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Production insuffisante en zones de conflit entraîne une insécurité alimentaire aiguë après les récoltes

  • Mise à jour du suivi à distance
  • République centrafricaine
  • Décembre 2023
Production insuffisante en zones de conflit entraîne une insécurité alimentaire aiguë après les récoltes

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  • Messages clé
  • Calendrier saisonnier pour une année typique
  • Perspectives projetées à mai 2024
  • Messages clé
    • En décembre, les récoltes de manioc se poursuivent mais les récoltes de mil, sorgho, café et riz sont presque achevées. Toutefois, le niveau de production reste très inférieur à la moyenne dans les zones de conflit, notamment dans le nord-est et le sud-est du pays. Les ménages pauvres dont les moyens d’existences ont été fortement érodés par plusieurs années de conflits armés, et dont la majorité sont des déplacés internes (PDI), vivent une insécurité alimentaire de phase Stress (phase 2 de l’IPC) ou même de phase crise (phase 3 de l’IPC). Dans les zones plus sûres du pays où les ménages peuvent accéder à leurs champs en toute sécurité, la production agricole leur permet de couvrir leurs besoins avec leurs propres productions et de vivre une insécurité alimentaire minimale (Phase 1 de l’IPC).
    • Sur les marchés, le niveau des prix des produits alimentaires de base reste élevé (Figure 1 et Figure 2), même si on note une baisse ou une stabilité des prix de certains produits par rapport à la même période de l’année dernière. Les pénuries et les perturbations dans l’approvisionnement en carburant contribuent probablement à la hausse persistante des prix des denrées alimentaires et des transports. Selon les relevés des prix du PAM, dans la quasi-totalité des marchés suivis, les prix des produits de base (maïs, manioc, riz), sont au mois d’octobre, en hausse par rapport à la moyenne des 5 dernières années avec les augmentations les plus significatives enregistrées dans les zones de conflit. Toutefois, comparé à la même période de l’année dernière (2022), on enregistre une tendance générale à la baisse des prix des produits agricoles de base (manioc, maïs riz) dans les zones hors-conflits. 
    • Selon OCHA, au 31 octobre 2023, le nombre total de personnes déplacées internes (PDI) en République centrafricaine (RCA) était estimé à 504,992 individus. En aout 2023, ce nombre était de 488 866 personnes, soit une croissance de 3,2 pour cent du nombre de PDI par rapport au mois précédent. Cette tendance générale à la croissance s’expliquerait par les inondations en septembre et octobre qui ont fait de nombreuses victimes et occasionné des déplacements de populations. Toutefois, l'amélioration de la situation sécuritaire dans plusieurs zones du pays qui a permis à certaines personnes déplacées de retourner dans leurs localités d'origine, a atténué la tendance générale à l’augmentation des PDI. Au cours du mois d’octobre 2023, le plus grand nombre de retours de PDI a été enregistré dans la préfecture de Haute-Kotto, Toutefois, la situation sécuritaire y demeure volatile, de même que dans le Haut-Mboumou, Vakaga, et Ouham, où des affrontements entre groupes rebelles et forces gouvernementales continuent de causer de nombreuses victimes parmi les civiles.

    Calendrier saisonnier pour une année typique
    Calendrier saisonnier pour la République centrafricaine

    Source: FEWS NET

    ZoneAnomalies ActuellesAnomalies Projetées
    Nationale
    • Bangui et plusieurs villes font face aux inondations suites aux pluies diluviennes qui ont entrainé le débordement du fleuve Oubangui. Des centaines de maisons se sont effondrées, laissant des milliers de personnes sans abri et dans le besoin. En attendant une évaluation précise des dégâts et des victimes, le gouvernement et les acteurs humanitaires se mobilisent pour apporter une assistance aux sinistrés.
    • Les prix des denrées alimentaires (Figures 1 et 2) restent élevés en raison de la demande croissante liée à l’épuisement des stocks familiaux. De plus, les pénuries et les perturbations d’approvisionnement en carburant contribuent pareillement à la hausse persistante des prix des denrées alimentaires et des transports. En décembre, les tempêtes au large des côtes camerounaises ont limité le transit de carburant par le port de Douala, affectant significativement l'approvisionnement en carburant vers la République centrafricaine (RCA) avec des ventes limitées à 20 litres par automobiliste.
    • Les affrontements entre groupes rebelles et forces gouvernementales soutenus par leurs partenaires internationaux, se poursuivront probablement avec plus d’intensité en saison sèche d’octobre à février.
    • Un accroissement des incidents communautaires éleveurs-agriculteurs sera observé au cours de la transhumance qui a démarré en décembre et qui va concerner particulièrement les régions du Nord -Est, Sud-Est et Nord-Ouest. Toutefois, en vue d’une transhumance libre et apaisée, le gouvernement a entrepris des tournés de sensibilisation dans les différents couloirs de transhumance.

    Figure 1

    Variation prix du manioc en octobre 2023 par rapport à octobre 2022, et par rapport octobre moyenne de cinq ans (pour cent)
    Montre le rapport des prix du manioc entre octobre 2023 et l'année précédente en bleu et le rapport entre octobre 2023 et la moyenne quinquennale d'octobre en orange.

    Source: Données PAM

    Figure 2

    Variation prix du riz en octobre 2023 par rapport à octobre 2022, et par rapport octobre moyenne de cinq ans (pour cent)
    Montre le rapport des prix du riz entre octobre 2023 et l'année précédente en bleu et le rapport entre octobre 2023 et la moyenne quinquennale d'octobre en orange.

    Source: Données PAM


    Perspectives projetées à mai 2024

    Au cours de la période janvier à février 2024, les ménages pauvres qui dépendent principalement de leur propre production (manioc, riz, mil, et sorgho), et qui, selon les zones de moyen d’existence, disposent également d’autres sources de revenu telles que des activités de cueillette, de chasse, de pêche ainsi que l’exploitation artisanale, vont vivre une insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC). De nombreux ménages qui vivent dans des zones d’insécurité avec peu ou pas de production agricole ainsi que ceux des grandes villes qui auront recours au marché dans un contexte de vie chère, seront en insécurité alimentaire de phase Stress (Phase 2 de l’IPC). En revanche, le populations victime d’inondations et de conflits armés seront en phase crise (Phase 3 de IPC). Dans les zones à fort déficit sécuritaire, telles que les sous-préfectures du Haut-Mbomou et de la Haute-Kotto, les ménages qui ne peuvent accéder à leurs champs, espaces de cueillette, de chasse ou de pêche qu’à un rayon de 10 km de leurs villages, parfois moins, en raison de l’insécurité liée à la présence de groupes armés.

    La période de février à mai qui correspond au démarrage des activités champêtres relatives à la préparation des parcelles de culture et aux semis de certaines cultures, telles que le maïs, l’arachide, le haricot, et le mil et le sorgho dans certaines zones erra les stocks des ménages pauvres s'épuiser. Ces ménages seront contraints de dépendre davantage du marché pour leur alimentation. Certains pourront disposer, en outre, des produits de cueillette tels que des champignons, des produits de chasse et de pêche. Cependant, les plus pauvres, dont les avoirs relatifs aux moyens d’existences ont été fortement ébranlés par plusieurs années de conflits, vivront une insécurité alimentaire de phase Stress (Phase 2 de l‘IPC). En outre, la persistance des incidents sécuritaires liés à la présence de groupes armés dans certaines zones va continuer à limiter l’accès aux sources habituelles de revenus et de nourritures aux ménages les plus pauvres de ces zones, en particulier les PDI.  Ces ménages seront confrontés à une insécurité alimentaire de phase Crise (Phase 3 de l’IPC) et seront contraint à vendre des actifs productifs ou des moyens de transport, ou consommer leurs stocks de semences par manque d’argent pour acheter de la nourriture.

    À partir de mars, les transhumants amorcent leurs mouvements de retour du sud vers le nord du pays. Depuis plusieurs années, la transhumance en RCA est marquée par des tensions entre éleveurs transhumants, groupes armés, et population sédentaire (agriculteurs). Ces tensions génèrent parfois des déplacements internes, des dégât matériels et même des morts. Un récent conflit fin novembre dans la préfecture de la Vakaga, au nord-est du pays, a causé deux morts. 

    À partir de mars/avril, les travaux préparatoires des champs vont démarrer dans les régions sud et centre. La saison des pluies qui va s’y installer (régions avec pluviométrie > 1300 mm), va permettre le démarrage des semis de maïs, manioc, arachide et patate douce. Cette période d’intenses travaux champêtres offre des opportunités d’emplois agricoles aux ménages les plus pauvres qui tirent, en contrepartie, des revenus monétaires. Elle coïncide à la période de soudure caractérisée par des départs à la migration saisonnière des bras valides vers les grandes villes.

    Citation recommandée: FEWS NET. République centrafricaine Mise à jour du suivi à distance Décembre 2023: Production insuffisante en zones de conflit entraîne une insécurité alimentaire aiguë après les récoltes, 2023.

    Dans le suivi à distance, un coordinateur travaille d’un bureau régional avoisinant. En comptant sur les partenaires pour les données, le coordinateur applique l’approche de développement des scenarios pour faire l’analyse et élaborer les rapports mensuels. Comme les données peuvent être moins disponibles que dans les pays avec des bureaux de FEWS NET, les rapports de suivi à distance peuvent montrer moins de détail. Pour en savoir plus sur le travail, clique ici.

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