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Les cumuls pluviométriques favorisent le développement normal des cultures

  • Mise à jour sur la sécurité alimentaire
  • Tchad
  • Août 2022
Les cumuls pluviométriques favorisent le développement normal des cultures

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  • Key Messages
  • SITUATION ACTUELLE
  • Key Messages
    • La campagne agricole reste marquée par une bonne pluviométrie, pourtant avec des inondations localisées enregistrées dans les zones agricoles et agropastorales. Plus de 500 hectares de cultures, toutes spéculations confondues, ont ainsi été dévastées en début août dans la province du Mayo Kebbi Est à la suite d’attaques de sauterelles et de chenilles légionnaires. 

    • Au Lac, la recrudescence de l’insécurité civile à travers d’incursions par les éléments de groupes armés non étatiques en fin juillet à Ngouboua, Dabanlami, Kangalam et Kourkolom continue de perturber les activités typiques de moyens d’existence des ménages. 

    • L’offre en produits alimentaires sur les marchés est en deçà des niveaux d’une année normale à cause de la hausse des coûts de transport par suite de la pénurie du carburant, du ralentissement de flux dû aux effets de la guerre en Ukraine, et du ralentissement saisonnier des flux internes. Au sahel, on note une tendance haussière atypique de plus de 70 pour cent des prix moyens, comparée à la moyenne quinquennale.

    • Face à leurs faibles niveaux de revenus, couplés à la tendance haussière atypique des prix, les ménages très pauvres et pauvres du sahel font face à des déficits de consommation et sont en Crise (Phase 3 de l’IPC). Grâce aux interventions humanitaires tout en étant confrontés aux mêmes conditions, les populations du Lac peuvent faire face à leurs besoins alimentaires en renonçant leurs besoins non-alimentaires et ils sont en Stress (Phase 2! de l’IPC). Les ménages de la zone méridionale sont en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) grâce aux légumes hivernaux et prémices et qui complètent les stocks résiduels.


    SITUATION ACTUELLE

    Contexte sociopolitique : Le contexte sociopolitique est marqué par la signature à Doha de l’accord avec les politico-militaires. Pourtant, certains acteurs politiques de l’opposition et de la société civile, dont la plateforme Wakit Tamma, n’ont pas signé l’accord et ne participent alors pas aux assises. Toutefois, des négociations sont maintenues et se poursuivent afin de ramener tous les acteurs actuellement réfractaires à la table de négociation.

    L’évolution des paramètres agro-climatiques : La saison pluviale s’est installée dans tout le pays en début juillet avec des cumuls pluviométriques globalement supérieurs à la même période de l’année dernière et équivalentes à la moyenne de 1981 – 2010. On note aussi des vagues d’inondations en de nombreuses localités, dont les localités du Sud (Logone Occidental et Mandoul) et à l’Est du pays (Abéché, Biltine et Goz Beida) où plus de 130 mm de pluies en une journée ont été rapportée. Ces précipitations favorisent un bon développement des cultures malgré les inondations rapportées.  

    Situation agricole : En mi-août, plus de 90 pour cent de semailles planifiées ont été réalisées dans tout le territoire, dans les zones agricoles et agropastorales. L’entretien des cultures reste l’activité dominante. Les stades phénologiques des cultures varient de développement, floraison et maturation en zone soudanienne où des récoltes de variété hâtives de maïs et arachide sont constatées. Dans les provinces du Ouaddaï et du Sila, des hausses d’emblavures de 10 à 15 pour cent comparées à l’année dernière sont rapportées afin de compenser les pertes de l’année passée. Cette augmentation est également supportée par le recours aux labours mécanisés et à la traction animale (asine et équine). Les cultures de rente (légumineuses) occupent une importante partie des superficies suivies des céréales. Le choix de l’arachide et du niébé vise à répondre à la demande croissante en ces spéculations, de plus en plus exprimée depuis ces trois dernières années.

    La situation pastorale et le mouvement de bétail : Les importantes précipitations enregistrées depuis le début de la saison ont contribué à la reconstitution du couvert végétal. Il est constaté un embonpoint satisfaisant pour le bétail, ce qui a conduit à une hausse du prix du bétail. Pourtant, les prix sont légèrement en deçà de la moyenne dans la province de Wadi-Fira, où le niveau de précipitation n’a pas permis une émergence d’un bon couvert végétal. Au Lac, malgré le bon couvert végétal, l’insécurité limite l’accès aux localités insulaires et celles de la zone septentrionale conduisant à une suroffre dans ces marchés et donc une baisse des prix par rapport à la moyenne quinquennale.

    Sources de revenus : Consécutivement aux difficultés macroéconomiques auxquelles fait face le Tchad, couplées à l’instabilité sociopolitique du pays durant cette période de transition, les opportunités d’embauche sont rares dans les zones urbaines. Face à la précarité financière des ménages, de nombreux individus proposent leurs forces comme main d’œuvre en quête de revenus, conduisant à une suroffre. Au Lac, la présence d’effectifs élevés de déplacés renforce l’offre en main d’œuvre dans les polders durant cette campagne. La demande varie de faible à normale par endroits comme au Ouaddaï et au Sila en raison de faible revenu des ménages. A cet effet, le faible revenu des ménages, les extensions de superficie constatées conduit à utiliser la main-d’œuvre familiale qui est relativement plus basse, entraînant une baisse supplémentaire des salaires journaliers déjà inférieurs aux salaires d’une année normale. L’artisanat, la vente de produits de cueillette, le transport avec des engins à deux roues, et la manutention sont les autres sources de revenus développées par les ménages très pauvres et pauvres. Cependant, ces activités ne rapportent que des revenus très infimes, inférieurs à une année normale à cause du contexte global entravé par de nombreux facteurs dont pénurie de carburant et la faible demande.

    Conflits agriculteurs-éleveurs : On note une hausse de conflits agriculteurs-éleveurs compare à la moyenne due à la tendance à la sédentarisation des pasteurs dans les zones agricoles, ce qui provoque des dévastations occasionnées à la traversée des espaces agricoles, générant de conflits réguliers comme à Léo (Mayo Kebbi Est) entre fin juillet et début aout. Ces conflits ont conduit à un mouvement des populations vers d’autres localités en quête de refuges . Cela affecte la sécurité alimentaire des ménages fuyant leurs localités d’origine, délaissant leurs champs et bétails ainsi que les activités génératrices de revenus dont la main d’œuvre agricole, une des principales sources de revenus en cette période.

    Marchés céréaliers et prix : Les baisses de flux internes limitent les volumes des approvisionnements de marchés déjà affectés par les facteurs sécuritaires telles que la guerre en Ukraine et la pénurie de carburant conduisant à une hausse des coûts de transport. Malgré les ventes à prix modérés organisés par les l’Office national de sécurité alimentaire (ONASA) et l’assistance alimentaire, les ménages du Sahel Ouest ainsi que la province du chari Baguirmi et N’Djamena continuent d’exercer une pression sur les marchés céréaliers  à cause de la baisse de l’offre ceci  maintien une hausse de la demande. Les prix des produits céréaliers sont en hausse malgré la présence effective des prémices (manioc doux, maïs frais et les arachides) sur les marchés des hausses, de 20 à 34 pour cent, comparées à la moyenne quinquennale sont rapportées sur les prix du sorgho. Les prix de la farine du blé et des pâtes alimentaires maintiennent une hausse significative respectivement de 38 pour cent et 33 pour cent à cause de l’instabilité politico-sécuritaire en Libye et du conflit russo-ukrainien.

    Marchés à bétail : Les prix des bétails sont en hausse saisonnière avec l’amélioration de l’embonpoint des animaux. La présence des transhumants sur les sites d’attache en zone sahélienne a renforcé la disponibilité sur les marchés locaux créant une suroffre. Pour répondre à une demande soutenue sur le marché nigérian, l’exportation du bétail vers le Nigéria est en légère augmentation, même face à la dépréciation du naira nigérian ainsi qu'aux tracasseries sur les axes routiers menant au Nigéria via le Cameroun et le Niger. Les récents conflits aux frontières tchado-soudanaises ont occasionné des perturbations des flux d’exportation de bétail vers le Soudan, a l’exception des flux des ovins à partir de Guereda vers la frontière soudanaise. En début août une tendance haussière modérée comparée à la moyenne quinquennale des prix de petits ruminants est observée sur la plupart des marchés des zones frontalières du Cameroun, Nigéria et Soudan, en raison de la demande à l’exportation vers ces pays.

    Situation alimentaire courante : A la faveur de la saison pluvieuse précoce, les prémices de récoltes ont renforcé le niveau des stocks des ménages dans la zone méridionale. Ils sont en insécurité alimentaire minimale (Phase 1 de l’IPC). Cependant, dans le sahel ouest, les attaques des groupes armés génèrent un contexte sécuritaire fragile au Lac ce qui affecte les moyens de subsistance de ménages et limite les flux des denrées sur les marchés. Ils restent en Stress grâce à l’assistance humanitaire (Phase 2 ! de l’IPC). Compte tenu d’une offre des aliments de base réduit et la hausse des prix, les ménages du sahel ouest seront confrontés à des déficits de consommation malgré les stratégies extrêmes développées et seront en Crise (Phase 3 de l'IPC). Suite à un accès limité au marché du fait des faibles revenus et la limitation des flux avec leur principale zone d’approvisionnement (Lac), les ménages très pauvres et très pauvres du Kanem et BEG ont une alimentation réduite d’adéquation minimale.

     SUPPOSITIONS MIS À JOUR

    Les mises à jour des hypothèses utilisées pour développer le scénario le plus probable de FEWS NET pour les Perspectives de la Sécurité Alimentaire du Tchad pour juin 2022 à janvier 2023 sont ci-dessous :

    • Marchés de produits alimentaires : Malgré les récoltes attendues en octobre, la plupart des marchés des provinces sahéliennes continueront d’afficher des hausses de prix atypiques à cause des perturbations (crise ukrainienne et hausse de coût de transport) sur les flux des produits importés (pâtes alimentaires, riz importé etc.). La hausse des prix de transport à la suite de la pénurie de carburant continuerait d’impacter les marchés de produits alimentaires dans la plupart des zones du pays.
    • Contexte sociopolitique et sécurité civile : Compte tenu du manque de consensus, des contestations pourraient être observées dans les grands centre sud pays durant les travaux du Dialogue national inclusif. Une reprise d’actions militaires par les groupes armés non-signataires de l’accord de Doha est prévisible.  
      • Tibesti : Les conflits intercommunautaires à la frontière soudanaise, ainsi que l’insécurité liée à la contre-bande des marchandises aux frontières de la Libye pourraient causer des perturbations dans la zone septentrionale occasionnant des restrictions des mouvement des populations dans la zone.
      • Insécurité civile au Lac : Profitant du contexte sociopolitique actuel captivant l’attention du gouvernement et de la montée des eaux propice à leurs incursions, les groupes armés non étatiques pourraient intensifier des attaques de grande envergure contre les positions des forces gouvernementales dans les sites de déplacés ainsi que dans les localités insulaires jusqu’en octobre. Ceci provoquerait de nouveaux mouvements de déplacés et perturberait davantage la campagne agricole.
      • Conflit entre éleveurs et agriculteurs : A la suite de la tendance à lé sédentarisation des pasteurs en zone soudanienne qui provoque la dévastation des cultures par les troupeaux, des heurts récurrents de degrés variés entre agriculteurs et éleveurs pourraient être observées en début de récolte. Les foyers latents du Ouaddaï et du Wadi Fira également pourraient être ravivés durant les récoltes.

    PERSPECTIVE ESTIMÉE JUSQU'EN JANVIER 2023

    Entre aout et septembre, le pic de la période de soudure agricole, les ménages pauvres resteront de plus en plus dépendants du marché dans un contexte de prix anormalement élevés des denrées de base et d'épuisement des stocks des ménages. Dans les zones agricoles et agro-pastorales du BEG et du Kanem, les ménages subiront des déficits de consommation et resteront en Crise (Phase 3 de l’IPC) jusqu'à la récolte en octobre. 

    Considérant les bonnes précipitations en cours et les cumuls pluviométriques ainsi que les hausses de superficies emblavées en certains localités, la production équivalente à la moyenne quinquennale va contribuer à améliorer la disponibilité de nourriture et l’accès aux revenus. Toutefois, faisant suite à leur faible revenu, couplé au bas niveau de disponibilité en produits importés les ménages pauvres et très pauvres des zones déficitaires du sahel ouest ne pourront pas faire face a leurs besoins non-alimentaires et resteront en Stress (Phase 2 de l’IPC) entre octobre 2022 et janvier 2023.

    Au Lac, malgré l’assistance alimentaires fournie et les récoltes attendues en octobre les déplacés et ménages hôtes continueraient d’avoir une consommation alimentaire réduite et d’adéquation minimale. Ils seraient en stress jusqu’en janvier 2023 (Phase 2 ! de l’IPC) à cause de la persistance de l’insécurité.

    Figures Seasonal Calendar in a Typical Year

    Figure 1

    Seasonal Calendar in a Typical Year

    Source: FEWS NET

    Cette mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire présente une analyse des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée au cours des six prochains mois. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.

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