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La tendance haussière des prix de produits alimentaires se maintient malgré les productions de berberé.

  • Mise à jour sur la sécurité alimentaire
  • Tchad
  • Avril 2022
La tendance haussière des prix de produits alimentaires se maintient malgré les productions de berberé.

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  • Messages clé
  • SITUATION ACTUELLE
  • SUPPOSITIONS MIS À JOUR
  • PERSPECTIVES ESTIMÉE JUSQU’EN SEPTEMBRE 2022
  • Messages clé
    • L’insécurité dans la province du Lac causée par la présence des Groupes Armées Non-Etatiques (GANE) ainsi que les conflits intercommunautaires aux frontières du Soudan limitent les mouvements typiques des populations. Aussi, l’attaque sur le village de Sandana en début février impacte les activités de transhumances dans la zone du Moyen Chari, du Mandoul, du Logone Oriental et du Logone Occidental, faisant déplacer les lieux de campement des éleveurs transhumants dans les zones éloignées vers la frontière centrafricaine.

    • La mauvaise campagne agricole 2021 /2022 impacte négativement le niveau des stocks et la disponibilité des produits alimentaires dans les marchés. En plus, les restrictions sécuritaires et sanitaires imposées par les autorités depuis le début de l’année dans la zone du Lac ont limité les flux des produits alimentaires dans les marchés. La hausse par rapport à la moyenne des prix des denrées alimentaires observée depuis le début de la campagne est exacerbée par les effets de la crise ukrainienne, des impacts résiduels de la COVID-19 et de la demande du Ramadan. 

    • Dans la zone soudanienne, il est rapporté un manque atypique de pâturage. Les ménages pastoraux sont contraints d’augmenter la vente de leurs bétails à des prix en dessous de la moyenne, compte tenu de leur mauvais état d’embonpoint, surtout dans les marchés de Goré et Mbaibokoum où sont installé les ferricks. Cependant au BEG et Wadi Fira, les marchés à bétail ne sont plus approvisionnés du fait de la départ précoce des transhumants vers les pâturages du sud.  

    • La tendance haussière des prix sur le marché ne permet pas aux ménages pauvres et très pauvres de s’approvisionner de façon adéquate en produits alimentaire, ce qui contribue à maintenir les ménages de la zone saharienne en Stress (Phase 2 de IPC). La fermeture officielle des frontières avec le Nigéria augmente davantage les prix sur les marchés, au vu de la détérioration des moyens d’existence des populations du Lac, les populations hôtes et les déplacés sont dans une insécurité alimentaire de Crise (Phase 3 de l’IPC). 


    SITUATION ACTUELLE

    Contexte sociopolitique et Dialogue National inclusif : Le contexte sociopolitique est marqué par les préparatifs du Dialogue National inclusif. Cependant, les pourparlers du pré-dialogue des groupes politico-militaires ont pris fin en date de 16 avril sans aucune résolution publiée. Au niveau des organisations de la société civile, la plateforme Wakit Tama a suspendu toute négociation avec le gouvernement de la transition à travers un communiqué de son secrétaire général.

    L’évolution des paramètres agro-climatiques : La saison pluvieuse est annoncée dans la zone sud avec les premières pluies dans le Logone Oriental, le Moyen Chari, le Mandoul et toute la zone du Mayo Kebbi Ouest, où les populations sont en pleine phase de travaux préparatoires notamment le nettoyage des champs.

    Situation agricole : Dans la zone soudanienne, la maturation des cultures de contre saison annonce une production en dessous de la moyenne, alors que les cultures maraichères sont en phase de récolte. Toutefois, en prévision de la saison pluvieuse qui a annoncé ses débuts avec les premières précipitations, dans la zone soudanienne, les activités de préparation sont entamées avec les travaux de nettoyage des champs, le défrichage et le labour.  On note aussi que les activités maraichères et les cultures de contre-saison froide qui se poursuivent par la récolte des berberé et le repiquage du riz. Dans la zone du Lac, la situation agricole est marquée par la récolte de fève, fenugrec et du blé qui sont au stade de maturation dans les polders modernes. Par contre le maïs est à maturité complète ; toutefois, la production est en dessous de la moyenne. Dans la zone saharienne, les cultures maraichères sont en dessous de la moyenne à cause du faible niveau des précipitations reçues ainsi que les fortes chaleurs pendant la montaison. Cela a conduit à la récolte précoce des cultures de contre saison notamment le berberé. Dans le Borkou, l’Ennedi et le Tibesti par contre, les activités agricoles sont réduites à l’entretien des cultures maraîchères de saison froide déjà à maturité (ail, oignon, tomate, gombo, chou).

    La situation pastorale et le mouvement de bétail : La mauvaise pluviométrie en 2021 a impacté négativement le niveau de pâturage par le stress hydrique avancé conduisant à l’assèchement irréversible du tapis herbacé sur tout l’étendue du territoire et entrainant une baisse de niveau de la biomasse végétale. Dans le Lac, le niveau relativement faible de la biomasse est exacerbé par le surpâturage en raison de la présence des éleveurs nomades depuis les provinces du Kanem, du BEG et du Hajar Lamis. Dans la partie centrale du Lac où les mares ont tari, les éleveurs parcourent une distance atypiquement longue pour abreuver leurs animaux. L’assèchement des marres a réduit les points d’abreuvement, à N’Djamena par exemple, les seules sources d’eau d’abreuvement sont les fleuves chari et Logone.

    Dans le Ouaddaï, le flux des animaux vers les pays voisins est faible à cause des perturbations sécuritaires dans les zones frontalières du soudan, la transhumance prend l’allure des mouvements de bétails à l’intérieur des départements selon un axe orienté du centre vers les zones de cultures.  L’insuffisance de la biomasse végétale dans la partie septentrionale a conduit les transhumants à revenir plus tôt que pendant une année normale. Suite aux conflits qui ont eu lieu à Sandana, les transhumants sont obligés de se déplacer plus en profondeur vers la frontière centrafricaine pour la recherche des pâturages. 

    Sources de revenus : Compte tenu des baisses et épuisements de stocks céréaliers de ménages et les perspectives du démarrage de la campagne agricole 2022/2023, de nombreux bras valides proposent leurs forces de travail en vue de se procurer des revenus. Il en résulte une suroffre de la main d’œuvre agricole dans les localités de la zone soudanienne. Conséquemment à la baisse du pouvoir d’achat découlant des baisses globales de revenus, la demande en main d’œuvre agricole est en baisse comparée à une année normale. Dans d’autres localités comme le Mayo Kebbi Ouest, la main d’œuvre dans les parcelles rizicoles de contre saison se déroulent normalement et constituent une importante source de revenus pour les ménages. L’offre de la main d’œuvre pour le transport des briques et de l’eau est faible, avec les ménages favorisant les activités d’orpaillage, d’où une augmentation du salaire journalier qui passe de 1500 CFA à 2000 CFA dans le Ouaddaï et le Wadi Fira. Par ailleurs, le transfert des exodants permanents est réduit et rares à cause du contexte sécuritaire instable au niveau des frontières libyennes. Pour se procurer des revenus pendant cette période de soudure et à cause de la baisse des demandes de main d’œuvre, les populations dans le Mayo Kebbi intensifient l’accès aux travaux d’orpaillage ainsi que le travail dans les usines d’égrainage qui constituent une réelle source de revenu. Dans le Wadi Fira, les ménages ont intensifié leur système d’entraide communautaire pour faire face à l’impact de la hausse des prix et la rareté des produit alimentaires importés.    

    Conflits, insécurité, et mouvements des populations : Le massacre perpétré par des individus armés dans le village de Sandana survenus le 09 février 2022 a conduit les populations locales à demander le démantèlement des ferricks de la zone de Sandana. Il s’en est suivi une relocalisation des ferricks autours de Sandana sur des sites proches de Mbaibokoum et Goré dans la Province du Logone Oriental.

    En outre, des vols des biens et assassinat des autochtones perpétrées par des refugies centrafricaines ont été signales dans la zone du Moyen Chari. Dans le Ouaddaï et le Wadi Fira, les conflits communautaires ont été signalés. Les conflits sécuritaires aux frontières du Nigeria dans le Lac limitent les mouvements des populations et donc des activités de moyens d’existence. A Ngouboua, les restrictions sécuritaires n’ont pas permis une production notable de maïs, les cultures maraichères constitués de laitue, tomate, carotte, poivrons, oignon, ail et piment pallient à la baisse des flux dans les différents marchés du Lac.

    Stocks céréaliers des ménages :  Dans la plupart des zones du pays, il est rapporté des baisses significatives de stocks de ménages par suite des faibles productions par rapport à une année normale de sorgho de décrue au Guera, Salamat et Mayo Kebbi. Un épuisement complet des stocks des ménages du Sahel Ouest les rend précocement dépendant des marchés pour leur consommation.

    Stock institutionnels : Compte tenu  de la  mauvaise  récolte céréalière (pluviale  et  contre  saison) en 2021/2022, mais aussi par l’utilisation des stocks pour les besoins de semence et d’autres, le niveau globale des  stocks  céréaliers actuel reste très en deça de la moyenne quinquennale  sur le marché, à cet effet le gouvernement compte disponibiliser les stocks plus tôt sur l’etendue du territoire

    Marchés céréaliers et prix : Le flux d’approvisionnement des céréales est faible dans les marchés par suite de la faible production durant la campagne agricole 2021/2022. De plus, les flux avec le Cameroun sont également restreints du fait des mesures prises par le gouvernement pour lutter contre le COVID-19. Dans la zone soudanienne, les approvisionnements des marchés sont significativement réduits depuis la fin du mois de mars, ce qui a causé une hausse par rapport à la moyenne quinquennale du prix du mil de 39 pour cent à Goré et de 25 pour cent à Mbainamar. Dans l’ouest du pays, le niveau d’approvisionnement des marchés est aussi faible. Les cultures de contre saison étant significativement en baisse par rapport à la moyenne quinquennale, cette situation est aggravée par l’insécurité qui limite le déplacement des populations. Les prix ont augmenté significativement par rapport à la moyenne quinquennale, soit une hausse de 46 pour cent pour Bol et 33 pour cent du prix de maïs sur le marché de Ngouri. L’offre des sésames et blé sont très limité par rapport à l’année précédente à la même période. On note aussi une forte demande de ces produits dans les marchés de Hajar Lamis, Kanem et le BEG. Dans le Guera, le Salamat et Mayo Kebi, l’approvisionnement des marchés est acceptable du fait de la mise sur les marchés des produits de contre saison (berbèré). En ce qui concerne la demande pour les produits alimentaires importés telles que la farine de blé, pâtes alimentaires et huiles végétales, elle est en hausse sur l’ensemble des provinces, en particulier dans les zones déficitaires comme le Wadi Fira, le Borkou et le Tibesti. La forte demande des produits, couplée aux effets de la crise ukrainienne et la période du Ramadan, augmente de manière globale les prix des produits alimentaires importés.

    Marchés à bétail : En conséquence des perturbations sur les axes frontaliers lié aux conflits intercommunautaires à 30km de la frontière avec le soudan, les flux transfrontaliers sont limités sur les marchés de Sud Borkou, Ennedi, Wadi Fira, Ouaddaï, Batha. Au Kanem, au BEG et au Lac, la fermeture des frontières avec le Nigeria par suite des incursions des groupes armés non étatiques a conduit à une suroffre de bétail qui toutefois a maintenu stable le prix de bétail. Il a été constaté une suroffre de bétail sur les marchés de Ngouri et Bol. Dans la zone sud, l’offre de petits ruminants est faible due à l’instabilité du contexte sécuritaire causée par les conflits inter- communautaires au Moyen Chari, les tendances de prix sont à la hausse comparativement à la moyenne quinquennale. On note ainsi à Danamadji une hausse de 17 pour cent et de 55 pour cent au Lac Iro. A beboro, une baisse de 29 pour cent est signalée à cause de la migration des éleveurs en dehors de ces zones après les conflits communautaires de Sandana.

    Situation alimentaire courante : Les populations hôtes et les déplacés du Lac, dont les moyens d’existence sont altérés, ont un accès limité au marché à cause de leur faible pouvoir d’achat. La tendance haussière des prix ne permet pas aux ménages pauvres dont les stocks sont épuisés d’accéder aux produits alimentaires, ils ne peuvent donc pas combler leur déficit alimentaire, ils sont en Crise (Phase 3 de l’IPC).

    Compte tenu des conflits intercommunautaires et la crise sanitaires du COVID-19, les flux transfrontaliers de produits alimentaires importés (farine, pâtes alimentaires, huiles, etc.) à partir de la Libye et du Soudan vers les marchés de la zone septentrionale (Bardai, Faya, Fada, Biltine, etc.) sont limités. En réponse, une intensification des flux céréaliers internes vers ces zones sont rapportés. Malgré ces stratégies, la plupart des ménages ont une consommation alimentation réduite d’adéquation minimale. Ils ne peuvent s’engager dans des dépenses non alimentaires essentielles ; ils sont sous Pression (Phase 2 de l’IPC).  


    SUPPOSITIONS MIS À JOUR
    • Prix sur le marché international : Sur le plan international, la hausse généralisée des prix des denrées alimentaires à cause de la crise ukrainienne serait un facteur majeur de perturbation du marché international de blé et d’huile végétale (dont une importante quantité provient des pays de la mer Noire) et de la hausse des cours mondiaux de céréales ainsi que des intrants agricoles et du baril de pétrole. Ceci continuerait d’impacter significativement les coûts d’importation et les prix des produits importés.
    • Prix des intrants et production agricole : En outre, la hausse des prix des intrants agricoles, dont la Russie, l’Ukraine et la Biélorussie sont les principaux fournisseurs au Tchad et en Afrique de l’Ouest, pourrait réduire la quantité des intrants subventionnés par l’Etat et donc réduire la production de la prochaine campagne agricole.
    • Mouvements de protestation : Arrivé à termes de la date fixée, le pré dialogue de DOHA n’a pas encore présenté les résultats de la concertation entre les politico-militaires, cela pourrait être dû à la discordance des points de revendication de certains groupes, cet état de fait laisse présager un report de l’organisation du dialogue et par ricochet une prolongation de la transition, à cet effet il pourrait y avoir des manifestations de mécontentement à Ndjamena. Le mouvement Wakit Tama après avoir rompu le dialogue avec le gouvernement, pourrait être un moteur des contestations future. La poursuite de la tendance inflationniste des denrées sur les marchés pourrait être un facteur mobilisateur de mécontentements à travers l’association de défense des consommateurs.
    • Tibesti : les conflits intercommunautaires à la frontière soudanaise, ainsi que l’insécurité liée à la contre bande des marchandises aux frontières de la Libye pourraient causer des perturbations dans la zone septentrionale occasionnant des restrictions des mouvement des populations dans la zone.
    • Lac Tchad/Boko Haram : Avec le renforcement du dispositif sécuritaire et conséquemment à la baisse du niveau des eaux du Lac Tchad, on note une accalmie. Il est aussi à noter que la montée des eaux serait accompagnée d’une recrudescence des attaques des GANE, ce qui conduirait à des nouvelles restrictions de mouvement, impactant ainsi le flux des marchandises entre le Tchad et les pays limitrophes du Lac.
    • Conflit entre éleveurs et agriculteurs : Un retard dans la remontée des transhumants vers les zones d’attache pourrait provoquer des heurts avec les agriculteurs. La traversée de la zone agricole et agropastorale vers juin conduit au piétinement des pousses de semis et pourrait réveiller les foyers de conflits latents dont la moindre friction pourrait les rallumer.
    • Conflit RCA mouvements de population : la recrudescence de l’insécurité au niveau de la frontière centrafricaine, pourrait conduire à un renforcement du dispositif sécuritaire tchadien tout au long de la frontière. 

    PERSPECTIVES ESTIMÉE JUSQU’EN SEPTEMBRE 2022

    En dépit des récoltes de contre saison en cours, la disponibilité alimentaire reste tendue à cause de la mauvaise production de la campagne agricole 2021/22 et l’insécurité. Les ménages pauvres sont de plus en plus dépendants sur les marches pour s’approvisionner, dans un contexte de revenus en dessous de la moyenne et prix des produits de base à la hausse. La guerre en Ukraine, les effets du COVID 19, ainsi que les restrictions au niveau des frontières au Lac et dans la partie septentrionale maintiendraient les prix à des niveaux élevés au cours de la soudure agricole 2022. Les ménages très pauvres et certains ménages pauvres de la zone du Lac, du fait de leur bas revenu ne peuvent pas accéder aux produits alimentaires et seraient en Crise (Phase 3 de IPC) jusqu’en septembre 2022.

    En début septembre, les récoltes de la campagne agricole 2022/2023 qui s’annoncent pourraient améliorer au moins de façon saisonnière la disponibilité des denrées sur les marchés, permettant ainsi aux populations des zones déficitaires tel que le BEG de s’approvisionner davantage du Lac ou Hadjar Lamis. Ceci améliorerait le niveau de stocks céréaliers dans les ménages pauvres et très pauvres, les zones pastorales comme le Borkou et l’Ennedi pourront ainsi voir une amélioration dans le flux des produits alimentaires issus de la production locale. Toutefois, l’instabilité sécuritaire dans les zones frontalières avec le Soudan et la Libye entraverait la circulation des produits importés et donc ils seraient en Stress (Phase 2 de IPC) entre août et septembre. Les zones de moyens d’existence à dominance agricole seront en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de IPC) jusqu’en septembre 2022. 

    Cette mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire présente une analyse des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée au cours des six prochains mois. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.

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