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Une hausse atypique générale des prix continuera de limiter l’accès alimentaire

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Tchad
  • Février - Septembre 2022
Une hausse atypique générale des prix continuera de limiter l’accès alimentaire

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  • CONTEXTE NATIONAL
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    • Les besoins d'assistance humanitaire au Tchad, et dans toute l'Afrique de l'Ouest, seront élevés entre juin à septembre, pic de la soudure agricole. Ces besoins élevés sont motivés par une hausse de conflits intercommunautaires, l’insécurité, les perturbations pluviométriques pendant la saison écoulée, et des prix au-dessus de la moyenne. Les populations déplacées internes (PDIs) et les ménages hôtes du Lac feront face à l’insécurité alimentaire de Crise (Phase 3 de l’IPC) tant que des résultats de Stress (Phase 2 de l’IPC) seront répandus dans le reste du pays entre février et septembre.  

    • La recrudescence des conflits communautaires est rapportée depuis janvier 2022. Au Lac, l’insécurité liée à Boko Haram et la Province de l’Etat Islamique en Afrique de l’Ouest continue d’affecter les moyens d’existence des déplacés et ménages hôtes comme dans la plupart des foyers de tensions. 

    • Une dégradation de la situation pastorale est rapportée dans la plupart des localités des zones agropastorales et de transhumance. Face à la raréfaction du tapis herbacé et l’assèchement des points d’eau, les animaux sont nourris par le pâturage aérien et la complémentation (tourteaux, sons, foins, etc.). Une soudure pastorale, précoce dès février est ainsi rapportée dans ces zones. 

    • Compte tenu de la dépendance précoce et plus importante aux marchés suscitée par la baisse des productions et les épuisements de stocks des ménages, une tendance haussière générale des prix de céréales dont ceux du mil comparée à la moyenne quinquennale est rapportée à Abéché, Mao, Moussoro, Bol et N’Djaména, limitant l’accès aux marchés par les ménages très pauvres et pauvres. Ces niveaux de prix élevés par rapport à la moyenne sont en lien avec les tendances générales observées dans la région d’Afrique de l’Ouest et du Sahel. 


    CONTEXTE NATIONAL

    Situation actuelle

    Situation agricole : La campagne agricole de contresaison se poursuit dans la plupart des provinces du pays avec des baisses de superficies rapportées dans la plupart des provinces. Ces réductions de superficie sont causées par les faibles niveaux d’hygrométrie résiduelle, des attaques de chenilles légionnaires (Mayo Kebbi Ouest), les retraits tardifs des bras du Lac, et des eaux d’inondations (Moyen Chari).

    Situation pastorale et mouvements de bétail : Compte tenu des mauvaises répartitions spatio-temporelles des précipitations enregistrées durant la campagne 2021-2022, une faible disponibilité du tapis herbacé est rapportée au niveau de la bande agropastorale (Batha, Guera, départements de Dagana, du Wadi Bissam, Nord Kanem   Wadi Fira) où un début de soudure pastorale, précoce dès février 2022, est rapportée. Autour de Massakory, Mao, Arada, et Ati, les animaux consomment du pâturage aérien et des touffes d’herbe à faible valeur nutritive. Selon les informateurs clés, les pasteurs parcourent en moyenne 10 km entre les rares pâturages résiduels et les points d’abreuvement. Certains troupeaux de petits ruminants et de bovins en provenance d’Amdoubak, (Sud Kanem), Kekedina (Kanem), Rig Rig et Maga (Département du Nord Kanem) font des mouvements atypiques vers le département de Wayi (Isserom, Ngarangou, Amerom, Kouloudia, Makaratchi) dans la Province du Lac, en quête de pâturage et des points d’eau.  En zone soudanienne, un surpâturage occasionné par le retour des pasteurs rentrés de la République Centrafricaine est rapportée dans les localités péri-frontalières (Haraze, Daha, Kyabé, Maro, Moissala, etc.). Cette présence massive de troupeaux provoque une dégradation des pâturages, par piétinement réduisant ainsi davantage la disponibilité du fourrage naturel. La situation zoosanitaire est globalement calme en dépit de quelques cas de Newcastle rapportés à N’Djaména et plus généralement des épizooties de moindre intensité comme des cas isolés de PPCB, PPR et pasteurellose à Maro et Sarh.

    Contexte sociopolitique : Le gouvernement de transition, à travers le Comité d’Organisation du Dialogue National Inclusif (CODNI) poursuit les démarches pour la tenue des assises dudit Dialogue, reporté jusqu’au 10 mai 2022. A cet effet, une série de rencontre avec les acteurs politiques, la société civile, et les leaders d’opinion faisant suite aux assises du pré-dialogue organisées dans les vingt-trois provinces du pays a été organisée. Toutefois, des manifestations de la coalition ‘’Wakit Tama’’ et des dénonciations de certains groupes politico-militaires continuent à N’Djamena pour contester la prise en charge de la gestion de la transition.  

    Conflits politico-militaires : A la faveur des échanges entre les autorités du Conseil Militaire de la Transition (CMT) et des groupes politico-militaires, prévue à Doha au Qatar, en prélude du dialogue national inclusif, il est observé une accalmie sécuritaire globale. Depuis fin juin 2021, les différents groupes rebelles ont suspendu leurs attaques contre les forces de défenses et de sécurité. Quelques-uns de ces mouvements continuent d’exiger la libération de tous leurs combattants détenus comme prisonniers de guerre suivie de leur amnistie comme une des conditions de leur participation à ce Dialogue avec les groups politico-militaires. Toutefois, environ une trentaine de mouvements politico-militaires ont à ce jour promis de participer à ces assises.

    Conflits intercommunautaires : Une recrudescence des conflits communautaires est observée depuis le début de l’année 2022. Entre janvier et février 2022, des conflits communautaires ont provoqué plusieurs morts à Abéché (Ouaddaï) et à Sandana (Moyen Chari). A la suite de ces événements, des ressortissants à N’Djamena ont fermé leurs commerces. De plus, des diverses manifestations spontanées et des condamnations ont été observés. Un climat d’insécurité relative est observé dans ces foyers et se relaient même à N’Djaména à la suite des affrontements entre les forces de l‘ordre et les manifestants. Ceci affecte modérément les fonctionnements des marchés mais aussi et surtout les moyens d’existence des ménages très pauvres et pauvres principalement les suspensions des activités durant ces jours de manifestations impactent négativement les revenus des migrants saisonniers et les membres des ménages très pauvres et pauvres.

    Mouvements de population : Plus de 130 000 réfugiés camerounais fuyant les conflits communautaires à Kousseri et dans le département camerounais du Logone et Chari et, installés sur différents sites en périphérie de N’Djaména, continuent d’être assistés par les acteurs humanitaires, selon des informateurs clés. Malgré le calme intervenu dans la zone de conflit, le rapatriement de ces réfugiés n’est ni en cours, ni planifié. Ailleurs, dans la province du Lac, plus de 406 573 déplacés internes par suite des conflits avec Boko Haram et l’Etat Islamique en Afrique de l’Ouest sont rapportées par le sous bureau local UNHCR à Bagasola, fin janvier 2022, représentant une baisse de 13 pour cent comparé à janvier 2021, grâce au renforcement du dispositif sécuritaire gouvernemental ayant conduit aux défaites infligées à ces deux groupes armés non étatiques entre 2020 et 2021. 

    Sources de revenus des ménages très pauvres et pauvres : En général, la plupart des ménages pauvres vendent leur main d’œuvre pour la campagne de contre saison. Certains s’investissent dans la collecte et la vente de bois mort. D’autres exercent le petit commerce. Cependant, la suroffre combinée à la précarité économique et financière, réduisent les niveaux de salaires versés aux travailleurs et, amenuisent les revenus globaux tirés de ces différentes activités. De plus, des ventes atypiques de petits ruminants sont observées dans les localités à Massakory, Massaguet, Bokoro, etc. afin de se procurer des revenus et accéder aux marchés céréaliers.

    Consécutivement aux baisses de production agricole en 2021 combinée à l’érosion des revenus, une forte migration des populations de la bande Sahélienne à destination des grands centres comme N’Djaména est observé depuis décembre 2021. Toutefois, la précarité économique découlant des impacts de crises successives (économique, sanitaire et sécuritaire) a réduit les opportunités d’embauche (employés domestiques, vendeurs ambulants, etc.) dans les centres urbains comme N’Djaména, Abéché, Moundou, Sarh, etc. Malgré l’intensification de cette stratégie, les revenus issus de la migration continuent d’être inférieurs à une année normale. A titre d’illustration, selon des informateurs clés, les montants hebdomadaires (10000 FCFA) de transferts par les migrants saisonniers, envoyés aux familles, en année normale sont descendus à 7000 FCFA/semaine soit une baisse de 30 pour cent.

    Dans le bassin rizicole (Provinces du Mayo Kebbi Est et Ouest, Tandjilé), la plupart des bras valides vendent leurs forces de travail dans les sites d’orpaillage artisanal du Mayo Kebbi Ouest, et dans les périmètres rizicoles.

    Les marchés des produits alimentaires et produits de rente : Les baisses des productions agricoles résultant des mauvaises répartitions spatio-temporelles et la persistance des coûts élevés de transports, dues aux enchères liées aux restrictions contre le COVID-19, continuent d’affecter les volumes des flux céréaliers. L’approvisionnement des marchés en mil est légèrement inférieur à une année normale. Cette baisse de l’offre est assez prononcée dans la quasi-totalité de la zone sahélienne, dues aux faibles disponibilités dans les zones sources provoquant de rétentions dans ces localités sur les marchés de Mao, Moussoro, Nokou, etc. Les nouvelle récoltes de berberé, en cours, renforcent les approvisionnements des marchés de collecte et de consommation dans les zones de production (Guera, Salamat, Mayo Kebbi, etc.) et au-delà, dans des villes comme N’Djaména.

    Malgré la précarité financière des ménages très pauvre et pauvre, une hausse de la demande céréalière est observée à la suite des épuisements de stocks des ménages qui dépendent prioritairement des marchés pour leur consommation. Les achats institutionnels prévus n’ont pas encore débuté. De plus, une hausse de volumes de flux céréaliers à destination des marchés de zones déficitaires du Sahel (BEG, Kanem, Hadjer Lamis), suscite une hausse, supplémentaire, des prix sur les marchés locaux de la zone soudanienne. Conséquemment à la pression sur les marchés, une tendance haussière générale des prix du mil, maïs et sorgho variant de 10 à 74 pour cent sont rapportés sur la plupart des marchés, avec des hausses plus accrues dans la bande Sahélienne (Figure 1).

    De fortes demandes en produits de rente, notamment les légumineuses, destinées à l’exportation vers le Cameroun, Nigéria, la Chine et le Soudan sont notées dans les différents marchés où des hausses significatives de prix, comparées à la moyenne quinquennale. Les prix du sésame, arachide et niébé sont en hausse par suite de la forte demande à l’exportation.

    Les marchés à bétail : Les marchés à bétail de N’Djaména affichent une suroffre par suite de la présence des troupeaux de mouton et des bovins autour de la ville, suscitée par les mauvaises conditions pastorales obligeant les pasteurs à se replier un peu plus au sud vers les zones périphériques de N’Djaména.

    Malgré les perturbations sécuritaires sur les axes routiers d’exportation vers le Nigéria, la demande affiche une hausse assez prononcée comparée aux mois précédents à cause de la sollicitation du mouton sur le marché nigérian. Ainsi, une légère hausse de flux comparée aux mois précédents, et soutenue par la contrebande, à destination du Nigéria et du Cameroun est rapportée. Toutefois, l’insécurité continue de perturber l’exportation, et les flux restent en dessous de la moyenne. En raison de cette hausse de demande, une tendance haussière significative, supérieure à la moyenne quinquennale, des prix du bélier, intervenue depuis fin 2021 est observée sur les marchés à bétail de N’Djaména. En plus de ceci, la raréfaction du tapis herbacé contraint les pasteurs, installés autour de N’Djaména, à pratiquer une complémentation alimentaire d’où une hausse de coûts de production inclus dans les prix du bétail.

    Sur les marchés des provinces de l’Est, une forte demande extérieure, d’ovins, à partir du Soudan couplée à une augmentation de la contrebande exerce une forte pression sur le marché de Guereda où une hausse remarquablement atypique des prix comparé à la moyenne quinquennale, des prix des ovins est rapportée à Guereda (114 pour cent) dans le Wadi Fira, en fin janvier 2022. 

    Faisant suite aux achats humanitaires, destinés aux déplacés et ménages hôtes, du Lac, une hausse, comparée à la moyenne quinquennale, des prix des caprins est rapportée à Bol (64 pour cent) et Ngouri (49 pour cent).

    Situation nutritionnelle : La situation nutritionnelle au niveau national reste toujours préoccupante à cause des faibles disponibilités alimentaires  et celles des produits laitiers couplées à la combinaison de plusieurs facteurs contributifs qui ne sont pas liés à la sécurité alimentaire (pratiques inadéquate d’alimentation du nourrisson et du jeune enfant, fortes prévalences des maladies infantiles, faible couverture des intervention nutritionnelles et sanitaires, mauvaises conditions d’hygiène et faible accès à l’eau potable). Les résultats de l’analyse IPC AMN de décembre 2021, prédisent une dégradation sérieuse de la situation nutritionnelle (Phase 3 de l'IPC AMN) au niveau de 3 provinces (Lac, Tibesti et Sila) et 17 départements ainsi qu’une situation critique (Phase 4 de l'IPC AMN) dans 2 provinces (Salamat et Wadi-Fira) et 12 départements pendant la période de janvier à mai 2022.

    Résultats de l’insécurité alimentaire courante : La situation alimentaire des déplacés et ménages hôtes du Lac est affectée par les épuisements précoces dès début mi-février 2022, de stocks des ménages hôtes. Par suite de leur accès limité aux marchés occasionnés par les faibles revenus face à la tendance haussière atypique des prix sur les marchés, ils font face à des déficits de consommation malgré les stratégies développées telles que la consommation soutenue des produits sauvages, vente d’actifs productifs dont des filets de pêche, postes récepteurs de radio, chaussures, etc. Ils sont en Crise (Phase 3 de l’IPC). Consécutivement aux faibles productions pluviales de la campagne 2021-2022, enregistrées dans la plupart des zones du pays, des baisses de niveaux et, épuisements, précoces, de stocks céréaliers des ménages très pauvres et pauvres sont rapportés dans de nombreuses localités du BEG, Kanem, Hadjer Lamis, Guéra et Wadi Fira. Ces ménages dépendent des marchés pour leurs consommations. Cependant, leurs accès aux marchés est limité par les bas niveaux de revenus et ils sont incapables de se permettre des dépenses non alimentaires essentielles. De nombreux ménages du BEG et Kanem développent de stratégies d’adaptation la réduction des nombres et quantités de repas, afin de compenser les épuisements de stocks couplés aux accès limités sur les marchés. La plupart des ménages très pauvres et pauvres du Sahel ont une consommation alimentaire minimale d’adéquation réduite à cause de leurs faibles niveaux de revenus qui limite leurs accès aux marchés face aux baisses substantielles de stocks voire des épuisements. Ils ne peuvent se permettre certaines dépenses non alimentaires essentielles ; ils sont en Stress (Phase 2 de l’IPC). La plupart des ménages des provinces en zone soudanienne sont en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) grâce aux stocks résiduels complétés de produits maraîchers et des prémices de récoltes de berberé.

     

    Suppositions

    Le scénario le plus probable de février à septembre 2022 est basé sur les hypothèses suivantes :

    • La majorité des acteurs politiques du Tchad, y compris les groupes armés non étatiques et la coalition d'opposition Wakit Tama, participeront probablement à un dialogue national en mai 2022. Des manifestations devraient être organisées au cours du processus de dialogue, mais elles ne devraient pas augmenter de manière significative par rapport aux niveaux actuels, ni avoir un impact significatif sur les perspectives de stabilité du pays en 2022.
    • A la suite d’une augmentation de la prolifération des armes légères, une augmentation des niveaux de violence d'avril à juin 2022 est anticipé, lorsque la saison sèche se termine et que la migration du bétail a lieu. Cette augmentation est susceptible de dépasser les niveaux observés lors du même pic en 2021. Après la fin du mouvement du bétail du sud vers le nord en juillet 2022, il est probable que la violence diminuera, conformément aux tendances saisonnières.
    • La poursuite des combats intercommunautaires qui touchent le Darfour occidental du Soudan, motivée par l'augmentation des différends entre éleveurs et agriculteurs, devrait entraîner un afflux continu de réfugiés soudanais dans la province du Ouaddaï au Tchad. Malgré l'intervention des autorités locales et des organisations internationales, l'augmentation des populations réfugiées dans la région pourrait entraîner des cas sporadiques de violence contre les populations civiles hôtes et réfugiées.
    • Compte tenu de la méfiance entre les acteurs des différents conflits et faisant suite à la concurrence, entre communautés pour le contrôle des ressources, accentuée de la prolifération des armes parmi les civils, une démultiplication des foyers de conflits pourrait être observée dans les provinces du Sud et de l’Est du pays.
    • Selon les prévisions saisonnières NMME de la NOAA, la saison pluvieuse débuterait comme en année normale. Globalement, les précipitations varieraient de moyennes à légèrement supérieures à la moyenne dans la plupart des localités du sud et resteraient moyenne en zone sahélienne.
    • Conséquemment au faible niveau d’hygrométrie résiduelle, les productions de la campagne de contre-saison (berbéré principalement) seraient en légère baisse comparée à une année normale.
    • La situation pastorale connaitrait une dégradation précoce anticipant ainsi la période de soudure dès fin février – début mars contre avril en année normale à cause des mauvaises conditions pastorales. Dès fin février, les animaux dépendraient des pâturages aériens et des touffes d’herbe à faible valeur nutritive.
    • Le retour des transhumants vers leurs zones d’attache en zone sahélienne pourrait être retardé jusqu’en fin mai, afin de profiter, un peu plus longtemps des ressources pastorales et occasionnerait des perturbations dans le démarrage des activités agricoles en zone soudanienne. 
    • L’offre globale de céréale sur les marchés resterait inférieure à la moyenne à cause des faibles volumes d’approvisionnements jusqu’en mars 2022.
    • La demande institutionnelle pour la reconstitution des stocks de l’Office National de Sécurité Alimentaire (ONASA) n’impacterait pas les marchés de N’Djaména car étalés dans le temps et touchant peu les marchés de consommation.
    • Une hausse précoce de la demande des ménages en mil interviendrait à partir de mi-mars à la suite du début de Ramadan induisant une pression sur les marchés. Cette hausse se maintiendrait jusqu’en période de soudure.
    • La tendance haussière, comparée à la moyenne quinquennale, des prix du mil sur la plupart des marchés du pays se maintiendrait et serait accentuée par une hausse saisonnière entre fin mars et mi-avril. Une hausse, additionnelle, des prix comparés à la moyenne quinquennale serait observée pendant le Ramadan (Figure 3).
    • L’offre de bétail continuerait de rester en hausse à cause de la forte densité du bétail consécutivement à la limitation des exportations observées durant ces dernières années. La remontée des transhumants vers les zones d’attache en zone sahélienne entre fin mai et fin juin renforcera l’approvisionnement des marchés à bétail de N’Djaména et soutiendra l’offre qui restera supérieure à la moyenne.
    • L’augmentation ponctuelle de la demande à l’exportation du bétail vers le Nigéria, en hausse comparée à 2021 mais en baisse par rapport à la moyenne quinquennale, continuerait d’impacter les marchés locaux malgré les perturbations sécuritaires et la dépréciation du naira nigérian qui perturbe légèrement les exportations. La demande locale du mouton continuerait d’être stable à la suite de baisses de revenus des ménages à l’exception de la période de ramadan en avril durant laquelle une légère hausse additionnelle, comparée à la moyenne quinquennale. La tendance haussière significative des prix du mouton comparée à la moyenne quinquennale observée à N’Djaména se maintiendrait durant toute la période d’analyse malgré les perturbations sur les axes routiers, l’insécurité et la dépréciation du naira nigérian (Figure 4).
    • La contrebande et les détours empruntés par les exportateurs maintiendraient en hausse les prix de betail sur le marché afin de répondre à la demande du marché nigérian.  

    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    De février à mai 2022, faisant suite à l’épuisement des stocks des ménages entre février et mi-mars 2022, combinés à la tendance haussière atypique des prix comparés à la moyenne quinquennale, ainsi que des pressions de déplacés sur les maigres moyens d’existences, les ménages hôtes et les déplacés du Lac seraient confrontés à des déficits de consommation malgré les stratégies d’adaptation développées. Ils ne pourraient garantir une consommation alimentaire adéquate et seraient en Crise (Phase 3 de l’IPC). Compte tenu de l’érosion des revenus qui limite l’accès aux marchés des ménages très pauvres et pauvres des localités sahéliennes, ils auront une consommation alimentation minimale d’adéquation réduite. Ils ne peuvent se permettre certaines dépenses non alimentaires essentielles et ils seront en Stress (Phase 2 de l’IPC). Malgré les faibles volumes de productions attendues de berberé, les récoltes amorcées, précocement ainsi que les stocks résiduels couplés à la disponibilité des produits maraîchers renforceraient la consommation des ménages très pauvres et pauvres du Salamat, du Bassin du Logone, Mayo Kebbi Ouest et Est, et du Mandoul et Moyen Chari. Par conséquent, ils seraient en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) malgré les bas niveaux de revenus à la suite de la détérioration de nombreuses sources.

    Entre juin et septembre 2022, la détérioration de la consommation alimentaire combiné aux mauvaises qualités saisonnières de l’eau de boisson affecteraient l’état nutritionnel des déplacés et ménages hôte du Lac. Les déplacés du Lac intensifieraient des stratégies de Crise telles que la vente d’actifs productifs, l’intensification de la consommation d’aliments sauvages moins prisés en année normale, la priorisation de la consommation de repas par les enfants et femmes au détriment des adultes, etc. Malgré ces stratégies ; ils ne pourront satisfaire leurs besoins de consommation de base et resteraient en Crise (Phase 3 de l’IPC). A la faveur des stratégies d’adaptation, les ménages du Guera, Mayo Kebbi Est, Mayo Kebbi Ouest, de certains départements de la Tandjilé et des ménages très pauvres et pauvres de certains centres urbains (N’Djaména, Moundou, Koumra, Bahr Sara, etc.) auront une consommation alimentaire minimale d’adéquation réduite et ne pourraient s’engager dans des dépenses non alimentaires essentielles. Ils seront en Stress (Phase 2 de l’IPC).

    Dans la zone Sahélienne, notamment dans le BEG, le Nord Kanem, Dagana, Megri, Salal, Ouara, Biltine, etc. la faible production de la campagne pluviale 2021 entraînera une forte dépendance, précoce des ménages très pauvres et pauvres sur le marché lors de la soudure agricole précoce. Les sources typiques de revenus des ménages très pauvres, telles que le travail agricole, la migration saisonnière, la vente de bois de chauffe, et la vente de bétail seront globalement réduites à cause de la conjoncture économique nationale qui réduit la capacité des ménages nantis d’employer. La pression sur les ressources dont la collecte de bois conduirait également à sa raréfaction. Une réduction de la demande de bétail comparée à la moyenne serait également observée. Par conséquent, la baisse générale des niveaux de revenus des ménages très pauvres et pauvres ne leur permettra pas de couvrir leurs besoins alimentaires sur le marché, dans un contexte de prix au-dessus de la moyenne. Des hausses atypiques sont attendues au pic de la soudure agricole à cause de la pression exacerbée des prix induites par des pressions sur les marchés. De ce fait, les ménages pauvres et très pauvres de ces zones développeraient des stratégies de Crise mais ne pourront couvrir les besoins alimentaires de base. Ils auront des déficits de consommation et seraient en Crise (Phase 3 de l’IPC) malgré la disponibilité laitière et du beurre entre juin et septembre 2022. 

    Zone

    Evénement

    Impact sur les résultats de la sécurité alimentaire

    National

    Dégradation du contexte sociopolitique en lien avec les revendications relatives au dialogue national inclusif

    Perturbation sur les moyens d’existence des ménages très pauvres et pauvres et impacts sur les fonctionnements des marchés et occasionnant des hausses de prix sur les marchés de produits alimentaires. Ceci découlerait une détérioration des conditions de la sécurité alimentaire des ménages qui pourraient être sous Stress (Phase 2, IPC) dans la plupart des zones du pays. Etalés dans le temps sans intervention conséquente du gouvernement, de nombreux ménages très pauvres et pauvres atteindraient des niveaux supérieurs ; (Phase 2 voire pire)

    Installation tardive de la campagne agropastorale

    Retard dans le départ des transhumants provoquant des conflits avec les agriculteurs sur les sites d’installation ou durant le parcours vers leurs sites d’attache en zone sahélienne

    Perturbations sur les axes routiers d’exportation vers le Nigéria

    Une suroffre excessive du mouton sur les marchés par suite d’une baisse de la demande se traduisant par une baisse comparée à la moyenne quinquennale des prix sur les marchés à bétail de N’Djaména

    Retard dans l’organisation du Dialogue national conduisant à des manifestations de l’opposition et/ou reprise des mouvements de groupes armés avec des perturbations sur les marchés et les secteurs économiques

    Des baisses des revenus des ménages très pauvres et pauvres par perturbation des activités économiques pourraient être observées. Face aux tendances haussières des prix sur les marchés qui seraient ainsi exacerbées, de nombreux ménages auraient des consommations alimentaires minimales d’adéquation réduite et ne pourraient se permettre certaines dépenses non alimentaires essentielles. De nombreux ménages seraient ainsi sous Pression (Phase 2, IPC) Ceux déjà affectés par les baisses de production couplées aux hausses de prix pourraient basculer à une Phase pire et seraient en Crise (BEG, Kanem, Batha, Hadjer Lamis, etc.)

    Manque de consensus entre le CMT et les politico-militaires (démobilisation et le désarmement) occasionnant des mouvements de protestation pour atteindre les niveaux observés au lendemain de la mise en place du conseil militaire de transition en avril 2021

    Perturbation des marchés principalement dans les zones où les mouvements de contestation seraient significatifs. Ceci résulterait en des hausses des prix réduisant l’accès des marchés à la suite de la baisse supplémentaire des approvisionnements des marchés céréaliers. Les ménages du des zones déficitaires notamment du Sahel (BEG, Kanem, une partie du Hadjer Lamis, Wadi Fira, etc.) pourraient faire face à des déficits de consommation et être en Crise tandis que les ménages du Guéra, une partie du Mayo Kebbi Est, du Logone occidental, Logone oriental, Mandoul, Tandjilé, etc.) pourraient basculer Sou pression (Phase 2, IPC)

    Une éventuelle détérioration du contexte sanitaire conduisant au des mesures anti-covid-19 par les autorités

    Baisse des approvisionnements des marchés céréaliers conduirait à une hausse des prix affectant ainsi la situation alimentaire des ménages très pauvres et pauvres qui seraient en Crise pour le sahel et sus pression dans la plupart des ménages des zones agropastorales (mars à août 2022) et, de transhumance entre mars et juin 2022.

    Dégradation accentuée de la sécurité sur les axes d’exportation vers le Nigéria

    Une suroffre excessive du mouton sur les marchés par suite d’une baisse de la demande se traduisant par une baisse comparée à la moyenne quinquennale des prix sur les marchés à bétail de N’Djaména. Les ménages pasteurs des zones agropastorales verraient leurs accès aux marchés réduits à cause des faibles revenus tirés de la vente de petits ruminants notamment. Ils seraient Sous pression et pourraient basculer en Crise durant l'hivernage

    Hausse de la valeur du naira nigérian

    Hausse additionnelle des prix du mouton sur le marché par suite d’une augmentation de la demande sur le marché nigérian. Une légère amélioration des niveaux de revenus serait observée mais ne pourraient faciliter l’accès aux marchés à cause des hausses de prix. Ils resteraient Sous pression.

    Hausse accrue des prix de céréales de base et de carburant sur le marché internationale

    Une augmentation plus accrue des prix de ces produits en lien avec le conflit en cours dans les grands pays d’exportation du blé et de maïs (Ukraine et Russie) et la hausse du prix du pétrole affectant le transport, pourrait entrainer une baisse des volumes d’importation et des prix domestiques plus élevés y compris pour les produits dérivés comme le pain. Cela affecterait négativement le pouvoir d’achat des ménages et contribuera à augmenter le nombre de personnes en insécurité alimentaire aigue Crise (Phase 3 de l’IPC), notamment dans les centres urbains.

    Figures Calendrier saisonnier pour une année typique

    Figure 2

    Calendrier saisonnier pour une année typique

    Source: FEWS NET

    Figure 2

    Figure 1

    Source: FEWS NET

    Figure 3

    Figure 2

    Source: FEWS NET

    Figure 4

    Figure 3

    Source: FEWS NET

    Figure 5

    Figure 4

    Source: FEWS NET

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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