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La pandémie du COVID-19 dégrade la situation alimentaire des ménages en Stress (Phase 2 de l’IPC)

  • Mise à jour sur la sécurité alimentaire
  • Tchad
  • Avril 2020
La pandémie du COVID-19 dégrade la situation alimentaire des ménages en Stress (Phase 2 de l’IPC)

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  • Messages clé
  • Situation Actuelle
  • Suppositions Mise à Jour
  • Perspective Estimeé Jusqu'à Septembre 2020
  • Messages clé
    • Suite à l’apparition du COVID-19 en mars 2020, le gouvernement tchadien a initié des mesures (pour exemple, la fermeture des frontières et des commerces non alimentaires et des restrictions sur les transports). Par conséquent, on observe une baisse de revenus des ménages très pauvres et pauvres dans la plupart des zones du pays, en raison de la réduction des opportunités d’embauche, particulièrement en en zones urbaines. Ces populations ont une consommation alimentaire réduite et sont en Stress (Phase 2 de l’IPC). Certains ménages plus affectés sont confrontés à des déficits de consommation et peuvent être en Crise (Phase 3 de l’IPC).

    • Dans la province du Lac, on dénombre 272 478 personnes déplacées dont 208 382 déplacés internes. Ces mouvements de déplacés créent une pression sur les moyens d’existence des ménages accueillant des déplacés. Ils ont une consommation alimentaire d’adéquation minimale grâce à l’assistance humanitaire et ne pourront s’engager dans des dépenses non alimentaires ; ils sont sous Stress (Phase 2 ! de l’IPC).

    • Au Tibesti, une baisse de l’offre consécutive aux restrictions sur les transports couplés à la fermeture des frontières conduit à une hausse modérée des prix sur les marchés. Face à cette tendance, les bas niveaux de revenus limitent l’accès aux marchés par les ménages. Ils ont une consommation alimentaire d’adéquation minimale et sont en Stress (Phase 2 de l’IPC) alimentaire.

    • L’approvisionnement des marchés de produits agricoles de la plupart des zones du pays connaît une baisse en raison de l’augmentation du prix du transport de marchandises. On observe une baisse de l’offre accentuée par les rétentions de stocks pratiquée par certains commerçants. Cependant, la demande est stable, avec une tendance baissière malgré le Ramadan par suite de la baisse des revenus des ménages.       


    Situation Actuelle

    COVID-19 : En vue de circonscrire la propagation de la pandémie, le gouvernement a initié de nombreuses mesures dont la fermeture des frontières, des commerces non alimentaires, restrictions sur les transports, et couvre - feu.  Ces mesures ont conduit au ralentissement des activités socio-économiques dans tous les secteurs. Ceci affecte grandement les moyens d’existence des ménages très pauvres et pauvres. Les revenus tirés des différentes activités (main d’œuvre, migration saisonnière, transferts d’argents, vente de produits artisanaux, de produits de cueillette, de petits ruminants) sont en baisse par rapport à la moyenne, particulièrement en milieu urbain.

    La situation agricole : La campagne de contre saison se déroule normalement dans le bassin rizicole où le repiquage du riz de contre-saison a commencé. Au Mayo Kebbi, l’accès aux îles fluviales est interdit du fait des mesures liées au COVID-19, ce qui a un impact important sur la production maraichère qui alimente la ville de N’Djmena. En conséquence, les récoltes en cours sont inférieures à une année normale, et ceci affecterait le niveau des revenus des très pauvres et pauvres dont le maraîchage constitue une importante source de revenus en cette période au cours d’une année normale.

    La situation pastorale : Elle est marquée par la dégradation du pâturage et du tarissement des puits pastoraux dans le Sahel ouest. L’insécurité au Lac limite l’accès au pâturage des localités insulaires aux animaux de cette province et du Kanem créant une surcharge pastorale sur la terre ferme. En cette période de pic de la soudure pastorale, le bétail est nourri grâce aux foins conservés, tourteaux d’arachide et son de céréales. Cependant, les éleveurs sont contraints de parcourir, de nuit, de grandes distances de plus de 15 km en quête de points d’eau pour abreuver leurs animaux. Dans la zone pastorale de l’est, les transhumants sont encore dans les localités de transhumance comme au Sila et au Salamat et un peu plus au sud, où ils profitent de points d’eau et résidus de récoltes, comme en année normale. L’état physique des animaux est en deçà d’une année normale mais la situation zoo-sanitaire est globalement calme. Les restrictions relatives au COVID-19 n’affectent pas, à ce jour, les mouvements pastoraux.

    La main d’œuvre agricole et non agricole : La main d’œuvre agricole est majoritairement familiale en cette période de contre-saison. L’offre en main d’œuvre agricole est identique à une année normale dans les zones rizicoles. Par contre à Abéché, le reflux des orpailleurs du Tibesti couplé aux mesures liées à la pandémie crée une suroffre de la main d’œuvre en cette période de culture de contre-saison. Le coût journalier y est de 1250 FCFA au lieu de 2000 FCFA, en année normale. Certains paiements sont effectués en nature.

    La main d’œuvre non agricole est affectée par les impacts des mesures gouvernementales liées au COVID-19 en raison de la baisse des opportunités d’embauche. A Bongor, le coût journalier est réduit à 750 ou 1000 FCFA au lieu de 3500 FCFA jour en année normale.

    Dans les Logones et le Mayo-Kebbi, les sources de revenu non agricoles (manutention, emplois informels, carrières) subissent l’impact des mesures gouvernementales.

    Stocks céréaliers des ménages : Les stocks céréaliers des ménages sont épuisés dans les localités du Sahel ouest et les ménages du Bahr-el-Ghazel (BEG) et du Kanem dépendent du marché pour leur consommation alimentaire. Au Guéra et dans les zones de berberé et rizicoles comme le Mayo Kebbi, les récentes récoltes renforcent les stocks des ménages. En zone soudanienne, les niveaux de stocks sont moyens et couvrent les besoins de consommation des ménages.

    Marchés et Prix : L’approvisionnement des marchés connaît une baisse en raison des coûts élevés de transport consécutifs aux mesures gouvernementales qui occasionnent. L’offre sur les marchés est uniquement assurée par les stocks commerçants, les approvisionnements étant presque nuls. La demande reste globalement faible par rapport à la moyenne quinquennale malgré une légère reprise en cette période de jeûne du Ramadan. Toutefois, les prix des produits alimentaires sont globalement en baisse par rapport à la moyenne quinquennale et stables par rapport au premier trimestre de l’année. Dans la plupart des zones du pays, les faibles revenus des ménages limitent leur accès aux marchés. Ceci s’ajoute à l’interdiction d’attroupements qui a un impact sur la demande et donc sur les prix. Les marchés du bétail dans l’est du pays, même s’ils demeurent en hausse par rapport à la moyenne quinquennale, affichent une baisse par rapport au début de l’année en raison de la baisse de la demande due aux mesures relatives au COVID-19.

    Dans le BEG et le Kanem, les produits manufacturés originaires de la Lybie sont faiblement disponibles en raison des perturbations des flux commerciaux (dues notamment au conflit), ce qui pousse les ménages vers d’autres produits alimentaires tels que le mil qui connaît des prix supérieurs à la moyenne quinquennale, ce qui a un impact sur l’accès alimentaire des plus pauvres.

    La situation alimentaire courante : La situation alimentaire des ménages reste marquée par la pandémie du COVID-19 et l’impact des mesures gouvernementales. La plupart des ménages du pays, à l’exception de ceux affectés par les restrictions liées au COVID-19 et par les conflits, arrivent à satisfaire leurs besoins alimentaires grâce à leurs propres stocks et la plupart des régions sont donc en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC). Au Lac, les déplacés partagent les repas avec les ménages hôtes, exerçant une pression sur les stocks céréaliers des hôtes et une concurrence sur les ressources (main d’œuvre agricole et non agricole) et sont en Stress (Phase 2! de l’IPC) grâce à l’assistance alimentaire : Le PAM et ses partenaires fournissent une assistance humanitaire sous forme de Cash et de vivres à 182 341 personnes (déplacés, réfugiés, retournés). La ration se compose en moyenne de 325 g de céréales, 72 g de légumineuses et 23 g d’huile. Elles varient de 3500 FCFA/pers./mois pour les moyennement vulnérables à 6000FCFA/pers/mois pour les plus vulnérables. Cette assistance se poursuivra jusqu’à décembre 2020. Au Tibesti, la récente résurgence du conflit continue de perturber les flux de marchandises avec la Lybie et le reste du Tchad, et les ménages très pauvres et pauvres sont contraints de s’engager dans des stratégies de Stress pour accéder aux biens alimentaires sur le marché et sont donc en Stress (Phase 2 de l’IPC) alimentaire. Dans les provinces du BEG et Kanem, les ménages ont une consommation alimentaire minimale en raison et sont donc en Stress (Phase 2 de l’IPC) alimentaire. Dans les Logone et le Mayo Kebbi, la plupart des ménages très pauvres et pauvres ont une consommation alimentaire d’adéquation minimale. Ils ne pourront s’engager dans des dépenses non alimentaires en raison de la perte de leurs revenus suite aux mesures gouvernementales qui limitent les opportunités d’embuche (main d’œuvre agricole et non agricole). Ils sont sous Stress (Phase 2 de l’IPC). Des proportions réduites de ménages sont confrontés à des déficits de consommation dans chaque zone de moyens d‘existence ou développent des stratégies de crise et se trouvent donc en insécurité alimentaire de Crise (Phase 3 de l’IPC).


    Suppositions Mise à Jour

    Les hypothèses du scénario FEWS NET le plus probable pour la période de février à septembre 2020 ont changé de la façon suivante :

    • L’évolution du COVID-19 conduirait au maintien des mesures gouvernementales. Ceci affecterait la plupart des sources de revenus des ménages pauvres dans une plus grande partie du pays, notamment les transferts monétaires, la main d’œuvre agricole et non agricole, la migration, la vente de produits agricoles, d’animaux et de produits artisanaux. Il en découlerait une baisse importante des revenus de ménages dans la plupart des zones du pays dans ces zones.
    • Stocks institutionnels : La reconstitution des stocks de 20 à 25 000 tonnes de l’ONASA initialement prévue n’a pas encore été effectuée. Cependant, un fonds spécial mis à disposition dans le cadre de la réponse au COVID-19 permettrait procéder à l’achat et la distribution de 9 000 tonnes de céréales
    • Stocks des ménages : Les ménages pauvres et très pauvres verront leurs stocks s’épuiser progressivement dans plusieurs zones du pays, dont les provinces du Logone Oriental et Occidental, Mayo Kebbi est et Mayo Kebbi Ouest, entre mai et août.
    • Marchés aux aliments et prix :
      • Les prix du sésame seraient en baise en raison de la fermeture des frontières qui limitent l’exportation par suite des impacts du COVID-19
      • Les flux de produits alimentaires au Lac, au Tibesti ainsi que les échanges avec le Soudan seraient limités en raison de l’insécurité dans ces zones couplées aux mesures gouvernementales relatives aux fermetures des frontières
      • Dans le BEG et le Kanem, les prix du mil resteraient en hausse modérée à cause de la demande qui demeure supérieure à la moyenne à partir de juillet, la consommation de lait contribuerait à la baisse des prix des céréales
      • Une baisse modérée des prix du mil par rapport à la moyenne quinquennale serait observée en zone soudanienne en raison d’une faible demande due au bas niveau de revenus
      • L’offre des produits alimentaires connaîtrait une baisse par rapport à une année normale par suite du ralentissement des flux dû aux mesures gouvernementales
        • Au Lac, les prix connaîtraient une baisse jusqu’à fin mai 2020 à cause de baisse de la demande due à la perte du pouvoir d’achat des ménages très pauvres et pauvres, des récoltes de contre-saison et l’assistance alimentaire.
    • Marchés à bétail et prix : Les marchés à bétail fonctionneraient au ralenti par suite des restrictions sur les attroupements de personnes qui perturberaient les fonctionnements des marchés jusqu’ la levée de ces mesures. Cependant, au BEG et au Kanem, l’offre serait légèrement en hausse en raison des ménages qui sont en quête de revenus pour accéder au marché. La période de jeûne du Ramadan et de Tabaski connaîtraient deux hausses modérées, ponctuelles.

    Perspective Estimeé Jusqu'à Septembre 2020

    Au Lac, les déplacés auront une consommation alimentaire d’adéquation minimale grâce à l’assistance et demeureront en Stress (Phase 2! de l’IPC). Au BEG et au Kanem, les ménages intensifieront la vente de ruminants et de volaille pour accéder au marché. Une détérioration de leurs moyens d’existence pourra être observée à partir de juillet mais la zone restera en Stress (Phase 2 de l’IPC). Au Tibesti, la limitation des flux et les bas niveaux de revenus couplés aux restrictions sur les transports maintiendront un niveau de prix élevé et les ménages très pauvres resteront en Stress (Phase 2 de l’IPC).

    En raison des impacts des mesures, les ménages très pauvres et pauvres de la plupart des zones du pays auront des difficultés à satisfaire leurs besoins alimentaires à partir de mai 2020 par suite de la baisse de leurs stocks et une baisse de leur pouvoir d’achat. Les mesures gouvernementales relatives au COVID-19 continueront d’impacter les sources de revenus des ménages à travers la limitation des opportunités d’emploi (main d’œuvre), la réduction des volumes de transferts monétaires, la baisse des prix des petits ruminants dans un plus grand nombre de régions dans la mesure où les stocks alimentaires s’épuisent dans ces zones et les ménages commencent à dépendre du marché pour leur alimentation. Ils seront en insécurité alimentaire aiguë de Stress (Phase 2 de l’IPC) entre mai et août 2020. Certains ménages pourraient faire face à des déficits de consommation ou développeraient des stratégies de crise, entre la mi-juillet – mi-août ils et seraient en Crise (Phase 3 de l’IPC).

    Figures Projection of the consumer price of millet on the Moussoro market in FCFA/Kg: Projections between April and December are high

    Figure 1

    Figure 1.

    Source: FEWS NET

    Projection of the consumer price of sheep on the Moussoro market: Projections between April and December are close to the ave

    Figure 2

    Figure 2.

    Source: FEWS NET

    Cette mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire présente une analyse des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée au cours des six prochains mois. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.

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