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Les pluies précoces améliorent la sécurité alimentaire des ménages en zone soudanienne

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Tchad
  • Juin 2016 - Janvier 2017
Les pluies précoces améliorent la sécurité alimentaire des ménages en zone soudanienne

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  • Messages clé
  • Contexte national
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    • La saison des pluies 2016 s’est bien installée dans la zone soudanienne vers mi-avril, soit un mois plutôt qu’en année normale ; ce qui a amélioré la consommation alimentaire et raccourcit la soudure pastorale. Le cumul à la deuxième décade de juin montre une situation d'excédant large à modéré dans presque toute cette zone, ce qui a permis des semis précoces avec des rendements attendus moyens à supérieurs. La zone soudanienne resteront en situation Minimale (Phase 1 de l’IPC) jusqu’à janvier 2017.

    • La baisse de revenu des moyens d’existence et l’épuisement de stocks céréaliers dans la région du Lac suite à l’insécurité ont accéléré les déficits de consommation à l’approche du pic de la soudure. L’insécurité limite l’accès à la terre pour effectuer la campagne agricole actuelle. Le niveau élevé des prix céréales baisse l’accès alimentaire. Toute la région se détériore en Crise (Phase 3 de l’IPC) et y restera jusqu’en octobre où l’assistance humanitaire attendue placera la zone en Stresse (Phase 2! de l’IPC). 

    • L’embonpoint des animaux continue à se dégrader dans les régions de Hadjer Lamis, Barh El Gazel, Kanem, Batha et Wadi Fira à cause de la rareté de pâturage. Il devient critique avec quelque perte de têtes enregistrée dans les zones où les points d’eau d’abreuvement sont presque inexistants. A cet effet, la zone agropastorale se maintiendra en Crise (Phase 3 de l’IPC) jusqu’à septembre où la situation va s’améliorer avec la régénération du pâturage et la nouvelle demande des fêtes religieuses. 


    Contexte national
    Situation actuelle

    Situation agricole: Dans la zone soudanienne, les pluies se sont installées un mois plus tôt avec celles utiles enregistrées vers la troisième décade d’avril au lieu de mi-mai ; ce qui a permis de déclencher les semis qui se sont généralisées. Les cumuls des pluies sont plus importants que celles d’une année moyenne, avec une bonne répartition dans le temps et dans l’espace (Figure 1). Les cultures installées en avril n’ont pas éprouvé des difficultés pour l’instant. A la période de mi-juin, les superficies emblavées sont estimées à trente pourcent contre quinze pourcent en 2015. Les espèces emblavées sont entre autres, le sorgho de case, le maïs de case, l’arachide, le haricot précoce, etc.

    Dans la zone sahélienne, la saison n’est pas encore habituellement installée à l’exception du Guéra et Salamat où les pluies ont commencé de façon précoce avec un cumul à la première décade de juin qui est au-dessus de la moyenne. Les précipitations enregistrées sont abondantes et bien réparties dans le temps mais pas dans l’espace et ont enclenché de faibles semis de sorgho, au niveau des bas-fonds dans les départements du Guéra et d’Abtouyour dans la région de Guéra. Dans le reste du Sahel, les préparatifs continus d’être observés avec de labour mécanisé à sec par endroit.  

    Au niveau des polders du Lac Tchad, les résultats de la campagne de contre saison chaude (CCSC) sont médiocres à cause de l’insuffisance hydrique de 2015 et de l’insécurité. Le maïs a pris trop de chaleur et l’irrigation était insuffisante à cause du tarissement précoce des puits avant la maturité de maïs. Pour la campagne pluviale en cours, les surfaces mises en valeur représentent 85 pourcent de la surface totale de la campagne agricole dans la région du Lac. La différence était restée inoccupée tout simplement par l’abandon dans les villages désertés suite à l’insécurité dans la zone.

    Les dernières récoltes maraichères continuent à faire place aux cultures pluviales dans le Sahel Ouest. Grâce à la bonne vulgarisation des motopompes et à l’augmentation du nombre d’exploitants suite à des prix incitatifs, les activités de maraichage dans le Ouaddai étaient supérieures à la moyenne malgré le déficit pluviométrique, et se poursuivent avec la récolte des cultures de rente (oignon et ail) à Ouara après un bon rendement par rapport à la moyenne. Dans les régions du Moyen Chari et Mandoul, certaines espèces telles que le gombo, concombre, oseille, etc. continuent par être récoltées.

    La situation pastorale : Dans la zone soudanienne, compte tenu des pluies qui sont installées un peu tôt cette saison, le pâturage est actuellement disponible un peu partout et cela a amélioré l’état d’embonpoint des animaux. Les sources d’eau d’abreuvement sont aussi améliorées, car les mares contiennent déjà de l’eau. L’état zoo-sanitaire est calme à l’exception des cas de distomatose saisonnier qui sont signalés par le service vétérinaire.

    La situation pastorale est en amélioration progressive dans le centre et la partie sud-est de la zone sahélienne avec les pluies qui s’installent au niveau des départements du Guéra, Abtouyour, et Bahr Signaka dans la région de Guéra et la région du Salamat, générant de nouvelles végétations et des marres pour le pâturage et l’abreuvage des animaux. Les animaux commencent par avoir des regains de bons états d’embonpoints et font moins de distances pour trouver de l’eau et un peu de verdure en pâturage. Le lait se retrouve de plus en plus sur les marchés en juin 2016.

    Plus à l’Est vers le Ouaddai et Wadi Fira, la situation pastorale continue à se dégrader  à cause du déficit fourrager ou de la rareté de pâturage. L’état d’embonpoint des animaux est globalement médiocre et devient de plus en plus critique avec quelques pertes de têtes enregistrées dans la zone de Gueri (Ouara). Dans certaines localités du nord Ouara, l’Est et l’ouest de Biltine, les points d’eau d’abreuvement sont presque inexistants causant une situation pastorale très difficile par rapport à la normale.

    Dans le Sahel Ouest, notamment dans le Kanem et le Barh el Gazal,  le pâturage est presqu’inexistant à cause du pic de la période de soudure pastorale où l’état des animaux s’est tellement dégradé et présente de mauvaise condition physique par rapport à l’année passée. Les animaux ont toujours du mal à s’abreuver et s’alimenter et les foins constitués par les éleveurs sont épuisés depuis mars-avril, période de début de la soudure pastorale. La mise à la disposition des tourteaux par la FAO en mi-juin permettra aux animaux très affaiblit de se maintenir en vie.  A Hadjer Lamis, le pâturage commence à s’améliorer avec les premières pluies qui ont occasionné l’installation d’un couvert herbier. Les animaux qui pâturent dans ces zones (Hadjer Lamis, nord et centre de Chari-Baguirmi) ont en ce moment un embonpoint moyen par rapport à l’année passée où les pluies ont eu lieu tardivement. La situation épidémiologique est restée calme. Il y a toutefois quelques cas typiques de péripneumonie contagieuse bovine, la peste des petits ruminants et la trypanosomiase.

    Mouvements de transhumants : On observe la présence d’un nombre important, plutôt précoce, des éleveurs à Melfi dans le département de Barh Signaka (Guéra) en ce moment au lieu de juillet-aout à la normale. Ceci serait la conséquence des avancées très importantes des cultures en zone soudanienne au détriment du pâturage et un repli pour éviter les conflits récurrents entre les agriculteurs et les éleveurs.

    La main d’œuvre agricole : Dans la zone sahélienne, la demande reste timide à cause des faibles activités agricoles. Toutefois, la région du Ouaddaï qui attire la main d’œuvre agricole et non-agricole, les activités journalières continuent mais très timides suite aux opportunités irrégulières. Selon les travailleurs, le nombre de jours de travail par semaine a baissé pendant le mois de Ramadan (varie de 3 à 4 jours par semaine par rapport à l’année dernière à la même période qui est de 5 à 6 jours par semaine).

    Dans le Sahel Ouest, l’offre en main d’œuvre agricole est supérieure à la normale car elle est renforcée par l’arrivage des réfugiés et des déplacés venant du Nigeria suite aux événements de la secte de Boko Haram. A Bol, le salaire journalier d’un ouvrier agricole est de 1000 FCFA, un taux inférieur de 50 pourcent par rapport à une année normale.

    Dans la zone soudanienne, la main d’œuvre est moins importante, mais assez chere, comparativement à l’année 2015 à la même période parce que l’offre destinée pour l’agriculture a baissé ; les bras valides sont plus attirés par les travaux tels que la pêche et la vente de fagot qui rapportent plus. A Héli Bongo dans le Département du Lac Iro (Moyen Chari), le cout de la main d’œuvre lié au défrichement a augmenté entre six à treize pourcent comparativement à l’année 2015.

    Mouvements de populations : Des mouvements inhabituels de populations pour les recherches de nourriture ou du travail dans les centres urbains (Mongo, Abeché, N’Djamena, Bitkine) sont observés dans bon nombre de villages du Batha Ouest (sous- préfecture de Koundjourou), du Fitri, de Mangalmé et autour de Mongo. Ces mouvements (stratégies d’adaptation atypiques) sont les conséquences  d’une insuffisance de productions agricoles en 2015/2016.

    Dans le Sahel Ouest, les mouvements qu’on peut observer dans la zone est le mouvement d’immigration saisonnière dans des grandes agglomérations du pays à la recherche de travail et les commerces ambulatoires. Le mouvement des réfugiés et des retournés continue avec des déplacements réguliers suite à l’insécurité liée au conflit de Boko Haram. Toutefois, certains déplacés sont des parents qui retrouvent les leurs au retour dans la région du Lac. Dans la zone soudanienne, aucun mouvement inhabituel de population n’est observé actuellement. On constate le retour saisonnier des jeunes et certaines familles (pour labourer) qui avaient effectués des déplacements saisonniers vers les villes après la fin des récoltes.

    L’offre/la disponibilité céréalière : Malgré la vente subventionnée de l’ONASA dans presque toutes les régions ayant enregistrées de déficits céréaliers en 2015 comme Barh el Gazal, Kanem, Batha, Guera et Ouadi Fira, l’offre en céréales reste toujours inférieure comparée à la normale. Les approvisionnements des marchés restent suffisants et sont effectués en grande partie par les commerçants grossistes. Dans la zone soudanienne, le niveau de l’offre en céréales est meilleur sur les différents marchés.

    Les flux et les prix céréaliers : Actuellement, les marchés sont normalement approvisionnés en céréales, en oléagineux et légumineuses et le niveau de flux céréaliers reste normal suite au transfert régulier de céréales vers le nord. Malgré que les céréales soient disponibles sur les marchés, on observe une hausse des prix due à la période de soudure et une forte demande en période de Ramadan. Le prix du maïs le plus élevé est observé en juin sur les marchés de Bol en région de Lac (+23 pourcent) et Moussoro (+20 pourcent) en région de BEG comparé à la moyenne quinquennale. Le prix du sorgho en juin est en hausse de 19 pourcent à Bongor (Mayo-Kebbi Est) et 12 pourcent à Kélo (Tanjilé). Quant au riz, il enregistre une légère hausse à N’Djamena (+9 pourcent) comparée à la moyenne. Par ailleurs, les prix du mil sont restés stables à ceux de la moyenne quinquennale (Figure 2). A Moussoro, le prix du mil en juin est même en baisse comparé à la moyenne.

    Le renforcement de la vente subventionnée de l’ONASA dans les zones nécessiteuses comme le Kanem, le BEG, le Hadjer Lamis, ont d’une manière générale donné la tendance des prix en baisse malgré que certains prix restent supérieurs à la moyenne quinquennale. Le Kanem et le BEG qui sont les zones de consommation, sont renforcées par les produits et sous-produits alimentaires d’origines libyennes.

    Suite à la demande en semence et la croissance de la consommation, le prix de sésame a remonté entre 50 et 100 FCFA/kg selon les localités depuis avril et beaucoup de producteurs et de commerçants ont pu vendre les stocks restants. Dans le Logone Oriental, le Mandoul et le Mayo Kebbi Ouest, de petites ventes continuent de se faire entre 300 et 375 FCFA/kg au niveau bord-champ et entre 350 et 500 FCFA/kg au niveau des magasins des grossistes et des exportateurs.

    Les prix de bétail : Compte tenu de l’offre du bétail qui est relativement élevée à la moyenne due à la faible demande d’exportation causée par la fermeture officielle de la frontière avec le Nigeria, les prix des animaux restent toujours en baisse et très inférieur à celui d’une année normale. Sur le marché de N’Djamena, les prix de mouton moyen  en juin sont globalement en baisse comparés à la moyenne (-33 pourcent), et dans le Ouaddai (-38 pourcent). Dans le Sahel Ouest, le marché de Nokou (Nord Kanem) a connu une baisse de -40 pourcent, -47 pourcent à Ngouri (Lac), et -42 pourcent à Bol (Lac) en juin 2016 par rapport à la moyenne quinquennale. Toutefois, l’offre de gros ruminants observée est importante par rapport au petit ruminant suite à une demande légère vers la frontière Tchad-Soudan.

    Assistance humanitaire : Dans le Moyen Chari, le PAM continue par octroyer la ration alimentaire aux réfugiés centrafricains. Faute de financement, les retournés n’ont pas bénéficié des rations depuis deux mois et chez les réfugiés, la quantité habituelle de la ration a été réduite au début du mois de mai. Dans les deux régions Logones, les réfugiés et retournés ayant fui les violences de la RCA bénéficient toujours de l’aide auprès des humanitaires tel que l’Unicef, UNHCR, et PAM. Grâce à l’appui de FAO, l’UNHCR et l’IHLD, la plupart des réfugiés ont reçu des semences pluviales pour la production 2016/2017.

    A l’Est, sur l’ensemble des régions, l’assistance humanitaire sont réduit en générale pour les réfugiés soudanais et en particulier pour les déplacées. La distribution des vivres continue mensuellement avec une quantité de ration distribuée par camps variée et selon la vulnérabilité. 

    L’ONASA, a procédé à la distribution des céréales dans les cantons du département de Batha Ouest, Ouaddai, Wadi Fira et du Guera. Cette action fait suite aux 200 tonnes de céréales distribuées entre janvier et mars 2016 dans les deux départements  du Batha Ouest et du Fitri et est programmée qu’elle se poursuivra dans le Batha Est courant juillet et août.

    Situation nutritionnelle : La situation nutritionnelle actuelle montre une hausse des admissions des enfants souffrant de la malnutrition aigüe dans les centres de récupération nutritionnelle comparativement à la même période de l’année précédente. La prévalence de la malnutrition aigüe globale est habituellement très élevée en période de soudure dans la bande Sahélienne avec une valeur médiane (SMART : 2010 à 2015) qui varie de 12.8 pour cent à 21 pour cent selon la région. La situation épidémiologique est relativement calme mais la situation nutritionnelle reste comme d’habitude sérieuse à critique dans les différentes régions de la bande sahélienne.

    Situation de la sécurité alimentaire : Dans des départements sahéliens de Mamdi et de Wayi (régions du Lac), de Mangalmé (région du Guera), de Megri et Kobé (région Wadi Fira), et dans les parties Sud de BEG, Sud de Kanem, et du Batha Ouest, les conditions de la sécurité alimentaire restent difficiles à cause de l’épuisement précoce des stocks, de la baisse de revenus, et à cause des pressions des réfugiés et déplacés sur les populations hôtes dans le Lac qui vivent aussi sous les menaces de Boko Haram. En réponse à cette situation, les ménages pauvres vendent plus de têtes de bétail qu’en année normale pour accéder aux vivres, mais cette stratégie n’a pas réussi à combler les déficits de consommation;  et selon les enquêtes EFSA de mars/avril 2016, les enfants dans la plupart de ces localités se trouvent en situation de malnutrition aigüe à des taux élevés. La vente subventionnée des céréales faite par l’ONASA en avril 2015 n’a pas non plus changé le niveau de déficit de la consommation alimentaire des ménages. A cet effet, selon les résultats de l’analyse de l’insécurité alimentaire aigüe, tous les départements cités ci-dessus sont en insécurité alimentaire Crise (Phase 3 de l’IPC). Il existe des zones isolées dans les régions de Sila, Wadi Fira et Guera qui sont actuellement en Stress (Phase 2 de l’IPC) à cause des difficultés liées aux conditions pastorales détériorées et à l’épuisement de leurs stocks qui limite leur capacité à répondre à leur besoins de consommation de base.

    Dans les régions du sud, les pluies précoces de cette année ont amélioré la consommation alimentaire à travers la disponibilité précoce des légumes sauvages, du poisson, des œufs de pintades, de l’huile de karité, etc. qui sont également des sources de revenu non négligeables et contribuent efficacement à l’amélioration de la sécurité alimentaire des ménages pauvres. Les produits maraîchers sont également disponibles au niveau des ménages sur certains marchés et contribuent à diversifier l’alimentation des ménages. Les pluies précoces ont aussi amélioré les conditions de pâturage qui sont favorables de moyens à bons. Au regard du contexte actuel, tout le sud du pays est en insécurité alimentaire Minime (Phase 1 de l’IPC).  

    Suppositions

    Le scénario le plus probable de juin 2016 à janvier 2017 est basé sur les hypothèses suivantes au niveau national:

    • Agro climatologie : Selon l’analyse des modèles de projections saisonnières NOAA, ECMWS, IRI, et UK MET, on suppose que les précipitations attendues seront moyennes à supérieures par rapport à la normale (Figure 3). Le cumul des pluies sera suffisant pour le développement normal des cultures. La situation agro climatologique restera satisfaisante, car les manifestations pluviométriques ont été précoces comparativement aux deux années précédentes, 2014 et 2015.
    • Les achats institutionnels : Compte tenu de la production céréalière globalement en dessous de la moyenne, les besoins pour la reconstitution annuelle des stocks nationaux de sécurité alimentaire seront supérieurs à la normale cette année à cause de l’utilisation précoce qui a été faite de ces stocks dès début avril 2016. Les achats institutionnels prévus sont pour 25.000 tonnes avant septembre qui seront livrés à crédit. Le PAM a planifié acheter des céréales (berbéré) au Salamat mais la quantité reste inconnue à ce jour.
    • Les stocks des ménages : Les stocks résiduels des ménages sont déjà épuisés dans certaines zones et pour d’autres seront épuisés pendant la soudure. A partir d’octobre, les ménages vont pouvoir reconstituer leur stock avec les nouvelles récoltes qui sera à un niveau moyen jusqu’à janvier 2017.
    • L’offre de céréales : L’offre en céréales sera inférieure comparée à la normale à cause du déficit céréalier enregistre en 2015. Cette situation sera observée pendant la soudure, car les stocks résiduels seront épuisés. Les approvisionnements des marchés resteront suffisants, sauf pour le maïs, et seront effectués en grande partie par les commerçants grossistes.
    • La demande de céréales : La demande va s’accroitre légèrement surtout pendant la soudure, le mois de Ramadan (juin/juillet), et la fête de Tabaski (août) à cause de la consommation qui sera importante alors que les stocks céréaliers des ménages seront épuisés. Cependant, dans la zone de moyens d’existence agro-pastorale de la bande sahélienne, la demande sera très importante car compte tenu de la situation alimentaire des ménages pauvres qui sont en Crise (Phase 3 de l’IPC), ces derniers s’efforceront à dépendre du marché jusqu’à fin septembre. La demande va baisser entre octobre 2016 et janvier 2017 suite aux nouvelles récoltes. 
    • Main d’œuvre agricole : Les revenus issus de la main d’œuvre bien qu’ils seront inférieurs à la normale à cause de la pression qui sera exercée sur l’offre par les réfugiés centrafricains et du Lac qui sont dispersés dans toutes les régions, permettront aux ménages de payer des céréales pour compléter les légumes et fruits hivernaux. L’interdiction actuelle de l’orpaillage dans la zone du Batha, renforcée par les militaires, empêchera la fuite de la main d’œuvre vers cette zone comme ce fut le cas pendant les mois précédents. Les dus des cotonculteurs ne sont pas tous versés en ce moment et cela pénalisera certains ménages qui veulent bien s’approvisionner en intrants et outils agricoles.
    • Situation pastorale et disponibilité en eau: Dans la zone sahélienne, le pâturage et les points d’eau qui sont rares en mai vont s’améliorer en juin grâce à l’installation précoce des précipitations et à partir de juillet avec la reprise de la régénération du couvert végétal, la situation pastorale va s’améliorer. Les mares seront au fur et à mesure pourvues en eau si les conditions pluviométriques se maintiennent.
    • Revenu des produits de bétail : Les revenus des produits de bétail connaitront une baisse atypique entre mai et juin 2016 à cause du mauvais embonpoint des animaux lié à la rareté de pâturage et de l’eau qui se traduit par une baisse de prix de l’animal et de la baisse de productivité laitière. A partir de juillet avec la reprise de la régénération du couvert végétal, de l’amélioration de la demande à cause de la fête de Ramadan, et celle de Tabaski en août, les revenus du bétail et des produits du bétail pourraient s’améliorer dans les zones agro-pastorales et de transhumance.
    • Sources de nourriture : Les sources de nourriture des ménages ne seront pas affectées, car les ménages exploiteront leurs stocks résiduels jusqu’à la soudure (juin à septembre) et par la suite ils dépendront des marchés. Certains ménages pauvres, surtout dans les zones en Crise (Phase 3 de l’IPC), dépendent déjà sur les marchés et cette dépendance va s’accroitre pendant la soudure. Les ménages utiliseront les produits de cueillette tels que karité, divers fruits et légumes hivernaux pendant la période de la soudure.
    • La situation sécuritaire et son impact dans la partie Ouest liée à Boko Haram : Cette insécurité pourrait augmenter pendant l’hivernage avec la montée des eaux du Lac qui facilite la circulation des pirogues des éléments de Boko Haram dans l’eau.
    • Impacts de la dépréciation de la Naira sur les échanges avec le Nigeria : Le Nigeria a déprécié sa monnaie depuis la fin d’année 2015 mais malgré que le Tchad importe beaucoup des produits alimentaires et manufacturés du Nigeria, la fermeture de la frontière nigérienne empêchera l’impact de la dépréciation qui ne sera pas ressenti à court terme au niveau de marchés tchadiens. Une réouverture de la frontière n’est pas envisagée à court terme.
    • Situation nutritionnelle : La situation nutritionnelle restera comme d’habitude sérieuse à critique dans les différentes régions de la bande sahélienne de juin à septembre 2016 avec des prévalences de MAG avoisinant les médianes soudures qui varie de 12.8 pour cent à 21 pour cent selon la région (SMART : 2010 à 2015). Entre octobre 2016 et janvier 2017, la situation nutritionnelle pourrait connaitre une légère  amélioration avec les prémices issues de la campagne en cours (disponibilité des récoltes, les légumes, lait, etc.) et les prévalences de la malnutrition aigüe seront en dessous du seuil critique de 15 pour cent suivant les tendances saisonnières.
    • Niveau d’assistance humanitaire : Suite aux réponses humanitaires installées en retard à cause des difficultés de virement de fonds et manques de ressources, les actions humanitaires vont être réalisées dans les zones en Crise (Phase 3 de l’IPC) à partir de juin mais sans pouvoir couvrir tous les besoins des ménages en insécurité alimentaire aigue. L’ONG ACTED a planifié une assistance alimentaire et nutritionnelle significative auprès des populations déplacées du Lac Tchad sur l’axe Bagasola-Liwa-Daboua avec le PAM qui aura lieu entre juin et décembre 2016. Malgré cette intervention, il y’aura un déficit alimentaire pour près de 30 pourcent de la population à défaut de ressources ; ce qui sera plus ressenti pendant la période de soudure (juin à septembre).

    Les prix des cultures de base et de rente suivront les tendances décrites ci-dessous :

    • Le prix du sorgho pourrait connaitre une hausse modérée entre juin à septembre à cause du faible niveau de production du berbéré enregistré durant le premier trimestre de 2016. Cette hausse pourra atteindre le pic en août avant d’amorcer sa baisse en octobre, mais il restera élevé comparé à la moyenne quinquennale.
    • Le prix du maïs connaitra une hausse comparé à la moyenne quinquennale à partir de juin jusqu’en septembre à cause de la faible production de contre saison chaude attendue en juillet dans le Lac Tchad et l’insécurité dans cette zone qui limite les flux.
    • Le prix du mil pourrait augmenter de manière atypique entre juin et août dans les régions de l'est du Tchad qui ont été affectées par des précipitations et des productions en dessous de la moyenne au cours de l'année de production de 2015/2016.
    • Le prix du sésame connaitra une nette hausse des prix dans le Sud du pays à cause de la nouvelle vague de demande à l’exportation depuis la fin du mois d’avril. Avec la demande en semence qui va grossir au cours du mois de juin, il est probable que les derniers stocks de sésame vont rapidement trouver preneur et que les prix vont rester élevés voire monter encore légèrement. Finalement, les stocks de sésame reportés sur la prochaine campagne devraient être très faibles selon le bulletin sur le marché du sésame de mai 2016 (#112).
    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    Pour la période de juin à septembre, l’insécurité alimentaire dans les départements qui étaient en Crise (Phase 3 de l’IPC) depuis mars/avril se maintiendra à cause de la persistance des déficits de consommation compte tenu de l’installation précoce des soudures agricole et pastorale, de la hausse atypique des prix des céréales de base, et de la baisse du revenu de la main d’œuvre agricole. En plus, la sécurité alimentaire s’est détériorée dans le département de Wayi (Lac) à une situation de Crise (Phase 3 de l’IPC) à cause des déficits de consommation dus à l’accès difficile aux céréales avec de prix progressivement élevés, la faible disponibilité laitière, un pouvoir d’achat très faible en cette période de Ramadan et un taux de malnutrition aiguë élevé.

    Avec le démarrage précoce des pluies dans le Sahel,  on observe déjà la restauration des pâturages par endroits, l’amélioration de l’embonpoint du bétail, la hausse des prix des animaux avec le mois de Ramadan en cours et les fêtes (Ramadan et Tabaski) qui suivront, et la disponibilité des sous-produits d’élevage (lait, etc.). A cet effet, la consommation alimentaire de la zone de transhumance de Batha Ouest s’améliore à une situation de Stress (Phase 2 de l’IPC) à partir de juin, tandis que les autres zones pastorales (nord Kanem et Nord BEG) vont aussi connaitre une amélioration de leur sécurité alimentaire à partir de juillet et seront en Phase Minimale (Phase 1 de l’IPC). Par contre, la situation alimentaire du département de Djourf Al-Ahmar (Sila) ne s’est légèrement améliorée qu’en juin et il reste en Phase de Crise (Phase 3 de l’IPC) jusqu’en septembre.

    La situation alimentaire des départements du sud qui étaient en Stress (Phase 2 de l’IPC) va s’améliorer à une Phase Minimale (Phase 1 de l’IPC) à partir de juin à cause des pluies précoces qui ont mis fin à la soudure pastorale et favorisé la consommation alimentaire des ménages à travers l’accès aux légumes sauvages, au lait et aux opportunités agricoles. Le reste du Tchad sera en Phase Minimale (Phase 1 de l’IPC) (Carte 2).

    Pendant la période d’octobre 2016 à janvier 2017, la soudure agricole va laisser la place aux récoltes pluviales moyennes. La situation alimentaire sera globalement satisfaisante sur toute l’étendue du territoire à cause des nouvelles récoltes vivrières pluviales, de la disponibilité laitière, des produits de cueillette, etc. qui améliorent l’accès aux denrées par les ménages pauvres. L’accès à ces différentes sources sera globalement suffisant à cause de la production attendue qui sera de moyenne à légèrement au-dessus de la moyenne. A cet effet, les besoins de consommation des ménages seront satisfaits et on observera aussi une amélioration saisonnière de la situation nutritionnelle due à la bonne disponibilité alimentaire entre octobre 2016 et janvier 2017 pour la grande majorité des ménages du pays. Ils dépendront de leur propre production et ne feront recours à aucune stratégie d’adaptation. La situation pastorale sera normale et le pâturage sera abondant et varié. A cet effet, toutes les zones du pays resteront en Phase Minimale (Phase 1 de l’IPC) d’insécurité alimentaire aiguë jusqu’en janvier 2017, à l’exception de la zone du Lac qui sera en Phase Stresse (Phase 2! de l’IPC) grâce aux appuis humanitaires prévus (une distribution alimentaire couplée à une assistance nutritionnelle pour les enfants).

     

    Pour plus d'informations sur les perspectives des zones de préoccupation, veuillez, s'il vous plaît, cliquer en haut de la page pour télécharger le rapport complet.

    Figures Calendrier saisonnier pour une année typique

    Figure 1

    Calendrier saisonnier pour une année typique

    Source: FEWS NET

    Carte des résultats actuels de la sécurité alimentaire,  juin 2016

    Figure 2

    Carte des résultats actuels de la sécurité alimentaire, juin 2016

    Source: FEWS NET

    Figure 1: Anomalie RFE/moyenne 2006-2015

    Figure 3

    Figure 1: Anomalie RFE/moyenne 2006-2015

    Source: FEWS NET/USGS

    Figure 2: Prix du mil en juin comparé à l’année passée et la moyenne quinquennale (en FCFA/Kg)

    Figure 4

    Figure 2: Prix du mil en juin comparé à l’année passée et la moyenne quinquennale (en FCFA/Kg)

    Source: FEWS NET

    Figure 3: Projection pluviométrique de NMME pour juillet-septembre 2016

    Figure 5

    Figure 3: Projection pluviométrique de NMME pour juillet-septembre 2016

    Source: NOAA/NMME

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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