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Les conditions de sécurité alimentaire sont globalement favorables en période post-récolte

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Niger
  • Octobre 2017
Les conditions de sécurité alimentaire sont globalement favorables en période post-récolte

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  • Messages clé
  • CONTEXTE NATIONAL
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    • A l’exception de quelques zones, les productions agricoles des campagnes pluviale et irriguée estimées par la direction des statistiques de l’agriculture augurent une disponibilité alimentaire moyenne à bonne dans le pays en 2017-2018 et des opportunités de revenus pour les ménages agricoles. La plupart de ces ménages sont capables de couvrir leurs besoins alimentaires et non alimentaires et vont rester en insécurité alimentaire aiguë Minimale (Phase 1 de l’IPC) jusqu’au moins mai 2018.

    • Dans la zone pastorale, la production fourragère est jugée acceptable avec toutefois des déficits de production enregistrés dans certaines zones. La baisse de la demande à l’exportation due à la dépréciation du naira et à la crise sécuritaire va engendrer une détérioration de la valeur marchande des animaux et du pouvoir d’achat des ménages. Pour leur consommation alimentaire, les ménages pauvres vont vendre plus d’animaux qu’habituellement mais seront incapables de faire face aux dépenses essentielles non alimentaires sans assistance alimentaire et seront en Stress (Phase 2 de l’IPC) à partir de mars 2017.

    • La disponibilité des produits agricoles a augmenté sur la plupart des marchés à la faveur des récoltes en cours. La demande est dominée par les achats pour la reconstitution des stocks institutionnels et commerciaux, ce qui contribuera à maintenir les prix à des niveaux élevés jusqu’en mars 2018. 

    • Dans la région de Diffa, l’insécurité civile persiste et perturbe les moyens d’existence des populations locales ainsi que l’accès humanitaires à certaines zones d’accueil des personnes déplacées. Dans les zones inaccessibles, les ménages déplacés et pauvres locaux vont continuer à faire face à des conditions d’insécurité alimentaire aiguë de Crise (Phase 3 de l’IPC) et de Stress (Phase 2 de l’IPC) jusqu’au moins mai 2018. La plupart de ces ménages seront incapables de couvrir leurs besoins alimentaires en plus de dépendre fortement de l’aide humanitaire.


    CONTEXTE NATIONAL

    Situation actuelle

    La campagne agricole 2017/2018 a bénéficié de conditions agro-climatiques favorables qui augurent une production agricole moyenne ou supérieure et une disponibilité alimentaire et des revenus agricoles moyens. Ces disponibilités seront renforcées entre décembre 2017 et mai 2018 par les produits des cultures maraichères qui contribuent aussi à améliorer les revenus. La campagne agricole 2017/2018 a bénéficié de pluies plus ou moins régulières. D’après le suivi du Groupe de Travail Pluridisciplinaire (GTP), l’indice cumulé de satisfaction des besoins en eau des cultures entre le début de la campagne et le 30 septembre 2017 a été satisfaisant (entre 60 et 100 pourcent) sur la plupart des zones agricoles. Les données satellitaires (RFE) du 1er avril au 30 septembre indiquent des tendances similaires. L’évaluation préliminaire de la direction des statistiques de l’agriculture, indique une production moyenne à bonne au niveau national de 4 500 000 à 5 000 000 tonnes de mil et de sorgho. Toutefois, des longues séquences sèches, des vents violents et des inondations , ont été enregistrés en août localement sans incidences majeures sur les cultures ou les perspectives de production.

    La campagne de cultures irriguées en cours va profiter de la disponibilité en eaux grâce à la bonne pluviométrie ayant permis une bonne recharge de la nappe phréatique. L’équivalent céréalier des produits maraichers est estimé par les services techniques de l’agriculture à plus de 300 000 tonnes.  

    Les conditions agro-climatiques ont aussi été globalement favorables dans la zone pastorale mais les pauses pluviométriques enregistrées en août ont causé un flétrissement des pâturages et une baisse localisée de la production de la biomasse : Les pâturages constitués d’herbacées et de ligneux fourragers avec une couverture de biomasse moyenne se sont bien développés et représentent la majeure partie de l’alimentation pour les animaux actuellement. Les principaux retenus d’eau de surface (mares et marigots) et les points d’eau souterrains (puits et forages) sont remplis à leur niveau moyen et permettent aux éleveurs d’abreuver leurs animaux sans grandes difficultés. Cela a permis aux animaux de garder un bon embonpoint en plus de conserver leur valeur marchande. La disponibilité et l’accessibilité du pâturage maintient les mouvements des animaux dans une situation normale. Cependant, le déficit hydrique enregistré au cours du mois d’août a entrainé des poches de sécheresse avec pour corolaire une très faible production de biomasse observée surtout dans les régions de Diffa et de Tahoua.

    A l’exception des revenus tirés de la migration et des ventes d’animaux et de produits de rente au Nigéria, les opportunités et le niveau des revenus liés à la plupart des sources sont normaux : les opportunités de revenus ont baissé pour la main d’œuvre migrante et les produits d’exportation suite aux problèmes sécuritaires et macroéconomiques au Nigéria. Toutefois, les conditions locales offrent aux ménages pauvres des opportunités de revenus proches de la moyenne à travers la main d’œuvre agricole. Selon les entretiens de FEWS NET avec les producteurs éleveurs en septembre 2017, la vente de lait procure des revenus de 300 à 400 francs par litre et le gardiennage des troupeaux entre 250 au début et 500 francs à la fin de l’hivernage par tête de petit ruminant. La main d’œuvre agricole est payée en moyenne entre 1 500 et 2 000 francs par jour.

    Le faible taux du naira et l’insécurité civile sur les axes routiers persistent et n’encouragent pas les échanges commerciaux entre le Niger et le Nigeria : La dépréciation du naira et la réduction des revenus pétroliers entraînent une baisse des recettes publiques, des réserves de change et des liquidités dans l'économie nigériane. L’insécurité civile sur les circuits de commercialisation s’ajoutent à ces conditions macroéconomiques défavorables et provoquent une diminution des volumes des flux de céréales depuis le Nigéria vers le Niger ainsi que les flux de bétail du Niger vers le Nigéria. Sur le marché parallèle à Jibia à la fin de septembre 2017, le taux de 640 naira pour 1 000 F CFA affiche une baisse significative de plus de 40 pourcent par rapport à la moyenne sur cinq ans. 

    La demande est marquée par les achats institutionnels : Suite au niveau élevé des prix de l’année passée, les stocks commerçants n’ont pas été reconstitués à leur niveau optimal, ce qui entraine des besoins importants pour la reconstitution de ces stocks. Il y a aussi le besoin de la reconstitution du stock national de sécurité à hauteur de 150 000 tonnes dont 100 000 tonnes pour la réserve alimentaire stratégique par l’Etat entre octobre et décembre de 100 000 tonnes dont 60 000 tonnes en achat direct auprès des producteurs ruraux et 90 000 tonnes sous forme d’appels d’offres selon le plan national de soutien au populations vulnérables.

    Les prix maintiennent leur tendance à la hausse par rapport à la moyenne : Du fait des prix élevés dans les marchés source au Nigéria, des restrictions aux frontières et du faible niveau des stocks au Niger, les prix des céréales se trouvaient à un niveau particulièrement élevé au moment de la récolte. Les hausses importantes de plus de 30 pourcent par rapport à août 2016 et à la moyenne quinquennale se sont poursuivies sur les marchés de Maradi pour le sorgho et le mil, Abalak pour le mil, Agadez pour le mil et Gaya pour le maïs à cause de la faiblesse des stocks sur les marchés car les nouvelles récoltes n’ont pas encore totalement atteint ces marchés. Pour le bétail, les prix suivent aussi une tendance baissière par rapport à la moyenne quinquennale de plus de 40 pourcent pour le bouc à Tanout (Zinder), Tamaské (Tahoua) et Tchadoua (Maradi), pour le bélier à Soubdou (Zinder) et pour le taureau à Tamaské (Tahoua) à cause de la baisse de la demande à l’exportation vers le Nigéria.

    Les assistances alimentaires sont fournies et contribuent à la disponibilité et l’accès alimentaire des ménages locaux pauvres et des personnes déplacées : Selon OCHA, les interventions humanitaires planifiées pour la période hors soudure de septembre à décembre 2017 vont se poursuivre pour le cash for work à hauteur de 3 800 000 000 francs par la CCA, le PAM et le CFS et 4 200 000 000 francs pour le cash inconditionnel par la Cellule Filets Sociaux et le PAM. Aussi, l’Etat procède actuellement aux opérations de vente de 10 155 tonnes de céréales à prix modéré. Ces opérations améliorent la disponibilité au niveau des ménages bénéficiaires et facilitent leur accès alimentaire en plus de les protéger contre d’éventuelles variations à la hausse des prix des denrées sur les marchés.

    La situation sécuritaire reste encore tendue avec plus d’ampleur car elle gagne les régions de Tillabéry et Tahoua en plus de la région de Diffa: Au regard de l’instabilité de la situation sécuritaire et pour doter les forces de Défense et de sécurité de moyens matériels et juridiques pour faire face à la menace terroriste, le gouvernement du Niger a décrété l’état d’urgence dans les régions de Diffa, Tahoua (Tassara et Tillia) et Tillabéry (Ouallam, Ayorou, Bankilaré, Abala, Banibangou) le 18 septembre 2017 et pour une durée de trois mois. Les opérations militaires pourraient s’amplifier et entrainer des mouvements de populations dans ces régions.

    La situation nutritionnelle profite des bonnes conditions alimentaires mais demeure dans la tendance de la prévalence saisonnière : La bonne performance de la saison des pluies traduit de bonnes perspectives de disponibilités alimentaires de divers produits de consommation avec les cultures de contre saison qui facilitent l’accès et la diversité alimentaire pour les ménages. Cela contribue au maintien de la prévalence de la malnutrition aiguë globale (MAG) à un niveau typique en période de récolte (octobre-décembre) et post-récolte (janvier-mai) entre 10 et 15 pourcent au niveau national.

    Résultats de la sécurité alimentaire : La bonne disponibilité alimentaire et fourragère, et les revenus moyens issus des activités habituelles comme la main d’œuvre agricole et le gardiennage des animaux assurent les conditions d’une insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) en octobre dans presque toutes les zones de moyens d’existence. Toutefois, les populations pauvres locales et déplacées des zones inaccessibles à l’aide humanitaire dans la région de Diffa connaissent une insécurité alimentaire de Crise (Phase 3 de l’IPC) en raison de la perturbation de leurs moyens de subsistance par le conflit civil.

    Suppositions

    Les scenarii les plus probables de la sécurité alimentaire d’octobre 2017 à mai 2018 se basent sur des suppositions fondamentales par rapport à l’évolution du contexte national, qui sont :

    • La production de céréales et de cultures de rente sera à un niveau de production moyen à supérieur à la moyenne. Toutefois, des pertes liées aux déficits hydriques vont se traduire par des réductions de façon localisée de la production agricole .
    • Les Cultures irriguées vont bénéficier d’une bonne disponibilité en eau de décembre jusqu’en mai pour de bonnes perspectives de récoltes et de disponibilité de produits maraichers.
    • Les perspectives de la main d’œuvre sont moyennes avec les opportunités offertes par les travaux agricoles en décrue et les revenus seront moyens à élevés. Les opportunités existent aussi avec les autres activités habituelles comme la vente de paille, de bois et de produits artisanaux qui vont permettre aux ménages pauvres d’améliorer leur pouvoir d’achat et de subvenir à leurs besoins.
    • La situation sécuritaire : Face à la persistance des conflits civils au nord du Mali et au nord-est du Nigeria, l’Etat du Niger va proroger l’état d’urgence dans les régions de Diffa, Tillabéry (Ouallam, Ayorou, Bankilaré, Abala et Banibangou) et de Tahoua (Tassara et Tillia), ce qui va  limiter l’accès aux moyens d’existence des populations. Les probables interventions militaires dans ces zones soumises aux menaces terroristes pourraient engendrer de nouveaux mouvements internes de populations.
    • Le pâturage, l’embonpoint et la transhumance du bétail : Une disponibilité des pâturages et en eau va contribuer à maintenir un bon embonpoint pour le bétail d’Octobre à Mars et la transhumance va s’amorcer à partir de Décembre. Toutefois, les déficits fourragers localisés vont se traduire par des pertes d’embonpoint des animaux et de leur valeur marchande à partir d’avril se traduisant d’une baisse significative du  pouvoir d’achat et des ventes plus que d’habitude d’animaux réduisant la taille du troupeau des ménages pauvres. 
    • Perspectives sur les achats institutionnels : La reconstitution des stocks par les organisations paysannes, les institutions et les structures étatiques vont s’opérer entre octobre et janvier à un niveau supérieur à la moyenne en raison de l’épuisement quasi total de leurs anciens stocks.
    • Migration et exode de la population : La migration du travail dans les centres urbains ou les pays voisins va débuter en novembre comme d'habitude et les transferts d’argent seront moyens jusqu’en Mai. Cependant, les revenus des transferts des migrants vers la Libye et le Nigeria seront en forte baisse consécutivement à la forte baisse des opportunités liées aux problèmes sécuritaires qui limitent l’accès à ces pays d’accueil.
    • La situation économique au Nigéria : La dépréciation du naira par rapport au F CFA va persister et l’exportation du bétail et des cultures vers le Nigeria va rester perturbée jusqu’en mai 2018. Les niveaux de prix des céréales vont rester supérieurs à leur moyenne saisonnière sur cinq ans sur la plupart des marchés en octobre-décembre 2017 et janvier-mai 2018 suite à la baisse des flux consécutifs aux conditions défavorables au Nigeria.
    • Offre, demande et flux de céréales : L’offre sur les marchés ruraux et urbains devrait s’améliorer avec la généralisation des récoltes en octobre particulièrement pour les cultures de rente qui sont mises en priorité sur les marchés. Les flux internes vont desservir les marchés éloignés et ceux des zones structurellement déficitaires. A partir de janvier et jusqu’en mai 2018, les flux transfrontaliers en provenance des pays comme le Benin, le Togo, le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso et le Mali vont régulièrement approvisionner et renforcer la disponibilité sur les marchés locaux du Niger. La situation économique au Nigéria va entrainer des flux transfrontaliers inférieurs à la moyenne en provenance de ce pays. La demande globale constituée par la demande de consommation par les ménages pasteurs va rester typique jusqu’en décembre. A partir de janvier 2018, on s’attend à une demande supérieure à la moyenne de la part des commerçants pour répondre aux appels d’offres et pour reconstituer leurs stocks quasiment épuisés et des institutions pour la reconstitution des stocks de sécurité alimentaire. A cela s’ajoute le recours saisonnier aux marchés par les ménages pauvres et ceux des zones structurellement déficitaires pour leurs approvisionnements.
    • Prix du bétail : La dépréciation du naira par rapport au franc CFA va affecter les exportations du bétail vers le Nigéria (plus grande destination) et entrainer des prix en dessous de la moyenne en octobre-décembre 2017 et janvier-mai 2018 traduisant une baisse du pouvoir d’achat des éleveurs.
    • Les interventions humanitaires : Les interventions humanitaires des partenaires et les filets de sécurité du gouvernement se déclencheront à partir de mars et continueront jusqu’au moins la fin du mois de mai pour renforcer la disponibilité alimentaire et favoriser l’accès aux céréales des ménages dans les zones structurellement déficitaires ou les villages à risque d’insécurité alimentaire aiguë.
    • La situation nutritionnelle : Grâce à la situation alimentaire globalement satisfaisante dans les différentes zones de moyens d’existence et à la poursuite des actions de dépistage et de prise en charge de nouveaux cas, la prévalence de la malnutrition aiguë globale restera identique aux moyennes saisonnières sur toute la période du scenario.

    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    D’une manière générale, la situation alimentaire va s’améliorer dans le pays avec des niveaux de récolte moyens à élevés qui vont se poursuivre jusqu’en décembre et des opportunités de revenus moyens tirés des activités saisonnières de main d’œuvre, petit commerce, travail temporaire et autres stratégies. Les récoltes de contre-saison de janvier à avril, viendront renforcer la disponibilité et accroitre la diversité alimentaire. L’insécurité alimentaire aiguë Minimale (Phase 1 de l’IPC) va demeurer pour la plupart des ménages jusqu’au moins mai 2018.

    Par ailleurs, les ménages pauvres d’éleveurs et les producteurs de poivrons de la région de Diffa qui font face à la baisse générale des revenus en lien avec la baisse de la demande à l’exportation vers le Nigéria ne pourront pas satisfaire pleinement leurs besoins alimentaires et non alimentaires. Ils vont vendre plus d’animaux pour acquérir les mêmes quantités de céréales ou avoir recours à des stratégies d’adaptation atypiques comme l’emprunt et le ramassage de bois et de paille. Par conséquent, des situations de Stress (Phase 2 de l’IPC) vont se développer chez certains de ces ménages entre mars et mai 2018 voire de Crise (phase 3 de l’IPC) dans les zones affectées également par le conflit autour du Lac Tchad (Diffa et Nguigmi). 

    Figures

    Figure 1

    Current food security outcomes, October 2017

    Source: FEWS NET

    Figure 2

    Seasonal calendar for a typical year

    Source: FEWS NET

    Carte de zone de culture de poivron de Diffa

    Figure 3

    Carte de zone de culture de poivron de Diffa

    Source: FEWS NET

    Figure 4

    Carte de zone pastorale des transhumants et nomades-camelin de Nguigmi

    Source: FEWS NET

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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