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L’inflation alimentaire aiguë affecte les ménages pauvres en ce début de la saison de pluies

  • Mise à jour du suivi à distance
  • République centrafricaine
  • Juin 2022
L’inflation alimentaire aiguë affecte les ménages pauvres en ce début de la saison de pluies

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  • Messages clé
  • Sommaire
  • PERSPECTIVES PROJETÉES À JANVIER 2023
  • Messages clé
    • La situation sécuritaire reste toujours volatile en raison de la persistance des attaques et exactions qui perturbent fortement le fonctionnement et l’accès aux marchés, et les moyens d’existence dans les zones de l’ouest, du nord-ouest, du nord-est et du centre du pays.

    • Les approvisionnements des marchés en produits alimentaires de base restent faibles dans les zones d’insécurité et sous occupation armée des groupes rebelles à cause des menaces croissantes d'engins explosifs sur les axes routiers en plus de leur mauvais état, impactant ainsi la disponibilité et les prix. Les prix des denrées locales (maïs et manioc) en mai étaient globalement stables par rapport à la même période l’année dernière ; mais ceux des produits importés (riz, haricot blanc, huile végétale et viande de bœuf) continuent d’augmenter et demeurent supérieurs à leurs niveaux de l’année dernière à la même période sur l’ensemble des marchés.

    • Dans les localités des préfectures du nord, du nord-ouest, du sud-est et du centre, les ménages pauvres et très pauvres ainsi que les PDI qui font face à l’insécurité alimentaire aiguë Stress (Phase 2 de l’IPC) pourraient basculer en Crise (Phase 3 de l’IPC) durant cette période de soudure débuté en avril/mai jusqu’à septembre du fait de l’épuisement précoce des stocks et des faibles niveaux de revenus. De septembre jusqu’en janvier 2023 en raison de la disponibilité des récoltes et des opportunités de travaux journaliers (agricole et ouvrière), ces ménages devront voir une amélioration dans l’accès à la nourriture et le revenu et feront probablement face à une l’insécurité alimentaire aiguë Stress (Phase 2 de l’IPC).

    • Les PDI et les ménages hôtes resteront exposés à la Crise (Phase 3 de l’IPC) durant la période de soudure jusqu’en janvier 2023 dans les zones plus affectées par l’insécurité, et aussi pour les populations pauvres et très pauvres dans les zones d’accès limités. La situation alimentaire et nutritionnelle déjà précaire devra perdurer compte tenu de la faiblesse des revenus et de leur dépendance du marché pour leur alimentation.


    Sommaire
    ZONEANOMALIES ACTUELLESANOMALIES PROJETÉES

    Nationale

    La situation sécuritaire limite l’accès aux champs, aux marchés et les flux commerciaux, ce qui empêche un accès à la nourriture des ménages et contraint les ménages pauvres, très pauvres et PDI à recourir des stratégies d’adaptation tel que la cueillette des produits forestiers comme les chenilles fumées, l’igname et la patate sauvage.

    Les superficies ensemencées pourraient connaitre une légère baisse par rapport à l’année dernière en raison de l’inaccessibilité à certains champs due à l’insécurité et de la dégradation avancée des routes (surtout pendant la période des fortes pluies de juillet à octobre). Ainsi, la production agricole de la campagne 2022/2023 restera en dessous de la moyenne des cinq dernières années, bien que globalement équivalente à celle de l’année dernière.

     

    Les activités génératrices de revenus, le fonctionnement des marchés locaux ainsi que les activités des organismes étatiques et humanitaires sont limités dans les zones de conflits où l’accès est difficile. Cette situation rend les opportunités d’accès au revenu pour les ménages pauvres et plus pauvres plus difficile.   

    Le niveau des prix des produits alimentaires restera élever en raison de la présence de différents facteurs : épuisement précoce des stocks alimentaires, dégradation de l'état des routes avec la saison des pluies qui arrive, pénurie de carburant, restrictions d'exportations établies par le Cameroun ainsi que les impacts liés au conflit en Ukraine, qui vont probablement réduire l'approvisionnement.

     

    Les flux commerciaux internes et externes sont largement perturbés et sont inférieurs à la normale à cause de la situation d’insécurité. L’accessibilité des zones d’approvisionnement est limité, la pénurie de carburant, les mauvaises conditions des routes et les tracasseries sur les axes routiers couplées aux différentes restrictions d’importation des produits de premières nécessites dans le pays (principalement par les autorités Camerounaises).

    L’insécurité civile demeure toujours un facteur déterminant de l’insécurité alimentaire dans le pays notamment dans les zones de conflits où la perturbation des marchés et des moyens d’existence vont limiter l’accès des populations locales à la nourriture et aux revenus. 
     Très fortement dépendant des importations en hydrocarbure, actuellement, la RCA observe une forte pénurie de carburant depuis le début du mois juin, en raison principalement des coûts élevés des hydrocarbures (pétrole et gaz) sur les marches internationales à la suite de crise ukrainienne. Il y a des difficultés de stockage du carburant et des perturbations au niveau du ravitaillement dans le pays (par la voie fluviale à travers les deux Congo, le niveau de l’Oubangui étant bas empêchant les flux fluviaux, et par la route via le corridor Bangui-Douala au Cameroun).  

     


    PERSPECTIVES PROJETÉES À JANVIER 2023

    Situation sécuritaire et mouvements de la population : La situation sécuritaire de la RCA est très précaire et reste toujours imprévisible sur l’ensemble du pays. En raison de la présence de groupes armés particulièrement actifs, la situation sur l’ensemble du territoire (hors Bangui et Bimbo) est difficilement contrôlable et le niveau d’insécurité reste élevé. Le taux d’exaction, risques routiers, les pillages et les abus de la part des groupes armées sont très élevés, notamment sur les axes routiers autours de Batangafo et de Ouham (MEAE). A la date du 31 mai 2022, le nombre total des personnes déplacées internes (PDI) en République centrafricaine est estimé à 602 134 individus composés respectivement de 155 887 personnes dans les sites (26%) et 446 247 personnes dans les familles d’accueil (74%). Cela représente une baisse globale de 56 131 PDI (8.5%) par rapport au mois d’avril 2022. Au cours du mois de mai 2022 il y a eu une prépondérance des retours spontanés (130 984) sur les nouveaux déplacements (74 853), en raison de l’amélioration de la situation sécuritaire dans les villages et quartiers de provenance des PDI. Les retours les plus significatifs ont été enregistrés dans l’Ouham, la Ouaka, la Basse-Kotto et la Nana-Gribizi. Par ailleurs, 150 ménages PDI du site PK3 à Bria ont bénéficié d’un appui au retour coordonné par le Groupe de Travail Solutions Durables. Il s’agit d’une phase pilote de retours facilités à Bria.

    L’insécurité dans le pays limite la disponibilité et l’accès à la nourriture, l’accès aux terres pour la production agricole, les activités génératrices de revenu, et aussi l’assistance humanitaire, impactant ainsi les niveaux de consommation alimentaire et la mise en œuvre des moyens d’existence à court et moyen terme des ménages pauvres et très pauvres de ces zones de conflits. En effet, au cours des cinq premiers mois de 2022, 69 incidents ont affecté les travailleurs humanitaires dont 17 au mois de mai. Les préfectures de l’Ouham (27,5%), de la Ouaka (13%) et de Bangui (11,6%) demeurent les plus touchées. Les vols, braquages, pillages, menaces et agression représentent 75 pour cent des 52 incidents et les 17 incidents restant (25%) représentent les interférences et les restrictions (OCHA, Juin 2022). Selon la Commission des Mouvements de Populations, en mai 2022, les nouveaux déplacements ont été principalement constatés dans les zones affectées par les violences et les exactions des hommes en armes dans les préfectures de la Ouaka et de la Haute-Kotto, ainsi que dans les couloirs de transhumance dans les préfectures de l’Ouham et de l’Ouham-Pendé (réf. Figure 1).

    Accès et disponibilités alimentaires : La saison des pluies s’est bien installé dans les zones septentrionales du pays. Le cumul saisonnier et de végétation se situent à un niveau globalement moyen ou légèrement au-dessus de la normale (réf. Figure 2.). Les disponibilités alimentaires normalement s’améliorent auprès des ménages pauvres et très pauvres et sont renforcées par les produits de cueillette, de pêche et de chasse dans les préfectures sujettes à moins de conflit du centre et de l’ouest.

    Les mois de juin et juillet correspondent à la période des récoltes (maïs et riz de bas-fond, du manioc et de la patate douce), de la préparation du sol et des semis pour les cultures pluviales ; d'arachide, de la patate douce, du manioc, et du maïs dans les zones soudaniennes et forestières. Cette période couvre ainsi le pic des opportunités de travail de la main d’œuvre agricole dans les zones de cultures et de ouvriers dans les secteurs miniers, notamment dans les zones du centre-est et du sud-est.

    Durant cette période, les populations pauvres et très pauvres peuvent accéder à des revenus journaliers stables tirés de la main d’œuvre agricole et ouvrière, leur permettant ainsi d’améliorer leurs conditions de vie pendant cette période de soudure. En outre, les conditions d’alimentations s’améliorent grandement avec la disponibilité des produits de la cueillette, de la chasse et de la pèche qui jouent un rôle essentiel dans les rations alimentaires journaliers des ménages pauvres et très pauvres, notamment dans les zones forestières et soudaniennes. Cependant, dans les zones sous occupation et à accès limités, les conflits affectent la capacité des ménages d’accéder aux marchés (pour la vente et l'achat de denrées alimentaires et pour l’achat d’autres articles essentiels). Les possibilités de travail rémunéré et l'accès à la terre pour la production agricole sont rares, mais la chasse et la cueillette qui sont tous des éléments centraux aux moyens d'existence des ménages pauvres et très pauvres.

    Marchés et évolution des prix : D’après le bulletin conjoint de suivi des marchés (ICSM) de REACH Initiative, en mai 2022, le coût médian du panier minimum d'articles de survie (PMAS) s’établit à 69 919 XAF soit une hausse de 5 pour cent par rapport au mois d’avril 2022. Cette hausse est principalement causée par l'augmentation des prix des denrées non-alimentaires et alimentaire sur les marchés. Entre mars 2022 et mai 2022, les évolutions notables sont les suivantes : viande (+33%), maïs (+13%), arachide (+20%), sucre (+11%), essence (+7%) et riz (+10%). Une hausse continuelle des prix des denrées alimentaires est observée sur les marchés du pays par rapport aux deux dernières années pour la même période et en particulier pour les produits alimentaires importés. Les perturbations dans les chaines d’approvisionnement des marchés, les restrictions de ventes de produits céréaliers et d’huile de la part Cameroun et les impacts de la crise en Ukraine comme les couts élevés des cours mondiaux des matières premières agricoles et des hydrocarbures sont les facteurs principales qui causent la hausse des prix (réf. Figure 3).  

    La tendance inflationniste actuelle d'une offre locale couplée à une demande supérieure à la moyenne, et un faible pouvoir d'achat des ménages couplé à des prix mondiaux élevés des céréales et des hydrocarbures (pétrole) fait également face au risque de pénurie de carburant dans le pays ainsi qu’aux nouvelles restrictions à l’exportation imposées par le Cameroun. En date du 22 avril 2022, sur instruction du ministre camerounais du commerce, le gouverneur de la région de l’est avait été instruit de suspendre jusqu’à nouvelle ordre l’exportation vers la Centre Afrique les huiles raffinées, la farine de blé, le riz, les céréales produites localement et le ciment. En plus, la dégradation de la situation sécuritaire et des infrastructures routières, les multiples abus sur les axes d’approvisionnements, la menace croissante d’engins explosifs sur les routes du pays contribuent largement à cette tendance haussière qui devrait se poursuivre jusqu’ aux premières récoltes en septembre 2022. Les difficultés de ravitaillement par le fleuve (niveau bas de l’Oubangui) compliquent également l’approvisionnement fluvial en provenance de la République Démocratique du Congo et perturbent grandement les coûts et flux d'approvisionnements des produits alimentaires et non alimentaires dans le pays. L’approvisionnement des marchés reste inferieur dans les zones sous occupations rebelles et a accès limités par contre moyen dans les zones moins affectées par les conflits armées (les zones de centre ouest et sud-ouest).

    Pendant la saison des pluies, les conditions des moyens d’existence ainsi que la disponibilité des produits alimentaires des ménages pauvres et très pauvres devront s’améliorer à partir de septembre/octobre jusqu’en janvier 2023, du fait des nouvelles récoltes, de la disponibilité de la main d’œuvre agricole et ouvrière dans les zones moins affectées par les conflits. En plus de l’insécurité civile, les pénuries de carburant, l’inaccessibilité des routes durant les périodes des fortes pluies qui restent impraticables, certaines localités risquent de connaitre des difficultés d’approvisionnement en produits alimentaire de base (comme sur les marchés d’Obo qui est l'un des zones les plus isolés de la RCA en termes d’accessibilité).

    Dans les localités des préfectures du nord, du nord-ouest, du sud-est et du centre, les ménages pauvres et très pauvres ainsi que les PDI qui font face à l’insécurité alimentaire aiguë de Stress (Phase 2 de l’IPC) pourraient basculer en Crise (Phase 3 de l’IPC) durant la période de soudure (d’avril/mai à septembre) du fait de l’épuisement précoce des stocks et des faibles revenus. Septembre correspond à la fin de la période de soudure et la saison des pluies, et le début de la disponibilité des premières récoltes de la campagne agricole 2022/2023. De septembre jusqu’en janvier 2023 en raison de la disponibilité des récoltes et des opportunités de travaux agricoles journaliers ces ménages devront voir une amélioration de leurs moyens d’existence et feront probablement face à une l’insécurité alimentaire aiguë Stress (Phase 2 de l’IPC).

    Les PDI et les ménages hôtes resteront exposés à la Crise (Phase 3 de l’IPC) durant la période de soudure (d’avril/mai à septembre) jusqu’en janvier 2023 dans les zones plus affectées par l’insécurité et où la situation alimentaire reste précaire pour les populations pauvres et très pauvres. À cause de la faiblesse des approvisionnements des marchés, de la hausse des prix, de la limitation de déplacement (dû à la peur des engins d'explosif et des abus des groupes armées), ainsi que les mouvements continuels des populations, la situation alimentaire et nutritionnelle déjà préoccupante durant cette période de soudure devra perdurer compte tenu de la faiblesse des revenus et de leur dépendance du marché pour leur alimentation.

    Figures SEASONAL CALENDAR FOR A TYPICAL YEAR

    Figure 1

    SEASONAL CALENDAR FOR A TYPICAL YEAR

    Source: FEWS NET

    Figure 1. Change in the number of IDPs in the Central African Republic from May 2021 to May 2022 (in hundreds of thousands)

    Figure 2

    Figure 1.

    Source: Commission on Population Movements (CMP), June 2022

    Figure 2. Breakdown of rainfall and vegetation (Normalized Difference Vegetation Index, NDVI) from the start of the 2022 rain

    Figure 3

    Figure 2.

    Source: WFP-VAM

    Figure 3. Comparative price (XAF) of the main foodstuffs from May 2020 to May 2022 in the markets of Yaloké and Bangui

    Figure 4

    Figure 3.

    Source: WFP, May 2022

    Dans le suivi à distance, un coordinateur travaille d’un bureau régional avoisinant. En comptant sur les partenaires pour les données, le coordinateur applique l’approche de développement des scenarios pour faire l’analyse et élaborer les rapports mensuels. Comme les données peuvent être moins disponibles que dans les pays avec des bureaux de FEWS NET, les rapports de suivi à distance peuvent montrer moins de détail. Pour en savoir plus sur le travail, clique ici.

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