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Bonne disponibilité céréalière grâce aux nouvelles récoltes

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Tchad
  • Octobre 2013 - Mars 2014
Bonne disponibilité céréalière grâce aux nouvelles récoltes

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  • Messages clé
  • Presentation nationale
  • Zone d’interet
  • Evenements qui pourraient changer les scenarios
  • Messages clé
    • Le niveau des récoltes de la campagne agricole est très variable selon les régions du pays. Dans les régions du sud et de l’est, les récoltes devraient être moyennes à bonnes. Cependant, la production inférieure à la moyenne est attendue dans les régions de Wadi-Fira, une partie du nord Ouara, le Kanem, Hadjer Lamis le nord Batha et Bahr-El-Ghazel.

    • Les marchés céréaliers sont bien approvisionnés comparés au mois de septembre grâce aux céréales sèches issues des nouvelles récoltes qui commencent à être mises sur le marché. La tendance générale de l’évolution des prix est à la baisse par rapport à leur niveau de septembre et cela améliore par conséquent l’accès aux céréales par les ménages pauvres.

    • La sécurité alimentaire des ménages qui dépendent des cultures céréalières pluviales s’est améliorée en octobre grâce aux produits de récolte. Les stocks issus de récoltes couplés aux produits maraîchers par endroit permettront aux ménages de diversifier leurs sources de nourriture entre octobre 2013 et décembre 2013. Pendant cette période, tout le pays sera en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC).

    • Dans le Wadi-Fira, une partie du nord Ouara, le Kanem, Hadjer Lamis le nord Batha et Bahr El-Ghazel, les stocks céréaliers commenceront à s’épuiser à partir de janvier (un à deux mois plus tôt qu’habitude). Entre janvier et mars, les ménages dépendront plus en partie des achats mais aux prix anormalement élevés. Pendant cette période, ils auront une consommation alimentaire réduite et d’adéquation minimale et seront en Stress (Phase 2 de l'IPC).


    Presentation nationale
    Situation actuelle

    Production agricole 

    Dans la zone sahélienne, les séquences de sécheresse entre juin et juillet et la mauvaise répartition pluviométrique du mois de septembre ont causé une baisse de rendement dans certaines localités (Biltine, Nord Ouara et Batha). Cependant, dans la zone soudanienne, une saison des pluies relativement normale s'est produite cette année et les cultures se sont développées normalement. En octobre, la campagne agricole se poursuit avec les activités de récolte et début de battage des céréales sèches. En outre, les cultures de contre-saison s’intensifient en cette période comme en année normale mais dans la zone Est des cultures pluviales et des cultures maraîchage (Ouaddaï, Sila, sud Wadi Fira). Les activités de maraîchage ont commencé trois semaines plus tôt cette année à cause du faible niveau d’eau dans les mares semi-permanentes.

    Situation acridienne 

    Sur le plan phytosanitaire, la situation est relativement calme. En septembre, des ailés solitaires isolés, immatures ont persisté dans le centre et le nord-est entre Salal, Kalaït et Fada. Une reproduction à petite échelle a eu lieu au sud-est de Salal et près de Fada où des larves solitaires isolées étaient présentes. Aucun dégât significatif n’a été observé dans ces régions. En outre, la présence des oiseaux granivores est toujours observée et signalée par endroits dans le Batha, le Guera, le Wadi-Fira et le Ouaddaï comme en année normale.

    Situation pastorale

    Au niveau de l’élevage, les conditions générales demeurent encore bonnes à travers le pays. Les pâturages sont bien fournis mais restent inférieures par rapport à une année typique par endroits. L’état d’embonpoint des animaux est bon dans l’ensemble comme en année normale. Cependant, dans certain localités de la zone sahélienne, la faible pluviométrie de septembre n’a pas été de nature à améliorer le niveau de remplissage des réservoirs d’eau qui est largement en deçà de la moyenne. Par conséquent, les besoins en eau constituent déjà une préoccupation pour le cheptel. Pour ce faire, des déplacements importants des transhumants vers le sud sont déjà signalés dans le Wadi-Fira, le Sila et le Ouaddaï. Sur le plan épizootique, la situation demeure calme à l’exception des maladies telluriques qui sévissent par endroits.

    Situation de la main d’œuvre

    Dans les zones agro-pastorales et de cultures pluviales, les gains issus de la main d’œuvre agricole représentent environ 20 à 40 pourcent du revenu total en année normale (ménages pauvres et très pauvres). Dans la zone soudanienne, la saison agricole qui est relativement normale a fourni auxménages pauvres des revenues relativement moyens. Toutefois, en raison d'anomalies de précipitations et des impacts sur la production agricole, les revenues de la main d’œuvre agricoles dans certaines localités de la zone sahélienne connaissent une baisse de 50 pourcent.

    Disponibilité céréalière dans les ménages

    Actuellement, comme en année normale, les ménages commencent à reconstituer leur stock céréalier grâce aux nouvelles récoltes. Avant le début des récoltes, les ménages de la zone soudanienne n’ont pas eu généralement de stocks alimentaires résiduels de l'année dernière, en raison de la production agricole 2012/13 qui était en dessous de la moyenne à cause des inondations. Cependant en ce moment, la disponibilité céréalière est bonne grâce aux nouvelles récoltes, qui seront moyenne à supérieure à la moyenne. Dans la zone sahélienne, les anciens stocks détenus par les ménages de l'année dernière étaient supérieures à la moyenne en raison d’une production record de 2012/13. Ces stocks résiduels sont renforcés par les récoltes courantes et les assistances (Blanket feedings, Distribution Générale des Vivres (DGV), et la disponibilité céréales est satisfaisante dans la zone.

    Marchés et prix 

    Quant aux flux, on observe une fluidification des échanges des marchés primaires vers les secondaires à cause de l’amélioration de la praticabilité de certains axes routiers rendus difficilement praticables pendant les pluies. En outre, des restrictions administratives interdisant la sortie des céréales de certaines régions vers d’autres qui étaient en place plus tôt dans l’année ont été levées. A cet effet, les flux intrazones, surtout pour l’arachide, sont normaux dans la zone soudanienne et le transfert de la zone soudanienne vers la capitale commence à s’observer. Cela concerne beaucoup plus l’arachide.

    Les marchés céréaliers sont bien approvisionnés comparés au mois de septembre et l’offre en céréales est renforcée par les produits des récoltes qui commencent à être observés sur le marché. Quant à la demande provenant des ménages, elle devient de moins en moins importante avec les produits de récolte qui ont amélioré la disponibilité et facilité l’accessibilité au niveau des ménages. Bien que les prix de certaines spéculations (mil pénicillaire et riz) soient restés stables par rapport à leur niveau de septembre, la tendance générale de l’évolution des prix est à la baisse à la faveur de mise sur le marché des produits de récolte et des appuis réalisés par endroits dans la zone sahélienne. La baisse (10-15 pourcent) est plus marquée pour le sorgho.

    Sur le marché du bétail, les prix des animaux ont connu en général de baisse comparés à leur niveau de septembre 2013 dans la zone sahélienne à cause de la demande qui a fortement chuté au lendemain de fête de Ramadan et de Tabaski. Cette baisse est plus significative sur le marché de Mao où le prix de l’ovin a connu une baisse de 30 pourcent par rapport à son niveau de septembre. Cependant, comparé à son niveau de l’année dernière à la même période, le prix de l’ovin à Mao a connu une hausse de 21 pourcent.

    La situation alimentaire courante 

    Elle est dans l’ensemble satisfaisante comparée à la période de soudure (juin-septembre) avec les récoltes qui ont commencé par endroit et la disponibilité en produits maraîchers (choux, oignons, laitue, concombres, etc.). Les ménages ont rétabli leurs habitudes d’alimentation (au moins deux repas par jour) à la faveur des récoltes et l’on ne signale aucune préoccupation relative à la sécurité alimentaire sur tout l’ensemble du territoire. Actuellement, toutes les zones de moyens d’existence sont en phase 1 de l’IPC2.0 (Figure 1).

    Suppositions

    Le scénario le plus probable d'octobre 2013 à mars 2014 est basé sur les hypothèses suivantes au niveau national:

    • Situation acridienne et des oiseaux granivores : Une reproduction à petite échelle pourrait entrainer une augmentation des effectifs acridiens dans les parties septentrionales du Kanem et du Batha, ainsi que dans le Biltine. Avec le dessèchement de la végétation, les criquets pourraient se concentrer et former de petits groupes mais leur impact sur la biomasse sera insignifiant au regard de leur densité (Figure 4). Cependant, on observera une présence normale des oiseaux sur les cultures pluviales tardives en maturation et qui n’ont pas pu boucler normalement leur cycle.
    • Production agricole : La production céréalière sera globalement moyenne avec beaucoup de déficits dans la partie sahélienne et des surplus localisés dans la bande soudanienne. Les poches de déficits seront dues à l’installation effective de la campagne qui fut tardive, des déficits pluviométriques pendant le mois de juillet, et de la fin brusque et précoce de la saison de pluie dans la zone sahélienne. Pour les cultures de rente (coton, arachide et sésame), la production prévisionnelle sera moyenne à supérieure dans la zone soudanienne.
    • Les activités maraîchères : Bien que le niveau d’eau dans les mares semi-permanentes soit inférieur comparé à la normale dans la zone sahélienne, les ménages intensifieront les activités maraîchères entre novembre et janvier et on observera une bonne disponibilité des produits maraîchers pendant cette période. En général, la production maraichère sera moyenne. Cette activité occasionnera un revenu supplémentaire pour certains ménages, y compris les ménages pauvres et très pauvres et permettra à ces derniers de diversifier leurs sources de nourriture.
    • Les stocks céréaliers : Entre octobre-décembre, le stock céréalier des ménages et des commerçants seront importants grâce aux récoltes qui seront en général moyennes dans la partie agricole du Tchad. La disponibilité céréalière sera renforcée à partir de février dans les zones de culture de décrue à cause de la récolte du berbéré. Cependant, dans certaines régions de la bande sahélienne (BEG, Hadjer-Lamis, Kanem, Wadi Fira, une partie du Batha et du Ouaddaï), le niveau de stock céréalier des ménages sera en dessous de la moyenne à cause des récoltes jugées inférieures à la moyenne. Bien que les stocks résiduels de 2012/13 qui sont supérieurs à la moyenne compensent en partie les effets des faibles récoltes de 2013/14, les stocks céréaliers dans ces zones vont commencer à s’épuiser un à deux mois plutôt d’une manière générale, à partir de décembre (dans les zones qui ne pratiquent pas le berbéré) et janvier (celles qui pratiquent le berbéré)
    • Situation pastorale : D’une manière générale, les ressources fourragères seront faibles toute la période du scénario comparées à la moyenne à cause de la faible pluviométrie enregistrée dans la partie sahélienne. De même, en dehors de quelques régions de l’Est et du Sud, les besoins en eau constituera une préoccupation pour le cheptel. Cette situation sera beaucoup plus critique pour les régions du Kanem, Hadjer-Lamis, le Wadi-Fira et le nord Batha. Les maladies telluriques se comporteront comme en année normale pendant toute la période du scenario. Toutefois, on observera une dégradation de l’état physique du bétail à partir de mars, un mois plus tôt que d’habitude, à cause de la faible disponibilité alimentaire. Quant au mouvement, la transhumance sera très précoce (fin octobre au lieu de décembre) dû fait des besoins en eau du cheptel et de la faiblesse des fourrages en quantité et en qualité dans les zones d’accueil.
    • Marché du bétail : Actuellement, on observe une hausse sur les prix de mouton moyen comparée à son niveau de septembre 2013. Cette hausse qui va continuer jusqu’à décembre sera due à la préparation des fêtes de fin d’années qui constituent une période où la demande est très forte. Cette demande sera renforcée par la demande induite par l’avènement du retour de pèlerins et tout cela aura pour effet de tirer les prix vers le haut. A partir de janvier, les prix connaîtront de légère baisse à cause de la baisse du niveau de demande. Quant à la demande provenant du Nigeria et de la Libye, elle sera légèrement inférieure comparée à une année normale à cause de la persistance de l’insécurité civile dans ces pays.
    • Echanges transfrontaliers : Le conflit au nord du Nigeria ne connaitra pas un apaisement significatif et continuera à réduire les échanges entre le nord est du Nigeria et le Tchad. De même, le statut quo sera observé en ce qui concerne la situation en Libye avec une insécurité résiduelle consécutive à la présence de groupe armés empêchant ainsi un retour normal des échanges commerciaux avec le Tchad. Ces derniers continueront à être informels suite au maintien de la fermeture officielle des frontières sud de la Libye. Le commerce avec la République centrafricaine et le Cameroun se comportera comme en année normale.
    • Marché céréalier, prix et flux : L’approvisionnement des marchés en céréales sera régulier sur toute la période du scenario et l’offre en céréales y sera hétérogène dans les deux zones agro-écologiques à cause du déficit céréalier observé dans la zone sahélienne. Entre octobre 2013 et mars 2014 dans la zone soudanienne, les prix conformeront à la tendance saisonnière normale et resteront à un niveau inférieur à celui de l'année dernière mais à dessus de la moyenne quinquennale à cause de la bonne récolte dans cette partie du pays. Cependant, dans la zone sahélienne, les prix vont également suivre les tendances saisonnières jusqu'à janvier quand ils connaîtront de hausse et seront au-dessus de la tendance saisonnière normale. Le transfert de la zone soudanienne vers la zone sahélienne redeviendra normal mais on observera une régression des flux intra zones dans la partie sahélienne à cause de faible disponibilité sur les marchés de collecte et surtout dans la région de Wadi-Fira.
    • Les sources de revenu et de nourriture : Les sources de revenu et de nourriture des ménages se comporteront comme en année normale sur toute la période de scenario. Cependant, dans la partie sahélienne à cause du déficit de la production céréalière, la dépendance vis-à-vis des achats sur marché sera au-dessus de la normale entre janvier et mars. Les ménages pauvres et très pauvres dans cette partie intensifieront l’artisanat et la vente de bois/paille pour renforcer leurs capacités d’achat pendant cette période. Malgré une augmentation de l’offre, les prix pour les produits d’artisanat et pour le bois et la paille seront normaux.
    • La migration : La migration interne sera similaire à une année normale, avec des gens qui commencent à partir à la fin d’octobre après la fin des récoltes. Toutefois, on assistera à une augmentation plus que la moyenne du nombre de migrants des zones déficitaires de la bande sahélienne vers les centres urbains. Globalement, les revenus que peuvent tirer les migrants seront typiquement similaires à leur niveau habituel.
    • La situation nutritionnelle : Elle connaitra une amélioration significative entre octobre et décembre 2013 dans les zones à production moyenne, suite à la baisse probable des prix des céréales sur les marchés avec une contribution moyenne des cultures maraîchères dans l’alimentation des ménages. Cependant, il y aura une légère dégradation de la situation nutritionnelle à partir de février suite à une augmentation saisonnière des maladies respiratoires.
    • Situation des réfugiés : Vu le retour difficile à la stabilité en RCA et la difficulté du gouvernement du Darfour à faire régner la paix entre les communautés, la tension est perceptible et on pourrait s’attendre à une augmentation du nombre des réfugiés. A cet effet, les programmes d’assistance mis en place par les humanitaires vont continuer à l’égard des réfugiés soudanais et centrafricains et une ration complète sera assurée pendant toute la période de scenario. Par ailleurs, les nouveaux réfugiés soudanais auront besoin d’assistance alimentaire et non alimentaire pour reconstruire leurs moyens d’existence.
    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    Pendant la première phase de la période du scenario (octobre-décembre), la situation alimentaire sera relativement calme sur toute l’étendue du territoire. Les ménages dépendront de leur propre production et ne feront recours à aucune stratégie d’adaptation. La baisse des prix des céréales pendant cette période améliorera l’accès aux denrées par les ménages pauvres et très pauvres qui dépendent des achats sur le marché. On notera également une bonne disponibilité des produits maraîchers, ce qui contribuera également à améliorer le revenu et la situation alimentaire des ménages. Sur le plan nutritionnel, on observera aussi une amélioration qui est en fait le reflet de la bonne disponibilité alimentaire. A cet effet, tout le pays est en Phase 1 (Minime) de l’IPC 2.0 (Figure 2).

    La dynamique de la sécurité alimentaire entre octobre et décembre 2012 se maintiendra jusqu’à février/mars dans la zone soudanienne à cause de la disponibilité céréalière au niveau des ménages. Cependant, dans la zone sahélienne les stocks alimentaires vont diminuer à partir de janvier (un à deux mois plus tôt que normale) à cause du déficit de la production céréalière dans cette zone et les ménages dépendront beaucoup plus des achats sur le marché. En outre, la hausse atypique des prix des céréales pendant cette période ne sera pas de nature à garantir l’accessibilité par les ménages pauvres et très pauvres. En réponse à cette situation, les ménages pauvres et très pauvres augmenteront l’intensité de leurs stratégies de subsistance habituelles (le travail migratoire, la cueillette des fruits sauvages, l’artisanat, etc.) aux niveaux atypiques afin de combler à peine le vide. Toutefois, ces stratégies ne compenseront pas entièrement les effets de la faible production et des prix élevés sur les ménages pauvres et très pauvres. A cet effet ces ménages dans les régions du Wadi–Fira, Kanem, Bar-El-Gazal, Hadjer Lamis, Nord du Guerra et nord du Batha s’engageront moins que d’habitude dans les dépenses non-alimentaires essentielles et seront en Stress (Phase 2 de l'IPC) entre janvier et mars (Figure 3).

    Au-delà de mars, les résultats de sécurité alimentaire aigue vont très probablement continuer à se détériorer jusqu'à la fin de la période de soudure en août 2014 dans les régions du Wadi–Fira, Kanem, Bar-El-Gazal, Hadjer Lamis, Nord Guerra et nord Batha.


    Zone d’interet

    Département de Biltine/Zone Est Céréales Pluviales et Maraîchage

    Situation actuelle

    Situation de la campagne agricole

    De façon générale, la campagne agricole est marquée par plusieurs épisodes comparée à la normale dans le Département de Biltine: l’installation tardive de la campagne de trois à quatre semaines, séquences de sécheresse entre juin et juillet et arrêt précoce et brusque des pluies deux à trois semaines plus tôt que d’habitude. En effet, les premières pluies enregistrées en juin ont permis les semis, mais ont été suivies de séquences de sécheresse dans de nombreuses localités du nord du département à cause des interruptions momentanées des pluies. Ce qui a eu pour conséquence de resemis en juillet et août. A la date de 31 août, les superficies emblavées étaient estimées à 103 975 ha contre 143 475 ha en 2012 à la même période, soit une baisse de 28 pourcent. Par ailleurs, l’arrêt brusque des pluies n’a pas permis aux cultures (mil et sorgho) de boucler normalement leur cycle. Sur le plan phytosanitaire, on note une présence des ennemis des cultures dans la zone (criquets et cantharide) comme en année normale. Ils sont au stade larvaire et leur densité n’est pas inquiétante.

    Situation pastorale

    La situation des pâturages et des points d’eau du bétail est relativement bonne sur l’ensemble du département même s’il reste légèrement déficitaire comparé à la moyenne à cause de la pluviométrie au dessous de la moyenne. Par conséquent l’état physique des animaux est satisfaisant comparé à la normale. En ce qui concerne la situation zoo sanitaire, aucune épidémie ni pathologie majeure n’est signalée dans le département de Biltine.

    Marché et prix

    Le marché céréalier est bien approvisionné et le niveau de l’offre est jugé supérieur comparé à l’année dernière à la même période grâce au stock résiduel de 2012. Quant à la demande, elle est devenue moins importante que ces deux derniers mois à cause du départ progressif des transhumants de la zone. Sur le marché de Biltine, le prix du sorgho en septembre a connu une hausse de 6 pourcent tandis que celui du mil une baisse de 14 pourcent par rapport au mois passé. Cependant, on observe une baisse (17 pourcent sur le prix du sorgho et 2 pourcent sur le prix du mil pénicillaire) comparé à la moyenne des cinq dernières années. Cette baisse se justifie par la bonne disponibilité céréalière engendrée par la bonne production de 2012.

    Sur le marché du bétail, le niveau de l’offre est important et le marché est bien animé grâce à la présence des transhumants autour de la zone. De même que l’offre, la demande est aussi importante que la normale avec la fête de Tabaski (octobre). A cet effet, on observe une hausse sur les prix du mouton moyen (23 pourcent) comparé à son niveau de septembre 2013. Compare à son niveau de l’année dernière à la même période, on observe une baisse de 18 pourcent sur le prix de l’ovin et 53 pourcent sur le prix du caprin à cause de la baisse importante de production céréalière et du fait que les très pauvres et les pauvres vivent du revenu des ventes d’animaux. A cet effet, les termes de l’échange ne sont pas en faveur de l’éleveur comparés à une année normale.

    Situation alimentaire courante

    Actuellement, on observe une bonne disponibilité alimentaire au niveau des ménages pauvres et très pauvres. Cette disponibilité se justifie par le bon niveau du stock résiduel, des produits des nouvelles récoltes et les produits de maraîchage. A cet effet, la consommation alimentaire de ces ménages s’est significativement améliorée comparée à la période de soudure (juin à septembre). Grâce à ces conditions, les ménages sont capables de répondre à leurs besoins alimentaires et non alimentaires sans s'engager dans les stratégies d’adaptation et ils sont en Phase 1 (Minime) de l’IPC 2.0.

    Suppositions

    Le scénario le plus probable d'octobre 2013 à mars 2014 pour le département de Biltine est basé sur les hypothèses suivantes:

    • Production céréalière : Compte tenu de l’installation tardive de la campagne agricole dans le département de Biltine et aussi de l’arrêt brusque et précoce des pluies, les cultures n’ont pas pu boucler leur cycle normalement et par conséquent le rendement à l’hectare est inférieur à la normale. Ainsi, la production céréalière sera en baisse d’environ 40 à 45 pourcent comparée à la moyenne.
    • Situation des oiseaux granivores : Compte tenu des observations faites sur le terrain en octobre faisant état de la présence des oiseaux granivores dans le département de Biltine et au regard des cultures semés en août et qui n’ont pas pu boucler leur cycle normalement, on observera une présence normale entre octobre et novembre.
    • Les stocks céréaliers : Entre octobre et décembre, les ménages dépendront sur leurs propres réserves de nourriture pour satisfaire leurs besoins de consommation. Cependant à partir de janvier, les stocks vont commencer à diminuer, qui est un à deux mois plutôt que la normale.
    • Les marchés et prix : Le marché sera bien approvisionné entre octobre et décembre grâce au stock résiduel des commerçants et aux produits des nouvelles récoltes. Au regard de la production qui est largement en dessous de la normale, les prix quant eux, ne respecteront pas la tendance saisonnière normale. A partir de janvier, avec l’importance de la demande émanant des ménages et de la faiblesse de l’offre pendant cette période, les prix des céréales vont augmenter à un rythme plus rapide que la normale au moins jusqu’à la fin de la période du scénario en mars 2014.
    • Les sources de revenu des ménages : Les sources de revenu des ménages pauvres et très pauvres au cours de la période du scénario seront les mêmes comme en année normale. Toutefois, des changements seront observés au niveau de certaines sources. Le revenu issu de travail agricole et celui issu de la vente des produits agricoles et maraichers seront inférieurs comparés à leur niveau au cours d’une année normale à cause de niveau des activités agricoles inférieur à la moyenne d’une part et du tarissement précoce des eaux des mares semi-permanents d’autre part. En outre, les activités d’artisanat, petit commerce, travaux de construction, migration, transfert, et vente de bois/paille seront au-dessus de leur niveau au cours d’une année normale comme les ménages essayent de compenser les effets de la production inferieure à la moyenne dans la zone. La récente découverte d'or dans la région du BET va également encourager plus des travailleurs à migrer vers ces régions à la recherche de possibilités d'extraction de l'or.
    • Les sources de nourriture : Comme au cours d’une année typique, les sources de nourriture (ex. propre production, achat sur le marché, produits de cueillette) des ménages pauvres et très pauvres seront les mêmes. Toutefois, entre janvier et mars, on observera une hausse du niveau de certaines sources (emprunt alimentaire auprès des nantis et achats sur le marché) comparé à leur niveau au cours d’une année normale à cause du faible niveau de stock céréalier dans les ménages.
    • Situation nutritionnelle : Vu la tendance d’admission des enfants dans les centres nutritionnels qui est en baisse (-19 pourcent entre juin et juillet) et compte tenu des nouvelles récoltes, il y aura une amélioration de la situation nutritionnelle entre octobre et janvier. A partir de février 2014, on observera une légère dégradation de la situation nutritionnelle à cause des infections respiratoires aigües comme en année normale. Toutefois, le nombre d’admission dans les centres nutritionnels sera inférieur à celui observé au pic des admissions en juillet 2013 (période de la soudure).
    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    Entre octobre et décembre, grâce au bon niveau résiduel de stock céréalier dû à la bonne production de 2012 et aux récoltes actuelles, les ménages répondront à leur besoins alimentaires avec moins de difficultés. La baisse des prix des céréales sur le marché pendant cette période améliorera l’accès aux denrées de première nécessité par les ménages pauvres et très pauvres. On observera aussi l’amélioration de leur capacité d’achat grâce aux revenus issus de la vente des produits agricoles. A cet effet, les ménages seront en Phase 1 (Minime) de l’IPC 2.0 pendant cette période.

    A partir de janvier, les perspectives en matière de sécurité alimentaire ne seront pas prometteuses car les stocks céréaliers vont commencer à s’épuiser plus tôt qu’habitude et les ménages dépendront plus en partie des achats pour combler le déficit alimentaire. En outre, les prix des céréales seront élevés d’une manière atypique, ce qui limite l'accès des ménages pauvres et très pauvres. Pendant cette période, ils auront une consommation alimentaire réduite et d’adéquation minimale. A cet effet, ils ne seront pas en mesure de faire des achats non alimentaires essentiels. Entre janvier et mars, les ménages pauvres et très pauvres seront en Stress (Phase 2 de l’IPC 2.0) avec une détérioration possible des résultats de la sécurité alimentaire au-delà de mars 2013 jusqu’à la fin de l’année de consommation en août 2014.


    Evenements qui pourraient changer les scenarios

    ZONE

    EVÉNEMENT

    IMPACT SUR LES CONDITIONS DE LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE

    National

    • Invasion acridienne plus sévère par rapport à la normale.

     

    • Pullulation des oiseaux granivores plus sévère par rapport à la normale.

     

    • Réduction de la disponibilité fourragère et laitière;
    • Difficulté pour la reconstitution des stocks fourragers;
    • Difficulté pour la reconstitution des stocks céréaliers ;
    • Soudure du bétail plus dure que la normale;
    • Une augmentation de l’insécurité alimentaire pastorale
    Figures Calendrier saisonnier pour une année typique

    Figure 1

    Calendrier saisonnier pour une année typique

    Source: FEWS NET

    Carte des résultats actuels de la sécurité alimentaire, octobre 2013

    Figure 2

    Carte des résultats actuels de la sécurité alimentaire, octobre 2013

    Source: FEWS NET

    Risque d'infestations acridiennes en l’Afrique d’Ouest, le 10 octobre 2013

    Figure 3

    Risque d'infestations acridiennes en l’Afrique d’Ouest, le 10 octobre 2013

    Source: FAO

    Figure 4

    Source:

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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