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Des résultats de Crise ! (Phase 3 ! de l’IPC) persistent à l’Est du Tchad

Des résultats de Crise ! (Phase 3 ! de l’IPC) persistent à l’Est du Tchad

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  • Messages clé
  • Contexte de la sécurité alimentaire
  • Anomalies actuelles des conditions de sécurité alimentaire en octobre 2025
  • Résultats actuels de l’insécurité alimentaire en octobre 2025
  • Suppositions clés sur les conditions atypiques de sécurité alimentaire soutenant le scénario le plus probable jusqu’en mai 2026
  • Résultats projetés de l’insécurité alimentaire aiguë de mai de 2026
  • Annexe 1 : Principales sources de preuves utilisées dans cette analyse
  • Annexe 2 : Approche analytique de FEWS NET expliquée
  • Annexe 3 : Calendrier saisonnier
  • Annex 4 : Évènements qui pourraient changer les résultats projetés de l’insécurité alimentaire aiguë
  • Annexe 5 : Analyse détaillée de l'aide alimentaire humanitaire
  • Annexe 6 : Résultats projetés en matière d’insécurité alimentaire aïgue et zones bénéficiant de niveaux significatifs d’assistance alimentaire humanitaire
  • Messages clé
    • Des résultats de Crise ! (Phase 3 ! de l’IPC) et de Crise (Phase 3) sont attendus entre octobre 2025 et mai 2026 dans les provinces de Ouaddaï, Sila, Wadi Fira et Ennedi Est qui accueillent l’afflux des réfugiés soudanais et retournés tchadiens. Ces populations déplacées exercent des pressions continues sur les moyens d’existence et les services sociaux, augmentant l’offre de main-d’œuvre et la concurrence sur les rares opportunités de travail agricoles et non agricoles. En outre, l’éclatement de l’épidémie de choléra, dont le premier cas a été identifié dans le camp des réfugiés à Dougui en juillet et qui s’est rapidement propagée dans d’autres camps et dans les communautés hôtes augmentant les besoins dans un contexte de ressources limitées et affectant leur capacité de soutien à la consommation alimentaire des ménages.
    • Les résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) sont attendus aussi dans la province du Lac, affectée par les attaques des groupes terroristes et les inondations. Ces attaques ont entraîné des déplacements des populations, dont la région enregistre plus de 225 600 personnes déplacées internes (PDI). L’insécurité, exacerbée par les inondations, perturbe les moyens d’existence et l’approvisionnement des marchés de cette province.
    • Les besoins d’assistance resteront élevés dans le pays malgré la période post-récolte, en particulier pour les réfugiés soudanais, les retournés tchadiens et les PDI de la province du Lac. A partir de janvier 2026, les stocks alimentaires des ménages pauvres et très pauvres vont s’épuiser au point où le nombre de personnes en besoin augmenteront jusqu’à environ 1,5 à 1,99 millions de personnes qui atteindrait le maximum entre avril et mai 2026.
    • La production agricole 2025-2026 attendue est globalement moyenne avec des rendements supérieurs à la moyenne dans la zone sahélienne où la pluviométrie a été normale à excédentaire. Cependant des rendements inférieurs à la moyenne sont observées dans les provinces affectées par le retard d’installation de la saison et les sécheresses, notamment dans la zone soudanienne.
    • L’analyse présentée ici est basée sur les informations disponibles au 17 octobre 2025.  
    Contexte de la sécurité alimentaire

    Le conflit soudanais a entraîné l’afflux des réfugiés soudanais et des retournés tchadiens dans les provinces de l’Est du Tchad, en particulier à Ouaddaï, Sila, Wadi Fira et Ennedi Est. Depuis le début du conflit en avril 2023 au Soudan, plus de 881 400 réfugiés et 329 894 retournés sont arrivés au Tchad. Les réfugiés sont fortement concentrés dans le département d’Assoungha (Province du Ouaddaï). Cependant, depuis avril 2025, l’escalade du conflit au Soudan, en particulier dans le Nord Darfour, a augmenté l’afflux des réfugiés et retournés tchadiens dans les provinces de Wadi Fira et Ennedi Est, augmentant considérablement le nombre de la population dans les provinces de l’est et en exerçant une pression sur les sources de nourriture et de revenus sur place. Dépourvus de leurs moyens d’existence, leurs sources de revenus sont très limitées et ils font la concurrence avec les communautés hôtes sur les rares opportunités de travail agricole et non agricole. Ainsi, pour satisfaire leurs besoins alimentaires, les réfugiés dépendent largement de l’assistance alimentaire dans un contexte où les acteurs humanitaires font face aux difficultés croissantes de financement. Par ailleurs, l’épidémie de choléra qui s’est déclenchée en juillet 2025 dans le camp des réfugiés à Dougui, et qui s’est propagée rapidement dans 14 districts sanitaires des provinces de Ouaddaï, de Sila, de Guéra et de Hadjer Lamis, affectant les réfugiés et les communautés hôtes, a exacerbé les préoccupations humanitaires. L’afflux régulier de ces réfugiés maintient élevé le nombre de population dans le besoin. 

    Les conflits résultant des attaques des groupes terroristes dans le bassin du Lac Tchad, des rebelles dans les frontières avec la Libye et la République centrafricaine et les conflits intercommunautaires dans la région soudanienne impactent les moyens d’existence des ménages, les flux commerciaux et le fonctionnement des marchés. Dans le Lac, la persistance de l’insécurité depuis 2015, due aux attaques de l’État Islamique de la Province de l’Afrique, a entraîné l’abandon des terres cultivables, des déplacements des populations et la diminution des activités de pêche. Bien que ces attaques soient devenues sporadiques, la région du Lac enregistre plus de 225 689 PDI, selon l’OIM. Dans le Nord, le long de la frontière avec la Lybie, les attaques par les forces de sécurité des rebelles du Front pour l’Alternance et la Concorde (FACT) et du Front de la Nation pour la Démocratie et la Justice au Tchad (FNDJT) ont jusqu'à présent été relativement maîtrisées et perturbent sporadiquement les flux commerciaux en provenance de la Libye. Cette perturbation des flux transfrontaliers affecte l’approvisionnement des marchés dans les zones déficitaires, surtout les provinces du Nord ainsi qu’au Kanem et Bahr-el-Gazal (BEG). Les conflits intercommunautaires, y compris les conflits entre agriculteurs et éleveurs et les conflits fonciers, sont plus fréquents en zone soudanienne et au Lac. Ces violences entraînent des déplacements de la population et sont souvent meurtrières, et perturbent le fonctionnement des marchés, la pêche et les activités de production agricole et animale.   

    Les moyens d’existence des ménages du Tchad sont surtout dominés par l’agriculture et l’élevage. La production agricole et céréalière, qui s'étend également aux zones agropastorales, est très sensible à la variabilité des précipitations, en particulier les sécheresses et les inondations. En 2024, des fortes pluies ont provoqué des inondations, en particulier au Lac, Mandoul, Moyen-Chari, Tandjilé et le Mayo-Kebbi. Ces inondations qui coïncidaient avec la phase de maturation des cultures ont détruit plus de 418 300 hectares de champs de culture, entraînant une baisse des récoltes. Cependant, la saison agricole de 2025/2026 a été marquée surtout par les irrégularités des précipitations, entraînant une perturbation des dates de semis dans les zones agricoles et agropastorales. Typiquement dans la zone agricole soudanienne, les semis commencent vers fin avril jusqu’en juin et la récolte à partir de septembre et décembre mais la campagne agricole 2025 a accusé un retard dépassant souvent 30 jours dans certaines provinces de la zone. Bien que les opportunités de travail agricole soient la principale source de revenus pour les ménages pauvres pendant la période de soudure, dans le cas des zones de conflit potentiel, l’accès aux champs et aux sources de nourriture et de revenus pourrait être menacé. Dans les zones pastorales, typiquement, les précipitations de juillet à septembre permettent de reconstituer les pâturages et les points d’eau, ce qui améliore l’état d’embonpoint du bétail, ainsi que leurs valeurs marchandes et la production de lait—source importante de nourriture et de revenus en cette période. 

    En savoir plus

    Les liens suivants fournissent des informations supplémentaires :

    Anomalies actuelles des conditions de sécurité alimentaire en octobre 2025

    Figure 1

    Evènements violents intervenus au Tchad entre janvier et septembre 2025 (total)

    Source: ACLED

    La persistance du conflit au Soudan continue d’entraîner un afflux de réfugiés soudanais et de retournés tchadiens dans les provinces de l’est du Tchad. L’afflux de réfugiés représente le principal facteur déterminant de l’insécurité alimentaire dans les provinces de l’Ouaddai, du Sila, de Wadi-Fira et d’Ennedi-Est. Ils exercent des pressions sur les moyens d’existence des communautés hôtes et augmentent l’offre de main-d’œuvre et la concurrence pour les rares opportunités de travail agricole et non agricole. L’intensification des conflits depuis avril 2025 dans la région du Nord Darfour et les attaques du camp des personnes déplacées de Zamzam au Soudan ont entraîné une deuxième recrudescence (pic) de réfugiés.

    Selon ACLED, de janvier à septembre 2025, le pays a connu un total de 132 événements violents de diverses natures, ayant causé 228 morts (Figure 1). Ces évènements, sont essentiellement constitués d’attaques de groupes armés terroristes au Lac et de conflits intercommunautaires dans la zone soudanienne sud. Ils entraînent des déplacements forcés de populations, des destructions des moyens d’existence des ménages en les empêchant de conduire normalement leurs activités génératrices de nourriture et de revenus, notamment l’agriculture et l’élevage, la pêche dans les îles. Ils perturbent les marchés et les flux de produits alimentaires internes et transfrontaliers. Selon l’UNHCR, la province du Lac, subissant les attaques du groupe terroriste de l’Etat Islamique de l’Afrique de l’Ouest (EIAO), a recensé 225 689 PDI. Elles exercent une concurrence sur les moyens d’existence des populations hôtes. Les ménages les plus touchés sont ceux dont les sources de revenus sont liées à l'agriculture dans les polders, aux pâturages, à la pêche et ceux résidant dans les zones où la montée des eaux du lac inonde les terres agricoles et les pâturages. L'insécurité rend également ces îles inaccessibles et conséquemment, la production halieutique et agricole est en déclin.

    La saison agricole 2025 a été marquée par une installation tardive, jalonnée localement de périodes de sécheresse ayant impacté négativement les récoltes. Dans la zone soudanienne, ces irrégularités ont conduit à des re-semis et des abandons de cultures, et se sont traduites localement par des prolongations de la période de soudure et des baisses de production. En général, la saison a enregistré des cumuls pluviométriques excédentaires dans la partie centrale et occidentale du pays, ayant entraîné des inondations affectant 259 000 hectares de terres agricoles, essentiellement dans le Logone Oriental, le Mandoul, le Moyen Chari et la Tandjilé. Les productions attendues sont globalement moyennes avec toutefois des poches déficitaires dans les zones d’installation tardive et/ou d’arrêt précoce des pluies.

    Un pouvoir d’achat faible dû à des revenus très inférieurs à la moyenne a rendu l’accès alimentaire difficile pour les ménages pauvres et très pauvres qui ont perdu leurs sources de revenus agricoles à la suite des inondations. Les provinces les plus affectées sont le Lac, Mandoul, Moyen-Chari, Tandjilé et Mayo-Kebbi et cela malgré un contexte favorable marqué par des prix bas consécutifs au déstockage par les commerçants et une inflation continuellement à la baisse. En effet, selon l’Institut national de statistique, d’études économiques et démographiques (INSEED) le taux de l’inflation  est passé de 3,7 pour cent en mai, à 2,7 pour cent en juin, 1,5 pour cent en juillet et 0,7 pour cent en août 2025

    Depuis l’éclatement de l’épidémie de choléra, dont le premier cas a été identifié dans le camp des réfugiés à Dougui en juillet et qui s’est rapidement propagée dans d’autres camps et dans les communautés hôtes2 824 cas ont été enregistrés dans quatre provinces : Ouaddaï, Sila, Guéra et Hadjer Lamis. L’épidémie va davantage augmenter la vulnérabilité des ménages pauvres et des réfugiés.

    Assistance alimentaire humanitaire

    Les assistances alimentaires sous forme de vivres et de transferts monétaires continuent pour les réfugiés soudanais, les retournés tchadiens et les ménages hôtes. En général, le PAM fournit une assistance alimentaire inconditionnelle mensuelle pour les réfugiés et pour trois mois pour les retournés tchadiens, malgré la distribution irrégulière. En outre, en moyenne 10 pour cent des ménages hôtes les plus vulnérables autour des camps des réfugiés reçoivent aussi une assistance alimentaire. Le transfert monétaire actuel de 8 000 FCFA/personne ou de 48 000 FCFA pour un ménage de 6 personnes permet de couvrir 63 pour cent du panier alimentaire, soit environ 1 323 kcal/personne/jour. Suivant les données partielles disponibles, des transferts monétaires et des distributions de vivres ont été réalisés dans les différents camps des réfugiés et des sites des retournés des quatre provinces de l’Est et ont pu couvrir plus de 20 pour cent de la population dans ces zones accueillant les réfugiés et retournés.

    Résultats actuels de l’insécurité alimentaire en octobre 2025

    Les résultats de Crise ! (Phase 3 ! de l’IPC) sont attendus pour les départements d’Assoungha, dans la province de Ouaddaï, de Kimiti, dans Sila, Kobé et Dar-Tama dans Wadi Fira et Wadi Hawar, dans Ennedi-Est. Dans ces départements, le pouvoir d’achat est faible pour des ménages qui ont complètement épuisé leurs stocks alimentaires et très endettés. L’amélioration de revenus et de la consommation est très limitée avec une détérioration persistante à cause de l’augmentation continue de l’afflux des réfugiés atteignant entre 32 à plus de 50 pour cent de la population totale résidente. Les réfugiés dans ces départements sont très dépendants de l’assistance alimentaire pour réduire leurs déficits de la consommation. L’assistance alimentaire couvre plus 20 pour cent de la population totale qui reçoivent des assistances alimentaires mensuelles sous forme de vivres ou des transferts monétaires, bien que les distributions soient irrégulières. Les données partielles de l’assistance alimentaire entre janvier et septembre 2025 montrent que les réfugiés dans les camps objet du rapport ont un taux de distribution élevé. En septembre, 373 000 bénéficiaires ont reçu des assistances monétaires dans la province d’Ouaddaï alors que les réfugiés et les retournés sont concentrés dans le département d’Assoungha. La couverture des assistances alimentaires pourrait être estimée à plus de 31 pour cent par rapport à la population totale de ce département. Avec la distribution mensuelle prévue, malgré les irrégularités de la distribution, la couverture des assistances alimentaires dans les autres départements avec concentration des réfugiés et retournés pourrait être aussi estimée à plus de 20 pour cent de la population. Compte tenu de la gravité des résultats en matière de sécurité alimentaire auxquels les réfugiés fuient le Soudan, conjuguée aux informations issues des observations sur le terrain et au niveau élevé de malnutrition observé parmi les nouveaux arrivants, il est probable qu’une partie d’entre eux dès leur arrivé au Tchad soit confrontée à la Catastrophe (IPC Phase 5). A Wadi Fira et Ennedi-Est, les enfants de moins de cinq ans arrivés en septembre 2025 à Tine ont un taux critique de malnutrition aiguë globale (MAG) élevé de 18 pour cent. Cependant, les réfugiés sont rapidement enregistrés dans les programmes d’alimentation, ce qui devrait permettre une réduction rapide des déficits de consommation alimentaire au sein de ces populations. 

    Dans le département d’Amdjarass à Ennedi Est, bien qu’accueillant moins de réfugiés, les ménages n’arrivent pas à satisfaire leurs besoins de consommation alimentaire. Ils sont forcés de recours à des stratégies négatives telles que la réduction des portions ou du nombre de repas. Ils sont en insécurité alimentaire aigüe de Crise (Phase 3 de l’IPC).

    Dans les départements de Ouara (Ouaddaï), Djouf Al Ahmar (Sila) et Biltine (Wadi Fira), la disponibilité des produits alimentaires est actuellement renforcée par les prémices entraînant ainsi les prix en baisse comparés à l’année dernière à la même période. Les ménages hôtes ont plus accès aux récoltes qui leur permettent d’améliorer leur consommation alimentaire et de satisfaire leurs besoins énergétiques, mais pas leurs dépenses non alimentaires, en particulier. Ces trois départements sont en Stress (Phase 2 de l’IPC).

    Les ménages hôtes et les personnes déplacées internes dans la province du Lac font face à l’insécurité aiguë de Crise (Phase 3 de l’IPC) en raison de la persistance des attaques des groupes armés non étatiques (GANE) qui entraînent des déplacements des populations et affectent les activités de production agricole, de pêche, de commerce transfrontalier. Les PDI font face à des compétitions avec les populations hôtes sur les ressources limitées agricoles, halieutiques et pastorales, impactant négativement leurs revenus et leur consommation alimentaire. En effet, ces PDI ont une situation alimentaire préoccupante avec un score de consommation alimentaire pauvre de 65 pour cent et un taux de MAG d’alerte à critique.   

    L’installation tardive de la saison et les sécheresses ont entraîné plusieurs re-semis dans la zone soudanienne (Salamat, Moyen Chari, Mandoul, Logone oriental et occidental, Tandjilé et Mayo Kebbi Est et Ouest), et un recours aux dettes par les ménages pauvres et très pauvres pour faire face à leurs besoins alimentaires. Les récoltes en cours ont commencé avec les prémices mais très timidement à cause du retard d’installation de la saison. Elles améliorent faiblement la consommation alimentaire des ménages pauvres et très pauvres qui ont complètement épuisé leurs stocks. Ils sont en insécurité alimentaire aiguë de Stress (Phase 2 de l’IPC).

    Les cumuls pluviométriques excédentaires ont permis la restauration des moyens d’existence dans les provinces du centre et au sahel, Kanem, BEG, Batha, Hajer Lamis, Chari Baguirmi et Guéra avec une situation pastorale meilleure que celle de l’année 2024. Les ménages pauvres et très pauvres, bien que dépendant encore des marchés, commencent à bénéficier des prix en baisse sur les marchés et de la disponibilité des prémices pour leur consommation. La reprise du commerce transfrontalier avec la Libye favorise cette baisse des prix des denrées alimentaires et l’exportation du bétail avec une bonne valeur marchande. Les revenus tirés des ventes des bétails permettent aux ménages de rembourser les dettes et de couvrir certaines dépenses alimentaires. Cependant, ils ne peuvent pas satisfaire leurs besoins non alimentaires tout en épongeant la totalité de leurs dettes. Ils sont en insécurité alimentaire aiguë de Stress (Phase 2 de l’IPC).

    Les ménages dans les provinces du nord (Borkou, Ennedi-Ouest et Tibesti) sont largement dépendants des marchés pour leur consommation alimentaire. Le commerce transfrontalier, les transferts monétaires de la migration en Libye et le travail dans les sites aurifères sont leurs principales sources de revenus. Avec l’amélioration de la situation sécuritaire aux frontières et dans la zone nord en général, les revenus tirés de ces activités sont en augmentation tout comme le flux d’importation des produits alimentaires manufacturés et importés en provenance de la Libye qui approvisionnent les marchés de ces zones. Les flux internes sont faibles en raison des retards des récoltes au sud et de l’état des routes. En conséquence, les prix des produits alimentaires sont encore élevés, exacerbés par le coût élevé du carburant, limitant l’accès des ménages aux nourritures. Avec les améliorations attendues des revenus, et la bonne disponibilité des aliments importés de Libye, la consommation alimentaire est adéquate avec toutefois des difficultés persistantes de non-couverture des besoins non alimentaires. Ces provinces sont en Stress (Phase 2 de l’IPC).

    Suppositions clés sur les conditions atypiques de sécurité alimentaire soutenant le scénario le plus probable jusqu’en mai 2026

    Figure 2

    Projections de prix du millet (perle) d'Adré, Tchad

    Source: Estimations de FEWS NET basées sur les données du Système d'Information des Marchés des Produits Agricoles (SIMPA), Tchad

    • Etant donné le niveau actuel du développement des cultures, les productions pluviales 2025 seront globalement moyennes avec des poches inférieures à la moyenne dans les zones où l’installation de la saison a connu un retard et où les séquences sèches n’ont pas permis un bon développement des cultures. Les productions de contre-saison sont également attendues être moyenne mais avec une tendance à la baisse à du coût élevé du carburant et de la main d’œuvre.
    • La baisse saisonnière annuelle des prix va amplifier la baisse atypique des prix des produits alimentaire notamment les céréales, débutée depuis avril 2025. Les prix vont baisser davantage entre octobre et décembre avec les récoltes en raison de ces deux tendances (Figure 2). Ils suivront une évolution autour de la moyenne des 5 dernières années jusqu’en janvier 2026, période de fin des récoltes. A partir de février 2026, en raison de l’épuisement anticipé des stocks des ménages déficitaires et l’augmentation de la demande pendant le Ramadan, les prix pourraient atypiquement monter au-dessus des moyennes saisonnières, notamment dans la province du Lac affectée par l’insécurité et les provinces de l’est subissant un afflux continu de réfugiés soudanais.
    • La baisse notable de l’inflation portée par la baisse du coût de l’alimentation va se poursuivre jusqu’en février 2026 avec les récoltes qui s’annoncent et remonter progressivement jusqu’à la soudure à partir de mars avec le Ramadan et l’épuisement des stocks des ménages déficitaires.   
    • L’afflux des réfugiés soudanais et retournés tchadiens dans les provinces de l’Est va se poursuivre durant toute la période des perspectives. Les moyens d’existence des populations en zones d’accueil continueraient de se dégrader durant toute la période de scénario.
    • Les incursions de l’Etat Islamique en Afrique de l’Ouest (EIAO) devraient continuer à provoquer des déplacements des populations et les détériorations des moyens d’existences comme l’agriculture et la pêche et les perturbations du fonctionnement des marchés, jusqu'en mai 2026.
    • Sur la période d’octobre 2025 à mai 2026, les conflits agriculteurs/éleveurs et les violences intercommunautaires vont se maintenir et même augmenter dans la zone soudanienne où une recrudescence de ces conflits est attendue à partir de novembre 2025 pour prendre progressivement de l’ampleur jusqu’en mai 2026 lorsque les éleveurs déplaceront leur bétail dans les zones agricoles.
    • La situation sécuritaire continuera à être calme et favorable au développement des flux transfrontaliers à la frontière avec la Libye et a amélioré les approvisionnements des marchés des provinces BET, Kanem, BEG, Wadi Fira, Batha et Ouaddai avec plus d’importations et des flux de produits alimentaires transformés (pâtes alimentaires, huiles, sucres, petit commerce, vente des animaux et de dattes).

    Assistance alimentaire humanitaire

    • Les tendances historiques de distribution et les informations recueillies auprès des partenaires indiquent que, malgré la réduction des financements humanitaires, l’assistance alimentaire d'urgence restera disponible pendant toute la durée de la perspective, compte tenu de l'afflux constant de réfugiés soudanais et de migrants tchadiens de retour du Soudan. Les transferts sociaux en nature se poursuivront également avec l'arrivée des nouvelles récoltes et la période du Ramadan. Cependant, l’épidémie de choléra a diversifié les activités des acteurs humanitaires alors que les ressources sont limitées, ce qui va réduire davantage leur capacité d’assistance à la consommation alimentaire des ménages.
    Résultats projetés de l’insécurité alimentaire aiguë de mai de 2026

    Entre octobre 2025 et mai 2026, l’insécurité alimentaire aigüe de Crise ! (Phase 3 ! de l’IPC) persistera dans les départements à forte concentration de réfugiés comme Assoungha, Kimiti, Wadi Hawar, Dar-Tama et Kobé. Les réfugiés seront toujours dépendants des assistances alimentaires pour limiter les déficits de la consommation alimentaire. Les déficits de consommation des communautés d'accueil sont également susceptibles d'augmenter compte tenu de la pression continue exercée par les réfugiés sur les moyens d’existence et les opportunités de travail. Ainsi, les départements de Amdjarass dans Ennedi-Est, Megri dans Wadi Fira et Abdi dans Ouaddaï seront en insécurité alimentaire aiguë de Crise (Phase 3 de l’IPC) entre octobre 2025 et mai 2026. En septembre 2025, les nouveaux réfugiés arrivant à Tine, Wadi Fira ont un taux critique de MAG élevé de 18 pour cent. Avec l’afflux continu des réfugiés et leur relocalisation, des effectifs de plus en plus importants de ménages se retrouveront en Urgence (Phase 4 de l’IPC) jusqu’en mai 2026, mais leur proportion restera inférieure à 20 pour cent de la population de ces zones.

    Les nouvelles récoltes vont améliorer saisonnièrement la consommation alimentaire des ménages hôtes dans les départements de faible concentration de réfugiés, notamment Biltine dans Wadi Fira, Djouf Al-Ahmar dans Sila et Ouara dans le Ouaddaï. Entre octobre 2025 et janvier 2026, les ménages pauvres et très pauvres dans ces départements pourront avoir une consommation suffisante mais sans revenus suffisants permettant de couvrir des dépenses non alimentaires compte tenu des dettes à rembourser. Ainsi, ils seront en Stress (Phase 2 IPC). Entre février et mai 2026, en raison de l’épuisement précoce de leurs stocks, ils vont dépendre des marchés avec des prix élevés et un faible pouvoir d’achat. Ils pourront faire face à des déficits de consommation et une insécurité alimentaire aiguë de Crise (Phase 3 de IPC). 

    Entre octobre 2025 et mai 2026, des résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) seront attendus dans les départements à accès limité de Fouli et Kaya dans la province du Lac. Les attaques sporadiques des GANEs et les mesures sécuritaires en cours limiteraient l'accès des ménages aux zones de productions agricoles et de pêches dans ces départements. Les marchés continuent à être faiblement approvisionnés. Avec la dégradation des moyens d’existence, notamment la pêche et les faibles pouvoirs d'achat des ménages ainsi que les hausses des prix, l'accès alimentaire difficile continuera sur toute la durée de la perspective. 

    Dans les départements plus calmes, Wayi et Mamdi, la situation alimentaire des ménages s'améliorera en raison de la disponibilité des prémices et le bon embonpoint des animaux. Entre octobre 2025 et janvier 2026, les résultats de Stress (Phase 2 de l’IPC) vont se maintenir dans ces départements. Les déplacements de population et les inondations des polders ont réduit les superficies cultivées, entraînant une baisse des récoltes, qui ne permettra pas une reconstitution suffisante des stocks des ménages qui seront épuisés à partir de février 2026. En raison de la baisse des revenus, les PDI et les ménages hôtes éprouveraient des écarts de consommation alimentaire. Ils seront en insécurité alimentaire aiguë de Crise (Phase 3 de l’IPC) durant la période de février à mai 2026, recourant à des stratégies d’adaptation négatives pour satisfaire leurs besoins de consommation.

    Entre octobre 2025 et mai 2026 dans les provinces sahéliennes, Kanem, BEG, Batha, Hajer Lamis, Chari Baguirmi et Guéra, des résultats Minimale (Phase 1 de l’IPC) sont attendus dans tous les départements. Les productions pluviales et le maraîchage de saison chaude, ainsi que les revenus tirés de ces produits et de la vente de bétail et du lait seront supérieurs à la moyenne, ce qui contribuera à améliorer la consommation alimentaire et les moyens d'existence des ménages. Toutefois, à partir de février 2026, les ménages pauvres et très pauvres du Nord Kanem et de Barh-El-Gazel Nord verront leurs stocks alimentaires s’épuiser, les prix des aliments augmenter à cause du coût élevé de transport et la dégradation saisonnière de la valeur marchande du bétail à partir de février 2026. Ils seront en insécurité alimentaire Stress (Phase 2 de l’IPC).

    Dans les provinces du nord du pays, frontalières de la Libye et du Niger, Borkou, Ennedi-Ouest et Tibesti, les ménages dépendent majoritairement du marché pour les nourritures. Avec l’amélioration des conditions sécuritaires à la frontière avec la Libye et la reprise des activités transfrontalières, l’incertitude des revenus des ménages pauvres et très pauvres sur toute la période des perspectives créera une instabilité en ce qui concerne leur consommation alimentaire étant donné que leur pouvoir d’achat restera faible. Les ménages seront en insécurité alimentaire Stress (IPC Phase 2 de l’IPC) sur toute la période de perspective entre octobre 2025 et mai 2025.

    Entre octobre 2025 et mai 2026, les ménages pauvres et très pauvres de tous les départements de la zone soudanienne (Salamat, Moyen Chari, Mandoul, Logone oriental et occidental, Tandjilé et Mayo Kebbi Est et Ouest) seront en mesure d’être en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) toute la période des perspectives. En effet, leur consommation alimentaire sera favorisée par les récoltes en cours entre octobre 2025 et janvier 2026, malgré le retard d’installation de la saison agricole, les épisodes secs qui l’ont localement jalonné et la probable recrudescence des conflits agriculteurs-éleveurs. Les conditions alimentaires seront davantage améliorées entre février et mai 2026 avec les productions de contre-saison, les revenus tirés de la main d’œuvre agricole, les ventes des produits de cueillette, des petits ruminants et des fruits, principalement des mangues.

    Toutefois, les ménages impactés par un retard d’installation de la saison et des sécheresses, notamment dans le Moyen Chari, le Salamat (Barh Azoum, Haraze-Manguegné) et la Tandjilé, auront des stocks qui permettent de couvrir leurs besoins alimentaires, mais pas de revenus suffisants pour couvrir les dépenses non alimentaires. Ainsi, ils seront en Stress (Phase 2 de l’IPC) entre février et mai 2026.

    Annexe 1 : Principales sources de preuves utilisées dans cette analyse
    Preuves SourceFormat des donnéesÉléments d'analyse de la sécurité alimentaire 
    Profils de moyens d'existenceFEWS NET (2011) QualitativesSources typiques de nourriture et de revenus par zone de moyens d'existence
    Surveillance et analyse des conflitsACLEDQuantitatives Modèles des incidents de conflits (type, intensité, localisation) et leur impact sur l'accès des ménages à la nourriture et aux revenus
    Surveillance et prévision météorologiquesUSGS, NOAA, Scientiste Régional FEWS NET, CILSS/AGHYMET, ANAM, PREGEC septembre 2025Quantitatives 

    Prévisions saisonnières et rapports spéciaux

    Chocs pluviométriques et impacts sur les productions

    Croissance économique, chocs et principaux facteurs directeurs

    IMF

    INSEED

    ReportsPrincipaux indicateurs économiques du Tchad, 2025-2026 ; Croissance du PIB, inflation en 2025 et 2026
    Population déplacées

    OIMOCHAUNHCRAJALA, Gouvernement 

    Rapports des partenaires

     

    Quantitatives ; Rapports qualitatives et compte rendus des réunionsLes tendances de mouvement de la population réfugiée, PDI, retournés tchadiens de la RCA à risque d'apatridie, retournées Tchadiens du Bassin du Lac Tchad, demandeurs d'asile 
    Production agricole (céréales et autres cultures commerciales)

    Ministère de l'Agriculture, Direction centrale des statistiques et points de contact régionaux du SISAAP, PREGEC septembre 2025 

    Rapports des partenaires et des points de contact régionaux

    Quantitatives Impact de la production agricole sur la disponibilité des denrées alimentaires locales (au niveau des ménages et du marché) et les opportunités d'emploi dans le secteur agricole
    Prix des produits agricoles et d’élevage

    Système d’Information sur les Marchés des Produits Agricoles (SIMPA)- 

    SIM bétail- Ministère de l'Elevage et de la Production Animale du Tchad

    Quantitatives ; Bulletins mensuels des prixImpact des prix des produits alimentaires de base sur le pouvoir d'achat des ménages
    Indicateurs de résultats en matière de sécurité alimentaire (FCS, HDDS, HHS, rCSI, LCSI) et surveillance des revenusRapports des partenaires : La FAO en situations d'urgence (DIEM) et le PAM (mVAM)

    Quantitatives

     

    Combinaison avec des données probantes sur les facteurs contributifs (comme la production agricole et les prix des denrées alimentaires, entre autres) pour classer la gravité de l'insécurité alimentaire aiguë
    Suivi mensuel de la situation alimentaire dans les provincesPoints focaux régionaux du SISAAPQuantitatives and qualitativesDonnées sur la situation agricole, pastorale, marchés, mouvements des animaux, les maladies et leur incidence sur la sécurité alimentaire et la nutrition
    Annexe 2 : Approche analytique de FEWS NET expliquée

    L’alerte précoce en cas d’insécurité alimentaire aiguë nécessite de prévoir les résultats futurs plusieurs mois à l’avance afin de donner aux décideurs suffisamment de temps pour budgétiser, planifier et répondre aux crises humanitaires attendues. Toutefois, en raison des facteurs complexes et variables qui influencent l’insécurité alimentaire aiguë, il est impossible de faire des prévisions définitives. Le développement de scénarios est une méthodologie qui permet à FEWS NET de répondre aux besoins des décideurs en élaborant un scénario « le plus probable » du futur.

    Les principes clés du processus d’élaboration de scénarios de FEWS NET incluent l’application du cadre de réduction des risques de catastrophe et une approche basée sur les moyens d’existence pour évaluer les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë. Le risque d'insécurité alimentaire aiguë d'un ménage dépend non seulement des dangers (comme une sécheresse), mais aussi de sa vulnérabilité face à ces dangers (par exemple, le niveau de dépendance à la production de cultures pluviales pour sa nourriture et ses revenus) et de sa capacité d'adaptation (qui prend en compte à la fois la capacité du ménage à faire face à un danger donné et le recours à des stratégies d’adaptation négatives qui nuisent à la résilience future). Pour évaluer ces facteurs, FEWS NET fonde cette analyse sur une solide compréhension approfondie des moyens d’existence locaux, qui sont les moyens par lesquels un ménage répond à ses besoins fondamentaux. Le processus d’élaboration de scénarios de FEWS NET prend également en compte le Cadre des moyens d’existence durables ; les Quatre dimensions de la sécurité alimentaire ; et le Cadre conceptuel de la nutrition de l’UNICEF, et est étroitement aligné sur le cadre analytique de la Classification intégrée des phases de la sécurité alimentaire (IPC).

    Comment FEWS NET analyse-t-il les résultats actuels de l’insécurité alimentaire aiguë ? FEWS NET évalue dans quelle mesure les ménages sont susceptibles de satisfaire leurs besoins caloriques minimaux. Cette analyse fait converger les preuves des conditions de sécurité alimentaire avec celles de la consommation alimentaire au niveau des ménages et de changement des moyens d’existence. FEWS NET prend également en compte les preuves disponibles sur l'état nutritionnel et la mortalité, en évaluant si celles-ci reflètent les impacts physiologiques de l'insécurité alimentaire aiguë. FEWS NET utilise l’échelle de Classification intégrée de la sécurité alimentaire (IPC) en cinq phases, mondialement reconnue, pour classer les résultats actuels de l’insécurité alimentaire aiguë. De plus, FEWS NET applique le symbole de « ! » pour désigner les zones où la Phase de l’IPC cartographiée serait probablement pire d'au moins une Phase sans les effets de l'assistance alimentaire humanitaire en cours.

    Comment FEWS NET élabore-t-il ses suppositions clés pour le scénario le plus probable ? Une étape clé du processus d'élaboration de scénarios de FEWS NET consiste à développer des suppositions fondées sur des preuves sur les facteurs influencent les conditions de sécurité alimentaire. Cela inclut les dangers et anomalies susceptibles d'affecter l'évolution de l'alimentation et des revenus des ménages au cours de la période de projection, ainsi que les facteurs affectant l'état nutritionnel. FEWS NET développe également des suppositions sur les facteurs censés se comporter normalement. Ensemble, ces suppositions forment la base du scénario « le plus probable ». 

    Comment FEWS NET analyse-t-il les résultats projetés de l’insécurité alimentaire aiguë ? En utilisant les suppositions clés soutenant le scénario « le plus probable », FEWS NET projette les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë en évaluant l’évolution de la capacité des ménages à satisfaire leurs besoins caloriques minimaux au fil du temps. FEWS NET fait converger les attentes concernant la trajectoire de la consommation alimentaire et les changements dans les moyens d’existence au niveau des ménages avec l’état nutritionnel et de la mortalité au niveau de la zone. FEWS NET classe alors les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë.  Enfin, FEWS NET utilise le symbole de « ! » pour désigner les zones où la Phase de l’IPC serait probablement plus sévère d’au moins une Phase sans les effets de l’assistance alimentaire planifiée, qui devrait être financée et livrée.

    Comment FEWS NET analyse-t-il l'aide alimentaire humanitaire ? L’assistance alimentaire d’urgence (en nature, en espèces ou en vouchers) peut jouer un rôle clé dans l’atténuation de la sévérité de l’insécurité alimentaire aiguë. Les analystes de FEWS NET intègrent toujours les informations disponibles sur l’assistance, bien que ces informations varient considérablement selon les zones géographiques et au fil du temps. Conformément aux protocoles IPC, FEWS NET utilise les meilleures informations disponibles pour évaluer où l'assistance est « significative » (définie par au moins 25 pour cent des ménages dans une zone donnée recevant au moins 25 pour cent de leurs besoins caloriques grâce à l'assistance). En outre, FEWS NET analyse les impacts probables de l’assistance sur la sévérité des résultats, comme détaillé dans les orientations de FEWS NET sur L’intégration de l’assistance alimentaire humanitaire dans l’élaboration de scénarios

    Annexe 3 : Calendrier saisonnier

    Source: FEWS NET

    Annex 4 : Évènements qui pourraient changer les résultats projetés de l’insécurité alimentaire aiguë

    Même si les projections de FEWS NET se concentrent sur le scénario « le plus probable », il existe toujours un certain degré d’incertitude dans les prévisions à long terme. Cela signifie que les conditions de la sécurité alimentaire et leurs impacts sur les résultats aigus de la sécurité alimentaire peuvent évoluer différemment de ce qui était initialement prévu. FEWS NET publie des mises à jour mensuelles de ses projections, mais les décideurs ont besoin d'informations préalables sur cette incertitude et d'une explication des raisons pour lesquelles les choses peuvent se dérouler différemment de ce qui était prévu. En tant que tel, la dernière étape du processus d’élaboration de scénarios de FEWS NET consiste à identifier brièvement les événements clés qui aboutiraient à un scénario alternatif crédible et modifieraient considérablement les résultats projetés. FEWS NET considère uniquement les scénarios qui ont une chance raisonnable de se produire.

    National 

    Baisse générale significative de la production en dessous de la moyenne

    Impact probable sur les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë : En cas de baisse importante de la production en dessous de la moyenne, il y aura un épuisement précoce des stocks des ménages, une baisse des revenus tirés des productions agricoles et une hausse inattendue des prix. L’accès alimentaire des ménages très pauvres et pauvres serait davantage réduit à cause des bas niveaux de revenus. Ceci entraînera des hausses d’effectifs de populations en Crise (Phase 3 de l’IPC) dans le Sahel Ouest, plusieurs provinces dans la zone soudanienne. Dans les zones d’accueil des réfugiés et des migrants retournés, le nombre de ménages en Urgence (Phase 4 de l’IPC) augmentera.

    Renforcement des interventions humanitaires grâce à un appui financier substantiel des donateurs

    Impact probable sur les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë : L’augmentation du financement de l’assistance humanitaire par les donateurs améliorera la qualité (plus de calories couvertes) et l’incidence (Plus de réfugiés et migrants retournés bénéficiaires) à l’est du pays. Les opérations humanitaires pourraient ainsi couvrir les besoins de ces populations tout en répondant aux besoins des vagues continuelles de nouveaux réfugiés. La consommation alimentaire des ménages s’améliorera et la plupart des provinces de l’Est serait en Crise ! (Phase 3 ! de l’IPC) et en Stress ! (Phase 2 ! de l’IPC).

    Les provinces frontalières avec la Libye

    Reprise des incursions de groupes rebelles aux frontières nord du pays 

    Impact probable sur les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë : Les attaques entre groupes rebelles et forces gouvernementales occasionneraient des restrictions sécuritaires aux frontières entre le Tchad et la Libye. Il s’en suivra une importante baisse du flux des produits alimentaires importés de la Libye et de l’offre de ces produits sur les marchés. L’accès alimentaire des ménages très pauvres et pauvres serait davantage réduit à cause des bas niveaux de revenus. Ceci entraînera des hausses d’effectifs de populations en Crise (Phase 3 de l’IPC) notamment dans le BET, le Kanem et le BEG.

    La province du Lac

    Reprise de l’action humanitaire au Lac 

    Impact probable sur les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë : Une relance des interventions alimentaires au profit des déplacés internes et ménages hôtes du Lac réduirait les effectifs de populations en Crise (Phase 3 de l’IPC). Leur consommation alimentaire sera améliorée et ils passeraient en Stress ! (Phase 2 ! de l’IPC) grâce à l’assistance.

    Annexe 5 : Analyse détaillée de l'aide alimentaire humanitaire

    Depuis le début de la crise des réfugiés soudanais en avril 2023, les réfugiés arrivant au Tchad ont reçu une assistance alimentaire dès leur enregistrement auprès de l’UNHCR. En principe, ils reçoivent des assistances mensuelles, bien que ces aides soient parfois irrégulières, alors que les retournés tchadiens reçoivent des assistances alimentaires de trois mois. Ces personnes ont fui le Soudan à cause du conflit armé et ont été dépourvues de leurs moyens d’existence. Les assistances sont couplées avec le soutien social apporté par la communauté pendant le Ramadan, l’Eid et autres mécanismes sociaux comme la zakat. Les assistances alimentaires sont sous la forme, plus particulièrement, de transferts d’argent, mais aussi de vivres. Le transfert monétaire actuel de 8 000 FCFA/personne, ou de 48 000 FCFA pour un ménage de six personnes, permet de couvrir 63 pour cent du panier alimentaire, soit environ 1 323 kcal/personne/jour. Les données partielles disponibles montrent que des transferts monétaires et des distributions de vivres ont été déroulés dans les différents camps des réfugiés et des sites des retournés des quatre provinces de l’Est. En septembre, 373 000 bénéficiaires ont reçu des assistances monétaires dans la province d’Ouaddaï. Alors que le département d’Assoungha abrite plus de 453 000 réfugiés fin septembre, soit plus de 90 pour cent des réfugiés de la province, représentant 55 pour cent de la population, les assistances alimentaires dans ce département sont estimées à couvrir plus de 31 pour cent de la population. L’assistance alimentaire fournie au département d’Assoungha couvre environ 1 323 kcal/personne/jour, ce qui est conforme aux exigences de l’IPC (assistance alimentaire couvrant plus de 25 pour cent de cette population et plus de 50 pour cent des besoins énergétiques quotidiens).

    D'après des données partielles recueillies de la distribution de janvier à juillet, la majorité des réfugiés dans d'autres camps de réfugiés des provinces de Wadi Fira, Sila et Ennedi Est reçoivent des assistances alimentaires. La distribution monétaire dans les camps d’Iridimi, d’Amnabak, de Mile et de Kounougou dans la province de Wadi Fira atteignait 98 pour cent de l’objectif en février et mars, suivie des distributions mensuelles d’avril à juillet. De même, des distributions mensuelles ont été enregistrées dans les camps pour les réfugiés dans les provinces de Sila et Ennedi-Est. L’assistance alimentaire dans les départements de ces provinces devrait atteindre plus de 20 pour cent de la population, malgré l’irrégularité et les retards de la distribution. Cependant, il est important de noter que l’analyse est basée sur des données partielles de certains camps et les tendances historiques de la distribution des assistances alimentaires pour les réfugiés soudanais depuis avril 2023. En outre, selon le nombre des réfugiés enregistrés fin septembre dans les départements d’Assoungha, de Kimiti, de Kobé et Dar-Tama ensemble et de Wadi Hawar, les réfugiés représentent respectivement 55, 32, 35 et 57 pour cent de la population. En raison des déficits de la consommation alimentaire des réfugiés dus à la perte de leurs moyens d’existence et de la dépendance aux marchés pour leur source de nourriture dans un contexte de faible pouvoir d’achat, les réfugiés dépendent essentiellement de l’assistance alimentaire. Ainsi, en raison de la couverture élevée de ces aides par rapport à la population totale dans ces départements, il est fort probable que l’assistance alimentaire a atténué l’ampleur des déficits de la consommation alimentaire et évité une insécurité alimentaire plus grave, soutenant les résultats de Crise ! (Phase 3 ! de l’IPC).  

    Annexe 6 : Résultats projetés en matière d’insécurité alimentaire aïgue et zones bénéficiant de niveaux significatifs d’assistance alimentaire humanitaire

    Citation recommandée: FEWS NET. Tchad Perspectives sur la sécurité alimentaire Octobre 2025 - Mai 2026: Des résultats de Crise ! (Phase 3 ! de l’IPC) persistent à l’Est du Tchad, 2025.

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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