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La recrudescence de la violence menace la sécurité alimentaire

  • Mise à jour du suivi à distance
  • République centrafricaine
  • Octobre 2015
La recrudescence de la violence menace la sécurité alimentaire

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  • Messages clé
  • Perspective projetée jusqu’en mars 2016
  • Messages clé
    • La reprise apparente des violences qui se généralise dans le pays contribue à des nouvelles déplacements, aggrave encore les systèmes des marchés, et constitue une menace de l'insécurité alimentaire dans de nombreuses régions du pays.

    • Avec la dégradation de la situation sécuritaire, le nombre de retournés diminue et de nouveaux déplacements de populations sont enregistrés dans Ouaka, Ouham et surtout à Bangui. Ces nouveaux mouvements des personnes viennent gonfler le nombre de personnes déplacées à l’interne et contribuent à une augmentation des besoins d’assistance prévus depuis la reprise des violences.

    • Suite à une diminution persistante des disponibilités alimentaires et des revenus, des personnes déplacées dont le nombre augmente, n’arrivent pas à accéder aux aliments et restent en insécurité alimentaire aiguë en Crise (Phase 3 de l’IPC). Cette situation pourrait continuer pour les populations déplacées et aussi encore toucher plus de personnes locales a déficit de production vivrière d’ici mars 2016 à cause de les impacts des violences persistantes.

    ZONE

    ANOMALIES ACTUELLES

    ANOMALIES PROJETÉES

    National

    • Déplacement de nombreuses populations fuyant les zones soumises au conflit armé
    • Augmentation des besoins de consommation suite à la présence de personnes déplacées dans des familles d’accueil
    • Fermeture officielle de la frontière avec le Tchad, et restriction des flux depuis 2013
    • Baisse de flux de céréales par rapport à la moyenne
    • Persistance du conflit
    • Persistance des déplacements d’une population important
    • Une baisse des disponibilités vivrières suite à la campagne agricole qui a était marquée par une diminution des superficies emblavées
    • Poursuite de la baisse des flux de céréales par rapport à la moyenne

    Populations déplacées, retournées et familles d’accueil du Centre, Ouest et Sud-Est du pays

    • Présence de nouvelles personnes déplacées dans les familles d’accueil et dans des sites
    • Dysfonctionnement des marchés
    • Baisse significative de la propre production agricole
    • Forte diminution des activités génératrices de revenus
    • Persistance des anomalies actuelles

    Perspective projetée jusqu’en mars 2016

    La situation sécuritaire en République centrafricaine s’est relativement améliorée entre mai et juillet/août 2015 grâce aux accords de paix entre le gouvernement et les groupes armés. Cette amélioration de la situation sécuritaire a même occasionné un processus graduel de retour des personnes déplacées internes et des réfugiés. Toutefois, cette situation est restée volatile et précaire et s’est brusquement dégradée avec les attaques dans les préfectures de Ouham, Ouaka et Kemo en août/septembre 2015. Depuis fin septembre-début octobre 2015, après ces préfectures du Nord-Ouest et du Centre, c’est le tour de Bangui de connaitre une flambée de la violence accompagnée de nouveaux déplacements de populations. La situation en termes de déplacements à l’interne a vite stressé avec l’augmentation des personnes concernées par les mouvements. Selon les informations données par OCHA sur les effets de la violence à Bangui, le nombre de personnes déplacées dans la capitale, Bangui, a plus que doublé entre juin/juillet, période de relative accalmie, et septembre/octobre avec la reprise des hostilités. En effet, à Bangui, les sites d’accueil des déplacés dont certains ont même été fermés à la faveur de l’accalmie observée auparavant, ont enregistré l’arrivée de nouveaux déplacés estimés à plus de 40 000 en septembre-octobre 2015 portant le nombre total de déplacés interne à Bangui à environ 70 000 personnes contre moins de 30 000 personnes en juin/juillet 2015. Le regain de la violence a provoqué des augmentations similaires du nombre de personnes en mouvements dans les autres régions du pays, notamment à Kemo, Basse Kotto, et Ouaka. D’après la Commission Mouvement de Population citée par OCHA, la population en déplacement interne pourrait atteindre 400 000 personnes en septembre/octobre 2015 contre environ 370 000 personnes en juin/juillet 2015.

    La violence qui prévaut dans les villes et sur les axes routiers, a aussi provoqué une forte baisse de l’intensité des échanges surtout des produits vivriers entre les différentes régions du pays et entre le pays et ses voisins dont le Cameroun. Selon le bulletin flash de OCHA, publié le 30 septembre 2015, les marchés de la capitale qui ravitaillent les camps des déplacés sont ouverts et relativement accessibles. Toutefois, les marchés enregistrent une baisse des disponibilités avec une hausse résultante des prix. Les revenus gagnés sont fortement en baisse, ils proviennent surtout du petit commerce, de l’artisanat, de la vente de bois et du travail journalier. Contrairement aux années d’avant la crise sécuritaire, les ventes de produits agricoles, de produits animaux et de pêche ne contribuent que très faiblement aux revenus. La dégradation de la situation sécuritaire a aussi comme corollaire une restriction des mouvements en application des mesures sécuritaires et entraine sur le plan humanitaire des contraintes d’accès aux populations déplacées.

    Suite aux récentes violences, l’ONG ACTED a conduit une évaluation multisectorielle RRM dans la sous-préfecture de Bambari, préfecture de Ouaka durant la période du 6 au 7 octobre 2015. En effet, à la suite des évènements violents du 28 septembre 2015, 664 nouveaux ménages (soit 1 939 personnes) déplacés sont venus s’ajouter aux 5 181 personnes anciennes déplacées. L’évaluation de ACTED a trouvé que la population des déplacés a un score de consommation alimentaire acceptable à la faveur d’une distribution de ration alimentaires aux familles des déplacés. Les résultats de cette évaluation ont aussi, indiqué que 100 pour cent des ménages ne disposent que d’une semaine ou moins de réserves alimentaires, ce qui est atypique pendant la période de récolte. Cette situation peut être extrapolée aux zones du Nord, du Centre et du Sud qui abritent des personnes déplacées dans une situation similaire.

    Pour cette année de consommation, qui vas jusqu’en juillet/octobre 2016 (selon la zone), les disponibilités alimentaires seront encore une fois significativement en dessous de la moyenne et des besoins de consommation des ménages suite à une conjonction de plusieurs facteurs. La baisse attendue de la production vivrière nationale, consécutive à l’abandon des terres par les populations fuyant les zones de conflit, contribuera encore cette année à une forte réduction de la disponibilité en termes de propres stocks et aussi au niveau des marchés. Les importations et autres flux seront en forte baisse à cause du conflit qui va désarticuler les circuits commerciaux. Les zones et les populations qui seront significativement affectées par ces conditions défavorables sont surtout celles du Centre, Nord, Nord-Est et du Sud du pays où la situation sécuritaire reste très volatile.

    Dans les mois à venir, les disponibilités alimentaires seront en forte baisse par rapport à la moyenne en cette période compte tenu de la perturbation de la saison vivrière consécutive aux conflit et déplacements de population. Les violences qui persistent peuvent continuer à entrainer un faible des flux commerciaux internes et externes et vont maintenir une hausse des prix avec des impacts sur la situation alimentaire des populations en face des faibles revenus tirés. L’insécurité alimentaire aiguë Crise (Phase 3 de l’IPC) en octobre va persister jusqu’en mars 2016 pour les populations déplacées et même pour certaines populations non déplacées situées en zones de tensions notamment Ouaka, Ouham, Nana-Gribizi, Kemo, Mambéré Kadéi, Nana-Mambéré et Loubaye où les récoltes vivrières seront réduites et les marchés mal approvisionnés avec des prix très élevés. Ainsi, on va assister à un élargissement des zones en insécurité alimentaire et à une augmentation du nombre de personnes qui auront besoin d’assistance entre octobre 2015 et mars 2016.

    Figures Calendrier saisonnier pour une année typique

    Figure 1

    Calendrier saisonnier pour une année typique

    Source: FEWS NET

    Figure 1

    Source:

    Dans le suivi à distance, un coordinateur travaille d’un bureau régional avoisinant. En comptant sur les partenaires pour les données, le coordinateur applique l’approche de développement des scenarios pour faire l’analyse et élaborer les rapports mensuels. Comme les données peuvent être moins disponibles que dans les pays avec des bureaux de FEWS NET, les rapports de suivi à distance peuvent montrer moins de détail. Pour en savoir plus sur le travail, clique ici.

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