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La baisse de la production de céréales de 37 pour cent par rapport à la moyenne réduit la disponibilité en céréales locales particulièrement dans les régions du nord, de l’ouest et du bassin arachidier. La baisse des revenus agricoles à cause de la réduction de 51 pour cent par rapport à la moyenne de la production d’arachide, principale culture de rente du pays, réduit le pouvoir d’achat des ménages.
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L’épuisement précoce des stocks dès mars contrairement à juin en année normale prolonge plus que d’habitude la dépendance des ménages pauvres au marché et rend difficile la couverture des besoins alimentaires. Malgré le recours plus intense que d’habitude des ménages aux emprunts, à la réduction des dépenses non alimentaires les affectées seront en insécurité alimentaire aiguë de Stress (Phase 2 de l’IPC) de mars à avril et de Crise (Phase 3 de l’IPC) à partir de mai.
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Le déficit de pâturage dans les zones du nord et du centre affectera négativement les productions animales et par conséquent le pouvoir d’achat des éleveurs. Le risque élevé de mortalité de bétail à partir d’avril réduira les moyens d’existence des ménages agropasteurs et éleveurs.
Zone | Anomalies Courantes | Anomalies Projetées |
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National |
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Sud du pays |
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La baisse de la production de céréales et de l’arachide respectivement d’environ 37 et 51 pour cent de la moyenne (Direction d'analyse, de la prévision et des statistiques agricoles) réduit la disponibilité en céréales locales et les revenus agricoles pour les ménages agropasteurs. La campagne des cultures de contre saison maraichères et de riz en cours dans la vallée du fleuve Sénégal constitue un espoir afin d’atténuer les conséquences de la baisse de production pour la saison principale. La faible disponibilité en eau dans certaines retenues risque de limiter cette production maraichère qui restera moyenne de janvier à avril dans l’ensemble. Les récoltes du riz attendues en mai-juin amélioreront la disponibilité en cette denrée dans la zone nord.
La disponibilité actuelle des productions agricoles bien que faible diminue comme d’habitude la dépendance des ménages pauvres aux marchés pour le moment ; ce qui met présentement la majorité des ménages dans une situation d’insécurité alimentaire minimale (Phase 1 de l’IPC). Toutefois, la mauvaise production agricole limite la couverture en mois de consommation des stocks qui s’épuiseront plus précocement que pendant une année moyenne ; ce qui rehausse la vulnérabilité des ménages à l’insécurité alimentaire. La soudure précoce dès mars/avril qui en découle ne permet pas aux ménages pauvres des régions de Thiès, Louga, Matam et le nord de Tambacounda de couvrir convenablement leurs besoins alimentaires à partir de mars. Ils seront ainsi en situation de Stress (Phase 2 de l’IPC).
Les disponibilités de céréales sur les différents marchés sont moyennes pour les céréales locales et importantes pour le riz importé pour lequel d’importants stocks sont disponibles au niveau des commerçants. Les prix du mil/sorgho sont stables ou en baisse par rapport au mois passé et légèrement supérieurs d’environ quatre pour cent par rapport à la moyenne. Quant au prix du riz importé, principale denrée consommée, il reste stable par rapport au mois passé et inférieur d’environ sept pour cent par rapport à la moyenne. Les prix des denrées suivront la tendance saisonnière de hausse de février à juin mais plus marquée pour les céréales locales à cause de la mauvaise production agricole. Le prix de l’arachide est fixé à 200 FCFA/kilogramme soit une hausse d’environ 12 pour cent par rapport à la moyenne. Malgré ce prix, les producteurs en besoins pressant d’espèce se voient obligés de vendre à des prix inférieurs sur les marchés à cause du retard dans la mise en place du fond de commercialisation de l’arachide.
Les marchés à bétail sont de plus en plus animés et le seront plus surtout dans les zones du nord où les éleveurs procèderont à plus de vente en vue de limiter les conséquences du déficit de pâturage sur leurs troupeaux. Les prix du bétail en hausse de six pour cent par rapport à la moyenne connaitront une dégradation à cause de la soudure précoce attendue dès mars. La baisse de la valeur marchande du bétail et des productions animales réduira le revenu des ménages d’éleveur ; ce qui limite leur accessibilité aux marchés.
Les sources habituelles de revenus constituées de la migration des bras valides en cours et qui connait une intensification par rapport à la moyenne, des activités de mains d’œuvre agricoles et non agricoles, de l’exploitation de la forêt et des petits métiers, procureront des revenus moyens aux ménages. Les revenus moyens issus de ces sources ne permettront pas aux ménages pauvres d’accéder correctement aux marchés pendant la période plus longue que d’habitude. Les ménages pauvres de la bande frontalière ont connu une baisse de revenus et une diminution des moyens d’existence suite à la perturbation des mouvements de personnes et de biens à cause de la fermeture des frontières. La réouverture des frontières le 25 janvier 2015 constitue une opportunité de relance des activités économique afin de soulager les populations frontalières.
L’épuisement précoce des stocks paysans en mars particulièrement dans les régions de Thiès, Louga, Matam et le nord de Tambacounda rehausse très tôt la demande en céréales locales. La hausse des prix pour ces denrées (mil, maïs) qui en résulte face à la baisse de revenus consécutive aux faibles opportunités de travail dans le domaine agricole et celle des revenus de ventes de récolte ne permettront pas aux ménages pauvres d’accéder régulièrement aux marchés. Les ménages pauvres en difficulté intensifieront plus que d’habitude les emprunts, l’exploitation forestière, les ventes de biens et réduiront drastiquement les dépenses autres que alimentaires pour satisfaire leurs besoins alimentaires. Les ménages pauvres alors en difficulté seront en situation de Stress (Phase 2 de l’IPC) dès mars 2015. La dégradation de la consommation alimentaire en mai avec le durcissement de la soudure qui s’est installée plus tôt que prévu ainsi que la hausse habituelle des prix des céréales ne permettent pas aux ménages de faire face à la fois aux dépenses alimentaires et aux besoins financiers de la nouvelle campagne agricole. Les ménages ont alors recours à des stratégies de diminution du volume des repas, de réduction du nombre de repas, de vente de biens productifs et ou de décapitalisation pour les éleveurs ; ce qui rehausse leur vulnérabilité. Il s’en suit que les ménages en dehors de tout appui seront donc en insécurité alimentaire de Crise (Phase 3 de l’IPC) à partir de mai.
Source : FEWS NET
Dans le suivi à distance, un coordinateur travaille d’un bureau régional avoisinant. En comptant sur les partenaires pour les données, le coordinateur applique l’approche de développement des scenarios pour faire l’analyse et élaborer les rapports mensuels. Comme les données peuvent être moins disponibles que dans les pays avec des bureaux de FEWS NET, les rapports de suivi à distance peuvent montrer moins de détail. Pour en savoir plus sur le travail, clique ici.