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Les ménages touchés par le conflit devraient enregistrer des déficits alimentaires jusqu'en septembre, notamment du fait de la hausse des prix du marché pendant la période de soudure. La distribution de l'aide alimentaire en janvier et en février a probablement empêché des déficits alimentaires considérables pour certains ménages à Ouham, Mbomou et Nana-Gribizi. Toutefois, l'assistance reste sous-financée et la plupart des ménages déplacés, des familles d'accueil et des rapatriés devraient rester en situation de Crise (Phase 3 de l’IPC) ou pire.
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Dans les régions relativement stables du pays, les stocks alimentaires des ménages devraient être épuisés d’ici mars. La plupart dépendront probablement des achats d’aliments, d’aliments sauvages et de stratégies de consommation stressées jusqu’à ce que les récoltes vertes soient disponibles en juin. La plupart des ménages seront en Stress (Phase 2 de l'IPC). Cependant, les tensions persistantes entre agriculteurs et transhumants pourraient perturber temporairement les moyens de subsistance.
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La proportion de ménages pratiquent l'agriculture a augmenté pour atteindre 84 pour cent en 2018. Compte tenu du redéploiement des forces de sécurité, de l'augmentation du nombre des retournés internes en 2018 et des interventions planifiées des acteurs humanitaires sur les moyens de subsistance, il est probablement que plus ménages pourront pratiquant l'agriculture au cours de la saison de production 2019.
| ZONE | ANOMALIES ACTUELLES | ANOMALIES PROJETEES |
|---|---|---|
| Nationale |
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| Les régions du Sud et de l’Ouest |
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Dans la plupart des régions relativement stables, les ménages devraient pouvoir vivre principalement de leur propre production jusqu’en mars. Dans l’ensemble, les récoltes des de céréales et du manioc ont été supérieures à celle de l’année précédente, mais demeurent environ 30 pour cent en-dessous de la moyenne avant la crise. Par contre, la production des cultures de rente ont enregistré une baisse car certains ménages ont raté la période idéale de semi ou ont manqué de semence (environ 24 pour cent ) et d’outils agricoles (environ 15 pour cent) selon les résultats préliminaires de l’ENSA/PAM 2018. Dans ces régions, les ventes de récoltes constituent la principale source de revenu et les ménages devrait acheter suffisamment de nourriture pour couvrir leurs besoins caloriques minimaux pendant la période de soudure. Toutefois, le début précoce de la période de soudure, la faible diversification de l’alimentation et la prévalence du racket et du pillage continueront de générer l’insécurité alimentaire aigue Stress (phase 2 de l’IPC).
Dans les zones à forte insécurité et des tensions vives entre groupes armés (préfectures de Mbomou, Basse-Kotto, Haute-Kotto, Ouaka, Ouham et Nana-Gribizi), en moyenne 64 pour cent des ménages ont pu pratiquer l’agriculture la saison écoulée selon de l’ENSA/PAM 2018. La proportion des ménages qui a pu pratiquer l’agriculture est la plus faible les préfectures de Haute Kotto (41 pour cent) et Basse Kotto (33 pour cent). L’insécurité empêche souvent l’accès aux champs et aux activités de plantation ou de récolte. Ainsi, les ménages de ces zones dépendent plus des marchés et de l’assistance humanitaire. Certains ménages déplacés et ménages de familles d’accueil peuvent gagner des revenus du petit commerce (27 à 30 pour cent), du travail agricole et non agricole journalièrement rétribué (32 pour cent) ou de la vente de produits agricoles (13 à 15 pour cent). En décembre passé, des rations alimentaires de 20 jours avaient bénéficié à environ 75 pour cent des déplacés internes et des retournés. Selon les rapports disponibles de l'OCHA, l’assistance alimentaire qui s’est poursuivie en janvier et février sous forme de ration ou de cash permet à certains ménages à Ouham, Mbomou, et Nana-Gribizi d’être en insécurité alimentaire aigue Stress ! (Phase 2 ! de l’IPC). Cependant, l’assistance reste irrégulière est la plupart des PDIs, les familles d’accueil, et les retournés internes reste en Crise (IPC Phase 3).
Avec l’épuisement précoce des stocks, la dépendance des ménages des marchés sera de plus en plus grande dès le mois de mars dans le nord et le nord-ouest et à partir de mai dans le reste du pays. Cette période correspond aussi à la hausse saisonnière du niveau des prix des denrées. Déjà en décembre passé, des hausses significatives de prix avaient été observé à Bangassou, zone qui concentre la moitié des 118 600 retournés de l’étranger. La hausse des prix des denrées de base aura un impact sur les PDIs, les familles d’accueil, et les retournés internes dans les zones les plus vulnérables, compte tenu de leur dépendance généralement beaucoup des achats de produits alimentaires sur le marché.
La période de mars à mai constitue aussi le pic de la transhumance des zones du Nord vers le sud et l’Ouest. Il arrive que les éleveurs ou les agriculteurs fassent appel aux groupes armés pour assurer leur protection en cas de conflits avec les transhumants. Depuis le début de la transhumance en janvier, les affrontements entre communautés ont déjà entrainé plus de 9000 déplacés le long des couloirs de passage Batangafo-Lady et Batangafo-Kambakota. Outre ces conflits, les agressions et braquages de civils par des individus armés vont continuer à limiter les mouvements de populations et l’accès des producteurs à leur champs, en particulier dans les zones de conflit. Toutefois, la stabilité relative dans certaines régions du pays favorise la mobilisation des acteurs humanitaires vers la mise en place des actions d résilience au profit des ménages. Selon le Cluster Sécurité Alimentaire, les appuis en semence et outils agricoles devraient s’augmenter comparativement à la campagne agricole écoulée au regard de la mobilisation en cours des acteurs humanitaires. Par ailleurs, la saison des pluies devrait s’installer à temps entre march et mai avec des précipitations attendues au-dessus de la moyenne entre juin et aout selon les prévisions de NOAA/CPC. Cela devrait favoriser l’accès à temps aux premières récoltes de maïs, d’arachide et de légumes feuilles dès le mois de juillet. Ainsi, dans les zones relativement stables, l’accès alimentaire des ménages va probablement se dégrader jusqu’en juin, mais les produits de cueillette puis les premières récoltes de juillet devraient les maintenir en insécurité alimentaire aigue Stress (Phase 2 de l’IPC) jusqu’en septembre.
Le déploiement en ce début d’année des forces de sécurité à Alindao (Basse-Kotto) et Bangassou (Mbomou), pourrait contribuer à réduire les exactions de groupes armés à l’encontre des populations. Par ailleurs, le processus de dialogue, démobilisation, désarmement et réinsertion (DDR) en cours dans le pays pourrait continuer à encourager plus les cas de retours de PDIs et de réfugiés que les nouveaux cas de déplacement, semblable l’évolution des mouvements de population observée en 2018 (Figure 1). Compte tenu que l'aide alimentaire humanitaire est sous-financée et que l'accès à celle-ci est limité par la multiplication des incidents de sécurité, il est probable que les rations pour les PDIs, familles d’accueil, et retournés sera irrégulières. En conséquence, la plupart cette ménages devraient être en Crise (Phase 3 de l'IPC) ou pire jusqu'en septembre.
This report will be translated to English.
Source : FEWS NET
Source : IOM, DTM/ROUND 6
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