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La bonne pluviométrie a nettement amélioré les conditions agro-pastorales

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Tchad
  • Janvier - Juin 2013
La bonne pluviométrie a nettement amélioré les conditions agro-pastorales

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  • Présentation nationale
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  • Evenements qui pourraient changer les scenarios
  • Messages clé
    • Les bonnes récoltes de la campagne agricole 2012-2013 ont permis aux ménages pauvres et très pauvres de reconstituer leurs stocks alimentaires. Ces stocks qui vont durer 1-2 mois de plus qu’une année normale réduiront la dépendance de ces ménages vis-à-vis des achats sur le marché entre mai et juin. 

    • La situation des marchés est marquée par une stabilité des prix au niveau national avec une tendance à la baisse. Quant aux prix des céréales, ils suivront la tendance saisonnière normale mais resteront à un niveau élevé comparé à la moyenne quinquennale. Ils resteront à un niveau stable jusqu’à mars pour connaître une légère hausse à partir de mars/avril.

    • Les sources de revenus, les ventes des produits agricoles et les activités non-agricoles seront normales ou supérieures à la normale pendant les prochains six mois. Les revenus issus de ces sources compenseront la hausse des prix des céréales à partir de mars. 

    • Les conditions de sécurité alimentaire continuent à s’améliorer avec le rétablissement des capacités productives et la reconstitution des avoirs relatifs aux moyens d’existence. De même, l’accès à la nourriture  s’est amélioré grâce aux niveaux actuels des prix. A cet effet, les ménages de toutes les zones de moyens d’existence seront en Phase 1 (Minimale/Aucune) de l’IPC 2.0 d'ici jusqu'à juin 2013. 


    Présentation nationale
    Situation actuelle

    Situation agro-pastorale

    Actuellement les activités de récolte ont presque pris fin (90 pourcent) pour les cultures pluviales. La principale occupation des paysans est le battage dans une moindre mesure le stockage des céréales, en plus des travaux de maraîchage et de berbéré par endroit. La campagne de contre saison se poursuit normalement et les cultures de contre saison et de maraîchage continuent leur cycle végétatif (élongation des tiges et phase de maturation); les taux de réalisation sont globalement supérieurs à l’année dernière (10 à 15 pourcent) et à la moyenne quinquennale (5 à 10 pourcent) à la faveur de la bonne crue et de la disponibilité en intrants grâce à l’appui des partenaires comme la FAO et le Programme National de Sécurité Alimentaire (PNSA). Dans les polders du Lac Tchad, la troisième irrigation pour le maïs et le blé vient de commencer et c’est la période du tallage.

    La situation pastorale est bonne et se caractérise par une bonne disponibilité de pâturage et d’eau d’abreuvement. Malgré qu’il a été signalé la perte progressive de la qualité des pâturages sous l’effet de la chaleur et leur destruction par les feux de brousse précoce par endroits dans le Moyen Chari, le Batha, le Guera et la Tandjilé, l’état d’embonpoint des animaux est satisfaisant et la situation zoo sanitaire est relativement calme sur toute l’entendue du territoire. Toutes fois, les maladies telluriques sévissent comme d’habitude par endroit dans le Mayo-Kebbi, le Moyen Chari et le Guera. Dans la partie sahélienne, où le dessèchement des points d’eau commence à se faire constater, les éleveurs continuent leur transhumance pour faire vivre le bétail. A cet effet, les transhumants venant du Batha sont autour du Guera et du Salamat, et ceux venant du nord Kanem sont autour de Hadjer Lamis et du Chari Baguirmi. Cependant, les transhumants de long rayon sont déjà autour du Moyen-Chari mais ne pouvant pas continuer en cette période vers la République Centrafricaine à cause des conflits déjà signalés entre le Gouvernement et la coalition rebelle « Seleka » dans ce pays.

    Marchés et flux

    Le fonctionnement des marchés céréaliers est bon suite à un approvisionnement suffisant et régulier à partir des produits des récoltes excédentaires. Cependant, par endroit et selon les spéculations, quelques variations de prix sont observées et se justifient par le niveau d'offre sur les différents marchés. À Abéché, une légère baisse de 6 pourcent est observée comparée à la même période de l'année passée et stable (+5 pourcent) comparé à la moyenne quinquennale. A Bol, on observe une baisse de 31 pourcent sur le prix de maïs comparé à l’année passée et -11 pourcent comparé à la moyenne quinquennale. Par contre, à N’Djamena, on observe une stabilité sur le prix de mil avec une tendance à la baisse; le niveau actuel du prix du mil à N’Djamena est supérieur à la moyenne quinquennale (+20 pourcent) du fait que l’offre au niveau des marchés ruraux ne s’est pas traduite au niveau de N’djamena à cause des restrictions administratives sur le transfert des céréales de la zone soudanienne vers la zone sahélienne.

    Le prix ​​de sésame connaît une hausse de 44 pourcent et 23 pourcent respectivement sur les marchés de Sarh et Moundou, mais reste stable sur le marché de Kélo. Quant au prix de l’arachide, on observe une stabilité par rapport à la moyenne des cinq dernières années à Sarh, et une hausse de 17 pourcent et 50 pourcent respectivement à Moundou et Kélo. En plus de ces produits agricoles, les revenus en cette période proviennent aussi de la vente des fagots, des seckos, de la paille pour constructions, du bois de constructions, des fruits sauvages et des produits maraîchers qui seront aux niveaux normaux à supérieurs à la normale, selon la source de revenu.

    La fluidité des échanges est normale en cette période de l’année. Le transfert des céréales de la zone soudanienne vers la zone sahélienne est moins important par rapport à l’année dernière à la même période à cause de la bonne production céréalière dans le Sahel (+86 pourcent comparée à la moyenne quinquennale) et une prévalence supérieure à la moyenne des mesures préventives (des gouverneurs du Logone Occidental et du Mandoul) interdisant la vente des denrées alimentaires en dehors de leurs circonscriptions administratives. Ces mesures visent à empêcher une demande extérieure qui conduira les prix des céréales à la hausse dans la région. Malgré ces conditions, il a été signalé la présence de quelques usuriers clandestins dans les villages de la zone soudanienne. Toutefois, les marchés urbains sont toujours bien pourvus en denrées alimentaires. En outre, la fermeture de frontière Tchado-libyenne annoncé vers mi-décembre 2012 limite considérablement l’approvisionnement des marchés dans le Borkou, du Tibesti et des deux Ennedi (régions de déficit chroniques) du fait que la quasi-totalité des denrées alimentaires est importée de la Libye.  De petites quantités des aliments sont encore transportées à travers la frontière par le commerce informel mais la fermeture des frontières a affecté les échanges commerciaux et a réduit les stocks des produits importés de la Libye. De nombreux produits alimentaires sur les marchés de Biltine, Faya, et Fada viennent habituellement du sud de la Libye (Sebha et de Koufra) et lors de la dernière mission de FEWS NET à Biltine (19-21 décembre 2012), les populations ont indiqué que leurs stocks sont en dessous de la normale et craignent une pénurie de produits sur le marché tels que le macaroni, le riz, spaghetti, la farine et le carburant. Sur ces marchés,  une hausse des prix des aliments de 5 à 10 pourcent est observée comparée à décembre. Les achats institutionnels ont commencé plutôt qu’en année normale et se poursuivent dans le Batha, le Lac et une partie du Moyen Chari.

    Sur le marché du bétail, on observe une stabilité des prix  par rapport à décembre 2012, période des fêtes de fin d’année (Noël et nouvel an). La demande venant de la Libye en bétail a quelque peu baissé sans pour autant influencer les prix des animaux du fait que les flux des animaux du Batha et du Guera vers le Nigeria via N’Djamena et vers le Soudan s’observent toujours et deviennent de plus en plus importants par rapport au dernier trimestre de l’année passée avec la présence des commerçants exportateurs qui augmente dans les zones citées.

    Situation de la sécurité alimentaire

    Actuellement, les ménages pauvres et très pauvres ne se plaignent ni d’une faible disponibilité, ni du manque d’accès à la nourriture comme l’année dernière. La situation alimentaire des ménages est bonne dans l’ensemble du pays et la disponibilité des aliments est fortement liée aux bonnes récoltes de la campagne agricole courante et aux anciens stocks détenus par les commerçants. La situation des stocks paysans est satisfaisante y compris dans les zones affectées par les inondations. Le maraîchage comme activité génératrice de revenu a réellement amoindri l’intensité de l’exode rurale dans les régions de grande opportunité de main d’œuvre (N’Djamena, Abèché, Moundou et Sarh). Grâce au niveau d’eau élevé cette année par rapport à la normale dans les fleuves, les rivières et les mares, on observe une abondance des produits de pêche par rapport à une année normale qui contribuent de son coté à l’amélioration de la situation alimentaire dans certaines localités inondées comme le Mayo-Kebbi Est, Logone Occidentale, Salamat et le Batha.

    Les revenus des ménages proviennent en grande partie de la vente des produits agricoles. Actuellement, les femmes tirent plus de profit des produits oléagineux transformés comme le sésame et l’arachide.

    De même, dans les zones où l’élevage est important, l’accès des ménages aux denrées alimentaires s’améliore et la fréquence des repas est actuellement trois fois par jour. Cependant, dans le BET où la quasi-totalité des denrées alimentaires est importée de la Libye, la fermeture de la frontière tchado-libyenne pour des raisons de sécurité civile commence à impacter l’habitude alimentaire de la population. En dépit de changement de types de nourriture qu’ils consomment actuellement, ces ménages peuvent encore accéder à la nourriture normalement et n’ont pas encore changé  leurs habitudes alimentaires.

    Les populations sont actuellement capables de répondre à leurs besoins alimentaires et non alimentaires et se trouvent en Phase 1 (Minimale/Aucune) de l’IPC 2.0.

    Suppositions

    Le scénario le plus probable de janvier à juin 2013 est basé sur les hypothèses suivantes au niveau national:

    • Les stocks céréaliers : Au regard de la production, les stocks céréaliers au niveau des ménages seront supérieurs à l’année dernière et à une année normale à la même période à l’exception des zones déficitaires où les stocks seront comparables à une année normale. La disponibilité céréalière sera renforcée à partir de février dans les zones de culture de décrue et gomme arabique à cause de la récolte du berbéré. A partir d’avril, les stocks en dehors de ces zones vont commencer à diminuer. Cependant dans les zones de culture de décrue et gomme arabique, les stocks vont durer jusqu'aux prochaines récoltes en septembre.
    • Les activités maraîchères : Les activités maraîchères seront importantes au cours du premier trimestre de l’année et on observera une bonne disponibilité des produits maraîchers pendant cette période. Cette activité occasionnera un revenu supplémentaire pour certains ménages, y compris les ménages pauvres et très pauvres, et sera supérieur comparé à une année typique.
    • Les achats institutionnels : Ils seront normaux en termes de volume, mais comme ils ont commencé un peu plutôt cette année, ils risqueront d’avoir des effets inflationnistes sur les prix comparativement à 2012. 
    • La fermeture de la frontière Tchado-Libyenne : Elle va persister pendant la période de cette perspective (janvier à juin 2013). A cet effet, l’approvisionnement des marchés dans le BET se posera et les flux du commerce céréalier habituels à partir du Ouaddaï s’étendront jusqu’au Batha et Salamat.
    • Marchés et prix : L’approvisionnement des marchés en céréales sera suffisant et régulier sur toute la période du scenario et l’offre en céréales sera normale à l’exception des marchés approvisionnés normalement en denrées alimentaires provenant de la Libye. Le transfert de la zone soudanienne vers la zone sahélienne suivra la tendance saisonnière avec peu de recul à cause des restrictions administratives sur les sorties des céréales, et diminuera à partir de mai avec l’installation de la saison de pluie dans la zone soudanienne. Quant aux prix des céréales, ils suivront la tendance saisonnière normale mais resteront à un niveau élevé comparé à la moyenne quinquennale. Ils resteront à un niveau stable jusqu’à mars pour connaître une légère hausse à partir d’avril. Cependant, sur le marché de N’Djamena, on observera une baisse d’environ 20 à 30 pourcent sur le prix du mil pénicillaire à partir de février. Dans le BET, l’approvisionnement des marchés en céréales se fera à partir du Wadi-Fira, Ouaddai, Batha et Salamat. Toutefois les prix des produits alimentaires importés de la Libye poursuivront leur hausse et pourront atteindre 10 à 20 pourcent à partir de mars.
    • Situation pastorale : Les conditions d’alimentation du bétail seront normales jusqu’à juin2013 malgré la baisse du pâturage en mai comme en année normale. Toutefois, avec les premières pluies attendues vers mai et juin selon les endroits, les conditions physiques du bétail pourraient s’améliorer, cela permettrait une repousse des herbacées et une disponibilité d’eau dans les points d’abreuvement. Les maladies telluriques se comporteront comme en une année normale pendant toute la période du scenario. La descente des transhumants vers le sud sera normale. Cependant ceux qui transhument vers la frontière avec la République Centrafricaine (RCA) ne pourront pas atteindre leur destination à cause de l’insécurité civile en RCA. Les prix des animaux pourraient connaître des hausses à partir de février, à cause de la forte demande des exportateurs venant du Nigeria et du Soudan.
    • La saison de pluie : L'installation de la saison de pluie commercera normalement. Dans la zone soudanienne, la saison commencera en avril et dans la zone sahélienne en juin.
    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    Au premier trimestre de l’année, la situation alimentaire demeurera normale. Les disponibilités en céréales sèches seront de plus en plus importantes, par conséquent suffisantes pour couvrir les besoins des populations. La reconstitution des stocks des ménages continuera dans certaines zones avec les dernières récoltes et aussi la récolte de berbéré dans les zones de culture. La disponibilité en produits maraîchers et halieutiques renforcera la situation alimentaire et la baisse et/ou la stabilité des prix au premier trimestre de l’année améliorera l’accès aux denrées par les ménages pauvres et très pauvres. Pendant cette période, tout le pays restera en Phase 1 (Minimale/Aucune) de l’IPC 2.0 (Figure 2).

    Au début du deuxième trimestre de l’année, les perspectives alimentaires resteront bonnes dans tout le pays avec néanmoins des particularités que l’on peut relever dans des zones déficitaires ou des zones victimes des inondations. A la fin du deuxième trimestre, avec la soudure, les stocks céréaliers des ménages s’épuiseront et les ménages pauvres et très pauvres ne dépendront que des achats sur le marché; ainsi, on observera des poches de dégradation de la situation alimentaire. Les ménages s’engageront dans les stratégies de subsistance habituelles qui se comporteront comme en une année typique. Cependant, dans les zones d’élevage, la vente normale des animaux pourrait atténuer la situation alimentaire en améliorant l’accès des ménages aux denrées alimentaires.

    Dans le BET, si la fermeture de la frontière Tchado-Libyenne persiste, un problème d’approvisionnement des marchés se posera et par conséquent un problème d’accès aux denrées par les ménages qui pourrait impacter négativement sur la situation alimentaire dans la zone. Toutefois, le problème d’accès aux denrées par les ménages sera résolu par l’approvisionnement en céréales à partir de Wadi Fira, Ouaddaï, Batha et Salamat, et tout le pays restera en Phase 1 (Minimale/Aucune) de l’IPC 2.0 (Figure 3).


    Zones d’interet

    Une partie de la Zone Central Agro-Pastorale dans le Batha Ouest (Ati et Koundjourou)

    Production agricole

    Selon les résultats de préévaluation de la campagne agricole 2012-2013 de l’Office National de Développement Rural (ONDR), la production agricole dans le Batha Ouest (Ati et Yao) est de 141 089 tonnes (mil et sorgho). Comparée à celle de la campagne 2011-2012 qui était de 72 184 tonnes, la zone a enregistré une hausse de 95 pourcent; et par rapport à la moyenne quinquennale, on enregistre une hausse de 7 pourcent. Donc, la production n’est pas compromise malgré les inondations momentanées d’août et septembre 2012.

    Situation Pastorale

    La situation alimentaire du bétail est relativement stable par rapport à une année normale. Les mares semi-permanentes contiennent encore de l’eau et améliorent ainsi la disponibilité en eau d’abreuvement;  le pâturage qui commence à se réduire progressivement vient d’être renforcé par les résidus des récoltes. La production laitière est plus importante qu’en année normale en cette période à cause des bonnes conditions physiques du bétail. Les transhumants de court rayon sont autour du Lac Fitri.

    La situation zoo sanitaire est calme dans la zone hormis celle d’Ati où la tension entre les éleveurs transhumants autour des puits est toujours signalée et plus intense que la normale. Depuis novembre, il y a eu plusieurs cas de mort d’hommes liés à ce conflit.

    Marchés et prix

    Actuellement les marchés sont bien approvisionnés en céréales grâce aux produits des nouvelles récoltes qui viennent au marché d’Ati en petites quantités comme en année normale. Mais au vue de la bonne disponibilité actuelle, une baisse de 49 pourcent sur le prix du mil pénicillaire par rapport à l’année dernière à la même période est observée sur le marché. Le prix du mil est resté stable comparé à la moyenne quinquennale. Les achats institutionnels en cours sont normaux et une demande supérieure à la normale en céréales venant de N’Djamena et du BET, est observée. Les prix des ovins, caprins, et de la volaille qui étaient stables au mois de novembre 2012 avaient augmenté en décembre à cause de la demande du Nigeria et du Soudan pendant les fêtes de fin d’année, avant de fléchir en janvier 2013 ; ainsi, les termes d’échanges sont favorables et s’améliorent d’avantage au profit des éleveurs vendeurs des ovins à cause des prix des animaux qui augmentent comparé aux prix saisonniers normaux et de la stabilité/baisse des prix des céréales.

    Culture de contre saison

    Culture de berbéré : La culture de berbéré est globalement satisfaisante grâce aux eaux des inondations qui ont bien mouillé les bas-fonds et le stade phénologique prédominant actuellement est la maturation laiteuse. Il faut aussi signaler que les récoltes précoces (un mois plutôt) ont commencé par endroit.

    Maraîchage : Vu le niveau d’eau actuel du fleuve Batha et des mares semi-permanentes qui est au dessus d’une année normale, les activités maraîchères se déroulent normalement et sont plus importantes que l’année dernière et légèrement au-dessus d’une année normale à la même période. Le maraîchage est aussi une activité génératrice de revenu dans le Batha et son intensité a amoindri l’exode rural cette année.

    Situation alimentaire

    Actuellement, la sécurité alimentaire des ménages s’est améliorée par rapport à l’année dernière à la même période grâce à la bonne production céréalière qui couvrira 7-8 mois contre 5-6 mois au cours d’une année normale, et à la stabilité/baisse des prix des céréales observée sur les marchés. Les produits de pêche, de maraîchage et de cueillette ainsi que la bonne disponibilité laitière contribuent de leur côté à l’accès à la nourriture améliorant les conditions de sécurité alimentaire des ménages pauvres. A cet effet, les ménages dans cette zone d’intérêt sont capables de satisfaire leurs besoins alimentaires de base sans faire recours aux stratégies et à l’assistance. Ils sont en Phase 1 (Minimale/Aucune) de l’IPC 2.0.

    Suppositions

    Le scénario le plus probable de janvier à mars 2013 pour le Batha Ouest est basé sur les hypothèses suivantes:

    • La production de berbéré : Elle sera moyenne, car, malgré la bonne pluviométrie, le retrait tardif des eaux des inondations n’a pas permis aux producteurs de faire des superficies plus importantes qu’en une année normale.
    • Les oiseaux granivores : Les dégâts aux cultures causés par les oiseaux granivores seront normaux par rapport à une année normale entre janvier et février.
    • Elevage : Le mouvement du bétail sera normal et la descente vers le sud va continuer jusqu'à février selon le calendrier saisonnier habituel. L’état physique du bétail sera le même qu’en une année typique mais meilleur que l’année dernière à la même période.
    • Les prix : Au regard des achats institutionnels déjà commencés et de la forte demande des céréales venant de N’Djamena et du BET, on pourrait s’attendre à une forte hausse des prix des céréales (20-30 pourcent comparée à la moyenne saisonnière) à partir d’avril ; ce qui pourrait limiter significativement l’accès aux céréales (mil pénicillaire et sorgho) par les ménages pauvres entre avril-juin, début de la période de soudure. Quant aux prix des animaux, ils pourront connaître une hausse allant de 15 à 20 pourcent entre février et juin à cause de la forte demande venant du Nigeria via N’Djamena.
    • Migration : La migration vers les grands centres à la recherche du travail sera de moindre intensité comparée à une année normale et commencera à partir de mars après la récolte de berbéré.
    • La vente et la consommation des produits de cueillette : Elles se comporteront mieux qu’en année normale entre janvier et mars à cause de l'abondance des produits de cueillette causée par la bonne pluviométrie.
    • Sources de revenu et de nourriture: Elles sont restées les mêmes qu’en une année normale. Toutefois, il faut signaler la vente de paille et la vente des produits de pêche qui sont au-dessus de la moyenne respectivement grâce aux bonnes pluviométries enregistrées et au niveau actuel des mares semi- permanentes. Quant aux sources de nourriture, elles se comporteront de la manière normale sauf que les ménages dépendront beaucoup plus de leur propre production, des produits de pêche et de maraîchage au premier trimestre de l’année.
    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    Pendant la première phase du scénario (janvier-mars 2013), les ménages seront capables de subvenir à leurs besoins alimentaires et non alimentaires de base grâce à leur propre production qui couvrira 7-8 mois et qui est complétée par les produits de pêche abondants cette saison et aussi les produits de la cueillette dont la disponibilité est supérieure à une année normale. A cet effet, les ménages seront en Phase 1 (Minimale/Aucune) de l’IPC 2.0 pendant cette période.

    De même au début de la deuxième phase (avril-mai), les ménages n’auront pas de difficulté à subvenir à leurs besoins alimentaires. C’est à la fin de la deuxième phase (juin), pendant la soudure que les ménages auront de difficulté d’ordre alimentaire car leur stock va diminuer et ils dépendront en grande partie des achats sur le marché. Cependant, les ménages pauvres feront recours aux stratégies de subsistance  habituelles et ceux ayant de petits ruminants vendraient 1 à 2 têtes pour renforcer leur stock céréalier. Ainsi, les ménages seront en Phase 1(Minimale/Aucune) de l’IPC 2.0 à la fin de la deuxième phase du scenario.


    Evenements qui pourraient changer les scenarios

    Zone

    Evénement

    Impact sur les conditions de la sécurité alimentaire

    Ati et Koundjourou

    Pullulation des oiseaux granivores plus sévère par rapport à une année normale entre janvier et février

    • Réduction des récoltes du berbéré
    • Difficulté pour la reconstitution des stocks céréaliers des ménages
    • Faible opportunité du salariat agricole
    • Hausse des prix des céréales

    Ati

    Intensification de conflits éleveurs transhumants et agriculteurs

    • Perte des avoirs relatifs aux moyens d’existence (bétail et stock céréalier)
    • Déplacement atypique des transhumants dans autres zones du pays

    National

    Retard d’installation de la saison des pluies notamment dans les zones de faible développement des pâturages

    • La soudure pastorale peut être localement prolongée et difficile en fin juin 2013.
    • Difficulté d’alimentation et d’abreuvement du bétail
    • Retard dans les semis
    • Baisse d’opportunité du salariat agricole

    National

     

     

    Les récentes inondations au Nigeria ont  un impact négatif et significatif sur les niveaux de production agricole de 2012/2013 dans ce pays

    • Les flux commerciaux céréaliers en provenance du Nigeria sont réduits
    • Hausse des prix des céréales à partir d'avril
    Figures Calendrier saisonnier pour une année typique

    Figure 1

    Calendrier saisonnier pour une année typique

    Source: FEWS NET

    Carte des résultats actuels de la sécurité alimentaire, janvier 2013

    Figure 2

    Carte des résultats actuels de la sécurité alimentaire, janvier 2013

    Source: FEWS NET

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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