normalisation de la situation alimentaire des ménages entre octobre et janvier. Toutefois, le ralentissement de l’économie, la baisse de la demande de main-d’œuvre et les pertes d’emplois pourraient encore impacter négativement les revenus des ménages pauvres surtout en milieu urbain et dans la zone agricole.

ZONE

ANOMALIES ACTUELLES

ANOMALIES PROJETÉES

Nationale

Depuis le 29 avril, le pays enregistre une explosion et une expansion de la maladie avec 4149 cas confirmés dont 2604 cas actifs et 126 décès à la date du 27 juin. En plus de la capitale, la maladie touche sept autres wilayas dans le pays. Les autorités ont ainsi prolongé jusqu’en fin juin les mesures restrictives, notamment l’interdiction de voyage de passagers entre les wilayas, le couvre-feu de 20 heures à 6 heures, le maintien de la fermeture des frontières et la fermeture des marchés à partir de 17 heures.

En raison de la fermeture des frontières, les animaux sont concentrés dans les wilayas du Gorgol et de Guidimakha, le long de la frontière avec le Mali et le Sénégal. La dégradation des pâturages et les difficultés d’accès à l’eau dans les zones n’ayant pas encore reçu de pluies suffisantes, affectent négativement l’embonpoint des animaux et les prix de vente sur les marchés.

La pandémie de COVID-19 pourrait demeurer encore préoccupante dans le court à moyen terme compte tenu de l’accroissement des cas de contaminations communautaires et du nombre élevé de cas actifs à travers le pays. Le maintien des mesures restrictives continuera d’affecter négativement les activités de transhumance, les revenus des ménages en milieu rural et urbain et le fonctionnement normal des marchés.

En attendant la régénération des pâturages en juillet, le surpâturage et l’insuffisance d’eau dans certaines localités des Wilayas de Gorgol, de Guidimakha, de Trarza et des deux Hodhs continueront d’affecter négativement l’état d’embonpoint des animaux et la production laitière. Le maintien de l’interdiction de circulation entre les wilayas pourrait freiner le retour des transhumants dans leurs localité d’origine entre aout et octobre.

PERSPECTIVE PROJETÉE À JANVIER 2021

Depuis le début de juin, des précipitations précoces cumulant 20 à 60 mm ont été enregistrées localement dans la plupart des wilayas. Selon les prévisions saisonnières (PRESASS), la saison sera humide et s’installera à temps dans le pays avec une pluviométrie normale à excédentaire entre juin et septembre. Une saison normale favoriserait des productions agricoles moyennes en octobre/novembre et une disponible fourragère moyenne entre juillet et janvier.  Malgré l’impact négatif de la maladie sur l’économie, le gouvernement compte renforcer son soutien à la production à travers l’accroissement des aménagements agricoles et la dotation de semences améliorées. Le pays a aussi réactivé son plan de prévention et de lutte contre les criquets pèlerins. Selon les prévisions de la FAO et CILSS, une invasion acridienne de grande ampleur est peu probable. Même si des essaims devraient arriver dans le pays, ils ne seraient pas massifs de sorte à compromettre sérieusement les récoltes.

Les pluies tombées restent encore insuffisantes pour parier au manque d’eau dans certaines localités des Wilayas de Gorgol, de Guidimakha, de Trarza et des deux Hodhs. En plus, la concentration du bétail le long de la frontière avec le Mali et le Sénégal en raison de la fermeture des frontières terrestres entraine un surpâturage, ce qui dégrade l’embonpoint des animaux par rapport à une période typique. Le manque d’eau et de pâturage affecte aussi la production du lait, ce qui sert typiquement comme source de revenu et d’alimentation pour les ménages pauvres. L’installation à temps des pluies devrait favoriser une régénération des pâturages à partir de mi-juillet et permettre un retour progressif des transhumants vers leur localités d’origine entre août et octobre. Toutefois, l’interdiction de voyage entre les wilayas sans autorisation en cours pourrait empêcher ces retours. Dans la zone agricole et agropastorale, la pression continue sur les ressources eaux et pâturages ainsi que les dégâts de champs par les animaux pourraient accroitre le risque de conflits entre agriculteurs et éleveurs si leur départ est retardé par les restrictions. Dans les zones de départ des transhumants, l’accès au lait pour les ménages restés sur place resterait réduit avec l’absence du bétail.

Les marchés sont ouverts, mais les acteurs doivent respecter les mesures barrières, qui sont en cours au moins jusqu’à la fin de juin. L’obligation de leur fermeture à 17 heures, le couvre-feu et l’interdiction des voyages entre wilayas, réduisent leur fréquentation et limitent leur temps d’animation. Dans les centres urbains et particulièrement dans la capitale, l’Indice Harmonisé des Prix à la Consommation a connu le mois dernier une hausse de 3,1% par rapport à mai 2019, due principalement à l’accroissement des coûts du poisson frais de mer (6,8%) et de la santé (9,8%). En effet, le couvre-feu réduit la durée de pêche, d’où baisse de l’offre et hausse de 11% et 25% du prix dans les centre-urbains de Niouadhibou et Nouakchott respectivement. Les ménages ont dû dépenser plus pour respecter les mesures barrières, notamment l’achat de savon, de gel hydro alcoolique et de masques de protection. Par rapport à l’année passée, les centres urbains de Aioun et Rosso enregistrent respectivement des hausses de prix de 14 et 33% pour le riz importé du fait des pratiques spéculatives.

A l’intérieur des wilayas, les distributions alimentaires réalisées au cours des mois d’avril et de mai et les contrôles ont favorisé une stabilité des prix dans l’ensemble par rapport à l’année passée. Toutefois, le ralentissement des flux entrant de céréales à partir du Mali, les réductions localisées dans l’approvisionnement et les pratiques spéculatives des commerçants, ont entrainé des hausses sur certains marchés : sur le marché de Boghé dans la wilaya de Brakna, la hausse des prix atteint 48% pour le riz importé, 38% pour le maïs et 22% pour le mil. Sur les marchés de Lexeiba dans la wilaya de Gorgol et Silibaby dans la wilaya de Guidimakha, le prix du sucre est en hausse respectif de 20 et 25%. Sur le marché de Adel-Bagrou dans le Hold El Chargui, le prix du mil est en hausse de 15%.

De même, l’opération en cours de vente d’aliment bétail (88000 tonnes) à prix subventionné a permis de stabiliser voire entrainer de légères baisses sur prix du rakhal, excepté dans certaines zones de forte concentration de bétail où la demande est plus forte. A Selibaby par exemple, le prix est en hausse de 20% comparé à l’année passée. La dégradation de l’état d’embonpoint des animaux, l’offre plus élevée que la demande et le disfonctionnement des marchés entrainent une baisse des prix des animaux. Sur le marché de Adel-Bagrou par exemple, le prix des ovins est en baisse de 19% par rapport à l’année passée. Généralement à l’approche de la fête de Tabaski en fin juillet, la hausse de la demande favorise une hausse des prix. En collaboration avec le gouvernement sénégalais, il sera procédé à l’ouverture temporaire des frontières terrestres pendant 90 jours (45 jours avant la fête et 45 jours après) pour faciliter le commerce du bétail. Des autorisations spéciales seront aussi délivrées aux commerçants pour faciliter le transport le long du corridor. Cependant, compte tenu de la baisse du pouvoir d’achat des ménages aussi bien à l’intérieur que dans les pays habituels d’exportation (Sénégal, Mali), cette demande pourrait être plus faible et ne permettra pas une amélioration significative des prix. La régénération des pâturages à partir de juillet, tout en favorisant l’amélioration de l’embonpoint des animaux et la disponibilité de lait, réduira les achats d’aliments bétail et les ventes de bétail par les ménages. De ce fait entre aout et janvier les prix des animaux pourraient se stabiliser par rapport à leurs moyennes saisonnières pendant la période.

Les mesures restrictives affectent aussi les revenus des ménages pauvres surtout dans la zone de culture pluviale où plus du tiers des revenus provient des transferts de la migration saisonnière et permanente. En effet, pendant que les hommes offrent leur main-d’œuvre pour le gardiennage et l’entretien des animaux des plus riches, les femmes et les jeunes rejoignent habituellement les centres urbains entre décembre et avril pour effectuer des travaux domestiques ou des travaux journaliers dans le commerce, au port et sur les périmètres irrigués. Environ 30 à 40% des revenus sont mensuellement transférés pour aider le reste de la famille. L’occurrence de la pandémie en mars a réduit leur accès aux centres urbains et a limité la demande de main-d’œuvre. Pour ce qui ont migré aux centres urbains avant la mise en place des restrictions, ils ne peuvent pas rentrer dans leurs wilayas d’origine pour aider avec la campagne agricole qui se lance.

Dans les milieux urbains, les revenus des pauvres sont aussi impactés négativement car les activités génératrices de revenu dans l’artisanat, les loisirs, et la restauration connaissent un ralentissement en raison du couvre-feu et de la baisse de l’activité touristique. Toutefois, la réouverture des points de commerce permet à certaines personnes de reprendre leurs activités dans le secteur informel, même si celle-ci est au ralenti en raison de la réduction de la demande. D’autres personnes s’exercent dans les petits métiers journaliers ou offrent leur main-d’œuvre dans les sites de construction de bâtiments et travaux publiques. Les opérations de distributions alimentaires et de cash et d’aliments bétail en cours depuis avril offrent aussi des opportunités d’emploi (gardiennage de magasins, transport et manutention, distribution). Avec l’assistance en cours, ces ménages sont en insécurité alimentaire de Minimal ! (Phase 1 ! de l’IPC).

Après les distributions alimentaires en avril et mai au profit d’environ 200 000 personnes (Agence Mauritanienne d’information) soit 11% de la population pauvre, le gouvernement est en train de réaliser des transferts monétaires au profit de 186 293 familles, soit environ 1 300 000 personnes représentant près de 69% de la population pauvre. Le montant du transfert (22500 MRU) devrait permettre aux bénéficiaires de répondre à leurs besoins essentiels entre juin et septembre. Cela favorisera entre juin et septembre une insécurité alimentaire aigue Stress (IPC Phase 2 !) dans la zone de culture pluviale. Les transferts devraient aussi faciliter l’accès alimentaire des ménages en milieu urbain et dans les autres wilayas. Les récoltes de dattes qui commencent dans la wilaya d’Adrar (avec une production jugée bonne) contribueront aussi à l’alimentation des ménages entre juin et aout, même si les revenus tirés de la vente et de l’activité touristique pourraient baissés par rapport à la normale du fait des restrictions de mouvements. 

Entre octobre et janvier, Les récoltes moyennes, et l’accès typique au lait et produits animaux devraient permettre une normalisation de la situation alimentaire des ménages. Toutefois, le ralentissement de l’économie, la baisse de la demande de main-d’œuvre et les pertes d’emplois pourraient encore impacter négativement les revenus des ménages pauvres surtout en milieu urbain et dans la zone agricole. Leurs moyens d’existence resteront sous pression (Phase 2 de l'IPC).  

About Remote Monitoring

In remote monitoring, a coordinator typically works from a nearby regional office. Relying on partners for data, the coordinator uses scenario development to conduct analysis and produce monthly reports. As less data may be available, remote monitoring reports may have less detail than those from countries with FEWS NET offices. Learn more about our work here.

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The Famine Early Warning Systems Network is a leading provider of early warning and analysis on food insecurity. Created by USAID in 1985 to help decision-makers plan for humanitarian crises, FEWS NET provides evidence-based analysis on approximately 30 countries. Implementing team members include NASA, NOAA, USDA, USGS, and CHC-UCSB, along with Chemonics International Inc. and Kimetrica.
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