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La situation sécuritaire en Centrafrique reste préoccupante avec une multitude d'incidents de sécurité enregistrés depuis le début de l'année. Entre février et décembre 2017, 200 000 nouveaux déplacés internes ont été enregistrés dans le Haut Mbomou, Mbomou, Ouham Pende, Ouaka et Nana-Gribizi, portant le nombre à 600 000 selon OCHA en novembre, soit une augmentation de 50 % en 2017. La majorité de ces ménages reste dépendante de l’aide alimentaire pour leur alimentation.
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Malgré la bonne performance de la campagne hivernale, une faible production agricole est attendue pour la quatrième année consécutive à cause du conflit qui limite les zones disponibles pour les cultures. Cela conduira à une diminution précoce des stocks des ménages, une augmentation de la dépendance aux marchés et une restriction de l’accès alimentaire. Cela limitera également les activités commerciales comme la vente des surplus agricoles et les opportunités de petit commerce.
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La persistance du conflit continue à provoquer des déplacements continuels de civils dans les zones affectées (Haut Mbomou, Mbomou, Ouaka, Ouham Pende, Nana-Gribizi). Cela affaiblit les sources de revenus et détériore l’accès alimentaire pour environ 600 000 personnes selon OCHA parmi dont des déplacées, retournées, personnes résidentes pauvres et ménages hôtes de ces zones où la situation alimentaire de Crise (Phase 3 de l’IPC) sera observée jusqu’au moins mai 2018.
ZONE | ANOMALIES ACTUELLES | ANOMALIES PROJETÉES |
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Zones touchées par le conflit
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Bien qu’il soit observé une relative accalmie dans l’escalade des violences à Bangui, les groupes armés se livrent une bataille dans le Haut Mbomou, Mbomou, Ouaka, Ouham Pende, Nana-Gribizi pour les luttes sociopolitiques, le financement des groupes armés et le contrôle du bétail et des matières premières telles que l’or et le diamant. Ces violences environ 600 000 personnes en déplacement selon le dernier rapport d’OCHA au 30 novembre 2017. Cela entrave également la bonne marche de l’administration, la reprise des activités scolaires, le rétablissement des services de santé ainsi que la célébration d’évènements locaux dans les zones affectées. La plupart des personnes déplacées dans le Centre et le Sud-Est du pays comptent sur les aides humanitaires pour satisfaire leurs besoins vitaux, cependant, les tensions intercommunautaires couplées aux mauvais état des routes entravant l’acheminement de l’aide placent ces populations en situation d’insécurité alimentaire en Crise (Phase 3 de IPC). L’insécurité alimentaire est en Stress (Phase 2 ! de IPC) chez les autres personnes déplacées situées dans le Nord-Ouest et au Sud-Ouest où l’espace humanitaire est plus securisé et rend l’aide humanitaire accessible pour la plupart des ménages.
Au regard de la persistance de l’insécurité civile et de ses effets sur la production agricole depuis quatre ans, les activités saisonnières comme le commerce et les échanges de produits agricoles et d’élevage restent fortement perturbées. De la même manière, les autres sources de revenu telles que la main d’œuvre agricole, le petit commerce, la chasse et la pêche, le travail journalier, l’artisanat et l’auto emploi procurent des revenus largement en dessous de la moyenne. Cela contribue à des baisses significatives des revenus et du pouvoir d’achat des ménages dans les zones affectées limitant ainsi leur accès alimentaire.
Selon les rapports de terrains, les affrontements meurtriers entre groupes armés et l’érection de barrages routiers informels continuent d’engendrer le déplacement de milliers de personnes, de causer des pertes en vies humaines et de limiter l'accès humanitaire. A cela s’ajoute des pénuries de stocks alimentaires, les contraintes liées au mauvais état des routes, l’absence de sécurité sur les axes de communication, les contraintes logistiques, le dysfonctionnement des structures sociales de base et la baisse des financements. Cela limite la capacité de réponse par l’état et ses partenaires pour venir en aide aux populations vulnérables. Par exemple, l’aide alimentaire apportée par le PAM ne concernent que 400 000 personnes en 2017 contre 700 000 en 2016.
L’insécurité alimentaire de Crise (Phase 3 de l’IPC) qui prévaut actuellement chez les déplacées, les retournées, les personnes résidentes pauvres, et les ménages hôtes des zones affectées de Haut Mbomou, Mbomou, Ouaka, Ouham Pende, Nana-Gribizi va se poursuivre jusqu’au moins mai 2018 à cause des effets du conflit sur les sources de revenus et l’accès alimentaire. Les stratégies de crise telles que la mendicité et la consommation d’aliments sauvage vont se maintenir dans ces zones.
L’aide alimentaire fournie aux personnes déplacées et résidentes pauvres des zones situées au nord-ouest et sud-ouest du pays permet de maintenir la situation alimentaire en Stress (phase 2 ! de l’IPC) jusqu’au moins mai 2018.
Dans le suivi à distance, un coordinateur travaille d’un bureau régional avoisinant. En comptant sur les partenaires pour les données, le coordinateur applique l’approche de développement des scenarios pour faire l’analyse et élaborer les rapports mensuels. Comme les données peuvent être moins disponibles que dans les pays avec des bureaux de FEWS NET, les rapports de suivi à distance peuvent montrer moins de détail. Pour en savoir plus sur le travail, clique ici.