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De bonnes productions réduira l’insécurité alimentaire au début des récoltes

  • Mise à jour du suivi à distance
  • Togo
  • Juin 2024
De bonnes productions réduira l’insécurité alimentaire au début des récoltes

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  • Messages clé
  • Contexte de la sécurité alimentaire
  • Anomalies actuelles des conditions de sécurité alimentaire en juin 2024
  • Suppositions clés sur les conditions atypiques de sécurité alimentaire jusqu’en janvier 2025
  • Résultats projetés de l’insécurité alimentaire aiguë jusqu’en janvier 2025
  • Messages clé
    • FEWS NET estime que 100 à 500 milles personnes auront probablement besoin d'une aide alimentaire humanitaire à partir du pic de la soudure de juin à août. La population dans le besoin sera probablement concentrée principalement dans la région des savanes, qui abrite des réfugiés, des personnes déplacées internes (PDI) et des communautés d'accueil touchées par l'insécurité civile.
    • Des résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) devraient prévaloir dans les régions des savanes jusqu’en août, toutefois les récoltes en septembre vont améliorer l’insécurité alimentaire aigüe et permettre des résultats de Stress (Phase 2 de l’IPC) de octobre 2024 à janvier 2025.
    • Dans la Région de la Kara, la situation alimentaire des ménages pauvres devraient s’améliorer à partir de septembre/octobre à cause des récoltes. Certains ménages pauvres avec des résultats de Stress (Phase 2 de l’ IPC) de juin à août, période de soudure, devraient être passer en Minimale (Phase 1 de l’IPC) d’octobre 2024 à janvier 2025. 
    • D’octobre à janvier dans le reste du pays les ménages pauvres devraient pouvoir couvrir leurs besoins essentiels alimentaires et non-alimentaires et bénéficier d’une sécurité alimentaire stable. En effet, les nouvelles récoltes et les activités génaratices de revenus typiques telles que la vente de bois et charbon de bois, la vente de produits forestiers, l’emploi agricole et l’artisant, permettent aux ménages d’éviter de recourir à des stratégies d’adaptation jusqu’en janvier 2025. 

    Contexte de la sécurité alimentaire

    Le nord du Togo, particulièrement concerné par cette analyse, est composé de deux régions—Savanes et Kara—abritant plus de 26 pour cent de la population togolaise. Le conflit est l’une des principaux facteurs d'insécurité alimentaire aiguë au Togo, où l'organisation extrémiste violente Jama'at Nasr al-Islam wal Muslimin (JNIM) est active depuis 2021, ses effets restent limités à la partie nord du pays, en particulier, dans la région des Savanes. Le conflit y provoque des déplacements de population et perturbe les activités de moyens d’existence, et ces impacts immédiats entraînent à leur tour une réduction des sources de nourriture et de revenus des ménages. En outre, le conflit au Burkina Faso a entraîné un afflux de réfugiés dans le nord du Togo.

    Dans tout le pays pendant cette période de soudure dominée par les travaux agricoles, le travail agricole est la principale source de revenus pour les ménages pauvres. La location de terres, la vente de récoltes, le petit commerce, la migration et, dans une moindre mesure, la pêche, constituent également d'autres sources de revenus. Cependant, dans les zones touchées par le conflit, en particulier dans les préfectures de Kpendjal, Kpendjal Ouest et Tone dans la région des Savanes, les personnes déplacées et les réfugiés exercent une pression sur les moyens d’existence locaux et entrent en concurrence avec les ménages d'accueil pour les opportunités de travail agricole déjà perturbées par l'insécurité.

    Le maïs est la principale céréale produite et consommée au Togo, y compris dans la région des Savanes. Les principales zones de production se trouvent dans les régions bimodales du sud du pays, où le cumul pluviométrique annuel est le plus élevé. Dans le nord du Togo, le régime des pluies suit un calendrier saisonnier plus proche de celui du Sahel. Le sorgho, le riz, le mil, les racines et les tubercules occupent une place importante dans le régime alimentaire national. Le nord du Togo est autosuffisant en maïs et produit également du sorgho, du mil, du riz, et des ignames.. La récolte du maïs a lieu d'août à octobre, celle du mil et du sorgho d'octobre à décembre, celle du riz vers novembre et celle de l'igname de juillet à janvier.

    Les ménages pauvres consomment généralement leur propre production pendant 3 à 7 mois de l'année, tandis que les achats sur le marché et les paiements en nature constituent d'autres sources de nourriture pour les ménages pauvres. En outre, le maïs et les autres cultures céréalières sont vendu sur le marché pour permettre aux ménages de gagner de l'argent. Pendant la période de soudure, de juillet à septembre, les ménages pauvres du nord du Togo ont épuisé leurs stocks alimentaires de façon saisonnière et dépendent principalement du marché pour se procurer de la nourriture. Les disponibilités alimentaires dans le pays augmenteront en septembre à mesure que les stocks alimentaires des commerçants et des ménages seront reconstitués grâce aux récoltes. Et dans l’ensemble du pays, l'accès à la nourriture des ménages devrait s'améliorera de façon saisonnière avec la consommation de leurs propres produits issus de la récolte.

    En savoir plus

    Les liens suivants fournissent des informations supplémentaires : 


    Anomalies actuelles des conditions de sécurité alimentaire en juin 2024

    Nationales

    Plusieurs quartiers de Lomé ont été victimes d’inondations les 22 et 25 mai 2024, qui ont touché environ 20.000 ménages selon une évaluation rapide de la Croix-Rouge togolais. La plus part de ces victimes qui ont perdu leurs stocks alimentaires auront besoin d’une assistance alimentaire d’urgence. Les risques d’inondations semeurent élevés et le gouvernement a demandé aux habitants des zones inondables de prendre des dispositions pour leurs évacuations en cas de sinistre.

    Les marchés restent relativement bien approvisionnés aussi bien en produits importés. Toutefois, l’offre des produits alimentaires locaux diminue concomitamment avec la période de soudure qui s’installe au sud. Les prix des produits alimentaires poursuivent leur hausse saisonnière.Ainsi, le prix moyen national de maïs en mai s’élève à 300 FCFA/kg contre 282 FCFA/kg le mois précédent, soit une hausse de six pour cent. Au niveau national, ces prix sont respectivement 12 pour cent et 38 pour cent supérieurs à ceux de l’année dernière et de la moyenne quinquennale. Le niveau actuel des prix est imputable, non seulement à la forte demande des ménages, mais également, du fait des coûts élevés du transport suite à la hausse des prix du carburant.

    Figure 1. Variation du prix du maïs par rapport à la moyenne du mois de mai 2024
    Price change map

    Source: DSID/MAEDR

    Zone de Préoccupation : Région des Savanes 

    Depuis novembre 2021, la partie nord du Togo est en proie à des incursions des groupes armés qui perturbent les activités socio-économiques, entraînent des déplacements de personnes et accroissent les tensions sociales. Le bilan fait par ACLED au 27 juin 2024 fait ressorir cinq attaques contre des civils au cours des six premiers mois de 2024 qui ont occasionnés le décès de 13 personnes dont 4 personnes pour le seul mois de juin. Toutefois, la fréquence et la sévérité de ces attaques sont en légère baisse par rapport à la même période l’année dernière qui avait enregistré un total de neuf attaques contre les civiles ayant fait au total 49 morts. Selon l’UNHCR, en avril 2024, le Togo habritait 22.765 réfugiés, 9.680 PDI et 4.095 demandeurs d’asile, tous localisés dans la région des Savanes. La zone qui est sous état d’urgence depuis juin 2022 continuent d’être sous haute suirveillance par les forces de défense et de sécurité.

    La présence de nombreux PDI et réfugiés dans les préfectures de Kpendjal, Kpendjal Ouest et Tone demeure un problème préocupant qui impacte négativement les sources de nourritures et de revenus des communautés hôtes de la zone. Les ressources locales telles que l’eau, la nourriture, les emplois agricoles et non agricoles ainsi que les autres sources locales de revenu subissent une forte pression qui conduisent à une dérérioration de l’insécurité alimentaires des ménages hôtes.

    Assistance alimentaire humanitaire

    Le Gouvernement et ses partenaires ont commencé à apportés des assistances humanitaires, notamment une opération d’une distribution de vivres aux populations déplacées en mars 2024. L’appui financier du Programme Alimentaire Mondial (PAM) à la mise en œuvre du programme a permis d’apporter une assistance alimentaire aux populations déplacées. Cette assistance a porté au total sur 959 tonnes de vivres au profit de plus de 63.000 personnes. En outre, le PAM et la CEDEAO ont entrepris une opération humanitaire en juin pour soutenir les victimes des inondations et de l’insécurité alimentaire. Une distribution d’articles ménagers essentiels a bénéficié à 1,000 ménages, soit environ 5.000 personnes, tandis que des kits alimentaires et nutritionnels ont été fournis à 1.717 ménages, soit 13.585 bénéficiaires, incluant des femmes enceintes et allaitantes ainsi que des enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère. Ces aides sont réparties dans 19 préfectures des cinq régions économiques du Togo à savoir les régions Maritime, Plateaux, Centrale, Kara et Savanes. 


    Suppositions clés sur les conditions atypiques de sécurité alimentaire jusqu’en janvier 2025

    Suppositions nationales 

    • Les prévisions saisonnières font état d’une pluviométrie normale à tendance excédentaire, émaillée de séquences sèches longues à tendance normales en début et vers la fin de la saison, ainsi qu’une fin de saison agricole précoce à normale dans les régions du Plateaux et Maritime. Dans les bassins fluviaux, la tendance des écoulements sera moyenne à excédentaire dans les bassins du Mono inférieur et le bassin du Lac-Togo. 
    • La pluviométrie moyenne à bonne prévue sur l’ensemble du pays laisse présager une campagne agricole normale. Les superficies emblavées devraient être moyennes à supérieures à la moyenne. Les intrants mis en place par le gouvernement devraient soutenir la production agricole et laisser espérer une production agricole supérieure, sinon, similaire à celle de la campagne dernière.
    • Les activités agricoles qui sont en cours offrent des opportunités d’emplois agricoles aux ménages pauvres qui leur permettent d’avoir des revenus typiques jusqu'en décembre/janvier. Dans la zone cotonnière, l’engouement suscité par la bonne performance de la dernière campagne cotonnière pourrait booster l’accroissement des emblavures cotonnières et accroitre la demande de main d’œuvre agricole et les revenus.
    • La tendance haussière des prix des aliments de base va se poursuivre pendant toute la période de soudure (juillet à août) dans la quasi-totalité du pays et les prix devraient rester supérieurs à la moyenne quinquennale. Toutefois, en période de récolte en septembre-octobre, les prix vont amorcer leur tendance baissière saisonnière au cours de la période de récolte. 

    Suppositions sous-nationales pour la région des Savanes

    • Les attaques sporadiques vont se poursuivre dans cette zone frontière avec le Burkina Faso, toujours en proie à l’insécurité. Toutefois, le rythme de ces attaques devraient rester stable au moins jusqu’en janvier 2025.
    • Bien que le gouvernement, l’Union européenne, la FAO et le PAM, viennent en appui en intrants agricoles à plus de 7 000 petits producteurs de maïs, de riz et de niébé dans les régions de la Kara et des Savanes pour cette campagne agricole, les activités économiques et agricoles de la région resteront impactées négativement par la persistance de l’insécurité. L’accès aux champs aux populations restera limité, ce qui se traduira par des superficies relativement faibles et des récoltes attendues inférieures à la moyenne quinquennale. En outre, les PDI qui n’ont pas accès à des parcelles de culture auront une production quasi-nulle. Le ralentissement des activités économiques devrait se poursuivre, tandis que l’offre de main-d’œuvre devrait être plus importante que d’habitude et dépasser la demande compte tenu de l'excédent de main d'œuvre dû à la présence de PDI et de réfugiés. En outre, la forte demande d’emplois agricoles et non agricoles va contribuer à réduire les niveaux des salaires journaliers qui seront plus faible que la moyenne.
    • Le prix du maïs devrait suivre une tendance saisonnière haussière plus importante que la moyenne en raison de la forte demande des personnes déplacées. Cette tendance haussière des prix devrait avoir un impact négatif significatif sur l’alimentation des ménages pauvres, les PDI et les réfugiés dont le pouvoir d’achat est fortement dégradé.

    Assistance alimentaire humanitaire

    Supposition nationale

    • L'accès humanitaire dans la région des Savanes devrait s’améliorer avec la baisse des conflits. Toutefois, Il est probable que les niveaux de l’assistance baisse à partir octobre car certains humanitaires réduisent généralement leurs niveaux d'assistance pendant la période de récolte.

    Résultats projetés de l’insécurité alimentaire aiguë jusqu’en janvier 2025

    Région des Savanes : Au cours de la période juin à août, les ménages pauvres, les PDI et les réfugiés dans les préfectures de Kpendjal, Kpendjal-Ouest, Oti, Tone et Cinkasse devraient être exposé à une insécurité alimentaire aigüe de Crise (Phase 3 de l’IPC). Leurs stocks alimentaires étant épuisés en cette période de soudure, ils pourraient être contraints de limiter à la fois le nombre et la quantité des repas journaliers et avoir recours à des stratégies d’adaptation telles que la consommation de produits de cueillette ou de produits moins préférés. Toutefois, ils devraient faire face à des déficits alimentaires car beaucoup d’entre eux ont perdu une grande partie des moyens d’existence à cause de l’insécurités dans la zone. 

    En revanche, à partir de septembre à janvier, pour beaucoup de ces ménages, la situation alimentaire devrait s’améliorer et les placer en une insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC) à cause de la disponibilité des nouvelles récoltes et des revenus tirés des activités de contre-saison, notamment le maraichage et l’auto-emploi, entre autres. 

    Dans la partie sud du pays, notamment dans les régions Plateaux et Maritimes, les récoltes de la grande saison qui vont intervenir au mois de juillet/août vont améliorer leur accès à la nourriture, leur assurant une insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) jusqu’en janvier 2025.

    Dans la partie sud du pays (région Maritime et Plateaux) : Les ménages pauvres en période de soudure sont confrontés à des déficits de consommation alimentaire à cause de l’épuisement de leurs stocks, la hausse des prix des denrées et de la faiblesse de leurs pouvoirs d’achat. Cela leur permet uniquement de satisfaire que leurs besoins alimentaires de base mais pas les dépenses non-alimentaires. Ils sont contraints à une insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC). 

    La situation alimentaire dans les régions Centres va demeurer stable jusqu’en janvier 2025 car les ménages pourront satisfaire leurs besoins alimentaires et non alimentaires sans avoir recours à des stratégies d’adaptation irréversibles. Ils seront en insécurité alimentaire de Minimale (Phase 1 de l’IPC) pendant toute la période des perspectives.

    Citation recommandée: FEWS NET. Togo Mise à jour du suivi à distance Juin 2024: De bonnes productions réduira l’insécurité alimentaire au début des récoltes, 2024.

    Dans le suivi à distance, un coordinateur travaille d’un bureau régional avoisinant. En comptant sur les partenaires pour les données, le coordinateur applique l’approche de développement des scenarios pour faire l’analyse et élaborer les rapports mensuels. Comme les données peuvent être moins disponibles que dans les pays avec des bureaux de FEWS NET, les rapports de suivi à distance peuvent montrer moins de détail. Pour en savoir plus sur le travail, clique ici.

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