Skip to main content

Une forte hausse atypique du prix du maïs dans le Lac Tchad affecte les ménages pauvres

  • Mise à jour sur la sécurité alimentaire
  • Tchad
  • Février 2015
Une forte hausse atypique du prix du maïs dans le Lac Tchad affecte les ménages pauvres

Télécharger le rapport

  • Messages clé
  • Situation actuelle
  • Suppositions mises à jour
  • Perspectives estimées jusqu'à juin 2015
  • Messages clé
    • Les récoltes de cultures de contre-saison (berbéré et maraichage) viennent de commencer dans le Sila, Guera, Batha, Mayo Kebbi, Chari Baguirmi et Moyen Chari. Elles renforcent le niveau de stock des ménages pauvres et très pauvres dans les zones ou la production pluviale de 2014 a été déficitaire.

    • L’approvisionnement des marchés est moyen. Les prix des céréales connaissent une hausse autour de 30 pourcent à Sarh, Moundou et Kélo comparée à la moyenne. Dans la zone sahélienne, les prix sont en hausse à N’Djamena, Abéché et Bol. La hausse la plus significative s’observe sur le prix du maïs à Bol (81 pourcent). Les exportations de bétail sont particulièrement affaiblies par l’insécurité au Nigeria.

    • Dans le Kanem, Bahr El-Ghazel, Guera et Sila, le niveau des stocks céréaliers est faible et les ménages pauvres et très pauvres auront une consommation alimentaire réduite. Ainsi, ils seront en situation de stress (Phase 2 de l’IPC) en février et mars. Par contre, les ménages pauvres du Lac Tchad seraient une phase de plus sans assistance alimentaire.

    • Les populations de la région du Lac Tchad, compte-tenu de la hausse atypique du prix des denrées de base due à la présence massive des refugiés et retournés du Nigeria, les ménages pauvres ne seront pas capables de protéger leurs moyens d’existence et seront à peine capables de couvrir leurs besoins alimentaires et seront en Stress (Phase 2! de l’IPC).


    Situation actuelle

    La situation agricole: Les activités agricoles principales sont actuellement dominées par la récolte de berbéré et le maraichage. La récolte de berbéré est en cours dans le Guera et commencera début mars dans le Salamat. Il y a eu un bon développement de la biomasse pendant la saison en cours et on doit s'attendre à une production moyenne à légèrement supérieure dans le Salamat et le Batha. Par contre dans le Guera, la situation de tout le département de Melfi est différente. Compte tenu des températures nocturnes élevées et du faible niveau de la biomasse, on doit s'attendre à une baisse significative de rendement (autour de 50 pour cent). Dans le Mayo Kebbi, les récoltes ont commencé depuis la deuxième semaine de février, et la production attendue sera moyenne.

    Situation pastorale: Dans la zone soudanienne, le niveau du pâturage est moins important que l’année dernière à la même période à cause de la surabondance des animaux. C’est grâce aux résidus des récoltes, aux repousses issues des feux de brousse précoces et aux végétations des abords des cours d’eau qui se sont ajoutés au reste de la biomasse, que les animaux s’alimentent. La pression exercée sur le peu de pâturage et des points d’eaux disponibles par la présence des éleveurs venus de la RCA s’est encore accrue avec l’arrivée des transhumants arrivés de la bande sahélienne. Dans la bande sahélienne, l’état de pâturage actuel est d’un niveau globalement satisfaisant.

    Marchés céréaliers et prix: Les marchés céréaliers sont suffisamment approvisionnés en mil, sorgho et maïs. Par contre, la disponibilité en riz local est faible à cause de la production locale du riz qui a chuté cette année dans les départements de Mont-Illi et Kabbia. Au niveau des marchés de l’Ouest (Hadjer Lamis, Kanem, Lac et BEG, l’offre est faible et en dessous de la moyenne à cause du déficit céréalier enregistré et de la longueur des flux qui s’étendent au Salamat, Kerfi et au sud (Benoye). Cette situation est encore plus sévère pour la région du Lac Tchad, frontalière du Nigeria, ou l’on assiste à une forte augmentation des prix. Sur le marché de Bol, le prix du maïs connait une hausse atypique de 81 pourcent comparée à la moyenne quinquennale, et 50 pourcent comparée à février 2014. Dans la zone soudanienne, les prix des céréales connaissent une hausse notamment à Sarh pour le sorgho (33 pourcent), et le mil (15 pourcent). A Moundou le prix du sorgho a augmenté de 26 pourcent et à Kélo 29 pourcent comparés à la moyenne quinquennale.

    Marchés à bétail et prix : Le commerce du bétail entre le Tchad et les pays voisins est en déclin et est devenu dangereux à cause des incursions de Boko Haram au niveau des frontières de la sous-région (Niger, Nigeria, Cameroun et Tchad). L’offre est en hausse sur l’ensemble du pays, surtout pour les bovins.

    Mouvements des populations : Compte-tenu des attaques de Boko Haram, la région du Lac Tchad a enregistré d’importants mouvements de populations (15.000 personnes) qui ont fuis l’insécurité au Nigeria depuis le début de l’année, mais on observe également le déplacement de nombreuses familles tchadiennes ressortissantes des iles frontalières avec le Nigeria, vers les localités voisines.

    La situation alimentaire courante: La sécurité alimentaire est globalement satisfaisante à cause des récoltes de berbéré, des cultures maraichères et des revenus issus de la main d’œuvre. Dans les zones de culture de décrue (Salamat, Guera et Mayo-Kebbi Est et Ouest), certains ménages pauvres ont commencé à reconstituer de nouveau leurs stocks et ils peuvent satisfaire également leurs besoins alimentaires. A cet effet, ils sont en insécurité alimentaire aigüe Minimale (Phase 1 de l’IPC). Dans la zone soudanienne, les populations retournées de la République Centrafricaine seront capables de subvenir à leurs besoins alimentaires et non alimentaires de base grâce à l’assistance alimentaire sous diverses formes. A cet effet, les ménages seront en insécurité alimentaire aigue Minimale (Phase 1! de l’IPC). Dans la zone sahélienne, les régions du Kanem, BEG et sud Guera ont une consommation alimentaire réduite à cause de l’épuisement précoce des stocks et de la détérioration des termes de l’échange bétail/céréales suite à la baisse importante des prix de bétail. A cet effet, ils sont en situation de Stress (Phase 2 de l’IPC). Les ménages pauvres du Lac Tchad connaissent un déficit de consommation, et couvrent à peine le minimum de leurs besoins alimentaires et sont en Phase de Stress (Phase 2! de l’IPC).


    Suppositions mises à jour

    La situation actuelle n’a pas affecté les hypothèses utilisées dans le développement du scénario FEWS NET le plus probable pour la période allant de janvier à juin 2015. Un examen complet du scénario est disponible dans le rapport sur les perspectives de janvier à juin 2015


    Perspectives estimées jusqu'à juin 2015

    A partir d’avril, le niveau des stocks alimentaires va s’épuiser comme en année normale dans les régions du Kanem, Barh-El-Gazal et Guera. A cet effet, les ménages pauvres s’engageront moins que d’habitude dans les dépenses non-alimentaires essentielles et seront en Stress (Phase 2! de l'IPC) entre avril et juin. 

    Figures Calendrier saisonnier pour une année typique

    Figure 1

    Calendrier saisonnier pour une année typique

    Source: FEWS NET

    Figure 2

    Source:

    Cette mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire présente une analyse des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée au cours des six prochains mois. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.

    Get the latest food security updates in your inbox Sign up for emails

    The information provided on this Website is not official U.S. Government information and does not represent the views or positions of the U.S. Agency for International Development or the U.S. Government.

    Jump back to top