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- Entre juin 2026 et janvier 2027, les résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) prédomineront dans le nord‑est, sud‑est et nord‑ouest, en raison de l’épuisement des stocks, d’une forte dépendance aux marchés dans un contexte d’insécurité persistante, de perturbations continues des flux commerciaux et de revenus limités. Malgré les améliorations saisonnières attendues après la période de soudure à partir d’octobre dans le nord et juillet au sud, les ménages pauvres et déplacés continueront de faire face à des déficits de consommation dans les zones d’insécurité en raison de la production insuffisante, de l’insécurité persistante et de prix élevés.
- Une amélioration saisonnière vers des résultats de Stress (Phase 2 de l’IPC) est attendue dans les zones du centre et du sud à partir de juillet, avec l’arrivée progressive des premières récoltes et l’augmentation des revenus agricoles. Toutefois, en raison de revenus limités et de prix élevés, les zones enclavées ou touchées par l’insécurité resteront en Crise (Phase 3 de l’IPC) jusqu’à la fin de la saison des pluies.
- Dans le sud‑ouest, les ménages devraient rester en Stress (Phase 2 de l’IPC) tout au long de la période, soutenus par une disponibilité plus stable du manioc, des récoltes précoces et une exposition moindre à l’insécurité. Toutefois, les contraintes économiques, notamment les prix élevés et les revenus limités, continueront de restreindre leur capacité à couvrir les dépenses non alimentaires essentielles.
- FEWS NET estime qu’environ 750 000 à 999 999 de personnes pourraient avoir besoin d’une assistance alimentaire, avec le pic entre juin et août pour prévenir une détérioration supplémentaire des conditions. Malgré l’amélioration saisonnière attendue à partir de juillet avec l’arrivée des premières récoltes au sud, de nombreux ménages pauvres dans les zones affectées par le conflit continueront de faire face à des déficits alimentaires.
L’analyse présentée ici est basée sur les informations disponibles au 22 juin 2026.
En République centrafricaine (RCA), la majorité des ménages dépendent de l'agriculture pour leurs moyens d’existence. La production vivrière, le travail agricole saisonnier, la vente de volaille et de petits ruminants, la pêche, la chasse, et la cueillette constituent les principales sources de nourriture et de revenu. Le manioc, disponible toute l’année, demeure le principal aliment de base. D’autres cultures vivrières sont le maïs, le sorgho, le mil, l’arachide et le riz. Les dynamiques saisonnières varient entre la zone bimodale du sud, où la période de soudure s’étend d'avril à juin avant la récolte de maïs et d'arachides de juillet, et la zone unimodale du nord, où la soudure s’étale de juillet à septembre suivie de la récolte du mil et du sorgho en octobre. Bien que le pays soit généralement autosuffisant en céréales locales (maïs, mil, sorgho), la résilience reste très faible et les stocks sont limités. Il dépend donc encore des importations de céréales, en particulier de riz.
La RCA a connu des conflits et une insécurité persistante, marqués par de fréquents coups d'État, des soulèvements militaires et un régime autoritaire. La situation s'est considérablement détériorée en 2013 lorsqu'une coalition de rebelles a renversé le gouvernement, entraînant de violents affrontements sectaires. Le pays reste en proie à l'instabilité, des groupes armés contrôlant de vastes territoires, notamment à l’est du pays. Parallèlement, la République centrafricaine est riche en ressources naturelles, ce qui a exacerbé les conflits alors que différents groupes se disputent le contrôle des mines. Bien que la fréquence et l’intensité du conflit sont restées inférieures aux pics observés en 2021, les violences contre les civils et les attaques menées par des groupes armés se sont intensifiées depuis la fin 2024, en particulier dans les préfectures du Haut‑Mbomou, de l’Ouham‑Pendé et de la Vakaga. En avril 2025, le gouvernement a signé un accord de cessez-le-feu avec l’Union pour la paix en République centrafricaine (UPC) et Retour, Réclamation, Réhabilitation (3R). Malgré ce cessez-le-feu, les affrontements entre les forces armées centrafricaines (FACA),soutenues par les forces partenaires rwandaises et des sociétés militaires privées russes, et les groupes armés non étatiques se sont poursuivis. Dans ce contexte, le groupe Azandé Ani Kpi Gbè (AAKG) a progressivement passé d’une force locale d’autodéfense à un mouvement opposé au gouvernement, consolidant son influence dans le Haut-Mbomou. Bien que les déplacements internes de populations aient globalement diminué en faveur des retours, les déplacements continuent de croître dans le sud-est et le nord-ouest en raison de l’insécurité, des inondations et des conflits liés à la transhumance, exacerbés par l’accès limité aux ressources et la présence persistante de groupes armés. Par ailleurs, la frontière Soudan–RCA est devenue un foyer actif de tensions. Les combats au Darfour poussent des civils vers la Vakaga, tandis que des incidents à Am Dafok menacent une des rares routes commerciales, aggravant l’insécurité alimentaire des communautés frontalières.
Le conflit est le principal facteur de l’insécurité alimentaire aiguë en RCA. Malgré une pauvreté chronique répandue, amplifiée par des problèmes structurels comme le manque d'infrastructures et de services sociaux de base, l'insécurité alimentaire aiguë est globalement jugulée grâce à un environnement agro climatique favorable marqué par des précipitations régulières et abondantes. La production agricole reste toutefois limitée par des pénuries de semences et un accès restreint aux intrants, ce qui réduit les rendements et maintient les stocks à un niveau faible. Les ménages demeurent dépendants des achats alimentaires, complétés par des céréales locales et importées, durant la période de soudure. En l'absence d'un choc, la plupart des ménages parviennent à répondre à leurs besoins essentiels en kilocalories. Cependant, l'insécurité civile qui limite l'accès aux champs, en entraînant une réduction et un abandon des surfaces cultivées, limite la capacité des ménages à se nourrir et à mener leurs activités génératrices de revenu. De plus, la baisse de la production agricole et la perturbation des marchés entraînent une augmentation des prix des denrées alimentaires, ce qui restreint davantage l'accès des ménages à la nourriture.
Outre les conflits, le pays subit fréquemment des chocs multiples, tels que les inondations saisonnières. Les inondations qui culminent généralement entre mi-août et septembre, causent souvent des dommages aux infrastructures et aux biens des ménages. Le mauvais état des routes et l’isolement géographique de certaines zones, combinées à des prix du carburant parmi les plus élevés de la région, exacerbent les coûts de transport et des prix des denrées alimentaires dans tout le pays et plus particulièrement dans les zones touchées par les conflits. Les opportunités économiques sont limitées, surtout dans les régions orientales peu peuplées et éloignées, ce qui limite la capacité des ménages à se remettre des chocs successifs. De plus, l'afflux de réfugiés des pays voisins comme les Soudans et la République démocratique du Congo (RDC), contribue à accroitre les besoins humanitaires tout au long de l’année.
En savoir plus
Les liens suivants fournissent des informations supplémentaires :
- Dernier République Centrafricaine Rapport sur les Perspectives sur la Sécurité Alimentaire : février 2026 – septembre 2026
- Dernier République Centrafricaine Mise à jour des messages clés : mai 2026
- Aperçu de la méthodologie de développement de scénarios de FEWS NET
- L’approche de FEWS NET pour estimer la population dans le besoin
- Aperçu des analyses IPC et IPC-compatible
- L'approche de FEWS NET en matière d'analyse de l'assistance alimentaire humanitaire
La situation sécuritaire reste globalement dégradée, avec des dynamiques différenciées dans le nord‑ouest, le nord‑est et le sud‑est. Une baisse relative des affrontements directs est observée dans le nord‑ouest par rapport au pic des violences en 2021 à 2024, tandis que les violences contre les civils (pillages, extorsions, enlèvements) restent répandues. Toutefois, les violences contre les civils et les contraintes d’accès persistent, notamment au Ouham-Pendé, Ouham et Ouham-Fafa. Dans la Nana-Mambéré, les données d’ACLED indiquent une situation sécuritaire stabilisée à un niveau d’intensité nettement inférieur au pic observé en 2021, ce qui concorde avec les rapports récents faisant état d’une amélioration de l’environnement sécuritaire. Dans le sud‑est, au Haut‑Mbomou, des foyers d’intensifications persistent, avec l’activisme de groupes locaux, y compris l’escalade récente des activités AAKG. Dans le nord est, en particulier dans la Vakaga, l’insécurité se manifeste par des incidents localisés et une instabilité persistante, contribuant à des déplacements et à un accès limité aux moyens d’existence.
Bien que le déplacement interne demeure élevé, le nombre de personnes déplacées diminue régulièrement depuis cinq ans, les niveaux récents étant aussi bas que ceux observés entre 2015 et 2017. Des déplacements récents sont toutefois signalés dans le sud‑est, notamment au Haut‑Mbomou, à la suite d’affrontements. Parallèlement, la RCA accueille plus de 52 000 réfugiés en provenance des pays voisins, particulièrement de Soudan (d'où proviennent environ 70 pour cent des réfugiés), notamment à Birao dans la région de la Vakaga. Le nombre des déplacés vivant en familles d’accueil maintient une pression sur les ressources locales et une dépendance prolongée à l’assistance.
Malgré un début opportun de la saison des pluies et des cumuls proches à supérieurs à la moyenne dans une grande partie du pays, des déficits localisés ont été observés en mai dans certaines zones du nord‑est et du nord‑ouest. Dans certaines zones (notamment la Vakaga), où les précipitations ont été plus irrégulière, les conditions de végétation demeure en dessous de la normale avec des signes de stress hydrique localisés. Toutefois, dans un contexte globalement favorable, les déficits localisés à ce stade ont des impacts limités sur les activités agricoles. Des inondations localisées ont été signalées dans le Mbomou, ayant entraîné la destruction d’habitations ainsi que des pertes de biens ménagers et de stocks alimentaires.
Les mouvements de transhumance restent perturbés dans plusieurs zones en raison de contraintes sécuritaires persistantes et d’un accès limité aux ressources pastorales. Dans certaines zones, le bétail demeure concentré près des zones sécurisées, augmentant les risques de pression sur les ressources et de tensions entre éleveurs et agriculteurs.
Dans le sud-est et le nord-ouest, les marchés fonctionnent de manière limitée en raison de l’insécurité, des coûts élevés de transport, et du mauvais état des routes, malgré une situation globalement fonctionnelle ailleurs dans le pays. Dans les zones impactées par le conflit, la disponibilité des denrées de base reste contrainte et leurs prix demeurent élevés. Après une relative stabilité durant la période post‑récolte de fin 2025, les prix des denrées alimentaires ont affiché une tendance haussière par rapport à l’année précédente dans quelques zones (Figure 1). Selon REACH, le coût médian du panier minimum de survie (PMAS)1 a augmenté de 4 pour cent entre février et avril 2026 au niveau national, reflétant l’augmentation des prix du manioc, de l’huile et du riz. Les hausses de PMAS les plus marquées ont été enregistrées à Bangassou dans la préfecture du Mbomou (60 pour cent), ainsi qu’à Mobaye dans la Basse-Kotto et Zémio dans le Haut-Mbomou (18 pour cent), en lien avec la rareté des produits et les difficultés d’approvisionnement. Les contraintes persistantes continuent de perturber les flux commerciaux, limitant fortement l’accès économique des ménages à la nourriture.
Les flux commerciaux internes et transfrontaliers restent perturbés. Bien que le corridor Douala–Bangui demeure fonctionnel, les coûts logistiques élevés, les retards fréquents, l’insécurité et la dégradation des routes limitent les volumes importés. Les échanges avec Soudan sont quasi inexistants, et ceux du Tchad restent très limités, en lien avec l’insécurité persistante le long des corridors nord et les difficultés d’accès aux postes frontaliers. Les échanges fluviaux depuis la RDC et le Congo se poursuivent, mais leur contribution demeure insuffisante. Dans l’ensemble, les disponibilités des produits diminuent, particulièrement dans les zones enclavées ou affectées par l’insécurité, où les marchés dépendent fortement des importations et des axes de transport.
Assistance alimentaire humanitaire
L’assistance alimentaire se poursuit pendant la période de soudure mais reste globalement insuffisante au regard des besoins. Depuis janvier, environ 84 000 personnes ont reçu l’assistance alimentaire, un niveau comparable à celui observé à la même période en 2025. Toutefois, des disparités persistent entre les groupes de population : les réfugiés reçoivent généralement des rations plus élevées que les autres ménages. Par ailleurs, les contraintes financières persistantes limitent la couverture et la régularité des distributions, accentuant ainsi les risques de ruptures d’assistance.
À Birao et à Zemio, plus de 25 pour cent des ménages bénéficient depuis avril-mai d’une assistance alimentaire couvrant 80 pour cent des besoins sur une période de six mois. Toutefois, à Birao, les réfugiés constituent les principaux bénéficiaires de cette aide, tandis que la couverture des populations hôtes demeure inférieure à 25 pour cent. Les évaluations de REACH , ACRED, et Triangle menées en 2025 et 2026 montrent que, dans un contexte où les niveaux d’assistance alimentaire humanitaire étaient similaires à ceux observés actuellement, de nombreux ménages continuaient de faire face à des besoins alimentaires non satisfaits et considéraient l’assistance comme une source marginale et négligeable d’alimentation. À Zemio, la dégradation de la situation sécuritaire continue d’entraver l’acheminement de l’aide. Dans ce contexte, l’assistance en cours devrait avoir un impact limité sur les résultats en matière de sécurité alimentaire. Les ménages continuent dès lors de recourir à des stratégies d’adaptation négatives. Selon le PAM , en 2025, face à une assistance humanitaire insuffisante ou imprévisible, les ménages ont eu recours à la consommation de semences, compromettant ainsi les perspectives de production agricole future. Par conséquent, l’impact de l’assistance alimentaire sur les ménages est probablement limité.
Dans les préfectures du nord‑est, notamment la Vakaga et la Haute‑Kotto, des résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) sont observés. Malgré la poursuite de l’assistance alimentaire, les perturbations de chaîne d’approvisionnement, les contraintes logistiques et le ciblage empêchent l’assistance d’améliorer de manière significative les résultats de l’insécurité alimentaire. L’insécurité persistante et les déplacements de population limitent l’accès aux champs et aux activités productives, entraînant une baisse de la production et des revenus agricoles. Les ménages font face à une soudure précoce liée à l’épuisement anticipé des stocks, ce qui les rend fortement dépendants des marchés. Dans un contexte de marchés dysfonctionnels et de prix durablement élevés, le pouvoir d’achat des ménages est fortement contraint. Cette combinaison limite l’accès économique à la nourriture, entraînant des déficits de consommation alimentaire avec la réduction du nombre de repas et la diminution des portions. Les ménages recourent à des stratégies d’adaptation telles que l’endettement et à la vente de biens.
Dans les préfectures du nord‑ouest, notamment l’Ouham, l’Ouham‑Fafa, l’Ouham‑Pendé et la Lim‑Pendé, des résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) sont également observés. Malgré une baisse relative des affrontements, l’insécurité continue de perturber les activités agricoles, le commerce et les flux de transhumance, limitant les sources de revenus des ménages. La forte dépendance au marché, combinée à des prix élevés et à une disponibilité alimentaire irrégulière, réduit la capacité des ménages à accéder à la nourriture. Les revenus issus du travail agricole et des activités informelles restent insuffisants pour compenser les coûts alimentaires élevés, ce qui entraîne des déficits de consommation et le recours à l'emprunt, la vente des actifs productifs et la consommation des stocks de semences.
Dans le sud‑est, notamment dans la préfecture du Haut‑Mbomou, des résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) sont observés dans l’ensemble de la préfecture. La période de soudure, généralement entre avril et juin, est marquée par un épuisement des stocks et une dépendance accrue aux marchés avec des prix élevés qui limitent l’accès à l’alimentation. La situation est particulièrement sévère à Zémio, où l’intensification récente de l’insécurité restreint fortement les mouvements et désorganise les chaînes d’approvisionnement. Cela entraîne une réduction de la disponibilité locale des denrées alimentaires et une hausse marquée des prix, aggravant la détérioration du pouvoir d’achat. Dans ce contexte, les ménages pauvres et déplacés sont incapables de couvrir leurs besoins alimentaires minimaux sans recourir à des stratégies d’adaptation sévères comme la récolte des cultures immatures et consommation des stocks de semences.
Dans les préfectures du centre et du sud‑est, notamment dans l’Ouaka (Bakala et Ippy), la Nana-Mambéré, la Basse‑Kotto, et le Mbomou, des résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) sont observés en juin. Cette situation est liée au pic de la soudure, à l’épuisement des stocks et à une dépendance au marché dans un contexte de prix élevés. Les ménages pauvres, dont les revenus reposent principalement sur la main‑d’œuvre agricole et les activités informelles, font face à des opportunités limitées à cette période. Ainsi, leurs revenus ne permettent pas de compenser les prix élevés des denrées alimentaires, ce qui réduit leur accès à la nourriture. Les ménages recourent à des stratégies d’adaptation érosives telles que la vente d’actifs productifs, l’endettement et la réduction des dépenses essentielles.
Toutefois, dans d’autres zones du centre et sud-ouest, notamment dans la Mambéré, la Mambéré-Kadéi, le Lobaye, la Sangha-Mbaéré, le Kémo, la Nana‑Gribizi et l’Ombella‑M’Poko, les ménages sont en Stress (Phase 2 de l’IPC). Un meilleur fonctionnement des marchés et des sources de revenus relativement plus stables permet de couvrir les besoins alimentaires minimaux, bien que les dépenses non alimentaires restent difficiles à satisfaire. Toutefois, dans les zones enclavées de Bayanga et Bambio à la Sangha-Mbaéré des résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) sont observés en juin. Dans ces localités, l’enclavement associé à la détérioration des axes routiers pendant la saison des pluies réduit davantage les flux d’approvisionnement et l’approvisionnement des marchés, entraînant une forte hausse saisonnière des prix et une réduction accrue de la disponibilité alimentaire. Les ménages, dépendants du marché, ne disposent pas de revenus suffisants pour acquérir des vivres, ce qui entraîne des déficits de consommation alimentaire.
À Bangui, les ménages pauvres et les personnes déplacés internes (PDI) urbains sont en Stress (Phase 2 de l’IPC), avec une dépendance au marché pour leur alimentation. Les ménages pauvres tirent principalement leurs revenus d’activités informelles, telles que le petit commerce, le transport, et la main‑d’œuvre journalière, caractérisés par une forte irrégularité et des niveaux de revenus limités. Les prix des denrées alimentaires restent élevés et supérieurs à la normale, ce qui réduit significativement le pouvoir d’achat dans ce contexte. La situation des PDI est encore plus précaire, en raison de leur accès limité aux opportunités de revenus, de l’absence d’actifs productifs et de leur dépendance accrue aux mécanismes de solidarité communautaire et à une assistance humanitaire insuffisante et irrégulière. La pression exercée par les PDI sur les ressources urbaines, notamment sur les ménages d’accueil, contribue également à diluer les revenus disponibles et à réduire la capacité globale des ménages à satisfaire leurs besoins. Bien que les marchés restent globalement approvisionnés, les ménages parviennent à couvrir leurs besoins alimentaires et non-alimentaires minimaux en recourant de manière continue à des stratégies d’adaptation telles que les achats à crédit et l’arbitrage entre dépenses alimentaires et non alimentaires.
Source: Estimations de FEWS NET à partir des données du PAM
- L’insécurité devrait continuer à un niveau comparable à l’année dernière. Les combats entre les forces gouvernementales et les groupes armés devraient se poursuivre, dans un contexte de fragmentation durable de ces derniers, de progrès limités du désarmement et de violences continues contre les populations civiles. Ces dynamiques resteront particulièrement marquées dans les préfectures du nord-est, sud-est, et nord-ouest avec la poursuite des violences contre les civils persistante, la convoitise des zones minières et les attaques visant les principaux axes de circulation. Ces violences maintiendront des niveaux élevés de déplacement et un accès aux marchés restreint.
- La saison des pluies devrait se poursuivre avec des cumuls globalement similaires à inférieure à la moyenne à l’échelle nationale entre juillet et septembre, avec des pluies supérieures à la moyenne attendu au sud et ouest. Bien que la répartition irrégulière des pluies soit attendue, les perturbations des activités agricoles devraient être limitées, avec des impacts localisés dans les zones les plus exposées.
- La production agricole nationale devrait être globalement moyenne, mais avec des déficits dans les zones enclavées ou affectées par l’insécurité. Des niveaux inférieurs à la moyenne sont attendus notamment dans les préfectures de la Vakaga, la Haute‑Kotto, le Haut‑Mbomou, ainsi que dans certaines parties des zones du Ouaka et la Basse‑Kotto et du nord‑ouest, en raison d’un accès limité aux terres, des déplacements de population et des perturbations persistantes. Ces déficits localisés entraînent une dépendance aux marchés et aux importations, en particulier pendant la période de soudure.
- Dans les zones affectées par l’insécurité, les activités agricoles, les opportunités de travail et les revenus resteront en dessous de la moyenne tout au long de la période à cause de l’accès restreint aux champs, la réduction des superficies cultivées et des déplacements.
- Les prix des denrées alimentaires devraient suivre les variations saisonnières propres aux zones géographiques du nord et du sud du pays. Dans les marchés du nord, les prix devraient atteindre leur pic entre juillet et septembre pendant leur période de soudure. Par contre au sud, les prix devraient rester relativement stables ou enregistrer une légère baisse avec l’arrivée des premières récoltes à partir de juin/juillet.
- Dans les zones affectées par les conflits, les prix devraient rester supérieurs à la moyenne tout au long de la période de projection (Figure 2). Dans l’ensemble du pays, les prix devraient rester similaires à la moyenne mais élevés sous l’effet des coûts de transport, des perturbations des flux commerciaux et de l’insécurité, avec tout de même une relative baisse saisonnière attendue à partir des récoltes.
- Les flux commerciaux devraient rester inférieurs à la normale dans les zones enclavées et affectées par l’insécurité, avec des flux relativement stables dans les zones mieux connectées telles que Bangui, le sud‑ouest et certaines parties du centre. Le corridor Douala–Bangui devrait continuer d’assurer l’essentiel de l’approvisionnement, mais continuera de faire face à des coûts logistiques élevés, des restrictions liées aux escortes sécuritaires et à des tracasseries le long des axes. Les importations alimentaires devraient rester inférieures à la normale, tandis que la hausse des coûts du transport et des intrants devrait continuer de maintenir des prix élevés.
- Les pressions sur les marchés internationaux et les contraintes logistiques persistantes maintiendront à un niveau élevé les coûts du carburant et du transport, en particulier le long des corridors d'approvisionnement en la RCA, contribuant ainsi à des niveaux de prix élevés.
- Les perspectives macroéconomiques devraient rester faiblement favorables, dans un contexte d’insécurité persistante, de contraintes budgétaires et de pénuries de carburant. La croissance du PIB réel est projetée autour de 2,3 à 2,9 pour cent en 2026, soutenue par la reprise progressive des activités forestières, minières et commerciales ainsi que par les investissements publics et l’appui des partenaires techniques et financiers. L’inflation devrait rester supérieure à l’objectif régional de 3 pour cent de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC), en raison des coûts élevés de transport et des contraintes d’approvisionnement. Les principaux risques concernent l’insécurité persistante, les pénuries et de carburant et la crise énergétique, les réserves financières publiques limitées, le financement des marchés régionaux imprévisibles et coûteux et la crise au Moyen-Orient.
- Les mouvements de transhumance devraient rester perturbés et inférieurs à la normale en raison de l’insécurité. La dispersion des troupeaux pendant la saison des pluies restera limitée dans les zones les plus affectées, tandis qu’à partir de décembre, les mouvements saisonniers reprendront mais avec des itinéraires restreints et des risques accrus de tensions.
- La production animale devrait rester inférieure à la moyenne dans le nord, en raison de l’insécurité, des perturbations de la transhumance et des vols de bétail.
- Bien qu’aucune inondation généralisée ne soit attendue, des inondations fluviales localisées demeurent probables pendant la saison des pluies dans les zones riveraines du sud‑est, notamment dans les préfectures du Mbomou, de la Basse‑Kotto et du Haut‑Mbomou. Ces inondations devraient provoquer des pertes localisées de cultures, des dommages matériels et des perturbations temporaires des marchés.
Assistance alimentaire humanitaire
L’assistance alimentaire devrait se poursuivre en 2026, avec des plans visant environ 825 000 personnes. Toutefois, le financement très limité, avec 10 pour cent des besoins de financement de l’assistance alimentaire humanitaire couverts, continuera de restreindre la couverture, la fréquence et les volumes distribués, qui devraient rester inférieurs aux niveaux planifiés. À Birao et à Zemio, les distributions en cours, couvrant plus de 25 pour cent des ménages avec environ 80 pour cent des besoins alimentaires, devraient se poursuivre jusqu’en septembre. Cependant, à Zemio, l’insécurité persistante continuera probablement d’entraver l’accès humanitaire et de limiter la régularité des distributions.
Malgré la poursuite des interventions, les objectifs de couverture prévus à l’échelle nationale ne sont pas atteints. Par conséquent, l’assistance devrait demeurer irrégulière et insuffisante, avec un impact globalement limité sur les résultats de sécurité alimentaire.
Entre juin et septembre 2026, les préfectures du nord‑est et du nord‑ouest — notamment la Vakaga, la Haute‑Kotto, l’Ouham, l’Ouham‑Pendé, l’Ouham-Fafa, et la Lim‑Pendé — devraient maintenir des résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC). Malgré l’engagement saisonnier des ménages dans les activités agricoles, ainsi que dans la cueillette et la chasse, les revenus tirés de ces activités devraient rester limités. L’insécurité persistante continuera de restreindre l’accès aux terres cultivables et aux ressources naturelles, réduisant à la fois la production et les opportunités de main‑d’œuvre agricole. Par ailleurs, les perturbations des flux commerciaux et le dysfonctionnement des marchés limiteront les débouchés pour la vente des produits de cueillette et du gibier. Dans ce contexte, les ménages resteront fortement dépendants des marchés alors que leurs revenus sont insuffisants pour faire face aux prix élevés des denrées alimentaires en période de soudure et aux des déficits de consommation alimentaire avec la réduction du nombre de repas et la diminution des portions. Les ménages pauvres et déplacés, dont les moyens d’existence sont érodés, continueront de recourir à des stratégies d’adaptation sévères telles que l’endettement et la vente d’actifs. Dans l’Ouham-Fafa, l’insécurité persistante devrait continuer de restreindre l’accès des ménages à la nourriture et aux marchés, entraînant le maintien des résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC).
Entre octobre 2026 et janvier 2027, les préfectures du nord‑est et nord‑ouest devraient maintenir des résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC), malgré l’amélioration saisonnière liée aux récoltes. Les récoltes inférieures à la moyenne, issues des faibles superficies cultivées en raison de l’insécurité persistante, amélioreront temporairement la disponibilité alimentaire, sans vraiment combler les écarts de nourriture sur la période. Ces récoltes ne pourraient couvrir que deux à trois mois de besoins. Une fois ces stocks épuisés, les ménages redeviendront dépendants des marchés dans un contexte de faibles revenus et de prix élevés. Les opportunités de revenus post‑récolte resteront limitées en raison du faible excédent commercialisable et du fonctionnement contraint des marchés. Ainsi, malgré l’amélioration de la disponibilité, les ménages ne disposeront pas d’un accès économique suffisant à la nourriture et continueront de faire face à des déficits de consommation alimentaire. Ils continueront à recourir à des stratégies d’adaptation négatives comme la vente d’actifs.
Entre juin 2026 et janvier 2027, dans le Haut‑Mbomou, les résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) devraient également se maintenir. L’insécurité prolongé continuera de limiter la mobilité des ménages ainsi que leur accès aux champs et aux marchés, réduisant fortement leur capacité à convertir les activités saisonnières en revenus effectifs. La faible production agricole, combinée à la persistance des incidents de conflit, contribuera à une érosion des moyens d’existence. Dans ce contexte, les contraintes d’approvisionnement et la forte dépendance aux marchés entraîneront des déficits persistants de consommation alimentaire.
Les préfectures de l’Ouaka, de la Basse‑Kotto, la Nana-Mambéré et du Mbomou devraient rester globalement en Crise (Phase 3 de l’IPC) jusqu’en juin pendant la soudure ; à partir de juillet, une amélioration à Stresse (Phase 2 de l’IPC) est attendue. L’arrivée des premières récoltes en juillet et la reprise des activités agricoles permettront une amélioration progressive de la disponibilité alimentaire reconstituant leurs stocks alimentaires et des revenus à travers la vente des produits agricoles. Dans la Nana-Mambéré, l’amélioration des conditions sécuritaires devrait permettre aux ménages de reprendre l’accès aux champs et de bénéficier de la production agricole après la soudure, soutenant une amélioration à Stresse (Phase 2 de l’IPC). L’accès à la nourriture permet aux ménages de couvrir leurs besoins alimentaires minimums.
À Bakala et Ippy au Ouaka, les contraintes sécuritaires persistantes et le fonctionnement limité des marchés devrait maintenir de résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) jusqu’en septembre, avant une amélioration vers Stress (Phase 2 de l’IPC) à partir d’octobre, grâce à l’amélioration de la disponibilité alimentaire et à une reprise progressive du fonctionnement des marchés. Les données récentes sur le fonctionnement des marchés après les récoltes en début d’année suggèrent en effet une amélioration relative, liée à la diminution saisonnière des difficultés d’accès routier pendant la saison des pluies et à une meilleure disponibilité des produits agricoles. Toutefois, les revenus resteront insuffisants pour couvrir les dépenses non alimentaires.
Dans les préfectures du centre et sud-ouest, les résultats de Stress (Phase 2 de l’IPC) devraient se maintenir entre juin et janvier 2027. Les ménages y seront engagés dans les activités agricoles saisonnières, la cueillette et de petites activités génératrices de revenus, ce qui leur permettra de disposer de ressources suffisantes pour couvrir leurs besoins alimentaires minimums. En outre, l’accès relativement plus favorable aux marchés soutiendra la disponibilité alimentaire et les échanges. Cependant, les revenus resteront limités et irréguliers, en particulier pour les ménages pauvres, les empêchant de couvrir pleinement leurs besoins non alimentaires essentiels où les ménages devront ainsi arbitrer leurs dépenses.
Dans le sud‑ouest enclavé, notamment à Bayanga et Bambio à la Sangha-Mbaéré, les résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) devraient persister jusqu’au début des récoltes en juillet, en raison du mauvais fonctionnement des marchés et des contraintes d’accès liées à l’enclavement. À partir de juillet, dans un contexte des prix élevés, l’amélioration progressive de la disponibilité alimentaire et de l’accès aux marchés permettra une amélioration vers le Stress (Phase 2 de l’IPC).
À Bangui, les résultats de Stress (Phase 2 de l’IPC) devraient se maintenir jusqu’en janvier 2027. La dépendance au marché des ménages pauvres et déplacés, combinée à des revenus issus du secteur informel faibles et instables, continuera de limiter le pouvoir d’achat. Cependant, l’amélioration des approvisionnements alimentaires, liée à la période post‑récolte, devrait modérer les prix et améliorer légèrement le pouvoir d’achat. Entre juin et septembre, malgré l’intensification des activités informelles (petit commerce, transport, main‑d’œuvre journalière), la saturation du marché du travail urbain devrait contenir les revenus à des niveaux bas. Dans un contexte de prix alimentaires élevés, les ménages pourront généralement couvrir leurs besoins alimentaires minimums, mais au prix de fortes réductions des dépenses non alimentaires essentielles.
| Preuves | Source | Format des données | Éléments d'analyse de la sécurité alimentaire |
|---|---|---|---|
| Profils de moyens d'existence | FEWS NET | Qualitatives | Les sources typiques de nourriture et de revenus des ménages |
| Projection des prix des céréales | Estimations de FEWS NET à partir des données du PAM | Quantitatives | L’évolution des prix pour une évaluation du pouvoir d’achat des ménages |
| Rapports d'évaluations à Lim-Pendé, Ouham-Pendé, Haut-Mbomou, Basse-Kotto, Vakaga | IRC, WHH, Action Communautaire pour la Reconstruction et le Développement durable, Person in Need Relief Mission (PNRM), African Relief Service (ARS), Triangle Génération Humanitaire | Qualitatives/Quantitatives | Indicateurs de consommation alimentaire, les stratégies d’adaptation et les déficits de consommation |
| Commission mouvement des populations | HCR | Qualitatives/Quantitatives | Informations sur le nombre de personnes en déplacements et leurs lieux |
| République Centrafricaine - Initiative conjointe de suivi des marchés (ICSM) - Avril 2026 | REACH | Qualitatives/Quantitatives | Fonctionnement des marchés, la disponibilité des denrées, les contraintes d’approvisionnement et les niveaux de prix |
| Rapports sur les inondations | OCHA | Qualitatives/Quantitatives | Impacts des inondations localisé |
| Conditions et perspectives macroéconomique | Fonds monétaire international (FMI), Banque Mondiale, La banque africaine de développement | Qualitatives/Quantitatives | Les tendances en matière de taux de change, d'inflation et d'autres facteurs macroéconomiques affectent la capacité d'achat des ménages |
| WFP Central African Republic Country Brief, mai 2026 | PAM | Quantitatives | La couverture, la fréquence et l’adéquation de l’assistance alimentaire |
| Analyse et projections de conflit | ACLED | Qualitatives/Quantitatives | L’intensité et la localisation des incidents sécuritaires |
| Conditions agroclimatologiques et prévisions saisonnières | FEWS NET, UCSB, USGS , NASA | Quantitatives | Conditions agroclimatiques, notamment les cumuls pluviometriques anticipés et le niveau de végétation et cours d’eau |
| Malnutrition Aiguë IPC | GSU/FAO | Qualitatives/Quantitatives | Données sur la malnutrition aiguë |
| Planification de l’assistance alimentaire | PAM, Cluster | Quantitatives | Niveaux d’assistance alimentaire actuels et attendus |
| Evaluation multisectorielle des besoins (MSNA) | REACH | Qualitatives/Quantitatives | Consommation alimentaire, les sources de revenus et les stratégies d’adaptation |
L’alerte précoce en cas d’insécurité alimentaire aiguë nécessite de prévoir les résultats futurs plusieurs mois à l’avance afin de donner aux décideurs suffisamment de temps pour budgétiser, planifier et répondre aux crises humanitaires attendues. Toutefois, en raison des facteurs complexes et variables qui influencent l’insécurité alimentaire aiguë, il est impossible de faire des prévisions définitives. Le développement de scénarios est une méthodologie qui permet à FEWS NET de répondre aux besoins des décideurs en élaborant un scénario « le plus probable » du futur.
Les principes clés du processus d’élaboration de scénarios de FEWS NET incluent l’application du cadre de réduction des risques de catastrophe et une approche basée sur les moyens d’existence pour évaluer les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë. Le risque d'insécurité alimentaire aiguë d'un ménage dépend non seulement des dangers (comme une sécheresse), mais aussi de sa vulnérabilité face à ces dangers (par exemple, le niveau de dépendance à la production de cultures pluviales pour sa nourriture et ses revenus) et de sa capacité d'adaptation (qui prend en compte à la fois la capacité du ménage à faire face à un danger donné et le recours à des stratégies d’adaptation négatives qui nuisent à la résilience future). Pour évaluer ces facteurs, FEWS NET fonde cette analyse sur une solide compréhension approfondie des moyens d’existence locaux, qui sont les moyens par lesquels un ménage répond à ses besoins fondamentaux. Le processus d’élaboration de scénarios de FEWS NET prend également en compte le Cadre des moyens d’existence durables ; les Quatre dimensions de la sécurité alimentaire ; et le Cadre conceptuel de la nutrition de l’UNICEF, et est étroitement aligné sur le cadre analytique de la Classification intégrée des phases de la sécurité alimentaire (IPC).
Comment FEWS NET analyse-t-il les résultats actuels de l’insécurité alimentaire aiguë ? FEWS NET évalue dans quelle mesure les ménages sont susceptibles de satisfaire leurs besoins caloriques minimaux. Cette analyse fait converger les preuves des conditions de sécurité alimentaire avec celles de la consommation alimentaire au niveau des ménages et de changement des moyens d’existence. FEWS NET prend également en compte les preuves disponibles sur l'état nutritionnel et la mortalité, en évaluant si celles-ci reflètent les impacts physiologiques de l'insécurité alimentaire aiguë. FEWS NET utilise l’échelle de Classification intégrée de la sécurité alimentaire (IPC) en cinq phases, mondialement reconnue, pour classer les résultats actuels de l’insécurité alimentaire aiguë. De plus, FEWS NET applique le symbole de « ! » pour désigner les zones où la Phase de l’IPC cartographiée serait probablement pire d'au moins une Phase sans les effets de l'assistance alimentaire humanitaire en cours.
Comment FEWS NET élabore-t-il ses suppositions clés pour le scénario le plus probable ? Une étape clé du processus d'élaboration de scénarios de FEWS NET consiste à développer des suppositions fondées sur des preuves sur les facteurs influencent les conditions de sécurité alimentaire. Cela inclut les dangers et anomalies susceptibles d'affecter l'évolution de l'alimentation et des revenus des ménages au cours de la période de projection, ainsi que les facteurs affectant l'état nutritionnel. FEWS NET développe également des suppositions sur les facteurs censés se comporter normalement. Ensemble, ces suppositions forment la base du scénario « le plus probable ».
Comment FEWS NET analyse-t-il les résultats projetés de l’insécurité alimentaire aiguë ? En utilisant les suppositions clés soutenant le scénario « le plus probable », FEWS NET projette les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë en évaluant l’évolution de la capacité des ménages à satisfaire leurs besoins caloriques minimaux au fil du temps. FEWS NET fait converger les attentes concernant la trajectoire de la consommation alimentaire et les changements dans les moyens d’existence au niveau des ménages avec l’état nutritionnel et de la mortalité au niveau de la zone. FEWS NET classe alors les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë. Enfin, FEWS NET utilise le symbole de « ! » pour désigner les zones où la Phase de l’IPC serait probablement plus sévère d’au moins une Phase sans les effets de l’assistance alimentaire planifiée, qui devrait être financée et livrée.
Comment FEWS NET analyse-t-il l'assistance alimentaire humanitaire ? L’assistance alimentaire d’urgence (en nature, en espèces ou en vouchers) peut jouer un rôle clé dans l’atténuation de la sévérité de l’insécurité alimentaire aiguë. Les analystes de FEWS NET intègrent toujours les informations disponibles sur l’assistance, bien que ces informations varient considérablement selon les zones géographiques et au fil du temps. Conformément aux protocoles IPC, FEWS NET utilise les meilleures informations disponibles pour évaluer où l'assistance est « significative » (définie par au moins 25 pour cent des ménages dans une zone donnée recevant au moins 25 pour cent de leurs besoins caloriques grâce à l'assistance). En outre, FEWS NET analyse les impacts probables de l’assistance sur la sévérité des résultats, comme détaillé dans les orientations de FEWS NET sur L’intégration de l’assistance alimentaire humanitaire dans l’élaboration de scénarios.
Même si les projections de FEWS NET se concentrent sur le scénario « le plus probable », il existe toujours un certain degré d’incertitude dans les prévisions à long terme. Cela signifie que les conditions de la sécurité alimentaire et leurs impacts sur les résultats aigus de la sécurité alimentaire peuvent évoluer différemment de ce qui était initialement prévu. FEWS NET publie des mises à jour mensuelles de ses projections, mais les décideurs ont besoin d'informations préalables sur cette incertitude et d'une explication des raisons pour lesquelles les choses peuvent se dérouler différemment de ce qui était prévu. En tant que tel, la dernière étape du processus d’élaboration de scénarios de FEWS NET consiste à identifier brièvement les événements clés qui aboutiraient à un scénario alternatif crédible et modifieraient considérablement les résultats projetés. FEWS NET considère uniquement les scénarios qui ont une chance raisonnable de se produire.
National
Dégradation sécuritaire rapide et intensification des violences contre les civils
Impact probable sur les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë : Une intensification des violences, avec une augmentation des attaques contre les civils ou une extension des groupes armés vers de nouvelles localités, entraînerait une intensification des restrictions de mouvements et limiterait davantage l’accès aux champs, aux marchés et aux activités génératrices de revenus. Cela réduirait la production agricole, perturberait les flux commerciaux et chaînes d’approvisionnement, réduisant la disponibilité des denrées alimentaires. Les prix des produits de base augmenteraient davantage, aggravant la pression sur le pouvoir d’achat des ménages. Dans ce contexte, les ménages pauvres seraient contraints de recourir à des stratégies d’adaptation plus sévères, telles que la réduction extrême des repas, la vente d’actifs clés et l’endettement accru, ce qui pourrait entraîner une détérioration vers des résultats plus sévères, notamment l’Urgence (Phase 4 de l’IPC) pour les ménages les plus pauvres. Les zones actuellement en Stress (Phase 2 de l’IPC), notamment dans le centre et le sud-ouest, connaîtraient probablement une augmentation du nombre de personnes en Crise (Phase 3 de l’IPC), ce qui pourrait entraîner une détérioration de ces zones vers la Crise (Phase 3 de l’IPC). Les zones déjà en Crise (Phase 3 de l’IPC) verraient une aggravation des déficits de consommation, avec une augmentation des ménages Crise (Phase 3 de l’IPC ) à Urgence (Phase 4 de l’IPC).
Pluviométrie nettement inférieure à la moyenne ou perturbation prolongée de la saison agricole
Impact probable sur les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë : Un déficit pluviométrique prolongé, en particulier dans le nord et le nord‑est, où les systèmes agricoles sont déjà fragilisés, entraînerait des retards dans les semis, une mauvaise croissance des cultures et une baisse des rendements. Les ménages pauvres, fortement dépendants de la production propre et de la main‑d’œuvre agricole, verraient leurs sources de nourriture et de revenus diminuer simultanément. Cela réduirait la disponibilité alimentaire durant la période post‑récolte et limiterait la reconstitution des stocks. Dans ces conditions, les ménages resteraient dépendants plus longtemps des marchés, dans un contexte de prix élevés, entraînant une détérioration de l’accès alimentaire. Les zones du nord pourraient voir un maintien prolongé, voire une aggravation de la Crise (Phase 3 de l’IPC), tandis que certaines zones du centre pourraient ne pas s’améliorer comme anticipé.
Une hausse marquée et prolongée des cours mondiaux du pétrole
Impact probable sur les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë : La persistance des perturbations sur le marché international entraînerait une hausse des coûts logistiques intérieurs des produits importés, ainsi que des coûts de transport domestique. Bien que les prix officiels du carburant à l’intérieur du pays administrés par l’État soient actuellement stables, une telle évolution pourrait se traduire par une réduction de la marge fiscale de l’Etat et une hausse éventuelle des prix à la pompe, une augmentation des prix pratiqués sur les marchés informels du carburant, ainsi que par davantage de répercussions sur les coûts de transport, en particulier le long des corridors d’approvisionnement et dans les zones enclavées. Cette situation entraînerait une augmentation plus rapide et plus marquée des prix des denrées acheminées sur de longues distances, notamment pendant la saison des pluies, lorsque l’enclavement saisonnier accentue déjà les contraintes de transport.
Cette hausse supplémentaire des coûts réduirait davantage le pouvoir d’achat des ménages pauvres fortement dépendants des marchés, au‑delà des niveaux actuellement projetés dans le scénario de base. Dans les zones déjà en Crise (Phase 3 de l’IPC), en particulier les zones enclavées et affectées par l’insécurité du nord, de l’est et du sud‑est, cette évolution entraînerait un recours accru à des stratégies d’adaptation négatives et une aggravation de la sévérité des déficits de consommation alimentaire et une augmentation de ménages en Crise (Phase 3 de l’IPC). Dans les zones urbaines fortement dépendantes des marchés, notamment à Bangui, et certaines zones du centre et sud-ouest fortement dépendants des marchés, cette situation pourrait entraîner une dégradation temporaire de l’accès économique à la nourriture pour une partie des ménages pauvres pendant la période de soudure, lorsque les ménages dépendent des achats alimentaires. Cette dégradation pourrait conduire certains ménages pauvres à connaître des déficits de consommation alimentaire, et augmenter le nombre de ménages en Crise (Phase 3 de l’IPC). La dépendance aux marchés diminuera avec l’amélioration de l’offre locale pendant les récoltes en juillet dans les zones du sud, en particulier dans les zones rurales. En revanche, les zones urbaines et les zones structurellement enclavées resteraient plus exposées aux chocs de prix, compte tenu de leur dépendance persistante aux marchés et aux produits transportés sur de longues distances.
Citation recommandée: FEWS NET. République centrafricaine Perspectives sur la sécurité alimentaire June 2026 - January 2027: Food deficits persist due to prolonged conflict despite expected seasonal gains, 2026.
Le panier minimum d’articles de suivi comprend à la fois des produits alimentaires et non alimentaires, tels que définis dans les évaluations de marché menées par REACH. Le panier alimentaire est conçu pour couvrir les besoins mensuels d’un ménage de cinq personnes et comprend 38 kg de manioc, 30 kg de maïs, 8 kg de haricots, 13 kg de riz, 6 kg d’arachides, 2 kg de viande, 5 kg d’huile végétale, 5 kg de sucre et 1 kg de sel. La composition du panier alimentaire satisfait et dépasse l’exigence énergétique minimale de 2 100 kcal par personne et par jour.
Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.