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Très favorable jusqu’en août, la situation de la campagne agricole s’est dégradée en septembre

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Niger
  • Octobre 2013 - Mars 2014
Très favorable jusqu’en août, la situation de la campagne agricole s’est dégradée en septembre

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  • Messages clé
  • Contexte nationale
  • Zones de preoccupation
  • Evenements qui pourraient changer les scenarios
  • Messages clé
    • Les évaluations préliminaires des récoltes ont donné une production nationale nette en céréales globalement insuffisantes pour couvrir les besoins de consommation des populations. Ces évaluations montrent qu’à l’exception de Dosso et Maradi, toutes les régions ont enregistré des déficits de production dont les plus élevés sont notés dans les régions de Tillabéri et Diffa, mais aussi dans plusieurs poches des régions de Tahoua et Zinder.

    • L’accès alimentaire et les moyennes d’existence des ménages sont moyens à bons en octobre. L’insécurité alimentaire aiguë des ménages est minimale (IPC Phase 1) dans toutes les zones de moyens d’existence en octobre 2013 et pourrait persister jusqu’en décembre 2013 et mars 2014 sauf dans des zones localisées qui seront en « stress » en janvier-mars.

    • L’accès alimentaire et les revenus des ménages pauvres et très pauvres seront significativement réduits et l’insécurité alimentaire va évoluer en phase « stress » (IPC Phase 2) dans certaines zones entre janvier-mars 2014, notamment dans les régions de Tillabéri et Diffa, et dans certaines zones localisées des régions de Tahoua et Zinder suite à leur déficit de production et d’accès aux marchés.


    Contexte nationale
    Situation actuelle

    La situation actuelle correspond à la fin de la période de soudure. Cette situation se caractérise par une amélioration significative normale de la sécurité alimentaire à la faveur des disponibilités alimentaires et des revenus qui s’améliorent grâce aux nouvelles récoltes et à la vente des produits de rente et des animaux en cette période de Tabaski.

    La situation de la campagne agropastorale est marquée par une mauvaise répartition. Les impacts négatifs les plus importants de cette situation pluviométrique sont enregistrés dans les régions de Tillabéri et Diffa où la saison s’est installée tardivement et les pluies se sont arrêtées aux stades d’épiaison/floraison des cultures. Des cas similaires sont aussi enregistrés dans plusieurs poches des régions de Tahoua et Zinder. Des impacts significatifs, d’autres natures sont aussi enregistrés dans les régions de Tillabéri, Niamey et Dosso suite aux pluies diluviennes du mois d’août ont provoqué des inondations et des pertes sur les cultures pluviales et irriguées de riz.

    Selon l’évaluation préliminaire des récoltes, effectuée en octobre 2013 par la direction des statistiques de l’agriculture, les résultats de la campagne agricole au niveau national dégagent une production nette de 3 699 082 tonnes de mil, sorgho, maïs, fonio, et riz et blé. Cette production est composée à plus de 99 pour cent de mil et sorgho, soit 3 679 001 tonnes. C’est une production globalement moyenne mais inférieure à celle de 2012 et supérieure à celle de 2011. Comparée aux besoins de consommation des 17 394 887 nigériens, cette production dégage un déficit estimé à 319 000 tonnes composées de riz et de blé principalement mais aussi de céréales locales avec une forte concentration dans les régions de Niamey, Dosso et Tillabéri pour le riz et Tillabéri, Diffa, Tahoua et Zinder pour le mil et le sorgho.

    Les données brutes estimées par la direction des statistiques de l’agriculture pour les cultures de rente donnent deux millions de tonnes contre une moyenne de 1.7 millions de tonnes et 1.6 millions en 2012 pour le niébé, arachide, sésame, souchet et voandzou. C’est une augmentation de la production qui pourrait s’expliquer par les conditions pluviométriques plus favorables aux cultures de rente et l’accroissement des superficies et de la qualité des semences octroyées par l’Etat et les partenaires. Les ventes locales de niébé et arachide permettent aux producteurs d’accéder aux revenus dont les montants sont moyens mais inférieurs à leurs niveaux des mois passés.

    La production fourragère n’a pas souffert de périodes de sècheresse même si l’installation de la saison en juillet est tardive par rapport à la normale. Les fortes précipitations du mois d’août ont favorisé l’abondance des pâturages herbacés. Selon les résultats des missions d’évaluation de la campagne pastorale effectuées par la direction du développement pastoral, les disponibilités fourragères sont globalement moyennes mais hétérogènes selon les régions et les zones. Dans les zones agricoles, agropastorales, enclaves pastorales, les massifs forestiers, les productions sont bonnes avec de la biomasse en forte densité de 900 à 1000 kilogrammes de matières sèches à l’hectare. Dans certaines zones pastorales couvrant les zones de Dakoro, Tanout, Gouré, les productions fourragères enregistrées sont moyennes avec une densité variant entre 500 à 700 kilogrammes de matières sèches par hectare. Dans les zones pastorales de Nguigmi, Mainé Soroa, Diffa, Ouallam, Filingué, Tchitabaraden, Abalack, Tchirozérine, les productions sont faibles, elles ne dépassent pas une densité moyenne de 200 à 400 kg de matières sèches à l’hectare.

    Les mouvements des animaux sont, en zone pastorale, internes guidés par la recherche de pâturages mais les fortes concentrations sont observées particulièrement au niveau des terres salées. En zone agricole, les mouvements et les fortes concentrations sont observés au niveau des enclaves pastorales, des massifs forestiers, des bourgoutières de la vallée du fleuve Niger et d’autres grandes aires de pâturage. Le mouvement de la grande transhumance n’a pas encore démarré. Les animaux présentent actuellement un bon état d’embonpoint à la faveur de la satisfaction des besoins en fourrages.

    Les dernières actions d’assistances alimentaires du plan de soutien 2012/13 (de l’année de consommation passée) sont en cours avec le 3ème passage des opérations de vente à prix modéré de 12 000 tonnes cédées à raison de 13 000 FCFA le sac de 100 kilogrammes dans toutes les régions du pays.   Dans le cadre des assistances alimentaires planifiées pour l’année 2013/14, le gouvernement a élaboré un plan de soutien préliminaire pour la période d’octobre à décembre. Ce plan vise à apporter une assistance d’urgence et de résilience à 1.2 millions de personnes contre 1,5 à 2 millions de personnes en moyenne. Un plan de soutien définitif sera élaboré en janvier/février 2014 pour couvrir la période de janvier-avril/mai et juin-septembre sur la base des résultats des différentes évaluations conjointes de la situation d’insécurité alimentaire et de la vulnérabilité.

    Les offres sur les marchés sont normalement constituées par le mil et le niébé. Les offres de niébé proviennent des producteurs, celles du mil sont constituées des stocks de report de l’année passée, qui restent à un niveau typique,  et des nouvelles récoltes qui font progressivement leur apparition mais timide par rapport à la moyenne. Les flux de céréales du Burkina, Mali, et Bénin vers les marchés du Niger sont encore plus importants que la moyenne pour cette période et représentent les plus grandes proportions des céréales qui approvisionnent les marchés. La demande pour les céréales (mil, sorgho) est en baisse en octobre par rapport aux mois passés mais se situe dans la tendance saisonnière normale grâce à la récolte continue. Les achats de céréales sur les marchés sont surtout effectués par les ménages éleveurs et les commerçants. Les institutions n’ont pas encore commencé les opérations de reconstitution des stocks.

    Les prix de toutes les céréales ont entamé leur tendance à la baisse saisonnière normale et se situent dans leur grande majorité aux mêmes niveaux que ceux de l’année passée. Ils restent toutefois encore à des niveaux plus élevés que la moyenne quinquennale, de fois à 30 à 50 pour cent mais ils sont identiques à la moyenne sur les marchés de l’Ouest du pays. Les niveaux élevés des prix seraient liés au fait que les offres sur les marchés sont dominées en septembre/octobre par les anciens stocks acquis à des prix élevés et les produits importés des pays voisins du Niger. Toutefois, les hausses les plus importantes de 30 à 50 pour cent sont observées sur les marchés de Maradi, Zinder, Diffa, Tahoua et Agadez qui ont été affectés par une baisse importante des flux du Nigéria à cause du conflit politico-religieux qui persiste et qui entrave encore les échanges.

    Sur les marchés à bétail, cette période d’octobre coïncide particulièrement avec une situation caractérisée par une bonne offre et demande liée à la fête de Tabaski. C’est la période de pic des prix des animaux, surtout des petits ruminants notamment le bélier dont le prix se situe respectivement à 33 pour cent et 29 pour cent au dessus de celui du mois passé et de la moyenne des 5 dernières années respectivement. Le prix moyen national du bouc en septembre est en hausse de 7 pour cent et de 14 pour cent respectivement par rapport au mois d'août 2013 et à la moyenne des 5 ans. Compte tenu de la hausse des prix des céréales, les termes de l’échange bétail par rapport aux céréales sont inférieurs à la moyenne mais le bouc donne encore plus de 100 kg de mil en septembre 2013 et pourrait donner plus de 100 kg en ce mois d’octobre avec l’accroissement de la demande consécutive à la fête religieuse.

    La situation des moyens d’existence des ménages se caractérise par l’accès normal aux revenus gagnés avec la vente de main d’œuvre pour les travaux agricoles de récoltes, la vente de produits de rente (niébé), de petits ruminants, de paille et de bois. Les dépenses sont essentiellement constituées par les achats de céréales par les ménages pauvres et déficitaires et les dépenses de scolarité des enfants. Les revenus gagnés grâce à ces activités sont normaux à supérieurs suite à une demande locale moyenne à forte sauf dans les régions de Tillabéri et Diffa où la demande locale pour les travaux agricoles des récoltes est faible.

    Les résultats de l’enquête nationale sur la nutrition des enfants ont donné un taux de malnutrition aigue globale de 13,3 pour cent en mai/juin 2013 contre 13,54 pour cent de taux moyen sur les 5 dernières années. A la faveur des améliorations alimentaires survenues en octobre 2013 et de la baisse de la prévalence des causes sanitaires (paludisme) de la malnutrition et des actions de prévention, le taux de prévalence de la malnutrition doit se situer à un niveau inférieur à ce taux de 13,3 pour cent atteint en mai/juin 2013, début de la période de soudure. Toutefois, des taux au dessus de 13 et 14 pour cent, conformes à la moyenne, pourraient être enregistrés dans les régions de Maradi et Zinder reconnues traditionnellement pour leurs niveaux élevés de malnutrition des enfants.

    En octobre 2013, les revenus en nature et en cash des ménages sont destinés, en grande, à la satisfaction des besoins alimentaires et non-alimentaires car, compte tenu de la bonne campagne agricole et pastorale de l’année passée, les remboursements des crédits ne représentent pas une proportion plus importante que la normale dans les dépenses des ménages. Les ménages pauvres et très pauvres peuvent accéder et consommer les quantités d’aliments nécessaires à leur survie et à la protection des moyens d’existence et se placent en « insécurité alimentaire aiguë minime » de l’IPC2.0 en octobre 2013.

    Suppositions

    Les scénarii suivants décrits d’octobre 2013 à mars 2014 se basent sur des suppositions fondamentales par rapport à l’évolution du contexte national, qui sont :

    • Les productions agricoles seront moyennes et vont venir s’ajouter aux anciens stocks producteurs pour renforcer les disponibilités alimentaires et assurer une consommation alimentaire normale d’octobre à décembre 2013.
    • A partir de janvier 2014, les stocks vont normalement s’épuiser mais les ménages pourront s’alimenter sur les marchés qui auront jusqu’en mars 2014 un fonctionnement marqué par des approvisionnements assurés par les flux internes et externes sauf à l’Est du Niger où les flux vont diminuer sur les axes habituels.
    • La demande de céréales sera normale à faible pendant toute la période d’octobre-décembre 2013 et va évoluer à la hausse en janvier-mars 2014 avec les achats institutionnels directs et le recours aux marchés par les ménages pauvres et ceux des zones déficitaires.
    • Les bonnes conditions pluviométriques du mois d’août ont créé des conditions hydriques qui viennent s’ajouter aux appuis de l’Etat et des partenaires pour établir situation très favorable à une campagne de cultures irriguées avec des perspectives d’une production moyenne.
    • Les prix des céréales vont se stabiliser ou même baisser à des niveaux au dessus de la moyenne saisonnière en octobre-décembre et vont partir en hausse dès janvier jusqu’en mars 2014.
    • Les productions fourragères seront moyennes tout comme les disponibilités en eaux pour l’abreuvement des animaux qui vont permettre des conditions pastorales normales avec toutefois des déficits en pâturages et en eaux dans le Nord Ouest et l’extrême Sud Est du pays où une dégradation des conditions d’alimentation du bétail seront observées à partir de janvier/février surtout dans la zone Sud Est où les besoins additionnels des troupeaux du Nigéria viennent s’ajouter à une situation déjà précaire.
    • Généralement, le mouvement des animaux ne connaitra pas de perturbation majeure suite aux conditions normales localement et dans les zones transfrontalières d’accueil du bétail transhumant.
    • La demande et les prix des animaux vont bénéficier plus que d’habitude des opportunités que créent les fêtes religieuses et de fin d’année et rester hauts durant toute la période d’octobre-décembre. En janvier-mars 2014, la demande va se normaliser et les prix vont évoluer selon les tendances saisonnières, ce qui va se manifester des baisses des termes de l’échange par rapport à leur moyenne saisonnière.
    • Les opportunités d’emplois locaux et des revenus vont se créer et se maintenir au même niveau que la normale en octobre-décembre pour les travaux de récoltes et en janvier-mars pour les travaux d’entretien des cultures irriguées. Aussi en janvier-mars, les revenus seront renforcés comme d’habitude par les transferts et les cash for work du programme social planifié par le gouvernement.
    • Les opportunités d’auto emplois (vente de paille, de bois et produits artisanaux) et les revenus obtenus seront plus importants que la moyenne avec la bonne disponibilité des produits sur une plus longue période favorisée par une bonne production de biomasse et résidus de cultures, soit d’octobre à mars.
    • La migration et les revenus des transferts seront normaux à supérieurs suite au nombre plus élevé des exodants vers les centres urbains du Niger et vers les pays traditionnels d’accueil où les conditions économiques et politiques se sont améliorées à l’exception du Nigéria et de la Libye qui seront moins attrayant.
    • Les criquets ne devraient pas avoir un impact sur la production agricole irriguée à cause de la dégradation des conditions dans les zones grégarigènes qui les poussent à migrer vers le Maghreb.
    • Les assistances alimentaires planifiées seront au même niveau que la moyenne en octobre-décembre et plus que la moyenne en janvier-mars à cause de l’accroissement des ménages à production agricole déficitaire.
    • Le nombre de personnes déplacées du Nigéria va s’accroitre mais les refugiés maliens vont progressivement retourner à la faveur de l’accalmie sur le plan politique.
    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    En octobre-décembre, les stocks de la production propre des deux campagnes agricoles de 2012 et 2013 et les revenus des ventes d’animaux et de cultures de rente vont permettre de couvrir les besoins alimentaires sans aucun déficit. La sécurité alimentaire sera globalement dans la Phase 1 « insécurité alimentaire aiguë minimale » de l’IPC2.0.

    En janvier-mars, les stocks céréaliers et de produits de rente des ménages pauvres et très pauvres vont s’épuiser, les marchés seront les seuls recours et vont afficher des prix au dessus de la moyenne saisonnière compte tenu de la forte demande. Les revenus en cash et en nature provenant des cultures irrigués seront moyens au moment où les prix d’achat des céréales seront plus que la moyenne donc les quantités achetées seront inférieures à la moyenne mais suffisantes pour les besoins de consommation qui seront réduits suite au départ en exode de plusieurs membres de ménages. L’insécurité alimentaire va se maintenir dans le plus part des zones au niveau « minime », Phase1 de l’IPC2.0 en janvier – mars.

    Toutefois, des déficits alimentaires localisées seront observées principalement dans la zone agropastorale et pastorale où environ 1,2 millions de personnes, soit une situation meilleure que la moyenne des cinq dernières années, auront des difficultés pour assurer leur alimentation suite aux niveaux élevés des prix des céréales et de faibles stratégies de moyens d’existence. La majorité de ces personnes se trouvent dans les départements de Ouallam (Tillabéri) et Nguigmi (Diffa), mais aussi dans certains départements situés dans les régions de Tahoua et Zinder qui sont dans des situations similaires et qui seront se retrouver en IPC Phase 2 « insécurité alimentaire aiguë stress » en janvier-mars comme dans les régions de Tillabéri et Diffa.


    Zones de preoccupation

    Dans la zone agropastorale de Ouallam                    

    Le département de Ouallam a une économie qui repose essentiellement sur l’agriculture (production hivernale de mil, sorgho, niébé, arachide et voandzou) et l’élevage (bovin, ovin et caprin) où la pluviométrie annuelle varie entre 400-600 mm. La production agricole de la zone contribue normalement à plus 40 pour cent dans la couverture des besoins alimentaires des ménages et 18 pour cent dans les revenus des ménages pauvres et très pauvres. Les secteurs de la migration et de la vente de produits forestiers (paille, bois) ont un poids non négligeable dans les revenus en cash des ménages. Les aliments qui sont normalement consommés proviennent de la production propre et des achats effectués avec les revenus des ventes d’animaux, des emplois agricoles et des ventes de paille et de bois.

    Situation actuelle

    Cette campagne agricole a bénéficié, en mai/juin, du programme gouvernemental normal d’appui à la production avec la mise en place de 131 tonnes de semences de mil, sorgho et niébé distribuées aux ménages vulnérables, la distribution gratuite de 45 397 tonnes de céréales et la vente à prix modérés de 435 tonnes de céréales. A l’opposé de la campagne de production agricole de l’année passée ayant bénéficié d’une bonne installation et d’un déroulement normal, la campagne de production agricole en cours est caractérisée par une installation tardive des semis en juillet et d’une longue période de sècheresse pendant la phase de reproduction des cultures en septembre.

    Les résultats d’une mission conjointe de FEWS NET dans la région de Tillabéri y compris dans le département de Ouallam ont montré la similarité de la campagne agricole dans cette zone avec celle de 2011 où les récoltes de mil et sorgho ont donné une production évaluée à 25 000 tonnes de mil et sorgho, soit un déficit de plus 68 000 tonnes. Toutefois, la bonne production agricole de l’année passée évaluée à 83 554 tonnes et un excédent de 11 590 tonnes de mil et sorgho indiquent des stocks résiduels moyens à supérieurs à la moyenne avec cependant l’épuisement des stocks qu’on pourrait observés chez les ménages pauvres et très pauvres qui représentent environ 61 pour cent de la population totale de la zone.

    Les échanges commerciaux s’effectuent normalement au niveau des différents marchés hebdomadaires de la zone dont les plus importants sont Ouallam, Mangayzé, Banné, Goubeye et Simiri. Les produits agricoles et ceux de l’élevage échangés sont le mil, le sorgho, le riz, le niébé, et le lait. La zone entretient des relations commerciales avec le marché de Niamey qui est une source d’approvisionnement en céréales et un débouché pour l’écoulement des produits forestiers (paille, fane de niébé, bois, seccos). Les prix sont encore hauts légèrement par rapport à la moyenne des cinq ans avec des hausses de cinq pour cent observées pour le mil et trois pour cent pour le sorgho. Toutefois, les niveaux observés sont évoluent selon la tendance saisonnière normale en septembre.

    A la faveur de la forte demande consécutive à la Tabaski, les prix des animaux notamment du bélier sur le marché de Ouallam sont au dessus du prix moyen saisonnier, soit 92500 FCFA en septembre 2013 contre 69000 FCFA en moyenne saisonnière normale. Les prix du bouc sont relativement moyens et permettent aux éleveurs de disposer de 106 kilogrammes de mil en septembre 2013, ce qui correspond à un équivalent céréalier similaire à celui de 2012 mais en baisse légère de 3 pour cent par rapport à la moyenne des 5 dernières années. L’état d’embonpoint des animaux est normal, tout comme la production laitière.

    Dans la région de Tillabéri, le taux de prévalence de la malnutrition aigue globale est de 13.3 pour cent selon les résultats de l’enquête nationale sur la nutrition des enfants de 0 à 59 mois conduite en mai/juin 2013. Ce taux de malnutrition est similaire au taux moyen de la région qui est de 13.2 pour cent. Compte tenu des meilleures conditions alimentaires en octobre, la situation nutrition doit s’améliorer et le taux de malnutrition doit se situer en dessus du taux obtenu en mai/juin 2013 avec une tendance saisonnière.

    Suppositions

    Le scénario le plus probable de la sécurité alimentaire décrit d’octobre 2013 à mars 2014 se base sur les hypothèses suivantes:

    • La zone va enregistrer un déficit de production agricole qui va se traduire par une perte d’environ 70 pour cent de la nourriture gagnée avec la production propre et un recours plus tôt que la normale aux marchés en décembre/janvier au lieu de mars.
    • Suite à la baisse de production les ménages plus riches payent moins que la moyenne en nature en octobre-décembre pour les travaux de récoltes.
    • La demande de travail pour les récoltes va fortement diminuer en octobre-décembre en raison de la mauvaise récolte.
    • Les marchés seront bien approvisionnés avec les flux traditionnels du Mali, Burkina Faso et Bénin durant toute la période.
    • Les prix des céréales vont se stabiliser et resteront hauts par rapport à la moyenne saisonnière en octobre-décembre et vont repartir en hausse au dessus de la moyenne en janvier-mars suite à une augmentation de la demande surtout institutionnelle.
    • Les récoltes de niébé, voandzou et leurs prix en octobre-décembre seront moyens suite aux conditions agro-météorologiques plus favorables à ces cultures de rente.
    • Les disponibilités de paille et bois ainsi que les prix en octobre 2013-mars 2014 vont se maintenir à un niveau au dessus de la moyenne suite à une demande forte dans le centre urbain de Niamey où l’embouche est devenue une pratique de plus en plus permanente.
    • La production et le prix de lait en octobre-décembre et en janvier vont être normaux et vont progressivement diminuer pour se situer au niveau moyen en janvier-mars.
    • L’état d’embonpoint des animaux et leur valeur marchande seront au dessus de la moyenne en octobre-mars et moyens en janvier-mars.
    • Les programmes annuels d’assistance vont se dérouler normalement en janvier-mars 2014 au bénéfice des ménages pauvres et très pauvres.
    • L’exode va concerner plus de personnes que la moyenne et va démarrer plus tôt en décembre pour continuer jusqu’en mars/avril et les transferts (à partir de décembre) seront des proportions plus importantes que la normale.
    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    Les ménages pauvres et très pauvres vont disposer des ressources en cash et en nature et consommer pour satisfaire leurs besoins alimentaires et faire des dépenses non-alimentaires en octobre-décembre/janvier pour rester en « insécurité alimentaire aiguë minimale » (IPC Phase 1). En février-mars, les achats vont constituer la source principale de nourriture plus tôt que normale. Suite aux prix qui seront hauts pendant cette période face à des revenus normaux, le pouvoir d’achat des ménages estimé par rapport aux prix céréales va se manifester par des quantités de céréales achetées justes pour couvrir leurs besoins alimentaires avec cependant des déficits de moyens d’existence qui seront observés et qui vont placer la zone sera au niveau « insécurité alimentaire aiguë stresse» (IPC Phase 2).

    Dans la zone pastorale de Nguigmi

    Dans cette zone, la majorité de la population, soit 56 pour cent sont des ménages pauvres et très pauvres avec comme moyens d’existence une à deux têtes de gros ruminants, quatre à six têtes de petits ruminants et de la volaille. La pluviométrie de la zone varie de 100-200mm. Les principales sources de revenus portent sur la vente d’animaux, vente de produits animaux, le gardiennage de troupeau, la vente de bois/charbon, vente de paille, transferts des exodants et l’artisanat. Les aliments consommés proviennent principalement des achats, produits du bétail, dons/Zakat, cantine scolaire et payement en nature. Les dépenses des ménages sont constituées par les achats de vivres (mil et sorgho), les achats de nourriture pour les animaux, les remboursements des crédits et les dépenses sociales (fêtes et autres événements sociaux).

    Situation actuelle

    Cette zone a connu cette année un retard d’un mois dans l’installation de la saison des pluies conjuguées à une longue période de sècheresse en septembre. Cette situation a eu pour conséquence un faible développement du tapis herbacé et un retard de croissance des cultures céréalières. Les fortes pluies enregistrées en août ont provoqué la crue du Lac Tchad où les ménages pauvres ont des champs de maïs produit en décrue. Le niveau plus élevé que la moyenne des eaux n’ont pas permis d’effectuer les semis à la période normale (septembre) et de ce fait les récoltes du maïs seront retardés en décembre au lieu d’octobre/novembre et seront moyennes.

    La zone fait partie des zones où la faible production de biomasse soit 200 à 400 kilogrammes de matières à l’hectare sont enregistrés. Suite à cette faiblesse du disponible fourrager et contrairement à la situation normale, la forte concentration d’animaux est observée dans les zones du lit du lac où il existe de pâturages verts suffisants pour les animaux. Mais la baisse du niveau des eaux va créer les conditions favorables à la culture du maïs en décrue et le retrait des animaux de cette zone de production en novembre 2013. Les marres temporaires ont commencées à tarir normalement et l’abreuvement commence à se faire au niveau des puits et mares semi-permanentes.

    Les marchés de bétail sont caractérisés par des exportations de camelins vers la Libye qui enregistrent une baisse de 20 pour cent par rapport la même période de 2012 à cause des conditions de sécurité. Pour les bovins et les petits ruminants, la demande pour l’exportation vers le Nigéria (principaux marchés de destination des animaux de cette zone) est devenue faible à cause des restrictions des échanges suite au mouvement  de Boko Haram. Le prix des animaux connait une hausse par rapport à la même période 2012. Cette variation des prix des animaux est due à l’état d’embonpoint des animaux qui est actuellement bon, mais aussi la forte demande par les exportateurs surtout pour les jeunes animaux destinés à l’embouche. Les prix des animaux sont hauts de 14 pour cent par rapport à la moyenne mais suite aux prix élevés des céréales, les termes d’échanges bouc/mil sont réduits de 10% par rapport à la moyenne.

    Les approvisionnements des marchés de céréales en mil et sorgho se font avec les importations commerciales du Nigéria en fortes réductions par rapport à la normale et couteux suite à l’insécurité qui entrave les échanges sur les axes habituels du Nigéria. Les prix sont élevés par rapport à la même période de 2012 et à la moyenne des quinquennale à cause des offres qui évoluent au rythme de la demande devenue plus forte que la moyenne suite à la présence des transhumants et des éleveurs venus du Nigéria à cause du conflit. Les prix en septembre 2013 sont de 22 pour cent supérieur à la moyenne pour le mil et neuf pour cent pour le sorgho.

    Suppositions

    Le scénario le plus probable de la sécurité alimentaire décrit d’octobre 2013 à mars 2014 se base sur les hypothèses suivantes:

    • Une baisse importante de la production de fourrages avec une diminution significative précoce, par rapport à la normale, en janvier/février des disponibilités suite à l’arrivée des troupeaux du Nigéria.
    • La transhumance, janvier-juillet/août, vers le Nigéria et le Cameroun en passant par le Tchad n’aura pas lieu à cause des conflits  au nord-est de Nigéria.
    • L’état d’embonpoint va se dégrader en février –mars avec pour corollaire une détérioration des prix et des termes de l’échanges animaux/céréales.
    • Un retard dans la mise en œuvre de la vallée du Lac Tchad et un délai plus long des récoltes de maïs qui seront moyennes.
    • Les flux des céréales des animaux ne vont pas se dérouler selon les axes habituels et vont pousser les prix surtout des céréales à la hausse en janvier-mars.
    • L’insécurité civile au Nigéria va persister et va entrainer un mouvement de personnes vers la zone et une entrave pour la migration au Nigéria pendant leur période normale a partir de janvier. Les transferts de la migration vont baisser en janvier.
    • Les revenus du gardiennage seront en baisse suite à une faible demande en janvier-mars.
    • Les revenus de la main d’œuvre du poivron et des ventes de paille et bois/charbon seront à leurs niveaux moyens en octobre-mars.
    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    Les ménages pauvres et très pauvres pourront couvrir leurs besoins alimentaires et peuvent faire de dépenses non alimentaires grâce aux revenus combinés des animaux vendus, du bois et charbon, du gardiennage et des crédits en octobre-décembre, pour connaitre un niveau de « insécurité alimentaire aiguë minimale » (IPC Phase 1). En janvier-mars, les ménages pauvres et très pauvres auront moins d’animaux et suite à la pression des besoins de consommation de céréales, les animaux seront vendus à des prix inferieurs à la moyenne. Ils auront moins de transfert d’argent, moins de revenus du gardiennage et doivent manger et nourrir leurs animaux à cause du déficit fourrager enregistré dans la zone. Les prix des céréales qui seront plus hauts que la moyenne va conduire les ménages à un faible pouvoir d’achat. Avec de déficits de protection de moyens d’existence, les quantités de céréales (mil) et de lait que leurs moyens permettent d’acheter seront juste au niveau de première nécessité et ils vont souffrir en janvier-mars d’un niveau de « insécurité alimentaire aiguë de stress » (IPC Phase 2).


    Evenements qui pourraient changer les scenarios

    Zone

    Evénement

    Impact sur les conditions de la sécurité alimentaire

    National

    Pression exceptionnelle exercée par les commerçants et les pouvoirs publics pour reconstituer les stocks à des niveaux jamais égalés

    Limitation des flux des zones excédentaires vers les zones déficitaires notamment entre juin-août avec une augmentation plus importante qu’attendu des prix

    Prix des céréales plus élevés qu’estimés en septembre, octobre, novembre et décembre

    Déficits de protection de moyens d’existence ou des légers déficits de survie attendus dans certains endroits.

    Faible mise en valeur des sites de cultures irriguées

    • Faibles opportunités d’emplois agricoles en janvier-mars
    • Baisse des apports alimentaires des cultures irriguées
    • Diminution des revenus

    Troubles supplémentaires au Nigéria avec pour corollaire une amplification des mouvements de populations

    • Augmentation du nombre des refugiés plus que prévu
    • Augmentation de la demande de céréales, de l’offre de la main d’œuvre, et des prix plus important que prévu ;
    • Pouvoir d’achat moins que prévu avec des déficits de protection de moyens d’existence

    Zone agropastorale de Ouallam

    Forte demande de céréales plus importante que prévu OU

    flux d’agricole limité des pays d’importations

     

    Limitation des flux des produits et augmentation des prix des céréales supérieur aux attentes

     

    Nouveau développement de l’insécurité civile au Mali

    Mouvement de populations

    Augmentation de la demande de consommation

    Zone pastorale de Nguigmi

    Renforcement des mesures de fermeture des frontières avec le Nigéria

    Arrêt des flux

    Flambée des prix

    Inondations des cultures du poivron

    Pertes des revenus

    Figures Calendrier Saisonnier pour une Année Typique

    Figure 2

    Calendrier Saisonnier pour une Année Typique

    Source: FEWS NET

    Carte des résultats actuels de la sécurité alimentaire, Octobre 2013

    Figure 2

    Carte des résultats actuels de la sécurité alimentaire, Octobre 2013

    Source: FEWS NET

    Figure 1

    Source:

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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