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La production pluviale sera réduite par les ennemis de cultures

  • Mise à jour sur la sécurité alimentaire
  • Tchad
  • Novembre 2011
La production pluviale sera réduite par les ennemis de cultures

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  • Mise à jour de la perspective à décembre 2011
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    • Les dégâts causés par les oiseaux granivores et sautereaux ont conduit à une production céréalière prévisionnelle nationale estimée par la mission conjointe CILSS/FAO/FEWS NET/PAM/Gouvernement légèrement inférieure à la moyenne quinquennale. 

    • Contrairement aux attentes, la mission rapport que dans le Nord de la zone centrale agropastorale dernièrement par ces derniers aléas, l’estimation de production céréalière prévisionnelle dans le Guéra est de 40 pour cent inferieure à la moyenne de cinq dernières années. 

    • Les faibles disponibilités fourragères dans le nord ayant conduit à une descente précoce des transhumants vers le sud et une concentration précoce dans le nord de la zone Centrale agropastorale et le sud de la zone Est, Céréales pluviales et maraîchage. 


    Mise à jour de la perspective à décembre 2011

    En absence d’une enquête agricole, l’estimation prévisionnelle de la production céréalière fait par la mission conjointe CILSS/FAO/FEWS NET/PAM/Gouvernement se base sur une appréciation des superficies d’une année analogue de 1999/2000. L’appréciation des superficies récoltables et les rendements se basent sur l’année analogue. Les missions du terrain avec l’appui des autorités locales ont apprécié l’ampleur des dégâts sur les cultures par les sautereaux et les oiseaux granivores. Il se dégage sur la base de cette estimation une production céréalière de l’ordre 1,6-1,8 million de tonnes. Cette production est équivalente à la moyenne quinquennale 2005/06-2009/10 (la campagne céréalière 2010/11 était 50 pour cent supérieure à la moyenne, rendant la moyenne quinquennale biaisée). Néanmoins, cette situation globalement moyenne intègre des fortes disparités de production agricole inter et intra zones des moyens d’existence.

    En zone de moyens d’existence Centrale Agropastorale, en dépit d’une production céréalière globalement moyenne à bonne, la partie septentrionale, notamment le département de Dagana dans la région de Hadjer Lamis, le Nord de la région du Guéra ont connu des pertes considérables avec l’arrêt des pluies en fin septembre et les attaques simultanées des sautereaux et oiseaux granivores. Dans la région du Guéra les résultats prévisionnels dégagent un recul de l’ordre de 40 pour par rapport à la moyenne quinquennale. Dans les zones des moyens d’existence transhumance et Est, Céréales pluviales et Maraîchage le niveau des pertes estimées en septembre s’est empiré avec les attaques des oiseaux granivores réduisant d’avantage les disponibilités alimentaires autoproduites dans ces zones. Ainsi, alors que la baisse des prix en période de grande récolte pluviale est amorcée en zone méridionale, la zone sahélienne vient de renouer avec une hausse des prix en pleine période de récolte pluviale. Cette hausse pourrait perdurer du fait des perspectives relativement médiocres attendues des faibles emblavures transplantées sous la menace des oiseux granivores.

    Les faibles disponibilités fourragères dans le nord ayant conduit à une descente précoce des transhumants vers le sud et une concentration précoce dans le nord de la zone Centrale agropastorale et le sud de la zone Est, Céréales pluviales et maraîchage. Des mouvements de bétail sédentaire sont déjà observés en direction du sud de cette dernière zone accentuant la concentration et dégradation du parcours. Pour le bétail retenu sur place l’augmentation du prix de l’aliment bétail limite son accès, détériore l’embonpoint des animaux et grève le budget des ménages pauvres.

    A la faveur du report des stocks et de l’arrivée des nouvelles récoltes le marché reste moyennement approvisionné mais le niveau des prix pour la céréale de base sahélienne (mil pénicillaire) reste élevé par rapport au prix moyen quinquennal. A la faveur des récoltes autoproduites et des stratégies habituelles d’adaptations au moins 80 pour cent de la population pourrait subvenir à ces besoins alimentaires d’ici décembre 2011 et seront sans insécurité alimentaire aigue. Néanmoins l’amorce actuelle de la hausse du prix des denrées alimentaires et de l’aliment bétail pourrait grandement affectée l’accès alimentaire et la nourriture du bétail en particulier dans le sud de la zone de transhumance, le Nord de la zone Centrale agropastorale et le Nord de la zone céréales pluviales maraîchage à partir du mois de janvier. La précocité des soudures par rapport à leurs périodes normales dans ces zones est des plus redoutées pouvant dégrader un taux de malnutrition aigue globale structurellement élevé dans ces zones.

    Dans le Sud de la zone de moyens d’existence Transhumance

    La descente précoce des transhumants a limité les opportunités d’échange en nature. L’impact du dessèchement des champs et des ennemis de cultures est plus important qu’attendu en octobre à Bahr El Gazel (production pluviale 35 pour cent de la moyenne). Les ménages très pauvres représentant 17 pour cent de la population ne couvriront qu’une semaine par leur propre production alors que les produits de collecte sont quasi nuls à cause de la mauvaise répartition de pluies. Il en est de même pour les pâturages qui sont pauvres et consumés très tôt dans certaines localités par les feux de brousse. Le bétail a migré plutôt vers le sud au cours de la deuxième décade d’octobre.

    Les termes d’échange de mouton à mil, à la faveur de la demande de la fête de Tabaski sont restes favorables jusqu’en octobre à l’éleveur vendeur de mouton. Un gain de l’ordre de 10 Kg est réalisée entre l’équivalent céréalier d’un par mouton moyen vendu en octobre 2011 comparé aux équivalents céréaliers respectifs de l’année dernière et de la moyenne de cinq dernières années pour la même période. Toutefois cette embellie sera de courte durée, et ce jusqu’en décembre 2011 avec la demande des fêtes de fins d’années. A partir de janvier 2011 ces termes d’échange  vont se dégrader plus vite que d’habitude sous l’effet conjuguée d’une hausse atypique  du prix des céréales et la perte d’embonpoint dépréciant la valeur marchande du bétail.

    Certes les résultats du SMART de août/septembre 2011, montrent une diminution de prévalence de la malnutrition aiguë globale par rapport à celle d’août 2010 et mars 2011, mais il est probable qu’on assiste à une détérioration de la situation nutritionnelle dans la zone à partir de janvier avec les difficultés prévisibles sur l’accès alimentaire. Les produits de collectes notamment le foin est actuellement convoite et impliquera par rapport à sa valeur marchande d’autres acteurs pouvant marginalisation le système de collecte traditionnel des ménages très pauvres limites par les moyens de transport. L’apport de cette principale source de revenu pour ces ménages sera revu à la baisse limitant ainsi leur possibilité d’accès alimentaire sur le marché. Bien que pouvant assurer l’essentiel de leur besoin alimentaire en période de récolte jusqu’en décembre, ces ménages pauvres pourront renouer dès janvier avec des déficits alimentaires avec la tendance haussière des prix des céréales présumée jusqu'à la prochaine soudure pastorale mars/avril 2012.

    Dans le Nord de la Zone centrale, agropastorale (Nord Bitkine, Mangalmé)

    Dans cette zone, les ménages pauvres à très pauvres constituent quelques 52 pour cent de la population et leur production propre (récolte propre, paiement en nature et produit de cueillette) représentent 50 à 75 pour cent de source de nourriture. Les achats de nourriture sur le marché (20 à 35 pour cent) sont assurés par de revenus constitués essentiellement par le travail agricole 35 à 50 pour cent et la vente du bois/paille 20 pour cent. A la faveur des récoltes de la précédente campagne, le marché demeure moyennement approvisionné, mais des comportements spéculatifs sont observés au niveau du marché. Le prix du mil pénicillaire, une des céréales de base a renoué avec la hausse en pleine période de récolte et se situe au mois d’octobre à 15 pour cent au dessus de la moyenne quinquennale. La baisse d’au moins 40 pour cent de la production céréalière sous l’effet des attaques des sautereaux et oiseaux granivores fera que ces ménages seront plus dépendants du marché pour assurer leur nourriture. Toutefois, grâce au faible récolte pluviale et celle attendue de contre saison et au large spectre d’activités de diversification de sources de revenus et alimentaire d’ici à janvier 2012, ces ménages pourront subvenir à leur besoin alimentaire. Néanmoins sur la période de février à mars 2012, la principale source de revenu constituée par la fabrication des briques sera réduite du fait de l’assèchement des marres. Ces ménages pourraient ne pas pouvoir subvenir à leur besoin alimentaire et assurer la protection de leur moyen de subsistance.

    Dans le Nord de la zone Est, céréales pluviales et maraîchage

    A la faveur d’une récolte exceptionnelle en 2010/11, le stock de report devrait constituer d’importantes disponibilités alimentaires pouvant compenser les pertes enregistrées au cours de l’actuelle campagne. La production céréalière prévisionnelle estimée pour la majeure partie de cette zone des moyens d’existence (ancienne région du Ouaddaï), en dépit des aléas, est d’au moins 30 pour supérieure à la celle de la moyenne quinquennale 2005/06-2009/10. Toutefois, des pertes élevées de la production agricoles pluviales et de contre saison dues aux attaques d’oiseaux granivores et des sautereaux ont été relevée par l’équipe de pré évaluation de la campagne dans la partie septentrionale de la zone. Par ailleurs, le déficit fourrager dans la zone a conduit déjà à un mouvement atypique du bétail sédentaire de la partie nord vers le sud, pour un mouvement de faible amplitude entre mars/avril les années normales. La divagation de ces animaux sources actuellement de conflit entre éleveurs sédentaires allochtones et agriculteurs autochtones limite la mobilisation des actifs dont la main d’œuvre pourrait être monnayée à travers la migration hors zone.

    L’approvisionnement du principal marché de la zone d’Abéché est timide. A l’heure actuelle il n’est pas encore certain si la hausse du prix de mil sept pour cent entre septembre et octobre est le résultat du retard des récoltes (retard dans l’installation de la saison) ou si c’est le résultat d’une spéculation sur une production locale inférieure à la normale. Le niveau du prix de mil n’est pas encore inquiétant (neuf pour cent supérieur à la moyenne nominale quinquennale).Les perspectives relativement médiocres d’une production céréalière de contre saison au Sud de la zone pourraient entretenir un comportement alarmiste et susciter une rétention de stock chez certains commerçants et gros producteurs. Cela conduira certes à une hausse des prix de céréales présagée entre janvier et mars dans la dernière perspective. Néanmoins, l’ampleur de cette hausse serait atténuée par l’effet conjugué d’une production céréalière moyenne soutenue par un report de stock de la précédente campagne 2010/11.

    Ainsi, 80 pour cent de la population pourrait assurer leurs besoins alimentaires sans recourir à des stratégies détériorant les moyens d’existence d’ici la fin décembre 2011. A partir de janvier 2012, les faibles stocks autoproduits des ménages pauvres à très pauvres des zones affectées seront épuisés. La conduite maraîchère et de la transformation arachidière réduites de 30 pour cent chacune par rapport à une année moyenne réduiront le revenu de ces ménages au moment ou la hausse légèrement supérieure à la normale est prévisible. L’intensification de la migration pourra être envisagée avec plus d’actifs que d’habitude, mais la période coïncide également avec les dépenses incompressibles des cérémonies sociales. Ces ménages se verront contraints de déstocker une partie de leur patrimoine en mettant sur le marché un à deux petits ruminants. Ils ne pourront subvenir à la fois à leur besoin alimentaire et assurer la protection de leur moyens d’existence et se retrouveront en Phase 2 de l’IPC : Précarité/Stress.

    Figures Calendrier saisonnier et événements critiques

    Figure 1

    Calendrier saisonnier et événements critiques

    Source: FEWS NET

    Cette mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire présente une analyse des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée au cours des six prochains mois. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.

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