Food Security Outlook

Insécurité et la baisse des productions agricoles par endroits réduiront l’accès des pauvres aux vivres

October 2021 to May 2022

October 2021 - January 2022

February - May 2022

IPC v3.0 Acute Food Insecurity Phase

1: Minimal
2: Stressed
3: Crisis
4: Emergency
5: Famine
Would likely be at least one phase worse without current or programmed humanitarian assistance
FEWS NET classification is IPC-compatible. IPC-compatible analysis follows key IPC protocols but does not necessarily reflect the consensus of national food security partners.

IPC v3.0 Acute Food Insecurity Phase

1: Minimal
2: Stressed
3: Crisis
4: Emergency
5: Famine
Would likely be at least one phase worse without current or programmed humanitarian assistance
FEWS NET classification is IPC-compatible. IPC-compatible analysis follows key IPC protocols but does not necessarily reflect the consensus of national food security partners.

IPC v3.0 Acute Food Insecurity Phase

1: Minimal
2: Stressed
3+: Crisis or higher
Would likely be at least one phase worse without
current or programmed humanitarian assistance
FEWS NET classification is IPC-compatible. IPC-compatible analysis follows key IPC protocols but does not necessarily reflect the consensus of national food security partners.
FEWS NET Remote Monitoring countries use a colored outline to represent the highest IPC classification in areas of concern.

IPC v3.0 Acute Food Insecurity Phase

Presence countries:
1: Minimal
2: Stressed
3: Crisis
4: Emergency
5: Famine
Remote monitoring
countries:
1: Minimal
2: Stressed
3+: Crisis or higher
Would likely be at least one phase worse without
current or programmed humanitarian assistance
FEWS NET Remote Monitoring countries use a colored outline to represent the highest IPC classification in areas of concern.

Key Messages

  • Les récoltes en cours bien qu’inférieures à celle de l’année dernière et à la moyenne quinquennale, sont favorables à une disponibilité alimentaire suffisante dans le pays durant l’année alimentaire 2021/22. La disponibilité de la propre production et le prix des céréales similaires à légèrement supérieurs à la moyenne permettent à la majorité des ménages l’accès aux vivres sans grande difficulté et d’être en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC).

  • Les ménages pauvres du sahel occidental, par endroits au centre du pays connaitront une soudure précoce entrainant une dégradation de la situation alimentaire vers la phase Stress (Phase 2 de l’IPC) à partir de mai 2022 à cause de la baisse moyenne à importante de leurs productions agricoles.

  • Les conditions d’élevage moyennes à bonnes dans le pays augurent une soudure pastorale normale pour le bétail à partir d’avril sauf dans le sahel occidental et par endroits dans les régions du nord où elle sera précoce à cause de la dégradation rapide des conditions d’élevage liée au déficit de pâturage et au surpâturage notamment dans les zones d’insécurité où l’accès aux ressources pastorales reste limité.

  • L’insécurité alimentaire de stress en cours dans le Liptako Gourma se dégradera en Crise (Phase 3 de l’IPC) à partir de mai 2022 en absence d’assistance humanitaire. Cependant, des ménages pauvres déplacés dans les zones d’insécurité, ceux de retour et qui rencontrent des difficultés d’insertion dans le circuit socio-économique et ceux victimes des inondations au cours de la saison des pluies mais qui ne valent pas les 20 pourcent requis pour phaser toute la zone sont en insécurité alimentaire de Crise (Phase 3 de l’IPC) qui se poursuivra jusqu’en mai en absence d’assistance alimentaire.

NATIONAL OVERVIEW

Situation Courante

Productions agricoles : Les prévisions de production de céréales de septembre 2021 sont légèrement en hausse de 4,9 pour cent par rapport à celles de l’année dernière et de 7,7 pour cent par rapport à la moyenne quinquennale selon le rapport de la Cellule de Planification et des Statistiques/service du Développement rural (CPS/SDR). Cependant, l’insuffisance voire l’arrêt précoce des pluies observés depuis ces prévisions par endroits dans la bande du sahel occidental de Koulikoro Kayes, Ségou et Mopti en plus de la réduction des superficies emblavées dans les zones d’insécurité, réduiront les productions attendues par rapport à l’année dernière et à la moyenne quinquennale. Les récoltes globalement inférieures à la moyenne en cours dans le pays améliorent les disponibilités alimentaires et l’accès des ménages aux vivres. Les rémunérations en nature et en espèce issues des activités de mains d’œuvre, des récoltes, offrent des opportunités moyennes de nourriture et de revenus pour les ménages pauvres. La campagne de contre-saison de maraichage et de céréales qui démarre, augure des perspectives moyennes à bonnes grâce à la bonne disponibilité des eaux au niveau des cours d’eau, les barrages et mares de retenue. La hausse des superficies emblavées de coton de 31 pour cent par rapport à la moyenne quinquennale grâce à un prix d’achat incitatif réhaussera le revenu des producteurs de coton à un niveau moyen à supérieur à la moyenne dans les zones concernées.

Productions de l’élevage : Les pâturages sont jugés moyens à bons dans l’ensemble particulièrement dans les zones pastorales des régions du nord du pays avec toutefois des zones de déficit notamment dans le sahel occidental. Les conditions d’abreuvement sont moyennes à bonnes dans l’ensemble grâce au remplissage moyen des retenus d’eau. L’état d’embonpoint des animaux et le niveau des productions animales sont moyens dans l’ensemble et ils améliorent l’alimentation et le revenu des ménages éleveurs. Les troupeaux transhumants ont amorcé le retour vers les zones de concentration de saison sèche et pour les résidus de récoltes et dans la bande du fleuve pour le « Bourgou ». La situation zoo-sanitaire est relativement calme dans l’ensemble. La campagne de vaccination qui a démarré en octobre se poursuit de façon typique partout à travers le pays.

Production de pêche : La baisse habituelle des captures de poisson est observée en cette période de hautes eaux. Les captures sont jugées faibles par rapport à la moyenne à cause des perturbations sécuritaires dans les principales zones de pêche du delta intérieur du Niger de Mopti et des régions de Tombouctou et de Gao. Ailleurs elles sont moyennes.

Fonctionnement des marchés et prix : Les disponibilités alimentaires restent suffisantes sur tous les marchés et ils sont en amélioration grâce aux nouvelles récoltes. Toutefois, la détérioration de la situation sécuritaire dans la zone de l’Office du Niger en particulier celle de Niono, limite les mouvements de populations et réduit le niveau d’approvisionnement des marchés dans la zone. L’offre de céréales présente la hausse habituelle mais moins marquée qu’en année normale à cause des perspectives de production en dessous de la moyenne dans beaucoup de zone ; ce qui entraine une rétention des stocks paysans. Le prix de la céréale de base par rapport à la moyenne quinquennale en fin septembre sur les marchés des capitales régionales est en hausse de 12 pour cent à Kayes (sorgho), 57 pour cent à Sikasso (maïs), 8 pour cent à Ségou (mil), 8 pour cent à Gao (mil) et 21 pour cent à Ménaka (mil). Le prix est en baisse de 7 pour cent à Koulikoro (mil), 13 pour cent à Tombouctou (mil) et similaire à Mopti (mil). Pour les denrées importées, une hausse de 10 à 30 pour cent est observée notamment pour l’huile (15 à 30 pour cent), la farine de blé (10 à 25 pour cent), le lait en poudre (5 pour cent). L’exonération à l’importation et les subventions du Gouvernement ont permis de limiter la hausse de prix de ces denrées.

L’offre de bétail est stable par rapport au mois passé mais en dessous de celle d’une année normale sur les marchés des zones d’insécurité à cause de la désertion desdits marchés. Les prix du bétail sont supérieurs à la moyenne grâce aux effets cumulés de l’insécurité qui réduisent l’offre, du coût élevé de l’aliment de bétail, entrainant par conséquent une hausse du prix de la viande rouge excédant 20 pourcent par rapport à la moyenne. Par rapport à la moyenne quinquennale, le prix de la chèvre, qui est l’animal le plus vendu par les ménages pauvres pour accéder à la nourriture, est en hausse de 55 pour cent à Ménaka, 32 pour cent à Tombouctou et Mopti, 25 pour cent à Rharous et 23 pour cent à Nara. Les termes de l’échange chèvre/céréales sont dans l’ensemble stables ou en amélioration par rapport au mois passé et à la moyenne quinquennale sur les marchés pastoraux suivis par FEWS NET. Par rapport à la moyenne quinquennale, ils sont similaires à Gao (+2 pour cent) et en hausse de 6 pour cent à Bourem, 24 pour cent à Rharous, 29 pour cent à Ménaka, 32 pour cent à Mopti et 51 pour cent à Tombouctou ; ce qui est favorable pour l’accès des ménages éleveurs aux marchés.

Accessibilité : La disponibilité de la propre production en cette période de récolte, les dons/zakat et les produits issus de la rémunération en nature durant les travaux de récoltes permettent à la majorité des ménages d’accéder à la nourriture sans grandes difficultés dans les zones de production en dépit des récoltes en dessous de la moyenne. L’évolution favorable des prix des principales denrées de base à un niveau similaire à supérieur à la moyenne et l’amélioration des termes de l’échange bétail/céréale dans la plupart des zones pastorales (Figure 1) sont favorables à un accès moyen des ménages agropastoraux à la nourriture. Toutefois, dans les zones de conflit du centre et du nord du pays, la dégradation importante des moyens d’existence liée à l’insécurité persistante et aux déplacements inhabituels, marquée par les pertes de biens et l’arrêt des activités économiques, limite l’accès des ménages pauvres aux vivres et particulièrement pour les personnes déplacés qui sont dépendantes des parents/amis, et, dans certaines zones, de l’aide humanitaire à travers les distributions de vivres et de non vivres couvrant leurs besoins minimum de 2100 kilocalories. ​Les ménages pauvres des centres urbains rencontrent des difficultés d’accès aux vivres et aux non-vivres à cause de la baisse de leurs revenus liée à la conjoncture difficile et aux effets de la COVID-19 qui a réduit le niveau des transferts monétaires pour plus de 28 pour cent des ménages (mVAM, Sept 2021).   

Situation sécuritaire : La situation sécuritaire reste volatile dans les régions du nord, du centre du pays et s’est détériorée depuis juillet dans les cercles de Niono et de Ségou (le nord de la zone office du Niger) et de Nara. Une baisse globale de 18 pour cent du nombre d’incidents a été observée entre le mois d’août et de septembre 2021 selon Armed Conflict Location & Event Data Project (ACLED), soit 85 incidents en septembre contre 104 au mois d’août. Les attaques armées, les affrontements entre groupes armés, les braquages et aussi les assassinats ciblés continuent d’engendrer des perturbations sur les activités socio-économiques dans les zones concernées à travers les dysfonctionnements de marchés, les pillages, la perturbation des travaux agricoles, etc. La baisse de revenus liée à ces pertes d’activité et les difficultés d’accès humanitaire, réduisent les capacités des ménages à satisfaire convenablement leurs besoins alimentaires et non-alimentaires dans ces zones.

Mouvement de population : En fin septembre 2021, le nombre de personnes déplacées était estimé à 401 736 personnes (CMP, rapport Sept. 2021) à travers le pays à cause de la persistance des incidents sécuritaires dans les régions du Nord, du Centre et dans la région de Ségou et de Koulikoro. Dans le cercle de Niono, des déplacements massifs de populations de certains villages sont observés à la suite des exactions des groupes armés. Un retour timide des réfugiés et quelques personnes déplacées serait en cours sur la base des négociations et des accords entre communautés, et se poursuit avec l’appui du Gouvernement et des agences humanitaires. Le conflit armé pour 82 pour cent des déplacés, le conflit communautaire pour 43 pour cent d’entre eux et les catastrophes naturelles pour 10 pour cent (DTM, rapport juillet 2021) restent les principales raisons des déplacements de population. Selon le même rapport, 66 pour cent des PDI vivent principalement dans des familles d’accueil, contre 28 pour cent dans des sites spontanés et 5 pour cent dans des centres collectifs.

Assistance humanitaire : Dans le cadre de l’assistance saisonnière, plus de 985 283 personnes soit 75 pour cent des personnes en besoin ont reçu des assistances mensuelles en vivres principalement sous forme de cash/coupon et en appuis aux moyens d’existence (726 069 personnes) principalement sous forme de cash de janvier jusqu’en août 2021 (Cluster Sécurité alimentaire, Septembre 2021) de la part du Gouvernement et des partenaires humanitaires. Pour la même période, 245 307 personnes déplacées ont reçu de l’assistance alimentaire et non alimentaire dans le cadre du mécanisme de réponse rapide, qui se poursuit à travers le pays. Les appuis en moyens d’existence se poursuivent dans le cadre du renforcement de la résilience.

Situation nutritionnelle : L’amélioration habituelle de la situation nutritionnelle est observée grâce à la disponibilité des premières récoltes, le maintien des prix des denrées, la disponibilité des produits animaux (lait, beurre, fromage), qui sont favorables à un accès moyen des ménages aux denrées alimentaires diversifiées (produits animaliers, légumineuses, légumes, céréales). En fin octobre 2021, le nombre des admissions au niveau des structures de prise en charge de la malnutrition est globalement en baisse d’environ 8 pourcent par rapport à celui de 2020 pour la même période soit 195 880 en 2021 contre 212 080 en 2020. Le dépistage et la prise en charge des cas de malnutritions se poursuivent au niveau des structures de santé opérationnelles. 

Sécurité alimentaire courante : L’amélioration saisonnière de la consommation alimentaire est de plus en plus observée grâce à la disponibilité des nouvelles récoltes et les termes de l’échange bétail/céréales en hausse qui réduisent les difficultés d’accès aux vivres. La réduction des stratégies d’adaptation qui en résultent de même que la diversification alimentaire, contribuent à améliorer la consommation alimentaire des ménages à travers le pays La consommation alimentaire des ménages devrait être en amélioration saisonnière et proche de la moyenne grâce aux récoltes en cours qui améliorent leurs accès aux vivres. Par conséquent, la majorité des ménages se retrouvent en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC). Quant aux ménages pauvres dans les zones d’insécurité, du Liptako Gourma et les déplacés pauvres, incapables de satisfaire leurs besoins alimentaires sans recourir à des stratégies d’adaptation atypiques de réduction de dépenses alimentaires, d’emprunt en nature ou en espèce, sont en insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC). Toutefois, des ménages pauvres déplacées et les ménages très pauvres dans les zones d’insécurité qui n’ont pas pu cultiver à cause de l’insécurité ou des inondations et qui connaissent une forte dégradation de leurs moyens d’existence avec déficit important de protection voire de survie sont en Crise (Phase 3 de l’IPC). 

Suppositions

Le scenario le plus probable de la sécurité alimentaire d’octobre 2021 à mai 2022 se base sur des suppositions fondamentales, par rapport à l’évolution du contexte national, qui sont :

  • Productions agricoles de saison :  Le retard d’installation des pluies, la mauvaise répartition des pluies dans le sahel occidental et/ou la baisse de superficies dans les zones d’insécurité du centre et du nord et dans le nord du cercle de Niono et aux inondations dans la vallée du fleuve, engendreront une baisse des productions agricoles qui seront inférieures à celles de 2021 et similaires à inférieures à la moyenne quinquennale, ce qui entrainera un épuisement précoce des stocks dans les zones concernées.
  • Cultures de contre-saison : Le niveau de remplissage moyen des retenues d’eau (mares et lacs de décrue) et le niveau de la crue globalement inférieur à la moyenne sur les cours d’eau, augurent des perspectives de productions moyennes pour les cultures de contre-saison à partir d’octobre pour les cultures maraichères, de janvier/mars pour les cultures de riz au niveau des périmètres irrigués et les cultures de décrue dans les régions de Tombouctou, Kayes, Mopti et de Gao.
  • Productions animales/mouvement du bétail : La production normale à excédentaire des pâturages particulièrement dans les zones pastorales en plus des résidus de récolte et de la reconstitution moyenne des points d’eau sont favorables à une bonne alimentation animale et une production animale (lait, beurre, viande) moyenne d’octobre à mai 2022. Dans les zones d’insécurité du nord et du Liptako-Gourma, des perturbations liées aux incidents sécuritaires limiteront l’accès des troupeaux à certains pâturages ; ce qui affectera négativement les productions animales.
  • Pêche : La bonne crue sur les cours d’eau est favorable à une bonne reproduction des poissons. Les perspectives de production pour la campagne de pêche de novembre à mai 2022 sont moyennes à supérieures à la moyenne et moyennes à inférieures à la moyenne dans les zones de conflit du delta intérieur du Niger.
  • Main d’œuvre non agricole : Les activités habituelles de main d’œuvre non agricole et de petits métiers de novembre à mai se poursuivront normalement dans le pays. Toutefois, l’insécurité dans les zones du Liptako Gourma, des régions du Nord, les séquelles de la COVID-19 particulièrement dans les centres urbains, limiteront les opportunités d’emplois et réduiront en dessous de la moyenne les revenus tirés de ces activités.
  • Main d’œuvre agricole : Les opportunités pour les travaux de récolte, le transport et le battage seront en dessous de la moyenne à cause de la baisse attendue des productions agricoles. Les activités de contre-saison maraichères, de décrue et du riz d’octobre à mars et de préparations des terres pour la nouvelle campagne agricole d’avril à mai constitueront des opportunités moyennes de main d’œuvre pour les ménages pauvres.
  • Migration :  Les départs habituels de bras valides à la recherche de ressources observés se poursuivront jusqu’en février vers les zones de grandes productions du pays pour les travaux de récolte et les pays voisins. Les sites d’orpaillage ouverts à partir d’octobre seront les destinations privilégiées de beaucoup de migrants dans les régions de Kayes, Koulikoro et de Sikasso. Les transferts monétaires des migrants, resteront en dessous de la moyenne à cause des séquelles de la COVID-19 sur la reprise des activités économiques dans les pays d’accueil.
  • Prix des céréales : La baisse saisonnière des prix entamée grâce aux récoltes moyennes en cours devrait se poursuivre jusqu’en janvier. La reconstitution des stocks communautaires à partir de janvier/février notamment des banques de céréales, coopératives et institutionnelles (OPAM, PAM, ONG), qui seront à un niveau moyen à supérieur à la moyenne et les demandes supérieures à la moyenne attendues des pays voisins, engendreront la hausse saisonnière des prix dès janvier et qui se poursuivra jusqu’en mai. Les prix des céréales seront à un niveau similaire à supérieur à la moyenne d’octobre à janvier et supérieurs à la moyenne de janvier à mai.
  • Prix du bétail : La tendance de prix supérieure à la moyenne devrait se maintenir jusqu’en avril/mai grâce avec la hausse habituelle de la demande de viande pour les fêtes de fin d’année mais également pendant le Ramadan qui interviendra en avril. A partir d’avril, la dégradation habituelle des conditions d’élevage avec perte d’embonpoint pour le bétail engendrera la baisse saisonnière des prix qui resteront tout de même similaires à supérieurs à la moyenne, mais en dessous de la moyenne dans les zones du Liptako-Gourma et par endroits dans les régions du nord où des perturbations énormes de marchés sont observées à cause de l’insécurité.
  • Reconstitution des stocks institutionnels : Les achats pour la reconstitution du Stock National de Sécurité qui est pratiquement vide à cause de sa mobilisation à la soudure passée, se feront de janvier à mars pour plus de 30000 tonnes de mil/sorgho ; ce qui est au-dessus de la moyenne.
  • Situation sécuritaire/politique : La pose d’engins explosifs et les confrontations entre l’armée régulière et les groupes armés devraient se poursuivre à un niveau similaire à 2020. Les attaques susceptibles d'augmenter en fréquence et en intensité dans les régions occidentales du pays notamment les régions de Kayes et Koulikoro, où des groupes armés tentent d'étendre leur influence.
  • La situation politique au Mali devrait rester tendue jusqu'au début de 2022, avec des manifestations de plus en plus fréquentes de décembre 2021 à février 2022 - et au-delà en cas de report des élections. En plus, la réticence de la CEDEAO pour un report des élections constitue une menace sérieuse sur les activités économiques du pays en cas de sanctions économiques de la CEDEAO.
  • Mouvement des populations : La fin de la saison des pluies qui coïncide avec l’intensification des incidents sécuritaires sera de nature à maintenir la tendance de hausse du nombre de personnes déplacées estimé en fin septembre 2021 à 401 736 personnes (CMP). Au même moment, des retours timides de populations de réfugiés de la Mauritanie, du Niger et du Burkina Faso continueront à être enregistrés.
  • Assistances humanitaires : Les planifications pour l’assistance alimentaire pour les prochains mois sont toujours en cours. Toutefois, typiquement, l’assistance humanitaire diminue à partir d’octobre et reprendra vers janvier dans le cadre de la réponse à la soudure pastorale. Pour les populations déplacées qui ne valent pas 20% de la zone, l’assistance en vivres et non vivres se poursuivra dans le cadre du mécanisme rapide de réponse (RRM) durant toute la période.

Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

L’accès de la majorité des ménages aux aliments s’est amélioré grâce à la disponibilité de la propre production bien que faible par endroits, des produits de la rémunération en nature et en espèce pour les travaux de récolte, vente des produits animaliers (lait, beurre, fromage) et la baisse du prix des denrées alimentaires à un niveau similaire à légèrement supérieur à la moyenne. L’amélioration de la consommation alimentaire, la réduction du recours aux stratégies d’adaptation alimentaire et non alimentaire permettent à la majorité des ménages du pays d’être en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC), d’octobre 2021 à janvier 2022. Les revenus moyens tirés de la vente des produits agricoles, du bétail, des activités habituelles et l’amélioration des termes de l’échange bétail/céréales permettront aux ménages pauvres de disposer des moyens d’accéder aux marchés sans grandes difficultés. Cependant, la baisse des revenus et la dégradation des moyens d’existence à cause de l’effet combiné de la COVID-19 et de l’insécurité, continuera à affecter négativement les capacités des ménages pauvres du Liptako Gourma et centres urbains à satisfaire convenablement leurs besoins alimentaires et non alimentaires. Par conséquent, ces ménages incapables de satisfaire leurs besoins alimentaires sans recourir de façon atypique à la main d’œuvre, à la migration et à la réduction des dépenses alimentaires seront en insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC) d’octobre 2021 à janvier 2022.

De février à mai 2022, l’épuisement précoce des stocks à partir de février/mars pour les ménages pauvres des zones du Sahel occidental, du Liptako Gourma et par endroits dans les régions de Tombouctou, Gao et de Ménaka à cause de la baisse des productions agricoles engendrera une dépendance plus longue que d’habitude au marché. La baisse globale des revenus particulièrement pour les zones d’insécurité aux moyens d’existence fortement dégradés, la hausse des prix des céréales, limiteront l’accès des ménages pauvres des zones citées aux denrées alimentaires. Les ménages pauvres auront alors recours à la réduction des dépenses non alimentaire et alimentaire, en optant pour les aliments moins préférés et moins chers, à la réduction du volume des repas et les départs massifs à la migration. La consommation alimentaire alors acceptable en cette période de récolte connaitra une dégradation précoce dès mars à cause du recours aux aliments les moins chers et la réduction du volume des repas. Il en sera de même pour la malnutrition qui sera à un niveau supérieur à la moyenne. Les ménages pauvres dans les zones de faible production du nord des régions de Kayes, Koulikoro, Ségou, incapables de satisfaire leurs besoins alimentaires et non alimentaires sans recourir aux stratégies d’adaptation atypiques seront en insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC) de mars à mai 2021. Quant aux ménages pauvres de la zone du Liptako Gourma, notamment dans les cercles de Bankass, Koro, Ménaka, Douentza, Gourma Rharous qui connaissent une soudure précoce dans une conjoncture difficile liée à l’insécurité et à la faiblesse des assistances humanitaires qui toucheront moins de 25 pour cent des personnes en besoins, connaitront une dégradation de leur situation alimentaire en Crise (Phase 3 de l’IPC) à partir de mai. Les ménages déplacés et certains villages du cercle de Niono, représentant moins de 20 pour cent de la population de la zone, sous l’emprise des groupes armés resteront en situation de Crise (Phase 3 de l’IPC) entre février à mai 2022.

 

Zone  Evénements  Impact sur les conditions de la sécurité alimentaire 
Toute la région  Dégâts importants de feux de brousse sur les pâturages de mars à mai  Les dégâts énormes des feux de brousse sur les pâturages de décembre à mai, réduiront significativement la disponibilité en pâturage ; ce qui engendrera des difficultés d’alimentation du bétail. La dégradation de l’embonpoint et la baisse des productions animales voire plus de mortalité qui en découleront, affecteront négativement les moyens d’existence des ménages agropasteurs.

Les zones frontalières avec le Niger 

Toute la région 

Appuis humanitaires conséquents en vivres et en non-vivres pour les ménages pauvres dans les zones à anomalie 

Epizootie de décembre à mai 

 

Une intensification de l’assistance humanitaire en vivres couvrant au moins 20 pour cent des besoins pour la majorité des ménages pauvres affectés par la crise sécuritaire, les déplacements inhabituels, et les inondations améliorera leur situation alimentaire.

 

L’insécurité limite les activités du service vétérinaire, ce qui pourrait engendrer une recrudescence des épizooties comme la fièvre aphteuse, la péri- pneumonie contagieuse bovine et les charbons (bactéridien et symptomatique) dans les zones de concentration de bétail. Les pertes de cheptels par mortalité et baisse des productions animales affecteront négativement le capital animalier des éleveurs et leurs revenus.  


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About Scenario Development

To project food security outcomes, FEWS NET develops a set of assumptions about likely events, their effects, and the probable responses of various actors. FEWS NET analyzes these assumptions in the context of current conditions and local livelihoods to arrive at a most likely scenario for the coming eight months. Learn more here.

About FEWS NET

The Famine Early Warning Systems Network is a leading provider of early warning and analysis on food insecurity. Created by USAID in 1985 to help decision-makers plan for humanitarian crises, FEWS NET provides evidence-based analysis on approximately 30 countries. Implementing team members include NASA, NOAA, USDA, USGS, and CHC-UCSB, along with Chemonics International Inc. and Kimetrica.
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