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La hausse des prix et l’altération des revenus exacerbent le déficit de la consommation alimentaire des réfugiés, des retournés et des ménages pauvres de l’Est

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Tchad
  • Février - Septembre 2024
La hausse des prix et l’altération des revenus exacerbent le déficit de la consommation alimentaire des réfugiés, des retournés et des ménages pauvres de l’Est

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  • Messages clé
  • Contexte national
  • Calendrier saisonnier pour une année typique
  • Zone de préoccupation : Zone de moyen d’existence TD06 Est céréaliers et produits maraîchers (Figure 6)
  • Résultats les plus probables en matière de sécurité alimentaire et zones bénéficiant de niveaux significatifs d’aide humanitaire
  • Messages clé
    • L’afflux des réfugiés et des retournés continue d’exercer une pression sur les sources de nourriture et de revenus. Il y a une forte concurrence sur les rares opportunités existantes. La suroffre de main d’œuvre entraine une baisse des revenus pour les ménages, limitant ainsi leur accès aux denrées alimentaires de base en raison de la hausse atypique des prix. Les ménages pauvres font face à des déficits de consommation alimentaire malgré les stratégies d’adaptation négatives développées et les pratiques sociales de solidarité, dont le partage de repas. Ils dépendent principalement des assistances alimentaires. De ce fait, les ménages hôtes pauvres, les réfugiés et les retournées d’Assoungha et de Kimiti sont en insécurité alimentaire aigüe de type Crise ! (Phase 3 !). En absence de l’aide alimentaire, ils seraient en insécurité alimentaire aigüe de type ’Urgence (Phase 4 de l’IPC).
    • Dans les autres départements d’Ouaddaï et de Sila, ainsi que les provinces de Wadi Fira et d’Ennedi de l’Est, il y a une insécurité alimentaire aigüe de type Crise (Phase 3 de l’IPC) est attendue. Au Lac, les épuisements des stocks des ménages et les faibles revenus dus à la dégradation des moyens d’existence limitent leur accès aux marchés. Les ménages hôtes et les déplacés internes font face à des déficits de consommation alimentaire et sont en insécurité alimentaire aigüe de niveau Crise (Phase 3 de l’IPC). Dans le Sahel Ouest et la zone saharienne, la hausse atypique des prix des produits alimentaires en raison des perturbations des flux des produits importés de la Libye limite l’accès aux marchés des ménages pauvres. Ils sont en Crise (Phase 3 de l’IPC).
    • La hausse atypique des prix des produits alimentaires est due à la baisse de l’offre sur les marchés entraînée par des déficits de production céréalière locale et des coûts élevés de transports. Une hausse du prix du mil dépassant plus de 45 pour cent est observée par rapport à la moyenne quinquennale. Un des facteurs déterminants du prix des produits alimentaires est la hausse des prix du carburant qui a causé la diminution des flux internes entre les marchés céréaliers et des flux des produits importés, en particulier à partir du Cameroun, le seul flux entrant encore fonctionnel. Ainsi, la pénurie et la hausse des prix du carburant ont entraîné des coûts élevés de transport impactant l’approvisionnement des marchés en produits alimentaires locaux et importés et aussi leurs prix.  
    • L’assistance alimentaire constitue la principale source de nourriture des réfugiés soudanais et retournés tchadiens. L’afflux continu de ces réfugiés dans les provinces d’Ouaddai, Sila, et Wadi Fira accroit les besoins en assistance alimentaire d’urgence qui resteront élevés pendant la période de soudure. Cependant, l’assistance alimentaire en nature et sous forme de transferts monétaires en cours n’arrive pas à couvrir le nombre des personnes en besoin. En outre, la ration distribuée mensuellement n’est pas complète et ne couvre les besoins des bénéficiaires que pour une période de deux à trois semaines. 
    • Confrontés à une sévère soudure pastorale, précoce, la plupart des transhumants ont investi les localités soudaniennes en quête de résidus de récolte de la campagne pluviale et des pâturages naturels résiduels et de points d’eau. Par ailleurs, des heurts réguliers sont notés dans la zone. Ils sont liés à la présence massive des transhumants dans la zone depuis janvier 2024 et dont les animaux causent d’importants dégâts dans les champs agricoles. 

    Contexte national

    Situation actuelle

    Contexte sociopolitique : Malgré la nomination, début janvier 2024, d’un nouveau gouvernement dirigé par un Premier Ministre issue de l’opposition, les contestations d’une partie de la classe politique et de certains acteurs de la société civile continuent d’alimenter les débats de la scène politique nationale. Par ailleurs, le climat social reste marqué par le renchérissement du coût de la vie notamment les pénuries incessantes de carburant qui persistent depuis plusieurs mois. Ceci est corroboré par la hausse des prix du carburant décidée par le gouvernement en date du 13 février 2024, affectant ainsi le trafic routier. Ceci se répercute sur les baisses additionnelles de volumes des approvisionnements de produits alimentaires notamment à destination des zones déficitaires. 

    Contexte sécuritaire (conflits politico-militaires, intercommunautaires et mouvements de populations) : La situation sécuritaire du pays est caractérisée par un calme sécuritaire précaire jalonné d’actes isolés de banditisme et de foyers de conflits agriculteurs – éleveurs. Fin décembre, des cas de vols et enlèvements de bétail d’agriculteurs rapportés à Donomanga (Tandjilé), ont entraîné des tensions communautaires violentes occasionnant des pertes en vies humaines et des dégâts matériels notamment des incendies de cases et marchés à Mouroumgouleye (Mandoul). Au Lac, une quinzaine d’incidents sécuritaires causés par des éléments de groupes armés non étatiques (GANE) contre des pêcheurs ont été rapportés par les acteurs humanitaires.

    Il est peu probable que des combats majeurs entre les factions rebelles et le gouvernement aient lieu jusqu'en septembre 2024. Les incursions des éléments de l’Etat Islamique en Afrique de l’Ouest devraient continuer à diminuer au moins jusqu'en septembre 2024 et rester à des niveaux inférieurs à ceux observés en 2022 et nettement inférieurs aux tendances observées au cours des cinq années précédentes.

    Campagne agricole de contre saison : Une baisse remarquée des emblavures comparée à une année normale est rapportée dans les grands bassins de production de berberé, d’oignon et des cultures maraîchères. Confrontés à un accès limité au carburant par suite des hausses de prix induites par les pénuries, les producteurs sont contraints de réduire les superficies notamment d’oignons au Ouaddaï. Au Mayo Kebbi Est, il est rapporté des abandons de cultures de riz de contre saison. Additionnellement, le manque d’engrais couplé à celui de produits phytosanitaires entrave le déroulement de la campagne de contre saison. Des attaques de chenilles sur les cultures maraîchères sont également signalées notamment à Mangalmé. Les cultures de berberé sont au stade laiteux pour certaines et, cireux dans d’autres localités comme au Moyen Chari. 

    Marchés de produits alimentaires : Les approvisionnements de marchés en produits alimentaires sont en baisse comparés à une année normale. Les baisses de flux internes entre les marchés céréaliers font suite aux coûts élevés du transport induits par les pénuries récurrentes de carburant. La hausse des prix du carburant décidée par le gouvernement en mi-février 2024, a ainsi exacerbé les hausses de coûts de transport.  Ceci est davantage aggravé par le retrait, , par le gouvernement des subventions au secteur pétrolier. Des baisses de volumes de flux entrants à partir du Cameroun sont observées. Ces baisses sont liées aux hausses de prix du carburant par le gouvernement camerounais en début janvier 2024. Il en résulte un ralentissement des importations de produits alimentaires transitant par le Cameroun via le port de Douala. L’offre en produits manufacturés et importés affiche aussi une baisse additionnelle à la suite des perturbations de flux entrants de Libye en lien avec le contexte sécuritaire instable aux frontières. Ceci est également accentué par l’arrêt de flux entrants en provenance du Soudan. Ainsi, des hausses atypiques significatives de prix comparées à la moyenne quinquennale sont observées sur la plupart des marchés céréaliers à la suite d’une pression soutenue de la demande sur les céréales locales. Ces hausses sont plus accentuées au Sahel et plus particulièrement dans les zones d’accueil des réfugiés soudanais et des retournés. Dans ces localités et au Lac, la tendance haussière des prix est continue, du fait de la dépendance exclusive des ménages au marché découlant de la baisse de production locale et des épuisements précoces de stocks. . A Bol, il est observé une augmentation des prix de maïs sur le marché avec une hausse de 25% et 65% respectivement par rapport à l’année dernière et à la moyenne quinquennale (Figure 1).

    Figure 1

    Variation des prix du maïs à Bol
    Variation du prix de maïs à Bol

    Source: FEWS NET

    Situation pastorale et mouvements de bétail : Une soudure pastorale précoce est observée dans les zones pastorales et agropastorales à la suite de l’épuisement des pâturages comme au Batha. De décembre 2023 à fin janvier 2024, une complémentation alimentaire à base de tourteaux d’arachide et de sons de maïs a été fournie aux pasteurs dans la province du Lac. Cette intervention a été financée grâce à l‘appui du Comité International de la Croix Rouge (CICR). Elle couvre 600 ménages pasteurs. Au Sahel Ouest Barh El Ghazel et Kanem), les animaux se rabattent sur les feuillages des épineux constituant ainsi un pâturage aérien. L’assèchement total des points d’eau oblige les pasteurs à parcourir de grandes distances, souvent de plus de 10 km en quête d’eau d’abreuvement. Au Lac, un retour massif des pasteurs vers les localités insulaires et au sud de la province est constaté depuis début janvier 2024. Une forte concentration de pasteurs en zone soudanienne est rapportée. Il s’en suit une surcharge pastorale induisant une détérioration de la situation pastorale dans ces localités du Moyen Chari et du bassin du Logone malgré la disponibilité de résidus de récoltes. L’état d’embonpoint des animaux est en forte détérioration notamment en zone de transhumance. Des foyers isolés de maladies telluriques sont signalés au Sahel (BEG, Hadjer Lamis et Kanem) ainsi qu’au Moyen Chari, en zone méridionale. Ce sont principalement la peste des petits ruminants (PPR), la péripneumonie contagieuse des bovidés (PPCB), le charbon symptomatique. Des cas d’épizooties comme la coccidiose et la maladie de New Castle sont rapportés pour la volaille. Des campagnes de vaccinations sont en cours grâce à l’appui de partenaires techniques et financiers (Banque Mondiale, CICR).

    Marchés à bétail : Une baisse globale de l’offre est constatée sur la plupart des marchés à bétail des zones agropastorales et de transhumance. Les approvisionnements des marchés sont réduits à cause des mauvaises conditions pastorales. De nombreux pasteurs ont été contraints à trouver refuge dans les localité agricoles pourvues en résidus de récoltes et des points d’eau d’abreuvement pour le bétail. L’arrêt des échanges transfrontaliers avec le Soudan continue de ralentir les fonctionnements des marchés à bétail des provinces d’accueil de l’Est (Ouaddaï Wadi Fira, Sila). L’éloignement des pasteurs à destination des zones lacustres et de localités à destination du Lac a renforcé la baisse de l’offre sur les marchés de Bol et favorisant ainsi la hausse des prix des petits ruminants sur les marchés (Figure 2). Une tendance haussière comparée à la moyenne quinquennale est ainsi observée sur le marché de Bol. La dépréciation continue du naira nigérian a induit une baisse de la demande à l’exportation. Au Batha, une intensification des ventes destinées à se procurer des revenus pour accéder aux marchés céréaliers, contribue à maintenir les prix en baisse.

    Figure 2

    Variation des prix du mouton sur le marché à bétail de Bol
    Variation des prix du mouton à Bol

    Source: FEWS NET

    Termes de l’échange : Les termes de l’échange bétail/céréales sont défavorables aux pasteurs malgré la hausse du prix du mouton observé sur le marché de Bol. Ceci est entrainé par les niveaux de prix des céréales en hausse atypique à cause des épuisements des stocks et de l’arrêt de l’assistance qui renforcent la dépendance aux marchés. Il en résulte une dégradation significative des moyens d’existence des éleveurs (Figure 3).

    Figure 3

    Termes de l’échange mouton/maïs à Bol, 2023
    Termes de l'echange maïs-mouton à Bol

    Source: FEWS NET

    Stocks des ménages et stocks institutionnels. En zone sahélienne, un épuisement précoce des stocks céréaliers des ménages est rapporté depuis janvier à cause des productions déficitaires de la campagne pluviale passée. Les ménages de ces zones sont tributaires des marchés pour leur approvisionnement. Dans les provinces soudaniennes, des baisses significatives de stocks sont observé. De nombreux ménages ont dû récolter précocement les cultures de cultures de décrues, notamment le berbéré avant maturité, des épis de berbéré pour faire face aux besoins alimentaires par manque de stocks. . Ces stratégies sont rapportées au Moyen Chari et au Mayo Kebbi. La reconstitution des stocks institutionnels par l’Office National de Sécurité Alimentaire (ONASA) est en cours. Selon les services de l’ONASA, les prévisions sont estimées à 100 000 tonnes toutes espèces confondues pour un gap de 41 646,81 tonnes.

    Moyens d’existence : Une érosion de la plupart des sources de revenus est observée dans la plupart des zones du pays. Il en résulte des baisses significatives de revenus issus des principales sources tant en zone sahélienne (vente de bétail, migration saisonnière, artisanat, produits de cueillette) qu’en zone soudanienne (vente de produits agricoles). La fermeture des frontières soudanaises continue de limiter les revenus issus de la migration transfrontalière à cause de la crise sécuritaire persistante. Les risques sécuritaires aux frontières et l’interdiction des activités en lien avec l’orpaillage artisanal au Tibesti dégrade les moyens d’existence des ménages très pauvres et pauvres de la bande sahélienne. En effet, les reflux réguliers de personnes provenant de l’intérieur du pays soustrait à ces derniers une importante source de revenus. Au Sahel, il est constaté une forte pression exercée par les ménages très pauvres et pauvres sur les produits sauvages, de cueillette, de l’artisanat entre autres. Cette pression fait suite aux épuisements précoces de stocks céréaliers obligeant ces ménages à intensifier ces collectes en vue de se procurer des revenus et ainsi accéder aux marchés de produits alimentaires. Les revenus tirés des ventes des produits sauvage sont marginaux. Une intensification de la migration saisonnière vers les centres urbains est observée. Cependant, les opportunités d’embauche dans les localités de destination sont rares à cause du contexte économique très ralenti ces dernières années à la suite de la crise pétrolière. Les revenus de cette source qu’est la migration sont largement inférieurs à une année normale. Les déplacés internes (IDPs), les ménages hôtes du Lac, et les ménages très pauvres et pauvres du Sahel dépendent majoritairement de la solidarité des ménages nantis et, pour d’autres des marchés pour leur nourriture. Les produits maraîchers et prémices de cultures de contre saison renforcent cependant mais timidement la consommation alimentaire des ménages très pauvres et pauvres dans certaines localités en zone méridionale.

    Situation nutritionnelle : La situation nutritionnelle demeure toujours préoccupante à l’échelle nationale. En l’absence d’une enquête nutritionnelle récente, les analyses IPC AMN conduite en décembre 2023 sur la base des données historiques issues des enquêtes SMART des cinq dernières années, indiquent une détérioration de la situation nutritionnelle dans la majorité des provinces et départements du pays. Les provinces d’Ouaddaï, Sila, Wadi Fira, Ennedi Ouest et Ennedi Est et les départements de Kaya et Fouli sont en Phase 4 de l’IPC MNA pendant la période de janvier à mai 2024. En outre, selon une étude de Médecins Sans Frontières (MSF) d’août à septembre 2023 sur des enfants âgés de 6 à 59 mois dans les camps des réfugiés, la situation nutritionnelle est préoccupante. Les résultats de ladite étude montrent que les taux de la malnutrition aigüe globale (MAG) sur la base du Périmètre Brachial (PB) et/ou des oedèmes bilatéraux était de 5.5 pour cent à Toumtouma, 11.3 pour cent à Ourang, et 11.6 pour cent à Arkoum. Les taux de Malnutrition Aigüe Sévère (MAS) dans ces localités étaient respectivement de de 2.3 pour cent à Toumtouma, 4.8 pour cent à Ourang et 4.6 pour cent à Arkoum. Selon les données de l’UNICEF, malgré le nombre élevé des enfants admis pour traitement de la malnutrition aigüe dans les provinces de l’Est, les admissions ont diminué depuis août à décembre 2023 comparativement à l’année 2022. Cette diminution est attribuée à la fin de la saison du paludisme, à la diminution des comorbidités, aux assistances alimentaires et à la période des récoltes. 

    Situation humanitaire : La crise sécuritaire ayant cours au Soudan depuis avril 2023 continue d’engendrer des afflux réguliers de populations à destination du Tchad. Au 16 février 2024, plus de 554 270 réfugiés soudanais et 144 000 retournés tchadiens ont été accueillis au Tchad (UNHCR). Près de 382 000 d’entre eux sont localisés au Ouaddaï notamment dans le département d’Assoungha. Essentiellement tributaires de l’assistance humanitaire et pour une moindre part de la solidarité des ménages autochtones, ces réfugiés et retournés sont exposés à une faible mobilisation de l’assistance alimentaire. Ces difficultés de financement couplées aux flux continus de nouvelles arrivées, limitent leur consommation alimentaire déjà très précaire. Confrontés à d’écarts significatifs de consommation, ils font recours à des stratégies d’adaptation négatives dont la vente de deniers objets personnels. L’intensification de la mendicité par d’important effectifs d’entre eux constituent des stratégies largement répandues. A Dajabal et Zabout, dans le Sila, des ventes régulières de matériaux ayant servi à la construction des abris en quête de revenus sont constatées. Le travail physique des femmes en grossesse et allaitantes est largement répandu au milieu des ménages monoparentaux. Au Lac, l’arrêt des interventions humanitaires globales destinées aux IDPs et aux ménages hôtes, ainsi que les déficits de production intervenus, renforcent la précarité alimentaire de ces ménages.

    Résultats actuels de la sécurité alimentaire

    Dans les départements d’Assoungha et du Kimiti, deux des principaux départements accueillant les réfugiés à l’Est du Tchad, les réfugiés soudanais et retournés tchadiens, qui représentent respectivement 44,30 pour cent et 15,61 pour cent de la population, connaissent d’importants écarts de consommation alimentaire. Les revenus obtenus par la vente de bois de chauffage et de paille, la fabrication de briques et le petit commerce sont très faibles et ne sont pas suffisants pour couvrir leurs besoins alimentaires dans un contexte de prix élevés des aliments de base. Ainsi, les assistances alimentaires constituent leurs sources principales de nourriture. Cette détérioration de leur situation alimentaire est davantage accentuée par les afflux réguliers de nouveaux venus. Sur les sites de transit, on observe une forte dépendance de nouveaux venus qui sont largement tributaires du soutien des anciens réfugiés et retournés.  Les assistances alimentaires ne peuvent couvrir au-delà de trois semaines les besoins des réfugiés. Les vivres reçus de de chaque cycle de distribution d’un mois sont épuisées dès les 15 à 20 jours après la réception après réception. Les réfugiés pratiquent la solidarité en compensation de ces épuisements. Contraints à partager, par solidarité, les faibles volumes de nourriture reçus de l’assistance et /ou d’achats, d’effectifs de plus en plus importants d’entre eux font recours à des stratégies d’adaptation négatives. Celles-ci incluent l’intensification massive de la mendicité, la vente de biens personnels dont ustensiles de cuisine, les habits voire les matériaux utilisés dans la construction des abris. Ils sont en insécurité alimentaire aigüe de type Crise ! (Phase 3 !). En absence de l’aide alimentaire, ils seraient en insécurité alimentaire aigüe de type Urgence (Phase 4 de l’IPC). En outre, quelques ménages développeraient des stratégies d’urgence à cause des déficits de consommation assez importants auxquels ils sont confrontés. Ils seront en Urgence (Phase 4 de l’IPC). Face aux épuisements précoces de stocks céréaliers, les ménages autochtones des autres départements d’accueil du Ouaddaï, Wadi Fira, et Sila font face à des écarts de consommation. Ils ne peuvent satisfaire leurs besoins de consommation sans recourir à des stratégies de Crise à cause de l’érosion de la plupart des sources de revenus exacerbée par la forte compétition entre eux et, les réfugiés et retournés. Ces départements sont en Crise (Phase 3 de l’IPC). Les déplacés internes ainsi que les ménages hôtes du Lac continuent de faire face à des déficits de consommation à la suite des épuisements de stocks de ménages hôtes. La forte dégradation des moyens d’existence, notamment l’érosion des principales sources de revenus induite par cette dégradation, limitent l’accès aux marchés céréaliers de ces ménages. En outre, Les perturbations de flux entrants de produits alimentaires importés, de la Libye réduisent les volumes de nourriture sur les marchés du Tibesti, du Borkou du Sahel Ouest (BEG, Kanem) et une partie du Hadjer Lamis (Dagana). Ceci engendre des hausses atypiques de prix qui limitent l’accès aux marchés des ménages très pauvres et pauvres de ces zones. Les volumes de nourriture accessibles sont largement inférieurs aux besoins de consommation. Ils font face à des déficits de consommation alimentaire et ne peuvent satisfaire leurs besoins alimentaires sans recourir à des stratégies de Crise. Ils sont de ce fait en Crise (Phase 3 de l’IPC). Dans les provinces du sud, les baisses significatives de stocks des ménages couplées aux bas niveaux de leurs revenus entraîneraient une consommation alimentaire minimale d’adéquation réduite. Ils seront en Stress (Phase 2 de l’IPC).


    Calendrier saisonnier pour une année typique
    calendrier saisonnier

    Source: FEWS NET

    Suppositions

    Le scénario le plus probable de la sécurité alimentaire de février à septembre 2024 se base sur les suppositions suivantes, par rapport à l’évolution du contexte national :

    Campagne de contre saison 2023 – 2024 et campagne pluviale 2024 – 2025 :  Pour la campagne de contre-saison, l’accès au carburant nécessaire à l’irrigation des périmètres agricoles est limité. Ceci fera suite aux pénuries récurrentes de carburant et son corollaire de renchérissement de prix. Les hausses de prix du litre à la pompe décidées par le gouvernement en date du 13 février 2024 accentueront la limitation de l’accès au carburant et limiteront les superficies emblavées et les rendements. La production de contre saison attendue serait en baisse significative par rapport à une année normale. Le déroulement de la campagne pluviale 2024 – 2025 sera marqué par un début normal de la saison avec des précipitations moyennes à supérieures à la moyenne.

    Situation pastorale : Niveau de ressources et transhumance : Par suite de la raréfaction des ressources pastorales (assèchement des pâturages et points d’eau), la soudure pastorale sera plus précoce et interviendra dès février 2024.  Ceci affectera l’état d’embonpoint des animaux malgré le recours aux pâturages aériens (feuillage des épineux).  La remontée des transhumants vers les zones d’attache, au Sahel, serait retardée de plus d’un mois par rapport à une année normale à cause de la sévérité de la soudure pastorale dans les zones d’attache au Sahel.

    Stocks céréaliers des commerçants, des ménages et stocks institutionnels : Les stocks commerçants seraient faibles durant la période de scénario à cause des déficits de production enregistrés au niveau national. Les coûts élevés de transport induits par les surenchères sur les prix du carburant corroborée par la décision gouvernementale d’augmenter les prix à la pompe renforceraient ces faibles niveaux. Les ménages pauvres dépendraient plus que d’habitude des marchés au Sahel à cause des épuisement précoces et complets des stocks et dans la zone soudanienne à cause de la baisse significatives des stocks. Les volumes d’achats institutionnels effectifs pourraient être inférieurs aux prévisions de 100 000 tonnes de volumes prévus. Ceci résulterait des contraintes budgétaires liées à d’autres dépenses prioritaires du gouvernement notamment les élections prévues courant 2024.   

    Conflits entre agriculteurs et éleveurs, et intercommunautaires : La violence devrait culminer au début et à la fin de la saison des pluies, de mai à novembre 2024. Le pic sera atteint en mai 2024. Ce niveau de violence sera déterminé par les déplacements d’éleveurs à travers les zones agricoles. Dans l'ensemble, la violence devrait atteindre des niveaux plus élevés que ceux observés en 2023, et similaires à ceux observés en 2022, la plupart des événements seraient concentrés dans le Mandoul, le Guéra, le Logone Oriental, le Logone Occidental, et le Mayo-Kebbi.  

    Les vols de bétail et les tensions persistantes entre agriculteurs et éleveurs devraient entraîner des affrontements dans le Niellim et le Kyabé (Moyen-Chari) pendant la saison hivernale et pendant les récoltes. 

    Contexte sécuritaire (conflits politico-militaires, Lac, situation sous-régionale) : Des combats importants entre les factions rebelles et le gouvernement sont peu probables jusqu'en septembre 2024. Si des groupes rebelles mènent des opérations localisées dans le nord du Tchad, celles-ci devraient être rapidement contenues par les forces de sécurité tchadiennes. Au Lac, les attaques des éléments de l’Etat Islamique en Afrique de l’Ouest (EIAO) se limiteraient à des incursions isolées. Le renforcement des dispositifs sécuritaires gouvernementaux réduirait l’intensité des escarmouches à des niveaux inférieurs à ceux de l’année 2022 et nettement inférieurs aux tendances observées durant ces cinq dernières années. 

    La persistance du conflit au Soudan voisin continuera de provoquer un afflux des réfugiés et retournées à l’est du Tchad. Bien que peu probables au cours de la période couverte par le rapport, les affrontements transfrontaliers entre les forces centrafricaines et tchadiennes restent possibles. Il est peu probable que les combats se limitent à des escarmouches transfrontalières sporadiques, bien que de telles opérations entraînent des répercussions sur la population civile, en perturbant les activités agricoles et en entraînant des déplacements de population.

    Evolution des moyens d’existence : La persistance de la crise soudanaise continuerait de maintenir l’érosion des principales sources de revenus de la zone Est (main d’œuvre non agricole, travail domestique, petit commerce, l’auto-emploi etc.) à cause de la forte pression des réfugiés soudanais et retournés tchadiens sur les rares opportunités existantes. Les faibles salaires journaliers, en baisse de plus de 40 pour cent, réduiraient les niveaux de revenus issus de la main d’œuvre des ménages à cause de la suroffre de la main d’œuvre. A l’Est du pays, les revenus issus des principales sources resteraient en baisse par rapport à une année normale à cause de la prolongation de la fermeture des frontières avec le Soudan qui ralentit l’économie de la zone. Au Sahel ouest, la plupart des revenus des ménages très pauvres et pauvres seraient inférieurs à une année normale, durant toute la période de scenario, à cause de la détérioration des principales sources (vente de bétail, migration, transferts des exodants). Les revenus issus des transferts des exodants permanents et saisonniers seraient limités par le contexte sécuritaire délétère au niveau des frontières. D’autres sources de revenus comme l’orpaillage, sont considérablement réduites par l’interdiction de l’exploitation minière artisanale par le gouvernement.

    Marchés de produits alimentaires : La baisse de l’offre en produits alimentaires, actuellement en dessous de la moyenne, persisteraient à cause de bas niveaux de stocks céréaliers consécutifs à la mauvaise production agricole pluviale. Les faibles volumes de flux entraînés par les pénuries de carburant et ses impacts sur les coûts de transport exacerbent les baisses d’approvisionnements de marchés.

    En zone soudanienne, les transferts d’importants volumes de céréales vers les zones déficitaires du Sahel réduiraient les volumes disponibles localement. A l’Est et au Sahel, l’arrêt des flux entrants du Soudan et les perturbations de flux de la Libye continuerait de limiter l’offre globale des denrées alimentaires sur les marchés. La demande des produits alimentaires resterait en hausse durant toute la période de scénario et afficherait deux niveaux de pics ; entre mars – avril durant la période de Ramadan et durant la soudure, en août 2024. Ces hausses seraient significatives dans les provinces d’accueil de réfugiés soudanais et retournés tchadiens à cause de la pression soutenue sur les céréales locales et de produits importés. La faible disponibilité des produits manufacturés importés du Soudan résultant de l’arrêt des flux entrants renforcerait cette pression soutenue malgré les flux alternatifs à partir de la Libye. Enfin, la réexportation de ces produits manufacturés via des couloirs informels de la contrebande vers les localités soudanaises du Darfour réduirait les disponibilités dans les départements d’accueil dont Assoungha au Ouaddaï. Les prix des produits alimentaires, et particulièrement des céréales, se maintiendraient en hausse par rapport à la moyenne quinquennale durant toute la période de scénario (Figure 4) due à la hausse de la demande.  Les hausses de prix de carburant occasionneraient les augmentations des coûts de transport renforçant ainsi ces tendances haussières.

    Figure 4

    Evolution des prix du mil à Ndjaména
    Evolution du mil à Ndjaména

    Source: FEWS NET

    Marchés à bétail : La rude soudure pastorale précoce observée au Sahel limiterait l’offre de bétail sur les marchés de la zone à cause de la présence massive des pasteurs en zone soudanienne. L’offre sur les marchés de N’Djaména, zone de transit vers le Cameroun et le Nigéria serait proche à légèrement supérieure à la moyenne. La demande à l’exportation sera essentiellement orientée à destination du Cameroun et du Nigéria et légèrement augmentée malgré la dépréciation du naira nigérian et des coûts élevés de transport. Ceci se fait suite à la fermeture des frontières avec le Soudan limitant ainsi la sortie du bétail vers ce pays. Au Lac, les prix du bétail étaient en hausse d’octobre à janvier et connaîtraient une baisse par rapport à l’année précédente, mais se stabilisera au niveau de la moyenne quinquennale. Au Lac, Les prix du bétail fluctueraient (Figure 5). En mai/juin, les prix augmenteraient de manière ponctuelle à cause de la fête de Tabaski qui occasionnerait une forte demande de mouton. Les prix pourraient évoluer en dessous de leurs niveaux de l’année passée et en deçà des niveaux d’une année normale à cause des faibles demandes à l’exportation couplé à la dépréciation du naira nigérian. 

    Figure 5

    Evolution des prix du mouton à Bol
    evolution des prix du mouton

    Source: FEWS NET

    Situation nutritionnelle : La situation nutritionnelle restera probablement préoccupante en dépit d’une légère amélioration généralement observée entre février et mai 2024 du fait de la baisse de la prévalence des maladies hydriques et de la disponibilité saisonnière de produits maraichers et des produits forestiers non ligneux (PFNL). La situation pourrait d’avantage se dégrader entre juin et septembre du fait de la soudure plus longue, la hausse saisonnière des maladies d’origine hydrique et les mauvaises conditions d’hygiènes et d’assainissement particulièrement dans les zones d’insécurités et celles accueillant les réfugiées.

    Situation humanitaire : La persistance du conflit au Soudan continuerait d’occasionner des afflux réguliers de réfugiés soudanais et de retournés tchadiens dans l’Est du Tchad. Ceci induirait une augmentation des besoins additionnels d’assistance.  La perte des moyens d’existence des ménages déplacés, les exposera à un état plus accru de vulnérabilité. Le financement des opérations d’assistance alimentaires destinées aux réfugiés des provinces de l’Est devrait se poursuivre, malgré les difficultés de financement exprimées par les acteurs humanitaires, notamment le PAM.

    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    Entre février et mai 2024 : Dans les provinces de l’Est, la compétition entre les réfugiés, les retournés et les ménages hôtes sur les rares opportunités ainsi que la hausse des prix des produits alimentaires entraîne des écarts de la consommation alimentaire chez ces populations. Pour faire face à ces déficits de consommation, de nombreux ménages font recours à des stratégies d’adaptation négatives (ventes de biens personnels, intensification de la mendicité, vol de repas). Malgré ces stratégies, ils ne peuvent pas satisfaire leurs besoins en denrées alimentaires de base. Quelques appuis très modestes à travers la générosité des ménages hôtes envers les retournés et les réfugiés complètent les apports alimentaires de ces derniers. Ils sont dans une sévère précarité alimentaire accentuée par les afflux réguliers de nouveaux arrivants avec qui ils partagent leurs repas. Les départements d’Assoungha et Kimiti sont en insécurité alimentaire aigüe de type Crise ! (Phase 3 !). En absence de l’assistance alimentaire leur consommation alimentaire se détériorait encore et ils seront en insécurité alimentaire d’Urgence (IPC phase 4). Toutefois, Il existe quelques ménages intensifiant des stratégies négatives et seront en Urgence (Phase 4 de l’IPC). Les ménages très pauvres et pauvres des autres départements du Ouaddai, du Sila, Wadi Fira, Ennedi Ouest et Ennedi Est sont en insécurité alimentaire de niveau Crise (Phase 3 de l’IPC). L’accès aux marchés des ménages déplacés internes et hôtes du Lac, des ménages très pauvres et pauvres de l’Est, de la zone sahélo-saharienne (Bahr EL Ghazel, Borkou, Kanem, Tibesti, Ennedi Ouest) est limité par les faibles revenus. Les volumes des achats sur les marchés seraient largement inférieurs à une année normale à cause des tendances haussières atypiques de prix de produits alimentaires, comparées à la moyenne quinquennale, Ces ménages présenteront des écarts de consommation soutenue par les mauvaises conditions nutritionnelles et la dégradation accentuée de leurs principaux moyens d’existence. Ils sont en insécurité alimentaire aigüe de type Crise (Phase 3 de l’IPC). La plupart des ménages de la zone soudanienne auront une consommation alimentaire réduite d’adéquation minimale et sont en Stress (Phase 2 de l’IPC).

    Entre juin et septembre 2024 : Additionnement aux tendances saisonnières, les hausses atypiques de prix des produits alimentaires, comparées à la moyenne quinquennale seraient observées. La limitation de l’accès alimentaire des ménages très pauvres et pauvres persisterait en zones sahélienne et au Sahara (Provinces de de l’Ennedi Ouest, Ennedi Est, Tibesti, Borkou). Ils auront des écarts de consommation et seront en Crise (Phase 3 de l’IPC). La précarité alimentaire des réfugiés soudanais et des retournés tchadiens s’accentuera en entraînant des recours intenses et massifs, de nombreux ménages, à des stratégies d’Urgence (Phase 4 de l’IPC). Les effectifs de ces ménages seraient de plus en plus en importants, mais seront moins de 20 pour cent de la population. La concurrence pour la collecte des produits sauvages couplée à la compétition sur les rares opportunités d’embauches (main d’œuvre agricole, travaux domestiques) sera intensifiée. Les quantités de produits sauvages collectés seraient réduites et ne pourront pas combler les gaps de consommation. Les afflux continus de nouveaux réfugiés et de retournés par suite de la persistance de la crise soudanaise augmenterait la détérioration de la consommation alimentaire dans les zones d’accueil qui seront confrontées à des déficits de consommation sévères. Les ménages réfugiés à Assoungha et Kimiti resteraient en Crise ! (Phase 3 !) grâce à l’assistance humanitaire, tandis que l’insécurité alimentaire aigüe de type Crise (Phase 3 de l’IPC) persisterait dans les autres départements et provinces d’accueil des réfugiés de l’Est. 

    Évènements qui pourraient changer les scenarios

    Tableau 1
    Évènements possibles au cours des huit mois qui pourraient changer le scénario le plus probable
    AreaEventImpact on food security outcomes

     

    National

     

    Protestations des forces politiques de l’opposition et de la société civileDéploiement disproportionné des forces de défense et de sécurité perturbant les fonctionnements des marchés de produits alimentaires dans les grands centres urbains. Ceci limiterait les flux internes et occasionnerait des hausses de prix sur les principaux marchés du pays. Les ménages des zones déficitaires du Sahel Ouest, et du Lac pourraient basculer à une phase pire (Phase 4 de l’IPC). Cette détérioration sera également observée à l’Est dans les départements d’accueil de réfugiés au Ouaddaï et au Sila. 

    Zone de moyens d’existence Est céréales et maraîchage TD 06 (Provinces du Ouaddaï et Sila) 

     

    Persistance des pénuries de carburant Ralentissement des approvisionnements des marchés de produits alimentaires. Ceci induirait des hausses additionnelles de prix limitant l’accès alimentaire aux ménages autochtones. Leur situation alimentaire pourrait basculer à une phase pire (Phase 4 de l’IPC). 
    Prolongation des conflitsAfflux additionnels et intensifiés de réfugiés et retournés en provenance du Soudan réduisant davantage les capacités de prise en charge des acteurs humanitaires. Une détérioration de la consommation alimentaire serait observée ; les réfugiés et retournés basculerait en urgence (Phase 4 de l’IPC). 
    Arrêt du financement de l’action humanitaire Détérioration accentuée de la situation alimentaire des réfugiés et retournés. Ils pourraient basculer à une Phase Pire (Phase 4 de l’IPC).

    Zone de préoccupation : Zone de moyen d’existence TD06 Est céréaliers et produits maraîchers (Figure 6)

    Figure 6

    Zone de de moyen d'existence TD06 Est céréaliers et produits maraîchers
    Carte de la zone de moyen déxistence TD06

    Source: FEWS NET

    Situation actuelle

    Crise soudanaise et impacts sur la sécurité alimentaire au Tchad : La crise humanitaire de l’Est du Tchad engendré par la situation sécuritaire au Soudan voisin continue d’impacter la sécurité alimentaire dans les provinces d’accueil. Une population de réfugiés estimée à 556 410 et 144 015 retournés tchadiens sont enregistrés depuis février 2024 (UNHCR). Des afflux quotidiens estimés à près de 200 personnes sont signalés par les acteurs humanitaires. Fin janvier 2024, le Haut-Commissariat des Nations Unies (UNCHR) estime à plus de 160 000 personnes en instance d’enregistrement localisés dans les sites spontanés situés le long de la frontière soudanaise. Ces arrivées perturbent sévèrement les moyens d’existence des ménages autochtones déjà confrontés aux déficits de production agricole. La compétition avec les réfugiés et retournés sur les opportunités d’embauche et la pression sur les ressources, entraînent une érosion des revenus dans les départements d’Assoungha et du Kimiti ainsi que dans la plupart des zones d’accueil. Enfin, l’arrêt des échanges intervenus dès l’amorce de cette crise affecte significativement l’économie locale de l’Est du pays, largement adossée aux flux transfrontaliers avec le Soudan.

    Campagne agricole de contre saison : Les activités de la campagne de contre saison sont marquées par une réduction des superficies emblavées. Ces baisses d’emblavures font suite aux faibles niveaux d’humidité, consécutifs aux cumuls pluviométriques déficitaire de la saison 2023 – 2024. L’irrigation des périmètres maraîchers au moyen des motopompes est limitée par les hausses de prix du litre de carburant. A Amleyouna et Adré (Province du Ouaddaï) et Goz-Beida (Province du Sila) des flétrissements de cultures ont contraint de nombreux producteurs à abandonner les espaces maraîchers.

    Situation pastorale : Les pasteurs sont tous dans les localités de la zone méridionale mieux pourvues en ressources pastorales (résidus de récoltes, points d’eau, etc.). Ceci est consécutif à l’assèchement des pâturages et des mares temporaires au Ouaddaï et Sila entraînant une rude et précoce soudure pastorale. Cette dégradation des conditions pastorales découle du déficit pluviométrique de l’hivernage dernier.

    Sources de nourritures : En cette période, les achats sur les marchés constituent la principale source alimentaire des ménages de la zone. La plupart des ménages très pauvres et pauvres de la zone dépendent entièrement des achats aux marchés à cause de l’épuisement précoce de leurs stocks céréaliers. Cependant, les volumes de ces achats sont très infimes à cause des prix élevés de produits agricoles sur les marchés. Le partage de repas entre ménages réduit les quantités consommées. Ceci est davantage accentué dans les ménages et villages hôtes accueillant des réfugiés soudanais et retournés tchadiens. Les produits de l’assistance humanitaire sont une source de nourriture très importante qui peut couvrir pendant deux à trois semaine les besoins de consommation des ménages réfugiés et retournés. Face aux effectifs croissants des réfugiés soudanais et aux difficultés de financements des assistances alimentaires, les volumes distribués sont en deçà des besoins de populations.

    Sources de revenus : La présence massive de réfugiés soudanais en quête d’opportunités a occasionné une importante érosion du niveau des revenus. Ceci fait par suite du ralentissement des activités économiques résultant de la crise soudanaise. Des baisses significatives de revenus issus de la manutention, des travaux domestiques, les ventes de pailles et de bois de chauffe sont observées. A titre d’illustration, les revenus quotidiens tirés de la confection de briques s’élèvent uniquement à 500 FCFA au lieu de 1500 FCFA en moyenne avant l’arrivée des réfugiés. Ces baisses sont liées à la pression sur les ressources disponibles qui ne rapportent que des revenus limités. La main d’œuvre agricole sur les espaces maraîchers n’emploie que des effectifs limités pour les récoltes d’oignon avec des revenus très inférieurs à une année normale. A Adré et Goz Beida, il est rapporté des baisses de revenus liée à la suroffre en main-d’œuvre face à des opportunités restreintes. Ces baisses atteignent plus de 60 pour cent comparé à une année normale notamment à Goz Beida. Les activités de manutention autour des marchés qui rapportaient 3000 FCFA/jour, n’en procurent actuellement que difficilement, 1500 à 2000 FCFA environ. Cette baisse de revenus est directement liée à la suroffre de la main d’œuvre couplée au ralentissement du trafic routier notamment les flux en provenance du Soudan. En outre, il est souvent observé un recours intense à des stratégies d’adaptation négatives dont les ventes d’objets personnels (casseroles, habits, matériaux de construction utilisés dans la construction d’abris) qui sont largement développées par les réfugiés et les retournés. Ces stratégies sont observées notamment dans le camp de Djabal, Zabout et de transit d’Adré et visent essentiellement à accéder aux aliments d’une part et se procurer des revenus pour accéder aux marchés, d’autre part.

    Marchés de produits alimentaires : Une intensification des approvisionnements en produits alimentaires importés en provenance de la Libye et du Cameroun (via N’Djaména) est observée. En plus de ces flux alternatifs, on observe des flux céréaliers internes à partir des autres provinces du pays (Salamat, Guéra, N’Djaména et provinces soudaniennes). Cependant, ils n’arrivent pas à combler les écarts liés à l’arrêt des flux entrants du Soudan. Ainsi, l’offre en produits alimentaires est en deçà d’une année normale à cause des coûts élevés de transport suscités par les hausses de prix du carburant couplées aux pénuries. Une partie des flux alternatifs est également réexportée vers les localités frontalières soudanaises par des circuits informels à travers la contrebande. La persistance de l’arrêt des flux entrants de produits alimentaires manufacturés à partir du Soudan réduit fortement les disponibilités sur les marchés locaux. Face à une forte augmentation de la population de la zone liée à la présence des réfugiés, des retournés et des travailleurs humanitaires, une explosion de la demande est observée. Dans le département d’Assoungha, la proportion de réfugiés représente près de 44% de la population locale. Par suite d’’importants afflux d’allogènes en quête d’emplois dans les grands centres d’accueil (Adré, Goz Beida, Farchana), les prix des produits alimentaires sont très élevés et même passés du simple au double pour certains produits. A titre d’illustration, le sachet de pâtes alimentaires vendu à 500 FCFA est passé à 1250 FCFA. Le prix du coro de sorgho (un coro est l’équivalent de 2,5kg) et actuellement vendu à 400-450 FCFA contre 300-350 FCFA en année normale. Ces niveaux de prix sont davantage exacerbés par les surenchères sur les prix du carburant.

    Marchés à bétail : L’offre sur les marchés est inférieure à une année normale à cause de l’éloignement des pasteurs installés plus loin en zone méridionale à la suite des mauvaises conditions pastorales locales. En effet, malgré ceci et la saison de transhumance, l’impossibilité des transactions avec le Soudan limite la disponibilité d’animaux sur les marchés de cette zone de transit pour l’exportation. Ce faible niveau de l’offre conduit à une légère hausse des prix de petits ruminants par rapport à la moyenne malgré une demande qui est, en revanche, normale à inférieure à la normale. Le prix d’un mouton de race locale varie de 23 000 à 25 000 FCFA voire 35 000 FCFA contre 20 000 à 25 000 FCFA en année normale. Les races importées du Soudan sont vendues entre 40 000 à 60 000 FCFA contre 30 000 FCFA en moyenne durant l’année normale.

    Situation nutritionnelle : Suivant les données de l’UINICEF mises à jour le 15 janvier, 187 071 enfants sont dépistés de la malnutrition aigüe modérée et sévère. Parmi eux, 21,995 cas de la malnutrition aiguë modérée et 12,043 cas de malnutrition aigüe sévère soit 18% des effectifs dépistés ont été pris en charge chez les enfants de 6 à 59 mois. Par ailleurs, 17 077 femmes enceintes ont été dépistées et 2 365 cas de malnutrition pris en charge. Les résultats de la dernière analyse IPC AMN conduite en décembre 2023 indique une dégradation de la situation nutritionnelle en phase 4 (Situation Critique) dans les   provinces du Ouaddaï et du Sila entre janvier et mai 2024). L’afflux régulier des réfugiés soudanais et retournés tchadiens en provenance du Soudan, les mauvaises pratiques d’alimentation du nourrisson et jeune enfant couplées aux mauvaises conditions hygiéniques et d’assainissement, ont beaucoup contribué à cette dégradation de la situation nutritionnelle. 

    Situation humanitaire : Selon le profil humanitaire publié fin janvier 2024 conjointement par le Gouvernement tchadien (ministère de la santé publique) et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la crise soudanaise affecte plus de 2 millions de personnes à l’Est du Tchad. De cette population, 1 115 626 personnes sont en besoin d’assistance urgente. Au 7 février 2024, le PAM a fourni une aide alimentaire à 633 450 personnes dont 495 962 nouveaux réfugiés, 87 372 retournés et 50 116 personnes issues des ménages hôtes (UNHCR). La ration mensuelle distribuée est de 12,5 kg/personne/mois de sorgho, 2,5 kg/personne/mois de haricots et 1 litre d’huile de cuisson. Des opérations de Cash transfert ont couvert 37 601 personnes avec un montant mensuel de 7000 FCFA/personne. En plus des effectifs actuels, les acteurs humanitaires dont le HCR, prévoient 250 000 nouvelle arrivées au cours de l’année 2024.

    Suppositions

    Le scénario le plus probable de la sécurité alimentaire de février à septembre 2024 se base sur des suppositions fondamentales suivantes, en plus des suppositions nationales :

    Campagnes agricoles de contre-saison et pluviale : Les hausses de prix de carburant continueraient d’affecter l’entretien des périmètres agricoles durant la campagne de contre saison. La campagne pluviale connaîtrait un début normal avec une pluviométrie moyenne. Les activités agricoles pluviales seraient marquées par des emblavures moyennes à légèrement supérieures. Ceci résulterait de l’engouement des ménages autochtones confrontés aux déficits de la campagne agricole 2023-2024. Elle sera davantage corroborée par la motivation des réfugiés soudanais et retournés tchadiens qui pourraient se lancer dans les activités agricoles afin de se procurer des vivres en complément de l’assistance. Enfin, la forte disponibilité de la main d’œuvre à faible coût renforcée par la suroffre de réfugiés et retournés proposant leurs forces de travail favoriserait une légère augmentation des superficies emblavées.   

    Situation pastorale : La soudure pastorale précoce depuis janvier 2024 atteindra son pic entre mars et juin avec une période plus étendue que la normale. Une amélioration des conditions pastorales marquée par la reconstitution du tapis végétal et un remplissage normal des mares saisonnières. 

    Marchés de produits alimentaires : Durant la période de Ramadan, entre mars et avril 2024, des hausses ponctuelles atypiques de prix comparées à la moyenne quinquennale seront également observées et précéderont des hausses durant la période hivernale où des niveaux atypiques seront rapportés. Ces tendances feraient suite aux ralentissements saisonniers, de la présence des transhumants dans la zone renforçant la demande ainsi que des afflux continus de réfugiés et retournés dans la zone.

    Marchés à bétail : La tendance baissière des prix du bétail reprendra durant tout l’hivernage à cause de la présence des transhumants dans la zone.

    Assistance humanitaire : Le financement des assistances humanitaires devrait continuer durant la période de perspective, permettant ainsi d’assurer la continuation de la distribution des assistances alimentaires. 

    Situation nutritionnelle : Dans les provinces de Ouaddaï et Sila, la situation nutritionnelle serait (Phase 4 de l’IPC AMN) durant toute la période d’analyse selon les dernières analyses IPC AMN de décembre 2023.   

    Sources de revenus : 

    Travail salarié : Les revenus issus des travaux domestiques de la fabrication de brique seront en baisse significative à cause de la suroffre due à une forte mobilisation des réfugiés et retournés proposant leurs forces de travail. Ces niveaux se maintiendront durant toute la période d’analyse.

    Vente de bois de chauffe : Les revenus tirés de cette activité resteront très inférieurs à une année normale à cause de la raréfaction des ressources disponibles par suite de la pression sur les disponibilités couplée à la compétition sur l’accès et le contrôle. Les restrictions gouvernementales en vigueur s’ajouteront pour limiter les volumes collectés. La faible disponibilité saisonnière en hivernage réduirait les quantités vendues face à une pression sur la collecte.

    Main d’œuvre agricole : Les revenus tirés des travaux agricoles de contre saison seront en baisse significative à cause de la suroffre. La réduction des espaces cultivés due à l’accès difficile au carburant pour l’irrigation réduit fortement les opportunités d’embauche sur les sites maraîchers ente mars et mai 2024. Ces bas niveaux de revenus persisteraient durant la campagne pluviale à cause de la suroffre. Cette suroffre sera entretenue par une compétition entre réfugiés, retournés et ménages hôtes sur les opportunités d’embauche et limitera davantage les niveaux de revenus.

    Vente de bétail : entre février à juin 2024, le mauvais état physique des animaux par suite de la soudure pastorale atypique affecterait leur valeur marchande. Les revenus issus de ces ventes seront très inférieurs à une année normale à cause des bas prix sur les marchés. La suroffre liée à la présence des transhumants en saison hivernale couplée à l’arrêt des exportations vers le Soudan limiterait les revenus à causes des bas prix sur les marchés locaux. Enfin, la vente de petits ruminants rapporterait des revenus très modestes aux ménages hôtes très pauvres et pauvres.

    Mendicité : Des revenus très marginaux seront tirés de cette activité malgré son intensification. Ces faibles revenus seront dus à une forte mobilisation.

    Sources de nourriture :

    Achats sur les marchés : Les volumes des achats sur les marchés seront en forte baisse à cause des tendances haussières atypique de prix sur les marchés suscitée par les épuisements de stocks céréaliers des ménages autochtones. Les volumes des achats effectués par les réfugiés seront davantage marginaux à cause de leur faible pouvoir d’achat par suite des revenus insuffisants entraînés par l’érosion des principales sources en lien avec la suroffre

    Paiement en nature : Les volumes de produits alimentaires reçus en compensation des prestations sur les périmètres maraîchers seront très faibles par rapport à une année normale. Ceci fait suite à la faiblesse des disponibilités alimentaires dans la plupart des ménages hôtes couplées aux rares opportunités d’embauche des réfugiés soudanais et retournés tchadiens entre février et mai 2024. Cette situation persistera durant toute la période d’analyse.

    Production propre des ménages hôtes : Les prémices des produits agricoles compléteront la consommation des ménages hôtes ainsi que les réfugiés et retournés accueillis dans les ménages locaux entre août et septembre 2024. Cependant, ces apports restent très faibles et ne pourront couvrir les besoins de consommation.

    Produits sauvages : La faible disponibilité de ces produits soumise à la pression sur les ressources disponibles limitera les volumes collectés. La compétition sur les faibles disponibilités occasionnera des volumes réduits collectés par les ménages.

    Solidarité : Le partage de repas entre les ménages hôtes et réfugiés et retournés, pratique culturelle de solidarité sera réduite en volume durant l’hivernage. Ceci sera induit par la précarité financière accentuée durant la période de soudure qui entraînera des réductions de volumes de repas.

    Produits de l’assistance : Les volumes des apports de l’assistance ne pourront compenser les écarts de consommation en raison des effectifs en hausse. Les arrivées continues de nouveaux réfugiés et des pratiques de partage de repas contribuent à réduire les disponibilités de ces produits pour les réfugiés. 

    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    De février à mai 2024 : Des écarts de consommation seront observés chez les ménages très pauvres et pauvres à cause des épuisements précoces de stocks céréaliers entraînant une dépendance précoce et accrue aux marchés.  Ces ménages sont également confrontés à l’érosion de leurs revenus. Face aux tendances haussières atypiques des prix comparés à une année normale, les volumes des achats sont très dérisoires. Dépourvus de revenus, les réfugiés sont tributaires de la mendicité car les vivres reçus de l’assistance ne couvrent les besoins de consommation que pour trois semaines en moyenne. L’accès aux marchés céréaliers est limité.  Ainsi, la dépendance significative aux assistances (vivres et Cash) fournies par l’action humanitaire prévient la détérioration de leur consommation alimentaire. Malgré ceci, ils auront des déficits de consommation alimentaire. Dans les départements de Assougha et Kimiti, où il y a une forte proportion des réfugiés et retournés, les faibles revenus obtenus n’arrivent pas à couvrir leurs besoins alimentaires, malgré l’adoption des stratégies d’adaptation de crise. Cependant, la dépendance aux assistances alimentaires a permis de prévenir la détérioration de leur consommation alimentaire. Ils sont en insécurité alimentaire aigüe de Crise ! (Phase 3 !). Les ménages très pauvres et pauvres ainsi que les réfugiés et retournés des départements d’Abdi, Ouara, Djourouf Al-Ahmar feront face à des écarts de consommation alimentaire à cause d’un accès au nourriture limité. Ils seront en Crise (Phase 3 de l’IPC). Par ailleurs, la pression intense sur les rares ressources et la compétition sur les opportunités pourrait se dégénérer en rixes portant sur l’accès et le contrôle de ces ressources. Cela pourrait se cristalliser dans le futur au gré des afflux de nouveaux réfugiés.

    De juin à septembre 2024 : La forte dépendance aux marchés des ménages serait entravée par les tendances haussières atypiques comparées à une année normale. Des déficits de consommation seront observés à cause de la réduction des pratiques sociales de solidarité. Cette réduction serait entraînée par les faibles disponibilités dans les ménages hôtes. L’intensification de la mendicité constituera une stratégie d’adaptation négative mais ne rapporterait que des revenus très modestes, marginaux. La compétition sur les opportunités persistera en raison des afflux de réfugiés réduisant ainsi significativement les revenus générés par les différentes activités. Il s'en suivra une suroffre de main d’œuvre qui continuera de maintenir les revenus des ménages en baisse significative, comparée à une année normale. L’intensification des stratégies dont la forte mobilisation pour les travaux domestiques et la main d’œuvre agricole, ne pourra pas compenser les écarts de revenus issus de l’érosion des principales sources.  Les réfugiés et retournés dépendront des assistances alimentaires qui leurs permettront de limiter les déficits de la consommation alimentaire. La situation nutritionnelle continuerait de se détériorer dans les zones d’accueil à cause des faibles couvertures des besoins alimentaires et des maladies hydriques. L’apparition des cas de paludisme liée à la saison hivernale et l'afflux des personnes réfugiées pourraient dépasser les capacités de prise en charge par les services sociaux de base. Les ménages des départements d’accueil (Assoungha, Kimiti) feraient face à des écarts élevés de la consommation alimentaire, ainsi, l’insécurité alimentaire aigüe de type Crise ! (Phase 3 !) persisterait. Les ménages très pauvres des autres départements de la zone d’accueil du Ouaddaï (Abdi, Ouara) et du Sila (Djourouf Al Amar) auront des déficits de consommation et seront en Crise (Phase 3 de l’IPC). Cette détérioration de la consommation découlera d’un accès alimentaire limités par les faibles revenus face aux tendances haussières atypiques de prix comparées à une année normale sur les marchés céréaliers.


    Résultats les plus probables en matière de sécurité alimentaire et zones bénéficiant de niveaux significatifs d’aide humanitaire

    Citation recommandée: FEWS NET. Tchad Perspectives sur la sécurité alimentaire Février - Septembre 2024: La hausse des prix et l’altération des revenus exacerbent le déficit de la consommation alimentaire des réfugiés, des retournés et des ménages pauvres de l’Est, 2024.

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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