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La sécurité alimentaire des ménages agro-pasteurs commence à se dégrader

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Tchad
  • Février - Septembre 2017
La sécurité alimentaire des ménages agro-pasteurs commence à se dégrader

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  • Contexte National
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    • La fermeture de la frontière avec le Nigeria continue de perturber les moyens d’existence des ménages des régions du Lac et de BET qui dépendent majoritairement des échanges transfrontaliers (transferts monétaires, importation des denrées alimentaires manufacturées, carburant). Cette mesure couplée avec la dépréciation du naira nigérian impactera nettement la consommation alimentaire des ménages pasteurs du Lac qui basculeront en Crise (Phase 3 de l’IPC) entre juin et septembre 2017 suite à l’épuisement précoce des stocks céréaliers.

    • L’accès économique aux céréales au niveau des ménages sera limité dans la région du Lac. La nourriture peut être disponible au marché à tout temps mais la hausse de prix de maïs limite l’accès et les revenus n’évoluent pas avec les prix. Les moyens d’existence sont perturbés par l’insécurité et ces zones se trouveront en Crise (Phase 3 de l’IPC) entre février et septembre 2017.

    • Suite à la faible production du riz et à l’épuisement précoce des stocks dans la Tandjilé, à la baisse de revenu de la main d’œuvre et du prix de bétail dans le BEG, et de la baisse de transfert d’exode, de la main d’œuvre et du prix de bétail à Wadi Fira, les ménages pauvres commencent à vendre plus de bétail et basculeront en Stress (Phase 2 de l’IPC) entre février à mai, et en Crise (Phase 3 de l’IPC) de juin à septembre.


    Contexte National

    Situation actuelle
     

    Situation agro-pastorale

    Les résultats de la production céréalière de la campagne agricole 2016-2017 sont globalement satisfaisants au niveau national (+11 pourcent) comparés à la moyenne grâce à la bonne pluviométrie de 2016. Cette hausse de la production est aussi due à l’augmentation des superficies emblavées dans la plupart des régions du pays.

    Cependant, des déficits céréaliers ont été enregistrés dans quatre régions suite aux séquences sèches et une mauvaise répartition pluviométrique ; ces régions sont le BEG (-11 pourcent), Wadi Fira (- 6 pourcent) et le Bassin rizicole de la Tandjilé (-12 pourcent). Toutefois, les récoltes de cette campagne pluviale ont nettement renforcé les stocks céréaliers résiduels dans les régions excédentaires assurant une bonne disponibilité alimentaire aux ménages.

    Dans la région du Lac, les activités de contresaison froide se déroulent comme en année normale. Les prémices de certaines cultures (le gombo, la tomate, l’aubergine, les laitues, le fenugrec) approvisionnent déjà les marchés de Bol. Dans le Ouaddaï (Ouara) et au Sila (Kimiti), l’aïl et la tomate sont en cours de récolte tandis que dans le Wadi Fira (Dar Tama), elles poursuivent normalement leur développement. Des récoltes précoces du sorgho de décrue sont organisées dans le Ouaddaï, à cause de la hausse atypique de température et par crainte d’attaques des oiseaux. Les préparatifs de la campagne de contresaison chaude se déroulent bien dans le Mayo Kebbi et la Tandjilé et se poursuivra durant tout le mois de février.

    Au niveau de la situation acridienne, malgré un calme global observé dans le pays, quelques poches isolées d’attaques des oiseaux sont signalées dans le Fitri et une partie du Salamat sans incidence majeure sur les cultures de contresaison (berbéré).

    La situation pastorale commence à se détériorer dans presque toutes les régions du Sahel. Cette détérioration est plus visible dans les régions du Lac, Kanem, Bar El Ghazal, Batha et Wadi Fira, Nord Est Guera, Nord-Ouest Salamat et Sila.

    La soudure pastorale interviendra beaucoup plus tôt qu’en année normale dans la zone de transhumance. Cette situation se répercute sur la bande soudanienne où la pression affecte également le niveau de la disponibilité des ressources pastorales. 

    Marchés et flux

    On observe une suroffre des céréales sur presque tous les marchés grâce à la bonne production céréalière nationale enregistrée à l’exception dans la région du Lac où les flux intra régionaux sont rarement perturbés par le contexte sécuritaire. Une légère hausse de la demande céréalière y est constatée dans les régions voisines du BEG (déficitaire), du Kanem et du Borkou depuis la fermeture de la frontière libyenne, le 5 janvier 2017. La situation est identique au Wadi Fira qui subit également, en plus du déficit céréalier enregistré au cours de la dernière campagne, les effets de cette fermeture de la frontière libyenne. Dans la bande soudanienne, les approvisionnements se déroulent normalement. Au Sud Est, dans le Moyen Chari, Mayo kebbi, et les deux Logones, les marchés céréaliers fonctionnent normalement. Par contre, dans la Tandjilé, la baisse de production de 14 pourcent à la moyenne a affaibli le niveau d’approvisionnement.

    Mouvement des populations

    Les conflits liés à Boko Haram continuent de provoquer le déplacement des populations du Lac vers le sud de la région. Selon le dernier bulletin d’OCHA, plus de 415 214 personnes ont été déplacées suite à ces conflits. Le calme relatif observé ces derniers temps incite certains déplacés à retourner et d’autres à faire de tentatives isolées de retour dans leurs localités d’origine.

    Assistance humanitaire

    Plusieurs actions visant à améliorer la sécurité alimentaire des personnes sont en cours d’exécution par différents acteurs humanitaires dans le Moyen Chari (réfugiés centrafricains), le Ouaddai, le Wadi Fira, et Sila (réfugiés soudanais) et au Lac (réfugiés du Nigeria et déplacés). Des opérations de Cash inconditionnel, d’appui aux AGRs, d’aménagement des polders, etc. sont développés au bénéfice des populations victimes et affectées par les conflits qui sont estimées à 25.074 personnes.

    Situation de la sécurité alimentaire

    Compte tenu de la bonne production céréalière excédentaire au niveau national, la plupart des ménages peut couvrir leurs besoins alimentaires et auront accès à une consommation adéquate. Par contre, les zones déficitaires (la Tandjilé, BEG, Wadi Fira) et ceux ayant épuisé précocement leurs stocks, les ménages auront une consommation alimentaire réduite et ne pourront engager des dépenses non essentielles. La zone du Lac, malgré sa production céréalière excédentaire, elle est soumise à une forte pression cumulée des déplacés et des régions voisines. Les ménages feront face à un épuisement de stock conduisant à un déficit de consommation alimentaire.

    Suppositions

    Le scénario le plus probable de février à septembre 2017 est basé sur les hypothèses suivantes au niveau national:

    • Agro climatologie : L’analyse des indicateurs révèle de perspectives de pluviométrie moyenne au cours de la campagne pluviale 2017 – 2018. Le début de la campagne et la mise en place des cultures seront comme en année normale.
    • Perspectives pour les récoltes de contre saison : Les récoltes de cultures maraîchères en cours et celles du sorgho de décrue qui va se poursuivre jusqu’à fin février-début mars seront moyennes. La forte hausse de température, enregistrée entre novembre et janvier, affectera grandement les récoltes de contresaison surtout dans le Sahel central, au Guéra (Département d’Abtouyour).
    • Situation pastorale : Malgré le calme zoo sanitaire, le bétail est confronté à de problèmes de pâturage et d’abreuvement principalement dans la zone de transhumance et un peu dans une moindre mesure dans la zone soudanienne qui subissent la pression de la charge pastorale excédentaire suite à une accumulation massive des transhumants. La descente précoce des animaux vers le sud est actuellement observée suite aux difficultés sécuritaires aux frontières de la zone de transhumance et créée une pression sur les ressources des régions du centre (Batha, Guera et Salamat). Les régions lointaines du sud (Moyen Chari et Mandoul) ne sont pas épargnées. La faible disponibilité du tapis fourrager au Wadi Fira due aux fortes séquences sèches enregistrées en 2016 explique également ce départ anticipé en transhumance qui s’intensifiera davantage jusqu’au début de l’hivernage.
    • La transhumance et l’embonpoint du bétail : La bande sahélienne notamment la zone de transhumance sera fortement affectée par le déficit fourrager qui causera une soudure pastorale précoce. Le départ en transhumance se poursuivra davantage durant tout le premier trimestre. 
    • Marchés du bétail : Les marchés à bétail sont bien approvisionnés dans tout le pays grâce à une suroffre. Le maintien de la fermeture de la frontière avec le Nigéria continuera de perturber les moyens d’existence des ménages pasteurs. Cette mesure continue d’affecter grandement les prix des animaux au niveau local. Le pouvoir d’achat des pasteurs continue à se détériorer en raison de la baisse des revenus issus de la vente du bétail.
    • Marchés céréaliers et prix : Les approvisionnements des marchés céréaliers se poursuivront normalement dans la plupart des régions du pays qui seront davantage renforcés par les récoltes de la campagne de contresaison. La demande saisonnière actuelle, légèrement faible, se maintiendra durant la première phase du scénario. Une légère hausse de prix des céréales sera observée (Figure 1) entre juin et septembre pour deux raisons : 1) Une demande accrue pour couvrir la consommation des ménages sous pression en raison du déficit céréalier (BEG), de la faible production (Kanem), de la fermeture de la frontière libyenne et du contexte sécuritaire au Lac cumulativement avec la crise économique nationale ; 2) la baisse des stocks, la soudure agricole et des évènements festifs (Ramadan, Tabaski). Dans les autres régions du pays, les prix connaîtront une hausse saisonnière normale en fin de première phase du scénario à l’exception du riz dont la hausse sera atypique durant toute la période du scénario en raison du bas niveau des stocks.
    • La fermeture de la frontière Tchado-Libyenne. Les régions sahariennes (notamment Tibesti et Borkou) et sahéliennes (Kanem, BEG et Wadi Fira) sont significativement affectées par la fermeture de la frontière libyenne. Cette mesure perturbera les moyens d’existence dans ces régions qui dépendent presqu’exclusivement des échanges transfrontaliers. En dehors de la suppression des flux avec la Libye qui se répercutent sur les sources de nourriture, ce changement impactera également les sources de revenus des ménages très pauvres. Les revenus issus des transferts monétaires en provenance de la Libye seront davantage réduits voire supprimés. En raison de l’apport de cette source de revenus et de l’importance des importations de denrées alimentaires manufacturées dans la vie des ménages de la bande sahélienne, il est à craindre une sévère dégradation de la consommation alimentaire de ces ménages.
    • L’offre de céréales : La production céréalière excédentaire continue d’approvisionner les marchés caractérisés par une suroffre globale. Cette tendance se maintiendra malgré la baisse des stocks céréaliers dans les ménages. Par contre, dans les régions déficitaires comme la Tandjilé, le BEG et Wadi Fira l’offre pourrait être réduite graduellement à l’approche de la soudure suite aux ralentissements des flux des produits alimentaires de la Libye.
    • Les flux de céréales : Les flux intra et inter-régionaux se poursuivront et s’intensifieront comme en année normale durant la première phase du scénario dans les autres régions du pays, à l’exception du Lac ou les contraintes sécuritaires restreignent les flux intra-régionaux. Une baisse des flux interviendra au cours de la seconde phase en raison de la réduction des stocks dans les ménages en période de soudure.
    • La demande : La faible demande céréalière nationale connaîtra une légère hausse sur les marchés des régions déficitaires (BEG, Wadi Fira, Tandjilé) et au Lac dès le milieu de la première période de scénario. Le renforcement des stocks à partir des récoltes de berbéré causera une baisse, de courte durée, de la demande entre fin mars et début avril. Une autre hausse reprendra en fin de première phase du scénario pour se maintenir durant toute la seconde phase du scénario avec un pic entre août et septembre 2017.

    Les prix des cultures de base et de rente de base suivront les tendances décrites ci-dessous :

    • Le prix du maïs : La tendance baissière des prix du maïs observée en janvier pourra augmenter à partir de février d’au moins 15 pourcent avant de fléchir en mars et avril avec les nouvelles récoltes de contre saison froide. L’intervention probable de l’ONASA en mai pourrait brièvement stabiliser le prix durant le mois. La pression des déplacés sur les stocks des ménages hôtes, l’augmentation de la demande cautionnée par la fermeture de la frontière libyenne dans les régions déficitaires (BEG) et de faible production (Kanem) contribueront à la hausse des prix sur les marchés de Bol de juin (+27 pourcent) à septembre (+40 pourcent).
    • Le prix du mil connaitra une forte hausse dans le BEG, Wadi Fira et une hausse modérée dans le bassin rizicole de la Tandjilé à la fin de la première période de scénario en raison des déficits de production enregistrés. La production de contresaison chaude permettra de stabiliser le prix du mil en mai et juin à cause de la disponibilité du riz irrigué qui est un produit de substitution.
    • Le prix du sorgho : La tendance baissière actuelle des prix du sorgho causée par la forte production de l’année 2016 - 2017 connaîtra une hausse à partir de fin février/début mars et se poursuivra jusqu’à septembre en raison de l’augmentation des prix du carburant.
    • Le prix du sésame (une culture de rente principale): La production du sésame a été moyenne et s’ajoute aux stocks résiduels de l’année précédente. La suroffre sur les marchés du Guéra découlant en une baisse des prix suite à une demande saisonnière très faible se poursuivra durant toute la première période de scénario. Cette situation atypique se justifie par le contexte économique national défavorable et affectera les sources de revenus des ménages producteurs.

    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    • Pendant la période de février à mai : La baisse du niveau des stocks en maïs et mil des ménages pauvres et très pauvres des régions déficitaires (BEG, Wadi Fira) et l’épuisement de stock du riz dans la Tandjilé et du sorgho dans le département d’Abtouyour feront qu’ils vont commencer à dépendre des achats sur le marché. Face à une hausse des prix des céréales sur les marchés, les ménages pauvres auront des difficultés à répondre à leurs besoins alimentaires de base et seront en Stress (Phase 2 de l’IPC). Tout le reste du pays (en dehors du Lac en raison du contexte sécuritaire) restera en insécurité alimentaire aigue Minimale (Phase 1 de l’IPC).
    • Pendant la période de juin à septembre : La soudure agricole sera assez sévère dans le Lac à cause de l’insécurité qui perturbe les moyens d’existence. La situation sera identique dans les régions déficitaires et de faibles productions comme le BEG et Kanem, le nord Guera (Abtouyour) et le Wadi Fira. A cet effet, les départements qui étaient en Stress (Phase 2 de l’IPC) pendant la première phase de scénario basculeront en Crise (Phase 3 de l’IPC) au cours de la soudure agricole qui engendrera des déficits de consommation. La forte pression de la demande locale et la baisse/raréfaction de sources de revenus affecteront les moyens d’existence de ces ménages entre juin et août 2017. À partir de septembre, les prémices des cultures en fin de soudure, les produits de cueillette et la production laitière contribueront à améliorer le niveau de consommation alimentaire des différents ménages très pauvres et pauvres surtout dans la zone de transhumance.

     

    Pour plus d'informations sur les perspectives des zones de préoccupation, veuillez, s'il vous plaît, cliquer en haut de la page pour télécharger le rapport complet. 

     

    Figures Current food security outcomes, February 2017

    Figure 1

    Current food security outcomes, February 2017

    Source: FEWS NET

    Seasonal Calendar in a Typical Year

    Figure 2

    Seasonal Calendar in a Typical Year

    Source: FEWS NET

    Figure 1. Projected trends in the retail price of maize on the Bol market, in CFAF/kg

    Figure 3

    Figure 1. Projected trends in the retail price of maize on the Bol market, in CFAF/kg

    Source: FEWS NET

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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