Food Security Outlook

L’insécurité et la hausse des prix des denrées alimentaires réduisent l’accès des ménages aux vivres

February 2022

February - May 2022

June - September 2022

IPC v3.0 Acute Food Insecurity Phase

1: Minimal
2: Stressed
3: Crisis
4: Emergency
5: Famine
Would likely be at least one phase worse without current or programmed humanitarian assistance
FEWS NET classification is IPC-compatible. IPC-compatible analysis follows key IPC protocols but does not necessarily reflect the consensus of national food security partners.

IPC v3.0 Acute Food Insecurity Phase

1: Minimal
2: Stressed
3: Crisis
4: Emergency
5: Famine
Would likely be at least one phase worse without current or programmed humanitarian assistance
FEWS NET classification is IPC-compatible. IPC-compatible analysis follows key IPC protocols but does not necessarily reflect the consensus of national food security partners.

IPC v3.0 Acute Food Insecurity Phase

1: Minimal
2: Stressed
3+: Crisis or higher
Would likely be at least one phase worse without
current or programmed humanitarian assistance
FEWS NET classification is IPC-compatible. IPC-compatible analysis follows key IPC protocols but does not necessarily reflect the consensus of national food security partners.
FEWS NET Remote Monitoring countries use a colored outline to represent the highest IPC classification in areas of concern.

IPC v3.0 Acute Food Insecurity Phase

Presence countries:
1: Minimal
2: Stressed
3: Crisis
4: Emergency
5: Famine
Remote monitoring
countries:
1: Minimal
2: Stressed
3+: Crisis or higher
Would likely be at least one phase worse without
current or programmed humanitarian assistance
FEWS NET Remote Monitoring countries use a colored outline to represent the highest IPC classification in areas of concern.

Key Messages

  • La production de céréales de la campagne 2021-2022 pratiquement similaire à la moyenne des cinq dernières années (-6%), favorise une disponibilité alimentaire satisfaisante dans le pays. Cependant, les baisses localisées de récoltes liées à la sècheresse et/ou à l’insécurité ont réduit les disponibilités alimentaires dans les zones d’insécurité du Centre et du Nord où l’accès à certains marchés est perturbé.

  • Les conditions d’élevage globalement moyennes dans le pays sont favorables à une soudure pastorale normale d’avril à juin excepté dans la bande du Sahel occidental et par endroits dans les zones d’insécurité du centre et du nord où elle sera précoce dès février au lieu d’avril à cause du déficit de pâturage et des concentrations inhabituelles de troupeaux.

  • L’accès des ménages aux céréales est moyen dans l’ensemble grâce à la disponibilité moyenne de leurs propres productions bien que faibles par endroits et des paiements en nature. Cependant, la poursuite des conflits qui affecte négativement l’environnement économique et la baisse du revenu des ménages, la hausse des prix par rapport à la moyenne quinquennale réduisant les termes de l’échange chèvre/mil, continuera d’affecter négativement l’accès des pauvres aux denrées alimentaires.

  • L’insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) en cours dans le sahel occidental connaitra une détérioration en Stress (Phase 2 de l’IPC) à partir d’avril jusqu’en septembre à cause de la soudure précoce liée à l’épuisement rapide des stocks et à la hausse inhabituelle des prix des céréales qui affecte les capacités d’accès des pauvres aux vivres. Quant aux ménages du Liptako Gourma, la situation de Stress (Phase 2 de l’IPC) en cours se dégradera en Crise (Phase 3 de l’IPC) d’avril à septembre 2022 à la suite des impacts négatifs de l’insécurité sur les moyens d’existence et du recours aux stratégies d’adaptation négatives de réduction du volume et de la qualité des repas et aussi aux ventes de biens d’équipement. 

CONTEXTE NATIONAL

Situation Courante

Production agropastorale : L’évolution des cultures de contre-saison est jugée globalement moyenne dans le pays mais mauvaise dans les zones d’insécurité de la bande du Liptako Gourma et du nord du cercle de Niono à cause de l’insécurité qui a limité l’accès aux parcelles. Les récoltes en cours, notamment pour le maraichage, procurent des revenus moyens aux ménages exploitants et améliorent leur alimentation. Dans les zones des lacs et mares de Kayes, Tombouctou, Mopti et Gao, l’installation des cultures de décrue se poursuit. Toutefois, le faible niveau de remplissage des lacs et des mares à cause de l’insuffisance des pluies et l’insécurité qui limite l’accès des ménages aux exploitations réduiront les productions pour les cultures de décrue de février à mars (maïs, légumineuses) et à partir de septembre pour le riz et le mil/sorgho. Ces activités constituent des opportunités moyennes de revenus et de nourriture pour les ménages pauvres qui s’adonnent à cette activité.

La disponibilité moyenne des pâturages et des points d’eau est favorable à une soudure pastorale normale dans le pays excepté dans la bande du sahel occidental de Kayes (Kayes, Nioro, Yélimané, Diéma) où une descente précoce des transhumants de la Mauritanie venus en surnombre est observée et par endroits dans les zones d’insécurité du centre et du nord du pays où les perturbations dans le mouvement des troupeaux limitent l’accès à certains parcours pastoraux suffisamment pourvus en biomasse ; ce qui impacte négativement l’embonpoint du bétail. Les troupeaux sont dans les zones de concentration de saison sèche au niveau des points d’eau permanents et dans la bande du fleuve. La descente habituelle des troupeaux transhumants se poursuit avec toutefois des perturbations observées dans les zones de conflit du centre et du nord du pays particulièrement dans la zone du Liptako Gourma, de Ménaka et du nord des régions de Ségou (Niono, Macina). La production laitière est moyenne à bonne à la faveur des conditions d’élevage moyennes à bonnes. La situation zoo sanitaire est calme dans l’ensemble et la campagne de vaccination du bétail débutée en novembre se poursuit avec l’appui de certains partenaires humanitaires.

Production de pêche : L’évolution de la campagne de pêche est moyenne dans l’ensemble. La hausse habituelle des captures est observée grâce à la décrue sur les cours d’eau et la levée des mises en défens. Le départ des ménages de pêcheurs vers les pêcheries habituelles des barrages et des lacs est en cours comme d’habitude. L’insécurité dans le delta du Niger engendre par moment des perturbations qui réduisent le niveau des captures et par conséquent le revenu des pêcheurs.

Fonctionnement des marchés et prix : L’approvisionnement des marchés en céréales est suffisant dans l’ensemble pour les céréales locales mais à un niveau inférieur à la moyenne pour les denrées alimentaires importées à cause de la baisse des flux commerciaux à la suite des sanctions de la CEDEAO et du coût élevé des transactions. La baisse de l’offre en céréales locales par rapport à la moyenne s’explique par la baisse des productions et la rétention des stocks au niveau des grands producteurs. Aussi, le dysfonctionnement des marchés dans certaines zones de production lié à l’insécurité dans les zones du centre et nord de la région de Ségou, limite les flux vers les marchés.

Le prix de la principale céréale (mil, sorgho et maïs) consommée en fin janvier au niveau des capitales régionales est partout en hausse par rapport à la moyenne quinquennale. Les hausses sont de 63 pourcents à Ségou, 59 pourcents à Sikasso, 41 pourcents à Gao, 38 pourcents à Mopti, 32 pourcents à Tombouctou 28 pourcents à Kayes, 25 pourcents à Koulikoro et 9 pourcents à Kidal ce qui réduit l’accès des ménages aux denrées alimentaires.

L’offre de bétail sur les marchés est en hausse par rapport au mois dernier dans l’ensemble surtout dans la zone du sahel occidental et dans le Liptako Gourma où la soudure pastorale précoce liée aux mauvaises conditions d’élevage et le dysfonctionnement des marchés incitent à plus de vente sur les marchés plus sécurisés des régions voisines, afin de limiter les pertes dues aux mortalités et pillage/vol. La limitation des exportations vers le Nigéria et la fermeture des frontières affectent le dynamisme des marchés de bétail du pays.

Les prix du bétail sont dans l’ensemble moyens à supérieurs à la moyenne ; ce qui est favorable au maintien du revenu des ménages pastoraux. Le prix en fin janvier de la chèvre qui est l’animal le plus vendu par les ménages pauvres, est par rapport à la moyenne quinquennale en hausse de 55 pourcents à Ménaka, 32 pourcents à Tombouctou et Mopti, 25 pourcents à Rharous et 23 pourcents à Nara ; ce qui est favorable à un revenu pastoral moyen à supérieur à la moyenne pour les ménages aisés qui disposent encore des effectifs contrairement aux pauvres qui sont limités à cause de leurs effectifs très réduits pour plus de 30 pourcents à cause des fortes sollicitations depuis l’avènement de la crise en 2012.

Accessibilité : La hausse des prix des céréales (mil, sorgho, maïs) de plus de 30 pourcents par rapport à la moyenne limite l’accès des ménages pauvres aux aliments particulièrement dans les zones d’insécurité. Dans ces zones d’insécurité, la dégradation des moyens d’existence liée à la perturbation des activités économiques et aux pertes de biens (bétail, équipements, etc.) et aussi dans les centres urbains à cause de la dégradation des termes de l’échange main d’œuvre/céréales et des effets de la covid et de la conjoncture internationale, ont réduit les opportunités de revenus. Dans les zones de mauvaise production du sahel occidental, dans le Liptako Gourma et aussi par endroits dans la vallée du fleuve, l’épuisement rapide des stocks engendre une dépendance plus marquée que d’habitude des ménages aux marchés. La réduction moyenne à importante des productions dans plus de 30 pourcents des villages dans la bande frontalière avec le Burkina à cause de l’insécurité continue d’affecter négativement l’accès des ménages dans ces zones. Il en est de même pour les ménages du nord du cercle de Niono. Les termes de l’échange chèvre/mil (Figure 1) à cause de la hausse des prix des céréales, sont en dégradation à Gao et Rharous (-24%), Mopti (-20%), Ménaka (-4%) ; ce qui réduit l’accès des ménages pasteurs aux marchés. Ils sont en légère amélioration à Nara (+7%), Bourem (+5%) et Tombouctou (+4%).

Situation sécuritaire : La situation sécuritaire se caractérise par une intensification des offensives militaires dans les zones d’insécurité du pays où les incidents sécuritaires se poursuivent. Les perturbations socio-économiques qui en résultent dans les régions du centre et du nord du pays particulièrement dans la zone du Liptako Gourma, réduisent les opportunités d’emplois et de revenus par rapport à la moyenne pour les ménages de la zone. Les pertes de biens et les pillages de bétail et de récolte en cours, liées à ces incidents sécuritaires engendrent des dégradations des moyens d’existence qui limitent les capacités des ménages à satisfaire leurs besoins alimentaire et non alimentaire. Le dysfonctionnement des services sociaux de base et les difficultés d’accès humanitaire dans les zones concernées, aggravent l’insécurité alimentaire pour les ménages et limitent la reconstitution de leurs moyens d’existence fortement dégradés. Toutefois, la tendance à la dispersion des groupes armés grâce aux offensives militaires réduiront leurs capacités de nuisance ; ce qui sera favorable à une redynamisation des activités économiques dans les zones concernées. 

Mouvement de population : Les départs habituels de bras valides à la recherche de ressources supplémentaires sont en cours vers les centres urbains du pays et des pays voisins. Dans les zones d’insécurité du centre et nord du pays et dans les zones de faible production, une intensification inhabituelle des départs de bras valides et aussi des ménages est observée. Quant aux déplacements des populations dans les zones d’insécurité, ils se poursuivent avec environ 350 110 personnes (CMP, Dec.2021) dont 46,6 pourcents dans la seule région de Mopti. L’effectif des personnes déplacées internes (PDI) est en baisse de 13 pourcents par rapport à septembre 2021 et en légère hausse de 5 pourcents par rapport à décembre 2020. Des retours de réfugiés maliens du Niger, Burkina Faso et la Mauritanie continuent d’être enregistrés à travers le pays.

Consommation alimentaire : La consommation alimentaire connait son amélioration habituelle grâce à la disponibilité moyenne des récoltes de céréales, de légumineuses, de produits maraichers et des produits animaliers (lait, fromage, viande). Cependant, l’épuisement précoce des stocks dans les zones de mauvaise production notamment le sahel occidental, le Liptako Gourma, la vallée du fleuve Niger de Gao a engendré une dégradation précoce de la consommation alimentaire et un recours précoce aux stratégies de réduction des dépenses non alimentaires et de la préférence aux aliments les moins chers. Le score de consommation alimentaire pauvre plus limite qui était de 24,9 pourcents à l’échelle du pays selon ENSAN de septembre 2021 devrait connaitre son amélioration habituelle et être proche de la moyenne quinquennale des mois de février qui est autour de 13,5 pourcents. Quant à la diversité alimentaire, elle est au maximum pour la plupart des ménages en cette période grâce à la disponibilité des denrées alimentaires diversifiées. L’indice de faim se situe au niveau moyen de la période qui est de 8 pourcents de faim modérée à sévère (ENSAN, septembre 2021). 

Suppositions

Le scenario le plus probable de la sécurité alimentaire de février à septembre 2022 se base sur des suppositions fondamentales, par rapport à l’évolution du contexte national, qui sont :

  • Pluviométrie/crue : La saison pluvieuse 2022 débutera à temps en mai au sud du Mali dans la zone soudanienne et évoluera graduellement vers le nord pour s’installer au début du mois de juillet dans la partie la plus septentrionale de la zone sahélienne. Le cumul pluviométrique de la période de mai à août selon les prévisions saisonnières sera au-dessus de la moyenne. L’installation des pluies de façon graduelle de mai à juin voire mi- juillet suivant les zones climatiques du sud au nord du pays favorisera la régénération des pâturages herbacés et ligneux et la reconstitution des points d’eau à un niveau moyen à supérieur à la moyenne.
  • Production des cultures de contre-saison: Les récoltes moyennes en cours pour les cultures maraichères et celles attendues pour les contre-saison de blé en avril et de riz en juin-juillet amélioreront les disponibilités alimentaires et procureront des revenus moyens au niveau des ménages exploitants excepté dans la zone de l’Office du Niger où la réduction des superficies liée à l’insécurité réduira par rapport à la moyenne le niveau des productions et les revenus issus de ces cultures de contre-saison.

Les autres sources de revenus et de nourriture :

  • Productions animales/mouvement des troupeaux : Les conditions d’élevage moyennes à supérieures à la moyenne sont favorables à une production animale (lait, beurre, viande) moyenne dans les zones agricoles du sud du pays et inférieures à la moyenne dans les zones du sahel occidental et dans les zones d’insécurité où des difficultés d’accès aux pâturages sont observées. La reconstitution des conditions d’élevage à partir de juin/juillet relancera les productions animales. Dans les zones d’insécurité du nord et du Liptako-Gourma, des perturbations liées aux incidents sécuritaires limiteront l’accès des troupeaux à certains pâturages ; ce qui affectera négativement les productions animales.
  • Productions halieutiques : Les perspectives de capture durant la campagne de pêche en cours et qui se poursuivra jusqu’en mars/avril sont moyennes au niveau des différentes zones de pêche du pays. La reprise de la crue en juin/juillet grâce à l’installation des pluies réduira comme d’habitude le niveau des captures de poisson.
  • Migration : Les départs habituels des bras valides vers les centres urbains du pays, les sites d’orpaillage, et des pays voisins commencés depuis octobre se poursuivront jusqu’en mars en dépit des conditions sanitaires exigées (vaccination, test COVID ne dépassant pas 48 heures) et à la fermeture des frontières pour les pays de la CEDEAO. Les sites d’orpaillage continueront comme d’habitude à attirer une grande partie de la main d’œuvre de février à juin à partir duquel, la fermeture officielle des sites sera décidée. Les retours des bras valides pour les activités agricoles seront observés à partir d’avril jusqu’en juillet. Une baisse des envois par rapport à la moyenne sera globalement observée à cause des séquelles de la COVID-19 sur les activités économiques dans le pays et les pays d’accueil ainsi que les conséquences des sanctions économiques et financières sur l’économie nationale.
  • Main d’œuvre : Les activités habituelles de main d’œuvre non agricole et de petits métiers de février à septembre se poursuivront normalement dans le pays. Toutefois, l’insécurité dans les zones du Liptako Gourma, des régions du Nord, les séquelles de la COVID-19 et des sanctions économiques de la CEDEAO, particulièrement dans les centres urbains, limiteront les opportunités d’emplois et réduiront les revenus tirés de ces activités qui seront légèrement en dessous de la moyenne.

Les marchés :

  • Flux céréalier/bétail : Les flux des céréales seront à un niveau moyen à inférieur à la moyenne compte tenu de la production moyenne du pays, des faibles stocks de report et aussi de l’interdiction d’exportation des céréales. Pour le bétail, les flux internes ne devront pas connaitre de changement majeur en cette période de restriction des mouvements liée à la COVID-19 et à la fermeture des frontières avec les pays voisins, cependant, ceux en provenance ou à destination du Sénégal et de la Côte d’Ivoire poursuivront leur baisse jusqu’à la levée de l’interdiction d’exportation. La hausse des flux de bétail en cette période de retour des transhumants se maintiendra jusqu’en juin et sera au-dessus de la moyenne dans les zones qui connaissent des conditions d’élevage difficiles.
  • Prix des céréales : La tendance de prix supérieure à la moyenne quinquennale en cette période de post -récolte devrait se maintenir de février à septembre. Les fortes demandes de reconstitution du stock national de sécurité pour les besoins d’assistance aux personnes en besoin de juin à septembre contribueront à maintenir la pression sur les marchés. Les récoltes des contre-saisons de riz et des cultures de décrue réduiront les pressions sur les marchés et contribueront à limiter la tendance inflationniste. La tendance de prix de la principale céréale (mil) dans le pays supérieur par rapport à la moyenne de 10 pourcents à 30 pourcents sur les principaux marchés se maintiendra jusqu’en septembre 2022.
  • Prix du bétail : La tendance de prix supérieure à la moyenne pour le bétail devrait se maintenir jusqu’en avril/mai grâce à la hausse habituelle de la demande pendant le Ramadan qui interviendra en avril. A partir d’avril, la dégradation habituelle des conditions d’élevage avec perte d’embonpoint pour le bétail engendrera la baisse saisonnière des prix qui resteront tout de même similaires à supérieurs à la moyenne, mais en dessous de la moyenne dans les zones du Liptako-Gourma et par endroits dans les régions du nord où des perturbations énormes de marchés sont observées à cause de l’insécurité. L’amélioration des conditions d’élevage à partir de juillet et les demandes de la fête de Tabaski engendreront la hausse saisonnière habituelle des prix.
  • Achats institutionnels : Les achats institutionnels dans le cadre de la reconstitution du stock national de sécurité et des interventions humanitaires pour plus de 60 000MT de mil/sorgho et ceux du PAM et d’autres organismes humanitaires durant l’année 2022 dans le cadre du Plan National de Réponses seront moyens à supérieurs à la moyenne même si les transferts de cash sont de plus en plus privilégiés notamment par les agences humanitaires. Toutefois, un mauvais choix de la période des achats qui ne sont pas encore lancés risquent d’exacerber la pression sur les marchés et tirer les prix à un niveau supérieur à celui attendu et qui sera amplifié par les effets des sanctions économiques de la CEDEAO.

 Les autres enjeux importants :

  • Actions humanitaires : Le plan national de réponses en préparation prévoit une assistance alimentaire mensuelle en demi-ration soit 50 pourcents des besoins pour environ un million neuf cent mille personnes (1 841 000 personnes soit 9 pourcents de la population) de juin à septembre 2022 à travers tout le pays et particulièrement dans les régions de Mopti (29,1% de la population), Tombouctou (16,7%), Gao (31,7%). Les difficultés financières du gouvernement nées des sanctions économiques et financières de la CEDEAO et celles liées à la mobilisation des fonds de la compagnie d’assurance ARC (African Risk Capacity) affecteront le niveau des assistances notamment dans les zones du Sud du pays. Il en sera de même pour les partenaires humanitaires qui feront face à des difficultés de transaction financières. En plus, les difficultés d’accès humanitaire dans les principales zones d’anomalie affecteront négativement l’impact des assistances programmées. Malgré l’élaboration du plan de réponses, mais les difficultés financières auxquelles il est probablement confronté, et sur la base des tendances passées et des informations sur le terrain, on suppose que l’aide atteindra au moins 25 pourcents de la population dans les zones de Mopti, Gao, Ménaka pour au moins 50 pourcents de leurs besoins minimaux en kcal.
  • Situation sécuritaire : Les incidents sécuritaires persistent dans le centre et le nord du pays et se sont étendus dans la région de Ségou et dans le sahel occidental. Des incidents se poursuivront avec une baisse d’intensité grâce aux opérations militaires et aux différentes négociations communautaires en cours. Cependant, le retrait des forces françaises pourrait contribuer à une reconstitution des groupes armés dans le nord du pays qui échappe encore au contrôle du Gouvernement. Aussi, les tensions perceptibles entre les autorités de la transition et une partie de la classe politique risquent de perturber le climat social ; ce qui sera mis à profit par les groupes armés pour multiplier les incidents sécuritaires.
  • Mouvement des populations : Les déplacements inhabituels de populations aussi bien vers d’autres zones plus sécures de la zone et aussi vers le Burkina se poursuivent avec toutefois une baisse de 13 pourcents par rapport à septembre. En fin décembre 2021, plus de 350 110 personnes déplacées ont été dénombrées soit une baisse de 5 pourcents par rapport à la même période en 2020. Cette tendance à la baisse se maintiendra durant la période de scenario à cause de l’intensification des opérations militaires et la dispersion des groupes armés dans la zone.
  • Impacts des sanctions de la CEDEAO et de l’UEMOA : La situation politique au Mali devrait rester tendue jusqu'en septembre 2022, avec des manifestations des « opposants à la transition » qui seront de plus en plus fréquentes. Les sanctions économiques et financières doublées de la fermeture des frontières terrestres et aériennes de la CEDEAO imposées au Mali pour non-respect du délai initial de la transition, contribueront à affaiblir les capacités financières du Gouvernement dans cette conjoncture difficile à faire face aux besoins vitaux du pays. La hausse des prix des produits importés en particulier alimentaires et en dépit des mesures de fixation de prix, de subvention des opérateurs économiques, réduira les capacités d’accès des ménages pauvres à la nourriture.

Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

La disponibilité moyenne de céréales en cette période de post -récolte et les revenus moyens à proches de la moyenne sont favorables à un accès moyen de la majorité des ménages aux aliments particulièrement dans les zones agricoles. La disponibilité moyenne des produits animaliers (lait, beure, fromage) et des produits maraichers ont contribué à l’amélioration habituelle de la consommation alimentaire ; ce qui a réduit le recours aux stratégies d’adaptation atypiques pour la majorité des ménages. Par conséquent, la majorité des ménages se trouve en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) et qui se poursuivra de février à septembre 2022. Toutefois, la hausse des prix des denrées de base et la dégradation des moyens d’existence liée à l’effet combiné de l’insécurité et des aléas climatiques dans les zones d’insécurité du nord, du centre et dans le sahel occidental, réduisent les capacités d’accès au marché des ménages pauvres de ces zones. Ces ménages pauvres en insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC) et qui ont recours précocement aux stratégies de réduction des dépenses non alimentaires, d’intensification de la migration et des activités de mains d’œuvre, connaitront une dégradation de leur situation en insécurité alimentaire de Crise (Phase 3 de l’IPC) à partir d’avril.

Les ménages pauvres de la région du sahel occidental et de la vallée du fleuve Niger de Tombouctou et de Gao dépendent généralement de la combinaison de leurs propres productions et des achats sur le marché pendant cette période de l’année. A cause de l’épuisement précoce de leur propre production deux mois plus tôt liée à la mauvaise pluviométrie, ces ménages dépendront de manière atypique des marchés. Cependant, les prix des denrées alimentaires de base devraient être d’environ 30 pourcents au-dessus de la moyenne, tandis que les sources de revenus seront proches à inférieures à la moyenne en raison des impacts de la pandémie de COVID-19 et des perturbations des mouvements liées aux conflits. Les ménages pauvres sont susceptibles de vendre plus de bétail que d’habitude mais la couverture sera en dessous de la moyenne en raison de la baisse des termes de l’échange. Le revenu de la main d’œuvre contribuera à un revenu supplémentaire pour les achats de nourriture de même que la dépendance aux envois des migrants mais, il est peu probable qu’ils soient suffisants pour répondre à leurs besoins alimentaires restants. Les aliments de cueillette et les dons y contribueront également, mais ne sont généralement que des sources de nourriture d’importance minime et beaucoup d’entre eux seront confrontés à des contraintes pour développer la cueillette d’aliments sauvages, compte tenu des obstacles à la libre circulation liés aux conflits. Ainsi, de nombreux ménages pauvres sont susceptibles d’être confrontés à des résultats de crise, marqués par des écarts de consommation alimentaire légers à modérés malgré le recours aux stratégies d’adaptation basées sur la consommation, comme le choix d’aliments moins chers. Par conséquent, les ménages pauvres du nord des régions de Kayes, Koulikoro, Ségou, incapables de satisfaire leurs besoins alimentaire et non alimentaire sans recourir aux stratégies d’adaptation atypiques seront en insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC) de mars à septembre 2022. Quant aux ménages pauvres de la zone du Liptako Gourma, notamment dans les cercles de Bankass, Koro, Ménaka, Douentza, Gourma Rharous qui connaissent une soudure précoce dans une conjoncture difficile et une forte dégradation des moyens d’existence liée à l’insécurité se retrouveront en situation alimentaire de Crise (Phase 3 de l’IPC) à partir d’avril jusqu’en septembre 2022. 

Evènements qui pourraient changer les scenarios

Événements possibles au cours des huit mois à venir qui pourraient changer le scénario le plus probable.

Zone Evénements Impact sur les conditions de la sécurité alimentaire
National Retard et/ou insuffisance d’installation des pluies de juin à août Un retard d’installation des pluies prolongera plus que d’habitude la soudure pastorale ; ce qui pourrait rehausser les risques de mortalité plus élevés de bétail par misère physiologique et par conséquent une baisse du revenu animalier. Le retard dans l’installation des cultures affectera négativement les productions de céréales attendues en septembre 2022.
  Dégâts des ennemis de culture d’avril à septembre Les dégâts importants d’oiseaux granivores, des chenilles (légionnaire et autres) sur les cultures de contre saison de février à juin et sur les cultures pluviales de juin à septembre peuvent réduire les disponibilités en céréales dans les zones agricoles et engendrer une hausse des prix des céréales.
  Inondation à cause des grandes pluies ou à une forte crue des fleuves Les dégâts sur les cultures et les biens d’équipement dans les zones touchées de juillet à septembre affecteront négativement les moyens d’existence des ménages et réduiront les capacités des ménages à satisfaire convenablement leurs besoins alimentaires. 
  Persistance des sanctions CEDEAO La persistance des sanctions CEDEAO contribuera à exacerber les difficultés financières du Gouvernement ce qui aggravera la dette interne du pays et affecter les capacités financières des opérateurs économiques. La baisse des flux commerciaux entretiendra la tendance inflationniste déjà observée dans le pays et qui affectera le pouvoir d’achat des ménages qui rencontreront des difficultés à satisfaire leurs besoins alimentaires et non alimentaire.
Nord et centre du Mali Intensification des perturbations des marchés à cause de l’insécurité  Une intensification des incidents sécuritaires affecterait davantage l’économie dans les zones concernées ; ce qui impactera négativement les revenus, les moyens d’existence des ménages et l’approvisionnement des marchés dans la zone. 
Nord du Mali (ZONE 2, 3, 4), le Delta du Niger (ZONE 6) et la bande du sahel (ZONE 13) Dégâts importants de feux de brousse sur les pâturages d’avril à mai Les feux de brousse causent habituellement d’énormes dégâts sur les pâturages de février à mai ; ce qui engendrera une dégradation précoce des pâturages et des difficultés d’alimentation du bétail. La baisse d’embonpoint et de productions animales affectera négativement les revenus des ménages agropasteurs. 

 

About Scenario Development

To project food security outcomes, FEWS NET develops a set of assumptions about likely events, their effects, and the probable responses of various actors. FEWS NET analyzes these assumptions in the context of current conditions and local livelihoods to arrive at a most likely scenario for the coming eight months. Learn more here.

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The Famine Early Warning Systems Network is a leading provider of early warning and analysis on food insecurity. Created by USAID in 1985 to help decision-makers plan for humanitarian crises, FEWS NET provides evidence-based analysis on approximately 30 countries. Implementing team members include NASA, NOAA, USDA, USGS, and CHC-UCSB, along with Chemonics International Inc. and Kimetrica.
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