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L’insécurité alimentaire persiste dans le Nord Guera et le Grand Kanem malgré l’assistance

  • Mise à jour sur la sécurité alimentaire
  • Tchad
  • Mai 2012
L’insécurité alimentaire persiste dans le Nord Guera et le Grand Kanem malgré l’assistance

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  • Messages clé
  • Mise à jour de la perspective à septembre 2012
  • Messages clé
    • Malgré l’installation normale de la campagne agricole, la reprise des opportunités de la main d’œuvre agricole, et la poursuite de l’assistance en cours par le Gouvernement et les partenaires, l’insécurité alimentaire dans la grande partie de la zone sahélienne va rester en général au niveau Stress (IPC Phase 2) à cause des difficultés d’accès des ménages très pauvres engendrées par les prix élevés des céréales. 

    • La partie Centrale de la zone agro pastorale a atteint un niveau de Crise (IPC Phase 3) qui va persister jusqu’en juin puis une amélioration de la situation à partir de juillet à septembre à cause des multiples réponses des humanitaires et du Gouvernement. L’augmentation des opportunités de la main d’œuvre dans les champs va entrainer une hausse de prix de la main d’œuvre qui est stable sur l’ensemble du territoire.

    • Les prix des céréales en général  sont en hausse entre mars-avril et avril à mi-mai et plus élevés que la moyenne quinquennale  à cause de la forte demande. Les prix vont continuer leur hausse à cause de la période de soudure qui a commencé et qui progresse jusqu'au début des prochaines récoltes fin septembre. Ce qui risque d'aggraver l'insécurité alimentaire actuelle si aucune assistance n’est apportée aux ménages très pauvres.


    Mise à jour de la perspective à septembre 2012

    La campagne agricole 2012/2013 s’installe progressivement dans la majeure partie de la zone soudanienne. Des pluies assez importantes ont touché le sud du pays, notamment au sud du Moyen Chari, du Mandoul, et des deux Logones.  L’anomalie du cumul montre que une pluviométrie moyenne à excédentaire sur la plupart de la zone soudanienne. Selon la prévision du cumul pluviométrique de la saison culturale faite par le Centre Régional AGRHYMET (Mai 2012), une pluviométrie normale à légèrement excédentaire est attendue du Tchad. Mais selon les prévisions saisonnières de l’ECMWF d’avril à septembre, la pluviométrie sera moyenne à bonne pour la majorité du Sahel centre et en Afrique de l’Ouest. Ainsi, FEWS NET suppose que la pluviométrie sera généralement moyenne en termes de distribution temporelle et spatiale en 2012. 

    En effet, la demande de la main d’œuvre pour les activités agricoles est normale. La rémunération journalière de la main d’œuvre agricole est normale dans la zone soudanienne comparée à une année typique et varie de 2000 à 2500 XOF/jour dans la bande sahélienne. Mais selon le scenario le plus probable entre avril et juin 2012, les prix élevés des céréales, et les perturbations des flux entre le Tchad et le Nigeria ne permettent pas d’améliorer la sécurité alimentaire à cause de la détérioration des termes de l’échange.

    En avril 2012, l’approvisionnement des marchés était faible par rapport au mois de mars à cause de l’épuisement des stocks ménagers et la baisse des volumes des produits vivriers en provenance des marchés de collectes. A cet effet, l’office National de Sécurité Alimentaire (ONASA) a déstocké 500 tonnes pour une distribution gratuite dans le Guera (Bitkine et Mangalmé). Une deuxième phase de distribution gratuite dans ces mêmes zones est prévue autour de fin mai ou début juin. D’autres régions peuvent aussi en bénéficier selon le dernier ciblage fait par le Ministère de l’Agriculture en avril 2012. L’intervention de l’ONASA permettra d’atténuer le niveau actuel d’insécurité alimentaire à partir de juillet dans les zones à risque et éviter une crise généralisée dans la bande sahélienne. Déjà la distribution aux populations à risque le mois dernier a fortement contribué à améliorer l’accessibilité au courant du mois d’avril. Grace aux interventions multiples des humanitaires et du Gouvernement, à l’installation effective et normale de la saison des pluies améliorant la disponibilité laitière et fourragère, les récoltes des produits vivriers à cycles courts, et l’amélioration de la malnutrition des enfants déjà commencée en avril, le scenario le plus probable entre juillet et septembre s’oriente vers quelques améliorations limitées de sécurité alimentaire du niveau de Crise (Phase 3 de l’IPC 2.0) au niveau Stress (Phase 2 de l’IPC 2.0).

    Au mois d’avril, le prix du mil à Abéché (déficitaire) a atteint 300 XOF/kg soit 34 pourcent par rapport à mars. Cependant, la hausse des prix des céréales se justifient par l’importance de la demande locale surtout ménagère. L’insuffisance de l’offre au niveau national, corroboré par la forte demande céréalière fait maintenir les prix en hausse et qui se maintiendront aussi longtemps (en août) et pourront atteindre (400 XOF/kg). La hausse des prix des céréales dans la partie septentrionale est aussi due aux taxes légales et illégales observées dans certains marchés de la zone soudanienne.

    Les échanges avec le Nigeria restent informels et le volume des flux des céréales en provenance du Nigeria est en dessous de la normale et reste insuffisant pour couvrir les besoins en importation commerciales estimés à 30.000 tonnes (sans les aides prévues qui sont estimées à 140.000 tonnes). Mais les exportations des produits oléagineux (arachide et sésame) vers le Nigeria deviennent importantes entre avril et mai.

    La zone Centrale agropastorale du Nord Guera, du Kanem et BEG

    Actuellement, l’insécurité alimentaire dans cette zone est beaucoup plus focalisée dans le Guera, Kanem, BEG, et une petite partie du Batha. Elle est en partie due aux déficits pluviométriques et à la mauvaise répartition des pluies de la campagne précédente 2011-2012. Actuellement, les stocks ménagers sont presque épuisés. Le marché et la distribution gratuite restent les seules sources de nourriture pour les ménages pauvres. Le revenu tiré de la migration devient moins important en avril/mai, car la plupart des ménages commencent à rentrer chez eux pour entamer les activités agricoles. Les revenus des ménages pauvres se limitent beaucoup plus à la vente de bois, de petits ruminants et volaille; ces ménages pauvres sont actuellement en Stress. Tandis que les ménages très pauvres qui ont épuisé leurs stocks et qui n’ont pas de petits ruminants pour vendre sont actuellement en Crise et vont le rester jusqu’en fin juin. Entre juillet et  septembre, la sécurité alimentaire va montrer quelques améliorations à cause de l’installation normale de la saison des pluies améliorant l’offre de la main d’œuvre agricole, la disponibilité des récoltes des céréales à cycles courts, et à cause des interventions des humanitaires et du Gouvernement. L’amélioration de la situation nutritionnelle dans le Kanem entre mars et avril est un bon signe et la tendance pourrait se maintenir jusqu’en mai/juin.

    Les marchés sont normalement approvisionnés en céréales. La mission d’évaluation rapide de FEWS NET du 7 au 10 mai dans le Kanem et le BEG a permis de constater que la plupart des magasins au niveau des marchés contiennent des sacs du riz, de sorgho, du mil et d’arachides. Au marché de Moussoro, ces produits proviennent de Bokoro, NGama, Salamat, Bol, Massakory, N’Djamena et Moundou. Les camions en provenance de la Libye transportant du riz, pattes, macroni et autres produits vivriers sont observés à Moussoro. A Mao, la mission FEWS NET a constaté plusieurs ménages qui s’approvisionnent en céréales le jour du marché et cela indique que les ménages ont épuisés leurs stocks. Sur les marchés de Mongo et Mangalmé, les approvisionnements sont assurés par les commerçants mais les quantités observées sont faibles par rapport au premier trimestre et à une année typique.

    En avril 2012, les prix des céréales enregistrés sur les marchés restent élevés par rapport à mars et à la moyenne quinquennale. Les marchés de N’Djamena et d’Abéché présentent la hausse la plus élevée (36 à 40 pourcent) pour le mil par rapport à mars 2012. Comparé à la moyenne quinquennale, le marché de N’Djamena affiche une hausse de 88 pourcent pour les prix de sorgho, et celui de Bol 75 pourcent pour le maïs. La hausse des céréales observée est due à une forte demande sur les marchés et à niveau de stock faible qui ne répond pas à la demande. Par contre, les prix de bétail sont presque stables entre mars et avril. A cet effet, les termes de l’échange bétail/céréales restent défavorables pour l’éleveur vendeur de bétail à cause de la hausse importante du prix de céréales. Mais la tendance des termes d’échanges à Abéché est vers une hausse à cause de la forte demande libyenne de bétail et de la cherté de tourteaux et aliments concentrés de bétail. Le niveau de biomasse assez important observée dans la zone septentrionale pourra améliorer l’embonpoint du bétail les semaines à venir et contribuer à la hausse des prix. Cependant, une augmentation du prix du bétail avant juin ne va pas nécessairement se traduire par une amélioration des termes d’échange et du revenu des ménages agro-pasteurs.

    Les ménages qui ne possèdent pas de petits ruminants financent leurs achats en céréales avec le revenu de la main d’œuvre et la vente du bois. Mais l’effort fourni par les ménages pauvres pour subsister semble être insuffisant par rapport aux besoins, compte tenu aussi de la taille des ménages. Ceux là vont continuer à avoir de difficultés à couvrir leurs besoins en juin à cause de la baisse saisonnière de la demande de la main d’œuvre dans les champs de berbèré, des prix élevés, et de l’insuffisance de l’assistance en vivres. Les ménages très pauvres qui sont en Crise (Phase 3 de l’IPC 2.0) vont le rester jusqu'au  mois prochain. Pour les ménages qui sont en Stress (Phase 2 de l’IPC 2.0), il n’y a pas de signes d’amélioration de la sécurité alimentaire en avril/mai à cause de la détérioration des termes de l’échange. 

    Assistance alimentaire :

    • Au début du mois d’avril, l’ONASA a distribué 500 tonnes de céréales au niveau de Bitkine et de Mangalmé dans le Guera. La quantité distribuée bien qu’insuffisante a amélioré les conditions de ménages pauvres pour quelques jours. La prochaine distribution est prévue pour la fin du mois de mai ou debut juin et pourrait couvrir presque toutes les zones à risque.
    • Du 17 avril au 8 mai 2012, le PAM a distribué des vivres et condiments pour 5500 familles dans le BEG. La deuxième phase de distribution pourrait avoir lieu autour de 17 juin à 08 juillet pour 7250 familles.
    • A partir de juin, OXFAM va distribuer une ration de prévention de la malnutrition pour 33000 enfants jusqu’au 30 septembre.
    • Depuis le mois d’avril, l’UNICEF distribue de plumpidoz à 15000 enfants de 6 à 23 mois dans la région de BEG. Cette distribution va continuer jusqu’en juin 2012. On suppose que la baisse de la malnutrition en avril est en partie due à cette distribution.
    • Dans le BEG, 38.500 personnes sont directement touchées par les distributions générales des vivres pour les mois d’avril et mai 2012. Pendant les mois de juin à septembre 2012, 50.750 personnes seront directement touchées par les distributions générales des vivres. En plus de la distribution générale de vivres, 33.000 enfants de moins de 24 mois sur l’ensemble de la région de BEG bénéficieront de blanket feeding.
    • Le PAM a commencé la distribution des vivres depuis le début du mois de mai dans les départements d’Ouara et d’Assongha.  

    Le nombre des enfants malnutris qui était en augmentation de janvier à mars 2012 dans la bande sahélienne ouest (Kanem et BEG) connait une baisse en avril par rapport à mars 2012. Cette baisse est due aux interventions dans les CNA et CNT. La distribution de Plumpidoze a commencé en avril et va continuer jusqu’en juin. Le blanket feeding commencera en juillet et va se poursuivre jusqu’en septembre. Le taux de mortalité dans les CNT était au dessus du seuil (10 pourcent) pour les 3 mois de l’année mais pour le mois d’avril 2012 c’est en dessous de 10 pourcent (c’est 9). Donc, pour le mois d’avril c’est acceptable et ce n’est pas alarmant. Selon la délégation sanitaire de MAO, les décès sont souvent dus aux maladies et non à la malnutrition. 

    Figures Calendrier saisonnier et événements critiques

    Figure 1

    Calendrier saisonnier et événements critiques

    Source: FEWS NET

    Cette mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire présente une analyse des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée au cours des six prochains mois. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.

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