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Les résultats de Crise ! (Phase 3 ! de l’IPC) persisteront dans l’Est du Tchad en dépit des récoltes en octobre

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  • Messages clé
  • Contexte de la sécurité alimentaire
  • Anomalies actuelles des conditions de sécurité alimentaire en juin 2026
  • Résultats actuels de l’insécurité alimentaire en juin 2026
  • Suppositions clés sur les conditions atypiques de sécurité alimentaire soutenant le scénario le plus probable jusqu’en janvier 2027
  • Résultats projetés de l’insécurité alimentaire aiguë jusqu’en janvier 2027
  • Annexe 1 : Principales sources de preuves utilisées dans cette analyse
  • Annexe 2 : Approche analytique de FEWS NET expliquée
  • Annexe 3 : Calendrier saisonnier
  • Annex 4 : Évènements qui pourraient changer les résultats projetés de l’insécurité alimentaire aiguë
  • Annexe 5 : Analyse détaillée de l’assistance alimentaire humanitaire
  • Annexe 6 : Résultats projetés en matière d’insécurité alimentaire aiguë et zones bénéficiant de niveaux significatifs d’assistance alimentaire humanitaire
  • Messages clé
    • Les résultats de Crise ! (Phase 3 ! de l’IPC) persisteront jusqu’en janvier 2027 dans les départements d’Assoungha, Kimiti, Wadi Hawar, Dar‑Tama et Kobé. Les réfugiés, représentant plus de 30 pour cent de la population dans ces départements, sont démunis de tous moyens d’existence. Ils dépendront largement du marché et de l’assistance alimentaire, exerçant des pressions sur les moyens d’existence de la population hôte. Toutefois, pour les ménages hôtes, les déficits de consommation alimentaire observés pendant la période de soudure s’amélioreront avec les récoltes à partir d’octobre.
    • Des résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) sont attendus dans la province du Lac jusqu’en janvier 2027, sauf le département de Wayi qui serait en Stress (Phase 2 de l’IPC) entre octobre et janvier 2027. La persistance des attaques des groupes armés terroristes (GAT) et la dégradation des moyens d’existence, notamment la pêche et l’élevage, entraînent une baisse des revenus, des prix élevés des aliments avec un quasi‑arrêt du commerce transfrontalier. Des déficits de consommation alimentaire seront observés chez les déplacés internes et les populations hôtes.
    • Des résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) sont anticipés entre juin et septembre 2026 dans le nord des provinces de Kanem et Barh-El-Gazel. Dans cette zone pastorale, le début de la saison accuse un retard. Les ménages, dépendants des marchés, sont aussi confrontés à des coûts élevés d’entretien du bétail, et à la détérioration de la plupart de leurs sources de revenus. Le faible pouvoir d’achat les pousse à des ventes atypiques de leur capital productif. À partir d’octobre, ces conditions s’amélioreront ainsi que la consommation alimentaire.
    • FEWS NET estime que 2,5 à 2,99 millions de personnes auront besoin d’assistance alimentaire, qui atteindra son maximum entre juillet et septembre 2026. Les groupes de population concernés sont les réfugiés soudanais, les retournés tchadiens et les personnes déplacées internes dans la province du Lac.

      L’analyse présentée ici est basée sur les informations disponibles au 22 juin 2026.  

    Contexte de la sécurité alimentaire

    Le conflit soudanais a entraîné l’afflux des réfugiés soudanais et des retournés tchadiens dans les provinces de l’Est du Tchad, en particulier à Ouaddaï, Sila, Wadi Fira et Ennedi-Est. Les réfugiés sont fortement concentrés dans le département d’Assoungha, dans la province du Ouaddaï. Malgré la diminution du nombre d’arrivées des réfugiés en 2025, estimée à 180 000, par rapport à 2023 (484 950) et 2024 (238 600), l’attaque d’El Fasher en octobre 2025 a entraîné une vague de réfugiés qui est arrivée dans les provinces de Wadi Fira et d’Ennedi-Est, augmentant considérablement la population dans les provinces de l’est et exerçant une pression sur les sources de nourriture et de revenus de la population hôte. Dépourvus de leurs moyens d’existence, ils ne disposent que de sources de revenus très limitées et entrent en concurrence avec les communautés hôtes pour les rares opportunités de travail, qu’elles soient agricoles ou non. Ainsi, pour satisfaire leurs besoins alimentaires, les réfugiés dépendent largement de l’assistance alimentaire, alors même que les acteurs humanitaires font face à des difficultés de financement croissantes. En outre, la dégradation de l’insécurité le long de la frontière entre le Soudan et le Tchad avec les affrontements entre les forces tchadiennes et les éléments de la Force Rapide de Soutien du Soudan (RSF), qui ont entraîné la fermeture de la frontière par le gouvernement tchadien, risque aussi de détériorer les conditions de sécurité alimentaire.

    Les conflits résultant des attaques des groupes terroristes dans le bassin du Lac Tchad, des rebelles dans les frontières avec la Libye et la République centrafricaine et les conflits intercommunautaires dans la région soudanienne impactent les moyens d’existence des ménages, les flux commerciaux et le fonctionnement des marchés. Dans le Lac, la persistance de l’insécurité depuis 2015, due aux attaques de l’État Islamique de la province de l’Afrique, a entraîné l’abandon des terres cultivables, des déplacements des populations et la diminution des activités de pêche. Bien que ces attaques soient devenues sporadiques, la région du Lac enregistre plus de 219 595 PDI. Dans le Nord, le long de la frontière avec la Libye, les attaques par les forces de sécurité des rebelles du Front pour l’Alternance et la Concorde (FACT) et du Front de la Nation pour la Démocratie et la Justice au Tchad (FNDJT) ont jusqu'à présent été relativement maîtrisées et perturbent sporadiquement les flux commerciaux en provenance de la Libye. Cette perturbation des flux transfrontaliers affecte l’approvisionnement des marchés dans les zones déficitaires, notamment dans les provinces du Nord, ainsi que dans le Kanem et le Bahr-el-Gazal (BEG). Les conflits intercommunautaires, y compris ceux entre agriculteurs et éleveurs, ainsi que les conflits fonciers, sont plus fréquents en zone soudanienne et au Lac. Ces violences entraînent des déplacements de population, sont souvent meurtrières et perturbent le fonctionnement des marchés, de la pêche et des activités de production agricole et animale.   

    Les moyens d’existence des ménages du Tchad sont principalement l’agriculture et l’élevage. La production agricole, qui s'étend des zones à dominante agricole du sud aux zones agropastorales, est très sensible à la variabilité des précipitations, notamment aux sécheresses et aux inondations. En 2024, les inondations, qui coïncidaient avec la phase de maturation des cultures, ont détruit plus de 418 300 hectares de champs, entraînant une baisse des récoltes. Cependant, la saison agricole de 2025/2026 a été surtout marquée par une mauvaise répartition temporelle et spatiale de la pluviométrie dans la zone soudanienne, ce qui a perturbé les périodes de semis et de récolte dans les zones agricoles et agropastorales. Typiquement dans la zone agricole soudanienne, les semis commencent vers fin avril jusqu’en juin et la récolte à partir de septembre et décembre, mais la campagne agricole 2025 a accusé un retard dépassant souvent 30 jours dans certaines provinces de la zone. Bien que les opportunités de travail agricole soient la principale source de revenus pour les ménages pauvres pendant la période de soudure, dans les zones de conflit potentiel, l’accès aux champs et aux sources de nourriture et de revenus pourrait être menacé. Dans les zones pastorales, la période de soudure se déroule typiquement d’avril à juin, début de la période des pluies. La sécheresse des pâturages, ainsi que le tarissement des points d’eau, affecteront l’état d’embonpoint du bétail, ses valeurs marchandes et la production de lait—réduisant ainsi la source de nourriture et de revenus des pasteurs pendant cette période. 

    En savoir plus

    Les liens suivants fournissent des informations supplémentaires :

    Anomalies actuelles des conditions de sécurité alimentaire en juin 2026

    Figure 1

    Anomalie du début de saison de pluie par rapport à la moyenne au 20 juin 2026

    Source: FEWS NET/USGS

    • L’afflux des réfugiés soudanais demeure le principal facteur déterminant de l’insécurité alimentaire dans les provinces orientales d’Ouaddaï, Wadi Fira, Sila et Ennedi-Est. Au 21 juin 2026, 932 771 réfugiés soudanais et 400 914 retournés tchadiens sont arrivés au Tchad. Ils sont constitués à 87 pour cent de femmes et d’enfants et 13 pour cent de personnes souffrant d’infirmité, incapables de travailler. Malgré les efforts de relocalisation, le poids démographique de ces réfugiés en mai 2026 reste particulièrement élevé, représentant 32 pour cent de la population à Kimiti, 30 pour cent à Dar Tama, 56 pour cent à Assoungha, 57 pour cent à Kobé et 63 pour cent à Wadi Hawar. Ils arrivent complètement démunis, augmentant la demande des assistances alimentaires humanitaires. Ils dépendent essentiellement de cette assistance des acteurs humanitaires et des marchés locaux, où la demande a fait grimper les prix à des niveaux inhabituellement élevés, limitant ainsi l'accès à la nourriture pour les ménages hôtes. Une analyse menée en mai 2026 par le Programme Alimentaire Mondial (PAM) a montré une réduction nette des superficies cultivées en contre-saison dans les zones les plus touchées par les afflux de réfugiés. Les réductions de superficies observées sont anticipées avoir des impacts négatifs sur les performances des économies locales, notamment sur l'approvisionnement en céréales, l'évolution à la hausse des prix et la diminution des opportunités de travail et de revenus.
    • La situation sécuritaire, qui affectait déjà 82 pour cent des provinces, s’est détériorée dans l’ensemble du pays, comme en témoigne une augmentation de 60 pour cent des conflits entre janvier et mai 2026 par rapport à la même période de 2025. Du 1er janvier au 6 juin 2026, le pays a connu 102 évènements violents en 5 mois selon ACLED, contre 189 toute l’année 2025. Ils ont entraîné la mort de 234 personnes contre 358 toute l’année 2025. Les incidents ont été plus fréquents dans la province du Lac avec 26 évènements et 44 morts. Ils ont impliqué toutes les communautés (forces armées, civils, femmes, agropasteurs et pêcheurs) et ont entraîné des déplacements d’environ 220 000 personnes dans la province du Lac qui a été placée sous état d’urgence depuis le 7 mai 2026. Les conflits agriculteurs-éleveurs persistent aussi dans plusieurs provinces en raison de la pression autour des îlots rares de pâturages et des points d’eau. Dans les provinces de l’Est, les affrontements entre l’armée tchadienne et les forces de soutien rapide (RSF) du Soudan ont entrainé la fermeture de la frontière avec le Soudan. Ainsi, ces conflits provoquent des destructions de stocks alimentaires et des déplacements forcés, perturbent les moyens d’existence, entravent les flux transfrontaliers et désorganisent les marchés, avec des pénuries et des hausses atypiques des prix. 
    • Pendant la période de soudure, la demande dépassera l'offre saisonnière du marché, en particulier dans les provinces de l'Est, où l'afflux de réfugiés et la fermeture de la frontière accentuent la demande.Les prix ont tendance à augmenter. La hausse mensuelle des prix se poursuit et se généralise sur tous les marchés. Pour le mil, la hausse mensuelle à l’échelle nationale était de 4 pour cent en avril et de 18 pour cent en mai. Toutefois, malgré ces hausses mensuelles, le prix du mil demeure inférieur à la moyenne quinquennale de 7 pour cent. Les prix du riz local, du sorgho et du maïs sont par contre supérieurs à la moyenne quinquennale de respectivement 3, 4 et 7 pour cent. Les prix du riz importé et de la farine de blé sont très élevés en mai, de plus de 35 pour cent et 54 pour cent, respectivement, par rapport à la moyenne quinquennale.
    • La désinflation continue. Le taux d’inflation annuel a encore baissé négativement en se portant à moins 3.7 pour cent en avril 2026 (moins de 3.6 pour cent en mars) selon l’INSEED, supportée par la diminution des prix des viandes (moins 4.5 pour cent), des fruits (moins 5 pour cent) ainsi que des pains et céréales (moins un pour cent). Cette évolution améliore momentanément le pouvoir d’achat en milieu urbain et en zone rurale chez les consommateurs du mil dont le prix continue à être inférieur à la moyenne quinquennale.
    • L’installation de la saison des pluies progresse de manière disparate dans toutes les zones agricoles du pays (Figure 1)Au 20 juin 2026, elle a été précoce de 10 à 20 jours dans l’extrême sud de la zone soudanienne et localement dans le centre-nord de la zone agropastorale centrale. Ailleurs, elle accuse des retards de 10 à 30 jours avec des poches d’installation normale. Elle n'a pas encore commencé dans la zone pastorale. Les retards d’installation réduisent les opportunités de travail agricole et affectent les revenus des ménages pauvres, qui se détériorent progressivement, alors qu’ils dépendent fortement des marchés. Dans les zones pastorales et agropastorales, à cause du retard de l’installation de la saison, l’embonpoint des animaux est en détérioration à cause du manque de pâturages et des points d’eau. Les charges d’entretien du bétail augmentent, affectant négativement le pouvoir d’achat des ménages, ce qui les contraint à vendre davantage leurs actifs productifs et/ou à s’endetter. 

    Assistance alimentaire humanitaire

    • L’assistance alimentaire humanitaire se poursuit, mais fait face à un défi de financement. Au 18 juin 2026, seulement 66 millions de dollars ont été mobilisés sur les 155 millions requis pour le secteur de la sécurité alimentaire du Plan de réponse humanitaire 2026, soit environ 42,7 pour cent des besoins. Ainsi, pour les réfugiés soudanais des provinces de l’Est, le PAM poursuit son assistance, mais il a été contraint d’alterner les distributions mensuelles. En outre, des ONG caritatives comme Qatar Charity, assistent les ménages pauvres avec des distributions gratuites à l’exemple de celle qui a eu lieu en mai à Hadjar Lamis, où 310 kits alimentaires à 2170 personnes, ce qui permet de couvrir les besoins essentiels des ménages pendant un mois.
    Résultats actuels de l’insécurité alimentaire en juin 2026

    Des résultats de Crise ! (Phase 3 ! de l’IPC) sont toujours observés dans les départements fortement touchés par l’afflux de réfugiés — Assoungha (Ouaddaï), Kimiti (Sila), Wadi Hawar (Ennedi‑Est), Dar‑Tama et Kobé (Wadi Fira). Dépourvus de moyens d’existence, les réfugiés sont très dépendants du marché, avec des revenus réduits consécutivement à la raréfaction des opportunités de travail liées au retard d’installation de la saison. La hausse continue des prix les contraint à emprunter de la nourriture, à réduire le nombre de repas par jour et à consommer des aliments moins préférés, entraînant des déficits de consommation alimentaire persistants et une dépendance accrue à l’assistance alimentaire. 

    Les ménages hôtes sont également tributaires du marché et font face à des prix nettement supérieurs à la moyenne, excepté le mil. Toutefois, leurs revenus — issus du salariat, agricole ou non agricole, et de la vente de produits de cueillette — sont très limités et insuffisants pour couvrir leurs besoins alimentaires. Ils font recours à la consommation d’aliments moins chers, aux emprunts sur la base de ventes anticipées des jours de travail, au recours accru à la vente d’eau et de paille, ainsi qu’à la réduction du nombre de repas.

    Des résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) sont aussi en cours dans les départements des provinces d’Ouaddaï, Sila, Wadi Fira et Ennedi‑Est où la présence de réfugiés demeure faible (Amdjarass, Biltine, Megri, Ouara, Abdi et Djourf Al Ahmar). Les ménages pauvres ont leurs stocks totalement épuisés et sont entièrement dépendants des marchés. Les prix des denrées alimentaires sont déjà supérieurs à la moyenne sur plusieurs marchés. Avec l’installation de la période de soudure, les revenus sont inférieurs à la moyenne en raison de la fin de la cueillette de la gomme arabique et des activités de contre‑saison. Les opportunités d’emprunt sont limitées. Les ménages sont contraints de réduire le nombre de repas et présenteront des déficits de consommation alimentaire.

    Dans la province du Lac, des résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) persistent dans tous les départements. La recrudescence des attaques des GATs et les restrictions sécuritaires réduisent l’accès aux zones agricoles et de pêche, tout en entraînant des déplacements de la population. La perturbation du fonctionnement des marchés, due à l’insécurité, a entraîné des difficultés d’approvisionnement et la hausse des prix des produits alimentaires de base. Le prix du maïs, principale céréale produite et consommée dans la province, est en hausse de plus de 10 pour cent sur l’ensemble des marchés. Les revenus des ménages hôtes et des PDI sont en diminution ou en rupture en raison de la détérioration des moyens d’existence, du ralentissement des marchés et du quasi-arrêt du commerce transfrontalier. Ainsi, les ménages pauvres et les PDI font face à des déficits de consommation et sont contraints de recourir à des stratégies d’adaptation telles que la consommation d’aliments moins chers, la réduction du nombre de repas et l’emprunt de nourriture. 

    Dans la zone pastorale du Nord Kanem et de Barh-El-Gazel Nord, des résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) sont observés. La saison tarde à s’installer et les coûts d’entretien du bétail sont très élevés. Le prix du bétail est au-dessus de la moyenne tandis que celui des céréales est plus bas, ce qui donne des termes de l’échange favorables aux ménages pastoraux. Toutefois, le coût élevé de l’entretien du bétail et la baisse des revenus complémentaires issus de la vente des produits de cueillette réduisent le revenu disponible pour l’achat d’aliments. Ainsi, des déficits de consommation alimentaire sont observés chez les ménages pauvres, qui commencent à réduire le nombre de repas, à s’endetter davantage ou à vendre une partie de leurs actifs productifs constitués de faibles effectifs de petits ruminants et de bovins.

    Dans le reste de la zone pastorale et dans les provinces du nord du pays, Borkou, Ennedi-Ouest et Tibesti, des résultats de Stress (Phase 2 de l’IPC) persistent. La présence de cours d’eau et de vallées propices à l’agriculture et à l’élevage, couplée avec quelques pluies tombées en mai-juin dans le sud des zones pastorales de Batha Est et Ouest, maintient le coût d’entretien du bétail à un niveau adéquat. Le prix du bétail est au-dessus de la moyenne, tandis que celui des céréales est plus bas, ce qui donne des termes de l’échange favorables aux ménages pastoraux. De plus, les conditions sécuritaires à la frontière avec la Libye permettent la continuité des activités transfrontalières. Avec les récoltes de dattes et les ventes de bétail en cours, les revenus générés permettent aux ménages, majoritairement dépendants du marché, d’assurer une consommation alimentaire juste adéquate, mais sans possibilité de couvrir les besoins non alimentaires.

    Dans la zone agropastorale centrale et la zone soudanienne, des résultats de Stress (Phase 2 de l’IPC) sont observés dans les provinces de Salamat, Moyen-Chari, Tandjilé et Guéra. Les conditions alimentaires des ménages pauvres se dégradent avec l’épuisement généralisé des stocks, la fin des productions de contre-saison, la raréfaction des ventes de produits de cueillette et de fruits, et la hausse mensuelle atypique des prix, notamment du mil. Les ménages pauvres sont sans stocks et dépendent du marché, où les prix sont en hausse comparativement à la moyenne quinquennale. Toutefois, ils peuvent couvrir leurs besoins alimentaires, mais le niveau encore faible de l’installation de la saison agricole ne leur permet pas d’acquérir des revenus suffisants du salariat agricole et d'autres activités de cueillette résiduelles pour couvrir tous les besoins, notamment non alimentaires. Certains ont recours à l’endettement.

    Suppositions clés sur les conditions atypiques de sécurité alimentaire soutenant le scénario le plus probable jusqu’en janvier 2027

    Figure 2

    Projection des prix du mil à Adré

    Source: Estimations de FEWS NET à partir des données du SIMPA

    • Des précipitations inférieures à la moyenne sont attendues dans la zone sahélienne et moyennes dans la zone soudanienne du Tchad de juin à septembre. La durée de la saison pourrait être plus longue que d'habitude dans toutes les zones, avec un démarrage précoce à normal et une fin normale à tardive. Des séquences sèches allant de moyennes à longues sont prévues durant la seconde moitié de la saison des pluies dans la zone agricole du Tchad. Toutefois, les écoulements des rivières excédentaires dans les bassins du Logone et du Lac Tchad pourraient entraîner un risque d'inondation, tandis que le débit du Chari resterait dans la moyenne. 
    • Les productions agricoles de 2026 seraient globalement inférieures à la moyenne dans la zone sahélienne et moyennes dans la zone soudanienne. Toutefois, des poches de production inférieures à la moyenne seront observées dans les localités à faibles cumuls pluviométriques mal répartis, jalonnées de séquences sèches et affectées par un accès insuffisant aux engrais.
    • Les affrontements directs entre les forces tchadiennes et les éléments des RSF continueront de manière sporadique, mais se multiplieront, entre novembre 2026 et janvier 2027, période où la mobilité s'améliore avec l’arrêt des pluies. Ils entraîneront des fermetures de frontières et restreindront gravement le peu de commerce transfrontalier informel et l'accès humanitaire dans les provinces de l'Est. 
    • De juin 2026 à janvier 2027, les arrivées de réfugiés à l’Est du Tchad en provenance du Grand Darfour (Soudan) devraient se poursuivre au rythme actuel, selon la persistance des affrontements entre les RSF et l'armée soudanaise et entre les RSF et les forces tchadiennes. Leur arrivée dégradera continuellement les moyens d’existence des populations des zones d’accueil des réfugiés durant toute la période du scénario. Elle va également augmenter la concurrence sur les ressources dans les camps et les communautés d’accueil, poussant souvent à des émeutes similaires à celles qui ont eu lieu à Gaga, Goz Amir et Djabal en avril 2026.
    • Les incursions de l’État Islamique en Afrique de l’Ouest (EIAO) et de Boko Haram contre les agriculteurs, les éleveurs et les autres civils de la province du Lac se poursuivront à un rythme modéré jusqu'en janvier 2027. Elles seront aggravées par la lutte d’influence entre les deux groupes armés, provoquant des déplacements de population, des impositions de taxes, des détériorations des moyens d’existence comme l’agriculture et la pêche, des perturbations du fonctionnement des marchés et des disputes communautaires sur des ressources de plus en plus rares. 
    • Le Mouvement Patriotique pour la Restauration de la Démocratie (MPRD), nouvellement créé en 2026, entretiendra une insécurité intermittente jusqu'en janvier 2027, sur les routes reliant le Tchad au Cameroun et à la République Centrafricaine (RCA), notamment au Moyen-Chari et aux alentours de Moundou. Les flux transfrontaliers, actuellement très faibles comparativement à la moyenne, seront sporadiquement perturbés par les attaques du MPRD. Les coûts de transport augmenteront dans le commerce du bétail, des produits agricoles et des biens de consommation entre le Tchad, le Cameroun et la RCA. 
    • Le niveau des violences intercommunautaires devrait atteindre un pic au début et à la fin de la saison des pluies, de juin à novembre 2026, période pendant laquelle les éleveurs déplacent le bétail vers les zones agricoles. Elles se poursuivront et pourront s'intensifier dans les provinces de l’Est et dans les régions frontalières entre le Tchad et la RCA jusqu'en janvier 2027. Ces incidents sporadiques et souvent meurtriers se traduiront par des destructions de biens, des vols de bétail et, occasionnellement, des représailles.
    • Pendant toute la durée des perspectives, la situation sécuritaire continuera à être calme et favorable au développement des flux transfrontaliers à la frontière avec la Libye, facilitant les importations, les flux de produits alimentaires transformés (pâtes alimentaires, huiles, sucre), les dattes, ainsi que le petit commerce et la vente d’animaux dans les provinces de Tibesti Est et Ouest, Borkou, Kanem, BEG, Wadi Fira, Batha et Ouaddaï.
    • La hausse des prix mondiaux du pétrole, liée au conflit au Moyen-Orient, devrait intensifier les pressions inflationnistes sur les coûts du carburant et du fret, conjuguée aux contraintes d'approvisionnement en engrais. Elle devrait progressivement augmenter les coûts de transport et de commercialisation dans toutes les provinces, avec des pics pendant la soudure en août 2026, et des baisses de prix saisonnières moins prononcées pendant la période de récolte et post-récolte de septembre/octobre 2026 à janvier 2027 (Figure 2).
    • Le Tchad maintiendra une bonne croissance économique de 5,2 pour cent en 2026 et de 4,9 pour cent en 2027, portée par le renforcement des performances du secteur pétrolier. Parallèlement, le taux d’inflation national s’établira à 0,5 pour cent en décembre 2026 pour atteindre 3,9 pour cent en 2027 selon le FMI à cause de la hausse du coût de l’alimentation, et du coût du transport.
    • De juin à septembre 2026, la malnutrition devrait progressivement se détériorer pour atteindre son pic selon l’analyse IPC/AMN en raison de la réduction de l'accès à la nourriture et de l’augmentation des maladies saisonnières. A partir d’octobre 2026, l'accès à la nourriture issue des récoltes et la réduction progressive de la prévalence des maladies hydriques amélioreront les résultats nutritionnels jusqu’en janvier 2027.

    Assistance alimentaire humanitaire

    • L’assistance alimentaire humanitaire se maintiendra au moins au niveau actuel sur toute la période de perspective, malgré les défis de financement auxquels sont confrontés les acteurs humanitaires. Elle restera la principale source de nourriture pour les réfugiés, même en cas d'application de la nouvelle stratégie du PAM de réduction graduelle de l’assistance alimentaire généralisée, au profit d’un ciblage multicritère selon le degré de vulnérabilité des ménages aux chocs. Selon le PAM, grâce à la confirmation de financements supplémentaires, il pourra reprendre les distributions mensuelles aux réfugiés soudanais entre juillet et août 2026. 
    Résultats projetés de l’insécurité alimentaire aiguë jusqu’en janvier 2027

    Des résultats de Crise ! (Phase 3 ! de l’IPC) persisteront jusqu’en janvier 2027 dans les départements fortement touchés par l’afflux de réfugiés — Assoungha (Ouaddaï), Kimiti (Sila), Wadi Hawar (Ennedi‑Est), Dar‑Tama et Kobé (Wadi Fira). Dépourvus de tout moyen d’existence, les réfugiés sont dépendants du marché, avec un pouvoir d’achat significativement réduit. Entre juin et septembre 2026, ils sont contraints à réduire le nombre de repas par jour et à consommer des aliments moins préférés, entraînant des déficits de consommation alimentaire persistants. Entre octobre 2026 et janvier 2027, ils pourront bénéficier de dons et de paiements en nature susceptibles de réduire légèrement leur dépendance au marché. Toutefois, pendant toute la durée de la perspective, ils resteront très dépendants de l’assistance humanitaire. 

    Les ménages hôtes seront fortement tributaires du marché, entre juin et septembre, avec des revenus insuffisants pour couvrir leurs besoins alimentaires. Ils auront recours à des emprunts, consommation d’aliments moins coûteux, recours accru aux produits de cueillette, ainsi que la réduction du nombre de repas. Une faible proportion de ménages présentant des déficits plus sévères pourrait recourir à la mendicité et basculer en Urgence (Phase 4 de l’IPC) entre juillet et août 2026. Entre octobre 2026 et janvier 2027, les récoltes se généraliseront, ce qui permettra la reconstitution des stocks et la réduction de la dépendance au marché. Les revenus s’amélioreront également, ce qui permettra aux ménages pauvres d’éponger en partie leurs dettes et d’avoir des niveaux adéquats de consommation les ramenant à des résultats de Stress (Phase 2 de l’IPC). Toutefois, la zone restera en Crise ! (Phase 3 ! de l’IPC) en raison de la forte présence des réfugiés, plus de 30 pour cent de la population.

    Dans les départements des provinces d’Ouaddaï, Sila, Wadi Fira et Ennedi‑Est où la présence de réfugiés demeure faible, des résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) devraient persister jusqu’en septembre 2026. Les ménages pauvres feront face à l’épuisement de leurs stocks, les rendant entièrement dépendants des marchés, où les prix resteront durablement élevés. Ils seront contraints de réduire le nombre de repas et présenteront des déficits de consommation alimentaire. Au pic de la soudure, entre juillet et septembre, une minorité de ménages pourrait recourir à la mendicité et basculer en Urgence (Phase 4 de l’IPC). Entre octobre 2026 et janvier 2027, des résultats de Stress (Phase 2 de l’IPC) devraient prévaloir grâce à la généralisation des récoltes. Elles vont permettre de reconstituer les stocks et de réduire la dépendance au marché. Les revenus issus de la vente des récoltes et du salariat agricole vont également s’améliorer et permettre aux ménages pauvres d’éponger une partie de leurs dettes. Ils auront une consommation alimentaire adéquate, mais une faible capacité à couvrir les dépenses essentielles non alimentaires. 

    Dans la province du Lac, les résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) persisteront jusqu’en septembre 2026 dans tous les départements. Les attaques des GAT et les mesures sécuritaires réduiront l’accès aux zones agricoles et de pêche, tout en entraînant des déplacements de population. Les revenus des ménages hôtes et des PDI diminueront en raison de la détérioration des moyens d’existence, du ralentissement des marchés et du quasi-arrêt du commerce transfrontalier. Les ménages vont recourir à la consommation d’aliments moins chers, à la réduction du nombre de repas par jour et à l’emprunt de nourriture. Entre octobre 2026 et janvier 2027, les résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) continueront dans les départements de Fouli, Kaya et Mamdi. Les conditions de sécurité alimentaire ne connaîtront pas de changement significatif dans ces départements à cause des attaques des GAT et des mesures sécuritaires d’urgence qui vont réduire l’accès aux zones de pâturage, de production agricole et de pêche. En revanche, dans le département de Wayi, plus sécure, des résultats de Stress (Phase 2 de l’IPC) seront observés. Quelques améliorations des revenus et une diminution de la dépendance au marché grâce aux récoltes réalisées permettront aux ménages de couvrir une consommation alimentaire adéquate, mais pas les dépenses non alimentaires. 

    Au Nord Kanem et dans le Barh-El-Gazel Nord, des résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) persisteront entre juin et septembre 2026. Les prix seront nettement au-dessus de la moyenne et les revenus seront en baisse à la suite de la perte de la valeur marchande du bétail et de la rareté des possibilités de vente des produits de cueillette, comme la paille. Ainsi, des déficits de consommation alimentaire seront observés chez les ménages pauvres. Entre octobre 2026 et janvier 2027, des résultats de Stress (Phase 2 de l’IPC) seront attendus. Avec les récoltes, les prix et la dépendance au marché baisseront. Les ménages auront des consommations alimentaires suffisantes, mais pas assez de revenus pour rembourser leurs dettes et couvrir leurs dépenses non alimentaires.

    Dans le reste de la zone pastorale et dans les provinces du Nord, Borkou, Ennedi-Ouest et Tibesti, des résultats de Stress (Phase 2 de l’IPC) seront attendus pendant toute la période de perspective. Les conditions sécuritaires à la frontière avec la Libye permettront la continuité des activités transfrontalières. Toutefois, compte tenu du montant et de la régularité des revenus, ainsi que de conditions de marché proches de la moyenne, les ménages seront en mesure d'assurer une consommation alimentaire adéquate, mais pas de couvrir les dépenses non alimentaires essentielles.

    Dans la zone agropastorale centrale et la zone soudanienne, des résultats de Stress (Phase 2 de l’IPC) seront maintenus entre juin et septembre 2026 dans la majorité des départements. Les conditions alimentaires des ménages pauvres se dégraderont entre juin et septembre, avec une dépendance accrue au marché et une hausse des prix des produits alimentaires. Les ménages pauvres pourront accéder à des revenus du salariat agricole, qui permettront d’assurer leurs besoins alimentaires, mais pas leurs besoins non alimentaires. Certains s’endetteront. Entre octobre 2026 et janvier 2027, la quasi-totalité des départements de la zone agropastorale centrale et soudanienne verra les sources de nourriture et de revenus typiquement restaurées grâce aux nouvelles récoltes et au salariat agricole. Ces départements auront des résultats d’insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC).

    Annexe 1 : Principales sources de preuves utilisées dans cette analyse
    Preuves  SourceFormat des donnéesÉléments d'analyse de la sécurité alimentaire 
    Profils de moyens d'existenceFEWS NET (2011) QualitativesSources typiques de nourriture et de revenus par zone de moyens d'existence
    Surveillance et analyse des conflits

    ACLED

     

    Quantitatives Modèles des incidents de conflits (type, intensité, localisation) et leur impact sur l'accès des ménages à la nourriture et aux revenus
    Surveillance et prévision météorologiques

    USGS, NOAA, Scientiste Régional FEWS NET, Tchad image 1ère dix jours de juin 2026 

    Rapports mensuels

    Quantitatives 

    Prévisions saisonnières et suppositions pour la saison 2026-2027

    Installation de la saison au 10 juin 2026, zones de faible pluviométrie et de restauration des points d’eau et des pâturages

    Croissance économique, chocs et principaux facteurs directeurs

    IMF 

    INSEED

    Publications sur le site web

    Quantitatives Principaux indicateurs économiques du Tchad, 2026-2027 ; Croissance du PIB, inflation en 2025 et 2026
    Population déplacées

    OIMOCHAUNHCR, Gouvernement

    Rapports des partenaires

    Quantitatives Les tendances de mouvement de la population réfugiée, PDI, retournés tchadiens de la RCA à risque d'apatridie, retournées Tchadiens du Bassin du Lac Tchad, demandeurs d'asile 
    Suivi de la sécurité alimentaire et nutritionnelle et des stratégies d’adaptation 

    Cluster sécurité alimentaire : https://fscluster.org/chad

     https://new.ajala.app/protection

    Qualitatives et quantitativesDonnées et informations sur les chocs, la situation humanitaire, la réponse et les stratégies d’adaptation des ménages.
    Indicateurs de résultats en matière de sécurité alimentaire (FCS, HDDS, HHS, rCSI, LCSI) et surveillance des revenusRésultats de l’enquête nationale de sécurité alimentaire conduite du 21 avril - 08 mai 2026, par SISAAP/PAM /FAO/PUI/FSC/SPI et reportés dans les fiches d’analyses Cadre Harmonisé (CH) par département pour les communautés hôtes et les réfugiésQuantitativesChocs, résultats de sécurité alimentaire, endettement, stocks des ménages par département pour les communautés rurales hôtes et les réfugiés
    Prix des produits agricoles et d’élevage

    Système d’Information sur les Marchés des Produits Agricoles (SIMPA)- 

    SIM bétail- Ministère de l'Élevage et de la Production Animale du Tchad 

    Bases de données prix mise à jour par marché jusqu’en mai 2026

    Quantitatives Évolution et impact des prix des produits alimentaires de base sur le pouvoir d'achat des ménages, termes de l’échanges
    Suivi mensuel de la situation alimentaire dans les provinces

    Points focaux régionaux du SISAAP

    Rapports mensuels de mars à mai 2026

    QuantitativesDonnées sur la situation agricole, pastorale, marchés, mouvements des animaux, les maladies et leur incidence sur la sécurité alimentaire et la nutrition
    Évaluation de l’insécurité alimentaire par le CHFiches d’analyse CH de mai 2026Quantitatives

    Résultats de sécurité alimentaire en juin 2026 par département. Suppositions sur la situation projetée de juin à août 2026.  

    Estimation des populations en insécurité alimentaire en juin-août 2026 par département.

    Annexe 2 : Approche analytique de FEWS NET expliquée

    L’alerte précoce en cas d’insécurité alimentaire aiguë nécessite de prévoir les résultats futurs plusieurs mois à l’avance afin de donner aux décideurs suffisamment de temps pour budgétiser, planifier et répondre aux crises humanitaires attendues. Toutefois, en raison des facteurs complexes et variables qui influencent l’insécurité alimentaire aiguë, il est impossible de faire des prévisions définitives. Le développement de scénarios est une méthodologie qui permet à FEWS NET de répondre aux besoins des décideurs en élaborant un scénario « le plus probable » du futur.

    Les principes clés du processus d’élaboration de scénarios de FEWS NET incluent l’application du cadre de réduction des risques de catastrophe et une approche basée sur les moyens d’existence pour évaluer les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë. Le risque d'insécurité alimentaire aiguë d'un ménage dépend non seulement des dangers (comme une sécheresse), mais aussi de sa vulnérabilité face à ces dangers (par exemple, le niveau de dépendance à la production de cultures pluviales pour sa nourriture et ses revenus) et de sa capacité d'adaptation (qui prend en compte à la fois la capacité du ménage à faire face à un danger donné et le recours à des stratégies d’adaptation négatives qui nuisent à la résilience future). Pour évaluer ces facteurs, FEWS NET fonde cette analyse sur une solide compréhension approfondie des moyens d’existence locaux, qui sont les moyens par lesquels un ménage répond à ses besoins fondamentaux. Le processus d’élaboration de scénarios de FEWS NET prend également en compte le Cadre des moyens d’existence durables ; les Quatre dimensions de la sécurité alimentaire ; et le Cadre conceptuel de la nutrition de l’UNICEF, et est étroitement aligné sur le cadre analytique de la Classification intégrée des phases de la sécurité alimentaire (IPC).

    Comment FEWS NET analyse-t-il les résultats actuels de l’insécurité alimentaire aiguë ? FEWS NET évalue dans quelle mesure les ménages sont susceptibles de satisfaire leurs besoins caloriques minimaux. Cette analyse fait converger les preuves des conditions de sécurité alimentaire avec celles de la consommation alimentaire au niveau des ménages et de changement des moyens d’existence. FEWS NET prend également en compte les preuves disponibles sur l'état nutritionnel et la mortalité, en évaluant si celles-ci reflètent les impacts physiologiques de l'insécurité alimentaire aiguë. FEWS NET utilise l’échelle de Classification intégrée de la sécurité alimentaire (IPC) en cinq phases, mondialement reconnue, pour classer les résultats actuels de l’insécurité alimentaire aiguë. De plus, FEWS NET applique le symbole de « ! » pour désigner les zones où la Phase de l’IPC cartographiée serait probablement pire d'au moins une Phase sans les effets de l'assistance alimentaire humanitaire en cours.

    Comment FEWS NET élabore-t-il ses suppositions clés pour le scénario le plus probable ? Une étape clé du processus d'élaboration de scénarios de FEWS NET consiste à développer des suppositions fondées sur des preuves sur les facteurs influencent les conditions de sécurité alimentaire. Cela inclut les dangers et anomalies susceptibles d'affecter l'évolution de l'alimentation et des revenus des ménages au cours de la période de projection, ainsi que les facteurs affectant l'état nutritionnel. FEWS NET développe également des suppositions sur les facteurs censés se comporter normalement. Ensemble, ces suppositions forment la base du scénario « le plus probable ». 

    Comment FEWS NET analyse-t-il les résultats projetés de l’insécurité alimentaire aiguë ? En utilisant les suppositions clés soutenant le scénario « le plus probable », FEWS NET projette les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë en évaluant l’évolution de la capacité des ménages à satisfaire leurs besoins caloriques minimaux au fil du temps. FEWS NET fait converger les attentes concernant la trajectoire de la consommation alimentaire et les changements dans les moyens d’existence au niveau des ménages avec l’état nutritionnel et de la mortalité au niveau de la zone. FEWS NET classe alors les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë.  Enfin, FEWS NET utilise le symbole de « ! » pour désigner les zones où la Phase de l’IPC serait probablement plus sévère d’au moins une Phase sans les effets de l’assistance alimentaire planifiée, qui devrait être financée et livrée.

    Comment FEWS NET analyse-t-il l’assistance alimentaire humanitaire ? L’assistance alimentaire d’urgence (en nature, en espèces ou en vouchers) peut jouer un rôle clé dans l’atténuation de la sévérité de l’insécurité alimentaire aiguë. Les analystes de FEWS NET intègrent toujours les informations disponibles sur l’assistance, bien que ces informations varient considérablement selon les zones géographiques et au fil du temps. Conformément aux protocoles IPC, FEWS NET utilise les meilleures informations disponibles pour évaluer où l'assistance est « significative » (définie par au moins 25 pour cent des ménages dans une zone donnée recevant au moins 25 pour cent de leurs besoins caloriques grâce à l'assistance). En outre, FEWS NET analyse les impacts probables de l’assistance sur la sévérité des résultats, comme détaillé dans les orientations de FEWS NET sur L’intégration de l’assistance alimentaire humanitaire dans l’élaboration de scénarios

    Annexe 3 : Calendrier saisonnier

    Source: FEWS NET

    Annex 4 : Évènements qui pourraient changer les résultats projetés de l’insécurité alimentaire aiguë

    Même si les projections de FEWS NET se concentrent sur le scénario « le plus probable », il existe toujours un certain degré d’incertitude dans les prévisions à long terme. Cela signifie que les conditions de la sécurité alimentaire et leurs impacts sur les résultats aigus de la sécurité alimentaire peuvent évoluer différemment de ce qui était initialement prévu. FEWS NET publie des mises à jour mensuelles de ses projections, mais les décideurs ont besoin d'informations préalables sur cette incertitude et d'une explication des raisons pour lesquelles les choses peuvent se dérouler différemment de ce qui était prévu. En tant que tel, la dernière étape du processus d’élaboration de scénarios de FEWS NET consiste à identifier brièvement les événements clés qui aboutiraient à un scénario alternatif crédible et modifieraient considérablement les résultats projetés. FEWS NET considère uniquement les scénarios qui ont une chance raisonnable de se produire.

    National 

    Fortes inondations atypiques pendant la saison agricole 2026-27

    Impact probable sur les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë : Des fortes inondations atypiques entraîneraient la rupture des voies de communication, le dysfonctionnement des marchés avec des hausses atypiques des prix, ce qui se traduirait par des écarts de consommation alimentaire dans les zones affectées. L’accès alimentaire des ménages très pauvres et pauvres serait davantage réduit à cause des faibles revenus et des pénuries liées à l’impraticabilité des routes. Ceci entraînera une hausse des effectifs des populations en Crise (Phase 3 de l’IPC) dans toutes les provinces, en particulier dans les provinces du Lac, du Mayo-Kebbi Est et Ouest, du Moyen Chari, du Sila et du Salamat. 

    Expansion du conflit soudanais à l’intérieur du Tchad

    Impact probable sur les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë : Une expansion du conflit soudanais à l’Est du pays entraînerait la suspension des opérations humanitaires, pendant que des vagues de nouveaux réfugiés seraient en augmentation. Des déplacements internes massifs de populations vers l’ouest et le sud du Tchad seraient possibles. La crise actuelle de l’Est serait transférée vers ces zones pendant que les provinces de l’Est évolueront de Crise ! (Phase 3 ! de l’IPC) à Urgence (Phase 4 de l’IPC) ou pire.

    Les provinces frontalières avec la Libye

    Reprise des incursions de groupes rebelles aux frontières nord du pays 

    Impact probable sur les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë : Les attaques entre groupes rebelles et forces gouvernementales occasionneraient des restrictions sécuritaires aux frontières entre le Tchad et la Libye. Il s’ensuivra une importante baisse du flux des produits alimentaires importés de la Libye et de l’offre de ces produits sur les marchés. L’accès alimentaire des ménages très pauvres et pauvres serait davantage réduit à cause des bas niveaux de revenus. Ceci entraînera des hausses d’effectifs de populations en Crise (Phase 3 de l’IPC) notamment dans le Tibesti, Ennedi Ouest et Est, le Borkou, le Batha, le Kanem et le Barh-El-Gazel.

    La province du Lac

    Reprise de l’action humanitaire au Lac 

    Impact probable sur les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë : Une relance des interventions alimentaires au profit des déplacés internes et des ménages hôtes du Lac réduirait les effectifs de populations en Crise (Phase 3 de l’IPC). Leur consommation alimentaire sera améliorée et ils seront en Stress ! (Phase 2 ! de l’IPC), grâce à l’assistance.

    Annexe 5 : Analyse détaillée de l’assistance alimentaire humanitaire

    L’afflux de réfugiés soudanais se poursuit dans les quatre provinces de l’Est du Tchad — Ouaddaï, Wadi Fira, Ennedi-Est et Sila. Le département d’Assoungha, dans Ouaddaï, abrite une proportion importante de réfugiés. Depuis le début de la crise au Soudan en avril 2023, 932 771 réfugiés soudanais ont franchi la frontière pour chercher refuge au Tchad au 21 juin 2026. Les réfugiés se concentrent surtout dans les départements frontaliers, où ils représentent 55 pour cent de la population à Assoungha, 30 pour cent à Kimiti, 75 pour cent à Iriba, 23 pour cent à Dar Tama et 61 pour cent à Wadi Hawar à la fin mai 2026.  Si, depuis janvier, l’afflux de réfugiés a ralenti par rapport aux années précédentes, ces réfugiés, démunis de moyens d’existence, font pression sur les sources de nourriture et de revenus de la population hôte. Ils dépendent des marchés, mais font face à des revenus faibles en raison de la concurrence avec la main-d’œuvre locale pour les rares opportunités de travail, qui ne leur permettent pas de satisfaire leurs besoins alimentaires. Ainsi, ils dépendent surtout des assistances alimentaires comme principale source de nourriture.

    Les données sur l’assistance alimentaire sont rares et incomplètes ; par exemple, les données disponibles pour le premier trimestre 2026 n’incluent pas l’assistance distribuée aux réfugiés soudanais dans les provinces orientales. Pour l’assistance aux réfugiés soudanais, le PAM a mis en place un programme de réponse rapide qui consiste en une assistance en vivres et en produits nutritionnels pour un mois pour les nouveaux arrivés, suivie de transferts monétaires dès que les réfugiés seront officiellement relocalisés. Depuis le début de l’année, la distribution des assistances alimentaires, qu’il s’agisse de vivres ou de transferts monétaires, se déroule tous les deux mois en raison des difficultés financières. Selon les données historiques, le transfert monétaire s’élève à 8 000 FCFA par ménage de six personnes. La dernière évaluation du panier alimentaire indiquait que ce montant permettrait de couvrir une ration de 2 100 kcal par personne et par jour. Le panier comprend généralement du sorgho, du niébé, de l’huile et du sucre. L’alternance de la distribution a toujours permis d’assurer au moins la moitié de la ration calorique nécessaire, soit 1 050 kcal par personne et par jour. En outre, le changement de mode de distribution a réduit la ration, mais la couverture de la population bénéficiant d’assistances alimentaires par rapport à la population totale demeurera élevée et devrait atteindre au moins 20 pour cent dans les départements accueillant les réfugiés.

    Cependant, en avril, le PAM a annoncé qu’il allait reprendre la distribution mensuelle auprès des réfugiés jusqu’en juillet/août. Ce changement permettra non seulement d’augmenter la ration calorique quotidienne, mais aussi le nombre de réfugiés bénéficiaires de l’assistance par rapport à la population totale. Ainsi, compte tenu de la forte couverture des assistances alimentaires au sein de la population dans ces départements frontaliers, ces assistances ont permis de réduire les déficits de consommation alimentaire des réfugiés et d’éviter une insécurité alimentaire plus grave. 

    Annexe 6 : Résultats projetés en matière d’insécurité alimentaire aiguë et zones bénéficiant de niveaux significatifs d’assistance alimentaire humanitaire

    Citation recommandée: FEWS NET. Tchad Perspectives sur la sécurité alimentaire Juin 2026 - Janvier 2027: Les résultats de Crise ! (Phase 3 ! de l’IPC) persisteront dans l’Est du Tchad en dépit des récoltes en octobre, 2026.

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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