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L’insécurité alimentaire aiguë sera la plus sévère dans le nord Guera en 2012

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  • Mise à jour de la perspective à septembre 2012
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    • Les résultats de l’évaluation de mars 2012 indiquent que l’insecurité alimentaire persiste chez  la majorité des menages très pauvres et pauvres dans certaines zones des régions du centre (Guera), et de l’Est (Biltine, Ouaddai et Sila), et de l’Ouest (Kanem et Bahr El Gazal). 

    • L’insécurité alimentaire est inhabituellement le plus sévère  dans le nord Guera suite aux attaques des oiseaux granivores en septembre 2011.  Une intervention appropriée dans ces zones est necessaire à partir d’ avril  pour sauver des vies humaines.

    • Malgré la hausse des prix des céréales dans la plupart des marchés, les zones de consommation continuent d’être bien approvisionnées en céréales mais avec des volumes inférieurs à une année typique. 

    • La soudure commencera en avril-septembre) au lieu de juin-septembre dans une année typique. 

    Mise à jour de la perspective à septembre 2012

    La campagne agricole de 2011/12 s’est caracterisée par un retard des pluie et une distribution erratique. Ces pluies ont fait une production juste moyenne à localement inférieure à la moyenne, surtout dans le Sahel. Les zones de cultures cerelière pluviales et maraîchères et agro pastorale du centre sont les plus touchées. Mais dans certaines zones du Sahel, surtout le centre-nord de la zone centrale agropastorale à Guera et le nord Sila, les attaques des pestes, surtout des oiseaux granivores, étaient aussi importantes.

    Les prix des céréales au Tchad sont élevés, comme dans toute l’Afrique de l’ouest. En plus, les prix du mil et du sorgho dans le Sahel sont très proches et en mouvement généralement parallèle, indiquant un fort degré de substitution du mil, la céréale préférée, au sorgho. Les niveaux des prix de ces produits sont généralement 240-260 XAF/kg depuis janvier. Cela peut être une indication d’une limite du pouvoir d’achat. La vente des produits maraîchers ou de la main d’œuvre à l’entretien et récolte des cultures maraîchères est une source clé des revenus pour les ménages pauvres et très pauvres entre janvier et mars/avril. Cependant, due à un surapprovisionnement, les prix au producteur de l’oignon etail sont presque 80 à 90 pour cent moins chers que l’année dernière et environ 50 pour cent inférieure au prix typique.

    Dans une  mission d’evaluation récente de FEWS NET et du Système d’Alerte Précoce (SAP) du Minstère de l’Agriculture, des pratiques de stockage souterrain de céréales dans la zone d’Arboutchatak (Chari Baguirmi) ont été observées. Ces pratiques sont signalées dans les régions d’Am Timan (Salamat) et de NGama (Chari Baguirmi). Ces pratiques sont utilisées depuis des siècles pour proteger leurs stocks contre l’incendie, de destruction et pillage en cas de conflit. Ces pratiques compliquent aussi l’appréciation des stocks de rapport ménagers de l’année de production récord de 2010/11 et la disponibilité céréalière nationale dans l’année de consommation actuelle.

    Le fonctionnement des marchés au Tchad est critique pour l’approvisionnement des zones saheliennes chaque anné, mais il est structurellement faible. Cela est dû à la faiblesse de l’infrastructure routière et l’isolation des zones, surtout pendant la saison des pluies entre mai/juin et septembre/octobre. De plus, le système bancaire n’est pas facilement ouvert aux commerçants, ce qui limite la capacité des commerçants à profiter du transfert des céréales des zones de surplus vers les zones déficitaires au cas où les prix dans les marchés d’approvisionnement sont élevés.

    Cette année, en plus de ces contraintes, la fermeture de la frontière avec le Nigeria bloque l’accès aux céréales bon marché du Nigeria et aux marchés de déstination du bétail. Les flux de la Libye sont encore repris depuis le conflit, mais le niveau est inférieure à celui d’avant le conflit. Finalement, la demande au Darfour est plus importante que d’habitude.

    Le gouvernement a procedé à une vente subventionnée des céréales dans presque tout le pays en janvier 2012. Le ciblage  des ventes aux zones et populations ayant besoin d’assistance d’urgence était faible. Cette dilution fait que les quantités n’ont pas eu un impact aussi important ni aussi longue que nécessaire, surtout dans le Guéra. Même pour le prix de vente subventionné à plus de 50 pour cent (10.000 XAF/100 kg, plus le prix du transport au niveau du village), les ménages très pauvres se regroupent pour en acheter.Cette opération a été jugée de précoce, qui risque de retarder la période ou le volume de commercialisation du berberé qui n’etait pas encore recolté.

    Assistance alimentaire:

    • Le PNSA fait chaque année une distribution gratuite des semences (sorgho, riz, arachide, maïs, et niebé) et de l’engrais NPK et urée. Il sera procedé à la vente subventionné d’engrais (60% inferieur au prix du marché) uniquement dans les zones rizicoles pour la production du riz.
    • Le gouvernement du Tchad à travers l’ONASA dispose d’à peu près 20.000 tonnes pour des interventions ciblées à partir d’avril.
    • Le PAM compte aussi proceder à des distributions ciblées à partir du mois d’Avril.

    La zone Centrale agropastorale

    La production céréalière dans le Guera a été environ moins 60 pour cent de la moyenne quinquennale selon les estimations définitives du gouvernement et confirmée par FEWS NET.   A Mangalmé, les ménages pauvres dépendent actuellement sur la cueillette du fonio krep (un aliment sauvage typique) et la feuille de balanites (un aliment sauvage de pénurie) pour la grande partie de l’alimentation ménagère.  En année normale les ménages surtout très pauvres consomment ces céréales sauvages à partir d’avril/mai. Cette année ils ont commencé à les consommer à partir de janvier. La production des produits sauvages est inférieureà la moyenne à cause des oiseaux granivores qui se sont deversés aussi sur le krep. Ensuite, leur revenu de la vente des produits oléagineux (arachide et sesame), paille, herbes, et maraîchers cette année est inférieure à la moyenne. Le nombre des répas par jour est saisonnièrement bas. La zone de Mangalmé est en début de situation de crise alimentaire (IPC Phase 3).

    Bien que la descente de bétail vers le sud a été souvent mentionnée par les populations de la zone agro pastorale, une bonne partie de bétail reste encore visible avec des conditions physiques bonnes le long des grands axes N’Djamena-Mongo-Abéché, N’Djamena-Ati-Abéché et Ati-Mongo. La biomasse est bonne. L’eau se fait de plus en plus rare mais n’a pas atteint un niveau inquiétant. Aucune mort inhabituel de bétail n’a été signalée à l’Est ou au centre de la zone sahélienne. Par contre, des animaux avec des conditions physiques faibles à très faibles ont été observés dans le Chari Baguirmi où la faible biomasse a atteint un niveau inquiétant et ne pouvant depasser 1-2 mois entre Moïto et Massaguet. Néamoins, Il a été observé des animaux très fatigués à cause d’insuffisance de pâturage par rapport à une année typique. Mais au niveau de tous les villages, des stocks importants de paille et herbes ont été observés qui peuvent couvrir 20  à 30 jours. Certains pastoralistes qui n’ont pas migré vers le sud pourraient perdre leur bétail à partir de mi-avril/début mai due en grande partie par manque de pâturage et la distance à parcourir (3-7 km en moyenne) pour s’abreuver quotidiennement.

    Le niveau élevé des prix des céréales par rapport à la moyenne est l’un des facteurs clés ayant affecté les ménages de la zone centrale agropastorale qui dependent du marché. En février 2012, les prix du mil à Mongo sont 46 pourcent superieurs à la moyenne des cinq dernières années.

    Les sources de revenue des menages pauvres observées  pendant la mission sont le tressage des nattes, la vente d’eau et de paille. Par contre, les ménages très pauvres font la collecte des crêpes et  la mendicité pour acceder à la nourriture. La source de revenu en cette periode est la vente de fagot. Mais la demande est limitée par rapport à l’offre, ce qui a fait baisser le prix du fagot. Un chargement d’âne de fagot coûte 1000 XOF en mars 2012 alors qu’il coûtait 1500 XOF en mars 2011. La securité alimentaire risque de se detériorer en juin avec la remontée des transhumants vers le Batha en passant par le Guera d’où l’augmentation des prix des céréales face à une demande plus solvable pourrait atteindre un niveau prohibitif aux ménages surtout très pauvres.

    OXFAM intermon prévoit mettre en œuvre dans le Guera un projet de cash for work, food for work, et cash sans condition.

    La zone Est: céréales pluviales et maraïchage

    Les menages pauvres et très pauvres dans cette zone font face à à une baisse de la production de l’ordre de 33 pourcent comparée à la moyenne des cinq dernières années et 13 pourcent par rapport à 2009/2010 (une année de mauvaise production dans tout le pays). Malgré celà, aux marchés d’ d’Abeché et Biteha (Ouaddaï) et de Wadi Fira (Biltine), la mission FEWS NET a estimé des stocks de céréales 10-15 pourcent inférieures par rapport à une année normale mais superieure à 2009/2010. Le niveau de stock ménager est généralement declaré comme très faible , malgré la production record de la campagne agricole 2010/2011.

    Les flux vont dans tous les sens. Les céréales proviennent des zones qui ne sont pas excédentaires en année normale et les commercants visitent toutes les zones excédentaires ou non exc’edentaires; ce qui denote la capacité des commercants à ravitailler tous les marchés. A Abeché, un groupe de grossistes a dit qu’il n’ y aura pas de rupture des denrées alimentaires jusqu’aux prochaines récoltes. En genéral, les marchés céréaliers continuent de fonctionner normalement malgré le deficit céréalier enregistré dans la plupart des zones sahéliennes; la capacité des grossistes de transferrer les céréales entre les marchés rassure les consommateurs qui ont la capacité d’acheter malgré les prix des céréales environ 20 pour cent supérieure à la moyenne quinquennale.

    La situation dans cette zone n’a pas beaucoup evoluée par rapport au mois passé. Les menages pauvres et très pauvres sont les plus touchés et continuent de dependre du marché pour se nourrir. Certains menages ont commencé très tôt à vendre leur petits ruminants pour se procurer des céréales sur le marché. Mais d’autres  se plaignent que le revenu monétaire de la vente de petits ruminants a baissé dans la région du Ouaddaï.

    Brahim AbdelRassoul, un paysan rencontré au marché de Biteha, n’a recolté que 200 kgs cette campagne agricole 2011/2012 contre 400 kgs en année normale; Pour acceder aux céréales à partir de debut avril, il compte vendre 4-6 moutons en raison de . 15 à 20.000 XOF le mouton alors qu’un mouton se vendait en 2011 entre 35.000 à 50.000 XOF. Brahim a commencé à vendre des fruits (mangue, guoyave), puis des cannes à sucre et tomate pour gagner 500-1000 XOF par jour de marché. Il visite 3-4 marchés par semaine pour pouvoir répondre à ses besoins avant la fin de la saison des maraîchers. Avec les revenus de la vente de ses moutons et de fruits Brahim se dit capable d’acheter des céréales pour repondre à ses besoin jusqu’en juin.

    Charfa Bourma une paysanne du même village qui a recolté 2 sacs cette année contre 4 l’année dernière a epuisé son stock depuis janvier et achete 5 kilos chaque jours de marché pour nourrir ses dix enfants; elle sillonne 3-4 marchés par semaine et vent des produits maraîchers et gagne 1000 à 1500 XOF jour de marché. Son mari Maki Dokom fait le maraîchage (oignon, ail et tomate). Ils ne comptent pas gagner beaucoup de la vente de leurs produits maraîchers à cause de la chute des prix de 80 à 90 pourcent cette année par rapport à l’année dernière à cause de la forte concurrence. Mais leur revenu permet de couvrir leurs besoins en alimentation jusqu’en juillet au moins.

    Le bitumage de la route Abéché-Gozbeida offre une opportunité d’emploi pour les bras valides dans la partie sud d’Abéché. Une quarantaines de jeunes travaillent déjà sur cet axe et gagnent chacun 1500 à 2000 XOF/jour. Le prix courant de la main d’œuvre est 2000-2500 XOF/jour. 

    Cette mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire présente une analyse des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée au cours des six prochains mois. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.

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