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- Entre décembre et janvier, les récoltes de fin d’année améliorent de manière saisonnière la disponibilité alimentaire en République centrafricaine (RCA). Pour la campagne 2025, les estimations préliminaires de la FAO indiquent une production pouvant atteindre environ 200 000 tonnes soit une amélioration partielle par rapport à l’année dernière. La production de maïs, principale céréale de base du pays, a bénéficié de ces conditions pluviométriques suffisant permettant une croissance des cultures globalement satisfaisante dans les zones accessibles. Toutefois, les superficies emblavées et les rendements du maïs restent inférieurs à leur potentiel en raison de l’insécurité et de l’accès restreint aux terres, aux outils, aux semences et aux intrants. L’insuffisance de production maintiendra une forte dépendance aux importations et une faible reconstitution des stocks des ménages agricoles, ce qui ne couvrira pas les besoins alimentaires du pays.
- Bien que les récoltes améliorent saisonnièrement la disponibilité alimentaire, l’accès restera fortement inégal entre les régions. Les préfectures affectées par l’insécurité persistante, les déplacements et les chocs météorologiques récents demeurent les plus exposées. Les inondations localisées ont entraîné des pertes de cultures, endommagé des infrastructures et perturbé l’approvisionnement des marchés, limitant les revenus agricoles. Dans les zones enclavées ou sous influence de groupes armés, l’accès aux marchés demeure restreint, entraînant des prix élevés et des déficits de consommation parmi les ménages pauvres. Cette période coïncide avec les élections de décembre, ce qui risque d’accroître les tensions et de perturber davantage les flux commerciaux. À partir de février, l’épuisement progressif des stocks, la hausse saisonnière des prix du manioc et du maïs et la poursuite des perturbations des flux commerciaux devraient détériorer davantage l’accès alimentaire. Entre février et mai 2026, durant la période de soudure, une dégradation accrue de la consommation alimentaire est attendue, maintenant des besoins humanitaires élevés et une forte dépendance aux marchés, particulièrement parmi les ménages pauvres, déplacés ou vivant dans des zones difficiles d'accès.
- Malgré des précipitations moyennes à inférieures à la moyenne pendant la majorité de la campagne agricole marquées par des déficits dans l’ouest et le sud‑ouest, les zones bimodales devraient continuer à recevoir des précipitations moyennes à supérieure à la moyenne jusqu’en mars pendant la saison sèche. Bien qu’inférieures à la moyenne dans certaines régions, ces précipitations ont été suffisantes pour maintenir l’humidité des sols, qui reste généralement moyenne et globalement satisfaisant, avec des poches plus sèches dans le sud-est, qui pourraient conduire à un stress hydrique au début de saison sèche. Les déficits de précipitation et d’humidité de sol localisés ainsi qu’une installation progressive de la saison sèche pourraient limiter les opportunités de contre‑saison au sud et accroître la pression sur les ressources hydriques.
- Les déplacements de population continuent d’influencer la sécurité alimentaire et la situation humanitaire en RCA malgré une amélioration relative en 2025. Selon le OIM, environ 416 247 personnes déplacées internes (PDI) étaient recensées à fin novembre, soit une baisse de 2 pour cent depuis janvier, même si des hausses localisées persistent dans la Vakaga, le Lim‑Pendé, l’Ouham‑Pendé et la Nana‑Mambéré en raison d’affrontements communautaires, de tensions liées à la transhumance et d’inondations. La majorité des PDI dans le pays (87 pour cent) vivent dans des communautés d’accueil, exerçant une pression supplémentaire sur des ménages déjà confrontés à des contraintes économiques et à un accès limité aux services essentiels. En parallèle, plus de 39 279 retours internes et 23 412 retours depuis l’étranger ont été enregistrés en 2025, motivés par une légère amélioration de la sécurité dans certaines zones d’origine et par la dégradation des conditions dans les zones d’accueil. Toutefois, la fragilité des zones de retour et l’accès restreint aux services limitent la durabilité de ces retours et maintiennent un risque élevé d’insécurité alimentaire.
- Les conditions des marchés en RCA se sont améliorées avec une hausse saisonnière de l’offre grâce aux nouvelles récoltes. Ces récoltes entraînent une baisse des prix de plusieurs denrées locales entre octobre et novembre 2025, selon les données mVAM, et une baisse de 26 pour cent du coût médian national du Panier Minimum d’Articles de Survie (PMAS) en octobre par rapport à août, selon l’Initiative Conjointe de Suivi des Marchés (ICSM). Cette tendance reflète une disponibilité accrue des produits agricoles (maïs, manioc, haricots, arachide), bien qu’elle reste fragile et fortement tributaire de contraintes structurelles. La fonctionnalité des marchés demeure limitée avec des disparités marquées entre Bangui et les marchés de l’intérieur tels que Nangha-Boguila et Ouadda, où l’accès et l’abordabilité restent faibles. En outre, les prix demeurent supérieurs à la moyenne quinquennale, notamment pour le riz et les produits de grande consommation, dans un contexte de persistance de coûts élevés de transport, la dégradation des routes, les taxes illicites et l’insécurité. À partir de février/mars jusqu’en mai, les prix des denrées devraient augmenter de manière saisonnière, réduisant l’accès des ménages pauvres à une alimentation minimale.
Citation recommandée: FEWS NET. République centrafricaine Mise à jour des messages clés Décembre 2025: La persistance de l’insécurité et des conflits continue de limiter l’accès alimentaire malgré les récoltes en cours, 2025.
Cette mise à jour des des messages clés présente une analyse succincte des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.