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La situation alimentaire commence à se détériorer dans certaines régions du Tchad

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Tchad
  • Janvier - Juin 2015
La situation alimentaire commence à se détériorer dans certaines régions du Tchad

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    • Malgré les récoltes excédentaires enregistrées dans la plupart des régions agricoles, des déficits céréaliers allant de 5 à 76 pourcent ont été enregistrés dans les régions de Kanem, Sila, Tandjilé, Wadi Fira, Mayo Kebbi Ouest, Moyen Chari, Lac et Mayo Kebbi Est. Les régions ayant enregistré les baisses les plus importantes sont le Kanem (-76 pourcent), Sila (-50 pourcent), et Tandjilé (-27 pourcent).

    • Les marchés des produits alimentaires sont bien animés et fonctionnent normalement dans toutes les zones de moyens d’existence. De manière générale, les prix des céréales sont en baisse comparés à leur niveau du dernier trimestre de 2014; cela améliore l’accès aux céréales. Les flux de bétail vers le Nigeria et la Libye sont ralentis à cause de l’insécurité entrainant une baisse atypique des prix.

    • Malgré que la sécurité alimentaire des ménages pauvres se soit améliorée les trois derniers mois de 2014 grâce aux nouveaux produits de récolte, le déficit céréalier enregistré dans certaines localités occasionnera un épuisement précoce de stock. Les ménages dépendront des achats sur le marché pour couvrir leur consommation alimentaire en réduisant certaines dépenses non-alimentaires essentielles. 

    • De janvier à mars, les ménages pauvres dépendront des achats sur les marchés et auront une consommation alimentaire réduite. A cet effet, ils vont basculer de la Phase Minimale (Phase 1 de l’IPC) à la Phase Stress (Phase 2 de l'IPC). A partir d’avril 2015, ils resteront en Stress grâce à l’assistance alimentaire et ceci jusqu’en juin. 


    Présentation nationale
    Situation actuelle

    La situation agricole

    Les activités agricoles sont essentiellement dominées par les récoltes dans certaines régions. Dans la zone sahélienne, les récoltes céréalières pluviales sont achevées à plus de 90 pourcent à Abéché tandis que celles des oléagineux et le niébé sont terminées dans le Guera, le Batha et le Salamat. Dans le sud du pays, les récoltes du sorgho, mil et oléagineux se poursuivent comme en année normale. A Moundou et Sarh par exemple, le pourcentage de récolte accomplie est estimé entre 85 et 90 pourcent. La principale culture de décrue qui est le berbéré qui se pratique dans les zones de production habituelles (Salamat, Sila, Ouaddaï, Guera, Batha et Moyen Chari) se développe actuellement dans de bonnes conditions grâce à l’humidité résiduelle, sauf dans le département de Bahr Signaka où on observe un flétrissement. Le stade phénologique dominant pour le moment est la formation des graines et l’état laiteux. Les récoltes sont en cours et un peu plus tôt que la normale (fin février/mars).

    Dans l’ensemble, les cultures maraîchères connaissent un développement végétatif normal et le stade phénologique dominant est la maturité et les produits arrivent déjà sur les marchés. Par contre, à Abéché dans le Ouaddaï, le stade phénologique dominant actuel est la montaison pour l’ail, tallage pour l’oignon, et floraison plus maturité pour la tomate et le gombo.

    Stock céréalier dans les ménages

    Dans le sud du pays, notamment au Moyen Chari, Tandjilé et Mayo Kebbi Ouest, les stocks disponibles actuels estimés pourront couvrir les besoins des ménages jusqu’au mois de juin au lieu de septembre comme en année normale à cause du déficit céréalier de 2014. Par contre, dans les deux Logones, le niveau des stocks des ménages est supérieur à une année normale et couvrira les besoins jusqu’aux prochaines récoltes. Dans la bande sahélienne, et précisément dans les régions du Kanem, Sila et Wadi Fira, les stocks céréaliers disponibles auprès des ménages sont inférieurs à la moyenne. Ces stocks pourront couvrir les besoins alimentaires des ménages en moyenne pour une période allant de 3 à 7 mois. Les ménages du Sila sont en attente de la récolte du berbéré pour augmenter leurs stocks. Les ménages des régions du Salamat et du Batha auront des stocks disponibles pour 12 à 13 mois, en tenant compte des récoltes attendues en berbéré qui complèteront les céréales pluviales, a l’exception des cantons du Nord Guera (Moubi hadaba, Moubi Goz, Dadjo 1, Abtouyour), qui ont à peine des stocks pour couvrir 2 mois (jusqu’à fin février 2015). Le niveau des stocks est également faible au Bahr El-Ghazal (BEG) et ne pourrait permettre aux ménages d’atteindre que mi-février.

    Main d’œuvre agricole

    Dans le Sud du pays, le coût de la main d’œuvre journalière pratiqué est de 500 FCFA, et est pareil à celui de l’année passée à la même période. Le niveau de la demande tout comme de l’offre est identique à celui de 2014 également, bien que la demande soit en baisse avec la fin des récoltes. En cette période, dans la zone du Moyen Chari (Sarh) c’est surtout la Compagnie Sucrière du Tchad (CST) qui fait le plus appel à la main d’œuvre.

    Dans la bande sahélienne, à Abéché et précisément dans la zone de production maraichère (Biteha), le cout actuel de la main d’œuvre journalière est de 2000 à 2500 FCFA. Le maraichage connaissant actuellement un grand engouement, il concentre l’essentiel de la demande en main d’œuvre. La moyenne est de 1700 FCFA dans l’ensemble des autres zones. L’offre est cependant en baisse, à cause d’une forte migration des jeunes vers le Nord du pays à la recherche de l’or.

    Situation des ressources pastorales

    D’une manière générale, les herbes vertes deviennent rares et ne se trouvent que dans les lits des cours d’eau ou près des bas-fonds. Dans la zone sahélienne, l’état des pâturages actuel est relativement satisfaisant à cause de la bonne disponibilité fourragère, meilleure par rapport à une année normale. Le pâturage disponible pourrait couvrir les besoins des animaux en moyenne 4 à 5 mois dans le Wadi-Fira (mars/avril), 5 à 6 mois dans le Ouaddaï et 6 à 7 mois dans le Sila. Dans la zone soudanienne, la disponibilité alimentaire pour le bétail est encore satisfaisante grâce aux résidus des récoltes. Toutefois, compte tenu de la pression sur les pâturages, le volume de pâturage ne pourra être disponible que jusqu'à fin mars et va ensuite se raréfier.

    Marchés et prix

    Dans la zone soudanienne, les produits alimentaires sont disponibles en quantité sur les marchés comme en année normale à cause de la production céréalière qui est presque stable comparée à la moyenne. Les approvisionnements se font à partir des marchés de collectes et de regroupement comme Bodo, Deli, Doher, Danamadji, etc. qui connaissent une grande affluence actuellement. La demande est stable à cause du niveau des stocks au niveau des ménages. Les prix sont stables avec une tendance à la hausse à cause de la période post-récolte. Sur les marchés de Sarh, Kélo et Bongor les prix du mil et du sorgho sont restés stables comparés à décembre 2014. Le prix du sorgho est stable à Moundou comparé à janvier 2014. Par contre le mil est en hausse de 7 pourcent à Sarh.

    La demande des commerçants pour l’exportation concerne surtout les oléagineux, particulièrement le sésame et les arachides, ce qui entraine la hausse qui s’observe sur le prix de ces produits. C’est notamment le cas à Sarh où le prix du kilogramme d’arachide connait une hausse de 13 pourcent comparé à décembre 2014 et 20 pourcent comparé aux cinq dernières années, et le sésame 17 pourcent (Moundou) comparé à décembre dernier, et 4 pourcent à la moyenne quinquennale. Sur le marché du bétail, le niveau des prix de janvier 2015 a connu de légères baisses dans la plupart des zones à cause des flux interrompus entre le Tchad et le Nigeria. La baisse enregistrée sur le marché d’Abéché est de 42 pourcent et sur le marché de Mao, elle est entre 25 à 30 pourcent. Comparé au prix de janvier 2015 et à la moyenne quinquennale, le prix des petits ruminants est en baisse sur le marché de N’Djamena (-10 pourcent) mais restent élevés à Mao (+20 pourcent).

    En zone sahélienne, les marchés sont également bien approvisionnés en cette période post-récolte comme en année normale, et les prix sont également stables suivant les variations saisonnières et à cause de la bonne production enregistrée pendant la campagne 2014-2015.

    Mouvements des populations

    Dans la zone sahélienne, en ce moment, les transhumants se trouvent entre le Ouaddaï et le Sila, certains traversent le grand Batha, excepté au niveau des cantons Gogmi, Sorki, Mousmaré et Melfi, dans le Département du Bahr Signaka (Melfi), où les migrations observées vers N’Djaména surtout, sont plus précoces que d’habitude à cause de la baisse de la production dans ce département. Dans le sud du pays aucun mouvement inhabituel des populations n’est signalé. Le mouvement des populations de Bahr Signaka vers les grands centres a été signalé plus tôt (novembre) qu’en année normale (avril après les récoltes de berbéré).

    Situation nutritionnelle

    De janvier à la fin du mois de novembre 2014, 136,463 enfants atteints de MAS (malnutrition aigüe sévère) ont été admis et traités au niveau des unités de prise en charge de la malnutrition contre 135,988 enfants, avec cas de MAS admis en 2013, pour les mêmes périodes. Moins qu’en 2012 (146,986). La tendance est donc la même pour les deux années précédentes. On constate cependant pour diverses raisons, une baisse des admissions en 2014 à partir du mois d’août par rapport aux autres années, bien que la malnutrition reste un fléau très préoccupant dans le pays (Figure 1).

    La situation alimentaire courante :

    Comme souvent en janvier, la situation alimentaire des ménages est satisfaisante dans l’ensemble du pays, la disponibilité des aliments reste fortement liée aux récoltes de la campagne agricole courante et aux stocks détenus par les commerçants. Ainsi, la plupart des ménages pauvres accèdent actuellement sans grande difficulté aux aliments, ils disposent encore pour la majorité de leurs propres productions, et les diverses sources de revenus qui sont principalement la vente de bois de chauffe, la vente de paille, le petit commerce ainsi que le maraichage etc. leur permettent d’obtenir un peu d’argent pour assurer leurs approvisionnements et constituer leurs stocks, mais également de satisfaire d’autres besoins non alimentaires. L’arrivée sur les marchés des produits maraichers (tomate, carotte, aubergine, laitue etc.) permet aux ménages de diversifier leur alimentation.

    Suppositions

    Le scénario le plus probable de janvier 2015 à juin 2015 est basé sur les hypothèses suivantes au niveau national:

    • Perspectives pour les récoltes de contre saison : Grâce à l’humidité résiduelle du sol qui favorisera un bon développement des plants de berbéré, on s’attend à une production moyenne à bonne, et les activités de maraichage devraient s’intensifier dans la plupart des zones comme en année normale. Et ainsi, les sources de nourriture et de revenu liées au maraichage et aux cultures de décrues seront d’un niveau assez satisfaisant pour la plupart des ménages pauvres et très pauvres.
    • Les stocks des ménages : Les stocks des ménages seront variables d’une zone à une autre, ceci dépendant de la production agricole enregistrée lors de la dernière campagne. Mais au vue de la production céréalière nationale excédentaire comparée à la moyenne quinquennale, le niveau de stock au niveau national sera moyen à supérieur. La récolte attendue des cultures de contre-saison devrait permettre à certains ménages de renforcer leur stocks et de pouvoir être à l’abri du besoin jusqu’à la période de soudure.
    • Perspectives de la main d’œuvre : Avec la fin des récoltes des cultures pluviales, la demande en main d’œuvre devrait connaitre une certaine baisse, mais il devrait être pareil à la normale pour les cultures de contre saison et le maraichage, excepté dans le Ouaddaï où on signale une migration massive des jeunes vers le Nord à la recherche de l’or.
    • Perspectives de production de pâturages : Le niveau du pâturage sera globalement moyen bien qu’il ait été meilleur cette année dans plusieurs zones. Compte tenu du surpâturage résultant par exemple dans le Sud du pays de la présence massive des transhumants venant de la Centrafrique, la soudure devrait intervenir plus précocement et à cause de la pléthore des animaux consécutifs à la limitation des exportations vers le Nigeria et la Lybie. Les mares semi permanentes vont également tarir pour l’essentiel d’ici Février.
    • La fermeture de la frontière avec la RCA : La fermeture de la frontière avec la RCA continuera à avoir un impact négatif sur les flux entre les deux pays notamment en ce qui concerne les flux céréaliers autrefois importants entre les deux pays. Ainsi, les flux resteront plus bas que la moyenne durant toute la période du scenario.
    • La fermeture de la frontière tchado-lybienne : Cette situation qui entraine un manque à gagner très important pour les commerçants exportateurs du bétail tchadien, mais aussi pour les petits éleveurs pour qui les termes de l’échange continue à se détériorer, va continuer du fait de l’insécurité qui perdure dans le sud de la Libye. Les régions telles que le Kanem et le Barh El Gazal continueront ainsi à subir les contrecoups de cette limitation des échanges entre les deux pays notamment pour les produits alimentaires en provenance de la Libye. Ces produits sont très consommés par les ménages pauvres et très pauvres de ces deux régions, pour pallier à l’insuffisance ou la rupture de leurs stocks de céréales.
    • Le conflit au Nord-Est du Nigeria : Toute la zone frontalière entre le Nigeria et le Tchad, mais aussi de nombreuses localités de la région de l’Extrême-Nord du Cameroun sont actuellement la cible des exactions de la secte Boko haram. Le Tchad étant très dépendant pour les produits de premières nécessités en provenance du Nigeria voisin subira donc ainsi l’impact négatif de cette crise qui se répercutera sur les ménages moyens et pauvres, accroissant la cherté de vie dans le pays.

    Le commerce et la dynamique des prix:

    • L’offre/La disponibilité des céréales: Au vue de l’excédent céréalier au niveau national, l’offre sera normale par rapport aux besoins de la population et aucune rupture d’approvisionnement ou rupture ne sera observée dans toutes les régions du Tchad. En janvier, les marchés seront approvisionnés par les nouvelles récoltes céréalières qui seront complétées par des récoltes de tubercules, de sorgho de décrue et de maïs de saison froide du Lac Tchad. L’ONASA dispose d’un stock de 7.000 tonnes de céréales dans les différentes régions.
    • Les flux céréaliers internes : Les flux intra-zones et le transfert de la zone soudanienne vers la zone sahélienne reprendront à partir de janvier comme les conditions routières s’améliorent selon la saisonnalité mais le volume des flux risquent d’être inférieur à une année typique à cause de l’excédent céréalier de 15 pourcent dans la zone sahélienne comparée à une année normale.
    • La demande céréalière: La demande actuelle des ménages va continuer à croître sur les marchés au fur et à mesure que le niveau de stock au niveau des ménages baisse à partir de janvier et les commerçants commencent à reconstituer leur stock comme en année normale. Le niveau de la demande au niveau des ménages pourra être minime compare à une année normale mais pourra atteindre son maximum au début de la soudure en juin comme d’habitude. Par contre, la demande institutionnelle et commerciale qui est actuellement minimale, se renforcera à partir de février/mars au fur et à mesure que les récoltes de berbéré arrivent sur le marché.
    • Les prix des céréales : Les hausses des prix seront observées à partir de février avant de fléchir en mars avec la récolte de berbéré et sa présence sur le marché avant de connaitre une nouvelle hausse qui va continuer jusqu'à la fin de la période de soudure. En juin 2015, les prix seront légèrement supérieurs à la moyenne quinquennale dans la zone sahélienne, en particulier pour le mil, en raison de la forte demande du mois de Ramadan. Dans le sud du Tchad, zone affectée par le conflit en RCA, les prix se maintiendront à un niveau nettement supérieur à la moyenne jusqu’au début de la soudure à cause de l’augmentation de la demande par les réfugiés/retournés et l’absence de flux venant de la RCA notamment du maïs.
    • L’offre du bétail: A partir de janvier 2015, l’essentiel du bétail sera concentré dans les marchés du sud (Sido, Péni). L’offre de bétail sera de ce fait forte dans ces marchés du sud mais faibles dans les zones pastorales comme Nord BEG, Nord Batha, Kanem et Nord Wadi Fira, et faible dans les zones agro-pastorales et agricoles jusqu’`au debut de l’hivernage (juin 2015). Dans les zones du sud, l’offre atteint son maximum en janvier. L’offre est plus importante dans les zones frontalières avec la RCA à cause de la présence importante des animaux des retournés de RCA sur les marchés.
    • Les flux de bétail: Les exportations vers le Nigeria, la RCA, et la Libye seront en baisse par rapport à une année normale compte tenu de l’insécurité civile qui persiste dans ces pays et la fermeture des frontières. Les échanges transfrontaliers avec le Soudan se comporteront comme en année normale.
    • La demande du bétail : La demande quant à elle sera à son maximum en juin pour la volaille et pour les petits ruminants à cause respectivement du Ramadan. La demande interne sera légèrement supérieure aux années précédentes avec la croissance démographique de la population même si la demande externe des pays voisins (le Nigeria, la RCA, et la Libye) est faible par rapport à une année normale.
    • Les prix de bétail : Les prix de bovin et petits ruminants connaitront une tendance probable à la baisse à cause de la présence importante des animaux des retournés de RCA sur les marchés et l’interruption des flux vers le Nigeria. A partir de juin 2015, les prix connaîtront de légères hausses avec l’avènement du Ramadan.
    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    Pendant la première phase du scénario (février-mars 2015), les disponibilités céréalières seront renforcées par les récoltes de berbéré et les stocks résiduels (7.000 tonnes de l’ONASA). Dans la zone soudanienne, les populations retournées de la République centrafricaine seront capables de subvenir à leurs besoins alimentaires et non alimentaires de base grâce à l’assistance alimentaire sous diverses formes. A cet effet, les ménages seront en insécurité alimentaire aigue Minimale (Phase 1! de l’IPC). Quant à la situation des populations hôtes des zones d’accueil et dans le reste de la zone soudanienne, les ménages pauvres pourront accéder aux aliments de base grâce à leur propre production qui couvrira 9-10 mois en moyenne et seront en insécurité alimentaire aigue Minimale (Phase 1 de l’IPC) pendant cette période. Dans la zone sahélienne, les ménages pauvres du sud Kanem, sud BEG et une bonne partie du Guera pourraient avoir des difficultés d’accès à la nourriture à cause de l’épuisement de stock précoce et des détérioration des termes de l’échange bétail/céréales suite à la baisse importante des prix de bétail à cause de la faible demande d’exportation vers le Nigeria liée au phénomène de Boko Haram.

    Pendant la deuxième phase (avril-juin 2015), dans la zone soudanienne et notamment les régions ayant accueillis les personnes retournées et refugiées de la RCA (Moyen Chari et Mandoul) et qui étaient en phase Minimale (Phase 1 de l’IPC) grâce aux assistances alimentaires variées pendant la première phase de scenario, la situation alimentaire de ces ménages restera la même jusqu'à juin 2015. Les autres zones du sud seront en insécurité alimentaire aigue Minimale (Phase 1 de l’IPC) pendant cette période. Dans la zone sahélienne et notamment dans le Kanem et BEG, les difficultés alimentaires vont commencer à partir d’avril à cause de manque d'eau pour les animaux. L’état de pâturage sera aussi inferieur à la normale. On assistera à une baisse de la consommation laitière et à une baisse importante des prix des animaux à cause du mauvais embonpoint. La demande de bétail vers le Nigeria qui est actuellement faible comparée à la normale continuera à baisser de plus en plus à cause de l’ampleur que prendra Boko Haram et la fermeture des frontières avec le Nigeria. Le ralentissement des flux avec la Libye continue de persister. A cet effet, les ménages pourraient avoir des difficultés d’accès à la nourriture avec un déficit de consommation probable avec assistance alimentaire (Phase 2! de l’IPC). Dans le sud Guera (Melfi), le stock des ménages pauvres va diminuer et ils dépendront en grande partie des achats sur le marché. A cet effet, les prix des céréales connaitront une légère hausse atypique entrainant un accès limité aux céréales. Cependant, les ménages pauvres feront recours aux stratégies de subsistance habituelles et ceux ayant des petits ruminants vendront plus de têtes pour renforcer leur stock céréalier. Le déficit fourrager et la rareté de l’eau d’abreuvement des animaux réduit l’embonpoint des animaux, la disponibilité des produits de l’élevage et la baisse des revenus issus de ces produits. A cet effet, la plupart des ménages peuvent couvrir leurs besoins alimentaires mais avec quelques difficultés et réduiront certaines dépenses non essentielles. Ils seront en Stress (Phase 2! de l’IPC) grâce à l’assistance alimentaire. 

    Figures Calendrier saisonnier pour une année typique

    Figure 1

    Calendrier saisonnier pour une année typique

    Source: FEWS NET

    Current food security outcomes, January 2015

    Figure 2

    Current Food Security Outcomes, January 2015

    Source: FEWS NET

    Figure 3

    Source:

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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