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Regain de violence et accroissement du nombre de déplacés internes

  • Mise à jour du suivi à distance
  • République centrafricaine
  • Février 2018
Regain de violence et accroissement du nombre de déplacés internes

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  • Messages clé
  • PERSPECTIVE PROJETÉE À SEPTEMBRE 2018
  • Messages clé
    • L’ensemble du pays a été marqué par une recrudescence des affrontements entre groupes armés et des exactions commises à l’encontre des populations civiles lors de ces douze derniers mois, particulièrement les régions du sud-est, de l’est et du nord-ouest. Ainsi, entre janvier 2017 et janvier 2018, le nombre de personnes déplacées s’est accru de 74 pourcent, passant de 402 000 à 698 000.

    • Outre le déplacement de population, l’insécurité et les actes de violence restreignent la réponse humanitaire et entrainent parfois la suspension temporaire de l’assistance. En effet, en moins d’une année, plus de 300 incidents de sécurité ont affecté les acteurs et biens humanitaires, avec 14 pertes en vies humaines. Par ailleurs, le trafic routier fait régulièrement l’objet d’attaques de bandes criminelles et de groupes armés. 

    • La pression exercée par les déplacés sur les ressources alimentaires et économiques dans les zones d’accueil, ainsi que le disfonctionnement des marchés caractérisé souvent par des ruptures d’approvisionnement et des hausses de prix, exposent à la fois les déplacés et les populations hôtes pauvres à une situation d’insécurité alimentaire de Crise (Phase 3 de l’IPC), et cela jusqu’en septembre 2018. 

    ZONE

    ANOMALIES ACTUELLES

    ANOMALIES PROJETÉES

    National

    ·    Multiplication des foyers de tension du fait de l’augmentation, la dislocation ou la recomposition des groupes armés

    ·    Destruction des cultures par les animaux des éleveurs transhumants parfois armés. Provoquant des conflits avec les agriculteurs

    ·    Aggravation de la vulnérabilité de la population face aux cycles répétés de violences, avec pour corollaire une dégradation de leurs moyens d’existence basés principalement sur l’agriculture et l’élevage

    ·    Réduction des superficies emblavées et donc des productions agricoles en raison des difficultés d’accès aux champs

    ·    Ruptures de l’approvisionnement de certains marchés en raison de la dégradation des infrastructures routières avec l’installation de la saison des pluies d’une part et des pillages souvent orchestrés par les bandes criminelles d’autre part

    ·    Soudure plus marquée et plus précoce que d’habitude du fait de la baisse des stocks et de la réduction des capacités des ménages à générer des revenus

    Les déplacés, retournés, et familles hôtes du nord-ouest et de l’est

    ·    Restriction ou suspension des opérations humanitaires dans certaines localités du fait de l’insécurité

    ·    La majorité des personnes déplacées (68%) vit avec des communautés hôtes, 25% sont dans des camps de personnes déplacées et le reste vit retranché dans la brousse.

    ·    Volatilité des prix des denrées de base

    ·    Forte pression sur les ressources locales, notamment les pâturages et les produits forestiers

    ·    Augmentation du nombre de personnes dans les sites de déplacés, dans les familles hôtes et dans la brousse, menant à un accroissement des besoins d’assistance

    ·    Diminution de l’approvisionnement des marchés situés dans les zones de conflits

    ·    Hausse des prix des denrées alimentaires

    ·    Dégradation de la consommation alimentaire des déplacés et des ménages hôtes en raison de l’épuisement des stocks et des difficultés d’accès financier


    PERSPECTIVE PROJETÉE À SEPTEMBRE 2018

    Dans de nombreuses régions du pays, les groupes armés encore actifs et le grand banditisme rendent la situation sécuritaire très volatile. En décembre dernier, de violents combats opposant les groupes armés rivaux dans la préfecture de Ouaham Pendé ont engendré le déplacement d’environ 65 000 personnes principalement vers la ville de Paoua, entrainant un accroissement de 163 % de sa population. Récemment, à l’ouest du pays (préfecture de Berberati) et à l’est (préfecture de Haute-Kotto, de Ouaka et de Basse-Kotto), les violences et exactions répétées contre les acteurs humanitaires par des éléments armés ont conduit à la suspension de l’assistance dans les sites de déplacés.

    Les principaux axes routiers, s’ils ne sont pas dégradés, font régulièrement l’objet d’attaques de groupes armés, ce qui entraine des ruptures dans l’approvisionnement des marchés et la volatilité des prix des denrées de base. Par exemple, sur le marché de Bouar (ouest du pays), les prix du manioc et du riz en décembre ont augmenté respectivement de 100 % et de 25 % par rapport à la même période de l’année écoulée. Les marchés de Berberati (à l’ouest) et de Bria (à l’est) enregistrent les niveaux de prix les plus élevés respectivement pour le maïs (270 XOF/kg) et l’huile alimentaire (1250 XOF/litre).   

    Outre la pression qu’exercent les déplacés dans les zones d’accueil sur les ressources socio-économiques, la recrudescence des violences entraine des difficultés d’accès aux champs par les producteurs et réduit ainsi les disponibilités alimentaires et les revenus pour les populations hôtes qui seront confrontées à une soudure précoce dès le mois d’avril. Par ailleurs, à l’ouest et au nord-ouest du pays, les éleveurs transhumants revenus précocement du Cameroun voisin éprouvent des difficultés à accéder aux couloirs de transhumant occupés par les groupes armés, entrainant des destructions de champs de manioc par les animaux et des conflits avec les agriculteurs plus vulnérables. En cette période de préparation des champs pour les prochains semis en avril, la poursuite des représailles à l’encontre des populations civiles pourrait entraver la mise en œuvre de ces activités agricoles et également contribuer à réduire les superficies emblavées pour la quatrième année consécutive.

    Ainsi, la détérioration continue des moyens d’existence, la réduction de l’accès alimentaires du fait de la rupture des marchés et de la hausse des prix et l’augmentation du nombre de déplacés avec l’expansion des zones de tension sont les principaux facteurs qui vont maintenir les déplacés et les populations hôtes pauvres des régions du sud-est, de l’est et du nord-ouest dans une insécurité alimentaire aiguë de crise (Phase 3 de l’IPC) jusqu’en septembre. Ailleurs, dans les régions plus accessibles par l’assistance humanitaire, une insécurité alimentaire aiguë Stress (Phase 2 de l’IPC) sera observée. 

    Dans le suivi à distance, un coordinateur travaille d’un bureau régional avoisinant. En comptant sur les partenaires pour les données, le coordinateur applique l’approche de développement des scenarios pour faire l’analyse et élaborer les rapports mensuels. Comme les données peuvent être moins disponibles que dans les pays avec des bureaux de FEWS NET, les rapports de suivi à distance peuvent montrer moins de détail. Pour en savoir plus sur le travail, clique ici.

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