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Perspective d'octobre 2011 à mars 2012

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Tchad
  • Octobre 2011 - Mars 2012
Perspective d'octobre 2011 à mars 2012

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  • Messages clé
  • Scénario plus probable de la sécurité alimentaire (Octobre 2011 ‐ Mars 2012)
  • Perspective de mars à septembre 2012
  • Tableau 1. Événements moins probables dans les prochains six mois qui pourraient changer les scenarios ci‐dessus.
  • Messages clé
    • L’accès alimentaire est suffisant actuellement en octobre pour assurer les besoins minimums alimentaires et non‐alimentaires pour au moins 80 pour cent de la population dans toutes les zones du pays.

    • Quoique la production agricole et pastorale du pays soit susceptible d'être près de la moyenne, avec une saison à durée inferieure à la normale, la biomasse n’a pas atteint son niveau de développement optimum habituel, en particulier au nord de la zone sahélienne.

    • Dans les zones de moyens d’existence « transhumance » et « Est : céréales pluviales et maraîchage », des pauses pluviométriques, sautereaux et attaques d’oiseaux granivores sont à la base d’une production pluviale inférieure à la moyenne.


    Scénario plus probable de la sécurité alimentaire (Octobre 2011 ‐ Mars 2012)

    La saison pluvieuse de 2011 n’était pas à la hauteur des espérances, notamment en termes de distribution de la pluviométrie dans le temps et parfois dans l’espace. En zone méridionale plusieurs producteurs ont opté pour la culture des tubercules (patate douce, manioc, taro, etc.) en réponse au mauvais déroulement de la campagne surtout en juillet et une partie d’août. Ces substitutions font que la disponibilité alimentaire au niveau des ménages dans la zone sera suffisante malgré le fait que ces cultures n’entrent pas dans le bilan céréalier. Dans la bande sahélienne, les pauses ont encouragé les ravageurs des cultures, notamment des sautereaux dans la bande sud de la zone de transhumance pastorale, oiseaux granivores et sautereaux dans la bande nord de la zone est, céréales pluviales et maraîchage (Figure 2).

    La poursuite du programme de prise en charge de malnutris et le blanket feeding dans les zones de transhumance, Centrale agropastorale et Est céréales pluviales et maraîchages deux fois pendant l’année de consommation entre octobre‐ décembre 2010 et entre juillet et septembre 2011 a permis aux ménages de disposer des réserves alimentaires résiduelles jusqu’en debout octobre.

    En zone sahélienne en particulière, la disponibilité des stocks de report chez les ménages moyens à nantis et commerçants est importante et renforcera la disponibilité des céréales sur toute l’année de consommation 2011/12. L’approvisionnement des marchés est globalement satisfaisant grâce aux reports des stocks des précédentes campagnes et la mise sur le marché des prémices des récoltes en ce mois d’octobre. Néanmoins, le niveaux de prix des céréales de base reste élevé et est supérieur à ceux de la moyenne quinquennale en fin septembre 2011 sur la quasi‐totalité des marchés suivis par FEWS NET.

    Les taux de malnutrition aiguë globale en zone sahélienne en août – septembre 2011(période de soudure) sont inferieurs à ceux de mars 2011 (période post récolte) et ceux de la soudure 2010 (année de crise) au Sahel.

    À la faveur les récoltes pluviales et les conditions pastorales favorables, rehaussées par la disponibilité de faibles stocks résiduels observés chez les ménages pauvres à très pauvres, associée aux emprunts céréaliers et de reliquat des distributions alimentaires, au moins 80 pour cent de la population du pays pourra assurer le minimum des besoins alimentaires.

    • Selon les missions du terrain et les discussions techniques informelles avec les agents du Ministère de l’agriculture des provinces, FEWS NET suppose une production agricole pluviale nationale entre 1,7 ou 1,8 tonnes, similaire à la moyenne quinquennale de 2005/06‐2009/10 ou la moyenne depuis 2004/05. La production record de 2010/11, plus de 50 pour cent supérieure à la moyenne fait que la moyenne quinquennale la plus récente cette production n’est pas une bonne référence.
    • Avec l’offre de la nouvelle récolte, on s’attend à des marges de baisse de prix respectives de 3 à 10 pour la céréale de base sahélienne (mil pénicillaire) et de 15 à 25 pour la céréale de base (sorgho) au sud comparables à celles de la moyenne nominale Figure 2. Carte des zones de moyens d’existence au Tchad quinquennale seront observées sur les principaux marchés sahéliens (Abéché, Moussoro) et soudaniens (Moundou, Sarh).
    • Les baisses prévisibles des récoltes céréalières de contre saison entre janvier et mars 2012, faute d’épandage suffisants des eaux des pluies conduira à des hausses atypiques des prix de céréales de base pour cette période. Ces hausses seront de l’ordre de 10 à 15 pour cent pour le mil pénicillaire aux marchés sahéliens et de 15 à 20 pour cent pour le sorgho au sud, contre une variation du prix moyen quinquennal respectivement de 4 à 7 pour cent et 0 à 12 pour les marchés sahéliens et soudaniens.
    • Une hausse typique du prix du bétail, notamment des petits ruminants, en prélude à la fête de Tabaski et des fêtes de fin d’année aura lieu entre octobre et décembre. Les termes d’échange de mouton à mil seront favorables au vendeur d’animaux. L’éleveur à agropasteur vendeur de bétail se retrouve avec un gain de 20 à 25 Kg de céréales par rapport à la période soudure agropastorale (avril à septembre). Sur la période de janvier à mars les termes d’échange seront moins importants que la période estivale, mais resteront similaires à la moyenne quinquennale.
    • Le rapatriement des tchadiens de la Libye ne sera plus significatif sur la période du scenario (octobre 2011 – mars 2012).
    • Les approvisionnements à partir des marchés des zones excédentaires en faveur des zones déficitaires seront normaux à la faveur de la production agricole moyenne et du report du stock de 2010/11
    • L’ouverture de la raffinerie tchadienne en août 2011 n’aura pas d’impact significatif sur les prix ou flux des céréales ni sur la demande.
    • Les parents maintiendront les enfants à l’école pour bénéficier des cantines scolaires et du programme spécial encourageant l’éducation des jeunes filles.
    • L’assistance humanitaire et du Gouvernement en terme de dotation alimentaire, prise en charge nutritionnelle et octroi des semences en faveur de personnes vulnérables des localités les plus touchées des zones des moyens d’existence centrale agropastorale, de transhumance et des céréales pluviales et maraîchage restera la même par rapport à une situation moyenne.
    • Dans le sud ouest du pays, la peste porcine africaine dans les départements de la Dodjé, la Kabbia, Lac Léré et Mayo Dalla en zone de moyens d’existence « Sud, céréales et cultures de rente, » avait provoqué l’extermination de porcin, un bien fondamental des ménages pauvres, en avril 2011. Puis, en juillet jusqu’à en septembre, le retard des prémices avait provoquée une hausse exceptionnelle de prix de céréales de base. Les ménages pauvres à très pauvres, constituant plus de 40 pour cent de la population, ne réalisaient pas leurs besoins essentiels non‐alimentaires jusqu’en septembre 2011. 

    De tout ce qui précède, d’octobre à décembre 2011, au moins 80 pour cent de la population de chaque zone assurera leurs besoins alimentaires sans recourir à des stratégies sévères et sera sans insécurité alimentaire aiguë (Figure 3). Néanmoins les ménages très pauvres du sud de la zone de moyens d’existence « transhumance » et très pauvres à pauvres du nord de la zone « céréales pluviales et maraîchages » sont les plus affectés par les effets de l’actuelle campagne, notamment à travers la baisse de la production agricole et aussi la baisse de la production des aliments sauvages. A partir de janvier les opportunités de génération ne seront plus suffisantes pour assurer les besoins minimums essentiel. (Figure 4).

    Le sud de la Zone de moyens d’existence « Transhumance »

    Dans la zone de transhumance, les ménages très pauvres, constituant 17 pour cent de la population, ne sont pas bien intégrés dans le système de transhumance pastorale. Ils dépendent sur le marché pour presque 60 pour cent des aliments pendant l’année de consommation et puis sur les aliments de cueillette pour 15 pour cent (surtout entre octobre et décembre). Le paiement en nature (10 pour cent essentiellement pendant la période de récolte octobre/novembre et dans une moindre mesure avec le séjour des transhumants dans la zone (juillet‐septembre), la récolte propre et les emprunts des aliments sur la récolte propre ou autre bien (15 pour cent surtout entre avril‐juin/juillet) constituent le reste. Contrairement aux ménages pauvres, qui gagnent plus de 30 pour cent des revenus de la vente des petits ruminants, les ménages très pauvres restent toujours fortement dépendants sur la cueillette ; en année moyenne, ils gagnent 35 pour cent des revenus annuels de la vente des aliments sauvages et encore 35 pour cent de la vente du bois de chauffe pour le marché local. Par conséquent, ces ménages sont extrêmement vulnérables à une faible disponibilité surtout en aliment sauvage, et aux prix élevés des produits alimentaires de base.

    En fin septembre les ménages pauvres détenaient toujours des stocks alimentaires grâce à la deuxième distribution de blanket feeding entre juillet‐septembre de l’année de consommation. FEWS NET interprète la disponibilité des stocks en fin de l’année de consommation est signe d’un bon niveau de capacité d’adaptation. La taille du cheptel (petits ruminants) chez les ménages très pauvres observé lors de la mission de FEWS NET en septembre 2011 dans le Bahr El Gazel était de l’ordre de 4 têtes de petits ruminants contre 5‐10 têtes en année moyenne. Alors en dépit d’une année des conditions pastorales excellentes (2010/11), le gain réalisé sur le bétail n’a pas pu amortir les pertes subies pendant les deux campagnes de déficits successifs de pâturages dans l’ouest de la zone en 2008/09 et 2009/10.

    Le prix de mil pénicillaire, la céréale de base, à Moussoro, principal marché pastoral, en septembre 2011 est légèrement élevé ; il est 11 pour cent supérieur à celui de l’année passée, 12 pour cent supérieur à 2009 (une année de crise), et plus de plus de 17 pour cent supérieur à la moyenne quinquennale.

    Actuellement, au moins 80 pour cent de la population de la zone y compris les ménages pauvres se trouve en insécurité alimentaire aiguë Aucune ou Minime (IPC Phase 1) grâce à la disponibilité même si moins importante que d’habitude des aliments sauvages, des récoltes, de la vente du bois, et de la demande de main d’œuvre occasionnée par la présence des transhumants.

    La projection des résultats de l’insécurité alimentaire aiguë jusqu’à mars se fond sur les suppositions suivantes:

    • Du fait des pauses pluviométriques et du passage des sautereaux, il y aura une baisse de la production propre et de la disponibilité des aliments de la cueillette de 25‐50 pour cent par rapport à la moyenne. Les ménages très pauvres prioriseraient la vente des produits sauvages au lieu de la consommation. Cela constitue une baisse des sources alimentaires des ménages très pauvres d’environ 20 pour cent qui devrait se combler par une augmentation des achats de 60 pour cent des sources d’alimentation annuelles à environ 80 pour cent.
    • La disponibilité des pâturages en dessous de la moyenne fera qu’il y aura une arrivée tardive des transhumants dans la zone affectant les échanges en natures et autres revenus liés au séjour des transhumants l’activité du bétail (garde, convoyage, vente des produits artisanaux).

    L’équilibre de l’augmentation de l’offre des produits de cueillette par préférence à la vente dans un contexte de disponibilité moins importante que d’habitude fera que les revenus de cette activité seront environ moyens. En supposant que les ménages très pauvres doublent la recherche et la vente du bois, l’augmentation du coût d’opportunité (plus de temps à rechercher une ressource en diminution) et le prix inférieur à la moyenne vu la demande locale limitée, fera que les revenus de cette activité n’augmenteront pas plus que 30 pour cent environ sur toute l’année. En plus des conditions actuelles, ces facteurs seront toujours suffisants pour assurer les besoins essentiels alimentaires et non‐alimentaires (IPC Phase 1 : insécurité alimentaire Aucune ou Minime) des ménages très pauvres grâce aux produits de la cueillette, la production propre, et du marché jusqu’à en décembre/janvier.

    À partir de janvier, les ménages pauvres sont entièrement dépendants du marché. Les produits de la cueillette seront épuisés comme source de revenus, les transhumants seront partis (diminution de la demande de la main d’œuvre). En plus de la vente de bois, qui constituera la principale source de revenu, les ménages pauvres commenceront à vendre les petits ruminants en janvier/février 2012 au lieu d’avril/juin en année moyenne. Les termes de l’échange de bouc à mil seront à partir de février/mars inférieurs à la moyenne. La précocité de la vente des petits ruminants sera le premier signe d’un déficit de protection des moyens d’existence et une insécurité alimentaire aiguë de Précarité/Stress (IPC Phase 2).

    Nord Ouara, Biltine et Assoungha au nord de la Zone « Est, céréales pluviales et maraîchage »

    Dans cette zone, les ménages pauvres constituent 27 pour cent de la population et assurent grâce aux productions propres (récolte des cultures, paiement en nature produits de cueillettes) étalées sur la période d’octobre à janvier en année moyenne près de 60 pour cent de leur source de nourriture. Les emprunts alimentaires constituant prés de 20 pour cent de sources de nourritures sont mobilisés pendant la soudure (juillet à septembre) auprès des ménages moyens à nantis. Les achats des produits alimentaires assurent entre 25 pour cent de source de nourriture en année normale, notamment entre mars/avril et août et sont essentiellement financés par le revenu du travail agricole, la vente de bois ou de la paille, plus dynamique entre décembre à juin. La migration interne pour monnayer la main d’œuvre dans les grands centres urbains (Abéché, Faya, N’Djamena) en particulier dans les chantiers de construction et la manutention à travers le circuit de commercialisation constitue un appoint. Ceci montre la vulnérabilité des ménages pauvres, à la fois suite à une réduction de la production agro sylvo pastorale, mais aussi à une faible demande de la main d’œuvre non qualifiée.

    Les stocks de report sont particulièrement importants dans toute la zone Est : céréales pluviales et maraîchage, incitant une offre anormalement élevée de crédit alimentaire des commerçants comme stratégie de renouvellement des stocks. Cela, conjuguée aux deux périodes de blanket feeding pendant l’année de consommation 2010/11 fait que même les ménages pauvres ont un stock alimentaire ménager à la fin de la soudure en fin septembre/début octobre en attendant les récoltes retardées. Cette disponibilité des stocks ménagers à la fin de la soudure est singulière. En début octobre, au moins 80 pour cent de la population ne dépend pas sur l’assistance alimentaire pour pouvoir assurer les besoins minimums et se trouve sans insécurité alimentaire aiguë.

    Les informations de terrain recueillies en fin septembre 2011 dans la zone révèlent que les deux dernières décades de septembre ont été sèches suite à une interruption des pluies vers la mi‐septembre. Du démarrage tardif de l’hivernage à cette fin précoce, il s’en suit une courte durée de saison pluvieuse. Les semis réussis dans l’intervalle de fin juillet à début août souffrent alors de déficit hydrique dans leur phase reproductive. Cette interruption précoce des pluies, affecterait inévitablement les rendements dans les parcelles de sols marginaux qui par cette campagne de courte durée n’ont pas eu l’occasion d’accumuler suffisamment d’eau. Il y a également des attaques plus généralisée des sautereaux dans la partie Nord de la zone et d’oiseaux granivores ayant contraints les producteurs à opérer des récoltes prématurées souvent des grains immatures, ce qui réduira à la fois la quantité et la qualité de la production pluviale dans cette zone. Comme ces événements sont arrivées vers la fin de la campagne, les ménages pauvres ont déjà engagé les emprunts typiques contre la production pluviale (>15 pour cent des sources d’alimentation annuelles) entre juin‐août.

    Les hypothèses ci‐après ont sous‐tendent la projection des résultats de la sécurité alimentaire à mars 2012 :

    • Une baisse d’au moins 20 à 30 pour cent de la production céréalière est attendue dans la zone.
    • Réduction d’au moins 30 pour cent de la production d’arachide, principale culture de rente pluviale dans la zone pouvant conduire à une hausse d’au moins 10 pour cent par rapport à la moyenne quinquennale entre octobre et décembre. Entre Janvier et mars une hausse 15 à 20 pour cent de celui prix quinquennal est envisageable avec la forte demande typique de transformation d’arachide.
    • Réduction de la durée de la pâture d’au moins deux mois jusqu’en janvier/février au lieu d’avril comme d’habitude suscitant une migration temporaire précoce (février/mars, au lieu d’avril) du bétail typiquement sédentaire en direction de l’extrême sud de la zone et/ou le Salamat.
    • Baisse d’au moins 30 pour cent de produits de cueillette (graminées sauvages, jujube, etc.).
    • Pertes de 25‐40 pour cent à travers la zone des cultures maraîchères conduites en pluviale, notamment gombo, tomate par rapport à une année moyenne.
    • Destruction d’au moins 30 pour cent des pépinières maraîchères de contre saison (oignon, gombo, légumes feuilles etc.) par rapport à une année moyenne.
    • Il n’y aura pas d’assistance alimentaire significative outre que la prise en charge nutritionnelle dans la zone entre octobre et mars.
    • Les dons ne seront pas significativement différents à la normale.
    • Le différentiel de prix entre les marchés frontaliers du Tchad et du Soudan, actuellement plus de 50 pour cent de différence, n’inciterait pas une sortie excessive additionnelle des céréales commercialisées en direction du Soudan compte tenu des tracasseries administratives et prélèvements des taxes illicites de part et d’autres de la frontière.

    La baisse de 30 pour cent à la fois des produits de collecte (jujube, tamarin, foin) et de la production de rente (arachide, gombo, tomate) constitue a la fois une perte de source alimentaire et de revenu, ce qui accroit la dépendance du marché. Malgré que les ménages pauvres diminuent l’autoconsommation de ces produits au profit de la vente il y aura une diminution d’au moins 20 pour cent du revenu par rapport à une moyenne. Ce revenu pour la période sera en grande partie absorbé par les dépenses incompressibles de fin d’année. Toutefois, ces ménages faiblement endettés par rapport à la moyenne bénéficiant d’une situation singulière avec des stocks alimentaires en début octobre en attendant les récoltes peuvent assurer l’essentiel de leur besoin alimentaire et de protection des moyens d’existence sans stratégies de stress entre octobre et décembre.

    La période de janvier à mars coïncide avec l’épuisement des faibles récoltes autoproduites chez les ménages pauvres à très pauvres et l’amorce d’une hausse saisonnière des prix des céréales. Les opportunités d’emploi seront réduites à travers une baisse de 30 pour cent de production arachidière pour la transformation et une destruction d’au moins 30 pour cent de pépinières pour la conduite des maraîchages de contre saison. Confrontés à plus d’achat de céréales qu’en année moyenne en période de hausse des prix, avec des revenus réduits pour la période et des sollicitations pour des cérémonies familiales entre janvier et février, ces ménages se verront contraint de mobiliser une partie de leur épargne matérialisée par les petits ruminants dont la taille 2 à 3 têtes /ménages est en deçà de la moyenne 4‐5 têtes. Pour ceux des ménages ne disposant de petits ruminants, un départ plus précoce en migration saisonnière dès novembre (au lieu de janvier) du chef de famille sera suivi par les autres membres à partir de janvier pour mieux rationner le faible revenu de la migration. Ces stratégies se feront souvent au détriment de la protection des moyens d’existence, mais aussi en termes de léger déficit par rapport au seuil de survie en procédant à un rationnement plus réductible des rations alimentaires habituelles. Ces ménages se retrouveront en phase de stress (Phase 2) et nécessite par conséquent une assistance pour pérenniser leurs moyens d’existence.


    Perspective de mars à septembre 2012

    En projetant après mars 2012, FEWS NET ajoute les suppositions suivantes au scénario.

    • Les pluies de 2012 s’installeront normalement en mai/juin selon la climatologie.
    • Il y aura une arrivée normale en juin/juillet des populations transhumantes sous la supposition d’un démarrage normal des pluies de 2012.
    • Les termes d’échanges bétail /céréale seront en baisse typique sur la période d’avril à septembre
    • Les ventes subventionnées et distributions gratuites de blanket feeding seront mobilisées en périodes soudures allant de mai à septembre selon les zones.

    Nord Ouara, Biltine et Assoungha dans la Zone « Est, céréales pluviales et maraîchage »

    Avec la raréfaction précoce des foins cette année à partir de janvier, les ménages pauvres à très pauvres bénéficieront de transfert de migration d’au moins un actif en plus du chef de ménages pour soutenir les membres de la famille entre mars et mai. Néanmoins, cela ne pourra compenser qu’en partie la perte occasionnée par la baisse escomptée de 40‐50 pour cent sur les cultures maraîchères d’hiver et le revenu issu de travaux de culture de contre saison dont la production sera réduite de l’ordre de 30 pour cent. Une hausse typique des prix de céréales de l’ordre de 10 pour cent après la récolte de contre saison en mars, coïncide avec l’amorce d’une baisse habituelle de revenu global jusqu’en juin. Les termes d’échanges main d’œuvre salariale/mil seront en baisse typique avec perte de 1 à 2 kg d’équivalent céréalier par salaire moyen journalier. Ces ménages se verront contraints à un rationnement des faibles denrées alimentaires disponibles, mais sans déficit majeur par rapport à la ration habituelle. Néanmoins, ils ne parviendront pas à assurer la protection de leurs moyens d’existence. Ces ménages se maintiendront en situation de précarité alimentaire ou stress entre avril et juin

    La période de juillet à septembre coïncide avec le pic de prix de céréales, des opportunités très limitées d’accès au revenu à travers l’emploi agricole souvent au détriment de la parcelle de culture. Aussi sur la taille réduite de petits ruminants 2‐3 tête/ménage ou un prélèvement précoce a été déjà opéré entre janvier et mars, ces ménages pourraient entamer des ventes touchant même les géniteurs sans pour autant subvenir aux besoins alimentaires requis des membres de la famille. Compte tenu des faibles disponibilités alimentaires, les ménages pauvres procéderont à des coupes conséquentes sur la ration alimentaire qui peuvent conduire à une détérioration de la situation nutritionnelle dans la zone par rapport aux niveaux de fond. Cependant, les interventions ciblées du gouvernement et ses partenaires sur la période ; notamment la vente subventionnée des céréales par l’Office National de la sécurité alimentaire, le blanket feeding du PAM pourraient atténuer l’ampleur des déficits alimentaires sans pour autant assurer la protection des moyens d’existence. Ce qui maintiendrait ces ménages en situation de précarité alimentaire ou stress.

    Zone de Transhumance (sud de la zone)

    La période d’avril à Juin coïncide avec une dépendance totale des ménages très pauvres d’achat des aliments sur le marché. Une hausse traditionnelle du prix du mil, une diminution des apports de la migration est aussi observée sur cette période. Ces ménages se verront contraints de recourir à des stratégies négatives dont la vente des géniteurs vu la taille fort réduite (2 à 3 têtes restantes) des petits ruminants pour répondre aux besoins alimentaires. Ceux des ménages à cours des petits ruminants procéderont à un rationnement rigoureux de faibles quantités de nourritures mobilisées induisant des déficits alimentaires élevés par rapport aux besoins requis. Ceci conduirait à une détérioration de la situation nutritionnelle conduisant à un taux de malnutrition aigue globale déjà élevé, à un niveau supérieur au niveau de fond pour la période dans la zone. Ces ménages très pauvres ne pouvant assurer la protection de leur moyen d’existence et ayant un déficit au seuil de survie pourraient se trouver en situation de crise sur la période (Phase 3).

    De juillet à septembre la période coïncide avec le séjour des transhumants dans la zone et partant la reprise dynamique des marchés et la meilleure accessibilité en lait dans l’année. En outre, les interventions du gouvernement et ses partenaires, notamment la vente subventionnée des céréales et les distributions gratuites du blanket feeding, sont opérées pendant cette période et renforcent l’accès à la nourriture des ménages très pauvres. Ces ménages pourraient basculer en situation de précarité alimentaire ou stress de juillet à septembre.


    Tableau 1. Événements moins probables dans les prochains six mois qui pourraient changer les scenarios ci‐dessus.
    ZoneÉvénementImpact sur les conditions de la sécurité alimentaire
    NationaleRappel des mesures gouvernementales de plafonnement et de contrôle des prixEcart important des prix entre les zones de production excédentaires et les zones déficitaires en céréales ; Prix au producteur insuffisant pour soutenir les moyens d’existence ; Prix au consommateur paradoxalement plus élevé que sans plafonnement suite au manque d’offre aux prix légaux
    TranshumanceFeu de broussePertes additionnels de pâturage et de produits de collecte (fruits sauvages, foin, bois) que prévu et accès alimentaire plus difficile que prévu ; perte précoce de l’embonpoint du bétail
    Céréales pluviales et maraîchagesAttaques sévère d’oiseaux granivores sur au moins 50 pour cent de superficies récoltablesBaisse sensibles des récoltes céréalières ; faibles disponibilités alimentaires ; précocité de la hausse des prix ; accès limités des ménages pauvres à très pauvres aux céréales déficit alimentaire

     

    Figures Calendrier saisonnier et événements critiques

    Figure 1

    Calendrier saisonnier et événements critiques

    Source: FEWS NET

    Figure 1. Carte des résultats actuels de la sécurité alimentaire, Octobre 2011

    Figure 2

    Figure 1. Carte des résultats actuels de la sécurité alimentaire, Octobre 2011

    Source: FEWS NET

    Figure 2. Carte des zones de moyens d’existence au Tchad

    Figure 3

    Figure 2. Carte des zones de moyens d’existence au Tchad

    Source: FEWS NET

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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