Remote Monitoring Report

Les ménages pauvres des zones de conflits font toujours face à une insécurité alimentaire en périodes de récoltes

December 2021 to May 2022

December 2021 - January 2022

Phase 3 de l'IPC

February - May 2022

Phase 3 de l'IPC

IPC v3.0 Acute Food Insecurity Phase

1: Minimal
2: Stressed
3+: Crisis or higher
Would likely be at least one phase worse without
current or programmed humanitarian assistance
FEWS NET classification is IPC-compatible. IPC-compatible analysis follows key IPC protocols but does not necessarily reflect the consensus of national food security partners.
FEWS NET Remote Monitoring countries use a colored outline to represent the highest IPC classification in areas of concern.

IPC v3.0 Acute Food Insecurity Phase

1: Minimal
2: Stressed
3: Crisis
4: Emergency
5: Famine
Would likely be at least one phase worse without current or programmed humanitarian assistance
FEWS NET classification is IPC-compatible. IPC-compatible analysis follows key IPC protocols but does not necessarily reflect the consensus of national food security partners.

IPC v3.0 Acute Food Insecurity Phase

1: Minimal
2: Stressed
3+: Crisis or higher
Would likely be at least one phase worse without
current or programmed humanitarian assistance
FEWS NET classification is IPC-compatible. IPC-compatible analysis follows key IPC protocols but does not necessarily reflect the consensus of national food security partners.
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IPC v3.0 Acute Food Insecurity Phase

Presence countries:
1: Minimal
2: Stressed
3: Crisis
4: Emergency
5: Famine
Remote monitoring
countries:
1: Minimal
2: Stressed
3+: Crisis or higher
Would likely be at least one phase worse without
current or programmed humanitarian assistance
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Key Messages

  • Malgré la mise en place d’un cessez-le-feu unilatéral par les autorités gouvernementales, la situation sécuritaire du pays reste très volatile et imprévisible avec des impacts significatifs sur les moyens d’existence et la sécurité alimentaire des ménages pauvres et très pauvres se trouvant dans les zones durement touchées par les conflits notamment ceux des régions du : Nord-Ouest, du Centre-Sud, du Sud-Est.

  • La production agricole nationale est faible par rapport à la moyenne des cinq dernières années et de l’année dernière, variable et souffre de l'instabilité de la situation sécuritaire, des déplacements récurrents de populations, des difficultés d'accès aux champs, intrants et outils agricoles, d’appui financier insuffisant ainsi que des irrégularités ou manque de précipitations ainsi que des maladies des cultures.

  • La disponibilité des produits alimentaires et non alimentaires pour les ménages a été affectée par la faible production agricole et la fermeture de certains marchés locaux (les villes de Bria, Kouango et Obo). Les mauvaises conditions des routes, les tracasseries routières récurrentes, les mouvements rebelles et la présence d'engins explosifs dans les zones de production, sur les couloirs commerciaux et sur les routes de transhumance ont gravement limité les flux internes et externes de marchandises et la circulation des personnes.

  • Avec les récentes récoltes, le coût médian du panier minimum d'articles de survie (PMAS) a enregistré une baisse de 5% par rapport au mois de septembre 2021. Cette baisse est principalement due à la baisse des prix du riz local (-25%) et du manioc (-29%), principales composantes du PMAS en RCA. Cependant les prix des denrées alimentaires importes sont toujours en hausse.

CONTEXTE NATIONAL :

Les impacts de la crise sécuritaire sont devenus prépondérants sur l’ensemble des zones de moyens d’existences en République Centrafricaine (RCA). Malgré le cessez-le-feu unilatéral en cours pour l'armée centrafricaine et ses alliés décrété par le président centrafricain en octobre 2021, la situation sécuritaire du pays reste très précaire et instable. D’octobre a novembre 2021, la situation sécuritaire s’est particulièrement détériorée dans les sous-préfectures de Kabo, Bozoum, Bocaranga, Ouanda-Djallé, Bangui, Bria, Paoua, Abba, Alindao de l’Ouham Pendé, de la Basse Kotto, de la Ouaka et dans le Haut-Mbomou qui ont enregistré de nouveaux affrontements. L’insécurité et la peur des exactions commises par les groupes armés continuent de limiter les mouvements des populations, l’accès aux terres de cultures, la mise en œuvre des activités génératrices de revenus, l’accès à la nourriture ainsi que l’accès aux aides humanitaires.

Situation sécuritaire : Durant les trois derniers mois, la situation sécuritaire est restée imprévisible dans le pays. Après les multiples et violentes exactions du mois de juillet, on constate une baisse relative du nombre d’incidents à partir du mois d’août jusqu’en en novembre (47 incidents en novembre contre 57 en octobre, cf. Figure 1). Cette baisse est consécutive au cessez-le-feu unilatéral de l’armée républicaine décréter par le président de la République en octobre. Les zones frontalières entre le Tchad et la RCA sont des foyers de tensions entre les groupements rebelles des deux pays. Les derniers conflits armés en novembre ont eu comme conséquence des pertes importantes en vies humaines où plus de 230 personnes (civile et militaire) ont été tuées lors d’un rassemblement de plus de 6 500 combattants rebelles tchadiens sur le sol centrafricain en vue de leur retour au Tchad conformément aux accords de retours volontaires et d’insertions des anciens rebelles dans les armées républicaines. Cet incident n'est pas représentatif des attaques de 2021 dans le pays, mais démontre la nature imprévisible des perturbations et de l'instabilité pour les ménages pauvres dans les zones touchées par le conflit.

Mouvements de la population : En septembre 2021, 722 101 individus était déplacées en RCA. Selon le rapport de la Commission Mouvement de populations au 31 octobre 2021, le nombre total de Personnes Déplacées Internes (PDI) en RCA était estimé à 664 491 individus sur 96 sites, dont 181 027 (25%) héberges dans les sites et 483 464 (75%) dans les familles d’accueil. Cette baisse de 57 610 PDI (soit presque 8 pour cent) sur deux mois s’explique par des mouvements de retours volontaires des PDI dans leur localité à la suite de la diminution des foyers de tensions dans le pays. Les plus grands sites de PDI (cf. Figure 2) se trouvent dans les préfectures de : Ouham 35, Bangui 9, Haut-Mbomou 10, Ouaka 9, Ombella M`Poko 6, Haute-Kotto 5, Mbomou 5 et Basse-Kotto (Alindao 4).

Récoltes 2021/22 et disponibilités alimentaires : Les récoltes qui ont débuté en octobre se poursuivront jusqu’en mi-février (manioc et les cultures à cycles longs : les différentes variétés de sorgho et mil). Les disponibilités alimentaires s’améliorent auprès des ménages pauvres et très pauvres et sont renforcées par la disponibilité des produits de cueillette, de pêche et de chasse. Toutefois, les récoltes 2021/22 sont globalement faibles et variables à travers le pays. Toutefois elles sont jugées moyennes dans les préfectures du centre et de l’ouest moins affectées par l’insécurité et les conflits armés, cependant inferieures à la moyenne dans les préfectures du nord, du nord-ouest et du sud-est. Et ceci en raison des déplacements récurrents de population, des difficultés d’accès aux champs autant pour les semis que pour les récoltes, du manque de semences, qui a contraint les producteurs à réduire les emblavures, et de la présence des groupes armés, qui limite l’accès aux champs pour les récoltes ainsi que les pillages opérés par ces derniers.

Situation des marchés et évolution des prix : Les flux internes et externes en denrées alimentaires locales et importées sont similaires à l’année dernière dans les zones moins affectées par les conflits armées et nettement inférieures par rapport à l’année dernières dans les zones à accès limité et sous occupation des groupes armés rebelles. En effet, le niveau moyen d’approvisionnement des marchés en produits alimentaires de base dans les villes de Bangassou, Zemio, Alindao, Sibut, Mbaïki, Mobaye Bangui, Bouar, Bambari, Berberati, Bozoum, Kaga-Bandoro et Paoua, se justifie par la disponibilité saisonnière en cette période des récoltes. Cela concerne principalement les produits tels que le manioc, les maïs jaune et blanc, le riz local et les produits de pêche et chasse. L’approvisionnement de ces marchés est favorisé par leur proximité avec les pays frontaliers comme le Cameroun, le Tchad et le Soudan. La demande en denrées alimentaire de base locales dans ces zones est aussi stable actuellement avec les récoltes et la disponibilité des stocks au niveau des ménages et sur le marché. Les prix sont bas en cette période de l’année pour les produits alimentaires locaux (ex : riz local, manioc, maïs, sorgho et arachide) contrairement à ceux importés (ex : riz, haricot blanc et produits manufacturés) dont les prix continuent d’être élevés par rapport au mois derniers et à l’année dernière à la même période à cause de l’inflation et des couts élevés coûts de transports.

Par ailleurs, dans les zones sous occupation rebelles et où à accès limité, les approvisionnements sont nettement inférieurs par rapport à l’année dernière, par exemple les villes de Bria, Kouango, Obo, Bossangoa, Kabo, Batangafo et Bocaranga. Les marchés y sont rarement fréquentés, les mouvements de populations sont limités ainsi que les activités génératrices de revenus pour les ménages pauvres et très pauvres – affectant leur pouvoir d’achat. En outre, l’extrême dégradation des conditions physiques de routes ainsi que les couts élevés de transport des marchandises rendent très difficile l’accessibilités des sites de productions locales aux transporteurs et aux commerçants d’où des difficultés d’écoulements et de déstockages des productions agricoles. Les prix des produits agricoles y sont relativement élevés par rapport aux zones moins affectées par les conflits armés en cause de la faiblesse de la production agricole dans ces zones. Les prix des denrée alimentaires et non – alimentaire importes y sont continuellement élevés.

Au niveau national, d’après le rapport des enquêtes REACH en octobre 2021, le coût médian du panier minimum d'articles de survie (PMAS) est de 66 378 FCFA soit une baisse de 5% par rapport au mois de septembre 2021. Cette baisse est principalement due à la baisse des prix du riz local (-25%) et du le manioc cossette (-29%), principales composantes du PMAS en RCA. En effet, la fin de la saison des pluies et la période de récolte ont permis un approvisionnement plus important des marchés de ces deux produits. Le prix du haricot en revanche a augmenté (+14%) ainsi que le maïs (+13%), car il est typique pendant cette période que la production nationale ne soit pas suffisante pour répondre à la demande dans certaines régions du pays (notamment Bossembélé et Bangui). Avec les premières récoltes, les prix des denrées produites localement comme le manioc et l’arachide sont nettement en baisse rapport au mois précédent et aux trois derniers mois sur la plupart des marchés.

Situation humanitaire et nutritionnelle : Les besoins humanitaires et nutritionnelles demeurent toujours une préoccupation majeure sur toute l’étendue du territoire Centrafricain. Ces situations de besoins humanitaires exacerbés et de taux de malnutrition aigues résultent de la combinaison de plusieurs facteurs tels que : les conflits intercommunautaires et l’insécurité depuis année après année, les mauvaises conditions des services sociaux de base, des mouvements de population, ainsi qu’a une prévalence élevée de maladies infantiles sévères (la diarrhée, le paludisme, la rougeole, etc.). Les résultats de l’analyse de l’IPC sur la malnutrition aiguë (IPC AMN) conduite en septembre 2021 dans 68 sous-préfectures et Bangui ont relevé que jusqu’en février 2022, la situation nutritionnelle se dégradera au niveau de 31 sous-préfectures et Bangui et seront classées en situation Sérieuse (Phase 3 de l’IPC), tandis que les autres sous-préfectures seront en Alerte (Phase 2 de l’IPC). Cependant, il est probable qu'au cours de la période de soudure entre mars et août 2022, certaines de ces sous-préfectures en situation de malnutrition aiguës passent à une phase pire que leur actuelle.  

ZONE ANOMALIES ACTUELLES ANOMALIES PROJETÉES

Nationale

Des productions agricoles nationales moyennes à inferieures et variables : Elle est jugée moyenne dans les préfectures du centre et de l’ouest moins affectées par l’insécurité et les conflits armés, et inferieure a la moyenne dans les préfectures du nord, du nord-ouest et du sud-est en raison, des déplacements récurrents de population, des difficultés d'accès aux champs autant pour les semis que pour les récoltes, du manque de semences.

En cette période de récolte, les disponibilités alimentaires continueront de s’améliorer pour la majorité des ménages jusqu’en mars/avril grâce à la reconstitution des stocks.

 

L’instabilité et l’imprévisibilité de la situation sécuritaire du pays entravent les activités agricoles, l’approvisionnement des marchés locaux ainsi que les activités des organismes étatiques et humanitaires.

Les prix des produits alimentaires locaux poursuivront leur baisse saisonnière dans la majorité des régions, contribuant à améliorer l’accès à la nourriture par les populations. Cependant, dans les zones les plus affectées par l’insécurité et les conflits, les prix resteront plus élevés, malgré la baisse saisonnière, limitant ainsi l’accès à la nourriture par les ménages pauvres et ceux déplacés.

 

Les prix des principaux produits agricoles locaux (riz, manioc, sorgho rouge, huile de palme et arachide) sont en baisse par rapport à l’année dernière grâce aux premières récoltes et leur disponibilité est moyenne sur les marches locales des zones moins affectées par les conflits.

Les prix des produits alimentaires importés resteront élevés jusqu’en mai 2022 du fait de l’augmentation des coûts de transport, les paiements illégaux le long des corridors commerciaux et le climat général d’insécurité.

 

Les prix des produits alimentaires importés tels que le riz importé, le haricot blanc, l’huile raffinée, la farine de blé et le poisson ont enregistré des hausses par rapport à l’année passée. Cette inflation est due, aux additionnels frais illégaux, des tracasseries et restrictions portuaires et routières, la suspension du transport routier sur l‘axe Bangui-Douala par de nombreux commerçants grossistes et enfin au regard de la situation sécuritaire volatile du pays.

Une soudure précoce et plus longue (avec un début précoce en mars au lieu d’avril en année normale) est à prévoir dans les zones de conflits abritant des ménages déplacés et d’accès difficiles.  

  Le déplacement continuel des populations (aller-retours des PDI) dû aux conflits armées, l’inaccessibilité de certaines zones par les humanitaires pour délivrer l’assistance, exposent davantage les ménages pauvres et les plus pauvres et ceux déplacés à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle. La dégradation avancée des routes risquerait de continuer d’être un facteur de causalité des perturbations par rapport à l’écoulement des productions agricoles locales, de contribuer à l’augmentation des prix des produits agricoles de base ainsi que l’indisponibilité de produits sur les marchés. 

 

PERSPECTIVE PROJETÉE À MAI 2022

Dans les zones moins affectées par les conflits armées tel que dans les préfectures du centre et de l'ouest, les récoltes en cours jugées moyennes, la disponibilité des productions agricoles auprès des ménages sur les marchés, la baisse continuelle des prix des denrées locales par rapport à l’an dernier, contribueront à l’amélioration les conditions d’alimentation de la majorité des ménages jusqu’en début de la période de soudure. Ainsi, l’insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) pourrait prévaloir dans les préfectures du centre et de l’ouest plus calmes sur le plan sécuritaire.

Dans les préfectures du nord et du nord-ouest la faiblesse des récoltes (en-dessous de la moyenne) en raison des conditions pluviométriques insuffisantes et la faiblesse des revenus (découlant des entraves liées aux marchés et aux activités informelles) exposent les ménages pauvres et très pauvres à une insécurité alimentaire aigue Stress (Phase 2 de l’IPC) entre octobre et janvier 2022, et qui par la suite pourront basculer en Crise (Phase 3 de l’IPC) jusqu’en mai du fait de l’épuisement précoce des stocks et des faibles niveaux de revenus prolongés.

Dans les préfectures du sud-est où l’on note une forte présence des groupes armés qui perturbe grandement l’activité agricole et en particulier l’extraction minière (sources principales de revenus des populations), les PDI et les ménages hôtes pauvres seront plus dépendants du marché et de l’assistance humanitaire. Ils resteront exposés à la Crise (Phase 3 de l’IPC) jusqu’en avril / mai 2022 début de la période de soudure. En 2022, les activités agricoles et les autres activités génératrices de revenus continueront d'être perturbées dans les zones occupées par les rebelles.

Malgré un soutien militaire supplémentaire du gouvernement rwandais et l'arrestation d'un commandant du groupe rebelle 3R par les forces armées camerounaises, et étant donné l'absence d'intervention efficace proposée, il est probable que la poursuite des affrontements entre les forces gouvernementales et les groupes rebelles entraînera la fuite d'un nombre croissant de réfugiés et des personnes de déplacés internes, vers l'ouest au Cameroun, et au nord jusqu'au Tchad. Les populations ayant besoin d'aide et de protection humanitaires continueront et augmenteront probablement au cours de la période de projection en 2022.

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The Famine Early Warning Systems Network is a leading provider of early warning and analysis on food insecurity. Created by USAID in 1985 to help decision-makers plan for humanitarian crises, FEWS NET provides evidence-based analysis on approximately 30 countries. Implementing team members include NASA, NOAA, USDA, USGS, and CHC-UCSB, along with Chemonics International Inc. and Kimetrica.
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