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La situation alimentaire reste fragilisée dans les régions du Sud-Ouest

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Tchad
  • Juillet - Décembre 2013
La situation alimentaire reste fragilisée dans les régions du Sud-Ouest

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  • Messages clé
  • Presentation nationale
  • Zones d’interet
  • Evenements qui pourraient changer les scenarios
  • Messages clé
    • Actuellement, les ménages du Logone Oriental, Tandjilé, Logone Occidental et du grand Mayo Kebbi sont en Stress (Phase 2 de l’IPC 2.0) à cause de l’épuisement des stocks plutôt qu’en année typique et de la hausse saisonnière normale des prix des céréales. A partir d’octobre, grâce aux nouvelles récoltes toutes les régions seront en Phase 1 (Aucune/Minimale) et y resteront au moins jusqu'à décembre 2013.

    • Les déficits pluviométriques enregistrés assez tôt dans la campagne (juin) ont été de courte durée et ont provoqué de retard allant de 2 à 3 semaines par endroits dans la mise en place des cultures. Ces déficits ont été réduits par les bonnes pluies de juillet et leur impact sur le développement des cultures ne semble être ni assez important ni irréversible. 

    • Les prix des céréales commencent à amorcer des hausses dans la partie sahélienne à cause de la réduction du stock commercial mais restent inférieurs comparé à leur niveau au cours de la moyenne quinquennale. Cependant, la consommation alimentaire des ménages est restée stable due à la disponibilité du lait et aux interventions qui ont commencé comme en année normale dans presque toute la bande sahélienne. 


    Presentation nationale
    Situation actuelle

    Situation pluviométrique

    Les pluies ont commencé tôt (mars) dans la zone soudanienne que d’habitude (mai), mais avec une rupture de deux semaines en mai et une autre de même durée en juin. Le cumul de la pluviométrie estimée à la deuxième décade de juillet montre des niveaux de précipitations relativement normaux. Il existe des déficits localisés mais il est encore tôt de s’inquiéter. Des précipitations supérieures à la moyenne se sont récemment produites dans la plupart des zones ayant enregistré des déficits jusqu'à fin juin.

    Situation agro-pastorale

    Les deux ruptures des pluies en mai et juin ont provoqué des flétrissements voire desséchements des plants et ont poussé certains paysans pauvres et très pauvres à utiliser leurs dernières réserves de nourriture comme semence pour ressemer. Les superficies emblavées ont baissé de 47 pourcent en zone soudanienne et de 4 pourcent dans la région du Lac Tchad (juin 2013 comparée à juin 2012). Par exemple, dans le Lac-Léré, c’est pendant la première semaine de juillet que l’on ressème sorgho et arachide pour compenser les superficies affectées (30 pourcent). Cette situation a amené les paysans à s’endetter plus que la normale contre leurs récoltes prévues en septembre. La reprise des pluies en juillet avec une amélioration de la répartition et d’intensité comme en année normale a entrainé une intensification typique des travaux agricoles. A cet effet, les cultures qui n’ont pas été affectées par la rupture des pluies et qui représentent 70 pourcent des superficies emblavées, se développent normalement avec des stades phénologiques qui varient de la levée à la montaison.

    Dans la zone sahélienne, les activités principales des ménages agricoles sont le semis pour certains et/ou le sarclage pour d’autres comme en année normale. Le sorgho et le maïs sont actuellement aux stades de montaison et tallage, ce qui est normal en cette période.

    Mais suite à la mauvaise répartition des pluies jusqu’à fin juin, il y’a eu un manque à gagner pour la main d’œuvre agricole à cause de la baisse des superficies emblavées. Avec la reprise des pluies en juillet et les activités de sarclage qui viennent de commencer, les opportunités de main d'œuvre pour les ménages pauvres sont intenses comparées aux activités de semis. Dans le Ouaddaï, le coût de la main d’œuvre agricole relative aux activités de sarclage est de 4.000 FCFA par personne par jour en cette période contre 3.000 FCFA en année normale.

    Les animaux retrouvent progressivement leur embonpoint grâce à l’abondance de pâturage, d’eau et des conditions climatiques (chaleur) favorables comme en année normale. La saison pastorale a commencé avec beaucoup des résidus des herbes/pâturages, jugés supérieurs à une année normale, dues aux bonnes pluies et aux inondations de 2012. C‘est l’une des raisons qui a poussé les transhumants à monter vers le nord un mois plutôt qu’en année normale. En plus, cette année, les premières pluies sont tombées en mars dans la zone soudanienne et avec l’humidité résiduelle du sol causée par les inondations de 2012, les herbes ont poussé plutôt qu’en année normale améliorant la disponibilité en pâturage et réduisant ainsi la période de la soudure pastorale.

    La montée des transhumants vers les sites d’accueil est effective depuis plus d’un mois (un peu plutôt qu’en année normale). Sur le plan épizootique, la situation est en général calme sur toute l’étendue du territoire à l’exception de la région de Dababa où une maladie d’origine douteuse a décimé près d’une centaine de têtes de bovins au cours de la première quinzaine de juillet. Le gouvernement à travers le Ministère de l’élevage s’est investit pour circonscrire le fléau.

    Situation des réfugiés

    Suite aux récents troubles intercommunautaires survenus au début de l'année 2013 au Darfour (au Soudan) et la flambée de violences en République centrafricaine, quelques 21.000 personnes à Tissi (sud-est du Tchad à la frontière Tchad-Centrafrique-Soudan), et 5.620 réfugiés centrafricains dans la Nya-Pendé (sud du Tchad, à la frontière avec la Centrafrique), sont arrivés au Tchad en mi-avril. Selon le Comité International de la Croix Rouge (CICR), la situation de ces déplacés demeure préoccupante et de nouveaux blessés graves ont été évacués en juin vers Abéché. La tension au Darfour est toujours perceptible entre les communautés dans la région malgré les efforts qui ont été entrepris pour calmer le jeu en créant une situation de dialogue et de discussions entre ces communautés. Du 6 mai au 2 juin 2013, le CICR a apporté assistance à 10.000 personnes vulnérables, dont une majorité des femmes et des enfants répartis dans 15 villages de la sous-préfecture de Tissi. En outre, les programmes d’assistance en place continuent et les vivres sont prépositionnés dans les camps pour couvrir les besoins des réfugiés centrafricains pendant la saison des pluies.

    Assistance humanitaire

    Des distributions de cash, NFI et vivres sont en cours dans le Batha Est. La première foire organisée a eu lieu en juin pour 3.000 personnes et une deuxième est prévue pour le mois de juillet. Les distributions alimentaires de période de soudure sont faites et 13.000 tonnes de denrées ont été distribuées dans le Batha et le Guéra. Le blanket feeding est en cours dans le Ouaddaï et le Wadi Fira.

    Marchés et flux

    La demande céréalière sur les marchés et au niveau des ménages dans la zone sahélienne est en dessous de la normale à cause du bon niveau de stock jugé supérieur à la normale. Par contre, elle est forte dans la zone soudanienne par rapport à une année normale. La plus forte demande a été remarquée dans la Tandjilé Ouest à cause de l’épuisement de stock un mois avant la période normale. L’épuisement précoce du niveau de stock est dû au déficit de production causé par les inondations de 2012.

    Actuellement, les flux céréaliers sont généralement de courtes distances et faibles comme en année normale à cause de la saison des pluies rendant les grands axes impraticables. Les marchés céréaliers fonctionnent normalement malgré la baisse de l’offre observée dès le début de la période de soudure (juin). Cette baisse est en partie compensée par presque 20.000 tonnes des céréales (maïs, riz, sorgho et mil) mises sur le marché par l’ONASA en juin 2013 et par les importations atypiques du Cameroun (sorgho) et de la RCA (maïs) qui ont renforcé le niveau des stocks commerçants.

    Marchés et Prix 

    Actuellement, les prix des céréales sont généralement en hausse comparés au mois dernier (juin 2013) à cause des disponibilités du maïs, du mil, sorgho et de berbéré qui ont baissé conformément à la tendance saisonnière normale. La hausse la plus significative (16 pour cent) est observée sur le prix du sorgho à Moundou dans la zone soudanienne à cause du faible approvisionnement du marché en cette céréale et du niveau de stock commerçants qui est jugé en dessous de la normale. Comparé à la moyenne quinquennale, on observe en général une hausse des prix des céréales dans la zone soudanienne oscillant entre 17 et 24 pour cent ; dans la bande sahélienne, on observe une baisse à l’exception des marchés de Mongo où le mil pénicillaire a connu une hausse de 8 pour cent. Ces différentes variations observées se justifient par le niveau d’offre, mais n’entravent pas l’accessibilité.

    Enfin, sur le marché du bétail, les prix sont restés stables comparés à leur niveau de juin 2013. Toutefois, sur le marché de Moundou dans le Logone Occidental, le prix de l’ovin et celui du caprin ont connu une baisse de 6 pourcent et 14 pourcent respectivement par rapport à la moyenne quinquennale. Cette baisse se justifie par la faiblesse de la demande émanant du Nigeria qui est inferieure comparé à son niveau normal.

    Les flux transfrontaliers

    La faiblesse des flux persiste avec le Nigeria et ces derniers ne suivent pas la tendance saisonnière normale à cause de l’insécurité civile au Nigeria et de la fermeture de la frontière. Les échanges transfrontaliers entre le Tchad et le Soudan sont normaux et concernent beaucoup plus le sucre, la farine et les pâtes alimentaires. Cependant, malgré la fermeture de la frontière, on observe toujours des importations informelles de la Libye renforçant ainsi la disponibilité alimentaire dans la bande saharienne du pays jusqu’à la région de Wadi Fira. Malgré ce renforcement de la disponibilité, ces échanges informels restent à un niveau inférieur comparé à la moyenne. Par contre, les flux céréaliers avec le Cameroun et la RCA se sont renforcés par rapport à leur niveau de juin.

    Situation alimentaire

    Suite à l’épuisement des stocks ménagers plus tôt qu’en année typique, la hausse saisonnière normale des prix des céréales, les ménages dans le Logone Oriental, la Tandjilé, Logone Occidental et le grand Mayo Kebbi ont une consommation alimentaire réduite et d’adéquation minimale. Par conséquent, ils sont en Stress (Phase 2 de l’IPC 2.0) et le reste du pays en insécurité alimentaire Minime (Phase 1 de l’IPC 2.0) (Figure 1).

    Suppositions

    Le scénario le plus probable de juillet 2013 à décembre 2013 est basé sur les hypothèses suivantes au niveau national:

    • La saison de pluie: les précipitations attendues en terme quantitative seront moyennes et la répartition sera normale selon les prévisions faites en juin par ACMAD et CILSS/AGRHYMET.
    • Production agricole: une production moyenne est attendue en octobre comme en année normale dans toutes les zones agricoles du Tchad.
    • La période de soudure agricole: comme en année normale, la période de soudure agricole finira en août dans la zone soudanienne et en septembre dans la zone sahélienne à cause de la saison agricole normale attendue.
    • Situation pastorale: la saison pastorale sera normale à supérieure grâce au démarrage normal et à l’installation effective de la saison de pluie depuis mai. L’alimentation du bétail se fera avec moins de difficultés jusqu’à décembre 2013 comparé à une année normale parce que la saison pastorale a commencé avec beaucoup des résidus des herbes/pâturages jugés supérieurs à une année normale, dues aux bonnes pluies et aux inondations de 2012. En plus, cette année, les premières pluies sont tombées en mars dans la zone soudanienne et avec l’humidité résiduelle du sol causée par les inondations de 2012, les herbes ont poussé plutôt qu’en année normale améliorant la disponibilité en pâturage qui est jugée meilleure qu’en année normale. Les maladies telluriques se comporteront comme en année normale pendant toute la période du scenario et les transhumants amorceront la descente à partir de décembre comme en année normale.
    • Situation acridienne: les effectifs acridiens seront similaires à une année normale et l’impact des infestations seront limités en termes de pertes de production et de pâturages. Selon les prévisions saisonnières de la FAO, il se pourrait que quelques petits essaims puissent apparaître en juillet dans le centre et le nord-est en provenance de l’Algérie et de la Libye où quelques infestations n’ont pas été détectées ou contrôlées. Par la suite, une reproduction à petite échelle aura lieu avec l’installation effective de la saison de pluie entrainant par conséquent une augmentation des effectifs acridiens.
    • Echanges transfrontaliers: la frontière avec la Libye et celle avec le Nigeria resteront fermées pendant toute la période du scenario à cause de l’insécurité qui persiste dans ces pays. Les échanges transfrontaliers avec le Soudan se comporteront comme en année normale tandis que ceux avec le Nigeria et la Libye seront réduits pendant toute la période du scenario ; surtout les exportations du bétail vers le Nigeria et la Libye.
    • Marchés céréaliers et prix: l’approvisionnement des marchés en céréales sera régulier sur toute la période du scenario et l’offre en céréales y sera normale. Le transfert de la zone soudanienne vers la zone sahélienne diminuera d’avantage à partir de juillet avec l’installation effective de la saison de pluie et les flux intra zones seront aussi réduits dans la zone soudanienne comme en année typique. Avec la disponibilité des prémices en août, l’offre sur le marché pourrait s’améliorer dans la zone soudanienne. Les prix des céréales suivront la tendance saisonnière normale et connaîtront une légère hausse en juillet à cause du Ramadan accouplé au pic de la soudure pour se stabiliser en août avant d’amorcer une baisse en septembre (période de récolte) et cette baisse va continuer jusqu'à décembre. Les marchés dans le BET seront toujours approvisionnés depuis la Libye mais avec des quantités plus faibles comparées à la tendance saisonnière normale.
    • Marchés du bétail: les prix des animaux pourraient connaître des légères hausses entre juillet et septembre à Abéché, N’Djamena, Mongo et Massaguet en raison de la demande locale qui sera importante avec l’avènement de Ramadan (juillet/mi-août) et de la fête de Tabaski (début octobre). A partir d’octobre, les prix connaîtront de légère baisse pour se stabiliser en novembre et puis remonter en décembre avec les fêtes de fin de l’année. Quant à la demande provenant du Nigeria et de la Libye, elle sera légèrement inférieure comparée à une année normale dans les localités situées près des frontières jusqu’à décembre à cause de l’insécurité au Nigeria et de la fermeture de la frontière avec la Libye. Cette légère baisse de la demande nigériane et libyenne sera compensée par une forte demande en viande pendant la période de Ramadan y compris la fête de Ramadan (juillet/août) qui s’en suit, le retour du petit pèlerinage (août/septembre) et de la Fête de Tabaski (octobre).
    • La vente de céréales à prix modéré par l’ONASA : le deuxième round de la vente des céréales à prix modéré par l’ONASA est planifié pour la fin du mois de juillet et la quantité prévue pour cette opération est estimée à prés de 14.600 tonnes.
    • Les sources de revenu et de nourriture: les sources de revenu et de nourriture des ménages se comporteront comme en année normale sur toute la période de scenario.
    • Maraîchage: au regard des prévisions pluviométriques, les activités maraîchères au tour des points d’eau semi-permanents et permanents se dérouleront normalement à partir d’octobre. Les produits de ces activités permettront aux ménages de diversifier leurs sources de nourriture et de revenu.
    • Situation des réfugiés: vu le retour difficile à la stabilité en RCA et la difficulté du gouvernement du Darfour à faire régner la paix entre les communautés, la tension est perceptible et on pourrait s’attendre à une augmentation du nombre des réfugiés. A cet effet, les programmes d’assistance mis en place par les humanitaires vont continuer à l’égard des réfugiés soudanais et centrafricains et une ration complète sera assurée pendant toute la période de scenario. Par ailleurs, les nouveaux réfugiés soudanais auront besoin d’assistance alimentaire et non alimentaire pour reconstruire leurs moyens d’existence.
    • Conditions sécuritaires: la situation sécuritaire à l’intérieur du pays sera calme toute la période du scénario. Toutefois, avec l'instabilité en République centrafricaine, au nord du Nigéria, dans la région de Darfour au Soudan et en Libye, on pourrait s’attendre à un afflux des populations de ces pays cherchant réfuge dans les régions frontalières avec le Tchad.
    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    A la première phase du scenario (Juillet-septembre), les disponibilités céréalières seront fortement liées aux stocks des commerçants, de l’ONASA et des institutions d’aide alimentaire. Dans la zone soudanienne, notamment les régions déficitaires et ayant connu les inondations momentanées de 2012 (Mayo-Kebbi Ouest, Logone Oriental, Tandjilé, Logone Occidental), l'effet prolongé (juillet-août) de la hausse de prix pourrait affecter la diversification de consommation, de laquelle résulterait une détérioration de la situation alimentaire. Dans ces régions, les ménages seront en phase 2 de l’IPC 2.0 (Stress) entre juillet et septembre à cause de l’épuisement du stock céréalier et de la hausse de prix qui limitera l’accès aux céréales par les ménages pauvres et très pauvres. Cependant, dans le reste du pays, les ménages pauvres pourront accéder aux aliments de base normalement et/ou avec l'aide humanitaire sous diverses formes (cash actions, distribution de vivres, blanket feeding…) et seront en insécurité alimentaire aigüe Minimale (phase 1 de l’IPC 2.0) pendant cette période (Figure 2).

    Pendant la deuxième phase du scenario (Octobre-décembre), dans la zone saharienne, la fermeture officielle de la frontière avec la Libye va continuer à réduire les flux, mais des importations des denrées alimentaires à petite échelle renforceront la disponibilité alimentaire dans les régions de BET, Wadi Fira et Ouaddaï. Le niveau de disponibilité sera typique au début de l’année commerciale (octobre). Dans le reste de la zone sahélienne, les ménages accèderont aux denrées alimentaires avec moins de difficultés comme en une année typique grâce aux récoltes céréalières moyennes attendues. La dépendance des ménages vis-à-vis des achats sur le marché sera fortement réduite et la consommation alimentaire s’améliorera pendant cette période. On observera aussi, une amélioration des sources de revenu des ménages grâce aux activités maraîchères autour des points d’eau semi-permanents et permanents. Par conséquent et selon les résultats de l’analyse de l’insécurité alimentaire aigüe, tout le pays sera en insécurité alimentaire Minime (Phase 1 de l’IPC 2.0) (Figure 3). 


    Zones d’interet

    Le Département de Tandjile Ouest (Chef-Lieu Kélo) / zone 2, « Zone sud-ouest, riz dominant »

    Situation actuelle

    Stock céréalier dans les ménages

    Le stock céréalier des ménages est épuisé précocement (1 à 2 mois) plutôt (mars/avril) comparé à une année normale (mai/juin) à cause des effets des inondations qui ont influé sur la production céréalière. Par conséquent, les ménages pauvres dépendent des achats sur le marché y compris les ventes sociales de l’ONASA (les prix des céréales sont deux fois moins chers) pour satisfaire leur besoin de consommation jusqu'à la fin de la période de soudure.

    Situation agro-pastorale

    La répartition des pluies s’est améliorée par rapport à la première décade de juillet mais elle reste tout de même en dessous d’une année moyenne. Les activités agricoles restent dominées par le sarclage du sorgho et les semis des variétés précoces (riz, mil, maïs, arachide et sésame). Ces activités sont en retard de 2 à 3 semaines par rapport à la normale. Quant au stade phénologique, 60 pourcent des cultures sont en tallage, 20 pourcent en montaison, et 20 pourcent entre les stades de levée et de tallage, ce qui laisse entrevoir un retard de deux à trois semaines par rapport à la situation d’une année normale.

    Les institutions (FAO, Programme de Gestion des Ressources Naturelles et PNSA) ont appuyé les ménages en semences améliorées. Le programme de PNSA a commencé l’année dernière et les programmes de PGRN et FAO ont débuté cette année dans la zone. Pour la campagne en cours, le PNSA a mis à la disposition des producteurs 670 tonnes des semences (riz, sorgho, mais et arachide) pour toute la zone soudanienne. La FAO a distribué 900 kilogrammes des semences de sorgho pluviales pour 900 ménages. Les activités du labour déclenchées dès le début du mois de mai se poursuivent davantage. A cette date, le PNSA a mobilisé au total 54 tracteurs sur le terrain dans le département de la Tandjilé Ouest. Le labour d’un hectare par ces tracteurs se fait à 10.000FCFA contre 15.000FCFA celui fait par la traction animale. Cela a permis à certains paysans d’épargner.

    La situation alimentaire du bétail est bonne parce que toute la zone est maintenant couverte de pâturage et l’eau y est disponible partout comme en année normale. Sur le plan épizootique, aucune épidémie n’est signalée dans la zone à l’exception de quelques maladies parasitaires habituelles qui sévissent de façon sporadique.

    Marchés et prix

    Les marchés sont approvisionnés grâce aux stocks commerçants et aux céréales issues de la vente à prix modéré organisée par l’ONASA. Afin de répondre à la forte demande émanant des ménages en raison de l’épuisement précoce du stock céréalier, les commerçants locaux vont vers le Cameroun et la RCA pour s’approvisionner en céréales, ce qui ne se faisait pas au cours d’une année normale. En outre, les marchés primaires n’arrivent pas à approvisionner les marchés secondaires comme en année normale à cause de l’épuisement des stocks ménagers, principaux pourvoyeurs en année normale. Par conséquent, on observe un renversement de flux et les ménages s’approvisionnent des marchés secondaires au lieu des marchés primaires. Quant aux prix, on observe en général de hausse comparé à la moyenne quinquennale; 62 pourcent pour le sorgho, 26 pourcent pour le mil pénicillaire et 29 pourcent pour le maïs. Par rapport à leur niveau du mois de juin 2013, les prix sont restés en général stables avec quelques fluctuations; une hausse de 9 pourcent sur le prix du sorgho et une baisse de 10 pourcent sur le prix du riz.

    Sur le marché du bétail, le prix des petits ruminants a connu une baisse de 15 pourcent comparé à la tendance saisonnière normale à cause de la baisse de la demande émanant du Nigeria due à la fermeture de frontière pour raison de sécurité. Au regard de la baisse du prix du bétail et de la hausse des prix des céréales sur le marché, les ménages au lieu de vendre 2 à 3 têtes de petits ruminant comme en année normale pour s’approvisionner en céréales, ils vendent actuellement 4 à 5 têtes pour la même quantité de céréales achetée en juillet pendant le pic de la soudure.

    Sources de revenus

    Elle est aussi constituée essentiellement de la vente des mains d’œuvre en plus des petits ruminants. Les ménages cueillent aussi des produits de cueillette (légumes sauvages), les graines de karité et de néré comme en année normale. Ces produits sont consommés et vendus par les ménages pauvres et très pauvres. L‘offre en main d’œuvre devient de moins en moins importante comparée à la tendance saisonnière normale, car la plupart des cultivateurs préfère travailler dans son propre champ à cause de l’extension des superficies labourées par des tracteurs par rapport à la normale. Quant à la demande, elle est importante à cause des travaux de sarclage qui ont commencé et s’intensifient. A cet effet, le coût journalier est entre 650-700FCFA contre 400-500FCFA en année normale.

    Situation alimentaire

    Actuellement, les ménages ont de difficultés à satisfaire leurs besoins alimentaires de base à cause de l’épuisement précoce de leur stock céréalier et de la hausse de prix de céréales engendrée à son tour par un problème de disponibilité sur le marché. Les capacités d’achat des ménages sont jugées inférieures à la normale. A cet effet, les ménages font plus recours aux produits de cueillette par rapport à la normale. Ces produits ne permettent guère de combler le déficit et les ménages sont actuellement en Stress (phase 2 de l’IPC).

    Suppositions

    Le scénario le plus probable de juillet à décembre 2013 pour la Tandjilé Ouest est basé sur les hypothèses suivantes:

    • Stock céréalier : le niveau du stock céréalier commerçant sera en dessous de son niveau saisonnier normal jusqu’à septembre. Ensuite en octobre avec les récoltes, le niveau redeviendra normal. Quant au stock ménager, il sera reconstitué en octobre avec les récoltes et sera normal grâce aux récoltes moyennes attendues.
    • Marchés et prix : au cours de la période du scenario (juillet-décembre), l’approvisionnement des marchés céréaliers sera assuré par les commerçants locaux importateurs du Cameroun et de la RCA ; mais au regard du contexte actuel du marché, on pourrait s’attendre à une hausse des prix des céréales de base allant de 27 à 30 pourcent par rapport à la moyenne quinquennale entre juillet et août. Cette hausse sera causée par une faible disponibilité céréalière sur le marché. Les prix seront stables en septembre comparé à leur niveau d’août pour amorcer la baisse en octobre et continuer jusqu’à décembre selon la tendance saisonnière normale. Mais, son niveau restera au-dessus de la moyenne.
    • Salariat agricole : la demande en main d’œuvre suivra la tendance saisonnière normale et sera importante entre août et septembre avec les activités de dernier sarclage pour les cultures à cycle long et les récoltes pour les cultures à cycle court.
    • Sources de revenu : des ménages pauvres et très pauvres au cours de la période du scénario (juillet-décembre) seront les mêmes (vente de produits de cueillettes, artisanat, vente de produits animaliers, vente des produits agricoles, vente de bois de chauffe et travail agricole) comme en année normale. Cependant, des modifications seront observées au niveau de la vente des produits de cueillette et du bois de chauffe à la première phase du scenario (juillet-septembre). Les niveaux respectifs de ces sources seront au-dessus de leur niveau au cours d’une année normale. A la deuxième phase du scenario (octobre-décembre), toutes les sources se comporteront comme en année normale.
    • Les sources de nourriture : comme au cours d’une année typique, elles seront les mêmes (propre production, achat sur le marché, payement en nature et cueillette). En raison des prix des céréales qui sont élevés, limitant par conséquent l’accès aux céréales par les ménages pauvres et très pauvres, ces derniers feront beaucoup recours à la cueillette entre juillet et août. A partir de septembre, avec l’apparition des prémices qui seront complétées plus tard par les produits de grande récolte, les ménages vivront de leur propre production jusqu’à décembre.
    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    Entre juillet et septembre, période de soudure, les ménages auront de difficultés d’ordre alimentaire à cause du manque de disponibilité au niveau des ménages et de leur grande dépendance vis-à-vis des achats sur le marché. L’accessibilité aux céréales sera fortement liée à leurs capacités d’achat, raison pour laquelle, ils feront beaucoup plus recours aux produits de cueillette pour combler à peine le déficit alimentaire. De même, ils intensifieront la vente de bois de chauffe et des produits de cueillette pendant cette période afin d’améliorer leurs capacités d’achat. A cet effet, l’analyse de l’insécurité alimentaire aigüe place ces ménages en phase 2 (Phase de Stress) selon l’IPC 2.0.

    A partir d’octobre avec les récoltes, la dépendance des ménages vis-à-vis des achats sur le marché sera réduite et ils dépendront essentiellement de leur propre production jusqu’à décembre. Pendant cette période, on observera aussi l’amélioration de leurs capacités d’achat grâce aux revenus issus de la vente des produits agricoles et maraîchers ; et par conséquent les ménages seront en phase 1 (Phase Minimale) de l’IPC 2.0.


    Evenements qui pourraient changer les scenarios

    Zone

    Evénement

    Impact sur les conditions de la sécurité alimentaire

    National

    • Invasion des ennemis des cultures (criquets, oiseaux granivores, etc.)
    • Arrêt brusque des pluies 
    • Inondations
    • Réduction des récoltes 
    • Faible opportunité du salariat agricole
    • Retard des récoltes précoces
    • Réduction de revenu
    • Niveau de stock inférieur à la normale
    Figures Calendrier saisonnier pour une année typique

    Figure 1

    Calendrier saisonnier pour une année typique

    Source: FEWS NET

    Carte des résultats actuels de la sécurité alimentaire, juillet 2013

    Figure 2

    Carte des résultats actuels de la sécurité alimentaire, juillet 2013

    Source: FEWS NET

    Figure 3

    Source:

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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