Food Security Outlook

L’émergence d’insécurité alimentaire aigue Urgence (Phase 4 de l’IPC) dans la province d’Oudalan

October 2021

October 2021 - January 2022

February - May 2022

IPC v3.0 Acute Food Insecurity Phase

1: Minimal
2: Stressed
3: Crisis
4: Emergency
5: Famine
Would likely be at least one phase worse without current or programmed humanitarian assistance
Concentration of displaced people
FEWS NET classification is IPC-compatible. IPC-compatible analysis follows key IPC protocols but does not necessarily reflect the consensus of national food security partners.

IPC v3.0 Acute Food Insecurity Phase

1: Minimal
2: Stressed
3: Crisis
4: Emergency
5: Famine
Would likely be at least one phase worse without current or programmed humanitarian assistance
Concentration of displaced people
FEWS NET classification is IPC-compatible. IPC-compatible analysis follows key IPC protocols but does not necessarily reflect the consensus of national food security partners.

IPC v3.0 Acute Food Insecurity Phase

1: Minimal
2: Stressed
3+: Crisis or higher
Would likely be at least one phase worse without
current or programmed humanitarian assistance
Concentration of displaced people
FEWS NET classification is IPC-compatible. IPC-compatible analysis follows key IPC protocols but does not necessarily reflect the consensus of national food security partners.
FEWS NET Remote Monitoring countries use a colored outline to represent the highest IPC classification in areas of concern.

IPC v3.0 Acute Food Insecurity Phase

Presence countries:
1: Minimal
2: Stressed
3: Crisis
4: Emergency
5: Famine
Remote monitoring
countries:
1: Minimal
2: Stressed
3+: Crisis or higher
Would likely be at least one phase worse without
current or programmed humanitarian assistance
FEWS NET Remote Monitoring countries use a colored outline to represent the highest IPC classification in areas of concern.

Key Messages

  • Avec la perte des sources habituelles de nourriture et de revenu, les ménages pauvres dans le nord du pays sont incapables de subvenir à leurs besoins alimentaires de base. Dans les communes difficiles d’accès dans la province d’Oudalan et où l’érosion des avoirs est plus poussée, les PDIs ont des écarts de consommation importants et seront exposés à l’insécurité alimentaire d’Urgence (Phase 4 de l’IPC) entre octobre 2021 et mai 2022.  

  • L’insécurité, le coût élevé des intrants et le niveau de remplissage des retenues d’eau inférieur à la normale pourraient limiter la pratique des activités maraichères et les revenus tirés de cette source entre janvier et mai, dans les régions du Nord, du Centre-Nord et du Sahel. La soudure pastorale restera également précoce et plus longue dans ces zones à partir de février, conduisant à une insécurité alimentaire de Crise (Phase 3 de l’IPC) pendant toute la période de projection.

  • La situation sécuritaire continue de se dégrader dans le nord et l'est et entraine une augmentation des déplacements de populations, des pertes de bétail et des perturbations des activités agropastorales et commerciales. Les attaques ont également augmenté en fréquence et en intensité dans les régions du sud-ouest du pays, où les groupes militants tentent d'étendre leur contrôle sur la frontière burkinabé-ivoirienne et les routes de contrebande associées. 

  • En raison des anomalies cumulées de la réduction de superficies emblavées du fait de l’insécurité et de la baisse des rendements du fait des inondations, des prédateurs, et des séquences sèches plus longues pendant la période critique pour les cultures, les productions agricoles attendues pourraient dans l’ensemble être en-dessous de la moyenne, avec des baisses significatives dans les zones affectées par l’insécurité. Il est probable que la demande céréalière soit plus forte que l’offre et que les prix restent au-dessus de leurs moyennes saisonnières entre octobre 2021 et mai 2022.

CONTEXTE NATIONAL

Situation actuelle

Depuis le début des attaques terroristes dans le pays en 2015, il a été souvent observé un répit dans la violence pendant la saison des pluies (mi-mai à mi-octobre). Bien que cette tendance se maintienne en 2021, le troisième trimestre de 2021 a vu le nombre d'incidents sécuritaires dans le nord et l'est plus que doubler par rapport à la même période en 2020 (Figure 1). L'augmentation par rapport à 2020 s'est produite malgré le lancement des opérations antiterroristes Houné dans le nord du Burkina Faso en mai et de l'opération conjointe burkinabé-nigériane Taanli en juin le long des frontières des deux pays, et reflète la confiance et les capacités croissantes des cellules militantes dans les régions du Nord, du Sahel et de l'Est qui concentrent 75 pour cent des incidents et de plus de 90 pour cent des décès associés entre mai et août. Les attaques ont également augmenté en fréquence et en intensité dans les régions du sud-ouest du pays, où les groupes militants tentent d'étendre leur contrôle sur la frontière burkinabé-ivoirienne et les routes de contrebande associées.

Les attaques continues de la Jama'a Nusrat ul-Islam wa al-Muslimin (JNIM) et de l'État Islamique dans le Grand Sahara (ISGS) ont entraîné une augmentation des déplacements de populations, des pertes de bétail et des perturbations des activités agropastorales et commerciales. En Août, plus de 1,4 million de personnes déplacées à l'intérieur du pays (SP/CONASUR) ont été signalées dans tout le Burkina Faso, soit une augmentation d'environ 14 pour cent par rapport au mois de mai (Figure 2, Figure 3). Les déplacements internes (primaires ou secondaires) se sont poursuivis en septembre et en octobre suite aux incursions de groupes terroristes dans les communes de Pobé-Mengao (vers Djibo), de Arbinda (vers Foubé) de Oursi et Markoye (vers Gorom-Gorom et Dori) et à l’intérieur de Mangodara.

En dépit des cumuls pluviométriques similaires à supérieurs à la moyenne, la saison a été caractérisée par une mauvaise répartition spatio-temporelle des pluies. Des séquences sèches de plus de 10 jours ont été localement observées au cours du mois de juillet dans les régions du Sahel, de la Boucle du Mouhoun, des Cascades et de l’Est. Cela a retardé les semis dans ces zones et aussi le calendrier d’entretien des cultures avec pour conséquence l’enherbement des champs et la réduction des rendements agricoles. Les séquences sèches ont persisté au cours du mois d’août et de septembre dans plusieurs localités du pays avec des durées dépassant deux semaines localement dans les régions de la Boucle du Mouhoun, du nord, du Centre-Nord et du Sahel (Figure 4).

Cela a négativement affecté les rendements agricoles dans ces zones. Par ailleurs des inondations localisées ont entrainé des pertes de cultures de 4178 ha dans les régions de la Boucle du Mouhoun et de 502 ha dans l’Est, selon les rapports de la mission conjointe SAP. Des attaques de chenilles légionnaires ont été observées sur un total de plus de 33600 ha depuis le début de la saison (DGPV, bulletin décadaire, septembre 2021) et principalement dans les régions du sud, de l’est et de l’ouest du pays. Toutefois, des traitements ont été effectués à temps et la situation est moins préoccupante. Par contre, les attaques d’oiseaux granivores en particulier dans les provinces du Soum, de l’Oudalan et du Séno en septembre ont causé des pertes de récoltes plus importantes que la moyenne.

 

Le soutien en intrants du gouvernement a été similaire à la moyenne (33 000 tonnes d’engrais, 4 000 tonnes de semence). Cependant, des retards ont été constatés dans la distribution dans toutes les régions. De plus, l’augmentation de 20 pour cent des prix des engrais sur le marché par rapport à la moyenne, liée à l’augmentation de coûts d’importation, a limité leur accès et leur utilisation par les producteurs.

L’insécurité continue de perturber négativement les activités agropastorales. Il y a eu des améliorations dans l’accès aux champs dans la région du Centre-Nord du fait de la réduction des incidents. Par contre dans les zones frontalières du nord (provinces du Loroum, du Soum, de l’Oudalan et du Yagha), toutes les provinces de la région de l’Est) et les communes frontalières avec la Côte-d’Ivoire au sud, des réductions de superficies ont dû atteindre 30 à 50 pour cent par rapport à la moyenne, selon les informateurs clés.

Selon les rapports de la mission conjointe d’octobre (SAP), l’ensemble des facteurs ci-dessus pourrait entrainer des pertes de récoltes dépassant 50 pour cent et concerner entre 60 et 80 pour cent des producteurs dans les provinces du Soum et de l’Oudalan. Dans la région du Nord les pertes pourraient atteindre au moins 50 pour cent pour entre 50 et 70 pour cent des producteurs. L’accès des éleveurs aux ressources reste aussi limité dans plusieurs régions du pays du fait de l’insécurité. Dans les communes de forte présence de PDI (Titao, Djibo, Gorom-Gorom, Dori, Sebba, Kaya, Kongoussi), la pression du bétail est forte sur les pâturages accessibles. Par ailleurs, les épisodes de séquences sèches n’ont pas permis un bon développement du fourrage dans ces zones. De plus, les pillages d’animaux par les groupes terroristes et les déstockages continuent de dégrader les moyens d’existence des ménages.

Les nouvelles récoltes sont en cours dans le pays, mais leur présence sur le marché est faible comparée à la normale. Les stocks commerçants en céréales sont également inférieurs à la moyenne. Malgré l’interdiction des exportations de céréales par le gouvernement, les disponibilités céréalières sur le marché demeurent en-dessous de la moyenne saisonnière. Les flux entrant de maïs à partir des pays côtiers (Ghana, Togo, Côte-d’Ivoire) qui habituellement contribuaient à renforcer l’offre sur les marchés sont aussi réduits par rapport à la moyenne.  Par ailleurs, l’insécurité continue de limiter les flux internes de céréales des zones de production du sud et de l’ouest vers les zones déficitaires du nord (Figure 5). Elle entraine des coûts de transport élevés et augmente les délais d’approvisionnent car le transport des biens et des personnes n’est souvent possible que par les escortes de forces de sécurité.

 

Malgré les récoltes, la demande en produits agricoles reste supérieure à la normale, provenant des ménages, en particuliers les populations déplacées internes, des fermes avicoles, des boulangeries, des brasseries et des institutions. Le gouvernement poursuit la vente de céréales à prix social dans 208 points de vente à travers le pays, mais les quantités sont insuffisantes pour influencer significativement les prix du marché. Ainsi, en septembre, les prix des céréales de base (SIM/SONAGESS) sont restés dans l’ensemble au-dessus de leurs niveaux de l’année passée à la même période (31 pour cent pour le maïs et 12 pour cent pour le sorgho) excepté une stabilité pour le mil. Comparé à la moyenne quinquennale, les prix affichent des augmentations de 32 pour cent pour le maïs, 10 pour cent pour le sorgho et 6 pour cent pour le mil.

Sur les marchés à bétail dans la principale zone agropastorale au nord du pays, les pillages d’animaux par les groupes terroristes, l’érosion des avoirs des ménages, le départ des gros éleveurs et la limitation des mouvements du fait de l’insécurité, continuent d’affecter négativement les offres d’animaux sur les marchés. Par exemple sur le marché de Djibo, les offres sont en baisse de 10 pour cent pour toutes les espèces et sur le marché de Gorom-Gorom, la baisse est de 21 pour cent pour les petits ruminants et 33 pour cent pour les bovins par rapport à la moyenne. Par contre sur le marché de Kaya, plus accessible, il y a un regain de dynamisme car les offres sont en hausse d’environ 50 pour cent pour les petits ruminants et 35 pour cent pour les bovins. Quant aux prix (DGESS/MRAH), ils sont en hausse par rapport à la moyenne quinquennale sur les marchés de Dori et Djibo : respectivement 11 pour cent et 7 pour cent pour les taureaux, 23 pour cent et 20 pour cent pour les béliers et 26 pour cent et 34 pour cent pour les boucs.

Après une stabilité entre mai et aout 2021, le pays enregistre depuis septembre une tendance à la hausse dans les cas de transmissions communautaires et de décès liés à la maladie de COVID-19. En effet, à la date du 27 octobre, le nombre de cas actifs était de 292 contre 71 à la date du 30 aout. Le cumul de décès est aussi passé de 172 à 214 pendant la même période. La vaccination se poursuit, mais depuis le lancement de la vaccination le 2 juin 2021, la couverture vaccinale est de 1,56 pour cent de la population. Les frontières terrestres restent fermées aux voyageurs et le pays continue de subir les conséquences néfastes des entraves du commerce extérieur, se traduisant par la baisse des stocks des opérateurs économiques et la hausse généralisées des prix des produits alimentaires et non alimentaires. Les augmentations de prix sont surtout significatives sur les matériaux de construction et les intrants agricoles, affectant négativement le pouvoir d’achat des ménages.

Habituellement, les nouvelles récoltes contribuent à l’amélioration de l’accès alimentaire et des revenus des ménages pauvres, notamment par la vente des productions de niébé et d’arachide. C’est le cas dans les zones relativement plus calmes où les pauvres sont actuellement en insécurité alimentaire aigue Minimale (Phase 1 de l’IPC). Par contre dans les zones les plus touchées par l’insécurité, les PDI et les ménages sous le contrôle des groupes terroristes continuent de dépendre du marché et de l’assistance alimentaire. A ces derniers, s’ajoutent les ménages hôtes pauvres dans les provinces du Soum et de l’Oudalan dont les récoltes ont été détruites par les oiseaux granivores.  Selon des informateurs clés, en août et en septembre, l’assistance alimentaire a constitué la principale source de nourriture pour les déplacés, leurs revenus étant insuffisants pour satisfaire les besoins sur les marchés. Elle a touché en moyenne 24 pour cent de la population dans l’Oudalan, 31 pour cent dans le Sanmatenga et 44 pour cent dans le Soum. Toutefois, elle est concentrée dans les chefs-lieux de provinces plus accessibles. Dans les autres provinces, la couverture est en-dessous de 20 pour cent. Malgré la présence de l’assistance, les résultats du suivi de la sécurité alimentaire pour le mois d’aout (SP/CONASUR), ont montré que les PDI continuent de recourir à des stratégies d’accès alimentaire négatives, en particulier la réduction des quantités de rations journalières (94 pour cent des PDI), le recours aux aliments de substitution (35 pour cent des PDI) et les emprunts et mendicité (22 pour cent des PDI). Il est probable que cette situation n’ait changée au regard des exactions et menaces obligeant les populations à abandonner les récoltes d’une part, et les pertes de récoltes réduisant la capacité d’entraide des ménages hôtes d’autre part. Ainsi, es PDI et ménages hôtes pauvres du Soum et Séno dans la région du Sahel, Loroum dans la région du Nord et Sanmatenga dans la région du Centre-Nord sont exposés à l’insécurité alimentaire aigue Crise (Phase 3 de l’IPC). Dans les communes inaccessibles de la province de l’Oudalan (Tin-Akoff, Oursi, Déou et Markoye) 60 pourcent des PDI et ménages hôtes pauvres n’ont qu’un seul repas par jour et certains passent souvent plus d’une journée et d’une nuit sans manger. Les adultes sont contraints de restreindre leur consommation au profit des enfants qui portent des signes visibles de la malnutrition. Les PDI de ces communes qui représentent 27 pour cent de la population de la province restent exposés à l’Urgence (Phase 4 de l’IPC). Il aussi est probable qu’il y ait des populations en Urgence (Phase 4 de l’IPC) atteignant moins de 20 pour cent dans d’autres communes où les PDI et ménages hôtes pauvres n’ont pas accès aux services sociaux de base. C’est le cas notamment des communes de Mansila (province du Yagha), Arbinda, Kelbo et Tongomayel (province du Soum) et Gorgadji (province du Séno).

Dans les régions du Sahel et du Centre-Nord où respectivement 36 pour cent et 7 pour cent des formations sanitaires sont fermées, on constatait, pour le troisième trimestre, une augmentation des cas d’enfants malnutris modérés de 27 pour cent et  21 pour cent respectivement, mais une baisse des cas de MAS de 13 pour cent et 3 pour cent respectivement par rapport l’année passée pour la même période. L’ampleur des enregistrements d’enfants malnutris pourrait être certainement sous-estimée en raison de l’accès physique difficile des populations aux centres de santé.

Suppositions

Le scenario le plus probable de la sécurité alimentaire d’octobre 2021 à mai 2022 se base sur des suppositions fondamentales, par rapport à l’évolution du contexte national, qui sont :

  • Situation sécuritaire : Les attaques des groupes militants contre les civils et les militaires devraient reprendre à partir de novembre 2021 et augmenter jusqu'en mai 2022, coïncidant avec la saison favorable à l'exploitation de l'or - souvent une source de revenus pour ces groupes - dépassant probablement les niveaux observés au cours de la même période en 2020-2021 et se produisant principalement dans les régions Est, Nord, Centre Nord et Sahel. En plus de cette augmentation saisonnière de la violence, il est probable que les forces de l'ISGS conduisent une augmentation de la violence contre les civils et les forces gouvernementales dans les régions du nord et de l'est du pays. Il est probable qu'avec l'accès croissant des djihadistes aux routes de contrebande dans le sud, que des tendances similaires) soit observées dans les régions de Cascades, Haut-Bassins et Sud-Ouest comme dans les régions du nord et de l'est du pays.
  • Productions agricoles : En raison des impacts cumulés de la réduction de superficies emblavées du fait des déplacements de population et de l’insécurité, du baisse des rendements du fait des inondations, des prédateurs, des séquences sèches plus longues pendant la période critique de développement des cultures et de l’accès réduits aux intrants,  les productions agricoles attendues pourraient dans l’ensemble être en-dessous de la moyenne, avec des baisses significatives dans les zones affectées par l’insécurité et/ou  les attaques d’oiseaux granivores (régions du Nord du Centre-Nord, du Sahel et de Est). Un épuisement précoce des stocks issue de l’autoproduction pourrait être enregistré dès le mois de février pour les ménages pauvres de ces zones. 
  • Situation pastorale et transhumance : L’insécurité, les exactions et pillages des groupes terroristes continueront de limiter l’accès des éleveurs aux ressources et ne favoriseront pas le retour des gros éleveurs installés depuis deux ou trois saisons dans le sud ou dans les pays côtiers. Par ailleurs, les épisodes de séquences sèches n’ont pas permis un bon développement du fourrage et un bon niveau de remplissage des retenues d’eau en particulier dans les régions du Nord et du Sahel. Les pâturages pourraient alors se dégrader rapidement dès le mois de février. Dans les communes de forte présence d’éleveurs PDI (Titao, Djibo, Gorom-Gorom, Dori, Sebba, Kaya, Kongoussi), il est probable que les déstockages de bétail soient plus importants pour faire face au manque de ressources pendant la soudure.
  • Fonctionnement des marchés et prix des denrées de base : Les nouvelles récoltes vont améliorer l’offre sur les marchés entre octobre et décembre mais à un niveau inférieur à la moyenne compte tenu des baisses attendues sur la production nationale. Les stocks commerçants sont atypiquement à leur plus bas niveau et cela va entrainer une concurrence plus accrue que d’habitude pour la reconstitution de leurs stocks entre novembre et mars. Aussi, avec les restrictions au niveau international, les brasseries et unités de transformation d’aliment pour volaille continueront de privilégier les achats locaux sur toute la période. Ce qui augmentera la demande, en plus de la demande atypique des PDI et ménages hôtes dont les stocks issus de l’autoproduction s’épuiseront précocement. Par ailleurs, les restrictions liées à la pandémie de COVID-19 continuent d’affecter négativement les stocks des produits importés. Une baisse saisonnière du niveau des prix des céréales entre octobre et février pourrait néanmoins être observée, mais avec des niveaux au-dessus de la moyenne quinquennale pour la période au regard de la demande plus forte que la normale. Entre mars et mai 2022, des augmentations saisonnières de prix seront observés avec des niveaux supérieurs à la moyenne (Figure 6) en raison de l’épuisement progressif des stocks des ménages. Il est ainsi probable que les augmentations actuelles sur les prix des produits de grande consommation (riz, huile alimentaire, poisson) se maintiennent jusqu’en mai 2022.
  • Fonctionnement des marchés et prix du bétail : L’insécurité continuera de limiter la fréquentation des marchés locaux de l’extrême-nord par les collecteurs habituels de bétail. Par ailleurs, les perturbations au niveau des postes frontaliers du fait des contrôles suites à la pandémie de COVID-19 pourront se poursuivre et limiter le nombre et la régularité des acheteurs comparé à la normale. Toutefois, entre octobre et janvier, la demande pour les fêtes de fin d’année favorisera les prix des petits ruminants au-dessus de la moyenne. Entre février et mai, les animaux auront leurs embonpoints à la baisse comme c’est le cas généralement pendant la soudure pastorale, affectant négativement les prix de bétail. Néanmoins, la demande additionnelle pendant la période de Ramadan (avril-mai) favorisera les prix au-dessus de la moyenne pour les petits ruminants
  • Revenus agricoles : L’augmentation des prix de vente de produits agricoles ne suffira pas pour compenser la baisse attendue des productions. De ce fait, les revenus générés pourraient être en-dessous de la moyenne. Entre février et mai, l’insécurité et le coût élevé des intrants et le niveau de remplissage des retenues d’eau inférieur à la normale pourraient limiter la pratique des activités maraichères. Par ailleurs, l’insécurité limitera comme les années passées l’accès des acheteurs étrangers aux sites de production. Cela ne permet pas aux producteurs de vendre à de bons prix pendant la saison de grande récolte entre février et avril.  Dans l’ensemble, les revenus agricoles resteront inférieurs à la moyenne saisonnière.
  • Revenus non agricoles : En raison des mouvements limités dans le nord et l’est du pays, la pratique de l’orpaillage restera réduite dans ces zones. La dégradation de la situation sécuritaire et la réduction des opportunités d’activité génératrices de revenu dans la moitié Nord et Est du pays entraineront aussi une intensification des départs en exode vers les centres urbains et les sites d’orpaillage au sud et une augmentation des migrations vers les pays voisins. Malgré la fermeture des frontières terrestres aux voyageurs, ces migrants paient des frais de transport plus élevé pour contourner les postes de passage officiels. Cependant, la morosité des activités économique aussi bien dans le pays que dans les pays d'accueil limite les demandes d'emplois et donc les revenus et les transferts vers les régions d'origine. Il en est de même des transferts de la diaspora au regard de la conjoncture économique globale. Jusqu’en mai 2022, il est très peu probable que la pandémie soit totalement maitrisée pour permettre une reprise normale de l’économie et des transferts. Néanmoins, comparativement à l’année dernière les activités économiques se comportent mieux avec l’assouplissement des mesures restrictives et les transferts vers les zones d’origine pourraient s’améliorer.
  • Assistance Humanitaire : La planification de l’assistance alimentaire pour les prochains mois n’est pas encore disponible. Mais habituelle la couverture enregistre une baisse entre octobre et janvier avec l’arrêt de certains programmes à la fin de la soudure. Les planifications de distribution de vivre et de cash pour octobre à décembre (PAM et FAO) devraient atteindre au moins 26 pourcent de la population dans la région du Centre-Nord et 29 pourcent dans la province du Sanmatenga en particulier et aussi répondre au moins à 50 pourcent des besoins des bénéficiaires. En début de l’année 2022, l’attente des financements pourrait retarder la délivrance de l’assistance ou limiter la couverture entre février et juin.

Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

Malgré les baisses attendues de productions et de revenus, l’autoproduction représentera entre octobre et janvier la principale source de nourriture pour les pauvres dans les zones relativement calmes du pays. L’accès alimentaire y restera typique pour permettre une insécurité alimentaire aigue Minimale (Phase 1 de l’IPC). Les récoltes seront insuffisantes pour permettre à la majorité des PDI pauvre et des ménages hôtes pauvres de répondre à leurs exigences alimentaires de base. Avec l’érosion de leurs avoirs, les PDI pauvres et ménages hôtes pauvres dans les provinces du Séno, du Soum, du Loroum, et du Yagha seront contraints de recourir à des stratégies de restriction alimentaire notamment la réduction du nombre de repas et de la quantité et qualité des aliments et seront exposés à l’insécurité alimentaire aigue Crise (Phase 3 de l’IPC). Dans les provinces du Yatenga, de la Komondjari et du Gourma, malgré la baisse par rapport à la moyenne, l’autoproduction permettra aux ménages de satisfaire à leurs besoins de base. Toutefois, en raison des pillages de biens et des revenus en-dessous de la moyenne, les PDI pauvres et les ménages hôtes pauvres ne seront pas en mesure d’assurer la protection de leurs moyens d’existence et vivront en insécurité alimentaire aigue Stress (Phase 2 de l’IPC). Dans les provinces de la région du Centre-Nord, l’assistance alimentaire continue permet aux ménages déplacés de satisfaire leurs besoins alimentaires, et ils seront en Stress ! (Phase 2 ! de l’IPC). Toutefois, du fait de la perte de l’autoproduction et des revenus principalement de l’élevage, il n’est pas attendu de l’amélioration dans les moyens d’existence et les écarts importants de consommation dans les zones inaccessibles, notamment la province de l’Oudalan qui va demeurer en Urgence (Phase 4 de l’IPC), ainsi que parmi les PDIs dans les communes de Kelbo, Tongomayel, Arbinda, Gorgadji et Mansila.

Entre février et mai, l’épuisement précoce des stocks de l’autoproduction, la hausse saisonnière des prix au-dessus de la moyenne et la baisse des revenus entraineront une détérioration de l’accès alimentaire des ménages. Dans le sud-ouest du pays, les attaques au long de la principale route commerciale pourraient isoler la commune de Mangodara dans la région des Cascades, entrainant une hausse de nombre de PDIs, mais qui resteront probablement en dessous de 20 pour cent de la population. Ces derniers, du fait de la baisse de la production et de leurs revenus habituels ne pourront pas couvrir leurs dépenses non essentielles et seront en Stress (Phase 2 de l’IPC). Les PDI pauvres et les ménages hôtes pauvres dans le nord du pays seront incapables de subvenir à leurs exigences d’alimentation de base et seront contraints d’augmenter le recours à des stratégies inhabituelles de restriction alimentaire, à la mendicité et à la consommation des produits sauvages. L’accroissement du nombre de PDI et l’accès limité aux services de santé pourraient contribuer à aggraver les prévalences de malnutrition aigüe globale pendant la période. Ainsi, dans les provinces de la région du Centre-Nord, du Yagha, du Soum et du Séno (région du Sahel), du Loroum et du Yatenga (région du Nord), de la Komondjari et du Gourma (région de l’Est), les pauvres resteront exposés à l’insécurité alimentaire aigue Crise (Phase 3 de l’IPC). Dans la province de l’Oudalan et dans les communes inaccessibles, en plus des PDI pauvres, l’érosion des avoir touchera également les ménages hôtes pauvres. La proportion de ménages contraints de recourir à des stratégies d’Urgence (Phase 4 de l’IPC) pourrait augmenter dans ces zones.  

EVENEMENTS QUI POURRAIENT CHANGER LES SCENARIOS

Zone

Evénements

Impact sur les résultats de la sécurité alimentaire

National 

Des achats institutionnels plus importants que la moyenne

Une hausse des achats institutionnels au niveau national ou dans les pays voisins, pourraient accroitre la pression de la demande encore plus sur le marché et entrainer des variations de prix plus importantes que projetées. Cela va contribuer à la dégradation du pouvoir d’achat des ménages et donc une détérioration de leur consommation alimentaire.

Augmentation du prix du carburant

Une augmentation du prix du carburant pourrait avoir des répercussions négatives sur les prix des biens alimentaires et non alimentaires et sur le coût du transport. Cela va contribuer à la dégradation du pouvoir d’achat des ménages et affecter négativement leur consommation alimentaire.

Augmentation de l’insécurité

 

Une augmentation des incidents et fatalités pourrait davantage perturber le fonctionnement des marchés, réduire les flux des zones de productions du sud-ouest vers les zones du nord et entraver la délivrance de l’assistance. Cela va limiter l’approvisionnement des zones du nord et exposer les ménages à des variations de prix plus importantes que projetées. Cela entrainera une dégradation des termes de l’échange et des avoirs des ménages toute chose qui conduira à une détérioration de l’accès alimentaire et des moyens d’existence.

About Scenario Development

To project food security outcomes, FEWS NET develops a set of assumptions about likely events, their effects, and the probable responses of various actors. FEWS NET analyzes these assumptions in the context of current conditions and local livelihoods to arrive at a most likely scenario for the coming eight months. Learn more here.

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The Famine Early Warning Systems Network is a leading provider of early warning and analysis on food insecurity. Created by USAID in 1985 to help decision-makers plan for humanitarian crises, FEWS NET provides evidence-based analysis on approximately 30 countries. Implementing team members include NASA, NOAA, USDA, USGS, and CHC-UCSB, along with Chemonics International Inc. and Kimetrica.
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