Skip to main content

Une insécurité alimentaire globalement «Minimale» est attendue sauf à Diffa en «Crise» persistante

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Niger
  • Octobre 2016 - Mai 2017
Une insécurité alimentaire globalement «Minimale» est attendue sauf à Diffa en «Crise» persistante

Télécharger le rapport

  • Messages clé
  • Contexte national
  • Messages clé
    • La sécurité alimentaire s’est globalement améliorée avec les récoltes qui se généralisent, les prix qui entament leur baisse saisonnière et les opportunités de revenus qui se multiplient avec les ventes des récoltes, des produits de rentes et d’animaux. La plupart des ménages sont capables de couvrir leurs besoins alimentaires et non alimentaires sans pression sur les moyens d’existence et la majorité des zones seront en insécurité alimentaire aigue Minimale (Phase 1 de l’IPC) d’octobre 2016 à mai 2017.

    • Des déficits céréaliers et fourragers sont attendus dans la zone pastorale des transhumants des régions de Tahoua, Zinder, Agadez, et Maradi et de zones agricoles de Maradi (Dakoro, Mayahi) en raison de différentes anomalies pluviométriques (excès d’humidité, sécheresse et vents de sable violents) qui ont perturbé le développement normal des plantes. Les moyens d’existences normaux vont être perturbés (baisses précoces de l’embonpoint des animaux, épuisement précoce des stocks, etc.) et des situations de Stress (Phase 2 de l’IPC) apparaitront à partir de mars 2017.

    • L’approvisionnement des marchés restera régulier et suffisant sur les marchés grâce à la dépréciation continue du Naira nigériane qui favorise le transfert des commodités vers le Niger et des prix céréales à des niveaux globalement inférieurs à la moyenne facilitant l’accès alimentaire. Toutefois, cette situation sera défavorable pour les exportations des produits de rente et d’animaux dont les ventes et les prix seront en baisse par rapport à la moyenne.

    • Dans la région de Diffa, malgré la généralisation des récoltes et la fin de la période de soudure en octobre, les conditions d’insécurité alimentaire aigüe de Stress (Phase 2 ! de l’IPC), et de Crise (Phase 3 de l’IPC) après janvier, vont persister jusqu’au moins mai 2017. En raison du conflit Boko Haram qui engendre des mouvements de populations et des perturbations des moyens d’existence, les ménages déplacés et pauvres locaux seront incapables de couvrir leurs besoins alimentaires et dépendront fortement de l’aide humanitaire.


    Contexte national
    Situation actuelle

    La poursuite de la pluviométrie jusqu’en fin septembre à un niveau légèrement supérieure à la moyenne (Figure 1), a permis aux cultures de boucler normalement leur cycle végétatif à travers la majeur partie du pays, rendant les hypothèses de production nationale moyenne voir au-dessus de la moyenne plus probables.

    Toutefois, les contraintes climatiques telles que, l’excès d’humidité sur les cultures semées en retard va compromettre les perspectives de bonnes productions agricoles dans certaines zones agricoles et agropastorales de Dakoro et Mayahi (Maradi). Les perspectives de bonnes productions fourragères sont aussi compromises  dans la zone pastorale des transhumants de Tchintabaraden et Abalak (Tahoua), Bermo (Maradi) et Tanout (Zinder) à cause des longues périodes de sécheresses suivies de vents de sable violents qui ont impacte significativement le bon développement de la biomasse. Dans la zone pastorale de Ingal (Agadez), les inondations enregistrées, se sont traduites par une destruction des cultures fourragères et des pertes d’animaux.

    Globalement les conditions de sécurité alimentaire ne font que s’améliorer dans le pays avec la généralisation des récoltes en octobre et la restauration des productions pastorales en fin septembre et une intensification des cultures maraîchères attendue à partir de décembre permettant une diversification de la consommation alimentaire et des revenus. Aussi, les sources de revenu comme la vente de lait et la main d’œuvre agricole procurent des revenus moyens à travers le pays. Cela assure aux ménages pauvres des revenus normaux leur permettant de couvrir leurs besoins essentiels et de maintenir leur accès aux aliments de base. Toutefois, en raison de la dégradation des sources de revenus et de nourriture en lien avec le conflit Boko Haram, des déficits de la consommation alimentaire sont perceptibles dans la région de Diffa.

    Sur le plan pastoral, la bonne pluviométrie a favorisé le développement normal des herbacées avec des productions fourragères estimées moyennes dans plusieurs zones du pays. Ce qui a permis aux animaux de récupérer leur bon état d’embonpoint et garder leur valeur marchande. Les mouvements des animaux sont actuellement normaux et les principaux points d’eau ont un niveau suffisant de remplissage. Cependant, des productions fourragères en dessous de la moyenne sont attendues dans certaines poches de la zone pastorale de Maradi, Zinder, Tahoua et Agadez dû aux anomales climatiques. 

    En fin-octobre la parité de Naira nigériane et FCFA est environ 750 naira pour 1000 francs FCFA, d’où des baisses de 50 pour cent par rapport à l’année passée à la même période et 55 pour cent par rapport à la moyenne quinquennale. Cette dépréciation continue du Naira crée des différentiels de prix importants et de fortes incitations commerciales favorables à l’importation des céréales sèches en provenance du Nigéria vers le Niger.

    Par contre, cette situation affecte négativement les exportations de niébé et de bétail vers le Nigéria qui représente le plus grand débouché économique pour les marchés du Niger. Cela se manifeste par des baisses de prix en dessous de la moyenne pour le niébé et le bétail au moment où les producteurs et les éleveurs ont besoin de vendre leurs produits pour reconstituer leurs stocks de céréales. En effet, si on prend l’exemple du niébé, les baisses de son prix atteignent 35 pour cent à Tounfafi et 48 pourcent à Diffa par rapport à la moyenne quinquennale. Les prix du bétail sont aussi dans une tendance à la baisse par rapport à toutes les périodes de référence. Les prix du bélier en septembre 2016 sont inférieurs à ceux de 2015 à la même période de 65 pourcent à Mokko, 52 pourcent à Soubdou et 48 pourcent à Bakin Birji à cause de la baisse de la demande à l’exportation vers le Nigéria. Comparés à la moyenne quinquennale, les prix connaissent des baisses de 53 pourcent à Mokko, 40 pourcent à Torodi et 43 pourcent à Soubdou. Les prix des moutons moyens montent des similaires baisses importantes par rapport à 2015 et à la moyenne quinquennale malgré la fête de Tabaski en septembre cette année qui a haussé les prix des petits ruminants (Figure 2).

    Concernant les marchés, les conditions de l’offre et de l’approvisionnement continuent à s’améliorer progressivement avec l’arrivée des nouvelles récoltes. La demande globale de céréales par les ménages s’est stabilisée par rapport à la moyenne. Les prix de céréales présentent une tendance globale à la stabilité. Toutefois, entre aout et septembre, des hausses légères à modérées ne dépassant pas 15 pour cent sont observées suivant les normes saisonnières sur certains marchés urbains de consommation et dans les zones structurellement déficitaires sur lesquels les nouvelles récoltes ne sont pas encore arrivées. Comparés à la moyenne quinquennale, les prix sont restés légèrement plus élevés en septembre 2016 due à l’allure mitigée de la campagne agricole qui n’encourage pas le déstockage massif par les commerçants. Cependant des baisses sont observées sur certains marchés notamment celui d’Agadez qui affiche une baisse de 13 pour cent pour le mil.

    En ce qui concerne la sécurité, selon les chiffres mis à jour par la Direction Régionale des Réfugiés et de l’Etat Civil (DREC),  au 20 septembre 2016, le nombre total de personnes déplacées dans la région de Diffa est 302.387 suite au conflit de Boko Haram. L’analyse de ces chiffres fait ressortir, que les déplacés internes représentent 61 pour cent et sont concentrées dans les communes de Gueskerou, Diffa, Nguigmi, Bosso et Chetimari. En outre, les problèmes sécuritaires maintiennent encore 50 000 personnes réfugiées maliennes dans la région de Tillabéri.

    Le gouvernement nigérien continue de mettre en œuvre un plan d’assistance à travers la «Distribution Gratuite Ciblée» au profit de 20 000 ménages, avec 1 000 tonnes de céréales (mil et sorgho), soit 100 kg par mois et par ménage.

    Le PAM, dans la même période et avec des populations cibles différents, met en œuvre, un programme de cash transfert et de transferts des vivre au profit de 190 000 personnes avec soit 32 500 FCFA par mois et par ménage ou soit un transfert de vivres similaire à celui du gouvernement. 

    Sur le plan nutritionnel, la situation au Niger est typiquement marquée même en période de récolte en octobre/novembre/décembre par des prévalences élevées de malnutrition aigues globale (MAG) qui se situent entre 10 et 15 pour cent. Selon les résultats de l’évaluation nationale de la situation nutritionnelle par la méthodologie SMART d’aout/septembre 2016, la prévalence de la malnutrition aigüe globale selon le poids/taille chez les enfants de 6-59 mois est de 10,3 pour cent au niveau national alors qu’elle est évaluée à 12,9 pour cent dans les régions d’Agadez et Maradi où elle est la plus élevée. Dans la région de Diffa où les données permettent d’évaluer la prévalence par département, le taux de MAG a atteint 17,3 pour cent à N’Gourti, 14,6 pour cent à Nguigmi et 13,1 pour cent à Maine Soroa.

    La comparaison des prévalences de la MAG de 2016 par rapport à la moyenne calculée à partir des enquêtes SMART d’octobre 2005, 2006, 2007 et 2010 (13 pour cent) et de l’année passée de 2015 (15,3 pour cent) indique une amélioration significative de la situation nutritionnelle des enfants.

    Concernant les cas d’admission des enfants malnutris dans les centres de récupération nutritionnels, ils sont en baisse comparativement à la même période en 2015 de 11 pourcent pour les CRENI (Centre de Récupération et d'Education Nutritionnelle Intensif) et stable pour les CRENAM (Centre de Récupération Nutritionnelle Ambulatoire pour la malnutrition Modérée) et les CRENAS (Centre de Récupération Nutritionnelle Ambulatoire pour la malnutrition Sévère).

    Suppositions

    Le scenario le plus probable de la sécurité alimentaire d’octobre 2016 à mai 2017 se base sur des suppositions fondamentales par rapport à l’évolution du contexte national, qui sont :

    • Les productions agricoles seront globalement moyennes au vu de la bonne pluviométrie enregistrée en 2016/2017. Toutefois, le retard dans le développement phénologique des plantes dans certaines poches des régions de Maradi, Zinder, Agadez, et Tahoua due à la mauvaise répartition spatio-temporelle des pluies avec des situations de sécheresse ou d’excès d’humidité aura des conséquences sur les moyens d’existence des ménages pauvres car ces régions auront des baisses de production agricole et fourragère localisées par rapport à la moyenne.
    • Les précipitations globalement au-dessus de la moyenne sur dix ans ont favorisé un niveau de remplissage satisfaisant des principaux cours d’eau du pays, se traduisant par une disponibilité en eau acceptable pour conduire les cultures irriguées dont le démarrage est prévu en octobre. Cela augure une bonne campagne de production maraichère, de bonnes perspectives de récoltes pour les cultures de décrues et des opportunités de revenu moyen pour les ménages qui dépendent de ces activités.  
    • Les travaux de récoltes vont débuter en octobre pour les cultures sous pluies et vont se poursuivre jusqu’en avril pour les cultures de décrue et de contre saison comme en année normale. Cela va permettre aux ménages pauvres de gagner des revenus moyens à supérieurs à la moyenne leur permettant de maintenir leur accès alimentaire.  A cela vont venir s’ajouter les opportunités d’auto-emplois locaux telles que la vente de paille, de bois et de produits artisanaux qui vont renforcer le pouvoir d’achat des ménages et leur permettre de pleinement satisfaire leurs besoins vitaux. 
    • Pour les cultures de rente, on pourrait s’attendre à des perspectives de production moyennes à supérieures à la moyenne car dans les zones ayant connu des anomalies pluviométriques qui ont retardé le développement du mil et du sorgho, surtout Dakoro et Mayahi (Maradi), les ménages ont intensifié la production du niébé à la place du mil et du sorgho. Cela devrait conduire à un engouement autour du commerce du niébé, sésame, souchet et l’arachide par les commerçants et les producteurs pour couvrir certaines dépenses et renforcer les stocks céréaliers. Toutefois, les hausses des productions du niébé ne seront pas suffisantes pour compléter les baisses de revenu à Dakoro et Mayahi tiré de la vente de de mil et sorgho car le prix de niébé restera fortement inférieur à la moyenne.
    • Le bilan pluviométrique excédentaire a engendré le remplissage satisfaisant des marres temporaires et permanentes, ce qui favorisera le déplacement normal des transhumants vers le sud à partir de décembre 2016-janvier 2017. L’amélioration de l’embonpoint des animaux et l’augmentation de la disponibilité laitière contribueront à renforcer l’alimentation et les revenus pour les ménages éleveurs. Toutefois, dans les zones avoisinant de nord-est du Nigéria et les zones qui vont enregistrer des déficits fourragers cette année, la transhumance des animaux serait perturbée avec des impacts négatifs sur le commerce du bétail.
    • L’offre de céréales sèches sur les marchés ruraux et urbains devrait augmenter au cours des prochains mois au fur et à mesure que les récoltes sont effectuées d’octobre jusqu’en janvier, permettant aux commerçants de reconstituer leurs stocks et aux ménages de réduire leur dépendance vis-à-vis des marchés grâce à l’autoconsommation de céréales et de légumineuses.
    • La reconstitution des stocks par les commerçants, les organisations paysannes, les institutions et les structures étatiques vont s’opérer entre octobre et janvier à un niveau optimal. Toutefois, compte tenu des conditions de précipitations irrégulières enregistrées dans certaines zones du pays, cette situation pourrait mettre la pression sur les marchés des zones à bonnes productions agricoles qui pourrait créer une pression supplémentaire à la hausse entre janvier et février 2017.
    • Suite à la production nationale estimée globalement moyenne, la demande générale des céréales pour la consommation des ménages sera typique au cours de la période octobre 2016-janvier 2017. Toutefois, on s’attend à une augmentation progressive et saisonnière en février-mars due aux achats institutionnels directs et le recours aux marchés par les ménages pauvres et ceux des zones typiquement déficitaires. La dépendance vis-à-vis des marchés des ménages de la région de Diffa, affectés par le conflit de Boko Haram, va s’accroitre, ce qui va se traduire par des quantités demandées qui seront supérieures à la moyenne.
    • Les flux internes vont se maintenir normalement grâce à la généralisation des récoltes moyennes entre octobre et décembre et approvisionner les marchés éloignés et ceux des zones structurellement déficitaires. A partir de janvier jusqu’en mai, les flux transfrontaliers en provenance du marché régional des pays comme le Benin, le Togo, le Ghana, la Cote d’Ivoire, le Burkina Faso et le Mali vont régulièrement approvisionner et renforcer la disponibilité sur les marchés locaux du Niger. Toutefois, dans les zones affectées par le conflit lié au Boko Haram, les flux vont rester perturber et le délai d’approvisionnement allongé.
    • La dépréciation continue du Naira par rapport au FCFA va soutenir le transfert des denrées de base comme le mil et le sorgho et renforcer leur disponibilité sur les marchés locaux du Niger avec des prix favorables comparativement à la moyenne sur toute la période de projection octobre 2016-mai 2017. Par ailleurs, les échanges du bétail et des cultures de rente vers le Nigeria à partir des marchés du Niger engendreront de faibles différentiels de prix qui n’encourageront pas les commerçants importateurs et exportateurs du Nigéria d’investir dans ces transactions. Cela pourrait se traduire par une baisse généralisée des revenus en dessous de la moyenne et des baisses atypiques de pouvoir d’achat pour les éleveurs et les producteurs de cultures de rente.
    • Les niveaux de prix vont probablement commencer à baisser à partir d’octobre sur la plupart des marchés avec la généralisation des récoltes jusqu’en décembre et entre janvier et mai, les prix alimentaires vont poursuivre leur évolution normale à la hausse (Figure 3). Toutefois, les anomalies pluviométriques enregistrées dans certaines zones constituent une source d'inquiétude chez les producteurs et sont susceptibles d'augmenter la pression à la hausse sur les prix.
    • Les marchés à bétail resteront bien animés et les prix des animaux vont rester comparables aux niveaux de septembre (en baisse de la moyenne) et demeurer stables entre octobre et décembre en espérant une forte demande par les pays côtiers pour supporter les fêtes de Noël et de fin d’année en décembre. Cela pourrait se traduire par une augmentation des revenus et des termes de l’échange favorables pour les éleveurs. A partir de janvier, les prix pourraient connaitre encore davantage une baisse par rapport à la moyenne quinquennale à cause de la faible demande à l’exportation vers le Nigeria qui demeure le plus important marché de destination. Ces baisses de prix détérioreraient les termes de l’échange pour les éleveurs.
    • Le conflit lié à Boko Haram va probablement se poursuivre avec un niveau similaire de déplacement de population qui se chiffre actuellement à environ 300.000 personnes. L’insécurité va continuer à limiter les flux commerciaux dans les zones du sud-est du Niger frontalières du Nigéria et dans la région de Diffa où les principales sources de revenus comme la production du poivron, la pêche et la vente des animaux seront perturbés. Les ménages seront incapables de gagner les revenus nécessaires pour couvrir leurs besoins et du coup l’aide alimentaire sera indispensable dans toute la région sur toute la période du scénario (octobre 2016-mai 2017).
    • Les interventions humanitaires par l’Etat et ses partenaires qui favorise l’accès aux céréales des ménages dans les zones structurellement déficitaires vont débuter à partir de mars et se poursuivre jusqu’au moins en fin mai comme en année normale. Elles contribueront globalement à maintenir des bonnes disponibilités sur les marchés et chez les ménages pauvres. L’assistance humanitaire à travers les cash transferts et des transferts de vivres par l’Etat et le PAM vont poursuivre au moins jusqu’en janvier.
    • Compte tenu des prévalences habituellement élevées de MAG qui se situent entre 10 et 15 pour cent en année normale même en période de récolte (octobre/novembre/décembre), la prévalence de MAG pourrait suivre des moyennes saisonnières des périodes de récolte et post-récolte suite aux conditions favorables à une période de récoltes et de post-récolte relativement normale et une situation épidémiologique relativement calme.
    • Les baisses actuelles dans les cas d’admission aux centres nutritionnels des enfants pourraient continuer au cours de la période de projection grâce à l’application des nouvelles dispositions qui seront prises au niveau de chaque centre de récupération nutritionnelle (CREN) pour améliorer la prise en charge et accélérer la décharge de tous les enfants 24 à 59 mois. Dans les zones affectées par le conflit de Boko Haram qui provoque un déplacement massif de personnes de tout âge soumis à des déficits alimentaires et des problèmes d’hygiènes et assainissement, les prévalences de MAG risqueront de dépasser les moyennes saisonnières de la période d’octobre-décembre et janvier-mai.
    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    Au regard des conditions climatiques favorables et de la faible pression parasitaire, de bonnes à moyennes récoltes sont attendues pour les céréales et pour les cultures de rente favorisant une disponibilité alimentaire et des revenus agricoles moyens. Les marchés resteront bien approvisionnés à partir des marchés sources (Nigeria, Benin, Burkina Faso et Mali) et à la faveur des effets positifs la dépréciation de la Naira, les prix vont continuer à suivre leurs tendances saisonnières à la baisse jusqu’à la fin des récoltes en décembre. Les récoltes de contre saison vont venir renforcer les disponibilités et diversifier la consommation alimentaire de janvier à avril. La reprise des activités saisonnières économiques telles que le ramassage de paille, les opportunités de travail temporaire et le petit commerce vont améliorer les revenus des ménages pauvres et maintenir leur accessibilité à la nourriture. Une situation d’insécurité alimentaire aigue Minimale (IPC Phase 1) va prévaloir jusqu’au moins mai 2017 pour la plupart des zones.

    Cependant, des déficits de production agricole seront pressentis dans certaines zones agricoles et agropastorales à cause de l’excès d’humidité de Dakoro et Mayahi (Maradi) et la mauvaise répartition spatio-temporelle des pluies ainsi que des vents de sable violents qui ont empêché le bon développement des plantes dans la zone pastorale des transhumants de Tchintabaraden et Abalak (Tahoua), Bermo (Maradi), Tanout (Zinder), et Tchirozerine (Agadez). Ces déficits de production vont impacter les moyens d’existence qui seront déjà fragilisés par la baisse de revenus de vente de bétail après les fêtes de fin d’année compte tendu de la faible demande à l’exportation vers le Nigéria (plus grande destination) à cause de la dépréciation continue du naira. Ainsi, dans ces zones, des déficits de protection des moyens d’existence apparaitront en mars jusqu’en mai 2017 avec une soudure pastorale plus marquée que d’habitude mais presque similaire à celle de l’année passée qui était atypique. Dans les zones agricoles de Mayahi et Dakoro susceptibles de connaitre des déficits céréaliers, les stocks alimentaires vont s’épuiser plus tôt que d’habitude et les baisses observées dans les prix du niébé ne les permettent pas de disposer de revenus suffisants pour couvrir les besoins de dépenses alimentaires. Il est fort probable qu’une insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC) fasse son apparition en mars jusqu’au moins en mai chez les ménages pauvres.

    Dans la région de Diffa, la persistance de l’insécurité civile va maintenir une grande partie de la population en  déplacement. Les productions agricoles et de cultures de rente connaissent des baisses significatives suite à la réduction ou l’abandon des champs pour cause d’insécurité. Le fonctionnement des marchés ainsi que les principales activités génératrices de revenu comme la pêche, la vente du poivron et du bétail ainsi que la migration vers le Nigeria et la Libye restent perturber et procurent des revenus largement en dessous de la moyenne. La majorité des ménages seront incapables de satisfaire leurs besoins alimentaires et non alimentaires sans l’assistance humanitaire et vont rester précairement en situation Minimale (Phase 1 ! de l’IPC) jusqu’au janvier avec l’appui humanitaire planifié et en situation de Stress (Phase 2 de l’IPC) entre février et mai sans assistance humanitaire (qui n’est pas actuellement planifié et financé). Cependant, la majorité des ménages des zones de production de poivron et de la sous zone de transhumance avec une forte pratique de migration seront en insécurité alimentaire aigue de en Stress (Phase 2 ! de l’IPC) grâce à l’assistance humanitaire ou en Crise (Phase 3 de l’IPC) entre octobre 2016 et mai 2017 à cause de la détérioration des opportunités économiques, le déficit de la couverture des besoins alimentaires par l’autoconsommation et les insuffisances des assistances alimentaires à cause du conflit Boko Haram et de l’éloignement qui ne permettent pas d’accéder à certaines personnes déplacées et résidentes pauvres. 

     

    Pour plus d'informations sur les perspectives des zones de préoccupation, veuillez, s'il vous plaît, cliquer en haut de la page pour télécharger le rapport complet.

    Figures Current food security outcomes for October 2016

    Figure 1

    Current food security outcomes for October 2016

    Source: FEWS NET

    Calendrier Saisonnier pour une Année Typique

    Figure 1

    Calendrier Saisonnier pour une Année Typique

    Source: FEWS NET

    Figure 1.  Anomalie du cumul RFE – 1er Avril – 10 octobre par rapport à la moyenne 2006-2015

    Figure 3

    Figure 1. Anomalie du cumul RFE – 1er Avril – 10 octobre par rapport à la moyenne 2006-2015

    Source: USGS/FEWS NET

    Figure 2. Prix des moutons et béliers dans quelques villes comparées à 2015 et à la moyenne

    Figure 4

    Figure 2. Prix des moutons et béliers dans quelques villes comparées à 2015 et à la moyenne

    Source: FEWS NET

    Figure 3. Projection de prix pour le mil à Maradi

    Figure 5

    Figure 3. Projection de prix pour le mil à Maradi

    Source: FEWS NET

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

    Get the latest food security updates in your inbox Sign up for emails

    The information provided on this Website is not official U.S. Government information and does not represent the views or positions of the U.S. Agency for International Development or the U.S. Government.

    Jump back to top