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Dans certaines régions, les récoltes récentes ont été retardées dû aux conditions humides et donc les ménages récoltaient toujours au moment où l’insécurité civile s'est intensifiée en mi-décembre. Beaucoup des ménages ont fui leurs fermes et/ou ont souffert des dégâts ou des vols aux cultures pas encore récoltées. Par conséquent, les niveaux de stocks alimentaires dans ces zones épuiseront plus tôt que d'habitude.
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À Vakaga et Bangui, les prix ont connu une hausse mensuelle allant de 20 à 30 pourcent à cause du faible approvisionnement des marchés et des actes de banditisme limitant ainsi l’accès aux denrées par les ménages pauvres et très pauvres.
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Les niveaux de réserves alimentaires sont au-dessous de la normale et les difficultés d’accès aux aliments sur les marchés contraindraient certains ménages à l’adoption de stratégies d'adaptation irréversibles. Entre janvier à mars, ces ménages seront en Stress (Phase 2 de l'IPC) et entre avril et juin, ils risqueront de tomber en Crise (Phase 3 de l'IPC).
ZONE | ANOMALIES ACTUELLES | ANOMALIES PROJETÉES |
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National |
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Le conflit entre la coalition rebelle « Seleka » et les Forces Armées Centrafricaines (FACA) s’est intensifié depuis le 10 décembre 2012. Ce conflit a causé l'interruption temporaire des programmations de l'aide humanitaire et le déplacement de populations dans les zones du conflit. Bien que le chiffre exact soit encore inconnu, l'Agence des nations unies pour les réfugiés (UNHCR) a estimé que des milliers de personnes ont été déplacées à l'intérieur du pays et vers les pays voisins. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (BCAH), 34 102 personnes déplacées ont été identifiées jusqu'à le 17 janvier; la majorité de ces personnes sont originaires de la région près de Bria. Les populations déplacées ont abandonnées leurs réserves alimentaires et leurs activités de subsistance, ce qui augmente leur risque d'insécurité alimentaire aigüe. Le cessez-le-feu qui était signé le 11 Janvier 2013 entre la coalition rebelle et le gouvernement a stabilisé la situation sécuritaire mais des actes de banditisme et de pillage se produisent.
La pluviométrie était généralement supérieure à la moyenne pour la période pic des pluies (mai-septembre) provoquant une attente des récoltes moyennes à bonnes en générale avec un retard des récoltes dans certaines zones fortes productrices à cause des inondations. Quand le conflit s'est intensifié en mi-décembre, beaucoup des ménages ont fui leurs fermes et/ou ont souffert des dégâts ou des vols aux cultures pas encore récoltées. Cela signifie que ces ménages ont perdu une partie de leurs cultures et leurs réserves alimentaires sont au-dessous de la normale pour cette période de l'année.
Les prévisions pour le démarrage de la saison des pluies en mars-avril-mai ne démontrent aucune anomalie significative (ECMWF, IRI). Pour cette raison, FEWS NET suppose que le démarrage des pluies en cette période de 2013 sera moyen.
Dans les zones touchées par le conflit, les marchés sont moins approvisionnés par rapport à une année normale à cette période et l’accessibilité physique et économique des denrées alimentaires par les ménages pauvres deviennent de plus en plus difficile. Les flux internes de produits alimentaires quant à eux, sont relativement faibles à cause de la perturbation du réseau routier dû à des actes de banditismes et des barrages routiers. La tendance générale de l’évolution des prix est à la hausse. À Vakaga, les rapports du terrain indiquent une hausse des prix des denrées alimentaires de 20 à 30 pourcent en janvier par rapport de décembre. À Bangui, les prix ont connu une hausse mensuelle de 27 pourcent en décembre selon le Programme mondial alimentaire (PAM). Ces hausses qui se justifient par la fermeture des magasins dans la crainte de pillage engendrant ainsi une inaccessibilité aux denrées. En raison des actes de banditisme et une faible disponibilité céréalière à cause des dégâts aux cultures pendant le conflit, le niveau d’approvisionnement des marchés restera faible comparé à une année typique et la tendance des prix restera toujours à la hausse dans les mois à venir.
La situation alimentaire reste fragilisée dans les zones touchées par le conflit et se caractérise par les réserves alimentaires au-dessous de la normale pour les ménages pauvres et très pauvres d’une part et la hausse générale des prix des céréales d’autre part. Jusqu'à mars 2013, les ménages pauvres et très pauvres auront une consommation alimentaire d'adéquation minimale mais ne pourront pas se permettre de dépenses non alimentaires sans s'engager dans des stratégies d'adaptation irréversibles. A cet effet, ils seront en Stress (IPC Phase 2 de l’IPC).
Entre avril à juin, les conditions de sécurité alimentaire diminueront dans les zones touchées par le conflit. Les stocks alimentaires seront épuisés et les ménages dépendront sur les achats au marché pour les aliments. En outre, la hausse des prix limitera d'une façon significative l'accès alimentaire des ménages. En supposant l'absence d'aide humanitaire d'urgence, ces ménages risqueront de tomber en Crise (Phase 3 de l’IPC).
Source : FEWS NET
Dans le suivi à distance, un coordinateur travaille d’un bureau régional avoisinant. En comptant sur les partenaires pour les données, le coordinateur applique l’approche de développement des scenarios pour faire l’analyse et élaborer les rapports mensuels. Comme les données peuvent être moins disponibles que dans les pays avec des bureaux de FEWS NET, les rapports de suivi à distance peuvent montrer moins de détail. Pour en savoir plus sur le travail, clique ici.