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Les récoltes en cours améliorent la situation alimentaire sauf dans les zones de conflits.

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Niger
  • Octobre 2020
Les récoltes en cours améliorent la situation alimentaire sauf dans les zones de conflits.

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  • Messages clé
  • CONTEXTE NATIONAL
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    • Les conditions de sécurité alimentaire se sont globalement améliorées avec les récoltes qui se généralisent, les prix qui entament leur baisse saisonnière et les opportunités de revenus qui se multiplient avec les ventes des récoltes, des produits de rentes et d’animaux. La plupart des ménages sont en insécurité alimentaire aigue Minimale (Phase 1 de l’IPC) en octobre 2020.

    • Certaines zones agricoles et agropastorales enregistrent des baisses de productions céréalières et des revenus agricoles en raison des inondations. La perte des stocks céréaliers et des revenus agricoles et ceux de secteur informel a réduit l’accès alimentaire pour la plupart des ménages de la zone rizicole de Niamey qui se retrouvent en Stress (Phase 2 ! de l’IPC) entre octobre et janvier 2021 grâce aux aides déjà planifiées par le gouvernement et les partenaires. Des bonnes perspectives de cultures irriguées de saison sèche vont permettre une amélioration de la situation à partir de février 2021.

    • Les moyens d’existence dans la plupart des zones pastorale et agricole vont fonctionner normalement entre octobre 2020 et mai 2021 grâce à la bonne production fourragère permettant une bonne production animale avec des termes de l’échange favorables aux ménages éleveurs. Cependant, le pouvoir d’achat des éleveurs va diminuer en avril-mai 2021 suite aux prix inférieurs à la moyenne consécutifs aux effets des restrictions sur les mobilités et les ventes à l’exportation des animaux.

    • Les conflits dans le Bassin du Lac Tchad, dans le Liptako Gourma et le Nord-Ouest du Nigeria et l’insécurité civile continuent d’être les principales menaces d’insécurité alimentaire des ménages des régions de Diffa, Nord Tillabery, Nord Tahoua et le Sud Maradi qui sont les zones les plus affectées. Les incidents sécuritaires persistent et vont persister davantage avec la fin de la saison de pluies, ce qui pourrait provoquer une augmentation des déplacements de populations avec des pertes des moyens d’existence, des perturbations des marchés et une réduction de l’accès pour les interventions humanitaires. Toutefois, grâce à l’accès humanitaire assuré dans les régions de Diffa et Maradi, l’insécurité alimentaire sera en Stress (Phase 2 ! IPC) alors que dans le Nord Tillabery et Tahoua, le niveau Crise (Phase 3 IPC) va dominer dans la situation alimentaire des ménages


    CONTEXTE NATIONAL

    Situation actuelle

    La poursuite de la pluviométrie jusqu’en fin septembre à un niveau supérieure à la moyenne (Figure 1), a permis aux cultures de boucler normalement leur cycle végétatif à travers la majeure partie du pays. L’évaluation à mi-parcours de la campagne agricole d’hivernage par la direction des statistiques de l’agriculture a estimé à 89 pour cent les superficies emblavées qui donneront une production agricole moyenne à bonne. Les perspectives sont aussi bonnes pour la production de cultures de rente.

     Toutefois, les précipitations ont été particulièrement fortes et ont provoqué des inondations dans toutes les régions du pays avec d’énormes pertes de matériels et de cultures de riz, mil et sorgho principalement dans les régions de Maradi, Tillabery, Niamey, Tahoua et Dosso. C’est le cas de la crue exceptionnelle du Fleuve Niger dont les eaux ont atteint une crue exceptionnelle de 699 cm enregistrée a la station de Niamey en septembre 2020 contre une cote d’alerte rouge estimée à 620 cm. Les populations affectées par les inondations de cette année sont estimées à 61 253 ménages soit 516 216 personnes. Les pertes sur les moyens d’existence sont évaluées à 2 575 hectares de mil, sorgho et niébé soit 0,03 pour cent de pertes de superficies, 2 000 hectares et 15 000 tonnes de riz irrigué, soit 17 pour cent de perte de production, 2 908 hectares de cultures maraichères estimées à 24 588 tonnes.

    Sur le plan pastoral, la bonne pluviométrie a favorisé le développement normal des herbacées avec des productions fourragères estimées moyennes à bonnes dans les zones pastorales du pays. Ce qui a permis aux animaux de récupérer leur bon état d’embonpoint et d’améliorer leur valeur marchande. Les mouvements des animaux sont actuellement normaux et les principaux points d’eau ont un niveau suffisant de remplissage.

    En ce qui concerne la sécurité civile, dans la région de Diffa, la situation humanitaire reste encore dominée par la poursuite des incursions et enlèvements opérés par les Groupes Armés Non Etatiques (GANEs). Cela continue de provoquer des déplacements de populations dont la majorité est constituée de déplacements secondaires à l’intérieur de la région selon les rapports d’évaluations multisectorielles (MSA). Les catégories de personnes déplacées dans la région sont les déplacées internes au nombre de 102,726 personnes, les réfugiés nigérians totalisant 126,543 personnes et les retournés du Nigeria composés de 34,324 personnes.

    Dans les régions de Tillabery et Tahoua, la persistance de l’insécurité se manifeste par l’augmentation des incidents sécuritaires. En septembre 2020, 169 cas d’incidents sont enregistrés dans les 2 régions (Figure 2) contre 67 cas en septembre 2019. Cette insécurité engendre une augmentation du nombre de déplacés internes estimé à 140,763 personnes en septembre 2020. En plus, la présence de groupes armés au Burkina Faso a provoqué le déplacement vers le Niger d’au moins 3,514 réfugiées dans la région de Tillabery. Ces mêmes régions accueillent aussi des réfugiés du Mali, estimées par le UNHCR Niger à 55,656 individus, suite à l’éclatement du conflit en 2012.

    Dans la région de Maradi, la situation d’insécurité liée à l’activisme des GANEs. Dans le Nord-Ouest du Nigeria, notamment dans les Etats de Zamfara, Sokoto, se caractérise par des tueries, des pillages et des kidnappings et force 70 000 personnes à chercher refuge dans les départements au Sud de Maradi au Niger. Aussi les incursions répétées des GANEs au Niger ont fait 23,016 personnes déplacées internes dans la région.

    La situation de la COVID-19 au Niger, à la date du 15 octobre 2020, montre une évolution favorable avec un total de 1 207 cas confirmés positifs dont 69 décès sur 30 162 tests PCR réalisés. Les mesures sociales et sanitaires ainsi que la fermeture des frontières terrestres sont maintenues mais la fermeture des frontières aériennes est levée avec toutefois l’obligation de test des voyageurs au départ et à l’arrivée à l’aéroport. Malgré l’allègement et/ou la levée de certaines mesures de restrictions, la longue période de confinement des personnes et des certaines localités du pays, surtout les centres urbains, a eu des effets qui persistent sur les moyens d’existence des ménages et sur les opportunités économiques du pays, notamment le faible emploi dans les unités industrielles et hôtelières et le surendettement des ménages pauvres dans les centres urbains.

    La mise à jour sur la situation de l’assistance aux personnes vulnérables indique la réalisation de deux phases sur les trois phases des opérations de la Distribution Gratuite Ciblée planifiée par le gouvernement à travers la Cellule Crise Alimentaire, au 20 septembre 2020, soit 34 286 tonnes de céréales et 3429 tonnes de niébé distribués au profit de 1 200 000 personnes. Ces opérations de distribution gratuite ciblée ont été couplées à l’opération « Blanket Feeding » dans certaines communes dont 264 tonnes de farine fortifiée distribuées à 23 740 enfants dans 21 communes des régions de Zinder, Maradi, Tahoua, Dosso, Tillabéri et Niamey. Compte tenu des difficultés de mobilisation des stocks et de la fin de la période de soudure, la troisième phase de distribution est prévue uniquement dans les zones spécifiques notamment les régions de Niamey, de Diffa et les zones pastorales, soit 460 tonnes de mil pour les personnes déplacées internes de Diffa et 2861,8 tonnes de céréales pour soutenir aussi bien les populations des villages vulnérables que les personnes impactées par la pandémie de la COVID-19 de la région de Niamey. Concernant l’assistance aux personnes sinistrées des inondations, à la date du 14 septembre 2020, 67,20 tonnes de mil et 638,05 tonnes de riz importé ont été distribués respectivement à 22 523 ménages et a 32 451 ménages sur les 61 253 ménages sinistrés des inondations.

    Concernant les marchés, les conditions de l’offre et de l’approvisionnement continuent à s’améliorer progressivement avec l’arrivée des nouvelles récoltes. La demande globale de céréales par les ménages s’est stabilisée par rapport à la moyenne. Les prix de céréales présentent une tendance globale à la stabilité par rapport aux mois passé et l’évolution suit les normes saisonnières sur la plupart des marchés. Ils sont cependant plus élevés, en septembre 2020, que le niveau du même mois de l’année passée et de la moyenne des cinq dernières années pour toutes les céréales sèches.  Les augmentations sont de plus 30 pour cent pour les céréales locales sur la majorité des marchés par rapport à la même période de l’année passée et plus de 20 pour cent comparativement à la moyenne suite à la perturbation des flux liée à la fermeture de la frontière du Nigeria et des couts élevés de transport des produits importés du Benin, du Burkina Faso. L’offre locale était aussi faible à cause de la baisse de la production de 2019. 

    Résultats de la sécuritaire alimentaire : Globalement les conditions de sécurité alimentaire s’améliorent dans le pays avec la généralisation des récoltes en octobre et la restauration des productions pastorales en fin septembre et une intensification des cultures maraîchères attendue à partir de décembre permettant une diversification de la consommation alimentaire et des revenus. Aussi, les sources de revenu comme la vente de lait et la main d’œuvre agricole procurent des revenus moyens à travers le pays. Mais dans les centres urbains ces revenus n’assurent pas aux ménages pauvres un pouvoir d’achat et  d’accès suffisants aux aliments de base à cause des remboursements des dettes contractées pour s’adapter à la situation de chute des revenus causée par les mesures restrictives liées au COVID 19. Toutefois, en raison de la dégradation des sources de revenus et de nourriture en lien avec les conflits dans le bassin du Lac Tchad et dans le Liptako Gourma, des déficits de la consommation alimentaire sont perceptibles dans les régions Tillabery et Tahoua mais les assistances couvrent les besoins alimentaires dans les régions de Diffa et de Maradi. Les populations sinistrées des inondations ont accès aux aliments et aux biens non-alimentaires grâce aux assistances mais ont dans leur majorité un déficit d’accès aux biens non alimentaires.

    La situation nutritionnelle est marquée, comme d’habitude même en période de récolte, par des prévalences élevées de malnutrition aigues globale (MAG) qui se situent entre 10 et 15 pour cent. Toutefois, avec la forte incidence du paludisme cette année, la réouverture des écoles dans ce contexte COVID-19 et le faible fonctionnement des structures sanitaires a cause du COVID-19, la situation est susceptible de se situer au moins au niveau crise.

    La prévalence de l’insécurité alimentaire est globalement en Minimale (Phase 1 IPC) mais grâce à l’assistance dans les zones inondées. La Crise (Phase 3 IPC) domine dans les zones d’insécurité de Tillabery et Tahoua lorsque le Stress (Phase 2 ! de l’IPC) affecte les ménages vulnérables de la région de Diffa et du Sud-ouest de la région de Maradi.

    Suppositions

    Le scénario de sécurité alimentaire le plus probable d'octobre 2020 à mai 2021 est basé sur des hypothèses fondamentales, en rapport avec l'évolution du contexte national, qui sont:

    • Au vu de la bonne pluviométrie enregistrée, les productions agricoles seront globalement moyennes y compris pour les céréales et les cultures de rente.
    • Les précipitations globalement au-dessus de la moyenne ont provoqué des pertes des cultures au bord des cours d’eau mais elles vont favoriser un niveau de remplissage satisfaisant des principaux cours d’eau du pays, se traduisant par une disponibilité en eau acceptable pour conduire les cultures irriguées dont le démarrage est prévu en décembre/janvier. Cela augure une bonne campagne de production maraichère, de bonnes perspectives de récoltes pour les cultures de décrue et des opportunités de revenu moyen pour les ménages qui dépendent de ces activités.  
    •  Les conditions favorables des pâturages pourraient continuer jusqu’en janvier-février 2021 mais pourraient se dégrader et provoquer une soudure précoce en mars 2021 à cause des fortes concentrations de troupeaux qui seront observées dans les zones de bonnes productions et en sécurité, ce qui va accélérer l’épuisement des stocks fourragers et impacter l’embonpoint et la valeur marchande des animaux.
    • Les tendances saisonnières des conflits indiquent une augmentation saisonnière des attaques à Diffa et Tillaberi dès la fin de la saison des pluies en fin octobre car lorsque les pluies cessent, la mobilité des groupes armés augmente et ils sont en mesure de se déplacer partout et réaliser les plans élaborés pendant la saison des pluies. Ainsi on peut anticiper que l’insécurité dans la région de Liptako Gourma va continuer selon la tendance observée d'une augmentation d'environ 30 pour cent par an des événements qui sont de plus en plus mortels et entraînent une augmentation des déplacements. Dans la région de Diffa, l’insécurité va persister au même rythme que celui observé ces dernières années.
    • La situation économique restera au ralenti et sera peu favorable au développement des activités dans le secteur informel qui emploie les populations de la catégorie pauvre, notamment dans les centres urbains.
    • Les flux seront inférieurs à la moyenne compte tenu de la fermeture de la frontière et de la baisse de la production au Nigeria et on va encore assister à des circuits commerciaux perturbés et a des couts élevés de transports des produits.  Par ailleurs, les exportations du bétail et des cultures de rente vers le Nigeria à partir des marchés du Niger seront en baisse suite à la fermeture de la frontière et de la faible incitation de la valeur du Naira. Ceux-ci engendreront de faibles différentiels de prix qui n’encourageront pas les commerçants importateurs et exportateurs d’investir dans ces activités. Cela pourrait se traduire par une baisse généralisée des revenus en dessous de la moyenne et des baisses atypiques de pouvoir d’achat pour les éleveurs et les producteurs de cultures de rente.
    • Les travaux de récoltes vont débuter en octobre pour les cultures sous pluies et vont se poursuivre jusqu’en avril pour les cultures de décrue et de contre saison comme en année normale. La demande de cette main d’œuvre va diminuer en octobre-décembre 2020 à cause des baisses de production en riz et autres cultures pluviales dans les zones inondées mais pourrait évoluer au niveau moyen en janvier-mai 2021 à la faveur d’une intensification de ces cultures d’appoint. Les revenus de la main d’œuvre agricole seront inférieurs à la moyenne en octobre-décembre et similaires au niveau moyen en janvier-mai 2021 car les revenus habituellement gagnés pour les travaux d’entretien et de récoltes des cultures irriguées (riz et légumes pluviales et irriguées) vont diminuer suite aux inondations ayant détruit les cultures et provoquer l’absence de demande de main d’œuvre en octobre-décembre 2020. Aussi, le pouvoir d’achat sera faible à cause des remboursements qu’ils auront à faire pour les crédits contractées en octobre-décembre 2020. 
    • La migration domestique et transfrontalière pourraient aussi diminuer à cause des mesures sur les mouvements en lien avec le COVID-19 et des instabilités sociopolitiques liés aux élections dans des pays d’accueil des migrants. Les recessions économiques occasionnées par les effets du COVID-19 sont aussi des facteurs défavorables pour les opportunités d’emploi de la main d’œuvre migrante dans les centres urbains ou les migrants saisonniers sont habituellement employés dans les secteurs informels. 
    • L’offre de céréales sèches sur les marchés ruraux et urbains devrait augmenter de façon saisonnière au cours des prochains mois au fur et à mesure que les récoltes sont effectuées d’octobre jusqu’en janvier. Elle pourrait encore évoluer à la baisse par a rapport à l’année passée et à la moyenne à cause de la faiblesse des flux du Nigeria consécutive à la fermeture de la frontière et la baisse estimée de la production causée par les baisses des superficies dues aux inondations et l’insécurité dans le Nord Nigeria. Les couts élevés d’importation sur le marché international consécutifs aux mesures restrictives liés au COVID-19 pourraient contribuer à diminuer l’offre qui sera aussi réduite dans les zones soumises aux conflits et a l’insécurité des régions de Diffa, Tillabery et Tahoua.
    • La demande locale des céréales pour la consommation des ménages sera moyenne à faible au cours de la période octobre 2020-janvier 2021, mais on s’attend à une demande institutionnelle atypique dès octobre/novembre 2020 pour la reconstitution des stocks pour satisfaire les besoins d’intervention au bénéfice des sinistrés des inondations et des personnes déplacées des zones de conflit. Une augmentation progressive et saisonnière de la demande en février-mars due aux achats institutionnels directs et le recours aux marchés par les ménages pauvres et ceux des zones agricoles déficitaires.
    • Les flux internes vont se maintenir normalement grâce à la généralisation des récoltes moyennes entre octobre et décembre et approvisionner les marchés éloignés et ceux des zones structurellement déficitaires. A partir de janvier jusqu’en mai, les flux transfrontaliers en provenance du marché régional des pays comme le Benin, le Togo, le Ghana, la Cote d’Ivoire et le Burkina Faso vont contribuer à approvisionner les marchés locaux du Niger. Toutefois, avec la fermeture de la frontière du Nigeria et les conflits dans le Bassin du Lac Tchad et dans la région du Liptako Gourma, les flux vont rester perturbés, et les délais et couts de transactions vont devenir plus longs et plus élevés que la moyenne.
    • A la faveur de la généralisation des récoltes, les niveaux de prix vont probablement commencer à baisser de façon saisonnière à partir d’octobre sur la plupart des marchés. Toutefois, les prix resteront à des niveaux plus élevés que la moyenne saisonnière à cause de l’offre et des flux qui seront perturbés suite aux baisses de productions dans certains pays d’importation, des conflits et de la fermeture de la frontière nigériane.
    • Les marchés à bétail resteront bien animés et les prix des animaux vont rester moyens entre octobre et décembre avec la demande prévue dans les pays côtiers pour supporter les fêtes de Noël et de fin d’année en décembre. Cela pourrait se traduire par une augmentation des revenus et des termes de l’échange favorables aux éleveurs. A partir de janvier, les prix pourraient connaitre une baisse par rapport à la moyenne quinquennale à cause de la faible demande à l’exportation vers le Nigeria qui demeure le plus important marché de destination.
    • Les interventions humanitaires par l’Etat et ses partenaires vont débuter très tôt en octobre/novembre et vont se poursuivre jusqu’au moins en fin mai pour des réponses alimentaires et non alimentaires consécutives aux sinistres causées par les inondations et à la situation humanitaire créée par les conflits.

    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    Les inondations et les eaux stagnantes liées aux fortes précipitations pluviométriques de ces deux derniers mois constituent des nids pour la prolifération des germes pathogènes et exposeraient d’avantages les enfants à une crise sanitaire liées au paludisme, à la diarrhée, au cholera, etc. à cause des mauvaises conditions d’hygiène et d’assainissement.On s’attend alors à une dégradation de la situation épidémiologique qui pourrait engendrer une hausse des taux de malnutrition aiguë globale.La prévalence de la malnutrition aigüe globale va probablement dépasser les moyennes saisonnières des périodes de récolte et post-récolte. La détérioration de la situation nutritionnelle pourrait encore être plus grave dans les zones affectées par les conflits qui provoquent des déplacements massifs de personnes de tout âge soumis à des déficits alimentaires et des problèmes d’hygiènes et assainissement. Dans ces zones soumises à l’insécurité et affectées par les catastrophes naturelles, les prévalences de malnutrition aigüe pourraient significativement dépasser les moyennes saisonnières nationales de la période d’octobre-décembre et janvier-mai surtout avec les conditions sécuritaires défavorables qui vont impacter les actions de prévention et de prise en charge.

    D’octobre 2020 à janvier 2021, la situation alimentaire des ménages des zones agricoles et agropastorales sera dominée dans la majorité des zones de moyens d’existence par une insécurité alimentaire de Minimale (Phase 1 de l’IPC) à la faveur des disponibilités alimentaires et des revenus des ménages issus des nouvelles récoltes de céréales et de produits de rente. Toutefois dans les zones inondées des zones de moyens d’existence agricole et agropastoral, les productions agricoles et le pouvoir d’achat seront réduits à cause des dépenses qui seront consacrées à la construction des abris et aux remboursements des dettes contractées pendant la période confinement liée au COVID 19. Cependant les populations vont bénéficier des assistances alimentaires dont le financement est planifié et acquis et qui vont permettre de couvrir les besoins de consommation dans la plupart des zones inondées qui vont rester en Minimale (Phase 1 ! IPC). En février-mai 2021, des opportunités de nourriture et de revenus seront créés grâce aux cultures irriguées et à la migration qui vont garantir des conditions d’accès alimentaires pour les ménages agricoles et agropastoraux qui seront capables de satisfaire les autres dépenses non alimentaires et leur situation alimentaire pourrait évoluer une insécurité alimentaire Minimale (phase 1 IPC) pendant cette période.

    Dans la zone pastorale, une insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) sera observée en octobre 2020-janvier 2021 grâce aux améliorations et au renforcement des conditions pastorales locales. En février-mai 2021, des difficultés d’accès aux pâturages vont apparaitre suite à la dégradation saisonnière des conditions pastorales et des difficultés de mobilité vers le Nigeria et les zones d’insécurité et les ménages pauvres auront un pouvoir d’achat réduit suite aux prix élevés des produits alimentaires et de la baisse des prix du bétail consécutive à la détérioration de l’embonpoint des animaux. L’insécurité alimentaire qui va prévaloir sera le Stress (Phase 2 IPC).

    Les ménages déplacés des régions de Diffa, Tillabery, Tahoua et Maradi seront coupés de leurs sources de nourriture et de revenus et seront dépendants des assistances humanitaires qui sont planifiées et seront distribuées aux ménages vulnérables des régions de Diffa et Maradi ou l’insécurité va rester en Stress (Phase 2 ! IPC). Dans les parties Nord des régions de Tillabery et Tahoua affectés par l’insécurité, l’accès aux zones est limité même pour les acteurs humanitaires et les personnes déplacés dans le besoin auront un accès réduit aux aliments et seront affectés par une insécurité alimentaire en Crise (Phase 3 IPC).

    Evènements qui pourraient changer les scenarios

    Événements possibles au cours des six mois à venir qui pourraient changer le scénario le plus probable.

    Zone

    Evénements

    Impact sur les conditions de la sécurité alimentaire

     

     

     

     

    National

     

    Plus forte tension sécuritaire

    • Réduction significative des flux des produits de consommation, de rente et d’animaux,
    • Diminution de la migration et des transferts
    • Réduction de l’espace humanitaire
    • Augmentation du nombre de personnes en Crise (Phase 3 de l’IPC) alimentaire.

    Recrudescence des cas COVID et reconduction des restrictions contre le COVID-19.

    Baisse significative des revenus aussi bien dans les milieux ruraux qu’urbains conduisant à une insécurité alimentaire des ménages dépendant des activités informelles.

    Actions violentes suite aux résultats des élections générales

    Prise et application de mesures sécuritaires limitant les mouvements des personnes et des biens

    Hausse significative des prix de tous les produits

    Réouverture de la frontière du Nigeria

    Reprise des flux des produits

    Départ en migration et transfert

    Départ en transhumance et accès aux zones fournies en pâturages garantissant une amélioration des conditions pastorales

    Baisse de transferts des migrants suite a l’insécurité dans les pays d’accueil.

    Les élections peuvent déboucher sur des contestations en Côte d’Ivoire qui est un pays d’accueil des migrants saisonniers du Niger qui, de ce fait, ne pourront pas migrer dans ce pays ou pourraient migrer en nombre réduit et gagner des revenus faibles et insuffisants pour effectuer les transferts monétaires.

    Invasion acridienne

    • Reduction de la production agricole de saison sèche
    • Reduction des fourrages verts des bords des cours d’eaux et dans les zones de bas-fonds
    • Baisse de la demande et des revenus de la main d’œuvre agricole
    Figures Land preparation is from April to June. Weeding and planting is from June to October. The main harvest is from October to Jan

    Figure 1

    Source: FEWS NET

    Figure 2

    Source: FEWS NET/USGS

    Figure 3

    Source: UNHCR

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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