Skip to main content

Les revenus d'arachide inférieurs à la moyenne contribuent à l'insécurité alimentaire de type Stress

  • Mise à jour du suivi à distance
  • Sénégal
  • Mai 2014
Les revenus d'arachide inférieurs à la moyenne contribuent à l'insécurité alimentaire de type Stress

Télécharger le rapport

  • Messages clé
  • Importance de la culture de l’arachide dans l’économie sénégalaise et pour les populations
  • Le disfonctionnement du marche constaté en 2013/14
  • Implications sur le revenu et l’accès des ménages aux marchés
  • Perspectives de la saison agricole 2014/15 et de la sécurité alimentaire jusqu'a septembre
  • Messages clé
    • En raison d'une baisse du prix de l’huile sur le marché mondial, le prix officiel pour l’arachide coque, une culture de rente clé au Sénégal, a été jugée trop élevée par les huileries cette année. Afin de minimiser leurs pertes, les huileries ont diminué d’une façon significative leurs achats pendant la periode normale de commercialisation (octobre à avril).
    • Le disfonctionnement du marché de l’arachide a provoqué des revenus inférieurs à la moyenne pour les ménages pauvres qui ont vendu plus de leur production que d'habitude à des canaux informels où les prix étaient plus bas. En outre, ils ont procédé à la vente aux niveaux atypiques de céréales qui leur semblait donc être plus rentables réduisant les stocks alimentaires à des niveaux plus faibles que d'habitude.
    • En outre, les productions céréalière et arachidière 2013/14 au niveau national ont baissé respectivement de 20 pour cent et 21 pourcent par rapport à la moyenne quinquennale en raison des déficits pluviométriques. Cela a contribué aussi à l'accès limitée à la nourriture pour les ménages pauvres dans le bassin arachidier. Par conséquent, cette zone sera en insécurité alimentaire de type Stress (Phase 2 de l’IPC) d’ici septembre.
    • Les réalisations en arachide pour la nouvelle campagne risquent de connaitre une baisse par rapport à la moyenne en raison des difficultés de commercialisation de cette année pour lesquelles on ne s’attend pas à un changement notoire selon les prévisions de la Banque Mondiale. Ceci, avec des prévisions indiquant une probabilité accrue de précipitations inférieures à la moyenne cette saison, suggère que la production d'arachide 2014/15 pourrait être encore inférieure à la moyenne.

    Importance de la culture de l’arachide dans l’économie sénégalaise et pour les populations

    Le Sénégal demeure le plus grand exportateur mondial d’huile d’arachide (Schéma 1). Au Sénégal, l’arachide est cultivée sur environ 40 pourcent des terres cultivées, employant environ 60 pourcent de la population rurale, soit plus d’un million de personnes. Plus précisément, la filière arachide constitue la principale source de revenus monétaires pour le monde rural dans le bassin arachidier au centre du pays (zones de moyens d’existence 8 et 12 en Schéma 2). Les activités économiques et commerciales qu’entraine l’arachide peuvent être divisées en deux catégories, comme décrites ci-dessous:

    • Le secteur formel: Dans une année moyenne, 60 à 70 pourcent de la production arachidière est vendu aux canaux formels (Lettre de Politique de Développement de la Filière Arachide, 2003). Les trois grands huiliers industrielles sont SUNEOR, NOVASEN, et CAI Touba et sont orientés vers l'exportation. Les prix aux producteurs qui participent dans le secteur formel sont uniformes sur l'étendue du territoire et sont fixés durant la période de commercialisation (octobre à avril) par le gouvernement et le Comité National Interprofessionnel de l’Arachide (CNIA).
    •  Le secteur informel: Dans une année moyenne, environ 30 à 40 pourcent des arachides produites au Sénégal sont vendus aux canaux informels. Contrairement au secteur formel, les prix sur ce secteur sont libres et les producteurs peuvent vendre les arachides à tout moment de l'année.  Les prix sont généralement inférieurs au prix du secteur formel. La transformation artisanale fournit de l’huile et les tourteaux (pour la consommation animale) aux ménages et villes secondaires. L’huile de fabrication artisanale est jugée de qualité inférieure par rapport à l’huile des canaux formels.

    Le disfonctionnement du marche constaté en 2013/14

    Étant donné que la majorité de l’arachide produite au Sénégal est vendue aux canaux formels qui sont orientés vers la production de l'huile brute d'arachide pour l'exportation, les chocs sur le marché international de l'arachide peuvent avoir des implications importantes pour les revenus des ménages dans le bassin arachidier.

    En 2013/14, la demande internationale est en baisse par rapport aux années précédentes, due à une bonne disponibilité dans les pays de consommation (y inclut le plus grand importateur de l'huile d'arachide du monde, la Chine). Par conséquent, les marchés internationaux de l’huile d’arachide ont récemment subi des prix faibles, qui sont en début 2014, 38 pourcent en dessous de leur niveau de 2013, 55 pourcent en dessous de leur niveau de 2012, et plus de 30 pourcent en dessous de la moyenne quinquennale (Banque Mondiale, Schéma 3). Au Sénégal, ces perturbations coïncident avec le relèvement du prix d’achat officiel à 200 FCFA /kg (soit cinq pourcent de plus que celui de 2013). Ceci s’est traduit par une marge bénéficiaire faible pour les huileries (prix d’achat de matières premières élevé par rapport au prix de vente du produit transformé) et une baisse de leur demande pour l’arachide graine locale.

    En outre, les bons prix de 2012/13 dus à une forte demande extérieure (notamment des Chinois) ont incité les producteurs d’augmenter les superficies d’arachide (29 pour cent de celles de 2013) au détriment des céréales. Cependant, avec la sècheresse en 2013/14 la production n'a pas atteint les niveaux attendus, ni pour l'arachide, ni pour les céréales. Par contre, la production arachidière connait une baisse d’environ 21 pourcent en 2013/14 par rapport à la moyenne quinquennale (Schéma 4). De même, la production céréalière a baissé de 20 pour cent par rapport à la moyenne (Direction des analyses, de la planification et des statistiques agricoles, mars 2014).


    Implications sur le revenu et l’accès des ménages aux marchés

    Au cours de la période pic de commercialisation de l'arachide (octobre à mars), la faiblesse de la demande des grandes huileries industrielles a amené les ménages de vendre plus leurs arachides à des canaux informels au niveau des marchés hebdomadaires au lieu des centres de collecte pour les huiliers à des prix bas (15 à 20 pour cent en dessous du prix officiel). En outre, quant aux ménages pauvres, ils ont procédé à la vente de céréales qui leur semblait donc être plus rentable pour palier la mévente de leur production d’arachide. Cependant, cette stratégie de vente de céréales plus tôt que normale sur une production céréalière 2013/14 inférieure à la moyenne, explique le niveau actuel des stocks de céréales inférieur à la moyenne pour les ménages pauvres.

    En mars 2014, les programmes de soutien du gouvernement par la promesse de remboursement du manque à gagner des huiliers ont accru la demande industrielle. Cependant, seuls les grands producteurs disposent des moyens nécessaires pour conserver leurs arachides en attendant des prix plus élevés et bénéficient de cette reprise.

    Les difficultés de commercialisation dans le bassin arachidier en 2013/14 avec les prix défavorables en plus de la baisse de la production d’arachide et des céréales ont abaissé les revenus et les stocks de céréales des ménages pauvres par rapport à 2013. Ceci a donc également affecté négativement le pouvoir d’achat des ménages pauvres et très pauvres ainsi que leur accessibilité aux marchés. Par exemple à Kaolack, la vente de 1 kg des arachides coques en février 2014 permettait à une personne d’acheter 0,36 kg de riz importé ce qui représente une baisse de 29 pourcent par rapport à la moyenne quinquennale de 0,51 kg de riz (Schéma 5). Les faibles revenus limitent aussi leurs capacités d’investissement pour la nouvelle campagne agricole (2014/15).


    Perspectives de la saison agricole 2014/15 et de la sécurité alimentaire jusqu'a septembre

    Les prévisions de la Banque Mondiale n’envisagent pas des changements importants sur la dynamique sur les marchés internationaux de l’huile. Cette situation contribuera à une continuation de la faible demande industrielle et des prix des producteurs des arachides au Sénégal. Bien que les semis n’aient pas encore commencé dans la plupart du pays, il est probable que cette situation incitera les producteurs à réduire des superficies pour la culture de l’arachide au profit des céréales. En outre, les principaux centres météorologiques (IRI, ECMWF, PRESAO 17) indiquent une probabilité accrue de cumul pluviométrique inférieur ou correspondant à la moyenne pendant la saison des pluies de juin à septembre, ce qui pourrait donner lieu à une réduction des niveaux de production céréalière en 2014/15. Une production au-dessous de la moyenne fragiliserait les moyens d’existence des ménages pauvres et rehausserait leur vulnérabilité à l’insécurité alimentaire pendant la prochaine année de consommation.

    En ce qui concerne les résultats de la sécurité alimentaire jusqu’à la fin de cette année de consommation, l’épuisement précoce des stocks notamment dans le bassin arachidier crée une forte dépendance de un à deux mois plus que d’habitude des ménages aux marchés d’ici les récoltes prochaines en octobre. Les prix des céréales locales connaitront une hausse saisonnière d’ici le mois de juillet/août, tandis ceux du riz importé demeureront stables grâce aux dynamiques internationales favorables ainsi que des importations sénégalaises qui atteindront un niveau record. Les ménages pauvres des zones de mauvaise production du nord et du bassin arachidier qui sont victimes des difficultés de commercialisation et de la baisse des productions agricoles ont recours de façon atypique aux stratégies d’adaptation (la réduction des dépenses non alimentaires et les niveaux de l’exploitation forestière, la vente de paille et le recours aux emprunts plus que d’habitude) pour satisfaire leurs besoins alimentaires ce qui va continuer jusqu'aux prochaines récoltes en verts en septembre. Pendant cette période, les résultats de la sécurité alimentaire indiquent une situation de type Stress (Phase 2 de l’IPC) dans les régions affectées. En septembre, la disponibilité des récoltes en verts atténuera les difficultés alimentaires et les ménages seront en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC).

    Figures Figure 1: Ten leading exporters of groundnut oil in 2011 (in MT)

    Figure 1

    Figure 1: Ten leading exporters of groundnut oil in 2011 (in MT)

    Source: FAOSTAT

    Schéma 2 : Zones de moyens d’existence en Sénégal

    Figure 2

    Schéma 2 : Zones de moyens d’existence en Sénégal

    Source: FEWS NET

    Schéma 3 : Prix de l’arachide et l’huile d’arachide 2008-2014 (USD/MT)

    Figure 3

    Schéma 3 : Prix de l’arachide et l’huile d’arachide 2008-2014 (USD/MT)

    Source: SIM /CSA Sénégal et la Banque Mondiale

    Figure 4: Trends in groundnut production in Senegal from 2008/09 to 2013/14 (000 MT)

    Figure 4

    Figure 4: Trends in groundnut production in Senegal from 2008/09 to 2013/14 (000 MT)

    Source: CSA

    Schéma 5 : Termes d’Echange (Kg Arachide coque/ Kg Riz importé)

    Figure 5

    Schéma 5 : Termes d’Echange (Kg Arachide coque/ Kg Riz importé)

    Source: Source : Calculs de FEWS NET

    Figure 6

    Source:

    Dans le suivi à distance, un coordinateur travaille d’un bureau régional avoisinant. En comptant sur les partenaires pour les données, le coordinateur applique l’approche de développement des scenarios pour faire l’analyse et élaborer les rapports mensuels. Comme les données peuvent être moins disponibles que dans les pays avec des bureaux de FEWS NET, les rapports de suivi à distance peuvent montrer moins de détail. Pour en savoir plus sur le travail, clique ici.

    Get the latest food security updates in your inbox Sign up for emails

    The information provided on this Website is not official U.S. Government information and does not represent the views or positions of the U.S. Agency for International Development or the U.S. Government.

    Jump back to top