Food Security Outlook

L’insécurité persistante maintient en Crise (Phase 3 de l’IPC) les départements de Fouli et de Kaya

June 2021 to January 2022

June - September 2021

Tout le nord et une partie du sud du pays est en phase 2, le Lac est en phase 3 et le sud du pays est en phase 1

October 2021 - January 2022

Le Tibesti, une partie du Lac et du Wadi Fira sont en Phase 2. Fouli et Kaya au Lac sont en phase 3. Le reste du pays est en phase 1

IPC v3.0 Acute Food Insecurity Phase

1: Minimal
2: Stressed
3: Crisis
4: Emergency
5: Famine
Would likely be at least one phase worse without current or programmed humanitarian assistance
FEWS NET classification is IPC-compatible. IPC-compatible analysis follows key IPC protocols but does not necessarily reflect the consensus of national food security partners.

IPC v3.0 Acute Food Insecurity Phase

1: Minimal
2: Stressed
3: Crisis
4: Emergency
5: Famine
Would likely be at least one phase worse without current or programmed humanitarian assistance
FEWS NET classification is IPC-compatible. IPC-compatible analysis follows key IPC protocols but does not necessarily reflect the consensus of national food security partners.

IPC v3.0 Acute Food Insecurity Phase

1: Minimal
2: Stressed
3+: Crisis or higher
Would likely be at least one phase worse without
current or programmed humanitarian assistance
FEWS NET classification is IPC-compatible. IPC-compatible analysis follows key IPC protocols but does not necessarily reflect the consensus of national food security partners.
FEWS NET Remote Monitoring countries use a colored outline to represent the highest IPC classification in areas of concern.

IPC v3.0 Acute Food Insecurity Phase

Presence countries:
1: Minimal
2: Stressed
3: Crisis
4: Emergency
5: Famine
Remote monitoring
countries:
1: Minimal
2: Stressed
3+: Crisis or higher
Would likely be at least one phase worse without
current or programmed humanitarian assistance
FEWS NET Remote Monitoring countries use a colored outline to represent the highest IPC classification in areas of concern.

Key Messages

  • La campagne agropastorale a débuté en zone soudanienne grâce aux premières pluies de mi-mai. Cependant, des séquences sèches de 6 à 8 jours créent un stress hydrique sur les cultures issues des premières emblavures. Au Lac, les activités de préparation du sol sur les polders sont observées en perspective des pluies pour effectuer les premiers semis.

  • Malgré une relative amélioration du contexte sanitaire liée au COVID-19 avec huit malades en date du 28 juin 2021 sous traitement, les mesures continuent d’affecter les moyens d’existence des ménages très pauvres et pauvres notamment les revenus issus des transferts d’argent et de la migration saisonnière.

  • L’approvisionnement des marchés se poursuit à son rythme saisonnier à l’exception des marchés du Sahel Ouest (BEG, Kanem et Lac) du fait des réticences des transporteurs dues aux récentes perturbations sécuritaires dans la zone. La plupart des marchés affichent une tendance de prix inférieure à la moyenne, à cause des faibles revenus des ménages qui limitent la demande, même si ces prix affichent une hausse saisonnière à cause de l’épuisement des stocks.

  • La persistance de l’insécurité au Lac continue d’affecter les moyens d’existence des ménages. Suite à l’épuisement des stocks, les ménages très pauvres et certains déplacés ne peuvent couvrir leurs besoins de consommation sans recourir à des stratégies d’adaptation négative et sont en Crise (Phase 3 de l’IPC). Compte tenu des faibles revenus des ménages du BEG, Kanem, Borkou et Tibesti, l’accès alimentaire est imité face à une hausse saisonnière des prix sur certains marchés céréaliers. Ils ont une consommation alimentaire minimalement adéquate mais ne peuvent assumer certaines dépenses non alimentaires sans s'engager dans des stratégies d'adaptation de stress. Ils sont en Stress (Phase 2, de l’IPC). Les autres provinces sont en insécurité alimentaire minimale (Phase 1 de l’IPC).

CONTEXTE NATIONAL

Situation actuelle

Situation sociopolitique : Conséquemment au décès du président Idriss Deby Itno en avril et les changements institutionnels, les forces de l’opposition et de la société civile rassemblées sous la coalition Wakit Tama ont organisé une série de manifestations, qui réclamaient la dissolution du Comité Militaire de Transition (CMT) et le retour à l’ordre constitutionnel et qui ont occasionné la mort de seize manifestants. Les niveaux élevés d'activité de protestation enregistrés récemment, fin avril et début mai 2021, se sont depuis lors atténués par suite de la nomination réussie d'un gouvernement de transition et la création du ministère de la Réconciliation nationale et du Dialogue.

Contexte sécuritaire, confits et mouvements de populations : Début mai 2021, les autorités tchadiennes ont annoncé la défaite des rebelles du Front pour le changement et la concorde au Tchad (FACT), à la suite d'une contre-offensive qui a repoussé le FACT dispersé au nord de Kanem, dans la région du Tibesti et au-delà de la frontière avec le Niger et en territoire libyen. Étant donné la conclusion de l'opération militaire à Kanem et la défaite de FACT, le conflit a diminué d’intensité. Malgré quelques incursions occasionnelles par les rebelles tchadiens basés en Libye la situation sécuritaire au Tibesti reste globalement calme.

Evolution de la pandémie à COVID-19 et impacts des mesures restrictives : Selon les statistiques des services épidémiologiques, la tendance baissière de la prévalence depuis mi-mars 2021 se poursuit. La campagne de vaccination anti-COVID-19 a été lancée en date du 4 juin 2021 par l’Etat tchadien grâce aux 200 000 doses de vaccin Sinopharm octroyées par la Chine. Cette première dotation a été renforcée par l’initiative COVAX qui a remis au gouvernement 100 620 doses de vaccin Pfizer, le 23 juin 2021. Cette campagne de vaccination permet d’atténuer modestement la situation épidémiologique en assurant la couverture vaccinale. La priorité est accordée notamment aux personnes du troisième âge ainsi qu’au personnel de santé. L’état d’urgence sanitaire prolongé en mars dernier reste en vigueur jusqu’à septembre 2021. A l’exception de certaines mesures de contrôle de la pandémie qui sont soit levées (couvre-feu nocturne), soit assouplies (relâchement dans les contrôles de port du masque facial, restrictions sur le trafic routier), d’autres restent en vigueur (restrictions aux frontières). Cependant, les mesures passées et encore en place ont toujours un impact sur les activités économiques diverses, notamment la migration saisonnière et les activités transfrontalières.

Evolution des paramètres agroclimatiques : La campagne agricole s’installe progressivement en zone soudanienne avec quelques retards localisés à cause des séquences sèches. Dans le bassin rizicole (Mayo kebbi Est, Mayo kebbi Ouest et Tandjilé), les séquences sèches de début juin ont provoqué les échecs des premiers semis ; des semis sont effectués à nouveau.

En zone sahélienne, il est observé des travaux préparatoires de début de campagne. Grâce aux premières pluies de la seconde décade de juin dont les cumuls sont légèrement supérieurs à la même période de 2019 dans les départements de Kimiti (province du Sila) et de Ouara (province du Ouaddaï), des labours sont entamés.

Situation pastorale et mouvement de bétail : La situation pastorale évolue au rythme de l’installation de la saison pluvieuse. En zone soudanienne, les premières pluies enregistrées dans les provinces du Moyen Chari et du Mandoul ont permis la reconstitution du tapis herbacé. Au Sila, les touffes d’herbe de repousse profitant des premières pluies de la saison contribuent à l’alimentation du bétail. Les points d’eau sont en cours d’alimentation grâce aux eaux de ruissellement. En zone de transhumance et au Sahel Ouest, les petits ruminants dépendent du pâturage aérien. Mi-juin, la remontée progressive des transhumants vers leur zone d’attache au Sahel est observée, avec un léger retard par rapport à 2019 du fait de l’installation tardive de la saison pluvieuse dans les zones d’accueil. Au Salamat et dans la partie sud du Guéra notamment à Melfi, les premières pluies ont permis une reconstitution du tapis herbacé et une disponibilité en eau d’abreuvement. Dans les zones pastorales, les animaux parcourent de grandes distances, de 7 à 10 km, en quête des points d’eau d’abreuvement.

Stock des ménages : En zone sahélienne, les stocks céréaliers des ménages sont complètement épuisés. Les ménages dépendent des marchés pour leur consommation comme en année normale. Dans certaines localités de la zone soudanienne, les stocks sont en baisse par rapport à la normale à cause des dernières récoltes en-dessous de la normale, notamment dans les départements de Mayo Lemié, au Mayo Boneye, dans la Kabbia et le Mont Illi. Au Salamat, les stocks des ménages sont à des niveaux moyens grâce aux récoltes du sorgho de décrue.

Stocks institutionnels : Au Moyen Chari et au Mandoul, les entrepôts provinciaux comportent respectivement 425 tonnes à Sarh et 450 tonnes à Koumra. Ces stocks sont constitués principalement de sorgho pluvial, de décrue et du maïs. A Bongor il y’a 4300 sacs disponibles dans les entrepôts.

Sources de revenus : Conséquemment aux différentes crises (économiques, sanitaires, sécuritaires) que traverse le pays, la plupart des sources sont en baisse par rapport à la moyenne. Ces baisses de revenus sont observées aussi bien sur les sources agricoles que non agricoles :

  • Main d’œuvre non agricole : Compte tenu du ralentissement économique induit par les mesures contre le COVID-19, on observe une limitation des opportunités d’embauche, notamment dans la manutention et les chantiers de construction. Le reflux des personnes parties en quête d’emplois dans les zones aurifères du Tibesti provoque une suroffre de la main d’œuvre non agricole dans les provinces du Ouaddaï, Wadi Fira et Sila. Compte tenu du ralentissement économique conduisant à la fragilisation des principales activités dans ces provinces, une baisse de la demande est observée, ce qui a un impact sur les opportunités d’emploi et le salaire. Selon des informateurs clé, les salaires journaliers varient entre 1500 à 2000 FCFA contre 3000 FCFA en année normale.
  • Migration : Les volumes d’argent envoyés par les migrants permanents installés en Libye sont en baisse à cause de la crise sécuritaire en territoire libyen limitant les opportunités d’embauche. Suite à la hausse des coûts du transport couplés à la raréfaction des opportunités découlant de la baisse des activités économiques, les effectifs de migrants saisonniers sont assez limités.
  • La vente de petits ruminants : Dans certaines localités de la zone de transhumance et dans le Sila, la vente des petits ruminants continue de fonctionner au ralenti à cause des perturbations aux frontières nigérianes, soudanaises malgré les couloirs informels empruntés pour l’exportation. A l’exception d’une hausse isolée de la demande en ovins observée sur certains marchés du Nord Kanem et de Guereda au Wadi Fira, la demande est globalement en baisse modérée, inférieure à la moyenne.
  • Main d’œuvre agricole pour la campagne pluviale : En cette période de début de campagne agricole, l’offre de main d’œuvre varie de moyenne à légèrement supérieure à la moyenne face à une demande qui reste globalement moyenne voire en légère baisse à cause des faibles revenus des ménages. Selon des informateurs clé, les salaires journaliers seraient généralement inférieurs à la normale.
  • La vente de paille, fagots et briques et manutention : Ces activités ont tendance à être intensifiées et utilisées comme stratégies d’adaptation par les ménages très pauvres et pauvres, même si dans certains cas le prix de vente tend à la baisse à cause d’une diminution de la demande.

Echanges commerciaux et flux de produits alimentaires : Les échanges transfrontaliers fonctionnent au ralenti à cause de la situation sécuritaire aux frontières avec la Libye. Par suite de la crise sécuritaire liée aux conflits entre l’Etat islamique en Afrique de l’Ouest (EIAO) qui perturbe la circulation limite les flux transfrontaliers de produits alimentaires avec le Nigéria.

Marchés de produits alimentaires : Malgré les enchères sur les coûts de transport, l’approvisionnement des marchés céréaliers se poursuit à un niveau proche de la moyenne dans la plupart des provinces. Cependant, au Lac et dans le Tibesti, l’instabilité sécuritaire continue d’affecter le ravitaillement des marché céréaliers et des produits alimentaires importés du Nigéria et de la Libye. En zone soudanienne, la disponibilité sur les marchés céréaliers est renforcée par l’approvisionnement à partir des stocks résiduels des ménages qui vendent une partie de leur stock pour faire face aux dépenses de démarrage de la campagne. Par ailleurs, la disponibilité en produits alimentaires manufacturés est limitée par les perturbations induites par la situation sécuritaire et les tracasseries aux frontières.

Les enchères sur les coûts de transport réduit l’offre en mil, sorgho et maïs à Moussoro, Mongo et Nokou dans le Nord Kanem. L’offre de produits alimentaires importés est en baisse à cause de la baisse des flux transfrontaliers. En revanche, une intensification des flux céréaliers internes, à destination du Borkou et du Tibesti, à partir du bassin céréalier est, notamment du Ouaddaï et du Sila est rapportée.

En dépit de cette période dite pré – soudure, la demande céréalière affiche une hausse saisonnière qui reste cependant, en dessous de la normale, dans la plupart des zones.

Les prix dans la plupart des marchés céréaliers affichent une tendance baissière par rapport à la moyenne. Cependant, des prix supérieurs à la moyenne quinquennale sont observées sur le mil à Moussoro (14%) et N’Djaména (16%), le maïs à Nokou (18%), le sorgho rouge à Mongo (13%) et AmTiman (45%). Ces hausses de prix sont dues entre autres aux coûts élevés du transport et aux impacts des récents incidents sécuritaires au Kanem.

Marchés à bétail : Compte tenu des perturbations sur les circuits d’exportation à destination du Nigéria et du Soudan, la plupart des marchés à bétail sont caractérisés par une suroffre d’animaux.

Evolution de la MAG pendant la période de scenario : La situation nutritionnelle demeure déjà préoccupante au niveau national avec une prévalence élevée de malnutrition aiguë globale (MAG) de 10,0 % dont 2,1% de la forme sévère (MAS) selon les résultats de l’enquête SMART de décembre 2020.

Situation alimentaire courante : En l’absence d’assistance, les déplacés et ménages hôtes du Lac parviendraient à couvrir leurs besoins alimentaires essentiels de façon marginale mais seulement en employant des stratégies d'adaptation de crise. Ils seraient par conséquent en Crise (Phase 3 de l’IPC). FEWS NET suppose que l’assistance pourraient contribuer à améliorer la situation alimentaire là où elles ont lieu mais ne dispose pas de données à jour permettant de déterminer l’impact exact. Au Tibesti, BEG, Borkou, Kanem, Mayo Kebbi Est et Wadi Fira, les ménages ont une consommation alimentaire minimalement adéquate mais ne peuvent assumer certaines dépenses non alimentaires sans s'engager dans des stratégies d'adaptation de stress. En effet, les ménages très pauvres et pauvres de ces zones continuent d’être affectés par les impacts négatifs des mesures contre la COVID-19 en plus de l’insécurité civile découlant des derniers conflits avec les rebelles du FACT. Leur accès au marché serait davantage limité par la tendance haussière des prix et ils devront mettre en place des diverses stratégies d’adaptation telles que le déstockage du bétail, la priorisation des dépenses alimentaires au détriment des autres dépenses essentielles non alimentaires (santé, éducation, habillement, etc.). Ils sont en Stress (Phase 2 de l’IPC). Ailleurs, dans les autres zones du pays, les ménages auraient une insécurité minimale (Phase 1 de l’IPC) grâce aux niveaux moyens de stocks résiduels et ce, en dépit des baisses généralisées de revenus

Suppositions

Le scénario le plus probable, juin 2021 à janvier 2022, est basé sur les hypothèses suivantes au niveau national :

  • Compte tenu de la conclusion de l'opération militaire au Kanem et de la défaite du FACT, le conflit a diminué dans la région nord du Tibesti et il est probable que l'on observe de bas niveaux de conflit. Compte tenu du soutien international continu au Comité Militaire de Transition (CMT), dont la transition vers un régime civil n'est pas prévue avant septembre 2022, il est peu probable que le FACT ou d'autres groupes rebelles remettent en cause le gouvernement de manière significative ou entraînent des perturbations prolongées dans le nord du pays d’ici à janvier 2022.
  • L'augmentation récente du nombre d'attaques de la part de l’EIAO dans la région du Lac, et en particulier sur les îles et les rives du lac Tchad, devrait se poursuivre jusqu'au pic de la saison des pluies entre juillet et août 2021, après quoi la tendance devrait s’inverser suivant la mobilité croissante de l'armée jusqu’en novembre qui marque un point bas saisonnier dans les attaques. La période saisonnière d'augmentation des attaques devrait être comparable aux dernières années, en particulier des sous-préfectures de Kangalam et Ngouboua dans le Département de Kaya (Baga-Sola).
  • Les incidents entre agriculteurs et éleveurs dans le sud du Tchad devraient s'atténuer entre juin et septembre 2021 en raison du retour des éleveurs dans le Sahel. Des incidents ponctuels continueront probablement à se produire, bien qu'à une fréquence moindre, en raison de la reprise de la transhumance en direction du sud. Après septembre 2021, les conflits risquent de reprendre et de dépasser les niveaux observés en 2020, étant donné la concurrence croissante pour l'eau et les pâturages due au changement climatique.
  • Les conflits avec les groupes rebelles et les mouvements de réfugiés associés devraient diminuer à partir de ce pic d'avril, à mesure que les groupes rebelles sont dispersés par les forces gouvernementales, et devraient rester conformes à ce qui a été largement observé depuis l'accord de paix de 2019. À la frontière avec le Soudan, nous sommes susceptibles d'observer une augmentation des réfugiés au-dessus des moyennes historiques en raison de l'escalade du conflit au Darfour occidental.
  • L’état d’urgence sanitaire resterait en vigueur jusqu’au 11 septembre 2021. Au regard de la prévalence actuelle de la pandémie et suivant un apport vaccinal, la situation épidémiologique pourrait s’améliorer progressivement jusque fin 2021. Un assouplissement progressif des mesures pourrait intervenir vers la fin de l’année 2021
  • Selon les prévisions climatiques saisonnières de l’USGSS/NOAA/NASA), la campagne agropastorale aurait un début et une fin relativement précoce à normal dans la zone sahélienne. Une fin de saison normale est probable en zone soudanienne.
  • Malgré l’impact des mesures liées au COVID-19 sur l’économie des ménages, les emblavures seraient à des niveaux moyens voire légèrement supérieures à la moyenne en vue de compenser les pertes de revenus. Cette hausse des emblavures serait favorisée par les facteurs agroclimatiques favorables. Des hausses de superficies pourraient être rapportées notamment dans le bassin rizicole où une légère hausse de la main d’œuvre actuellement abondante pourrait être mobilisée pour les travaux champêtres.
  • Dans de nombreuses zones du pays, les ménages très pauvres et pauvres qui n’ont plus de stock dépendraient du marché jusqu’à l’apparition des prémices en août en zone soudanienne et en septembre ou octobre en zone sahélienne En zone soudanienne, des volumes saisonniers de stocks résiduels pourraient être observés durant l’hivernage, durant le pic de la soudure. Dans le BEG et le Kanem, les ménages très pauvres et pauvres effectueraient des achats de céréales en période de récolte afin de bénéficier de meilleurs prix et sécuriser un stock plus important.
  • La disponibilité des ressources durant l’hivernage conduirait à une amélioration de l’état physique des animaux et une disponibilité laitière comme en année normale, durant la première période de scénario. Les bonnes conditions agropastorales attendues par suite d’un bon niveau de disponibilité en ressources pastorales pourvue par une bonne saison pluvieuse pourraient retarder le départ en transhumance au-delà de la période habituelle et pourrait démarrer fin octobre ou début novembre.
  • L’approvisionnement des marchés se poursuivrait selon les niveaux saisonniers. Les produits alimentaires importés (pâtes, huile, riz) seraient à des volumes légèrement inférieurs à une année normale à cause des perturbations à la frontière Libyenne. Les marchés à bétail continueront d’afficher une suroffre à cause des perturbations sur les circuits commerciaux notamment les tracasseries aux frontières pendant l’exportation du bétail sur pied à destination du Nigéria. Malgré le bon embonpoint favorisé par les bonnes conditions pastorales durant l’hivernage qui est également la période de pic des ventes des animaux en zone pastorale et agropastorale, les prix seraient inférieurs à la moyenne quinquennale.
  • La demande de produits alimentaires sur les marchés resterait inférieure à la normale durant la première période de scénario, malgré les stocks céréaliers épuisés des ménages très pauvres et pauvres ; leur accès aux marchés serait limité par les faibles revenus qui ont subi l’impact négatif des mesures de restriction liées au COVID-19.
  • Sur la plupart de marchés de produits alimentaires, les prix seraient inférieurs à la moyenne à cause de la faible demande mais afficheraient une hausse saisonnière. Cependant, dans les zones du BEG, du Kanem, du Lac et du Tibesti, des hausses atypiques de prix pourraient être observées à cause des perturbations sécuritaires qui affectent l’approvisionnement.
  • La tendance des prix du mil sur les marchés de N’Djaména, principalement, continueront de se maintenir en hausse légère comparé à la moyenne jusqu’en janvier 2022.
  • La situation nutritionnelle pourrait connaitre une détérioration durant la période de soudure en raison notamment des maladies saisonnières, l’accès insuffisant à l’eau potable et aux mauvaises conditions d’hygiène, ainsi que d’une situation alimentaire précaire résultant des restrictions liées à la COVID-19 et aux impacts de l’insécurité civile (Lac, Tibesti, N’Djamena). Par ailleurs, les résultats de l’analyse IPC AMN réalisée en mars 2021 prédisent une détérioration assez importante de la situation nutritionnelle de juin à septembre 2021 si aucune réponse urgente n’est apportée au niveau de 16 départements sur les 38 analysés qui seraient en phase critique (phase IPC 4) et 12 départements qui seraient en phase Sérieuse (phase IPC 3). Une relative amélioration saisonnière de la situation nutritionnelle pourrait être observée à partir de novembre grâce à la disponibilité des nouvelles récoltes.  

Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

Entre juin et septembre 2021 : Compte tenu de l’accès limité aux marchés céréaliers occasionné par les prix élevés et par une baisse des principales sources de revenus, les déplacés et ménages hôtes du Lac développeraient des stratégies de Crise (réduction du nombre de repas quotidien, priorisation des enfants et femmes dans la prise de repas, consommation d’aliments moins préférés, etc.) et ne pourraient satisfaire que marginalement leurs besoins de consommation en l’absence d’assistance et seraient donc en Crise (Phase 3 de l’IPC). Par suite de l’accès limité aux marchés pour se ravitailler à cause de faibles revenus, les ménages très pauvres et pauvres du Tibesti, du Borkou, du Kanem, BEG, Borkou, Mayo Kebbi Wadi Fira et Ouaddaï seraient en Stress (Phase 2 de l’IPC). Ils ne pourraient se permettre certaines dépenses non alimentaires essentielles sans s’engager dans des stratégies d’adaptation. Les autres provinces du pays seront en insécurité alimentaire minimale (Phase 1 de l’IPC) grâce aux stocks résiduels renforcés par les prémices des récoltes (arachide de bouche, maïs de case, etc.) à partir de la mi-août.

Entre octobre 2021 et janvier 2022 : Malgré la présence des déplacés et la pression sur les ressources (main d’œuvre, stocks des ménages, hôtes, etc.) la situation alimentaire d’une partie des ménages du Lac connaitrait une amélioration grâce aux récoltes attendues et connaitraient une insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC) en l’absence d’assistance, mais les départements de Fouli et Kaya demeureront en Crise (Phase 3 de l’IPC). A la faveur des bonnes récoltes attendues, les autres provinces du pays seraient en insécurité alimentaire minimale malgré la persistance des impacts négatifs des mesures contre la pandémie à COVID-19.

EVENEMENTS QUI POURRAIENT CHANGER LE SCENARIO

Événements possibles dans les six prochains mois qui pourraient changer les scenarios le plus probable

Zone

Evénements

Impact sur les conditions de la sécurité alimentaire

National

Le durcissement des mesures anti COVID-19 telles que le confinement et la fermeture des marchés à la suite de la détérioration de la situation sanitaire

Augmentation des prix du mil : de nombreux ménages pourraient être en Stress (Phase 2 de l’IPC) ou Crise (Phase 3 de l’IPC).

National

La détérioration de la situation socio -politique et sécuritaire

Perturbation des fonctionnements des marchés occasionnant une hausse des prix alimentaires : de nombreux ménages pourraient basculer en Crise (Phase 3 de l’IPC).

National

Des inondations durant l’hivernage créant des sinistrés

Un impact sur les moyens d’existence au niveau local pourrait diminuer la disponibilité des ménages et faire augmenter les prix alimentaires et de nombreux ménages pourraient être en Stress (Phase 2 de l’IPC).

About Scenario Development

To project food security outcomes, FEWS NET develops a set of assumptions about likely events, their effects, and the probable responses of various actors. FEWS NET analyzes these assumptions in the context of current conditions and local livelihoods to arrive at a most likely scenario for the coming eight months. Learn more here.

About FEWS NET

The Famine Early Warning Systems Network is a leading provider of early warning and analysis on food insecurity. Created by USAID in 1985 to help decision-makers plan for humanitarian crises, FEWS NET provides evidence-based analysis on approximately 30 countries. Implementing team members include NASA, NOAA, USDA, USGS, and CHC-UCSB, along with Chemonics International Inc. and Kimetrica.
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