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- Une détérioration vers la Crise (Phase 3 de l'IPC) est attendue entre juin et septembre 2026 dans les préfectures de Kpendjal et de Kpendjal-Ouest, les zones de plus forte préoccupation du pays. Les effets de débordement du conflit au Sahel continueront de limiter l’accès des ménages à la nourriture et aux revenus pendant le pic de la soudure plus difficile qu’en année typique. Les récoltes d’octobre permettront une amélioration saisonnière vers les résultats de Stress (Phase 2 de l’IPC), bien que les revenus des ménages restent en dessous de la normale.
- Le nombre de personnes ayant besoin d’une assistance alimentaire atteindra un pic de 250,000 à 499,999 entre juillet et aout, au plus fort de la période de soudure, avant de diminuer de façon saisonnière après les récoltes d’octobre. Les réfugiés et les personnes déplacées internes (PDIs) représentent les populations de plus haute préoccupation, ainsi que les ménages pauvres des zones rurales du nord touchés par les effets indirects de l’insécurité.
- Les effets de débordement du conflit au Sahel continueront de dégrader les moyens d’existence dans la région des Savanes. Les incursions des groupes armés le long des frontières nord et le maintien de l’état d’urgence sécuritaire continueront de limiter l’accès aux terres agricoles dans les zones de conflits, de provoquer des déplacements de populations et de perturber les activités agricoles et économiques, en particulier dans les préfectures de Kpendjal et Kpendjal-Ouest.
- Les perturbations des échanges commerciaux, les mesures de contrôle, et des restrictions de l’exportation de certains produits agricoles continueront de réduire les flux commerciaux, particulièrement au nord. À cela s’ajoute la hausse du prix du pétrole, qui augmente les coûts de transport et de commercialisation, exerçant une pression supplémentaire sur les prix, les activités économiques et le pouvoir d’achat des ménages.
L’analyse présentée ici est basée sur les informations disponibles au 19 Juin 2026.
L’agriculture et l’élevage constituent les principaux moyens d’existence des ménages ruraux au Togo. La majorité des ménages pauvres dépend de la production vivrière (maïs, sorgho, mil, riz, niébé, manioc et igname), complétée par les revenus tirés de la vente de cultures de rente (coton, café, cacao, noix de cajou, etc), du petit élevage, du travail agricole, du commerce de détail et de l’exploitation des ressources naturelles. Les systèmes de production suivent deux régimes pluviométriques distincts : une campagne agricole dans les régions septentrionales et deux campagnes dans les régions méridionales. En année normale, les ménages couvrent l’essentiel de leurs besoins alimentaires grâce à leur propre production et complètent leurs revenus par les activités saisonnières agricoles et non agricoles, tandis que les ménages pastoraux et agropastoraux dépendent des ventes de bétail et des produits animaux pour leurs achats alimentaires.
Les excédents de production sont généralement concentrés dans les régions du centre et du nord, tandis que des déficits structurels sont observés dans les zones urbaines et côtières (en particulier à Lomé et dans la région maritime) où la densité de population, la pression foncière et la dépendance aux marchés sont élevées. Le système de marchés du Togo est organisé autour de plusieurs bassins commerciaux. Lomé, principal centre d'importation, de vente en gros et de redistribution, est relié au port. Kara et Sokodé constituent d'importants centres de regroupement et de redistribution pour le commerce intérieur et régional. Les marchés sont caractérisés par une multitude de petits commerçants et de regroupements, avec une plus forte concentration des vente en gros et de l'importation. La saisonnalité des prix est marquée : les prix des céréales sont les plus bas après la récolte et atteignent leur maximum pendant la période de soudure, de mai à août. Le Togo est autosuffisant en céréales secondaires (maïs, mil et sorgho) et tubercules (manioc et igname), mais importateur net de riz et de blé.
L'économie du Togo est fortement intégrée aux marchés régionaux. Les échanges commerciaux avec le Burkina Faso, le Ghana, le Bénin et le Nigéria jouent un rôle important dans l'approvisionnement des marchés en produits alimentaires, bétail et intrants agricoles. Les ménages, notamment en milieu urbain et dans les zones déficitaires en production, dépendent largement des marchés pour satisfaire leurs besoins alimentaires. Par conséquent, les coûts de transport, les prix du carburant, les fluctuations des prix des denrées alimentaires et les perturbations des échanges commerciaux influencent l'accès des ménages à la nourriture.
La production agricole reste fortement dépendante des conditions pluviométriques, et les ménages demeurent exposés aux aléas climatiques tels que le retard de démarrage de la saison des pluies, les séquences sèches, et les inondations localisées. Dans la région des Savanes, les débordements récurrents du fleuve Kpendjal (Oti), dus principalement au lâcher d’eau du barrage de Kompienga au Burkina Faso, entrainent régulièrement des pertes de cultures, de bétail, et d’infrastructures. Les moyens d’existence pastoraux sont également affectés par des contraintes sur la mobilité du bétail, notamment dus aux restrictions sur la transhumance transfrontalière qui limitent l'accès habituel aux pâturages et aux points d'eau et favorisent des mouvements de troupeaux en dehors des couloirs réglementaires, augmentant les risques de conflits entre agriculteurs et éleveurs tout en affectant la santé et la productivité du cheptel.
Depuis 2022, le nord du pays est confronté à une dégradation de la situation sécuritaire liée au débordement de la crise sahélienne. Cette insécurité résulte de l’expansion de groupes armés opérant depuis le Burkina Faso, le Mali et le Niger vers les zones frontalières de la région des Savanes, principalement dans les préfectures de Kpendjal et de Kpendjal-Ouest. Les attaques sporadiques contre les forces de défense et de sécurité et les populations civiles, les opérations militaires, et le maintien de l’état d’urgence sécuritaire ont profondément perturbés les activités économiques et les moyens d’existence. Cette crise a également entraîné des déplacements internes de populations, un afflux continu de réfugiés burkinabè et une pression croissante sur les communautés d'accueil et les services sociaux de base.
Dans l'ensemble, les conditions de sécurité alimentaire au Togo sont influencées par l'interaction entre les aléas climatiques, les performances de la campagne agricole, le fonctionnement des marchés, les conditions macroéconomiques et, dans le nord du pays, l'insécurité persistante et les déplacements de populations. Ces facteurs façonnent les moyens d'existence des ménages et leur capacité à accéder à une alimentation suffisante. Les ménages les plus pauvres demeurent particulièrement vulnérables aux chocs successifs.
En savoir plus
Les liens suivants fournissent des informations supplémentaires :
- Dernier Togo Mise à jour des messages clés : mai 2026
- Aperçu de la méthodologie de développement de scénarios de FEWS NET
- L’approche de FEWS NET pour estimer la population dans le besoin
- Aperçu des analyses IPC et IPC-compatible
- L'approche de FEWS NET en matière d'analyse de l'assistance alimentaire humanitaire
L’insécurité au nord du pays est le principal choc impactant l’insécurité alimentaire aigue, avec l’expansion progressive du Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM) depuis le Burkina Faso vers la région des Savanes. Depuis 2025, le groupe a renforcé sa présence dans les zones rurales isolées des préfectures de Kpendjal et Kpendjal-Ouest, où il mène des attaques contre les forces de sécurité. Parallèlement, le JNIM s’appuie davantage sur les réseaux de commerce et de transport transfrontaliers informels en taxant les flux de marchandises et en utilisant les circuits de contrebande (bétail, carburant et autres biens) afin de générer des ressources financières. Les incidents violents dans le nord du Togo sont passés de deux au premier semestre 2022 à un pic de 40 au premier semestre 2025, avant de retomber à 15 au premier semestre 2026, un niveau comparable à celui de 2023 et 2024. Dans l'ensemble, le rythme des incidents a diminué par rapport à son pic de 2025. Face à cette menace, les autorités togolaises ont renforcé les contrôles et ont prolongé l’état d’urgence dans la région des Savanes. Malgré ces mesures, l’insécurité et les restrictions imposées continuent de perturber les activités économiques et les moyens d’existence, tandis que les opérations sécuritaires entraînent des déplacements de population, principalement vers les préfectures de Tône et de Cinkassé. Au total 51,151 réfugiés et 10,171 PDIs sont enregistrés sur toute l’étendue du territoire dont les 99 pour cent (50,626 personnes) de ces réfugiés se retrouvent dans la région des Savanes.
Figure 1
Les perturbations des échanges commerciaux continuent d’y affecter le fonctionnement des marchés dans la région des Savanes. La baisse des échanges et du nombre d’acheteurs entraine une accumulation de stocks invendus chez les producteurs et commerçants, notamment dans les préfectures de Kpendjal et Kpendjal-Ouest. Cette situation se traduit par une baisse atypique des prix de certaines céréales sur plusieurs marchés, notamment à Mandouri et Ogaro, où les prix du riz local décortiqué ont chuté de plus de 30 pour cent par rapport à l’année précédente et aux niveaux typiques. Cette baisse des prix se trouve exacerbée par les ventes prématurées des stocks paysans pour financer les activités agricoles en cours.
La récente hausse du prix du carburant est entrée en vigueur le 27 mai 2026 à la suite des fluctuations des cours mondiaux des produits pétroliers. Bien que la mesure s'applique à l'ensemble du territoire, cette hausse est amplifiée dans les localités éloignées des stations-service, ou une majoration pouvant atteindre 20 XOF par litre s’ajoute aux couts de transport et de distribution. Cette disposition se traduit par des prix plus élevés dans les zones reculées, y compris dans la région des Savanes.
Le démarrage normal de la saison des pluies, intervenu en février dans la zone bimodale et en fin avril dans la zone unimodale, a favorisé le lancement normal de la campagne agricole 2026-2027 sur l'ensemble du territoire togolais. Cette période est marquée par l'intensification des activités de préparation des sols, de labour et des premiers semis. Toutefois, dans le nord du pays, en particulier dans la région des Savanes, le déroulement de la campagne est affecté par les effets du débordement de la crise sécuritaire du Sahel. Cette situation se traduit notamment par une hausse du coût de la main-d'œuvre agricole qui a augmenté de 10 à 20 pour cent par rapport à la campagne précédente et de plus de 35 pour cent au cours des cinq dernières années, une réduction des superficies emblavées dans les zones les plus exposées à l'insécurité, et la hausse du cout des semences et d'autres intrants agricoles.
Les mouvements pastoraux au Togo sont marqués par la suspension de la transhumance transfrontalière depuis 2021, limitant officiellement l’entrée de troupeaux en provenance du Sahel. Cette mesure vise à réduire les tensions agro-pastorales et à renforcer la sécurité dans les zones frontalières du nord du pays. Dans la région des Savanes, la concentration des troupeaux locaux exerce une pression accrue sur les ressources pastorales et contribue à la persistance de tensions entre agriculteurs et éleveurs dans certaines localités, malgré les dispositifs de régulation et de gestion des conflits mis en place au niveau communautaire et administratif.
Assistance alimentaire humanitaire
Entre mars et juin 2026, le PAM a fourni une assistance alimentaire d’urgence à environ 8 700 personnes dans la région des Savanes, à travers des transferts monétaires sous forme de coupons électroniques, ciblant prioritairement les réfugiés, les personnes déplacées internes et les ménages hôtes vulnérables. Par ailleurs, un programme d’alimentation scolaire bénéficie à plus de 60 000 élèves. Bien que ces interventions contribuent à améliorer l’accès immédiat à l’alimentation des bénéficiaires, leur couverture et leur ampleur demeurent insuffisantes pour modifier significativement les résultats de sécurité alimentaire à l’échelle de la zone.
La région des Savanes demeure la zone de plus haute préoccupation, suivi par la région de Kara, ou des résultats de Stress (Phase 2 de l’IPC) sont en cours. L’insécurité et l’afflux de réfugiés continuent de perturber les moyens d’existence, les échanges commerciaux, et les activités agricoles, réduisant les revenus des ménages pauvres au début de la période de soudure. Bien que la consommation alimentaire reste globalement suffisante pour couvrir les besoins énergétiques minimaux, les ménages réduisent progressivement la diversité de leur alimentation en limitant la consommation de produits riches en nutriments tels que les produits animaux, les légumineuses, les fruits et les légumes. Pour maintenir leur accès à l’alimentation, les ménages font recours à des stratégies d’adaptation telles que la réduction de certaines dépenses non alimentaires essentielles, une légère intensification de la vente de petits produits agricoles ou de bétail, ainsi que le recours accru à la cueillette de produits forestiers non ligneux, notamment le karité. La concentration des réfugiés et PDIs accentue la pression sur les moyens d’existence et les services de base, tandis que la recrudescence saisonnière des maladies diarrhéique pendant la saison des pluies contribue à une dégradation de l’état nutritionnelle, en particulier chez les enfants.
Dans le reste du pays, les résultats demeurent en Minimale (Phase 1 de l’IPC). Malgré la hausse récente des prix du carburant et les inondations localisées dans le sud, les ménages continuent de bénéficier des conditions agricoles saisonnières normales, des prémices de la première saison de la campagne bimodale, et des marchés globalement bien approvisionnés. Les prix du maïs, du niébé et du sorgho rouge demeurent inferieurs à la moyenne quinquennale, soutenant l’accès alimentaire des ménages pauvres. Dans l’ensemble, les ménages sont en mesure de satisfaire leurs besoins alimentaires et non alimentaires essentiels sans recourir à des stratégies d’adaptation atypiques.
- Dans la région des Savanes, la situation sécuritaire devrait rester volatile en raison des risques persistants d’incursions armées et de la possible tentative d’implantation de groupes extrémistes le long des zones frontalières, ce qui contribuera à étendre l’insécurité vers des zones plus au sud, notamment dans les préfectures environnantes comme Tône, Cinkassé, Oti, Oti-Sud.
La hausse récente du prix du carburant au Togo, portée à 725 FCFA pour l’essence et 750 FCFA pour le gasoil, devrait se maintenir jusqu’en janvier 2027, en l’absence d’informations supplémentaires confirmées sur les orientations de politique publique, le maintien des mécanismes de subvention reste probable.
- Sur le plan macroéconomique, la croissance du produit intérieur brut (PIB) du Togo devrait demeurer soutenue en 2026, avec une progression estimée entre 5 % et 6,5 % selon les différentes prévisions disponibles. L’inflation devrait rester contenue à 1,8 % en 2026. Cette dynamique serait principalement portée par la poursuite des investissements publics dans les infrastructures, le développement des activités logistiques et commerciales du Port Autonome de Lomé, ainsi que par la résilience des secteurs des services et de l'agriculture.
- Selon les prévisions de la météo du Togo, des pluies en dessous de la moyenne dans les régions Centrale, de la Kara, et des Savanes, entre juin et aout. Les séquences sèches pourraient être relativement longues au début de la saison avant de devenir plus courtes à moyenne vers la fin. Les prévisions météorologiques annonçant la poursuite des précipitations pourraient accentuer davantage le risque d’inondation, notamment au cours de la rivière Zio et vers Kati et de Kpédji.
- Bien que les activités agricoles évolueront de façon typique, avec une production moyenne, à l’échelle nationale, néanmoins les perturbations liées à l’insécurité et aux déplacements de populations réduiront les superficies cultivées et perturbera le marché de la main-d’œuvre agricole, dans les préfectures de Kpendjal et de Kpendjal-Ouest.
- Entre octobre 2026 et janvier 2027, les récoltes devraient renforcer significativement la disponibilité céréalière dans la région des Savanes. Néanmoins, la persistance des restrictions de circulation et de l’insécurité devrait continuer de limiter les échanges commerciaux. Les stocks élevés, associés à des difficultés d'écoulement de la production, pourraient entraîner une accumulation de produits dans certaines zones de production tandis que d'autres marchés, notamment Dapaong et Cinkassé, connaîtraient des approvisionnements irréguliers.
- Dans la région des Savanes, les prix des céréales devraient rester stables ou en baisse. Les prix des denrées alimentaires de base devraient demeurer inférieurs à la moyenne des cinq dernières années entre juin 2026 et janvier 2027, notamment à partir d’octobre avec l’arrivée des nouvelles récoltes qui entraînera une baisse saisonnière des prix (Figure 2).
Figure 2
Source: Estimations de FEWS NET basées sur les données de DSID/SIM, Togo
- L’offre de bétail dans les régions de la Kara et des Savanes sera en baisse par rapport à une année typique entre juin 2026 et janvier 2027 en raison de la suspension de la transhumance transfrontalière décrétée par les autorités nationales depuis 2021, de la dégradation des conditions de mobilité pastorale et des contraintes sécuritaires dans les Savanes. Dans la Kara, l’offre resterait proche des tendances habituelles. Globalement, par rapport aux années passées, le marché serait donc plus instable, moins régulier et plus tendu.
- Les prix du bétail devront évoluer en dessous de la moyenne dans les principales zones pastorales et agro-pastorales du nord, notamment (Tône, Cinkassé, Kpendjal, Kpendjal-Ouest, Oti, Oti-Sud), où la mobilité des troupeaux et des éleveurs sera fortement perturbée à cause des contraintes d’insécurité, de déplacement et d’accès aux grands centres de consommation. Ailleurs dans le pays les prix seront similaires à la moyenne.
Assistance alimentaire humanitaire
FEWS NET n’a pas accès aux planifications de l’assistance humanitaire entre juin 2026 et janvier 2027. En tenant compte des niveaux d’assistance historiquement faibles pendant la période post-récolte, il est probable que l’assistance n’aura pas un impact significatif sur les résultats de l’insécurité alimentaire au niveau de la zone. Les interventions prévues demeurent principalement axées sur la résilience et l’adaptation au changement climatique.
Dans les préfectures de Kpendjal et Kpendjal Ouest de la région des Savanes, la situation de sécurité alimentaire devrait se détériorer jusqu’à la Crise (IPC Phase 3) entre juin et septembre 2026. L’insécurité persistante continuera de limiter l’accès aux terres agricoles, aux opportunités de travail agricole et non agricole, aux produits de cueillette et aux marchés, tandis que l’augmentation inhabituel du prix du carburant et les perturbations des échanges commerciaux maintiendront les revenus et le pouvoir d’achat en dessous de la normale. A mesure que les ménages pauvres ne parviendront plus à satisfaire leurs besoins alimentaires minimaux pendant la soudure, ils recourront de plus en plus à des stratégies tel que vente inhabituelle de bétail à bas prix (caprins, ovins), vente de jeunes femelles reproductrices pour obtenir rapidement des revenus), aussi l'emprunt de vivres, les dons alimentaires, et l'achat de nourriture à crédit. La cueillette de produits forestiers sauvages, traditionnellement utilisée pendant la soudure, demeure limitée par les contraintes sécuritaires, réduisant ainsi une source importante de nourriture de substitution pour les ménages pauvres. Les réfugiés et les personnes déplacées internes resteront particulièrement la population de plus haute préoccupation, en raison de leur accès très limité aux actifs productifs, de la perte durable de leurs moyens d'existence et des difficultés d'intégration économique dans les zones d'accueil.
Avec les récoltes d’octobre 2026 à janvier 2027, les résultats vont s’améliorer vers le Stress (IPC Phase 2) dans Kpendjal et Kpendjal-Ouest. Les nouvelles récoltes amélioreront saisonnièrement la disponibilité alimentaire et les revenus agricoles. Toutefois, l’insécurité continuera de limiter l’accès aux terres agricoles et de perturber les échanges commerciaux locaux et transfrontaliers avec les pays voisins tels que le Bénin, le Burkina Faso et le Ghana, limitant le rétablissement des moyens d’existence. Une proportion de ménages pauvres, des réfugiés et les PDIs qui ont perdu leurs biens productifs ou qui ne disposeront pas de revenus vont rester en Crise (Phase 3 de l’IPC).
Dans le reste de la région des Savanes, les résultats devraient demeurer en Stress (Phase 2 de l’IPC) tout au long de la période de projection sauf pour Oti et Oti-sud dont la situation devrait s’améliorer vers des résultats de Minimal (Phase 1 de l'IPC) à partir d’octobre. Pendant la soudure, la baisse saisonnière des stocks alimentaires, conjuguée à des réserves inferieurs à la normale et aux effets persistants de l’insécurité, conduira les ménages pauvres à limiter leurs dépenses non-alimentaires. A partir d’octobre, les récoltes amélioreront la disponibilité alimentaire et les revenus tirés de la commercialisation des produits agricoles et à la vente de bétail pendant les fêtes et cérémonies de fin d’année. Toutefois, les revenus resteront inférieurs à une année normale en raison des perturbations persistantes des échanges commerciaux et de la pression exercée sur les ressources locales par l'afflux de réfugiés.
Dans la région de la Kara, les résultats de Stress (Phase 2 de l'IPC) attendus pendant la soudure devraient s'améliorer vers des résultats de Minimal (Phase 1 de l'IPC) à partir d'octobre grâce aux récoltes, qui soutiendront la disponibilité alimentaire, les revenus des ménages et un accès adéquat à la nourriture.
Dans le reste du pays, des résultats de Minimal (Phase 1 de l’IPC) vont prévaloir pendant toute la période de projection. Les ménages continueront de bénéficier de disponibilités alimentaires normales issues des récoltes, de stocks suffisants, et de marchés généralement bien approvisionnés. Dans les régions bimodales du sud, les premières récoltes sont en cours et la baisse saisonnière des prix des denrées de base soutiendront l’accès alimentaire des ménages, leur permettant de couvrir leurs besoins alimentaires et non alimentaires essentiels sans recourir à des stratégies d'adaptation atypiques.
| Preuves | Source | Format des données | Éléments d'analyse de la sécurité alimentaire |
|---|---|---|---|
| Profils de moyens d'existence | FEWS NET | Qualitatives | Sources typiques de nourriture et de revenus par zone de moyens d'existence |
| Bulletin conjoint d’information sur les prix du mois de mai 2026 | Ministère de l’agriculture/PAM | Quantitatives et qualitatives | Accessibilité économique des ménages par région, par préfecture et par marche selon les spéculations |
| Profil de la pauvreté au Togo | Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques et Démographiques (INSEED) | Quantitatives et qualitatives | Vulnérabilité de la population |
| Rapport bilan de la campagne agricole 2025-2026 | Ministère en charge de l’agriculture/DPSSE | Quantitatives et qualitatives | Disponibilité et accessibilité de la nourriture et du stock |
| Bulletin de la prévision saisonnière des pluie | Agence nationale de météorologie du Togo | Qualitatives | Perspectives et ampleurs des pluies ainsi que les évidences sur les catastrophes (inondation ou sècheresse) |
| Bulletin d’information sur les refugies et IDPs | PURS | Quantitatives | Disponibilité alimentaire, l’accessibilité, etc |
| Rapport de l’enquête sur la SAN au Togo en octobre 2025 | Ministère en charge de l’agriculture/DPSSE | Quantitatives et qualitatives | Indicateurs de résultats (SCA, EME, rCSI, HHS, HDDS et MAG/MUAC), etc… |
| Données sur la hausse du prix à la pompe du carburant | KOACI | Quantitative | Impact sur l’accessibilité économiques, l’évolution des prix, l’accessibilité économique, |
| Macro-économie | PORTAIL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE TOGOLAISE/FMI
| Quantitative/Qualitative | Données sur les perspectives de croissance économique et de l’inflation |
| Assistance Alimentaire | WFP / ANPC | Quantitative | Données sur les interventions/réponse aux risques d’insécurité alimentaire au nord |
| Analyse et projections de conflit | ACLED, Le monde, 27avril.com | Qualitative/quantitative | Données sur la situation sécuritaire et la tendance et implications sur les populations et l’économie |
| Projection de prix des céréales |
DSID/SIM Togo. | Quantitative | Estimations de FEWS NET basées sur les données de DSID/SIM, Togo. |
L’alerte précoce en cas d’insécurité alimentaire aiguë nécessite de prévoir les résultats futurs plusieurs mois à l’avance afin de donner aux décideurs suffisamment de temps pour budgétiser, planifier et répondre aux crises humanitaires attendues. Toutefois, en raison des facteurs complexes et variables qui influencent l’insécurité alimentaire aiguë, il est impossible de faire des prévisions définitives. Le développement de scénarios est une méthodologie qui permet à FEWS NET de répondre aux besoins des décideurs en élaborant un scénario « le plus probable » du futur.
Les principes clés du processus d’élaboration de scénarios de FEWS NET incluent l’application du cadre de réduction des risques de catastrophe et une approche basée sur les moyens d’existence pour évaluer les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë. Le risque d'insécurité alimentaire aiguë d'un ménage dépend non seulement des dangers (comme une sécheresse), mais aussi de sa vulnérabilité face à ces dangers (par exemple, le niveau de dépendance à la production de cultures pluviales pour sa nourriture et ses revenus) et de sa capacité d'adaptation (qui prend en compte à la fois la capacité du ménage à faire face à un danger donné et le recours à des stratégies d’adaptation négatives qui nuisent à la résilience future). Pour évaluer ces facteurs, FEWS NET fonde cette analyse sur une solide compréhension approfondie des moyens d’existence locaux, qui sont les moyens par lesquels un ménage répond à ses besoins fondamentaux. Le processus d’élaboration de scénarios de FEWS NET prend également en compte le Cadre des moyens d’existence durables ; les Quatre dimensions de la sécurité alimentaire ; et le Cadre conceptuel de la nutrition de l’UNICEF, et est étroitement aligné sur le cadre analytique de la Classification intégrée des phases de la sécurité alimentaire (IPC).
Comment FEWS NET analyse-t-il les résultats actuels de l’insécurité alimentaire aiguë ? FEWS NET évalue dans quelle mesure les ménages sont susceptibles de satisfaire leurs besoins caloriques minimaux. Cette analyse fait converger les preuves des conditions de sécurité alimentaire avec celles de la consommation alimentaire au niveau des ménages et de changement des moyens d’existence. FEWS NET prend également en compte les preuves disponibles sur l'état nutritionnel et la mortalité, en évaluant si celles-ci reflètent les impacts physiologiques de l'insécurité alimentaire aiguë. FEWS NET utilise l’échelle de Classification intégrée de la sécurité alimentaire (IPC) en cinq phases, mondialement reconnue, pour classer les résultats actuels de l’insécurité alimentaire aiguë. De plus, FEWS NET applique le symbole de « ! » pour désigner les zones où la Phase de l’IPC cartographiée serait probablement pire d'au moins une Phase sans les effets de l'assistance alimentaire humanitaire en cours.
Comment FEWS NET élabore-t-il ses suppositions clés pour le scénario le plus probable ? Une étape clé du processus d'élaboration de scénarios de FEWS NET consiste à développer des suppositions fondées sur des preuves sur les facteurs influencent les conditions de sécurité alimentaire. Cela inclut les dangers et anomalies susceptibles d'affecter l'évolution de l'alimentation et des revenus des ménages au cours de la période de projection, ainsi que les facteurs affectant l'état nutritionnel. FEWS NET développe également des suppositions sur les facteurs censés se comporter normalement. Ensemble, ces suppositions forment la base du scénario « le plus probable ».
Comment FEWS NET analyse-t-il les résultats projetés de l’insécurité alimentaire aiguë ? En utilisant les suppositions clés soutenant le scénario « le plus probable », FEWS NET projette les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë en évaluant l’évolution de la capacité des ménages à satisfaire leurs besoins caloriques minimaux au fil du temps. FEWS NET fait converger les attentes concernant la trajectoire de la consommation alimentaire et les changements dans les moyens d’existence au niveau des ménages avec l’état nutritionnel et de la mortalité au niveau de la zone. FEWS NET classe alors les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë. Enfin, FEWS NET utilise le symbole de « ! » pour désigner les zones où la Phase de l’IPC serait probablement plus sévère d’au moins une Phase sans les effets de l’assistance alimentaire planifiée, qui devrait être financée et livrée.
Comment FEWS NET analyse-t-il l’assistance alimentaire humanitaire ? L’assistance alimentaire d’urgence (en nature, en espèces ou en vouchers) peut jouer un rôle clé dans l’atténuation de la sévérité de l’insécurité alimentaire aiguë. Les analystes de FEWS NET intègrent toujours les informations disponibles sur l’assistance, bien que ces informations varient considérablement selon les zones géographiques et au fil du temps. Conformément aux protocoles IPC, FEWS NET utilise les meilleures informations disponibles pour évaluer où l'assistance est « significative » (définie par au moins 25 pour cent des ménages dans une zone donnée recevant au moins 25 pour cent de leurs besoins caloriques grâce à l'assistance). En outre, FEWS NET analyse les impacts probables de l’assistance sur la sévérité des résultats, comme détaillé dans les orientations de FEWS NET sur L’intégration de l’assistance alimentaire humanitaire dans l’élaboration de scénarios.
Même si les projections de FEWS NET se concentrent sur le scénario « le plus probable », il existe toujours un certain degré d’incertitude dans les prévisions à long terme. Cela signifie que les conditions de la sécurité alimentaire et leurs impacts sur les résultats aigus de la sécurité alimentaire peuvent évoluer différemment de ce qui était initialement prévu. FEWS NET publie des mises à jour mensuelles de ses projections, mais les décideurs ont besoin d'informations préalables sur cette incertitude et d'une explication des raisons pour lesquelles les choses peuvent se dérouler différemment de ce qui était prévu. En tant que tel, la dernière étape du processus d’élaboration de scénarios de FEWS NET consiste à identifier brièvement les événements clés qui aboutiraient à un scénario alternatif crédible et modifieraient considérablement les résultats projetés. FEWS NET considère uniquement les scénarios qui ont une chance raisonnable de se produire.
National
Une réduction des subventions sur le carburant
Impact probable sur les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë : Une réduction des subventions sur le carburant pourrait entraîner une hausse significative des coûts de transport, se traduisant par une augmentation généralisée des prix des denrées alimentaires et des biens essentiels. Cette évolution contribuerait à une érosion progressive du pouvoir d’achat des ménages, ainsi qu’à un ralentissement des flux commerciaux et des activités économiques. Les ménages pauvres dépendant du marché seraient les plus affectés. Dans ce contexte, les capacités des ménages à couvrir leurs besoins alimentaires et non alimentaires devraient se détériorer, entraînant une augmentation du recours aux stratégies d’adaptation négatives et une dégradation de la consommation alimentaire. Une augmentation de la proportion de population en Stress (Phase 2 de l’IPC) et en Crise (Phase 3 de l’IPC) sera attendue.
Une détérioration de la situation sécuritaire dans le nord
Impact probable sur les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë : Une détérioration de la situation sécuritaire marquée par l’intensification des attaques dans le nord, une extension géographique des incidents vers de nouvelles zones, ainsi qu’une augmentation des déplacements de populations, entraîneraient une dégradation significative des moyens d’existence et de l’accès aux marchés. Cette évolution devrait perturber davantage les activités économiques, les flux commerciaux et l’approvisionnement des marchés, en particulier dans les zones dépendantes des échanges avec les régions affectées. Elle limiterait également l’accès des ménages à l’assistance humanitaire et aux services essentiels, tout en accroissant les pressions sur les populations civiles. Dans ce contexte, une augmentation du nombre de personnes en Crise (Phase 3 de l’IPC) est attendue dans les régions des Savanes et de la Kara. Dans les zones du Centre, une détérioration des conditions saisonnières combinée aux effets indirects de l’insécurité pourrait entraîner un passage de la Minimale (Phase 1 de l’IPC) vers le Stress (Phase 2 de l’IPC). Au niveau des zones les plus exposées, notamment Kpendjal et Kpendjal Ouest, actuellement en Crise (Phase 3 de l’IPC), une détérioration supplémentaire des conditions sécuritaires et économiques pourrait conduire à une augmentation de populations en Crise (Phase 3 de l’IPC) et en Urgence (Phase 4 de l’IPC) à partir du pic de la soudure.
Hausse des prix des intrants agricoles
Impact probable sur les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë : Une réduction des subventions publiques sur les engrais, combinée à une hausse des prix des intrants sur les marchés internationaux dans un contexte de persistance des tensions au Moyen-Orient, pourrait entraîner une augmentation significative des coûts de production agricole. En l’absence de maintien du niveau actuel de soutien public, de nombreux producteurs pourraient réduire les quantités d’engrais appliquées ou les superficies emblavées. Cette situation devrait entraîner une baisse des rendements agricoles et, par conséquent, une diminution de la production globale. La réduction de la production agricole exercerait une pression accrue sur les disponibilités alimentaires nationales et contribuerait à une hausse des prix des denrées sur les marchés. Elle pourrait également entraîner une diminution des revenus des ménages agricoles, aggravant leur vulnérabilité économique. Dans ce contexte, une détérioration des résultats de l’insécurité alimentaire aiguë est attendue, avec une augmentation de la proportion de ménages en Stress (Phase 2 de l’IPC) et en Crise (Phase 3 de l’IPC), notamment parmi les ménages agricoles pauvres et dépendants des intrants.
Les inondations récurrentes
Impact probable sur les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë : Les inondations récurrentes dans la région des Savanes ainsi que dans les zones bimodales et les bas-fonds, notamment dans la banlieue nord de Lomé (Togblé, Adétikopé) et dans la dépression du Zio, pourraient endommager ou détruire les cultures, perturber les infrastructures économiques et limiter le fonctionnement des marchés, affectant ainsi les flux d’approvisionnement et les moyens d’existence des ménages. Selon le bulletin de prévision saisonnière de l’Agence Nationale de la Météorologie du Togo, des cumuls pluviométriques supérieurs à la normale pourraient être enregistrés, ce qui augmenterait le risque d’inondations dans les zones vulnérables. Dans ce contexte, une réduction de la disponibilité et de l’accès alimentaire est attendue dans les zones exposées. Cela pourrait entraîner une détérioration des résultats de l’insécurité alimentaire aiguë, avec une augmentation du nombre de ménages en Stress (Phase 2 de l’IPC) et en Crise (Phase 3 de l’IPC) dans les zones les plus affectées.
Citation recommandée: FEWS NET. Togo Perspectives sur la sécurité alimentaire June 2026 - January 2027: Crisis ongoing in the Kpendjals amid atypically harsh lean season due to insecurity, 2026.
Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.