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Insécurité alimentaire de Crise (Phase 3 de l’IPC) attendue dans les zones de conflit du Liptako Gourma et de Ménaka

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Mali
  • Février 2020
Insécurité alimentaire de Crise (Phase 3 de l’IPC) attendue dans les zones de conflit du Liptako Gourma et de Ménaka

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  • Evènements qui pourraient changer les scenarios
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    • La hausse de 25,5 pour cent de la production de céréales par rapport à la moyenne est favorable à une disponibilité alimentaire satisfaisante en dépit des incidents sécuritaires qui affectent les flux vers les zones du Centre et du Nord. En plus, le prix des céréales inférieur à similaire à la moyenne permettent à la majorité des ménages d’être en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC).

    • La soudure pastorale normale attendue dans l’ensemble, excepté pour la bande du Sahel occidental de Kayes où elle a été précoce dès février à cause du déficit de pâturage et des concentrations inhabituelles de troupeaux, est favorable à des revenus moyens aux ménages éleveurs grâce au maintien d’une production et d’un embonpoint moyens.

    • L’accès des ménages aux céréales est moyen dans l’ensemble grâce à la disponibilité moyenne à supérieure à la moyenne de la propre production bien que faibles par endroits, des paiements en nature, et des prix des denrées inférieurs à similaires à la moyenne sur les principaux marchés. Les termes de l’échange chèvre/céréales similaires à supérieurs à la moyenne sont favorables à un accès moyen des ménages éleveurs aux marchés.

    • La soudure précoce liée à la mauvaise production agricole dans le sahel occidental et le Liptako Gourma, en plus de la dégradation des moyens d’existence liée aux conflits et aux inondations, amènent les ménages pauvres à recourir de façon atypique à la main d’œuvre, la migration, la réduction des dépenses non alimentaires, et à la dépendance à l’aide humanitaire ou des parents pour satisfaire leurs besoins alimentaires. Par conséquent, ils seront en insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC) de février à avril et de crise de mai à septembre 2020.


    Contexte National

    Situation actuelle

    Productions agropastorales : L’évolution des cultures de contre-saison est jugée moyenne à bonne dans l’ensemble. Les récoltes en cours, notamment pour le maraichage, procurent des revenus moyens aux ménages exploitants et améliorent leur diète. L’installation des cultures de décrue se poursuit au niveau des lacs et les perspectives de production sont moyennes, excepté à Kayes où le faible remplissage des mares réduira les productions attendues de 30 pour cent voire plus. Les récoltes en cours et les installations de riz au niveau des périmètres irrigués constituent des opportunités de revenus et de nourriture pour les ménages pauvres.

    Les conditions d’élevage globalement moyennes dans le pays sont favorables à une soudure pastorale normale excepté dans la bande du sahel occidental de Kayes (Kayes, Nioro, Yélimané, Diéma) et par endroits dans la région de Mopti et Tombouctou où des déficits de pâturage plus ou moins importants sont observés. L’embonpoint du bétail est satisfaisant dans l’ensemble grâce à la disponibilité du pâturage, bien que faible par endroits et des résidus de récoltes. La descente habituelle des troupeaux transhumants se poursuit avec toutefois des perturbations observées dans les zones de conflit du centre et du nord du pays particulièrement dans la zone du Liptako Gourma, de Ménaka et du nord des régions de Ségou (Niono, Macina). La production laitière est moyenne à bonne à la faveur des bonnes conditions d’élevage. La situation zoo sanitaire est calme dans l’ensemble et la campagne de vaccination du bétail ouvert en novembre se poursuit avec l’appui de certains partenaires humanitaires.

    Production de pêche : L’évolution de la campagne de pêche est moyenne dans l’ensemble. La décrue sur les cours d’eau et la levée des mises en défens contribuent à la hausse des captures. Les mouvements de ménages de pêcheurs sont en cours pour rejoindre les pêcheries habituelles et connaissent parfois des perturbations liées à l’insécurité dans le delta du Niger. 

    Fonctionnement des marchés et prix : L’approvisionnement des marchés en céréales est suffisant dans l’ensemble. L’arrivée des nouvelles récoltes et le déstockage au niveau des grands producteurs et des céréaliers contribuent à la hausse des offres sur les marchés à des niveaux moyens excepté sur certains marchés du Liptako Gourma où la récurrence des incidents sécuritaires et les déplacements des populations engendrent le dysfonctionnement des marchés. Quant au marché de Kidal, approvisionné habituellement à partir de l’Algérie, les flux sont moyens et restent tributaires des mesures politiques en Algérie et à la situation sécuritaire.

    Le prix de la principale céréale consommée en fin décembre au niveau des capitales régionales par rapport à la moyenne quinquennale est similaire à Sikasso, Mopti, Koulikoro (-2 pourcent), Kidal (+3 pour cent), Ségou (-1 pour cent), en baisse à Mopti (-12 pourcent), en hausse à Kayes de 15 pour cent, 11 pour cent à Gao et de 10 pour cent à Tombouctou.

    L’offre de bétail sur les marchés est en hausse dans l’ensemble surtout dans la zone du sahel occidental et dans le Liptako Gourma où la soudure pastorale précoce liée aux mauvaises conditions d’élevage et le dysfonctionnement des marchés incitent à plus de vente sur les marchés plus sécures des régions voisines, afin de limiter les pertes par mortalités et par pillage/vol. La limitation des exportations vers le Nigéria continue d’affecter le dynamisme des marchés de Gao.

    Les prix du bétail sont moyens à supérieurs à la moyenne sur les marchés agricoles du sud du pays mais similaires ou en baisse par rapport à la moyenne sur ceux des régions de Mopti, de Gao et de Tombouctou pour les gros ruminants à cause de la baisse des demandes ; ce qui réduit le revenu des ménages pastoraux. Le prix en fin janvier de la chèvre qui est l’animal le plus vendu par les ménages pauvres, est par rapport à la moyenne quinquennale en hausse de 16 pour cent à Mopti, 15 pour cent à Tombouctou, 20 pour cent à Ménaka, et 9 pour cent à Gao ; ce qui est favorable à un revenu pastoral moyen à supérieur à la moyenne pour les ménages aisés qui disposent encore des effectifs contrairement aux pauvres qui sont limités à cause de leurs effectifs très réduits à cause des fortes sollicitations depuis l’avènement de la crise en 2012.

    Accessibilité : La hausse globale de 25,5 pour cent de la production de céréales par rapport à la moyenne quinquennale est favorable à une disponibilité moyenne dans le pays. La disponibilité moyenne à supérieure à la moyenne de la propre production, les produits issus de la rémunération en nature, la baisse des prix des céréales et l’amélioration des termes de l’échange chèvre/mil similaires à légèrement supérieurs à la moyenne sur les marchés des zones pastorales (Figure 1) grâce à la baisse du prix des céréales, permettent à la majorité des ménages d’accéder à la nourriture sans grandes difficultés. Cependant, la réduction moyenne à importante des productions dans plus de 30 pour cent des villages particulièrement dans la bande frontalière avec le Burkina à cause de l’insécurité a affecté négativement l’accès des ménages dans ces zones.

    Consommation alimentaire : La consommation alimentaire connait son amélioration habituelle grâce à la disponibilité moyenne des nouvelles récoltes de céréales, de légumineuses, de produits maraichers et des produits animaliers (lait, fromage, viande). Le score de consommation alimentaire pauvre plus limite pour 18,3 pour cent à l’échelle du pays selon ENSAN de septembre 2019 devrait connaitre l’amélioration habituelle et être proche de la moyenne des mois de février de 2015 à 2019 qui est autour de 13,5 pour cent. Quant à la diversité alimentaire, elle est au maximum pour la plupart des ménages en cette période grâce à leur accès moyen aux denrées alimentaires diversifiées. L’indice de faim se situe au niveau moyen de la période qui est de 8 pour cent de faim modérée à sévère.

    Mouvement de population : Les départs habituels de bras valides à la recherche de ressources supplémentaires se poursuivent normalement vers les centres urbains du pays et des pays voisins. Dans les zones Centres et Nord du pays, la persistance des incidents sécuritaires continue d’intensifier les départs des bras valides et aussi des ménages vers des zones plus sécures. En fin décembre, le nombre de populations déplacée était estimée à 207751 personnes dont 36,3 pour cent dans la seule région de Mopti où des arrivées de réfugiés du Burkina Faso sont également signalées et aussi du Niger dans la zone de Ménaka et de Gao. Des retours de réfugiés maliens continuent d’être enregistrés à travers le pays. Des appuis en vivres et en non-vivres sont effectués à l’endroit des personnes déplacées et des rapatriés par le Gouvernement et les partenaires humanitaires dans le cadre du mécanisme de réponse rapide (RRM).

    Situation sécuritaire : La situation sécuritaire reste marquée par la poursuite des incidents sécuritaires qui affectent négativement l’environnement socio-économique dans les régions du Centre et du Nord du pays particulièrement dans la zone du Liptako Gourma ; ce qui réduit les opportunités d’emplois et les revenus par rapport à la moyenne pour les ménages de la zone. Les pertes de biens et les pillages de bétail et de récolte en cours, liées à ces incidents sécuritaires engendrent des dégradations des moyens d’existence qui limitent les capacités des ménages à satisfaire leurs besoins alimentaires et non alimentaires. Les difficultés de mouvement qui en résultent, rendent difficile la mise en œuvre correcte des appuis humanitaires pour les ménages pauvres ; ce qui aggrave leur vulnérabilité à l’insécurité alimentaire et limite la reconstitution des moyens d’existence fortement sollicités.

     

    Suppositions

    Le scenario le plus probable de la sécurité alimentaire de février à septembre 2020 se base sur des suppositions fondamentales, par rapport à l’évolution du contexte national, qui sont :

    • Pluviométrie: Les divergences de vue entre les modèles de prévision en cette période de faible évidence ne permettent pas d’avoir une hypothèse forte. Le modèle NMME projette une situation plutôt moyenne tandis que IRI, prévoit des déficits sur la moitie centre et nord du pays. En attendant, les évidences dans les mois à venir, nous optons pour un démarrage de la saison des pluies 2020 à temps dans le pays à partir de mai dans les zones Sud et de juin dans les zones centre et progressivement plus tard dans les zones plus au nord avec le mouvement nordique saisonnier opportun du FIT. Les cumuls de précipitations seront très probablement près de la moyenne. Une bonne répartition dans le temps et dans l’espace des pluies reste cependant nécessaire pour permettre une bonne production agricole pour la campagne qui démarre en juin 2020.
    • Crue des fleuves : La décrue se poursuit sur les différents cours d’eau à travers le pays. Au 20 février 2020, le niveau de la crue sur les cours d’eau est inférieur à celui de l’année dernière à la même période mais supérieur à la moyenne pluriannuelle au niveau de la plupart des stations d’observation. Les prévisions de cumul pluviométrique moyens attendus selon les prévisions météos seront favorables à des écoulements moyens sur les différents fleuves qui desservent le Mali dans les bassins du fleuve Niger et de celui du Sénégal. Au niveau des mares, la décrue se poursuivra à travers le pays et l’installation des pluies à partir de juin favorisera la reconstitution des points d’eau à un niveau moyen à supérieur à la moyenne.
    • Les cultures de contre-saison : L’évolution moyenne des cultures de contre saison se poursuit aussi bien pour les cultures maraichères et pour le riz pour lequel les repiquages sont en cours. Les perspectives de productions sont moyennes dans l’ensemble grâce à la disponibilité moyenne des eaux au niveau des mares, lacs et fleuves. Les récoltes moyennes en cours pour les cultures maraichères et celles attendues pour les contre-saisons de blé en avril et de riz en juin-juillet amélioreront les disponibilités alimentaires et le pouvoir d’achat des ménages exploitants.
    • Productions agricoles : L’installation normale des pluies et la poursuite des appuis en intrants agricoles du Gouvernement et des partenaires (semence, engrais), de distribution d’équipements et les aménagements hydro-agricoles permettent de s’attendre à des récoltes moyennes à supérieures à la moyenne dans le pays à partir d’octobre 2020. Toutefois, l’insécurité continuera à affecter les activités agricoles dans les zones de conflit communautaire; ce qui engendrera des baisses localisées de production notamment dans le nord et le centre du pays.
    • Mouvements du bétail et productions animales : Les troupeaux sont au niveau des zones de concentration habituelle dans les bourgoutières le long du fleuve et autour des résidus de récolte et vers les points d’eau permanents (puits, mares). La remontée habituelle des troupeaux vers les zones de concentration d’hivernage sera observée à partir de juin à la faveur de l’installation des pluies pour la nouvelle saison (juin à septembre). Les difficultés d’accès à certains pâturages dans les zones d’insécurité du centre et du nord du pays impacteront négativement l’embonpoint des animaux. La reconstitution des conditions d’élevage à partir de juin relancera les productions animales.
    • Production halieutique : Les captures pour la campagne en cours qui se poursuivra jusqu’en mars/avril sont moyennes à supérieures à la moyenne au niveau des différentes pêcheries du pays. La levée des mises en défens et les pêches collectives qui auront lieu de mars à avril, contribueront à rehausser le niveau des captures au bénéfice des ménages pêcheurs avant la reprise de la crue en juin/juillet qui réduit les captures.
    • Migration et mouvements de population : Les départs de bras valides vers les centres urbains du pays, des pays voisins et vers les sites d’orpaillage dans les régions de Kayes, Koulikoro et de Sikasso sont en cours. Les ressources moyennes en nature et en espèce envoyées de février à juin et/ou rapportées par les bras valides de retour à partir de mai-juin contribueront à soulager les ménages pendant la période de soudure agricole de juin à septembre. L’insécurité résiduelle dans le Centre et le Nord du pays continue d’engendrer des déplacements de populations. En fin décembre, plus de 205000 personnes avaient été dénombrées (Commission mouvement de population, janvier 2020). Ces mouvements se poursuivront au rythme des perturbations sécuritaires particulièrement dans la zone du Liptako Gourma.
    • Main d’œuvre agricole et non agricole : Les activités habituelles de main d’œuvre non agricole et de petits métiers de février à mai et celles liées à la campagne agricole de juin à septembre se dérouleront normalement dans le pays. Les revenus moyens issus de ces activités permettront aux ménages pauvres qui en dépendent d’améliorer leur pouvoir d’achat. Toutefois, dans les régions du nord et dans les zones du Centre, l’insécurité continuera d’affecter négativement les opportunités d’emplois de main-d’œuvre (construction, petits métiers, etc.), ce qui engendrera des revenus inférieurs à la moyenne.
    • Prix des céréales : L’épuisement habituel des stocks pour les petits producteurs et les demandes de reconstitution des stocks communautaires et Institutionnels à partir de février-mars contribueront à rehausser la demande sur les marchés ; ce qui aboutira à la hausse saisonnière des prix à partir d’avril jusqu’en septembre mais moins marquée par rapport à une année normale. La tendance de prix de la principale céréale (mil) inférieure ou similaire par rapport à la moyenne sur les principaux marchés se maintiendra jusqu’en septembre.
    • Prix du bétail : Les prix du bétail à la faveur des conditions d’élevage favorables devront se maintenir à un niveau moyen à supérieur à la moyenne. La baisse saisonnière des prix en avril à cause de la dégradation habituelle de l’embonpoint du bétail liée à la soudure pastorale sera observée jusqu’en juin. En dépit de la baisse des prix, ils resteront moyens à supérieurs à la moyenne excepté sur certains marchés proches des zones de conflit où la hausse inhabituelle des offres a contribué à baisser les prix du bétail. L’amélioration des conditions d’élevage à partir de juillet et les demandes pour la fête de Tabaski contribueront à améliorer les prix des animaux. Les termes de l’échange bétail céréales en dépit de leur amélioration resteront proches de la moyenne dans les zones pastorales.
    • Achats institutionnels : Les achats institutionnels dans le cadre de la reconstitution du stock national de sécurité de l’OPAM, pour environ 50 000MT de mil/sorgho et les achats du PAM et d’autres organismes humanitaires durant l’année 2020 dans le cadre du Plan National de Réponse seront moyens à inférieurs à la moyenne à cause de la prévalence des stratégies d’intervention basées sur les actions de transfert de cash/coupon et de résiliences au détriment des distributions de vivres.
    • Situation sécuritaire : La situation sécuritaire instable observée devrait se maintenir dans les zones habituelles particulièrement dans la bande frontalière du pays avec le Burkina et le Niger (Liptako Gourma) à cause de la récurrence du conflit communautaire, du banditisme et des opérations militaires. Les perturbations des mouvements des personnes et des biens avec son lot de déplacement inhabituel de personnes, des morts et des dégâts sur les moyens d’existences continueront à être observés. Les négociations en cours et le renforcement des patrouilles militaires, contribueront à atténuer les difficultés de circulation dans certaines zones.
    • Actions humanitaires : L’assistance humanitaire en vivres se poursuivra à l’endroit des populations déplacés dans le cadre du Mécanisme de Réponse Rapide (RRM) et aux populations en insécurité alimentaire particulièrement de juin à septembre. Le plan national de réponse en préparation prévoit une assistance alimentaire et de renforcement de la résilience pour plus d’un million de personnes. Des appuis en termes d’intrants agricoles pour la nouvelle campagne agricole et pour le soutien aux pasteurs en aliment de bétail et de soins zootechniques dans les zones de déficit de pâturage sont en cours ou prévus. Quant aux appuis à la réinsertion des populations retournées et rapatriées, ils se poursuivront durant toute la période du scenario. Ces programmes de renforcement de la résilience limiteront le recours des populations bénéficiaires à des stratégies d’adaptation négatives.

     

    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    La disponibilité en céréales globalement moyenne à supérieure à la moyenne dans le pays et les prix des denrées inférieurs à similaires à la moyenne permettent un accès moyen de la majorité des ménages à la nourriture en dépit des poches de baisse de production par endroits. La propre production bien que faible par endroits, les stocks issus des rémunérations en nature et en espèce des récoltes de même que les revenus moyens tirés des activités habituelles de mains d’œuvre agricole et non agricole permettent à la majorité des ménages pauvres d’accéder à la nourriture sans trop de difficultés. Le score de consommation alimentaire pauvre plus limite de 18,5 pour cent en septembre 2019 contre 20,5 pour cent en septembre 2018 est en amélioration par rapport à la soudure et proche du niveau moyen des mois de février. Par conséquent, la majorité des ménages du pays sera en situation d’insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC), de février à septembre 2020. La prévalence de la Malnutrition Aigüe Globale (MAG) au niveau national caractérisée de « élevée » selon la SMART juillet 2019 (10%), connaitra sa détérioration habituelle à partir de mars/avril à cause de la réduction de volume et de la qualité des repas et de dégradation des conditions d’hygiène et de la prévalence des maladies respiratoires et parasitaires de juin à septembre.

    Cependant, l’épuisement précoce des stocks pour les ménages du Sahel occidental de Kayes et par endroits dans la bande du fleuve de Gao et de Tombouctou à cause de la baisse moyenne à importante de production agricole liée à la mauvaise pluviométrie et aux dégâts des déprédateurs, engendrera leur dépendance plus accrue au marché que d’habitude pour leur approvisionnement en nourriture. Le recours atypique à la migration, l’intensification de la main d’œuvre et la vente inhabituelle de bétail plus élevée que la moyenne pour rehausser les revenus globalement en baisse, mettront les ménages pauvres en insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC) d’avril jusqu’en septembre 2020. Il en sera de même pour ceux victimes des inondations dans les autres régions et qui ont des difficultés à faire face à la fois aux besoins alimentaires et de reconstitution des moyens d’existence dégradés.

    Dans les zones d’insécurité, particulièrement dans la région du Liptako Gourma, les ménages pauvres aux revenus en baisse surtout pour ceux de Bankass, Koro, Bandiagara, Douentza, Ménaka, connaissent une forte dégradation des moyens d’existence qui limite leurs capacités à satisfaire convenablement leurs besoins alimentaire et non alimentaire. Le score de consommation alimentaire pauvre et limite sera au-dessus de la moyenne observée habituellement pour la période et le déficit de protection de moyens d’existence s’aggravera d’avantage. L’insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC) de février à avril pour ces ménages en cette période de disponibilité de la propre récolte, des prix inférieurs à la moyenne, de la solidarité locale et des appuis du Gouvernement et des agences humanitaires connaitra la dégradation saisonnière plus marquée que la moyenne à partir d’avril. Le recours aux stratégies d’adaptation négatives déjà élevé en septembre 2019 et la dépendance plus longue que d’habitude aux marchés, particulièrement pour les ménages déplacés, les mettront en situation d’insécurité alimentaire de Crise (Phase 3 de l’IPC) à partir de mai jusqu’en septembre 2020.


    Evènements qui pourraient changer les scenarios

    Zone

    Evénements

    Impact sur les conditions de la sécurité alimentaire

    National

    Retard et/ou insuffisance d’installation des pluies de juin à août

    Un retard d’installation des pluies prolongera plus que d’habitude la soudure pastorale ; ce qui pourrait rehausser les risques de mortalité plus élevés de bétail par misère physiologique et par conséquent une baisse du revenu animalier. Le retard dans l’installation des cultures affectera négativement les productions de céréales attendues en septembre 2020.

    Dégâts des ennemis de culture d’avril à septembre

    Les dégâts importants d’oiseaux granivores, des chenilles (légionnaire et autres) sur les cultures de contre saison de février à juin et sur les cultures pluviales de juin à septembre peuvent réduire les disponibilités en céréales dans les zones agricoles et engendrer une hausse des prix des céréales.

    Inondation à cause des grandes pluies ou à une forte crue des fleuves

    Les dégâts sur les cultures et les biens d’équipement dans les zones touchées de juillet à septembre affecteront négativement les moyens d’existence des ménages et réduiront les capacités des ménages à satisfaire convenablement leurs besoins alimentaires.

    Nord et centre du Mali

    Intensification des perturbations des marchés à cause de l’insécurité

    Une intensification des incidents sécuritaires affecterait davantage l’économie dans les zones concernées ; ce qui impactera négativement les revenus, les moyens d’existence des ménages et l’approvisionnement des marchés dans la zone.

    Nord du Mali (ZONE 2, 3, 4), le Delta du Niger (ZONE 6) et la bande du sahel (ZONE 13)

    Dégâts importants de feux de brousse sur les pâturages d’avril à mai

    Les feux de brousse causent habituellement d’énormes dégâts sur les pâturages de février à mai ; ce qui engendrera une dégradation précoce des pâturages et des difficultés d’alimentation du bétail. La baisse d’embonpoint et de productions animales affectera négativement les revenus des ménages agropasteurs.

    Figures Calendrier saisonnier pour une année typique

    Figura 1

    Calendrier saisonnier pour une année typique

    Fonte: FEWS NET

    Representation des termes de l'echange chevre/mil dans les differentes marches.. Le prix en fin janvier de la chèvre qui est

    Figura 2

    Figure 1

    Fonte:

    Carte NMME de la prevision de precipitation sur l'Afrique de mai a juillet. Le modèle NMME projette une situation plutôt moye

    Figura 3

    Figure 2

    Fonte:

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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