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L'insécurité alimentaire de Crise est attendue dans les zones localisées du Sahel

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Tchad
  • Janvier - Juin 2014
L'insécurité alimentaire de Crise est attendue dans les zones localisées du Sahel

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  • Messages clé
  • Présentation nationale
  • Zones d’intérêt
  • Événements qui pourraient changer les scenarios
  • Messages clé
    • En dépit des anomalies pluviométriques dues aux périodes de sécheresse, la production céréalière de 2013/14 dans les régions de Wadi-Fira et Bahr-El-Ghazal était presque 50 pour cent en dessous de la moyenne. Ces déficits de production, ainsi que les conditions pastorales pauvres et des hausses importantes et atypiques des prix de denrées alimentaires, réduiront l'accès à la nourriture dans les mois à venir.
    • Actuellement, les ménages pauvres dans ces régions ne peuvent satisfaire que le minimum de leurs besoins de consommation et sont en insécurité alimentaire aiguë en phase de Stress (phase 2 d’IPC). Cependant, entre avril et le début des prochaines récoltes en octobre, les conditions de sécurité alimentaire vont se détériorer à un niveau de Crise (phase 3 d'IPC) avec des déficits de consommation attendus.
    • Dans certaines localités de Hadjer Lamis, du Kanem, du nord Guera et du nord Batha, les cumuls pluviométriques de 2013 qui sont en dessous de la moyenne ont causé un assèchement précoce des marres semi permanents et une descente précoce des transhumants. L’état d’embonpoint des animaux est moins bon causant ainsi une détérioration des termes de l’échange petit ruminant/céréales en défaveur de l’éleveur comparés à une année normale, et réduisant aussi la disponibilité laitière. Les ménages pastoraux affectés seront en insécurité alimentaire aiguë en phase de stress (phase 2 d'IPC) entre janvier et octobre.
    • Dans la zone soudanienne, la production céréalière de 2013/14 était de 35 pour cent au dessus de la moyenne quinquennale et les revenus de ménage d'autres sources sont actuellement normaux. Le ménage pauvre continuera d’accéder à la nourriture sans difficulté majeure tout le long de l’année de consommation (jusqu’octobre 2014) et sera en phase d’insécurité alimentaire Minimale (phase 1 d'IPC).

    Présentation nationale

    Situation actuelle

    Situation de la campagne de contre saison
    La campagne agricole d’hivernage tire vers la fin; les dernières récoltes de cultures sont la principale occupation des paysans ainsi que le battage et le stockage des céréales dans certaines localités. Les activités agricoles sont actuellement dominées par les travaux de cultures de contre saison (berbéré) et les activités de maraîchage dans toutes les localités du pays propices pour ces systèmes de production. Dans les zones cotonnières, l’enlèvement du coton bat son plein dans les champs. Sur les polders du Lac Tchad, la campagne de contre saison froide (blé) se déroule normalement et l’activité en cours de réalisation y est le sarclage; la phase phénologique dominante est le tallage. Cette culture irriguée ne subira pas les effets de l’insuffisance des pluies et par conséquent on pourrait s’attendre à une production normale. Par ailleurs, les travaux de la campagne de saison sèche de riz sur les périmètres irrigués situés dans le Mayo Boneye et la Tandjilé Est sont dominés par le nettoyage du terrain et l’installation de pépinière.

    Situation des ressources pastorales
    La faible pluviométrie enregistrée entre août et septembre 2013 dans la grande partie du pays n’a pas amélioré le niveau de remplissage des réservoirs d’eau d’abreuvement. Ce niveau de remplissage est jugé largement en deçà de celui de l’an passé et est actuellement sujet à de multiples utilisations et à l’intense évaporation. Dans la partie sahélienne, on assiste à un assèchement des mares deux mois plutôt qu’en année normale et les besoins en eau constituent déjà une préoccupation pour le cheptel.

    En général, l’état d’embonpoint des animaux est satisfaisant et la situation zoo sanitaire est relativement calme sur toute l’entendue du territoire. Dans la zone soudanienne, la disponibilité alimentaire pour le bétail est satisfaisante grâce aux résidus agricoles. Cependant, les ressources fourragères sont faibles comparées à la normale à cause de la mauvaise pluviométrie et de l’effet des feux de brousse dans les régions du Sahel. Quant au mouvement de bétail, la transhumance a commencé en septembre au lieu de novembre/décembre comparée à une année normale à cause des besoins en eau du cheptel et de l’inexistence des fourrages en quantité et en qualité dans les zones d’accueil (Salamat, Moyen Chari).

    Mouvement de population
    Dans la zone sahélienne, notamment à Wadi Fira, Bahr El Gazal, Hadjer Lamis et au Kanem, les mouvements de la population vers les grands centres urbains à la vente de la main d’œuvre a commencé vers octobre contre décembre en année normale. Cela se justifie par les faibles opportunités relatives de la vente de la main d’œuvre agricole post récolte à cause du niveau de la production qui fut en dessous de la normale.

    Les retournés et réfugiés de la Centrafrique sont estimés autour de  52 000 personnes selon certaines sources. La situation alimentaire actuelle des populations retournées et réfugiés de la RCA est bonne grâce à les solidarités et aux diverses assistances alimentaires et non alimentaires fournies par toutes couches sociales du pays.

    Stock céréalier dans les ménages
    D’une façon générale, en ce début de l’année, la disponibilité des principales denrées alimentaires est jugée faible à moyenne selon les régions. La situation est assez critique pour les paysans des régions du Nord du Sahel où les stocks sont presque épuisés deux mois plutôt qu’en année normale. Dans ces régions les ménages commencent à dépendre du marché où les stocks commerçants demeurent globalement acceptables, à cause des bonnes récoltes exceptionnelles de 2012, mais restent plus faibles par rapport à l’année passée à la même période. Dans la zone soudanienne, les stocks paysans sont moyens malgré des niveaux de production supérieurs à la moyenne à cause de remboursement des dettes en nature plus importantes qu’en année normale.

    Marchés
    Les marchés principaux sont moyennement approvisionnés en céréales locales à cause des récoltes qui se poursuivent encore. Les prix des céréales sont restés stables avec une tendance à la baisse tout au long du mois de décembre. Cependant, par endroit et selon les spéculations, quelques mouvements de prix sont observés. La baisse la plus significative est observée sur le prix du mil pénicillaire à Sarh (27 pourcent) et la hausse la plus atypique est enregistrée sur le sorgho à Abéché (7 pourcent). Ces variations respectives observées se justifient par le niveau d’offre. Comparativement à la même période de l'année passée, on observe une baisse de 23 pourcent sur le prix de maïs à N’Djamena et une hausse de 69 pourcent sur le prix de maïs à Bol à cause des effets de l’insuffisance des pluies pendant la campagne pluviale sur la production agricole.

    Sur le marché du bétail, la demande en décembre a été importante et est impulsée par les fêtes de fin l’année. Par conséquent, le niveau de la demande a tiré les prix vers le haut. A Moundou par exemple, le prix du caprin a connu une hausse de 59 pourcent et celui de l’ovin 19 pourcent par rapport à leur niveau de novembre. Dans la zone soudanienne, le prix du bétail est inferieur comparé à la même période de l’année dernière. 

    Situation alimentaire courante
    En ce début de l’année, la situation alimentaire des ménages est satisfaisante dans l’ensemble du pays et la disponibilité des aliments est fortement liée aux récoltes de la campagne agricole courante et aux stocks détenus par les commerçants. Les activités de contre saison et les produits de pêche contribuent de leur coté à l’amélioration de la situation alimentaire dans certaines localités. Toutefois, elle est difficile dans certaines localités (Wadi–Fira, Kanem, Bar-El-Gazal, Hadjer Lamis, Nord du Guerra et nord du Batha) et se caractérise par une demande en céréales au-dessus de la normale, une dégradation atypique de l’état physique de bétail et une détérioration des termes d’échanges. Dans ces localités, les ménages ont une consommation alimentaire réduite et d’adéquation minimale et sont actuellement en Stress (phase 2 de l’IPC); tandis que, tout le reste du pays est actuellement en insécurité alimentaire aigüe Minimale (phase 1 de l’IPC).

    Suppositions

    Le scénario le plus probable de janvier à juin 2014 est basé sur les hypothèses suivantes au niveau national:

    • La situation pastorale : D’une manière générale, les ressources fourragères seront faibles dans certaines localités du Sahel toute la période du scénario. De même, en dehors de quelques régions de l’Est et du Sud, la soudure pastorale va commencer en mars au lieu de mai (en année normale) et pourrait voir apparaître des difficultés alimentaires tant sur le plan de la disponibilité des pâturages que sur la disponibilité en eau. A cet effet, on observera une dégradation de l’état physique du bétail à partir de mars. Cette situation sera beaucoup plus critique pour les régions du Kanem, Hadjer-Lamis, le Wadi-Fira et le nord Batha. Les maladies telluriques se comporteront comme en année normale pendant toute la période du scenario. Cependant, avec les premières pluies attendues vers mai et juin qui permettraient une repousse des herbacées et une disponibilité d’eau dans les points d’abreuvement  selon les endroits, la situation alimentaire du bétail pourrait s’améliorer.
    • La migration : La migration interne sera similaire à une année normale. Toutefois, on assistera à une augmentation plus que la moyenne du nombre de migrants des zones déficitaires de la bande sahélienne vers les centres urbains. Globalement, les revenus mensuels que peuvent tirer les migrants seront typiquement similaires à leur niveau habituel.
    • Les activités maraîchères: Bien que le niveau d’eau dans les mares semi-permanentes dans certaines localités de la zone sahélienne soit inférieur comparé à la normale, les activités maraîchères se poursuivront jusqu’à février comme en année normale et on observera une bonne disponibilité des produits maraîchers pendant janvier et février. Cette activité occasionnera un revenu supplémentaire à un niveau normal pour certains ménages, y compris les ménages pauvres et très pauvres et permettra à ces derniers de diversifier leurs sources de nourriture.
    • Les stocks céréaliers: Entre janvier et février, les ménages de la zone soudanienne vont reconstituer leur stock grâce aux récoltes qui sont en général moyennes. De même, la disponibilité céréalière sera renforcée à partir de février dans les zones de culture de décrue à cause de la récolte du berbéré. Cependant, dans certaines régions de la bande sahélienne (BEG et Wadi Fira et dans la partie nord du Ouaddaï), le stock céréalier des ménages s’épuisera plutôt (2 mois) que la normale à cause des récoltes jugées inférieures à la moyenne. Par conséquent, les ménages de ces régions ne disposeront pas de stock céréalier à partir de fin janvier/ début février.
    • La demande céréalière émanant des ménages: Dans la zone soudanienne, les stocks alimentaires des ménages vont commencer à s’épuiser d’une façon normale à partir de mai, obligeant les ménages à dépendre plus sur les achats du marché pendant le mois de juin. Ceci accroîtra la demande saisonnière des ménages sur les marchés locaux. Cependant, dans les zones où la production agricole de 2013/14 est en dessous de la moyenne et celles où les réfugiés et/ou les retournés de la RCA se trouvent (Moyen Chari, Logone Oriental et Sila), les ménages dépendront des achats sur le marché plus tôt que d’habitude et la demande de ces derniers sur les marchés sera supérieure à la moyenne.
    • Echanges transfrontaliers : Le conflit au nord du Nigeria et en RCA ne connaitra pas un apaisement significatif et continuera à réduire les échanges commerciaux entre ces pays et le Tchad. De même, le statut quo sera observé en ce qui concerne la situation en Libye avec une insécurité résiduelle consécutive à la présence de groupe armés empêchant ainsi un retour normal des échanges commerciaux avec le Tchad.
    • Marché céréalier, flux et prix : Les échanges entre la zone soudanienne et la zone sahélienne vont s’intensifier avec les baisses de stocks des ménages dans la zone sahélienne qui impulsera une augmentation de la demande locale au cours de la période de scenario. Grace à cette forte demande et une hausse des prix dans la zone sahélienne, les flux de la zone soudanienne vers la zone sahélienne pourraient être au dessus de la normale. Dans la zone sahélienne, les échanges intra zones vont se poursuivre normalement sans entrave. Les niveaux de prix vont probablement connaitre des hausses atypiques jusqu’à juin 2014 sur la plupart des marchés de la zone sahélienne à cause de la dépendance précoce des ménages de l’achat des céréales et une baisse saisonnière d’offre. Dans la région du Lac Tchad, les prix vont baisser avec les récoltes de la saison froide (février/mars).
    • Marché du bétail: Les petits ruminants qui ont été fortement sollicités lors des fêtes de fin d’année connaitront un repli au cours de la période de scénario. En autre, il y aura un retrait de flux des animaux par rapport à la tendance saisonnière normale qui se justifie par le niveau de la demande extérieure (Libye, Nigeria et RCA) en dessous de la normale due à la situation sécuritaire dans ces pays respectivement. Par contre, l’offre comparativement au trimestre précédent (octobre-décembre 2013) sera en nette augmentation à cause de déstockage des animaux par les éleveurs. Ce déstockage sera lié à la faible disponibilité des ressources alimentaires du bétail et la peur de perte des animaux. Par conséquent, les prix des animaux seront en dessous de la normale toute la période du scénario et les termes d’exchanges seront en défaveur de l’éleveur. 
    • La saison des pluies : Le démarrage de la saison des pluies sera normale avec le début des pluies en mai ou juin, selon la région due pays. Les cumuls pluviométriques et la distribution au cours de la saison des pluies 2014 seront normaux.
    • La main d’œuvre agricole : Les travaux agricoles commenceront selon le calendrier saisonnier normal (juin/juillet) et par conséquent, une opportunité pour la main d’œuvre agricole dont la demande restera normale face à une baisse de l’offre dans certaines localités de la zone sahélienne (Ouaddaï, Wadi-Fira, Batha..) du fait de l’attraction par l’orpaillage. Les couts de la main d’œuvre pourraient alors augmenter comparés à ceux de l’année dernière dans ces zones au profit des ménages pauvres qui sont les plus concernés par cette source de revenu.
    • La situation des réfugiés: Vu le retour difficile à la stabilité en RCA et la difficulté du gouvernement du Soudan du Sud et du Darfour à faire régner la paix entre les communautés, la tension est perceptible et on pourrait s’attendre à une augmentation du nombre des réfugiés. A cet effet, les programmes d’assistance mis en place par les humanitaires vont continuer à l’égard des réfugiés soudanais et centrafricains et une ration complète sera assurée pendant toute la période de scenario.

    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    Janvier à mars :
    Entre janvier et mars, la situation de sécurité alimentaire actuelle restera stable dans la zone soudanienne grâce aux bonnes récoltes qui ont amélioré la disponibilité céréalière au niveau des ménages. De même, la disponibilité en produits maraîchers et halieutiques renforcera la situation alimentaire à travers l’accès aux denrées par les ménages pauvres et très pauvres dans cette partie du pays. Pendant cette période, toute la zone soudanienne restera en phase 1 de l’IPC (Minime).

    Cependant, quelques zones de la bande sahélienne ayant enregistré un déficit agricole seront marquées par contre par une disponibilité alimentaire inférieure aux besoins des populations; les stocks alimentaires s’épuiseront plutôt que d’habitude à cause du déficit de la production céréalière dans cette zone et les ménages dépendront des achats sur le marché. Dans ces zones, les prix des denrées connaissent déjà une tendance à la hausse sur les marchés locaux. Les termes de l’échange céréale/bétail est nettement en défaveur de l’éleveur. En outre, la continuation de la hausse atypique des prix des céréales pendant la période de scenario ne sera pas de nature à garantir l’accessibilité par les ménages pauvres et très pauvres. En réponse à cette situation, les ménages pauvres et très pauvres intensifieront les stratégies de subsistance habituelles (le travail migratoire, la vente de petits ruminants, la cueillette des fruits sauvages, l’artisanat, etc.) aux niveaux atypiques afin de combler à peine le vide. Toutefois, ces stratégies ne compenseront entièrement les effets de la faible production et des prix élevés sur les ménages pauvres et très pauvres. A cet effet, ces ménages dans les régions du Wadi–Fira, Kanem, Bar-El-Gazal, Hadjer Lamis, Nord du Guerra, Nord du Ouaddaï et nord du Batha s’engageront moins que d’habitude dans les dépenses non-alimentaires essentielles et seront en Stress (Phase 2 de l'IPC) jusqu’à mars.

    Avril à juin :
    Les perspectives alimentaires resteront acceptables dans la zone soudanienne grâce à la disponibilité alimentaire qui restera satisfaisante et aux prix à un niveau normal suivant les variations saisonnières. Le ménage pauvre continuera d’accéder à la nourriture sans difficulté majeure et sera en phase d’insécurité alimentaire Minimale (phase 1 d'IPC).

    Dans la partie sahélienne, on observera une détérioration de la situation alimentaire dans la plupart des régions comparée au premier trimestre de l’année. Cette détérioration sera beaucoup plus criante dans les régions de Barh-El-Ghazel et Wadi-Fira où les réserves alimentaires seront quasi-inexistantes dans les ménages et l’accès aux denrées alimentaires par ces derniers deviendra plus difficile. Cette difficulté d’accès sera due au faible pouvoir d’achat face à la hausse des prix des denrées et pourra avoir des conséquences défavorables sur l’état nutritionnel des ménages. En réponse, au niveau des ménages on observera un déstockage des petits ruminants, une migration intensive qui a déjà commencé plutôt qu’en année normale, et la vente de produits de cueillette. Cependant, les ménages dans Barh-El-Ghazel et Wadi-Fira  feront face à un déficit de consommation et couvriront à peine le minimum de leurs besoins alimentaires et seront en Crise (phase 3 de l’IPC) pendant cette période. A cause de la dépendance du Kanem et Hadjer Lamis en approvisionnement céréalier à partir du Lac Tchad qui à trois campagnes agricoles (pluviale, saison froide et chaude) dans l’année et à cause de production des cultures de décrue (berberé) et de contre saison (tomate, laitue, concombre, pastèque, etc..) dans le Batha et le Guera, la sécurité alimentaire des ménages pauvres et très pauvres sera moins affectée.  Les ménages des ces régions auront une consommation alimentaire réduite et d’adéquation minimale et seront en Stress (phase 2 de l’IPC) pendant cette période.


    Zones d’intérêt

    La Région de Wadi-Fira

    Production agricole et bilan alimentaire
    La production céréalière a connu une baisse de 49 pourcent comparé à la moyenne quinquennale. Le premier facteur de cette baisse reste l’installation tardive (1 à 2 mois par endroits) de la campagne à laquelle s’est ajouté l’arrêt précoce et brusque des pluies (début septembre au lieu de début d’octobre). Il ressort du bilan alimentaire un déficit de 10 890 tonnes selon le secteur de l’ONDR de Biltine. La région est déficitaire presque trois année sur cinq.

    Activités maraîchères
    Aussitôt la campagne pluviale finie‚ les producteurs ont renoué avec les activités des cultures maraichères dans les wadis. Le niveau de réalisation de cette activité est moins comparé à la normale dans les endroits où elle est pratiquée et se justifie par le niveau d’eau dans les mares semi-permanentes jugé inférieur à la normale. 

    Situation zoo-sanitaire
    L’arrêt précoce des pluies a entrainé le dessèchement rapide des pâturages. Les pâturages ont ainsi perdu une bonne partie de leur valeur nutritive et ils sont aussi détruits progressivement par les feux brousses. Ce phénomène, bien que cyclique, se trouve cette année accentué par endroit. Les points d’eau semi-permanents ont presque tari posant un sérieux problème pour l’abreuvement des animaux dans la zone. Toutefois, l’état d’embonpoint des animaux est maintenu à un niveau satisfaisant grâce aux tiges des cultures abandonnées qui ont maintenu un bon niveau de disponibilité fourragère en ce moment.

    Marchés et prix
    Le marché est relativement moins animé à cause de la baisse de la récolte qui à son tour influé sur le niveau d’offre. A cet effet, le niveau de l’offre est jugé inferieur comparé à l’année dernière à la même période. Quant à la demande émanant des ménages, elle devient de plus en plus importante à cause de l’épuisement précoce (deux mois plutôt) du stock céréalier. Quant aux prix, on observe une hausse criante (41 pourcent sur le prix du sorgho et 45 pourcent sur le prix du mil pénicillaire) comparé à l’année dernière à la même période (décembre). Cette hausse reste toujours significative (44 pourcent sur le prix du sorgho et 22 pourcent sur le prix du mil pénicillaire) comparé à la moyenne quinquennale.

    Contrairement au marché céréalier, le niveau de l’offre sur le marché du bétail est important. Cette importance de l’offre se justifie par la peur de perdre des animaux suite au déficit fourrager qu’a connu la zone. Le niveau de l’offre a influé fortement sur les prix et on y observe une baisse systémique des prix du bétail (14 pourcent sur le prix du bovin, 25 pourcent sur le prix de l’ovin et 61 pourcent sur le prix du caprin par rapport à l’année dernière à la même période). Cette baisse y est toujours observée (23 pourcent sur le prix du bovin, 15 pourcent sur le prix de l’ovin et 42 pourcent sur le prix du caprin) comparée à la moyenne quinquennale. Grace à la baisse des prix du bétail et la hausse des prix des céréales, les termes d’échanges sont en défaveur des ménages pastoralistes pauvres

    Suppositions

    Le scénario le plus probable de janvier à juin 2014 pour le Département de Wadi-Fira est basé sur les hypothèses suivantes:

    • Les flux : Les marchés céréaliers urbains de la zone s’approvisionneront à partir des stocks de reports ménagers des villages environnants en plus des flux des marchés des zones excédentaires comme Abéché pour combler les effets  de la baisse de production céréalière par rapport à la moyenne. 
    • Les prix des céréales : On observera une hausse atypique des prix des céréales (sorgho et mil), à cause du déficit céréalier qui a influé sur le niveau de l’offre céréalière sur le marché. Par conséquent, les prix des céréales connaîtront de hausse supérieure à 30 pourcent comparée à la tendance saisonnière normale.
    • Produits maraichers : À cause du déficit hydrique qu’a connu la zone, les récoltes seront en dessous de la moyenne.
    • Produits de cueillette : La baisse et l’arrêt brusque de la pluviométrie ont eu un effet aussi considérable sur les produits de collecte et par conséquent une baisse du niveau des produits de cueillette comparée à la normale sera observée pendant tout le période de scenario (janvier à juin).
    • Situation pastorale : A cause du déficit fourrager qu’a connu la zone, la soudure pastorale sera précoce (mars) comparée à la normale (mai) et on observera une détérioration des conditions physiques des animaux entre mars et juin. Cette perte d’embonpoint se traduira par une baisse atypique des prix de petits ruminants et de quantité de lait.
    • Ventes des produits agricoles : On observera une baisse importante au niveau de la vente de produits agricoles (céréales et produit maraichers) des ménages pauvres et très pauvres au cours de la période du scénario comparées à une année normale.
    • Sources de nourriture : À cause des effets de la baisse de la production surtout des ménages pauvres, les stocks alimentaires des ménages vont durer jusqu'à janvier/février cette année par rapport à mai/juin au cours d'une année normale. Par conséquent, ces ménages dépendront moins de leur propre production et les produits de cueillette et plus sur achats sur le marché.

    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    Entre janvier et mars, un épuisement précoce des stocks alimentaires des ménages, combiné avec une baisse des prix du bétail et une hausse atypiques des prix alimentaire, réduira le pouvoir d'achat des ménages et limiteront l'accès aux denrées alimentaires. Bien que les activités de maraîchage les aideront à compenser ces impacts, les niveaux de nourriture et des revenus de cette activité seront également inférieure à la moyenne à cause du tarissement précoce des mares semi-permanentes. Par conséquent, les ménage réduiront leurs dépenses non alimentaires et intensifieront certaines activités, telles que la vente d'animaux, le petit commerce et la migration, à des niveaux atypiques. Malgré cela, les effets négatifs de la baisse de la production céréalière pluviale qui est de loin inférieure à la moyenne ne seront pas compensés. Les ménages pauvres auront une alimentation d’adéquation réduite et seront en phase de stress (phase 2 de l’IPC).

    Entre avril-juin, les ménages auront de difficultés d’ordre alimentaire à cause du manque de disponibilité au niveau des ménages et de leur dépendance totale vis-à-vis des achats sur le marché. Les stratégies d’adaption, comme le déstockage des animaux et la migration, continueront à renforcer les capacités d’achat, mais la hausse atypique des prix des céréales et la baisse du prix du bétail pendant cette période limiteront considérablement l’accès aux céréales par les ménages et ne leur permettront par conséquent de combler le déficit alimentaire. Pendant cette période, ils feront face à un déficit de consommation et seront à peine capables de couvrir le minimum de leurs besoins alimentaires et seront en phase de crise (phase 3 de l’IPC).

    Région de Barh-El-Ghazal

    Production agricole
    La production céréalière a connu une baisse de 53 pourcent comparée à la moyenne quinquennale. Cette baisse s’explique par l’installation tardive de la campagne dans la zone qui a causé à son tour une réduction des emblavures en céréales. A ce facteur, s’est ajouté l’arrêt précoce et brutal des pluies à la 3ème décade du mois de septembre. Ce dernier facteur n’a pas permis aux cultures de boucler normalement le cycle et a poussé par conséquent certains paysans à abandonner les champs.

    Situation de la campagne de contre saison
    Actuellement la campagne de contre saison est marquée par le maraîchage et les premières récoltes sont sur les marchés, notamment pour des spéculations comme la tomate et la laitue.  Les superficies entretenues sont globalement inferieures à la moyenne ce qui se justifie par le niveau d’eau dans les mares semi-permanentes qui est aussi jugé inférieur à la normale.

    Situation pastorale
    En dépit de la descente précoce des transhumants en septembre contre décembre/janvier en année, le pâturage a commencé à se dégrader à cause de la forte concentration du bétail en provenance de la partie nord de la zone de transhumance et de la zone sud de BEG. Les sources d’abreuvement en eau qui sont constituées des mares sont en pleine disparition.

    Marchés et prix
    Sur le marché céréalier, l'offre globale en céréales sèches en provenance du Lac Tchad, de Hadjer Lamis et du Batha est en baisse comparée à la tendance saisonnière normale à cause de la baisse sensible de la production dans la zone. S'agissant de la demande, elle devient de plus en plus importante comparée à une année normale à cause de l’épuisement de réserve céréalière au niveau des ménages. Ce rapport offre/demande a tiré les prix vers le haut en les mettant largement au-dessus de leurs niveaux de l’année dernière et de la moyenne quinquennale à la même période. Par exemple, sur le marché de Moussoro, le prix du mil en décembre a connu une hausse de 19 pourcent et celui du sorgho une hausse de 10 pourcent comparés à l’année dernière; comparé à la moyenne quinquennale (décembre), le mil a connu une hausse de 30 pourcent et le sorgho une hausse de 10 pourcent.

    Sur le marché du bétail, les prix des animaux se caractérisent par une tendance globale à la baisse comparés à leur niveau de novembre 2013. Cette tendance à la baisse des prix est causée par une augmentation d’offre et une baisse de la demande. Cette augmentation de l’offre serait une réaction des éleveurs à la hausse des prix des produits céréaliers sur le marché et la peur de perte des animaux suite aux difficultés relatives à l’alimentation et l’abreuvement du bétail. S'agissant des exportations vers les pays voisins (Nigeria et Libye), cette zone est habituellement une source importante de revenu, mais celles-ci ont sensiblement diminué de volume comparé à la tendance normale à cause de la situation sécuritaire dans ces pays. Quant aux prix de bétail à Moussoro, celui de l’ovin est passé de 37 500 XAF contre 40 500 XAF en novembre 2013.

    Suppositions

    Le scénario le plus probable janvier à juin 2014 pour le Département de Barh-El-Ghazel est basé sur les hypothèses suivantes:

    • Le marché et les prix des céréales (sorgho et mil) : L’offre des céréales sur le marché connaitra une baisse graduelle à cause du déficit céréalier et de l’épuisement de réserve céréalière au niveau des ménages et commerçants comparé à une année normale. Par contre, la demande en céréales sur le marché est déjà forte comparée à une année normale et connaitra une hausse au fur et mesure qu’on s’approche de la période de soudure. En raison de ces deux facteurs, les prix des céréales connaîtront de hausse supérieure à 30 pourcent comparée à la tendance saisonnière normale au cours de la période de scenario.
    • Le migration vers les grands centres : Les ménages pauvres feront recours à la migration vers les grands centres du sud et partiront plutôt que d’habitude à partir de décembre et janvier (pour retourner en mai/juin) à cause de la baisse des opportunités relatives à la vente de la main d’œuvre post récolte. Pour chacun de ces migrants, le revenu mensuel gagné pendant l’exode sera similaire à une année normale.
    • La main d’œuvre local : Les revenues par jour pour les travaux des champs pendant la contre-saison seront en baisse d’environ 25 pourcent comparés à une année normale à cause d’une production jugée inférieur à la normale. Les paiements en nature seront également au-dessous-de la moyenne à cause de la mauvaise production de céréalière qui a réduit l’offre d’emploi pendant les activités de sarclage et de la récolte. Par contre, les revenues par jour pour les travaux de construction ne vont pas changer par rapport à une année normale. 
    • Le transfert de l’argent: Le revenue mensuels issu  de transfert de la diaspora tchadienne  connaitront une baisse de presque 50 pourcent  à cause de la situation en Libye qui a obligé certaines personnes à retourner au pays suite à la baisse de la demande et du cout de la main d’œuvre.

    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    Entre janvier-mars, la situation alimentaire se caractérisera par un accroissement relatif de la demande pour les principales céréales locales (mil et sorgho), mais restera globalement satisfaisante. Afin de renforcer leurs capacités d’achat, les ménages pauvres se livreront plus que d’habitude aux activités génératrices de revenu telles que le petit commerce, le travail de construction et l’intensification de la vente de bois de chauffe. Toutefois, les hausses de prix des céréales rendront l’accès aux céréales difficiles par les ménages pauvres et très pauvres. Pendant cette période, les ménages arriveront à subvenir à leurs besoins alimentaires de base mais ne se permettront pas des dépenses alimentaires non-essentielles et seront en Stress (phase 2 de l’IPC).

    Entre avril-juin, l’accès difficile aux céréales par les ménages qui prévalait déjà au premier trimestre dans la zone va s’accentuer avec l’installation précoce de la soudure et rendra par conséquent la situation alimentaire très précaire. Pendant cette période, des ménages pauvres et très pauvres dépendront totalement des achats sur le marché. En plus, à cause de la détérioration des termes d’échange (bétail/céréales) et de la chute des capacités d’achat des ménages pauvres et très pauvres, ces derniers auront de difficultés d’accès aux denrées alimentaires de base et feront face à un déficit de consommation. Ce résultat est en conformité avec les résultats d'une analyse de HEA de Moussoro menée par FEWS NET en janvier 2014, qui a constaté que même avec des stratégies d'adaptation, les ménages très pauvres seraient confrontés à un léger déficit de survie au cours de l'année 2013/14. A cet effet, les ménages passeront en phase de Crise (phase 3 de l’IPC).


    Événements qui pourraient changer les scenarios

    Table 1: Événements possibles dans les six prochains mois qui pourraient changer les scenarios ci-dessus.

    ZoneEvénementImpact sur les conditions de la sécurité alimentaire
    National

    Installation tardive de la campagne agricole 2014-2015

    Réduction des opportunités relatives au salariat agricole

    Prolongement de la soudure agricole

    National

    Restrictions administratives à la circulation des céréales de la zone soudanienne vers la zone sahélienne et/ou perturbations des échanges entre le Tchad et les pays voisins tels que le Nigeria et la Libye

    Hausse des prix des céréales

    BEG et Wadi Fira

    Intensification du niveau d’assistance humanitaire, y inclut les distributions gratuite des vivres, la vente des céréales à prix modéré, et les « cash vouchers »

    Ces actions permettront d’améliorer l’accessibilité aux denrées alimentaires par les ménages et éviter la décapitalisation

    BEG et Wadi FiraTransfert de céréales de la zone soudanienne vers la zone sahélienne au-dessus de la normale.Ceci permettrait de stabiliser le niveau des prix des denrées sur le marché

     

    Figures Calendrier saisonnier pour une année typique

    Figure 1

    Calendrier saisonnier pour une année typique

    Source: FEWS NET

    Figure 4. Résultats de l’analyse HEA pour l’année de consommation de 2013/14 – Revenus total (y inclut la nourriture et l’arg

    Figure 2

    Figure 4. Résultats de l’analyse HEA pour l’année de consommation de 2013/14 – Revenus total (y inclut la nourriture et l’argent) pour les ménages très pauvres - Moussoro

    Source: FEWS NET

    Figure 3

    Source:

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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