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La dépendance aux marchés et les coûts élevés de transport accentuent la hausse des prix de produits alimentaires

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Tchad
  • Février - Septembre 2023
La dépendance aux marchés et les coûts élevés de transport accentuent la hausse des prix de produits alimentaires

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  • Key Messages
  • Contexte National
  • Calendrier saisonnier pour une année typique
  • Zones de Preoccupation
  • Résultats les plus probables en matière de sécurité alimentaire et zones bénéficiant de niveaux significatifs d’aide humanitaire
  • Key Messages
    • Une hausse atypique des prix est observée sur la plupart des marchés céréaliers comparée à la moyenne quinquennale. Les prix du sorgho se maintiennent environ 50 pour cent au-dessus de la moyenne au niveau national à cause de la pression atypique sur les marchés céréaliers due aux faibles niveaux de stocks des ménages très pauvres et pauvres, les baisses de flux entrants de produits alimentaires, et des coûts élevés de transport.

    • Une érosion de la plupart des sources de revenus est observée dans de nombreuses localités suite à la baisse de production céréalière de l’année 2022/23 comparée à la moyenne quinquennale en zone soudanienne et à la raréfaction des opportunités d’emploi saisonnier. Les revenus des ménages de la zone sahélienne tirés principalement de la migration, de l’artisanat, de la main d’œuvre non agricole et de l’orpaillage au Tibesti sont en deçà de la normale à cause de l’inaccessibilité aux activités génératrices de revenus.

    • Au Lac, la persistance de l’insécurité, couplée aux effets des inondations, accentuent la dégradation des moyens d’existence des ménages déplacés et hôtes. La consommation alimentaire des ménages est sévèrement impactée et ils font recours à des stratégies d’adaptation nuisibles pour satisfaire leurs besoins essentiels non alimentaires. Au Sahel Ouest (BEG et Kanem), les ménages pauvres sont en Crise (Phase 3 de l’IPC) du a l’accès limité aux marchés de produits alimentaires du fait des niveaux élevés de prix couplés à l’érosion de leurs principales sources de revenu (artisanat, auto-emploi et migration). Les ménages du bassin rizicole, du Sahel central et du Sahara, sont en Stress (Phase 2 de l’IPC) avec une consommation alimentaire minimalement adéquate et ils ne peuvent assumer certaines dépenses de base non-alimentaires sans s'engager dans des stratégies d'adaptation. Au Salamat et dans les provinces du sud est du pays, les apports des récoltes de contre-saison, en cours, renforceront les stocks certes faibles des ménages et ils restent en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) jusqu’en début d’hivernage.


    Contexte National

    Situation actuelle

    Contexte sociopolitique (déroulement de la transition): Un calme relatif est observé au pays malgré la condamnation des personnes arrêtées dans le cadre des manifestations du 20 octobre 2022, le jugement en cours des éléments de l’un des principaux groupes rebelles, Front pour l’Alternance et la Concorde au Tchad (FACT), et les contestations liées à la composition du comité pour la gestion du referendum.

    Conflits et sécurité civile: Une accalmie globale est rapportée sur les principaux foyers de tensions sécuritaires dans les localités rurales, notamment en zone soudanienne. Toutefois des cas de banditisme sont rapportés sur les axes routiers comme à Roro, Boum-Kebir et Singako dans le Moyen Chari. Des altercations entre agriculteurs et éleveurs sont également signalées dans le département des Monts de Lam (Province du Logone Oriental). Au Lac, la baisse saisonnière des eaux dissuade relativement les assaillants des groupes armés non étatiques, créant le calme sécuritaire actuellement observé. Ce calme facilite la circulation des biens et personnes dans les zones accessibles.

    Campagne de contre-saison: Une baisse de production comparée à la moyenne est observée dans les localités de la zone méridionale et au Lac à cause du retrait tardif des eaux d’inondations. Les pertes de récoltes enregistrées, en zone soudanienne, en fin de saison pluviale réduisent significativement les niveaux des revenus des producteurs qui écoulent leurs produits agricoles et qui sont en quête d’autres sources des revenus pour leur besoins non alimentaires (travaux de contre-saison, santé, habillement, etc.). Dans le bassin rizicole (Mayo Kebbi Est, Mayo Kebbi Ouest et une partie de la Tandjilé), les pertes occasionnées par les inondations ont réduit les volumes de récoltes en octobre 2022, ce qui réduit la capacité des ménages pauvres à financer la campagne de contre saison. Ceci a contraint les ménages à réduire les périmètres agricoles.  De plus, dans cette zone, on observe une diminution de capacité d’irrigation et par conséquent une baisse des superficies pour les cultures de saison sèche, compte tenu des difficultés à s’approvisionner en diesel pour les motopompes dues à la hausse des prix du carburant. En revanche, une légère hausse par rapport à la moyenne des superficies maraîchères (oignons et tomates) est rapportée au Ouaddaï, Sila et une partie du Wadi Fira (Dar Tama, Biltine). Au Salamat, c’est la période de récoltes du sorgho de décrue (berberé) dans les départements de Barh Azoum, Abou Deia, Garada et Melfi où des productions proches de la moyenne sont attendues.

    Main d’œuvre: La baisse du pouvoir d’embauche des ménages nantis, complétée de la suroffre de la main d’œuvre, est rapportée dans la plupart des zones du pays, à la suite des pertes de récoltes en zone soudanienne lors de la saison 2022/23 (Mayo Kebbi Est, Mayo Kebbi Ouest, Tandjilé, Logone occidental et Mandoul) et affectant les niveaux de revenus issus de la main d’œuvre. Dans les provinces du Sahel Ouest, les reflux de migrants vers les sites d’orpaillage en Tibesti occasionnent une suroffre de la main d’œuvre. Au Ouaddaï et au Wadi Fira, une intensification des activités relatives à l'auto-emploi (vente de l’eau, transport à moto et fabrication des briques), est observée engendrant une offre supérieure à la moyenne. Les salaires versés sont très limités à cause d’une demande en baisse comparée à la normale. De plus, la hausse des coûts de transport, induite par les enchères sur les prix du carburant, réduit les opportunités d’embauche pour les personnes exerçant sur les places de marché.

    Marchés de produits alimentaires: Les volumes des approvisionnements sont en baisse comparés à la moyenne quinquennale à cause des baisses de productions céréalières (riz, maïs) en zones agricoles, au sud du pays. La hausse des coûts de transport due à la hausse des prix du carburant, en plus de la perturbation des flux commerciaux depuis la crise russo-ukrainienne, a contribué à une réduction de l'offre.

    Malgré l’érosion de leurs principales sources de revenus, une dépendance accentuée aux marchés est observée. Cette demande supérieure à la normale favorise des hausses atypiques généralisées sur la plupart des marchés céréaliers. A l’est du pays, des exportations intenses de céréales (sorgho et mil) se poursuivent à destination de la province du Darfour (Soudan) à travers des couloirs informels par la contrebande, malgré l’interdiction par les autorités. Ceci diminue l’offre sur les marchés céréaliers locaux. Compte tenu de cette pression externe sur les marchés, une tendance haussière des prix du mil est observée fin janvier comparée à la moyenne quinquennale à Abéché (37 pour cent), Biltine (74 pour cent) et Goz-Beida (57 pour cent) même avec la production moyenne de la campagne pluviale 2022/23.

    Dans la zone sud, les déficits de production liés aux récoltes pluvieuses accentuent la pression et créent une forte dépendance aux marchés céréaliers. En fin janvier 2023, la tendance atypique à la hausse des prix des céréales par rapport à la moyenne quinquennale a été constatée à Bongor (54 pour cent du sorgho), Pala (46 pour cent du maïs), Léré (52 pour cent du maïs), Sarh (48 pour cent du mil) et Lai (43 pour cent du riz). Une demande élevée d'oléagineux destinée à l'exportation fait grimper les prix au-dessus de leur moyenne quinquennale sur la plupart des marchés, comme l'augmentation de 90 pour cent par kilogramme constatée pour les arachides à Kelo.

    Marchés à bétail: Une légère reprise de l’exportation de bétail est rapportée dans la plupart des marchés péri-frontaliers du Soudan, où l’exportation renforcée par la contrebande accentue la demande. Une tendance haussière des prix des ovins est rapportée comparée à la moyenne quinquennale sur les marchés de Biltine (30 pour cent) et Guereda (95 pour cent). L'exportation de bétail vers le Nigéria connaît une hausse des prix, comme les moutons à Mao (69 pour cent) et les bovins à Guelengdeng (26 pour cent), en raison des coûts de transport élevés dus à la hausse des prix du carburant et même face à la dépréciation du naira. Malgré le déstockage remarqué dans les zones affectées par les inondations de la zone soudanienne pour accéder aux marchés et, en vue de faire face aux hausses de prix sur les marchés céréaliers, l’intensification des achats destinés à l’exportation renforce la demande et soutient la hausse des prix.

    Stocks des ménages et stocks institutionnels: Compte tenu des dégâts des inondations de fin de saison 2022, les niveaux de stocks sont atypiquement inférieure à la moyenne dans les zones agricoles du sud (bassin du Logone, bassin rizicole, Mayo Kebbi Ouest et Moyen Chari). Dans les zones structurellement déficitaires du Sahel Ouest, un épuisement précoce des stocks des ménages de près de deux mois est observé dès début janvier 2023 contre février – mars en année normale, à cause de la pression occasionnée par le faible accès aux produits de substitution. Au Lac, les niveaux de stocks céréaliers des ménages sont en baisse atypique à cause des bas niveaux de revenus découlant de l’insécurité qui continue de perturber les moyens d’existence des ménages déplacés et hôtes limitant les volumes des achats sur les marchés. Les stocks institutionnels en cours de reconstitution sont évalués à 52.341.69 tonnes disponibles par l’Office National de Sécurité Alimentaire (ONASA). Un autre lot de 11 465.2 tonnes constitué de céréales, sucre et huiles est en cours de livraison.

    Situation nutritionnelle: Les résultats de la dernière enquête nutritionnelle basée sur la méthodologie SMART conduite en novembre 2022 ont relevé une prévalence de malnutrition aigüe globale (MAG) modérée de 8.6 pour cent à l’échelle nationale. Cependant, bien que cette prévalence soit moyenne selon la classification de l’OMS, la situation nutritionnelle s’est beaucoup dégradée au niveau provincial avec trois provinces (Wadi Fira, Borkou et Ennedi Est) ayant enregistré des prévalences supérieures au seuil très élevé (Urgence) de 15 pour cent et onze provinces avec des seuils élevés supérieurs à 10 pour cent.

    Assistance humanitaire: Le PAM et ses partenaires développent des activités de résilience sur financement allemand au BEG et Kanem. Suivant les analyses d’impacts en cours, le PAM envisage des interventions de relèvement au bénéfice des sinistrés dans les provinces affectées par les inondations, toutefois, FEWS NET ne dispose pas d’informations sur le nombre de bénéficiaires ni de la taille de la ration. Au Lac, 244 000 personnes, les déplacés et ménages hôtes affectés par l’insécurité, continuent de bénéficier d'une assistance mensuelle représentant au moins un demi-ration.

    Résultats actuels de la sécurité alimentaire

    Au BEG et au Kanem, l’insécurité alimentaire de Crise (Phase 3 de l’IPC) persiste à cause des faibles accès alimentaires résultant des épuisements précoces de stocks, moins de produits alimentaires importés disponibles et des tendances haussières atypiques des prix comparés à la moyenne quinquennale. Ces deux provinces sont structurellement déficitaires. Elles dépendent des importations notoirement de la Libye et des flux céréaliers internes en provenance des zones à production moyenne. L'autre facteur est dû à l'érosion des principales sources de revenus des ménages très pauvres et pauvres. Ceci accentue la sévérité de la situation dans ces zones. Les déplacés et ménages hôtes du Lac ont une consommation alimentaire minimalement adéquate grâce à l’assistance humanitaire. Ils sont en Stress (Phase 2 ! de l’IPC), même avec la dégradation de leurs moyens d’existence consécutive aux inondations qui exacerbent les impacts négatifs de l’insécurité civile. Les ménages de la zone méridionale ne peuvent assumer certaines dépenses essentielles non-alimentaires sans s'engager dans des stratégies d'adaptation malgré les apports des autres bassins agricoles à cause de l’érosion de leurs principales sources de revenus (vente de produits agricoles, migration saisonnière, etc.) et ils sont en Stress (Phase 2 de l’IPC).


    Calendrier saisonnier pour une année typique
    Seasonal calendar for a typical year in Chad.

    Source: FEWS NET

    Suppositions

    Le scénario le plus probable de la sécurité alimentaire de février à septembre 2023 se base sur des suppositions fondamentales suivantes, par rapport à l’évolution du contexte national :

    • Selon l’USGS, un début normal de la saison interviendrait au sud du pays vers mai puis gagnera graduellement le reste du pays, avec des précipitations entre juin et septembre moyennes à excédentaires pour l’ensemble du pays
    • Les manifestations vont probablement se poursuivre jusqu'en fin 2023. Cependant, malgré la levée le 21 janvier de l'interdiction des partis d'opposition, il est peu probable que les manifestations soient aussi fréquentes et bien suivies qu'au cours du dernier trimestre de 2022, en raison de la répression de plus en plus violente des activités de protestation par le gouvernement.
    • Il est peu probable que des combats majeurs entre les factions rebelles et le gouvernement aient lieu en 2023, d'autant que les forces tchadiennes continuent de consolider leur contrôle dans les régions du nord du pays. Un éventuel affaiblissement politique du gouvernement de transition pourrait toutefois conduira à des opérations timides de la part des groupes rebelles dans le nord du Tchad mais elles devraient être rapidement contenues par les forces tchadiennes soutenues par les partenaires internationaux.
    • Compte tenu de l'afflux d’orpailleurs artisanaux du Sahel (BEG, Kanem, Ouaddaï et Wadi Fira) et des discordes liées à l’accès, au contrôle et à la gestion des sites d’orpaillage, des accrochages localisés entre les autochtones et allogènes pourraient survenir durant la période de scénario.
    • Les productions de la campagne de contre-saison (berberé et maraîchage) seraient légèrement en baisse comparée à la normale à cause des semis tardifs et des réductions de superficies dues au retrait tardif des eaux. A partir de la période de pré-soudure, entre fin avril et juin 2023, la plupart des ménages du pays feront recours aux marchés pour compenser les épuisements des stocks notamment au Sahel Ouest et en périphérie de la capitale. Par conséquent, les ménages de la zone soudanienne dépendront de faibles volumes de stocks céréaliers jusqu’à mi-juin 2023.
    • A l‘est du pays (Ouaddaï et Wadi Fira) le recours aux activités informelles (transports, manutention, fabrication des briques, construction et travail journalier, entre autres) mobiliserait une main d’œuvre légèrement supérieure à la moyenne, entre février et mai 2023 à cause d’un accès limité aux sites d’orpaillage du Tibesti. En zone soudanienne, l’offre resterait normale car de nombreux ménages producteurs se consacreront à leurs propres périmètres en compensation des pertes de la campagne pluviale passée. Les salaires versés seraient globalement inférieurs à leurs niveaux d’une année normale à cause de cette suroffre de la main d’œuvre.
    • La demande de bétail, notamment des petits ruminants, à l’exportation vers le Nigéria afficherait une augmentation modérée durant la période du scénario. Elle sera davantage prononcée pendant le Ramadan pour satisfaire la demande du marché nigérian. Ceci soutiendra la demande locale qui restera en hausse avec les facteurs saisonniers.
    • La migration du bétail en 2023 devrait provoquer des conflits saisonniers typiques entre les autochtones agriculteurs et les pasteurs. Les mois migratoires (mai et novembre) connaîtront les niveaux de violence les plus élevés, tandis que la saison des pluies intermédiaire verra encore des niveaux élevés de conflit dans les régions de Mandoul, Guera, Mayo-Kebbi Est et Moyen-Chari.
    • Le calme actuellement observé le long de la frontière du pays avec la RCA et le Soudan devrait se poursuivre pendant la période du scénario dans la plupart des régions en raison de la présence croissante des forces centrafricaines dans le nord de la RCA. La fréquence et l'ampleur des affrontements entre groupes armés, notamment près de la frontière centrafricaine, devraient rester en deçà des niveaux observés ces dernières années, contribuant à réduire l'afflux de réfugiés en provenance de la RCA.
    • Les prix des céréaliers se maintiendraient globalement supérieurs à la moyenne quinquennale durant toute la période d’analyse à cause de la dépendance plus accrue aux marchés résultant de la baisse de production pluviale de la campagne 2022-2023, en zone soudanienne accentuée par les baisses de volumes de produits alimentaires importés et des coûts élevés de transport (Figure 1).

    Figure 1

    Projections des prix du mil sur les marchés de N’Djamena, décembre 2022
    Combined bar/line chart showing price projections in N’Djamena, December 2022. Described under heading Suppositions.

    Source: FEWS NET

    • À partir de mars/avril 2023, une détérioration progressive des niveaux actuels de malnutrition aiguë est attendue jusqu’au niveau critique typique de la période de soudure. Par conséquent, une réduction de l'accès à la nourriture se produit à mesure que les ménages épuisent les stocks alimentaires et que la prévalence des maladies d’origine hydrique et le paludisme augmente pendant la saison des pluies.
    • Des interventions saisonnières régulières d’assistance humanitaire seront développées durant la période de soudure et intégreraient les volets de distributions de vivres, de cash et une assistance nutritionnelle.

    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    Entre février et mai 2023: Les ménages très pauvres et pauvres du BEG, Kanem, et Mangalmé au Guera, seront en Crise (Phase 3 de l’IPC) avec des déficits de consommation dus à la dégradation des moyens d’existence qui ont réduit leur accès alimentaire. Malgré la persistance de l’insécurité civile au Lac, les ménages déplacés et hôtes auront une consommation alimentaire minimalement adéquate ; ils seront en Stress (Phase 2 ! de l’IPC) grâce à l’assistance humanitaire. Les ménages très pauvres et pauvres du Batha, Guéra, Ouaddaï et du Sahara auront une consommation alimentaire minimalement réduite et seront en Stress (Phase 2 de l’IPC) compte tenu de l’épuisement atypique des stocks céréaliers et de leur dépendance aux marchés, et des faibles volumes de flux entrants qui mettent la pression sur les marchés céréaliers. Malgré les apports de la contre-saison froide, les ménages du Salamat, du Sud Guéra et du Dar Sila resteront également en insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC).

    Entre juin et septembre 2023: Au Lac, l’érosion des revenus accentuée des revenus par suite de la concurrence et à la pression des déplacés et ménages hôtes sur les principales sources de revenus (main d’œuvre, pêche, artisanat, vente de fagots, etc.) réduira davantage les niveaux de revenus. Additionnellement, la baisse des ressources alimentaires disponibles exacerbée par les faibles revenus de ménages déplacés et hôtes face aux tendances haussière atypiques occasionerait une consommation alimentaire de Crise (Phase 3 de l’IPC), dans l’absence de plans de réponse d’assistance humanitaire pour la soudure. Des prix anormalement élevés par rapport à la moyenne quinquennale ont aggravé l'érosion des sources de revenus et réduit la consommation alimentaire à Crise (Phase 3 de l’IPC) pour les ménages des provinces du Sahel occidental (BEG et Kanem). Ces zones doivent s'attendre à voir l'évolution des prix rester atypiquement élevée, ce qui continuera à limiter le volume des achats de céréales sur les marchés. Les autres localités du pays continueront d’être en Stress, malgré le recours aux produits de cueillette et les prémices, vers mi-septembre 2023. Les ménages de la zone soudanienne dépendront de faibles volumes de stocks céréaliers jusqu’à mi-juin 2023 grâce aux produits de contre saison reconstituant légèrement les stocks.

    Évènements qui pourraient changer les scenarios

    Table 1
    Événements possibles au cours des huit mois à venir qui pourraient changer le scénario le plus probable.
    ZoneEvénementsImpact sur les conditions de la sécurité alimentaire
    NationalDétérioration des conditions sécuritaires dans le Tibesti, province péri frontalière de la LibyeCeci occasionnerait des baisses additionnelles des volumes de flux de produits importés occasionnant des pressions significatives sur les céréales locales avec des prix davantage élevés, au-dessus des projections actuelles. La consommation alimentaire des ménages des zones dépendant majoritairement des produits alimentaires notamment en zone sahélienne se détériorait à des niveaux significatifs.
    Des manifestations post-électorales au NigériaDes perturbations sur les flux sortants notamment les exportations du bétail tchadien, occasionneront des baisses de prix du bétail et réduirait les niveaux de revenus de revenus des ménages pasteurs dans les zones pastorales et agropastorales.
    Une baisse des prix du carburantLa reprise des flux entrants de produits alimentaires importés atténuerait la tendance haussière des prix sur les marchés céréaliers, en deçà des niveaux des prix actuels et ceux prévus dans les projections.
    Des perturbations sécuritaires en zone soudanienne à la suite des mouvements de groupes armésRéduction des volumes des approvisionnements à partir du sud en céréales vers le Sahel Ouest. Une baisse des niveaux de l’offre de produits alimentaires sur les marchés dépendant des zones de production dans le sud, y compris Moussoro. Les prix seraient ainsi plus élevés que les niveaux projetés.
    LHZ TD08 : partie agropastorale de la province du LacUne augmentation des volumes de l’assistance humanitaireNotamment durant la seconde période de scénario, Ces apports stabiliseraient la consommation alimentaire en Stress (Phase 2 de l’IPC) notamment durant la seconde phase du scénario car réduisant la dépendance significative aux marchés.  
    Des perturbations sécuritaires à la suite des mouvements sociopolitiques au niveau nationalUne baisse de la demande en en denrées alimentaires (maïs, mil et poissons) à partir de Bol vers les autres localités dont N’Djaména provoquerait une atténuation des tendances de prix de ces produits. Les prix du maïs seraient inférieurs à leurs niveaux décrits dans les projections actuelles et favoriseraient l’accès aux ménages déplacés et hôtes. Ils resteraient toutefois en Stress (Phase 2 ! de l’IPC) grâce à l’assistance humanitaire.
    Une escalade de l’insécurité avec des attaquesUne baisse des approvisionnements des marchés couplés à des afflux supplémentaires de vagues de déplacés provoquerait des hausses de prix supérieurs aux niveaux actuellement projetés. Ceci limiterait l’accès alimentaires des ménages qui basculeraient à une phase Pire et basculeraient en Crise (Phase 3 de l’IPC).
    Une baisse des volumes d’assistance humanitaireDépendance soutenue aux marchés d’où des prix élevés, supérieurs aux projections actuelles.
    LHZ TD05 : Parties agropastorales des provinces du BEG et KanemUne amélioration de l’offre et des prix des denrées sur le marché internationalUne meilleure disponibilité des produits importés conduisant à une atténuation de la hausse des prix sur les marchés de produits alimentaires.
    Une intensification des flux céréaliers à destination du BEG et du KanemAtténuation des tendances haussières des prix sur les marchés locaux par rapport aux projections actuelles.

    Zones de Preoccupation

    Province du Lac/Zone agropastorale et pêche/Zone de moyen d’existence TD08 (Figure 2)

    Situation actuelle

    Figure 2

    Carte de référence pour la zone concernée: Province du Lac, zone TD08
    Map of Chad showing Province du Lac, zone TD08

    Source: FEWS NET

    Insécurité civile et mouvements de populations: Même après le renforcement du dispositif sécuritaire en novembre 2022 dans la province, le contexte sécuritaire reste précaire. Bien que le nombre de cas d'incidents de sécurité ait diminué par rapport à la moyenne, il y a eu une augmentation de 7 pour cent par rapport à 2021, avec plus de 1,785 cas (enlèvements, homicides/meurtres et coups et blessures) identifiés par OCHA à la fin de 2022. Selon cette source, cette hausse généralisée d’attaques a été observée en décembre à la suite de la remontée significative des eaux, d’un ratissage sur les rebords du côté nigérian du Lac et d’un léger relâchement intervenu à la suite du changement de dispositif militaire. Les éléments de Groupes Armés Non Etatiques (GANE), notamment l’Etat islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), procède à travers de nouvelles stratégies dont la pose des engins explosifs sur les parcours. Ceci occasionne généralement des mouvements réguliers de populations dont les effectifs cumulés sont de 405,190 (soit 381,289 personnes déplacés internes et 23,901 retournés). La mobilité des ménages entre les localités insulaires et la terre ferme résulte principalement de leur attachement à leurs terroirs malgré les restrictions sécuritaires du gouvernement.

    Situation agricole (campagne de contre-saison) et perspectives de récoltes: Faisant suite au retrait tardif des eaux d’inondations des bras du Lac vers mi-janvier 2023 et de l’escalade sécuritaire à partir de novembre 2022, une légère baisse des emblavures est observée comparée à la moyenne. Ainsi, la production serait légèrement inférieure à la moyenne dans la plupart des localités où les bras du Lac ont connu un retrait tardif des eaux

    Niveaux de stocks des céréaliers des ménages: Compte tenu des baisses issues des déficits de production de la précédente campagne pluviale (2022), des inondations de plus de 16,000 hectares de superficies récoltables en fin de saison 2022, les volumes des stocks des ménages déplacés et hôtes sont très faibles, inférieurs à une année normale.

    Situation pastorale et mouvements de bétail: La bonne disponibilité des ressources pastorales (eau et pâturages) dans les localités insulaires améliore l’embonpoint des animaux. Cependant, sur la terre ferme, plus précisément dans les sous-préfectures septentrionales de Liwa et Daboua, des éleveurs sont en transhumance dans la partie sud de la province à cause de l’insécurité dans les localités du nord du Lac. Les pasteurs limitent leur mobilité aux localités situées plus au sud de la province, considérées comme relativement sécurisées et, autour des bras du Lac mieux pourvues en pâturages. Une complémentation alimentaire des bétails à base de tourteaux est observée dans certains ménages pastoraux. Une présence des animaux du Hadjer Lamis est signalée dans les départements de Fouli, Kouloudia et Wayi. Le CICR a procédé, depuis le début de l’année, à la vaccination de plus de 50 000 têtes d’animaux, dont prioritairement les petits ruminants contre les maladies telluriques.

    Moyens d’existence des déplacés et ménages hôtes: Les transferts d’argent par l’assistance humanitaire permettent les activités génératrices de revenus (AGR), dont l’artisanat, la pêche, le petit commerce et la main d’œuvre non agricole, entre autres. Consécutivement à la baisse de financement et les restrictions de navigation sur le Lac, les ressources alimentaires se composent des faibles volumes de stocks issus de récoltes, de produits de cueillettes, d’achats sur les marchés et des faibles captures issus de la pêche effectuée au niveau des berges et alentours.

    Marchés de produits alimentaires: A la suite des inondations pluviales ayant impacté le déroulement de la campagne pluviale de 2022, couplée à la recrudescence des violences intervenue en novembre de la même année, l’approvisionnement des marchés est en baisse additionnelle comparé à la normale. Les enchères sur les prix du carburant découlant des pénuries ponctuelles, poussant à la hausse les coûts de transport, contribuent à cette limitation des volumes des approvisionnements. Consécutivement à ces perturbations, l’offre sur les marchés est légèrement en deçà des niveaux d’une année normale, malgré la hausse saisonnière en lien avec les nouvelles récoltes.

    Face à cette faible disponibilité, il est remarqué une dépendance accrue aux marchés de déplacés et ménages hôtes pour leur consommation. En fin 2022, la distribution du cash a suscité une pression additionnelle sur les marchés des céréales en plus des pertes de récoltes en fin de campagne pluviale. En sus de ceci, la baisse des flux entrants de produits importés de la Libye contraint les ménages très pauvres et pauvres du BEG et du Kanem à solliciter le maïs du marché de Bol, où les prix élevés limitent les achats. La pression exercée sur les marchés par les déplacés a conduit à la hausse actuelle des prix.

    Des baisses substantielles des prix se sont produites pendant les périodes de récolte et post-récolte (en septembre et octobre), mais les prix sont toujours en hausse comparée à la moyenne quinquennale compte tenu de la forte demande continue et de l’offre réduite à Bol (14 pour cent) et à Ngouri (38 pour cent), en raison de la forte demande de Moussoro et de Mao. Cependant, les prix actuels sont toujours inférieurs à ceux de 2021 étant donné que les pertes de récoltes de l'année dernière ont dépassé celles de 2022.

    Marchés à bétail: Compte tenu des pertes de cheptel emporté par les eaux d’inondations et/ou les enlèvements de bétail à la suite de l’insécurité, les marchés à bétail sont moins ravitaillés que d’habitude. La faible mobilité restreint également la demande sur les marchés à bétail de la zone. Avec cette morosité des marchés à bétail, les prix des petits ruminants sur les marchés sont stables avec une légère tendance haussière pour les caprins.

    Termes de l’échange: Compte tenu de la hausse des prix sur les marchés céréaliers face à une stabilité des prix des petits ruminants, les termes de l’échange sont en défaveur des ménages pasteurs : un bouc ne rapporte que 63kg de maïs et 68 kg de mil contre 100 kg, en année normale.

    Nutrition : Selon les résultats de la dernière enquête Nutritionnelle (SMART, novembre 2022), les niveaux de malnutrition aiguë globale (MAG) ont atteint le seuil élevé selon les normes de l’OMS avec une prévalence de 11 pour cent, traduisant une dégradation sérieuse de la situation nutritionnelle au niveau de la province du Lac.

    Assistance humanitaire: Durant le second semestre de l’année, une amélioration de la ration, intervenue en octobre 2022, contrairement au début de l’année, a permis d’assister 244,187 personnes dont 156,333 bénéficiaires ont été assistés en vivres et 87 854 bénéficiaires en transfert d’argent. Des opérations de blanket feeding au bénéfice de 15,158 enfants issus des ménages assistés ont été développés. Selon OCHA, un taux de mobilisation de ressources de près de 58 pour cent du montant requis a été mobilisé durant l’année 2022. Ceci a permis de couvrir un effectif de 55 pour cent des personnes en besoin de nécessité.

    Suppositions

    En plus des suppositions au niveau national, les suppositions suivantes s'appliquent à cette zone de préoccupation:

    • Les incursions du groupe Etat Islamique en Afrique de l’Ouest persisteraient jusqu'en octobre 2023 mais resteraient aux mêmes niveaux qu'en 2022 et en dessous des tendances observées au cours des cinq années précédentes (2017 - 2021). Le pic serait attendu pendant la saison des pluies de juin à octobre 2023 en raison de la mobilité réduite des forces gouvernementales dans la région.
    • Les volumes des approvisionnements des marchés continueraient d’être réduits, compte tenu de la poursuite de la hausse du coût de transport, la persistance de l’insécurité civile et enfin des impacts des inondations notamment la baisse de production pluviale. L’offre en maïs sur le marché de Bol resterait inférieure à la normale durant toute la période d’analyse malgré les apports des campagnes de contre-saison, froide et chaude.
    • Malgré l’intensification des activités (vente de fagots, artisanat et pêche), des revenus limités seraient procurés en raison de la faible demande, les impacts de l’insécurité sur la pêche notamment la baisse des volumes de capture, et la pression sur les ressources naturelles. La suroffre de la main d’œuvre agricole durant la saison ne permettrait pas de générer des revenus significatifs à cause des bas salaires journaliers versés aux personnes employées.
    • La hausse mensuelle des prix débutée en décembre se renforcerait avec la demande de Ramadan prévue en mars.

    Figure 3

    Projection des prix du maïs à Bol, décembre 2022
    Combined bar/line chart showing maize price projection in Bol, December 2022. Described under heading Suppositions

    Source: FEWS NET

    • La tendance des prix supérieurs à la moyenne quinquennale se maintiendrait tout au long de la période de projection. Cependant, les prix pourraient être inférieurs à leurs niveaux de l’an passé (Figure 3).
    • Entre mars et juin 2023, les volumes de capture de la pêche seraient inférieurs à la normale à cause des restrictions sécuritaires par le gouvernement. Cette baisse serait davantage importante à l’amorce de la montée des eaux du Lac à partir de juillet jusqu’en août et se maintiendrait identique jusqu’à la fin de la période de scénario. Les revenus tirés seraient proportionnellement inférieurs à la moyenne à cause des faibles volumes de captures répartis entre l’autoconsommation des ménages et la vente en quête de revenus.
    • Le PAM envisagerait de reconduire l’assistance aux mêmes effectifs de populations (244 187 personnes) par des distributions de vivres et du cash transfert durant l’année 2023. Des variations d’effectifs et de modes opératoires pourraient intervenir en fonction de la disponibilité du financement.

    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    Entre février et mai 2023: L’accès alimentaire des ménages sera limité par suite à la baisse des niveaux de stocks, de la hausse des prix sur les marchés céréaliers, et de la baisse des niveaux de revenus. Les apports découlant des opérations d’assistance humanitaire soutiendraient modestement la consommation mais les ménages resteront en Stress ! (Phase 2 ! de l’IPC). Malgré l’intensification des activités génératrices de revenus, les ménages ne pourraient pas satisfaire leurs besoins essentiels non alimentaires (habillement, santé, et éducation) sans recourir à des stratégies d’adaptation irréversibles. Même avec des aliments disponibles issues des récoltes et de la réduction de certaines maladies infantiles (paludisme, diarrhée et autres), la situation nutritionnelle demeurera toujours préoccupante dans la province du Lac à cause principalement d’un accès alimentaire limité couplé à une faible diversification des aliments. Les résultats de la dernière enquête nutritionnelle SMART conduite en novembre 2022 (période post-récolte) ont relevé une prévalence de MAG de 11 pour cent au niveau de la province du Lac, correspondant au seuil d’Alerte de l’UNICEF à cause des facteurs ci-dessus mentionnés. La dégradation de la situation nutritionnelle se maintiendra probablement dans ce seuil au moins jusqu'en mars/avril 2023. Les ménages auront une consommation alimentaire minimalement adéquate et seraient en Stress ! (Phase 2 ! de l’IPC) grâce à l’assistance complétant les autres sources de nourriture, principalement les achats aux marchés.

    Entre juin et septembre 2023: Face à l’épuisement des stocks des ménages et d’un accès réduit aux marchés par suite des prix élevés, les ménages feront recours à des stratégies extrêmes pour assurer leur consommation alimentaire . Les activités génératrices de revenus produiront globalement des revenus cumulés inférieurs à la moyenne compte tenu de la concurrence pour les opportunités d’embauche (main d’œuvre agricole et non agricole) entre les déplacés eux-mêmes et, ensuite avec les ménages hôtes. La faible disponibilité des ressources  (artisanat, collecte et vente de produits de cueillette et autres) ainsi que l’intensification du petit commerce (vente de produits de première nécessité) contribueront encore à la baisse des revenus. De même, les zones de pêche restreintes par le gouvernement réduisent davantage les volumes de capture, tandis que la montée des eaux en baisse saisonnière maintiendra les revenus à un faible niveau entre juin et septembre. Une détérioration de la consommation alimentaire sera attendue jusqu’au niveau critique typique du pic de la soudure. Ceci sera déterminée par la réduction de l'accès à la nourriture suite à l’épuisement des stocks alimentaires et à l’augmentation de la prévalence des maladies d’origine hydriques et du paludisme pendant la saison des pluies.

    Parties agropastorales des Provinces du BEG et Kanem (Départements du BEG Sud, BEG Ouest, Wadi Bissam et Kanem)/Zone de moyen d’existence TD05 (Figure 4)

    Situation actuelle

    Figure 4

    Carte de référence pour la zone concernée: zones agropastorales des provinces Barh el Gazel et Kanem
    101 / 5,000 Translation results Translation result Reference map for the area concerned: agropastoral areas of the Barh el Gazel and Kanem provinces

    Source: FEWS NET

    Campagne de contre saison: Grâce aux appuis de partenaires dont le PAM, la FAO ainsi que l’Agence Française de Développement (AFD), une extension des périmètres maraîchers est observée dans les départements du BEG sud et Ouest. Les activités agricoles en cours se résument régulièrement, comme en année normale, à l’entretien des périmètres maraîchers. Quelques attaques isolées d’ennemis de cultures (chenilles, coléoptères etc.), couplées à la divagation des animaux affectent, à petite échelle, le développement des cultures dans les différents sites de production. Malgré ceci, le fort engouement résultant des appuis multiformes (Cash inconditionnel, mise à disposition de moyens d’exhaure etc.) par des partenaires permet une bonne conduite des cultures. Le bon développement actuellement constaté, laisse entrevoir une production légèrement en hausse comparée à la normale.

    Situation pastorale et mouvements de bétail: En cette période de l’année, seul le cheptel des sédentaires est présent dans la zone avec des effectifs relativement réduits. Le bon niveau de biomasse et la disponibilité des points d’eaux saisonniers, favorisé par les bons résultats de la saison 2022/2023 permet de couvrir, actuellement, les besoins des animaux. Ces derniers parcourent des distances relativement réduites entre les pâturages et les points d’abreuvement. La situation zoosanitaire est globalement calme. Aucune épizootie n’est rapportée à l’exception des pathologies telluriques (péripneumonie contagieuse des bovidés, coccidiose, charbon bactéridien, New Castle). Une campagne de vaccination a été organisée par la FAO en vue de prévenir des pathologies telluriques dont la péripneumonie, le charbon bactéridien, etc.

    Moyens d’existence des ménages: En dépit de la multiplication des sources, les revenus restent en deçà des niveaux d’une année habituelle. Une érosion de la plupart des sources de revenus est constatée du fait des facteurs combinés à la suite des perturbations sur les échanges transfrontaliers avec la Libye et des reflux sur les sites d’orpaillage. La vente de produits maraîchers, artisanaux, de paille/fagots, de petits ruminants, la main d’œuvre locale et les versements issus de la migration saisonnière et permanents constituent les principales sources des revenus des ménages très pauvres et pauvres. Cependant, les montants des transferts d’argents sont très faibles, inférieurs à la normale à cause des contraintes macroéconomiques qui impactent négativement sur les capacités financières de ménages. Les seuls revenus, quoique modestes, sont ceux tirés des travaux à haute intensité de main d’œuvre tels que les aménagements d’espaces maraîchers, à usage communautaires développés par des acteurs, humanitaires et de développement à des fins de renforcement de la résilience.

    Marchés et flux de produits alimentaires: Compte tenu des baisses comparées à la moyenne quinquennale des productions céréalières (maïs, riz) en zone soudanienne, des perturbations sur les flux transfrontaliers et des coûts élevés de transport à la suite des hausses de prix du carburant, les volumes des approvisionnements des marchés de produits alimentaires, de Moussoro et Mao, sont en baisse comparés à une année normale. En effet, la zone est structurellement déficitaire dépend en partie des flux internes venant de provinces de la zone méridionale et d’autres zones supplémentaires.

    La plupart des ménages sont dépendant presqu’exclusivement sur les marchés pour leur consommation. En outre, suite aux impacts de la crise ukrainienne, aux coûts élevés de transport dûs aux enchères sur les prix du carburant, une faible disponibilité des produits alimentaires manufacturés et importés (ex : pâtes alimentaires, riz importé, farine de blé et huile végétale) est observée. Une tendance haussière atypique, comparée à la moyenne quinquennale des prix du mil est ainsi rapportée à Moussoro (21 pour cent) et Mao (20 pour cent). Identiquement, les prix du maïs affichent une hausse à Mao (38 pour cent) et Moussoro (28 pour cent).

    Marchés à bétail: A Moussoro, les marchés à bétail affichent une offre normale avec le départ en transhumance des pasteurs vers la zone méridionale. Cependant, la présence atypique des collecteurs et d’intermédiaires induit une augmentation modérée de la demande, comparée à la moyenne quinquennale, notamment à Mao où elle est plus prononcée. Cette demande est principalement destinée à l’exportation vers les pays voisins notamment au Cameroun et Nigéria. Malgré la dépréciation du naira, les hausses de coûts de transports consécutives aux enchères sur les prix du carburant et le long détour par le territoire nigérien pour atteindre le Nigeria, le marché de Mao affiche une hausse des prix comparée à la moyenne quinquennale tant pour les caprins (54 pour cent) que pour les ovins (48 pour cent).

    Termes de l’échange bétail – céréales: En date de janvier, à Moussoro, les termes de l’échange sont en défaveur des ménages pasteurs car le prix d’un ovin ne peut rapporter que ¾ de sac de mil contre un sac plein en année normale. En revanche à Mao, le prix d’un mouton peut rapporter un sac de 100 kg de mil tandis qu’à Mondo dans le Wadi Bissam, le même mouton ne procurerait que 95 kg contre un sac de 100 kg en année normale. En définitive, la tendance est légèrement inférieure à la moyenne quinquennale à cause des chocs successifs dont les baisses de production de 2021, les inondations de 2022, et les perturbations liées à la crise ukrainienne

    Situation nutritionnelle: Selon, les résultats de la dernière enquête Nutritionnelle SMART conduite en novembre 2022, les niveaux de Malnutrition Aiguë Globale (MAG) ont atteint le seuil élevé selon les normes de l’OMS avec une prévalence de 12,2 pour cent [9,5 - 15,6] dans la province du Kanem et 12,9 pour cent [9,4-17,5] dans celle du BEG et traduisant une dégradation sérieuse de la situation nutritionnelle au niveau de ces deux provinces.

    Assistance humanitaire: Des interventions de résilience au bénéfice de 4,105 ménages exécutées par le PAM et ses partenaires dont des opérations d’alimentation scolaire destinés à 4 769 élèves sont en cours dans le département du BEG Sud à travers un financement du Ministère allemand de la coopération économique (BMZ). L’ONG Action Contre la Faim (ACF) appuie 375 personnes dont 250 femmes dans le département de Moussoro Rural sur le volet activités génératrices de revenus afin de renforcer les moyens d’existence des ménages très pauvres et pauvres. Toutefois, la couverture de l’assistance humanitaire reste faible.

    Suppositions

    En plus des suppositions au niveau national, les suppositions suivantes s'appliquent à cette zone de préoccupation:

    • La production agricole de contre-saison se déroulerait de façon normale grâce aux appuis des acteurs qui favoriseraient des productions moyennes. 
    • Le démarrage de la saison agricole serait identique à une année normale, en juin.

    Figure 5

    Projection des prix du mil sur le maché de Moussoro, décembre 2022
    Combined bar/line chart showing projection of millet prices on the Moussoro market, December 2022

    Source: FEWS NET

    • L’offre sur les marchés de produits alimentaires manufacturés et importés continuerait de rester en baisse à cause de la persistance de la crise ukrainienne et ses perturbations sur les flux transfrontaliers avec la Libye, principale source d’approvisionnement en ces produits dans la zone. Les coûts élevés de transport dus aux hausses de coûts de carburant accentuées par des ruptures d’approvisionnement continueraient d’affecter les volumes de flux de produits céréaliers à destination des marchés de la zone. Par conséquent, une tendance haussière, comparée à la moyenne quinquennale des prix, persisterait sur les marchés céréaliers durant toute la période de scénario (Figure 5).
    • Compte tenu des perturbations dans les zones d’orpaillage, du contexte sécuritaire défavorable sur les axes migratoires vers la Libye et, en territoire libyen, les revenus issus des transferts d’argent par les migrants saisonniers et permanents seraient réduits durant le scénario.
    • Les revenus tirés de la main d’œuvre non agricole resteront inférieurs à une année normale à cause des faibles opportunités face à une suroffre découlant de la réduction des activités économiques sur les places de marchés. Ce ralentissement de la situation économique est lié tant aux perturbations sur les flux commerciaux notamment avec la Libye découlant de la crise russo-ukrainienne que du contexte sécuritaire aux frontières.
    • Outre des actions de développement mises en œuvre par des acteurs en vue de renforcer la résilience. FEWS NET ne dispose d’aucune information sur l’aide humanitaire. Par conséquent, toute la suite de l’analyse sera déroulée sans considérer les apports de l’assistance humanitaire dans la consommation alimentaire des ménages.

    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    Entre février et mai 2023: Malgré les résultats globalement positifs de la campagne pluviale dans la zone, pour leur consommation, la plupart des ménages dépendent des marchés et des produits maraîchers issus des périmètres installés à Moussoro et dans les localités alentours. Les achats sont complétés par de produits de cueillette et des partages de repas par solidarité qui constituent les principales sources alimentaires des ménages très pauvres et pauvres. En effet, la propre production agricole des ménages ne couvre en moyenne que trois mois les besoins de consommation des ménages très pauvres et pauvres de cette zone. Face à l’épuisement précoce de leurs stocks, la tendance haussière, atypique comparée à la moyenne quinquennale des prix sur les marchés, les ménages très pauvres et pauvres feront face à des déficits de consommation alimentaire. Ceci sera exacerbé par une prévalence relativement élevée de la malnutrition occasionnée par les infections respiratoires aigües et d’autres pathologies saisonnières (paludisme, rougeole, etc.). Faisant suite à l’érosion généralisée de la plupart des sources, les revenus des ménages sont en très forte baisse. Spécifiquement, les transferts d’argent par des migrants permanents et saisonniers sont en forte baisse, comparé à une année normale, en raison des difficultés économiques du pays et des pays d'accueil comme la Libye. Compte tenu de l’épuisement des stocks céréaliers des ménages, des hausses atypiques de prix sur les marchés, réduisant les capacités d’accès alimentaire aux ménages consécutive aux bas niveaux de revenus et à la prévalence saisonnière des pathologies dont les infections respiratoires aigües, la situation nutritionnelle se détériorait à des niveaux critiques. Par conséquent, les ménages très pauvres et pauvres de la zone seraient en Crise (Phase 3 de l’IPC) et ne pourraient satisfaire leurs besoins de consommation sans recourir à des stratégies d’adaptation extrêmes.

    Entre juin et septembre 2023: Dépendant fortement des marchés pour leur consommation alimentaire, les ménages auraient un accès alimentaire limité à cause des niveaux très élevés de prix comparées à la moyenne quinquennale. Ils auront des déficits de consommation alimentaire reflétés par une malnutrition aigüe élevée ou supérieur aux niveaux habituels. Compte tenu des faibles opportunités d’emploi, de la dégradation continue du contexte sécuritaire en Libye et de la concurrence accrue dans les sites d’orpaillage limitant l’accès à l’emploi, la plupart des revenus se maintiendraient inférieurs à une année normale. La consommation de l’eau de surface, durant l’hivernage, accentuera la dégradation de la situation nutritionnelle. En sus de ceci, durant les travaux champêtres de juillet, les mères de familles allaitantes seront occupées par les travaux agricoles et n’accorderont aux enfants de moins de cinq ans que des faibles soins d’entretien qui détérioraient davantage leurs état nutritionnel malgré les apports en produits laitiers.


    Résultats les plus probables en matière de sécurité alimentaire et zones bénéficiant de niveaux significatifs d’aide humanitaire

    Citation recommandée: FEWS NET. Tchad Perspectives sur la sécurité alimentaire février à septembre 2023: La dépendance aux marchés et les coûts élevés de transport accentuent la hausse des prix de produits alimentaires, 2023.

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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