Food Security Outlook

La sécurité alimentaire s'améliore dans la région de l'Extrême-Nord mais se détériorent dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

October 2021 to May 2022

October 2021 - January 2022

February - May 2022

IPC v3.0 Acute Food Insecurity Phase

1: Minimal
2: Stressed
3: Crisis
4: Emergency
5: Famine
Would likely be at least one phase worse without current or programmed humanitarian assistance
FEWS NET classification is IPC-compatible. IPC-compatible analysis follows key IPC protocols but does not necessarily reflect the consensus of national food security partners.

IPC v3.0 Acute Food Insecurity Phase

1: Minimal
2: Stressed
3: Crisis
4: Emergency
5: Famine
Would likely be at least one phase worse without current or programmed humanitarian assistance
FEWS NET classification is IPC-compatible. IPC-compatible analysis follows key IPC protocols but does not necessarily reflect the consensus of national food security partners.

IPC v3.0 Acute Food Insecurity Phase

1: Minimal
2: Stressed
3+: Crisis or higher
Would likely be at least one phase worse without
current or programmed humanitarian assistance
FEWS NET classification is IPC-compatible. IPC-compatible analysis follows key IPC protocols but does not necessarily reflect the consensus of national food security partners.
FEWS NET Remote Monitoring countries use a colored outline to represent the highest IPC classification in areas of concern.

IPC v3.0 Acute Food Insecurity Phase

Presence countries:
1: Minimal
2: Stressed
3: Crisis
4: Emergency
5: Famine
Remote monitoring
countries:
1: Minimal
2: Stressed
3+: Crisis or higher
Would likely be at least one phase worse without
current or programmed humanitarian assistance
FEWS NET Remote Monitoring countries use a colored outline to represent the highest IPC classification in areas of concern.

Key Messages

  • Les récoltes sèches en octobre dans la région de l'Extrême-Nord améliorent la sécurité alimentaire des ménages pauvres, notamment dans le Mayo Tsanaga, Mayo Sava et Logone-et-Chari, localités touchées par les insurgés. Les ménages pauvres ont accès au sorgho, le millet et le maïs, et les revenus provenant de la vente des récoltes améliorent leur accès à d’autres produits alimentaires achetés sur les marchés. Cependant, la production agricole a été inférieure à la moyenne, comme c'est le cas depuis plusieurs années, ce qui a entraîné une baisse des stocks et des revenus provenant de la vente des récoltes. En conséquence, ces ménages pauvres vont faire face à des situations de Stress (Phase 2 de l'IPC) Jusqu'en mai 2022. Des situations de Crise (phase 3 de l'IPC) pourraient émerger en Mars 2022 dans le Logone-et-Chari et le Mayo Sava, où la production a été nettement inférieure à la moyenne.

  • La sécurité alimentaire se détériore pour la plupart des ménages pauvres du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, car ils ont épuisé plus tôt que d'habitude leurs stocks au départ inferieurs à la moyenne. L'aide humanitaire parvient à certains ménages, mais des quantités relativement faibles par rapport aux besoins. Il est probable que les ménages pauvres vont faire face à des situations de Crise (phase 3 de l'IPC) jusqu'en mai 2022 pour les départements de Momo, Lebialem, Meme et Menchum où la production a été relativement faible par rapport aux autres départements et l'assistance alimentaire limitée à cause de l'inaccessibilité. Cependant, en raison d'une légère amélioration localisée de la production par rapport à la saison dernière dans le reste des départements, les stocks des ménages devraient continuer à soutenir une consommation alimentaire adéquate et des revenus minimalement adéquats jusqu’en janvier 2022 ce qui les maintient en Stress (Phase 2 de l'IPC), après les ménages passeront en Crise (Phase 3 de l'IPC) jusqu'au pic de la période de soudure en mai 2022.

CONTEXTE NATIONAL

Situation actuelle

Conflit et insécurité : Le principal facteur d'insécurité alimentaire aiguë au Cameroun reste le conflit, en particulier les incursions de groupes extrémistes, Jama'atu Ahlis-Sunnah Lidda'Awati Wal-Jihad (Boko Haram) et l'État islamique de la province d'Afrique de l'Ouest (ISWAP) dans la région de l'Extrême-Nord, et le conflit en cours dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest (NOSO). Ces conflits continuent à déplacer périodiquement des ménages et perturbent le commerce, les activités agricoles et pastorales. Par rapport à la période de Janvier à Septembre 2020, le conflit dans le Nord-Ouest a connu une augmentation de nombre d'affrontements entre les forces gouvernementales et les séparatistes, ce qui a entraîné un nombre plus élevé de fatalités. Les séparatistes militants anglophones ont augmenté l’utilisation d'engins explosifs improvisés (IED) au cours des dernières années, ciblant principalement les forces armées gouvernementale, les opposants politiques et ceux qui désobéissent aux jours des "villes mortes". Des informations récentes du HCR (Septembre 2021) font état de 711 056 déplacés internes liés au conflit dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, ce qui représente une augmentation de 5 pourcents par rapport à l'année dernière.  Dans l'Extrême-Nord, les attaques contre les civils et les forces de sécurité perpétrées par des groupes extrémistes ont été moins nombreuses au troisième trimestre en 2021 qu'à la même période en 2019 et 2020, probablement en raison de l'intensification de l’offensive militaire de l’armée gouvernementale en juillet et en août. Au moins 12 incidents de ce type ont été signalés depuis juillet à Mayo Sava, Mayo Tsanaga et Logone-et-Chari et, en août, environ 10 000 personnes ont été déplacées à l'intérieur de ces localités. En septembre 2021, le HCR a enregistré 341 536 personnes déplacées internes ayant fui les attaques de Boko Haram, soit une augmentation de 13 pourcents par rapport aux statistiques de l'année dernière. La région de l'Extrême-Nord a enregistré également 114,371 réfugiés Nigérians dont 68,103 dans le camp de Minawao et 46,268  les communautés d'accueil . Depuis janvier 2021, le camp de Minawao continue de recevoir environ 150 nouveaux réfugiés par mois.

Par ailleurs, 315 027 réfugiés Centrafricains sont installés dans les régions de l'Est, du Nord et de l'Adamawa, exerçant une pression croissante sur les ressources et les conditions de vie des communautés d'accueil. Bien que 70 pourcents de ces réfugiés Centrafricains soient bien intégrés dans les communautés d'accueils depuis 2013,30 pourcents d'entre eux sont installés dans les sites aménagés et dépendent entièrement de l'aide alimentaire.

Evolution de la pandémie de COVID-19 et de ses impacts : L'évolution du nombre de cas quotidiens de COVID-19 a été volatile, bien qu'une tendance à la hausse ait été enregistrée en septembre. Le pays a enregistré un total de 98 402 cas au 14 octobre 2021. Les taux de vaccination restent faibles, avec moins de 1 pourcent de la population vaccinée. Les mesures de prévention mises en place par le gouvernement (notamment la distanciation sociale, le port obligatoire de masques, les restrictions de rassemblements et de déplacements, et le dépistage obligatoire aux points d'entrée) restent en place. Ces mesures, associées à la peur de la contamination, continuent de limiter les possibilités de gagner un revenu quotidien (à travers le petit commerce et le travail occasionnel) pour les ménages urbains pauvres. Les restrictions frontalières entravent également le commerce, en particulier le flux de produits agricoles vers le Gabon et la Guinée équatoriale et le mouvement des travailleurs vers le Nigeria, limitant ainsi les opportunités pour gagner un revenu.

Les activités économiques ont augmenté par rapport à la période de début 2020 lorsque les restrictions liées à la pandémie ont été appliquées pour la première fois. Les statistiques du port autonome de Douala montrent une augmentation de 29 pourcents des importations de produits alimentaires entre le troisième trimestre de 2021 et la même période en 2020, mais toujours inférieure à la même période en 2019, avant la pandémie. Malgré cela, les approvisionnements en aliments de base restent inférieurs à la moyenne, en particulier dans les villes urbaines où les effets de la pandémie sont plus marqués. Cela est dû aux restrictions mondiales, y compris dans les principaux pays producteurs qui ont connu des perturbations de chaînes d'approvisionnement. Cela a également entraîné une augmentation des coûts de transaction et d’importation, les prix des aliments de base importés restent supérieurs aux niveaux pré-pandémiques. Sur la base des données de prix collectées par FEWS NET sur les principaux marchés de Yaoundé, le prix moyen du riz importé est de 33 pourcent supérieur aux prix de 2019 et 2018, tandis que le blé est de 9 pourcent supérieur aux prix de 2019 et 2018.

La pluviométrie : La pluviométrie dans la partie sud du pays est bimodale pour la majeure partie de la zone centrale (Est, Centre, Sud) et unimodale dans la zone côtière, les hauts plateaux occidentaux et le plateau d'Adamawa. La saison des pluies s'étend généralement de mars à octobre, mais dans les zones à deux saisons des pluies, la première s'étend de mars à juillet et la seconde de mi-septembre à novembre. La première et la deuxième saison des pluies ont démarré à temps dans la majeure partie du sud du pays et le cumul des précipitations a été moyen. Dans le nord du Cameroun, il y a une seule saison des pluies principale qui va de juin à octobre. Dans l'Extrême-Nord, le début des pluies a été tardif et le cumul des précipitations a été globalement inférieur à la moyenne.

La production agricole : Avec le début des pluies à temps et un rendement saisonnier moyen, la production des principaux aliments de base en Juin, notamment le maïs, les haricots, les pommes de terre, le riz, le café et le cacao, a été moyenne dans la plupart des régions de la partie sud du pays à l'exception  les régions du nord-ouest et du sud-ouest touchées par le conflit, qui ont connu une réduction de la production agricole par rapport à la période antérieure au conflit, tant en termes de superficie totale cultivée que de rendements pour la cinquième année consécutive.  Cette production inférieure à la moyenne est due aux interruptions des activités agricoles liées au conflit et à l'insécurité, notamment un accès réduit aux champs, et aux prix supérieurs à la moyenne des intrants et équipements agricoles. Dans l'Extrême Nord, où les pluies sont arrivées tardivement, les semis ont été retardés et les cultures ont souffert de précipitations inférieures à la moyenne. Cette situation, qui s'ajoute aux perturbations des activités agricoles liées à l'insécurité, a entraîné une baisse localisée de la production.

Production animale : Le début normal des pluies et les précipitations saisonnières moyennes cumulées dans la partie sud du pays ont favorisé la disponibilité adéquate de pâturages et de l'eau, améliorant ainsi les conditions corporelles du bétail. La couverture végétale actuelle diminue à l'approche de la saison sèche en novembre. Selon les images NDVI produites par FEWS NET/USGS, la couverture végétale globale en octobre est en baisse par rapport au mois d'août et septembre. À l'exception des régions touchées par le conflit et l'insécurité, les taux de natalité, la production de viande bovine et de lait sont restés dans la moyenne saisonnière pour toutes les espèces. Toutefois, les conditions d'élevage sont généralement inférieures à la moyenne dans les zones de la région de l'Extrême-Nord où les précipitations cumulées nettement inférieures à la moyenne entraînent une production de fourrage et d'eau inférieure à la normale. Dans les départements de Mayo Tsanaga et Logone et Chari, les animaux parcourent des distances deux fois plus longues que la normale pour trouver de l'eau potable. Dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, la production reste affectée par un accès limité aux services vétérinaires dû à la réduction des approvisionnements et aux prix élevés aggravés par les faibles revenus des éleveurs.  Les ventes aux enchères prolongées du petit bétail par les ménages pauvres comme stratégie d'adaptation pour gagner de l'argent ou par crainte de vol ou de saisie par des groupes armés ont maintenu les cheptels en dessous de la moyenne des années sans conflit.

Revenus des ménages : Les ménages pauvres bénéficient actuellement des revenus des ventes de cacao et de café en cours et de la demande moyenne de main-d'œuvre de contre-saison dans le pays et au Nigeria voisin où la récolte est en cours. La saison de pêche en cours améliore également les revenus des ménages pauvres dans les zones riveraines. Les niveaux de revenus actuels sont globalement moyens pour la plupart des ménages pauvres, bien qu'il y ait des ménages pauvres qui ont un accès au revenu inférieur à la moyenne, notamment ceux des zones de conflit et ceux qui dépendent fortement de la main-d'œuvre transfrontalière. Dans les zones de conflit, les ventes de récoltes et de bétail inférieures à la moyenne et la réduction de la demande de main-d'œuvre agricole et pastorale sont à l'origine de revenus inférieurs à la moyenne. Les restrictions frontalières liées à la COVID-19 et les coûts de transport élevés continuent d'entraver le taux de migration transfrontalière de la main-d'œuvre avec les pays voisins, à savoir le Nigeria, le Tchad et la République Centrafricaine, ce qui réduit l'accès aux revenus provenant de cette source. De plus, la distanciation sociale et la crainte de la contamination par le Coronavirus limitent les activités quotidiennes informelles génératrices de revenus. Les données recueillies par le FEWSNET montrent que bien que les salaires des travailleurs occasionnels (construction et manutentionnaires) soient restés en grande partie inchangés dans les villes de Yaoundé et Douala, la demande pour ces emplois a diminué depuis la mise en place des restrictions à la COVID-19. Dans l’ensemble, les ménages pauvres ont accès à moins de jours de travail et les salaires stagnent, ce qui se traduit par un revenu global inférieur à la moyenne provenant de ces sources. 

Marchés : Les stocks d'aliments de base produits localement sont en baisse saisonnière dans tout le pays, mais ils sont moyennement suffisants pour répondre à la demande au cours de toute la période de la campagne commerciale. Dans l'ensemble, les prix des aliments de base produits localement augmentent à l'approche de la période de soudure, mais sont proches de la moyenne. Les prix des aliments importés sont toutefois supérieurs à la moyenne, en raison de coûts de transaction mondiaux élevés.  Ces tendances sont également observées dans l'Extrême Nord, où la récolte des principaux aliments de base contribue à la baisse des prix des aliments de base, les rendant stables à des niveaux proches de la moyenne après des mois de prix supérieurs à la moyenne. Toutefois, les tendances sont différentes dans le Nord-Ouest, où même les prix des aliments de base locaux sont supérieurs à la moyenne, en raison d'une production constamment faible.

Les résultats actuels de la sécurité alimentaire

Les résultats actuels de la sécurité alimentaire indiquent un niveau Minimal (Phase 1 de l'IPC) pour la plupart des ménages pauvres du pays. La production moyenne de la saison principale permet une consommation alimentaire adéquate, les ménages pauvres continueront à consommer les produits de leur propre récolte jusqu'en janvier 2022. L'épuisement saisonnier des stocks entraîne une baisse saisonnière des stocks alimentaires sur les marchés locaux et une augmentation normale des prix. En outre, l'accès moyen normale aux sources de revenus habituelles permet aux ménages ruraux pauvres d'effectuer des achats de produits alimentaires et non alimentaires sur le marché.

Alors que les ménages pauvres de la plupart des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest continuent de faire face à des conditions de sécurité alimentaire en situation de Stress (Phase 2 de l'IPC), des résultats de Crise (Phase 3 de l'IPC) émergent à partir d'octobre pour les départements de Momo, Lebialem, Meme et Menchum relativement affectés, une production agricole nettement inférieure, et où l’ accès limité ou inexistant à l'aide alimentaire humanitaire entraînent des déficits de consommation alimentaire légers à modérés.  Les ménages pauvres des départements du Logone-et-Chari, du Mayo-Tsanaga et du Mayo-Sava dans l'Extrême-Nord touchés par l'insurrection continuent d'être affectés, et se retrouvent dans la situation de Stress (Phase 2 de l'IPC), car l'accès inférieur à la moyenne aux sources de revenus et de nourriture habituelles limite la capacité des ménages pauvres à couvrir les besoins non alimentaires tel que l’achat des vêtements, des fournitures scolaires et payer les soins médicaux. Les résultats au niveau de la zone pour le reste de la région de l'Extrême-Nord sont en Minimal (Phase 1 de l'IPC). De plus, les départements à fort afflux de réfugiés à Mbéré (région de l'Adamaoua), Kadey, Lom, et Djerem (région de l'Est) continueront à faire face à des résultats de Stress (Phase 2 de l'IPC) en raison de la pression croissante sur les ressources naturelles qui limite l'accès aux terres agricoles et aux activités pastorales, réduisant ainsi les opportunités de revenus pour ces réfugiés et les communautés d'accueil pauvres.

Suppositions : 

Le scénario de sécurité alimentaire le plus probable d’octobre 2021 à mai 2022 est basé sur des hypothèses fondamentales, en rapport avec l'évolution du contexte national, qui sont :

  •  De nouveaux cas de COVID-19 sont attendus tout au long de la période du scénario. Les efforts de vaccination nationaux se poursuivront, mais un faible pourcentage de la population sera probablement vacciné au cours des huit prochains mois. Ainsi, les mesures de prévention du COVID-19 resteront probablement inchangées et continueront à limiter dans une certaine mesure les possibilités de revenus quotidiens des ménages urbains pauvres. Les perturbations dues à la pandémie maintiendront également les prix des produits de base importés au-dessus des niveaux pré-COVID.
  •  Un début de saison des pluies normal est probable en mars 2022 dans la partie sud du pays.
  • Le début de la saison des pluies en mars 2022 devrait favoriser les activités normales de semis de la campagne principale dans la partie sud du pays. Les contraintes d'approvisionnement en intrants agricoles dues au conflit en cours et aux restrictions COVID-19 continueront d'entraîner des prix des intrants supérieurs à la moyenne, maintenant des rendements inférieurs à la normale, en particulier dans les zones en conflit.
  • D'après les récents rapports de suivi de la transhumance, la combinaison de l'insécurité et des restrictions de mouvement liées au COVID-19 devrait retarder les migrations typiques du sud vers les plaines de Yaeré à partir de décembre dans les principaux bassins de production bovine du nord, des hauts plateaux de l'ouest et du plateau d’adawawa. Les grands rassemblements de troupeaux dans des espaces limités ou des lieux atypiques augmenteront probablement le risque d'apparition de maladies et accéléreront la dégénérescence des pâturages et de l'eau pendant la saison sèche, ce qui se traduira par un état corporel dégradé et une productivité en lait et en viande inférieure à la normale.
  • Les revenus des ménages ruraux devraient connaître une baisse saisonnière suite à la diminution des ventes des récoltes de leur propre production à l'approche de la période de soudure en mars 2022. Les activités alternatives typiques génératrices de revenus telles que la vente de charbon de bois/bois de chauffage, la pêche artisanale, le petit commerce, la maçonnerie et la vente de produits forestiers non ligneux devraient améliorer le revenu des ménages qui sera moyen pour la plupart des ménages pauvres. La vente des récoltes de riz et de légumes de contre-saison à partir de novembre contribuera également aux revenus des ménages pauvres. Cependant, le ralentissement général des activités économiques dû à l'insécurité et aux impacts du COVID-19 maintiendra probablement les revenus provenant de ces sources en dessous des niveaux normaux dans les villes urbaines.
  • L'insécurité persistante et les fermetures officielles des frontières devraient maintenir les revenus des migrations de main-d'œuvre à l'intérieur du pays et à l'extérieur (Tchad, RCA et Nigeria) en dessous de la moyenne. L'afflux habituel de travailleurs des plantations à partir de novembre dans les zones de production de cacao et de café des zones côtières et forestières sera probablement inférieur à la moyenne en raison du conflit sociopolitique dans le Nord-Ouest et Sud-Ouest. En conséquence, la plupart des plantations dans ces zones resteront sous-cultivées ou abandonnées, tandis que les revenus des travailleurs migrants seront inférieurs à la normale. 
  • Les approvisionnements des marchés en produits agricoles locaux sont actuellement moyen, et diminueront de façon saisonnière dans les mois à venir avec l'épuisement des stocks saisonniers, mais resteront suffisant pour répondre à la demande à l'exception des régions en conflit, où l'épuisement prématuré des stocks dû à une production inférieure à la moyenne entraînera un approvisionnement du marché inférieur à la moyenne. Les récentes récoltes de céréales dans la région de l'Extrême-Nord et les prochaines récoltes de riz en Novembre dans tout le pays renforceront les approvisionnements saisonniers sur les principaux marchés du pays.
  • Le fonctionnement et l'accès aux marchés devraient être inférieurs à la moyenne dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest en raison de l'insécurité et des conflits prolongés, où plus de 50 pourcents des marchés sont déjà confrontés à des perturbations modérées des activités en raison des barrages routiers, de la violence, de la destruction des infrastructures de marché et de l'insécurité.
  • Dans l'ensemble, les prix des aliments de base produits localement augmenteront de façon saisonnière vers la période de soudure, entre mars et mai 2022, mais resteront proches de la moyenne, sauf dans le Nord-Ouest et Sud-Ouest où les prix locaux devraient rester supérieurs à la moyenne. Alors que les prix locaux seront globalement dans la moyenne, les prix du riz importé devraient rester supérieurs à la normale. Les récoltes de riz à partir de novembre ne devraient pas réduire le prix du riz importé, la production intérieure étant insuffisante pour répondre à la demande locale.
  • Le naira nigérian (NGN) s'est considérablement déprécié ces derniers mois après la décision de la banque centrale du Nigeria de mettre fin aux ventes de devises aux opérateurs de bureaux de change. Le NGN restera déprécié, du moins à court terme, avec un impact négatif anticipé sur les exportations, car la marge de profit des commerçants Camerounais diminue considérablement lorsqu'ils exportent du Cameroun vers le Nigeria, ce qui peut décourager de nombreux commerçants d'exporter vers le Nigeria.
  • Les flux commerciaux transfrontaliers avec le Gabon, le Nigeria et la Guinée Equatoriale resteront relativement perturbés par les fermetures officielles des frontières et les coûts de transport élevés et fonctionneront globalement à des niveaux inférieurs à la moyenne. Bien que les échanges entre le Tchad et le Cameroun s'améliorent depuis la réouverture en juin 2021 du pont de Ngueli, principale voie d'approvisionnement du Tchad vers N'Djamena, les flux de bétail des bassins du lac Tchad vers les marchés de destination de Yaoundé, Douala, le Gabon et la Guinée Equatoriale resteront inférieurs à la moyenne, principalement en raison de l'insécurité croissante et de l'augmentation des coûts de transport et des contrôles douaniers.
  • Les violences dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest contre les civils et les attaques contre les militaires suivront probablement   les tendances saisonnières typiques avec des niveaux de violence plus élevés d'octobre 2021 à mars 2022 avec un pic prévu entre décembre 2021 et janvier 2022, lorsque les routes deviendront plus praticables pour les groupes armés non étatiques et les forces gouvernementales. Dans l'Extrême-Nord, les affrontements entre l'ISWAP et l'armée Camerounaise continueront probablement à augmenter de novembre à mai 2022, coïncidant avec la saison sèche. Les récents changements de leadership au sein de l'ISWAP, devraient réduire le nombre de victimes civiles.
  • L'aide alimentaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest se poursuivra probablement tout au long de la période de projection, même si l'aide alimentaire n'atteindra probablement pas 20 pourcents des ménages pauvres dans l'ensemble des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest et que la ration alimentaire ne changera probablement pas de 50 pourcents. De même, dans les régions de l'Extrême-Nord, de l'Est et de l'Adamawa, l'aide alimentaire se poursuivra probablement tout au long de la période projetée en faveur des réfugiés vulnérables Centrafricains et Nigérians, des personnes déplacées internes et de la population hôte, avec des rations alimentaires réduites (50 à 70 pourcents).

Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

Les résultats Minimal (Phase 1 de l'IPC) devraient persister tout au long de la période projetée pour la plupart des ménages pauvres du pays. La production moyenne de la saison principale devrait permettre une consommation alimentaire adéquate, les ménages pauvres continueront à consommer les produits de leur propre récolte jusqu'en janvier 2022. La production moyenne de contre-saison viendra compléter les stocks existants des ménages entre janvier et février. L'épuisement saisonnier des stocks devrait entraîner une baisse saisonnière des approvisionnements sur les marchés locaux et une hausse normale des prix. En outre, un accès moyen proche de la normale aux sources de revenus habituelles permettra aux ménages ruraux pauvres d'acheter des produits alimentaires et non alimentaires sur le marché et de combler les déficits alimentaires pendant la période de soudure, de mars à mai 2022. L'impact indirect de COVID-19 devrait se poursuivre dans une certaine mesure, pour réduire l'accès aux besoins alimentaires et non alimentaires des réfugiés et des personnes déplacées à l'intérieur du pays résidant dans les villes urbaines, qui sont déjà vulnérables, car les revenus quotidiens sont limités par un accès réduit aux opportunités d'emploi et un climat des affaires plus lent.

Des situations de Crise (Phase 3 de l'IPC) devraient persister jusqu'en mai 2022 pour certains départements des régions de Nord-Ouest et du Sud-Ouest notamment les départements de Momo, Lebialem, Meme et Menchum, relativement plus insécurisés et inaccessibles, où la production a été plus faible que dans les autres départements, et où les résidents et les ménages déplacés ne reçoivent pas l'aide alimentaire.  Les résultats de Stresse (Phase 2 de l'IPC) devraient persister dans le reste de deux régions en raison de la production inférieure à la moyenne, des prix élevés des aliments de base, des faibles revenus et de l'aide alimentaire qui devrait être inférieure aux besoins et atteindre moins de 20 pourcents de la population. Cependant, en raison d'une légère amélioration localisée de la production par rapport à la saison dernière dans ces deux régions, les stocks durables des ménages devraient continuer à soutenir une consommation alimentaire et des revenus minimalement adéquats jusqu'en janvier 2022, après les ménages passeront en situation de Crise (Phase 3 de l'IPC) jusqu'au pic de la période de soudure en mai 2022, lorsque la dépendance à l'égard du marché et les prix alimentaires seront à leur niveau le plus élevé, ce qui obligera de nombreux ménages pauvres à maintenir des déficits de consommation alimentaire légers à modérés ou à s'engager dans des stratégies d'adaptation relativement plus sévère pour satisfaire leurs besoins alimentaires de base.

Des résultats de Stress (Phase 2 de l'IPC) sont probables pour les ménages pauvres dans les départements de Logone-et-Chari, du Mayo-Tsanaga et du Mayo-Sava de l'Extrême-Nord jusqu'en février 2022, où l'accès inférieur à la moyenne aux sources de nourriture et de revenus typiques limite la capacité des ménages pauvres à acheter des vêtements, à répondre aux besoins scolaires et aux besoins médicaux. Selon les données recueillies en septembre 2021, dans les départements de Logone-et-Chari et Mayo-Sava où la sécheresse prolongée a entraîné une faible production, à 30 pourcent inférieure à la moyenne régionale, 23 pourcents des ménages consommaient des aliments moins chers et moins préférés, et des portions réduites.  Dans cette zone, les résultats de la Crise (Phase 3 de l'IPC) devraient débuter en mars 2022 et persister jusqu'en mai en raison d'une baisse relativement plus importante de la production due à l'impact des inondations. Toutefois, dans la région de Mayo Tsanaga, les résultats de Stress (Phase 2 de l'IPC) se poursuivront en raison d'une production relativement meilleure par rapport aux autres départements affectés par les insurgés.

Les réfugiés Nigérians du camp de Minawao seront probablement confrontés à des résultats de type Stress ! (Phase 2 de l'IPC !) pendant toute la période de projection car environ 70 pourcents des besoins alimentaires restent couverts par l'aide humanitaire. Bien que certains réfugiés Centrafricains, dans les régions de l'Est et de l'Adamawa dans les sites aménagés et dans les communautés hôtes aient  une autonomie économique en pratiquant le petit commerce et les activités agro-pastorales, l'accès aux revenus et à la nourriture est atypiquement faible en raison de la difficulté d'accès aux terres cultivables et aux pâturages, en plus du chômage, couplé à l'assistance alimentaire humanitaire qui atteint environ 30 pourcents de la population réfugiée en couvrant 50 pourcents de leurs besoins alimentaires, devrait maintenir la plupart des ménages réfugiés dans des conditions d'insécurité alimentaire aiguë de type Stress (Phase 2 de l'IPC) jusqu'en mai 2022.

Zone Evénements Impact sur les conditions de la sécurité alimentaire

National

 

L'intensification de l'aide humanitaire pour les ménages touchés par les conflits. Amélioration de la consommation alimentaire et des moyens de subsistance grâce à un meilleur accès à la nourriture et aux revenus pour les ménages touchés par le conflit et à la réduction prévue des écarts de consommation alimentaire et de revenus pendant la prochaine période de soudure, et amélioration générale des résultats en matière de la sécurité alimentaire aiguë.

National

 

 

National

Impacts négatifs d'une nouvelle variante du virus COVID-19

 

Ouverture des frontiers

Un accès réduit aux activités de subsistance et aux revenus, car le gouvernement pourrait mettre en œuvre des mesures plus restrictives que les mesures actuelles (fermeture des frontières aériennes, navales et terrestres, mesures de distanciation sociale, restrictions des rassemblements), ce qui intensifiera l'effet négatif de la pandémie sur l'économie urbaine et sur les méthodes de subsistance des ménages pauvres.

Amélioration de l'accès aux revenus de subsistance grâce à l'augmentation du commerce transfrontalier et de la migration de la main-d'œuvre.  

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About Scenario Development

To project food security outcomes, FEWS NET develops a set of assumptions about likely events, their effects, and the probable responses of various actors. FEWS NET analyzes these assumptions in the context of current conditions and local livelihoods to arrive at a most likely scenario for the coming eight months. Learn more here.

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The Famine Early Warning Systems Network is a leading provider of early warning and analysis on food insecurity. Created by USAID in 1985 to help decision-makers plan for humanitarian crises, FEWS NET provides evidence-based analysis on approximately 30 countries. Implementing team members include NASA, NOAA, USDA, USGS, and CHC-UCSB, along with Chemonics International Inc. and Kimetrica.
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