Skip to main content

L’insécurité alimentaire exacerbée par la persistance de l’inflation alimentaire, notamment en période de soudure

  • Mise à jour du suivi à distance
  • République centrafricaine
  • Avril 2022
L’insécurité alimentaire exacerbée par la persistance de l’inflation alimentaire, notamment en période de soudure

Télécharger le rapport

  • Messages clé
  • CONTEXTE NATIONAL
  • PERSPECTIVES PROJETÉES À SEPTEMBRE 2022
  • Messages clé
    • La situation sécuritaire reste toujours sous pression et imprévisible dans le pays, perturbant fortement les activités génératrices de revenus et les moyens d’existence des populations les plus vulnérables. En mars 2022, le nombre total des personnes déplacées internes (PDI) en RCA était estimé à 649 794.

    • Depuis le dernier trimestre de 2021, on observe une hausse continuelle des prix des aliments de base par rapport à l’année dernière pour la même période. Dans les zones sous occupation et à accès difficile, comme au nord et sud-est, l’approvisionnement des marchés reste toujours inférieur à la moyenne, tandis qu’il est moyen dans les zones moins affectées par les conflits armées telles que à Bangui et les zones sud-ouest et centre-ouest.

    • Les PDI et les ménages hôtes pauvres qui font face à une insécurité alimentaire de Crise (Phase 3 de l’IPC), le resteront jusqu’aux récoltes en septembre 2022. Les ménages particulièrement touchés seront les pauvres et très pauvres des zones de conflits dans les préfectures du sud-est et ceux déplacés dans les préfectures du nord-ouest, nord-est, et du centre. Dans les zones moins affectées par les conflits, une grande proportion des ménages vit une insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) ou Stress (Phase 2 de l’IPC) et le resteront jusqu’en septembre 2022.


    CONTEXTE NATIONAL

    La situation sécuritaire du pays reste toujours dégradée et très volatile avec la persistance des conflits et de la dégradation du climat sécuritaire dans le pays. La présence d’engins explosifs et les phénomènes de feux de brousse augmentent les risques sécuritaires surtout dans la préfecture d’Ouham-Pendé. Le mécanisme de réponse rapide (RRM) a répertorié depuis janvier 2022, 17 alertes dont 71 pour cent qui ont été déclenchées à la suite de violences armées. Le nombre d'accidents enregistrés au premier trimestre 2022 représentent près de la moitié de tous les accidents enregistrés en 2021 (OCHA). En autre, l’insécurité additionné à l’impraticabilité des routes dans certaines zones (surtout pendant la période hivernale) restreignent l’accès humanitaire et impactent l’acheminement de l’assistance vers les populations affectées. L’insécurité dans le pays a fortement compromis la disponibilité et l’accès à la nourriture, l’accès aux terres pour la production agricole, les activités génératrices de revenu, et aussi l’assistance humanitaire. Par conséquent, les niveaux de consommation alimentaire ont diminué (modification du contenu des rations alimentaires quotidien) et il y a eu un impact négatif sur la viabilité des moyens d’existence à court et moyen terme des ménages pauvres et très pauvres de ces zones de conflits et d’accès limité.

    Mouvements de la population : La tendance générale du nombre de PDI est à la baisse depuis mars 2021 (réf. Figure 1). Cette tendance est observée de janvier à février 2022 à la faveur d’une relative accalmie dans les foyers de conflit, permettant ainsi des retours continus et significatifs de PDI dans leurs localités d’origine (à Bangui : 26 892, à Batangafo : 4 990, à Kaga-Bandoro : 3 865, et à Alindao : 3 092). Toutefois, selon le dernier rapport de la Commission Mouvement des Populations (CMP) de mars 2022, le nombre total de PDI demeure assez important avec 649 794 personnes (dont 164 049 personnes sur les sites et 485 745 personnes en familles d’accueil).

    Malgré cette tendance générale à la baisse du nombre de PDI ces derniers mois, le mois de mars 2022 a été marqué par de nouvelles vagues de déplacements de population (26 410 selon CMP) plus importants que les retours (soit 8 856), dues aux affrontements armés, aux incursions et abus dans les villages, ainsi qu’aux catastrophes (incendies allumés et inondation). Les retours enregistrés en mars 2022 sont essentiellement des retours spontanés de PDI constatés majoritairement dans les préfectures de l’Ouham et la Basse-Kotto due à l’amélioration de la situation sécuritaire dans leurs villages et quartiers de provenance et aussi aux mauvaises conditions de vie dans les sites et lieux de déplacement.

    Les nouveaux déplacements sont principalement constatés dans les couloirs de transhumance de l’Ombella-M’Poko et l’Ouham-Pendé, dans les zones où il y a eu des affrontements armés dans la Mboumou, l’Ouham-Pende, et la Bamingui-Bangoran, ainsi que dans les zones affectées par les orages dans la Nana-Gribizi (CMP, mars 2022). Les sous-préfectures ayant connu les nouveaux déplacements les plus importants sont : Ouham-Pende (9 948), a Bocaranga (3 135), a Ouaka (9 938), a Ippy (9 736), et a Bamingui-Bangoran (1 905). Ces nouveaux déplacements sont également dus à la peur de nouveaux conflits ou suite à des représailles, en plus des incendies et des inondations, et ainsi les population pauvres et très pauvres de ces localités sont confrontées à des difficultés d’accès à la nourriture, aux terres de cultures, et à la mise en œuvre des activités de moyens d’existence.

    Accès et disponibilités alimentaires : Grace aux conditions pluviométriques reparties durant toute l'année, les semis et récoltes ont lieu durant tous les mois de l'année. Ces conditions pluviométriques favorables à une agriculture constituent la principale source des moyens d’existence des ménages pauvres et très pauvres centrafricains. Les niveaux pluviométriques et végétation au premier trimestre 2022 se situent globalement moyennes ou légèrement en dessus de la normale (réf. Figure 2.). Les disponibilités alimentaires normalement s’améliorent avec les premières principales récoltes de l'année en mars/avril auprès des ménages pauvres et très pauvres et sont renforcées par les produits de cueillette, de pêche et de chasse dans les préfectures sujettes a moins de conflit du centre et de l’ouest.

    Le secteur agricole en RCA continue de souffrir de la volatilité de la situation sécuritaire, des déplacements récurrents de populations, des difficultés d’accès aux intrants et aux outils agricoles, ainsi qu’un faible appui au secteur agricole. Actuellement, les récoltes des cultures de maïs de bas-fond, du manioc, de la patate douce, du riz du bas-fond, et de la préparation du sol et des semis d'arachide, de la patate douce, du manioc, et du maïs dans les zones soudaniennes et forestières sont en cours. Il faut noter que ces activités sont fortement perturbées par l'insécurité. Dans les préfectures du nord et dans certaines localités des préfectures du nord-ouest et du sud-est l’accès et la disponibilité alimentaire sont fortement réduits voir limites en raison de la présence des groupes armés, qui limitent l’accès aux champs pour les cultures et les récoltes ainsi que les feux de brousses et les incendies récidives. Durant cette période, les populations pauvres et très pauvres peuvent accéder à des revenus journaliers stables tirés de la main d’œuvre agricole et ouvrière leur permettant ainsi d’améliorer leur condition de vie pendant cette période de soudure.

    Marchés et évolution des prix : L’approvisionnement des marchés est moyen dans les zones moins affectées par les conflits armées (les zones de centre ouest et sud-ouest). Cependant, il reste inférieur dans les zones sous occupation rebelle et à accès difficile en raison de l’insécurité et de la fermeture de la frontière du pays avec le Tchad. En autre, l’approvisionnement sur les axes routiers de ravitaillement en provenance du Cameroun est aussi rendu plus coûteux par les taxes routières et douanières élevées par les transporteurs ainsi que la persistance d’autres tracasseries sur les routes.

    D’après le bulletin conjoint de suivi des marchés (ICSM) de REACH Initiative, en mars 2022, le coût médian du panier minimum d'articles de survie (PMAS) s’établit à 64 473 XAF. La tendance haussière des prix des produits alimentaires surtout ceux importés (huile, riz importe) et non alimentaires depuis décembre 2021 se poursuit et a connu une augmentation par rapport à la même période de l’année 2021 (réf. Figure 3). Entre février 2022 et mars 2022, les évolutions notables sont les suivantes : essence (+23%), huile végétale (+14%), arachide (-17%).

    L'indisponibilité et les prix élevés de l'huile végétale et de l’essence dans certaines localités du pays sont directement liés aux perturbations du marché international et aux conséquences du conflit en Ukraine. En effet, la dépendance de la RCA aux importations de produits de première nécessité (riz, blé, huile, et carburant) rend le pays particulièrement vulnérable à l'augmentation des prix des hydrocarbures et des produits agricoles. La dégradation de la situation sécuritaire et des infrastructures routières, les multiples abus sur les axes d’approvisionnements ainsi que la menace croissante d’engins explosifs sur les routes du pays contribuent fortement à cette tendance haussière, qui devrait se poursuivre jusqu'en saison des premières récoltes des cultures sous pluies en octobre.

    La demande, bien que toujours supérieure à la normale dans le pays, reste contenue par la baisse généralisée du pouvoir d’achat des ménages depuis le début de l’année et la persistance du climat d’insécurité. En général, les prix restent généralement en dessus de leurs niveaux de l’année dernière à la même période, notamment ceux des produits manufacturés et importés comme le riz et l’huile de palme selon REACH (réf. Figure 3). En plus, la suspension des exportations de certains produits agricoles (produits céréalier et huile de palme) décidée par le Cameroun le 27 décembre 2021 a eu un fort impact sur le renchérissement des prix de l'huile végétale, et du sucre. Cette situation est probablement amenée à perdurée avec l’actuelle flambée des cours mondiaux du baril de pétrole à la suite du conflit en Ukraine qui pourrait exercer une pression sur les coûts de transport et davantage de hausses des prix des aliments de base.  

    Situation alimentaire : Les résultats de la dernière analyse IPC de la situation de la sécurité alimentaire tenue en avril 2022 fait ressortir que la situation alimentaire très précaire reste toujours une des préoccupations majeures du pays a causes de la recrudescence des facteurs déterminants (insécurité civile et l’inflation des prix). La situation de l’insécurité alimentaire d’autant aggravée par une baisse persistante du pouvoir d'achat des populations pauvres, ainsi qu'une énorme détérioration de leurs moyens d’existence. Une grande partie de la population notamment les ménages pauvres hôtes, les PDI dans les préfectures du Nord, du nord-ouest et du sud-est qui sont actuellement en insécurité alimentaire Crise (Phase 3 de l’IPC) sevra se maintenir jusqu’en septembre 2022 du fait principalement de l’épuisement précoce des stocks, des faibles niveaux de revenus, de la hausse des prix des denrées de premières nécessites de la détérioration de la sécurité et de la recrudescence des violences armées dans le pays.

    ZONEANOMALIES ACTUELLESANOMALIES PROJETÉES

    Nationale

    La persistance de la hausse des prix qui est due principalement à l’approvisionnement en dessous de la normale, l’augmentation des taxes douanières sur les produits en provenance du Cameroun, la fermeture de la frontière avec le Tchad et des frais additionnels illégaux, des tracasseries et restrictions portuaires et routières, et de l’insécurité du pays.

    Les prix des produits alimentaires importés resteront élevés du fait de la dégradation avancée des routes pendant la saison des pluies, l’augmentation des coûts de transport et le climat général d’insécurité. Les restrictions établies par le Cameroun ainsi que les impacts liés au conflit en Ukraine vont probablement réduire l'approvisionnement et maintenir les prix à la hausse.

     

    Un démarrage timide de la saison des pluies sur l’ensemble du territoire avec des valeurs en dessous de la moyenne, cependant une campagne agricole normale est attendue dans le pays en termes de condition pluviométriques.

    La production agricole de la campagne 2022/2023 sera globalement équivalente à celle de l’année dernière (en dessous de la moyenne des 5 dernières années). Toutefois, les superficies ensemencées pourraient connaitre une légère baisse par rapport à l’année dernière, du fait de l’inaccessibilité de certains champs à cause de l’insécurité civiles et de la dégradation des routes.

     L’instabilité et l’imprévisibilité de la situation sécuritaire du pays qui affectent significativement les activités génératrices de revenus, l’approvisionnement des marchés locaux ainsi que les activités des organismes étatiques et humanitaires pour délivrer l’assistance, continuant d’exposer davantage les ménages les plus pauvres et ceux déplacés à l’insécurité alimentaire.  Une augmentation des mouvements de population et des PDI est à prévoir avec la dégradation du climat sécuritaire dans les zones sous occupations rebelles ainsi que des phénomènes de feux de brousse et d’incendie. 

     


    PERSPECTIVES PROJETÉES À SEPTEMBRE 2022

    Globalement la disponibilité des produits alimentaires devra s’améliorer à partir de septembre/octobre, du fait des nouvelles récoltes et une disponibilité de la main d’œuvre agricole, et d’ouvrière dans les zones moins affectées par les conflits. Il faut cependant relever le cas de certaines localités qui risquent de connaitre des difficultés d’approvisionnement en produits alimentaires de base dans les prochains mois à cause, non seulement de l’insécurité civile, mais surtout à cause de l’inaccessibilité des routes d’accès qui durant les périodes des fortes pluies restent impraticables. Les conflits armés, les tendances haussières des prix, les déplacements des populations, le faible pouvoir d’achat, la dégradation des infrastructures routières et la faible production agricole sont les principaux facteurs déterminants de l’insécurité alimentaire actuelle du pays.

    Dans certaines localités des préfectures du nord, du nord-ouest et du sud-est, les ménages qui font face à l’insécurité alimentaire aigue Stress (Phase 2 de l’IPC) pourraient basculer en Crise (Phase 3 de l’IPC) durant la période de soudure du fait de l’épuisement précoce des stocks et des faibles niveaux de revenus. Cette situation devrait prendre fin en septembre correspondant à la fin de la période de soudure et durant la saison des pluies avec la disponibilité des premières récoltes de la campagne agricole 2022/2023.

    Les PDI et les ménages hôtes resteront exposés à la Crise (Phase 3 de l’IPC) durant la période de soudure jusqu’en septembre 2022 dans les zones plus affectées par l’insécurité, et où la situation alimentaire reste préoccupante pour les populations pauvres et très pauvres. À cause de la faiblesse des approvisionnements des marchés, de la hausse des prix, de la limitation de déplacement (dû à la peur des agents d'explosif et des abus des groupes armées), ainsi que les mouvements continuels des populations, la situation nutritionnelle et alimentaire connaitra une détérioration à partir d’avril/mai pour le reste de la période de soudure compte tenu de la faiblesse des revenus et de leur dépendance du marché pour leur alimentation.

    Figures CALENDRIER SAISONNIER POUR UNE ANNÉE TYPIQUE

    Figure 1

    CALENDRIER SAISONNIER POUR UNE ANNÉE TYPIQUE

    Source: FEWS NET

    Figure 1. Evolution du nombre de personnes déplacées internes (PDI) en RCA, de mars 2021 á mars 2022 (en milliers)

    Figure 2

    Figure 1.

    Source: Commissions des Mouvements de Populations (CMP), mars 2022

    Figure 2. Répartition de la pluviométrie et végétation (NDVI) du premier trimestre de 2022 par rapport à leur moyenne de 1994

    Figure 3

    Figure 2.

    Source: WFP–VAM, CHIRPS/MODIS 2022

    Figure 3. Prix comparatif (XAF) des principales denrées alimentaires en mars 2022 par rapport á mars 2021, marché de Paoua.

    Figure 4

    Figure 3.

    Source: FEWS NET

    Dans le suivi à distance, un coordinateur travaille d’un bureau régional avoisinant. En comptant sur les partenaires pour les données, le coordinateur applique l’approche de développement des scenarios pour faire l’analyse et élaborer les rapports mensuels. Comme les données peuvent être moins disponibles que dans les pays avec des bureaux de FEWS NET, les rapports de suivi à distance peuvent montrer moins de détail. Pour en savoir plus sur le travail, clique ici.

    Get the latest food security updates in your inbox Sign up for emails

    The information provided on this Website is not official U.S. Government information and does not represent the views or positions of the U.S. Agency for International Development or the U.S. Government.

    Jump back to top