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Les bonnes récoltes améliorent la situation alimentaire malgré la COVID-19 et les inondations

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Tchad
  • Octobre 2020 - Mai 2021
Les bonnes récoltes améliorent la situation alimentaire malgré la COVID-19 et les inondations

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  • Messages clé
  • CONTEXTE NATIONAL
  • Messages clé
    • La bonne pluviométrie enregistrée durant la saison, avec des cumuls excédentaires, a favorisé un bon déroulement de la campagne agropastorale 2020/2021. Malgré la succession de séquences sèches et d’inondations en certains endroits, la production attendue serait moyenne à légèrement supérieure. Les ménages de la plupart des zones agricoles et agropastorales ne seraient pas en insécurité alimentaire (Phase 1 de l’IPC) grâce aux bonnes récoltes en cours.

    • Au Sahel, les marchés céréaliers continuent d’afficher des prix en hausse par rapport à la moyenne quinquennale, à cause des fortes inondations et des coûts élevés du transport du fait des mesures liées à la COVID-19. L’accès alimentaire des ménages pauvres reste limité par les prix élevés du mil par rapport à la moyenne à Abéché (+15 %), Biltine (+9 %) et Moussoro (+14 %).

    • Le couvre-feu et les restrictions de circulation entre autres mesures pour freiner la COVID-19 continuent d’affecter l’activité économique du pays. Ceci a eu un impact significatif sur les ménages très pauvres et pauvres ; les opportunités d’embauche étant plus limitées. Les ménages pauvres du Barh-El-Gazal et du Kanem peuvent couvrir leurs besoins de consommation, comme en année normale, mais ne peuvent s’engager dans des dépenses non alimentaires. Ils sont en Stress (Phase 2 de l’IPC).

    • Les déplacés et ménages hôtes du Lac continuent de dépendre de l’assistance, des récoltes de la campagne pluviale et des produits de cueillette. Ils peuvent couvrir leurs besoins de consommation mais ne pourraient s’engager dans des dépenses non alimentaires essentielles. Ils seront en Stress (Phase 2! de l’IPC) grâce à l’assistance. Les ménages du Tibesti font face à des déficits en raison de l’accès limité aux aliments par suite de la COVID-19 occasionnant des hausses de prix sur les marchés Ils sont en Crise (Phase 3 de l’IPC).


    CONTEXTE NATIONAL

    Situation actuelle

    Mesures liées à la COVID-19 : La COVID-19 signalée depuis le 19 mars continue d’affecter les moyens d’existence des ménages pauvres en zone urbaine et rurale. La situation épidémiologique du 16 octobre relève un cumul de 1 404 cas recensés dans 17 des 23 provinces administratives avec 93 décès et 87 malades sous traitements. La fermeture des frontières, les restrictions sur le trafic routier (limitation du nombre de passagers et des horaires de circulation), le maintien du couvre-feu (entre 21h et 6h) et la prorogation de l’état d’urgence sanitaire jusqu’en mars 2021 pour contrôler la COVID-19, induisent une hausse des coûts des transports et la limitation des volumes de flux internes et transfrontaliers parmi d’autres effets, occasionnant une baisse des revenus des ménages pauvres. A titre illustratif, une analyse basée sur les moyens d’existence (Household Economy Approach) a provoqué une baisse de revenus de 34% en zone agropastorale et 19% en zone agricole, selon une récente étude de Save the Children publiée par OCHA le 23 octobre 2020, Par conséquent, l’accès aux aliments des ménages reste limité en raison des bas niveaux de revenus, des prix élevés dans les zones déficitaires agropastorales du Sahel comme au BEG (Bahr-el-Gazal) et au Kanem.

    Agroclimatologie : Les cumuls pluviométriques excédentaires de la saison ont permis un bon développement des cultures malgré les séquences sèches rapportés par endroits. Selon des résultats préliminaires de la direction des Statistiques, les récoltes céréalières varient de moyennes à supérieures à la moyenne. Ces récoltes soutiennent la consommation alimentaire des ménages qui faisaient face à des difficultés en raison de l’épuisement de leurs stocks et un accès limité aux marchés durant la soudure.

    Stocks céréaliers : Les bonnes récoltes, en cours, permettent le renouvellement des stocks des ménages même dans les zones défictaires du BEG et du Kanem à l’exception du BEG Sud.

    La main d’œuvre agricole : En zone soudanienne, une suroffre de main est rapportée dans les provinces du Mandoul et du Moyen-Chari. Dans le bassin rizicole (Mayo Kebbi Est et Ouest, Tandjilé), une baisse de l’offre de main d’œuvre est observée en raison de l’intensification des travaux de récolte auxquels se consacrent tous les y compris les ménages pauvres. Les coûts journaliers sont variables, entre la moyenne et légèrement supérieures comme à Sarh où la journée de travail est payée à 500 FCFA. A Bongor et Lai, le coût journalier de main d’œuvre est de 1500 FCFA contre 750 en année normale en raison d’une hausse de la demande suscitée par l’intensification des travaux de récoltes pour pallier les pertes de récoltes par pourrissement.

    Ressources pastorales et mouvements du bétail : A la faveur des bons cumuls pluviométriques, les bonnes conditions pastorales sont favorables, le tapis herbacé est richement reconstitué et les mares sont remplies au-delà de leur niveau saisonnier. Ceci contribue à un bon état physique des animaux d’où une bonne disponibilité laitière. La descente des transhumants vers les localités de la zone soudanienne est retardée du fait de la bonne disponibilité des ressources pastorales en zone de transhumance et de la présence des eaux d’inondations dans les zones d’accueil des provinces méridionales.

    Marchés alimentaires : Malgré les bonnes récoltes qui devraient favoriser un bon approvisionnement des marchés dans la plupart des zones du pays, les volumes observés sont légèrement en deçà des niveaux d’une année normale en raison des coûts élevés des transports par suite de la COVID-19. En plus, l’approvisionnement interne des marchés du Lac est affecté par l’état d’urgence sécuritaire et ceux du Tibesti par la limitation des volumes de flux transfrontaliers de produits alimentaires importés de la Libye. Au Lac, l’offre de produits alimentaires est progressivement renforcée par les récoltes de maïs pluvial en cours. En zone soudanienne, les prix du mil ont amorcé une baisse du fait de la reconstitution des stocks durant cette période de récoltes. A titre illustratif, les prix du mil sont stables, par rapport à la moyenne, à Moundou (-4 %) et Moissala (+4 %) ou en légère hausse comme à Sarh (8 %). Par contre, les marchés céréaliers du Sahel continuent d’afficher des hausses en raison du ralentissement des flux et des coûts élevés du transport occasionné par le contexte de l’état d’urgence sanitaire en cours. Par ailleurs, la présence prolongée des transhumants dans les zones d’attache du Sahel soutient cette tendance haussière de la demande. Par conséquent, les prix du mil sont en au-dessus de la moyenne quinquennale comme à Abéché (15 %), Biltine (9 %), Mao (9 %), Mousoro (14 %) et Goz Beida (22 %).

    Marchés à bétail : Une suroffre est observée sur les marchés à bétail dans les zones de transhumance et agropastorales en raison de la présence continue des transhumants dans les zones d’attache, couplée à l’arrêt des exportations et une faible demande intérieure de la part des ménages. La disponibilité des ressources pastorales favorise une bonne production laitière provoquant de bas prix pour les produits laitiers dans la plupart des localités des zones agropastorales et de transhumance.

    Inondations et impacts sur la sécurité alimentaire : Dans le Mayo Kebbi Est, la destruction de la digue de protection sur l’axe Bongor – Katoa, a occasionné 34 062 sinistrés avec près de 17 000 hectares de culture détruits et 8 379 têtes de bétails perdus dans les inondations (source ; Sitrep inondations, Chad Food security Cluster, October 2020 ). Dans la Province du Lac, plus de 33 000 personnes ont été déplacées à cause des inondations qui ont détruit 14 000 hectares de cultures appartenant à plus de 55 000 exploitants. A N’Djaména, plus de 32 000 personnes sinistrées ont été recensées dans les différents arrondissements de la capitale selon les derniers chiffres officiels disponibles en septembre. Ces ménages ont perdu l’essentiel de leurs moyens de subsistance. Une évaluation conjointe des acteurs humanitaires et des structures gouvernementales a relevé des besoins humanitaires notamment en vivres et non vivres pour ces sinistrés des inondations. Les pertes de récoltes enregistrées couplées aux bas niveaux de revenus de ces ménages sinistrés limitent leur accès à la nourriture.

    Conflits et mouvements de populations : Le Tchad abrite 883 583 personnes en déplacement dont 482 691 réfugiés (à l’est et au sud du pays par respectivement des réfugiés soudanais et centrafricains), 3 901 demandeurs d’asiles, 297 187 personnes déplacées internes et 30 461 retournés au Lac ainsi que 69 343 retournés tchadiens de la République Centrafricaine. En août 2020, plus de 2 500 nouveaux réfugiés soudanais ont trouvé refuge dans les localités de l’est du Tchad, par suite des rixes intercommunautaires dans le Darfour occidental. Selon OCHA, la recrudescence des attaques par des incursions d’éléments de Boko Haram accompagnées d’enlèvements d’individus, couplée aux inondations ont provoqué, de fin août 2020, le déplacement cumulé, depuis le début de la crise sécuritaire, de 363 807 personnes au Lac soit plus de la moitié de la population de la province.

    Sources de revenus des ménages pauvres : Compte tenu des restrictions liées la COVID-19 et leur impact sur les opportunités d’embauche (main d’œuvre agricole et non agricole.) et les transferts d’argents (fermetures des frontières, réduction des opportunités économiques dans les zones ou pays de destination) les niveaux de revenus des ménages ont significativement baissé. En réponse, le petit commerce et l’intensification de la vente des récoltes ou de petits ruminants sont observés comme une stratégies alternative au travers du pays.

    Sources de nourritures des plus pauvres : En cette période de moisson, les récoltes en cours constituent la principale source de nourriture des ménages très pauvres et pauvres dans la plupart des zones du pays. En zone soudanienne, la disponibilité des légumes hivernaux contribue à améliorer la consommation des ménages. La bonne disponibilité des produits laitiers (beurre, lait, etc.) pourvue par les conditions pastorales favorables complètent la consommation alimentaire dans les localités de la zone sahélienne.

    Situation nutritionnelle : Une détérioration de la situation nutritionnelle est rapportée dans 18 des 23 provinces du pays, par la Direction de la Nutrition et de la Technologie Alimentaire qui relève une hausse de 38 % des admissions dans les unités nutritionnelles par rapport à la moyenne des cinq dernières années en août 2020. Cette tendance est occasionnée par les difficultés d’accès alimentaire couplées aux mauvaises conditions d’hygiène ainsi qu’aux ruptures de l’approvisionnement en intrants de quelques unités de prise en charge de la malnutrition. Au Lac, la hausse des admissions résulte des effets conjugués des conflits (mouvements de populations) accentuant l’insécurité alimentaire et des impacts de la COVID-19 sur les ménages hôtes pauvres ainsi que les déplacés.

    Assistance humanitaire : Près de 214 608 déplacés internes (IDP) du Lac soit 72 pourcents des IDP recoivent une assistance alimentaire fournie par le PAM et ses partenaires. En réponse à la COVID-19, le PAM a assisté 1 694 ménages soit 10 164 personnes à N’Djamena et a apporté un appui logistique à l’ONASA pour la distribution à N’Djamena. Quelques interventions isolées de l’ONASA ont été enregistrées au bénéfice de plus de 700 ménages sinistrés de N’Djaména dans quelques sites d’accueil (Lycée de Walia, Adda1, etc.). Chaque ménage reçoit un kit alimentaire composé d‘un sac de riz de 50 kg, d’un sac d’haricot de 25 kg, d’un sac de sucre de 10 kg, d’un bidon d’huile de 10 l. Ceci laisse apparaître des effectifs assez importants dans le besoin d’assistance alimentaire et du soutien en vue de reconstituer leurs moyens de subsistance, perdus durant la saison.

    Situation de la sécurité alimentaire courante : Compte tenu des bons résultats de la campagne, des bonnes conditions pastorales (pâturage, eau) favorisant une bonne disponibilité laitière, les ménages de la plupart des zones agricoles et agropastorales sont en mesure de couvrir l’essentiel de leurs besoins de consommation malgré les bas niveaux de revenus. Ils sont en insécurité alimentaire minimale Phase 1 de l’IPC. Les déplacés du Lac vivant auprès des ménages hôtes sont en en Stress (Phase 2 ! de l’IPC) grâce à l’assistance humanitaire. Les ménages du Tibesti, affectés par la fermeture des frontières libyennes, sont confrontés à des déficits de consommation en raison des bas niveaux de revenus limitant leur accès aux marchés dont ils dépendent et où, les prix des produits alimentaires sont en hausse significative comparée à une la moyenne. Dans le reste du pays, une partie des ménages très pauvres du Kanem, du BEG, du Tibesti et dans certaines zones urbaines qui ont fait face à des pertes de revenu sont en Crise (Phase 3 de l’IPC).

    Suppositions

    Le scénario le plus probable, d’octobre 2020 à mai 2021, est basé sur les hypothèses suivantes au niveau national :

    Impacts des mesures sur la COVID – 19 : La persistance de la pandémie conduirait au maintien des mesures en fonction de la prévalence. Ceci maintiendrait le ralentissement de la vie économique nationale. Le maintien du couvre – feu et des restrictions de mouvement ainsi que la prorogation de l’état d’urgence jusqu’en mars 2021 continueraient de limiter le fonctionnement des activités économiques avec un impact sur le niveau de revenus des très pauvres et pauvres. Les restrictions sur les transports maintiendraient un coût élevé des transports, limitant les volumes des flux céréaliers internes ainsi que les produits manufacturés importés qui seraient d’autant plus affectés par la fermeture des frontières.

    Agro climatologie : Des dates de fin de saison tardives ou moyennes sont prévues dans les localités de la zone méridionale. Durant cette période des séquences sèches longues ou moyennes seraient observées.

    Prévisions des récoltes pluviales et perspectives de récoltes de contre-saison (berbéré) pour 2020/2021 : Malgré l’impact de la pandémie de COVID-19, (légère baisse des emblavures, baisse de l’offre de la main d’œuvre), les séquences sèches, inondations, etc. les récoltes de la campagne pluviale varieraient, globalement, de moyenne à légèrement supérieure à la moyenne. Les bons cumuls pluviométriques, excédentaires, enregistrés mi-septembre favoriseraient un bon déroulement de la campagne de contre saison. Le bérbéré, en cours de repiquage dans le Sahel centre-est, les plaines du Mont Illi, Mayo Dallah, Mayo Boneye, etc. pourrait atteindre une production moyenne à légèrement supérieure à la moyenne en février. Cette perspective de production reste déterminée par un retrait normal des eaux d’inondations dans les parcelles et un niveau normal d’humidité résiduelle. Les semis de riz et de maïs, de contre-saison, interviendraient entre novembre et janvier ; les productions attendues seraient autour de la moyenne. Au BEG et au Kanem, les récoltes seraient équivalentes à la moyenne et couvriraient les besoins de consommation jusqu’en février 2021. Les ménages dépendraient alors des marchés.

    Disponibilité et approvisionnement des marchés : Compte tenu des bons niveaux globaux de production pluviale, l’approvisionnement des marchés serait soutenu par les nouvelles récoltes, d’octobre et celles de contre saison (maïs, bérbéré) jusqu’en février. Ceci réhausserait le niveau de l’offre sur les marchés. L’approvisionnement des marchés des zones insécures (Tibesti et Lac) se poursuivrait timidement en raison des facteurs sécuritaires (état d’urgence) et des mesures relatives au COVID-19 (fermetures des frontières).

    La demande des produits alimentaires et de bétail : La plupart des marchés de produits alimentaires à l’exception du BEG afficherait une baisse de de la demande céréalière par suite des bons niveaux de production. La demande institutionnelle (Office national de sécurité alimentaire : ONASA) pourrait être inférieure à la moyenne en raison des difficultés budgétaires auxquelles fait face l’Etat ces dernières années, consécutivement à la crise économique. Cependant, les achats humanitaires destinés à l’assistance resteraient proches de la normale en raison de bons niveaux de stocks reconstitués à partir des bonnes récoltes de la campagne pluviale.

    L’offre de bétail : La limitation des exportations continuerait de causer une faible demande intérieure et les bonnes conditions pastorales et l’embonpoint satisfaisant favorisant une hausse des mises bas contribuerait à une suroffre sur les marchés à bétail.

    Les ressources pastorales, la transhumance et l’embonpoint du bétail : Les conditions pastorales continueraient de s’améliorer jusqu’à fin janvier 2021, assurant la continuité d’un embonpoint satisfaisant. Cependant, par suite d’une mauvaise répartition pluviométrique rapportée au BEG sud, des difficultés pastorales conséquentes à une légère détérioration des ressources par rapport aux autres localités du Sahel Ouest serait observées.

    Le début de la transhumance s’effectuerait avec comme en année normale en raison de la bonne disponibilité des ressources pastorales (eau, et pâturage) dans les zones d’attache et des eaux d’inondation dans les zones d’accueil des provinces méridionales. Toutefois, une tendance à anticiper sur la dégradation du pâturage et la raréfaction de l’eau pousserait quelques pasteurs à descendre dès octobre.

    Sources de revenus des ménages très pauvres et pauvres : Compte tenu du ralentissement des activités économique par suite des impacts de la COVID- 19 accentué par les inondations intervenues durant la soudure, les sources de revenus des ménages seraient en baisse durant toute la période d’analyse. L’arrêt des exportations du bétail couplé à une faible demande intérieure continuerait d’occasionner la baisse des revenus tirés de la vente de petits ruminants. En raison de la raréfaction des opportunités d’embauche en milieux urbains (emploi domestique, migration, vente d’articles parles ambulants, etc.), les revenus seraient en deçà de la normale. De même, les volumes des volumes des transferts d’argent resteraient faibles à cause des difficultés économiques dans les zones d’installation/ d’accueil des exodants/migrants.

    Conflits et déplacements de population : Compte tenu du contexte sécuritaire caractérisé par des incursions isolées d’éléments armés de Boko Haram dans la province du Lac, avec le retrait des eaux entre février et avril, de nouveaux mouvements de populations pourraient être observés. Ceci pourrait perturberait les moyens d’existence des ménages hôtes et déplacés en raison de la pression sur les ressources.

    Evolution de la MAG : Les bonnes productions pluviales couplées à la disponibilité laitière ainsi que les produits maraîchers contribueraient à une amélioration de la situation nutritionnelle entre octobre 2020 et janvier 2021. A partir de février 2021, la baisse de niveaux des stocks dans les zones structurellement déficitaires (BEG et Kanem) et les perturbations de moyens d’existence des ménages dans les zones insécures (Tibesti et Lac) couplés aux infections respiratoires occasionneraient une hausse des admissions dans les unités nutritionnelles.

    Sources de nourritures des ménages pauvres : Les nouvelles récoltes soutiendraient la consommation alimentaire des ménages très pauvres et pauvres de la plupart des provinces du pays entre octobre 2020 et janvier 2021 comme en année normale. L’épuisement des stocks des ménages du Sahel Ouest (BEG et Kanem) à partir de mars 2021 pousserait à dépendre des marchés pour leur consommation durant tout le reste de la période du scénario, comme en année normale.

    La tendance des prix : Malgré les récoltes en cours, la plupart des marchés céréaliers sahéliens affichent une tendance haussière des prix notamment. A N’Djaména, les prix des céréales connaissent une légère baisse mais restent en général, supérieure à la moyenne, grâce aux approvisionnements en provenance des zones agricoles et agropastorales par suite des récoltes de la campagne en cours et à une bonne disponibilité des produits de substitution. Cette tendance des prix se maintiendrait jusqu’en fin 2020, avant d’amorcer une hausse qui se maintiendrait jusqu’à fin mai 2020 à cause du ralentissement des flux et des coûts élevés des transports occasionnés par la COVID-19. Les prix du mouton à N’Djaména actuellement inférieurs à la moyenne resteraient à ce niveau avec une relative hausse ponctuelle, qui serait encore en deçà de la moyenne quinquennale, en décembre 2020 en raison des fêtes de fin d’année. Cette tendance baissière serait davantage prononcée à partir de mars à cause de la perte d’embonpoint consécutive à la soudure pastorale et une faible demande intérieure couplée à la limitation de l’exportation

    Assistance alimentaire : L’assistance humanitaire au bénéfice des déplacés et ménages hôtes de la province du Lac se poursuivra jusqu’en fin d’année 2020. Cependant, les ménages sinistrés, victimes des inondations bénéficient des distributions alimentaires en cours afin d’aider à leur relèvement.

    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    Entre octobre et janvier : La disponibilité des produits alimentaires serait assurée par les bonnes récoltes pluviales en cours, moyennes à légèrement supérieures à la moyenne, complétée de produits laitiers et maraîchers. Les ménages des zones agricoles et agropastorales pourraient ainsi couvrir leurs besoins de consommation durant 5 à 8 mois et seraient ainsi en insécurité alimentaire minimale (Phase 1 de l’IPC).

    Malgré les bas niveaux de revenus occasionnés par la double crise, sanitaire et économique, l’accès aux marchés céréaliers des zones de faible production (BEG, Kanem) serait favorisé, entre octobre et novembre 2020, par des niveaux de prix stables voire inférieurs à la moyenne grâce aux approvisionnements à partir des zones de grande production. Ces ménages ont une consommation réduite d’adéquation minimale mais ne peuvent s’engager dans des dépenses non alimentaires essentielles ; ils sont en Stress (Phase 2 de l’IPC).

    Les déplacés du Lac et les ménages hôtes continueraient de dépendre de l’assistance complétée par des quantités marginales de récoltes issues de superficies généralement réduites. Ils auraient une consommation alimentaire réduite d’adéquation minimale et ne pourraient s’engager dans des dépenses non alimentaires essentielles. Ils seraient en Stress (Phase 2! De l’IPC).

    Au Tibesti, l’accès aux marchés serait limité par les faibles volumes de flux occasionnant des prix relativement élevés face à des niveaux de revenus en baisse par rapport à une année normale en raison de la pandémie de la COVID-19 et de l’insécurité ayant conduit à la fermeture des frontières. Les ménages pourraient faire face à des déficits de consommation et resteraient en Crise (Phase 3 de l’IPC).

    Entre février et mai, un épuisement normal des stocks serait observé dès fin février occasionnant une dépendance aux marchés de la plupart des ménages très pauvres et pauvres du BEG et du Kanem. Cependant, leur accès aux marchés serait limité par les bas niveaux revenus tirés de la vente du bois de chauffe, de petits ruminants et des transferts. Ces ménages seraient en Stress (Phase 2 de l’IPC). La consommation alimentaire des déplacés du Lac et des ménages qui les abritent dépendrait grandement de l’assistance. Ils ne pourraient faire face à d’autres dépenses non alimentaires essentielles. Malgré les revenus tirés de l’orpaillage artisanal et les sommes marginales provenant des transferts, les ménages du Tibesti ne pourraient accéder aux marchés pour satisfaire leurs besoins de consommation alimentaire. Ils seraient en Crise (Phase 3 de l’IPC).

     

    EVENEMENTS QUI POURRAIENT CHANGER LE SCENARIO

    Événements possibles dans les huit prochains mois qui pourraient changer les scenarios le plus probable

    Zone

    Evénement

    Impact sur les conditions de la sécurité alimentaire

    National

    • Levée des restrictions relatives à la pandémie
    • Détérioration du contexte sécuritaire en Libye

     

    • Reprise régulière des activités socioéconomiques (commerces et autres activités productives dont la main d’œuvre non agricole).
    • Normalisation des flux transfrontaliers conduisant à un renforcement de l’offre dans les zones déficitaires du BEG, Kanem ainsi qu’au Tibesti. Ceci faciliterait l’accès alimentaire des ménages pauvres. Leur consommation alimentaire serait améliorée et une plus grande partie de ménages de ces zones serait en insécurité alimentaire minimale (Phase 1 de l’IPC).

     

    • La détérioration du contexte sécuritaire en Libye
    • Ceci continuerait d’affecter les ménages du Tibesti dont un plus grand nombre se retrouverait en Crise (Phase 3 de l’IPC)
    Figures Le prix du mil à N'Djamena reste autour de la moyenne jusqu'en décembre puis augmente nettement au-dessus de la moyenne dans

    Figure 1

    Figure 1

    Source: FEWS NET

    Le prix du mouton demeure en-dessous de la moyenne pendant la période ed projection

    Figure 2

    Figure 2

    Source: FEWS NET

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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