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Une production agricole et fourragère globalement moyenne à bonne est attendue

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Niger
  • Octobre 2014 - Mars 2015
Une production agricole et fourragère globalement moyenne à bonne est attendue

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  • Messages clé
  • Contexte National
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    • Des pluies abondantes et bien réparties depuis fin juillet jusqu’en fin septembre 2014, combinées à une situation phytosanitaire globalement calme sont favorables à une production céréalière et de pâturage estimées moyenne à supérieure à la moyenne pour la campagne principale.

    • Les produits des cultures irrigués en décembre 2014- mars 2015 vont venir renforcer et diversifier l’accès et la consommation alimentaire des ménages qui sont actuellement assurés par leurs propres stocks céréaliers. L’insécurité alimentaire aigüe  Minimale (Phase 1 de l’IPC) domine en octobre et va persister  jusqu’en mars 2015 dans la majorité des zones du pays.

    • Toutefois, suite à la baisse des revenus de la vente des animaux et de la main d’œuvre pour les ménages pauvres, le département de Nguigmi (Diffa) sera en Stress (Phase 2 de l’IPC) en octobre 2014-mars 2015 malgré l’assistance en cash for work planifiée et financée par le gouvernement. A partir de mars, les zones agropastorale de Ouallam et pastorale de Tchintabaraden seront également en Stress (Phase 2 de l’IPC) car les ménages pauvres seront confrontés à des difficultés à satisfaire leurs besoins non alimentaires.


    Contexte National
    Situation actuelle

    La poursuite de la régularité des pluies jusqu’en fin septembre 2014 a permis aux cultures de boucler leur cycle végétatif dans de conditions hydriques acceptables. Les récoltes pluviales sont en cours pour toutes les cultures céréalières et pour les cultures de rente avec des résultats estimés globalement supérieurs à la moyenne sauf dans certains départements de la région de Tillabéri, Zinder et Diffa où les effets conjugués de retard d’installation et d’arrêt brusque des pluies en début septembre, ne permettent pas aux cultures de finir normalement leur cycle végétatif.

    Selon les estimations de la mission conjointe FEWS NET/USGS/Agrhymet conduite en septembre 2014, toutes les conditions sont réunies et confirment la perspective d’une production agricole bonne dans les régions de Tahoua et Maradi et moyenne à bonne à Zinder. Les mêmes estimations prévoient des productions moyennes à bonnes pour les cultures de rente notamment le niébé, le sésame et l’arachide.

    En plus d’une pluviométrie normale et d’une situation phytosanitaire caractérisée par une faible pression des prédateurs, le déroulement de la campagne agricole a été aussi faiblement affectée par les effets des inondations sur les cultures. Les cas d’inondations enregistrés, ont affecté environ 68 000 personnes et 2 817 ha de champs de cultures contre environ 166 000 personnes et 6 872 ha de champs de cultures en 2013. Les inondations des années les plus pluvieuses de ces cinq dernières années ont sinistré 300 000 et 600 000 personnes respectivement en 2010 et 2012.

    En considérant tous ces facteurs favorables, on pourrait estimer la production brute en mil, sorgho et riz pluvial à plus de 5.3 millions de tonnes et environ 2.5 millions de tonnes pour le niébé, arachide et sésame. Cette production totale brute représente une augmentation de plus de 20 pour cent par rapport à celle de 2013 et à la moyenne des cinq campagnes agricoles passées.

    La situation pastorale actuelle est globalement moyenne en termes de production de biomasse et de niveau de remplissage des points d'abreuvement. Dans la plupart des zones pastorales (Dakoro, Tanout, Abalak, Gouré), la production fourragère est estimée supérieure à la moyenne. L’abreuvement des animaux se fait actuellement grâce aux points d’eaux qui sont encore disponibles et dont le niveau de remplissage présage un tarissement à la période normale. Il est toutefois attendu une production médiocre à moyenne  dans certaines régions, notamment dans les zones pastorales de Tchintabaraden (bande Tassara), Ouallam (Banibangou), Téra (Bankilaré) et Nguigmi.

    Les produits des nouvelles récoltes assurent la consommation alimentaire actuelle des ménages agricoles et agropastoraux. A la faveur de trois années consécutives de productions agricoles moyennes à bonne et des bonnes récoltes en perspectives les stocks des ménages seront à un niveau permettant une disponibilité alimentaire couvrant les besoins alimentaires des six à huit mois contre une moyenne de cinq à sept mois surtout avec la contribution des cultures horticoles à partir de décembre 2014. En effet, avec la production agricole estimée de cette année et des stocks céréaliers de report, les disponibilités apparentes pourraient se situer à environ 250 à 300 kilogrammes par habitant pour l’année.

    Les céréales et les produits de rente issus des nouvelles récoltes constituent la majorité des produits présentés sur les marchés suivant le circuit traditionnel interne avec une offre locale normale à supérieure à la normale en octobre 2014 surtout pour le niébé qui est prioritairement vendu pour faire face aux dépenses sociales. Les prix moyens nationaux des principales céréales se situent entre 219 et 232 FCA en septembre 2014, soit des baisses de 15 pour cent pour le mil et le sorgho et 13 pour le maïs par rapport à la même période de 2013 et ont commencé à évoluer dans la tendance saisonnière normale.

    Les aliments consommés par les ménages éleveurs sont constitués par les achats effectués avec les revenus des ventes d’animaux qui assurent une consommation alimentaire normale. A la faveur des fêtes (Tabaski et fêtes de fin d’année), la demande d’animaux est forte pendant les mois d’octobre, novembre et décembre et les prix et termes de l’échange seront à un niveau moyen à supérieur à la moyenne quinquennale. Cette situation va se traduire pour les ménages par la reconstitution des stocks céréaliers avec la vente d’animaux comme d’habitude.

    Les ventes de céréales et de cultures de rente sont actuellement les principales sources de revenus pour les ménages agricoles et agropastoraux qui gagnent des revenus normaux des ventes des cultures. Les opportunités d’offre d’emplois locaux existent avec les besoins de main d’œuvre agricole pour les récoltes. Toutefois, compte tenu des bonnes productions agricoles, l’offre locale de main d’œuvre est faible par rapport à la demande. Cette baisse de la disponibilité de main d’œuvre se traduit par une augmentation de 50 pour cent du prix en 2014 par rapport à 2013, soit l’équivalent de 6 kilogrammes de mil gagnés par jour contre 2.5 à 3 kilogrammes de mil par jour l’année passée à la même période compte tenu de la baisse des prix des céréales. Malgré la bonne production fourragère, la demande de paille demeure normale compte de la forte pratique de l’embouche. Le prix de vente de la botte de paille est en moyenne de 500 à 750 CFA, soit le même prix que l’année passée.

    Les résultats provisoires de l’enquête nationale sur la nutrition des enfants, conduite en juillet 2014, ont donné un taux de malnutrition aigüe globale de 14,8 pour cent contre 13,2 pour cent en moyenne sur les 5 dernières années et un taux de malnutrition aigüe sévère de 2.7 pour cent contre 2.3 pour cent en moyenne quinquennale. Les augmentations les plus élevées de malnutrition aigüe globale sont enregistrées dans les régions de Tahoua et Niamey avec respectivement 23 et 28 pour cent par rapport à leurs taux moyens. La malnutrition aigüe sévère enregistre les hausses les plus élevées par rapport à la moyenne dans les régions de Maradi avec 59 pour cent, de Tillabéri et Agadez avec 24 pour cent. Toutefois, à la faveur de l'amélioration de l’accès alimentaire des ménages depuis octobre, on pourrait observer une diminution des niveaux de malnutrition aiguë dans le pays.

    Suppositions

    Les scenarii les plus probables de la sécurité alimentaire d’octobre 2014 à mars 2015 se basent sur des suppositions fondamentales par rapport à l’évolution du contexte national, qui sont :

    • Une disponibilité suffisante des produits est attendue sur les marchés où les offres seront assurées par les producteurs en octobre-décembre et par les commerçants qui vont disposer de stocks locaux et importés du Nigéria, du Burkina Faso, Benin et Mali. Dans le sud-est du pays les flux seront ralentis à cause des effets du conflit lié au Boko Haram.
    • Le retrait des eaux et la libération des champs de cultures céréalières (qui sont généralement des sites de contre saison) en décembre vont s’ajouter à la bonne disponibilité des eaux et des intrants pour une campagne de production horticole normale en saison sèche qui représente normalement 30 pour cent de la production annuelle. Il faut alors s’attendre à une amélioration de l’offre des producteurs locaux en décembre 2014-mars 2015.
    • Les bonnes disponibilités en eaux constituent de conditions favorables pour une demande soutenue et une revalorisation de la main d’œuvre locale pendant toute la période de décembre-janvier-février-mars. La demande et les prix de main d’œuvre pour les travaux de récoltes de céréales et pour l’entretien et les récoltes des cultures pluviales et des cultures irriguées de saison sèche seront normaux en octobre-mars à la faveur des conditions hydriques estimées favorables pour de bonnes productions.
    • En novembre-décembre jusqu’en mars, la migration et les revenus des transferts seront normaux. Les conditions économiques et politiques des pays de destination traditionnels seront normales à l’exception du nord-est du Nigéria et de la Libye qui seront moins attrayant à cause des crises sociopolitiques dans ces pays.
    • Globalement, les ressources pastorales resteront conformes à la moyenne jusqu’en mars 2015. Les eaux de surface seront suffisamment disponibles pour les animaux en octobre-mars et la disponibilité fourragère sera importante dans les zones pastorales à la faveur d’une saison de pluies estimée normale.
    • Les prix des céréales vont évoluer selon la tendance saisonnière et la moyenne quinquennale en octobre-décembre mais vont entamer une hausse légère normale en janvier-mars à la faveur d’un fonctionnement normal des flux internes et transfrontaliers de céréales à l’exception de l’extrême Est du pays sous aux effets du mouvement de Boko Haram.
    • Les prix des animaux vont connaitre une hausse normale en octobre-décembre 2014 jusqu’en janvier-mars 2015 à la faveur de l’amélioration de l’embonpoint des animaux par rapport aux derniers mois et une forte demande de consommation. Les termes d’échange animaux/céréales seront en hausse en octobre-décembre par rapport à la moyenne suite à la forte demande pour les fêtes mais seront normaux à hausses en janvier-mars 2015.
    • Entre décembre et mars, les organisations de producteurs et les structures étatiques vont profiter des bonnes productions agricoles pour reconstituer à un niveau optimal leurs stocks de réserve et maintenir les disponibilités alimentaires à un niveau suffisant pour les demandes de consommation.
    • Le plan de soutien du gouvernement pour la période du scénario sera exécutée en décembre-mars sous forme de cash for work mais avec un retard dans son démarrage à cause de problème de financement.
    • La situation nutritionnelle, avec toutes les conditions alimentaires, il faut s’attendre à une évolution typique saisonnière de la situation nutritionnelle en octobre-mars.
    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    Avec les productions agricoles globalement moyennes à bonnes en perspectives dans les principales régions agricoles du pays, les disponibilités alimentaires et leur accessibilité aux ménages seront assurées par les propres stocks céréaliers pendant cette période post-récolte. Ces disponibilités locales conjuguées aux productions attendues dans les pays d’importations de céréales (principalement la Nigéria, le Burkina Faso, le Mali et le Bénin) laissent supposer des flux transfrontaliers qui vont fonctionner normalement et renforcer les flux internes. Cette situation se traduit par un niveau satisfaisant d’approvisionnement des marchés. Les prix des céréales seront similaires à la moyenne saisonnière en octobre-décembre et seront hauts en janvier-mars suite à la pression de la demande consécutive aux besoins de reconstitution de stocks de sécurité du gouvernement et des autres stocks (commerçants, ménages éleveurs et ménages déficitaires). Pendant cette même période, les ménages gagneront des revenus typiques de la saison. Ainsi, dans la plupart des zones du pays des niveaux typiques de l'accès alimentaire seront observés entre octobre et mars, ce qui se manifeste par l'insécurité alimentaire aiguë Minimale (Phase 1 de l'IPC).

    Toutefois, des difficultés localisées seront observées principalement dans la Zone Agropastorale de Ouallam (région de Tillabéri) et dans les zones pastorales de Nguigmi et Tchintabaraden où certains ménages pauvres auront des difficultés pour assurer leur alimentation suite à des déficits de production agricole et pastorale et de la détérioration des opportunités économiques. Des déficits de protection des moyens d’existence seront observés en octobre-mars dans les zones pastorales de Nguigmi et à partir de mars dans la Zones Agropastorale de Ouallam et zone pastorale de Tchintabaraden même si les ménages sont en mesure de satisfaire leurs besoins alimentaires minimaux. En conséquence, entre octobre et mars, les zones pastorales de Nguigmi restent en Stress (Phase 2 de l’IPC) et les zones agropastorales de Ouallam et pastorale de Tchintabaraden vont passer en Stress (Phase 2 de l’IPC) à partir de mars.

     

    Pour plus d'informations sur les analyses des zones de préoccupation au cours de cette période des  perspectives, s'il vous plaît télécharger le rapport complet.

    Figures Calendrier Saisonnier pour une Année Typique

    Figure 1

    Calendrier Saisonnier pour une Année Typique

    Source: FEWS NET

    Current food security outcomes, October 2014

    Figure 2

    Current food security outcomes, October 2014

    Source: FEWS NET

    Figure 3

    Source:

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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