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Les résultats de la campagne 2011/12 sont globalement moyens pour les cultures céréalières (mil et sorgho) et bons pour les cultures de rente (niébé, arachide, sésame et souchet).
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Toutefois, les productions attendues en mil et sorgho sont estimées très médiocres dans la majeure partie de la région de Tillabéri où les ménages pauvres seront confrontés à des déficits alimentaires.
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Les chenilles mineuses ont été signalées dans la région de Maradi avec des pertes moyennes enregistrées localement.
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L’effet conjugué des stocks hérités de la campagne agricole passée et ceux de la campagne en cours vont maintenir les disponibilités alimentaires des ménages à un niveau normal et les revenus des cultures de rente normaux à bons. L’accès alimentaire sera globalement moyen.
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Au moins 80 pour cent de la population dans chaque zone est actuellement en phase de aucune ou minime insécurité alimentaire aiguë (IPC Phase 1), et l’évolution de l’insécurité alimentaire sera globalement moyenne en 2011/12.
Contexte national en début octobre
On assiste à la fin de la campagne de production agricole de saison hivernale et les résultats seront globalement moyens pour le mil et sorgho et bons pour le niébé, l’arachide et le sésame, sauf dans la région de Tillabéri où les effets conjugués de retard de démarrage et de mauvaises pluviométriques ne permettent pas aux cultures de finir normalement leur cycle végétatif.
La situation pastorale a souffert de multiples périodes de sècheresse particulièrement dans sa partie Ouest et dans le Tadress. En effet, dans la zone pastorale de Tahoua, Tillabéri et le Tadress, la situation pastorale est critique en termes de production de biomasse et de disponibilité en eaux. On note, toutefois, l’existence de zones bien fournies en pâturages (Dakoro, Mainé Soroa, Nord Est de Abalak). L’abreuvement des animaux se fait actuellement grâce aux points d’eaux qui sont encore disponibles mais dont le faible niveau de remplissage présage un tarissement plus tôt que la moyenne. Ainsi, globalement, la production attendue en pâturages est estimée médiocre à moyenne avec un déficit estimé à environ 10 millions de tonnes de matières sèches, soit un niveau de production supérieur à celui enregistrée en 2009 qui a enregistré un déficit fourrager estimé à plus de 16 millions de tonnes de matière sèche.
La situation hydrologique se caractérise par un début de décrue au niveau de la majorité des systèmes hydrologiques (rivières et mares). Sur le Fleuve Niger, la crue locale qui a continué jusqu’en qu’à la deuxième décade du mois de septembre, s’est arrêtée à la troisième décade de septembre suite à l’arrêt des précipitations dans les bassins versants. Toutefois les débits journaliers du Fleuve Niger à Niamey, évoluent au dessus des valeurs moyennes situées à 1250 m3/s. Ainsi, la production rizicole en saison hivernale attendue serait moyenne car les cultures n’ont pas souffert ni de stress hydrique ni d’inondation. Toutefois, les disponibilités en eau sont estimées insuffisantes pour assurer une campagne normale de production de riz irrigué en saison sèche.
Les marchés sont suffisamment approvisionnés en céréales dont une partie est héritée de la campagne agricole 2010. Les céréales et les produits de rente issus des nouvelles récoltes font leur apparition sur les marchés avec des prix aux producteurs qui se situent dans la tendance saisonnière normale. Les prix des animaux sont supérieurs à ceux de l’année passée suite à une demande soutenue occasionnée par les bonnes récoltes céréalières de l’année passée et qui ont permis aux éleveurs de vendre moins d’animaux que d’habitude pour gagner plus de revenus financiers et en nature.
Les produits des nouvelles récoltes font de plus en plus leur entrée dans la consommation alimentaire des ménages. Les aliments consommés par les ménages pauvres sont constitués par l’autoconsommation, les achats de céréales effectués avec les revenus du travail local rémunéré en cash, les revenus des ventes de cultures de rente (niébé) et par les payements en nature qui assurent une consommation alimentaire normale.
Les niveaux et tendances de la malnutrition aiguë globale restent dans la gamme typique pour la saison, en générale supérieure à 10 pour cent hors de Niamey.
Suppositions fondamentales d’octobre 2011 à mars 2012
Les scénarii suivants se basent sur des suppositions fondamentales par rapport à l’évolution du contexte nationale, qui sont :
- Sur la base des indicateurs de suivi, des prévisions de récoltes moyennes d’environ 3,8 millions de tonnes de céréales (moyenne quinquennale variant depuis 2004/05 entre 3,7 millions et 4,0 millions de tonnes) et bonnes de 1 à 2 millions de tonnes pour les cultures de rente.
- La production céréalière et de contre saison sera moyennes à bonne à Maradi, dans certaines localités dépassant la production record de 2010/11. Cette production sera moyenne à bonne en dépit des pertes locales dues aux chenilles mineuses dont les dégâts ne dépassent pas significativement la moyenne, sauf à Aguié où les pertes sont de 15 pour cent et sont légèrement supérieures à la moyenne.
- L’arrivée des sautereaux en fin septembre avec la fin de la saison des pluies était supérieure à la normale. Cependant, seules les céréales toujours en maturation ont connu des pertes. Les cultures dans tout le pays sauf à Tillabéri n’étaient pas significativement affectées par les sautereaux.
- La pression de la demande, qui sera occasionnée par les achats directs de 63 000 tonnes par le gouvernement et la reconstitution des stocks des coopératives et des commerçants, va engendrer une hausse normale des prix en novembre, décembre et janvier qui sera suivie en février/mars/avril/mai/juin par une stabilité à un niveau plus élevé que la moyenne, des augmentations saisonnières de 10 à 15 pour cent seront enregistrées en juillet/août/septembre
- Une forte augmentation de la demande des petits ruminants pour les fêtes de Tabaski et de fin d’année, avec un pic en octobre-novembre et des prix supérieurs de 25 à 35 pour cent à la moyenne.
- La prévalence de la malnutrition aiguë au Niger sera similaire aux niveaux de fond, entre 10-15 pour cent entre octobre et mars. A Tillabéri la prévalence de la malnutrition aiguë sera légèrement plus élevée que la moyenne nationale et la moyenne quinquennale et possiblement inhabituellement supérieur à 15 pour cent.
- La demande locale de main d’œuvre sera normale entre octobre-décembre pour les travaux de récoltes et entre juin-septembre pour les travaux agricoles.
- Entre janvier et mai 2012, les opportunités d’emplois rémunérateurs se créeront comme d’habitude avec les programmes de cash et food for work. La disponibilité et la vente de main d’œuvre seront normales.
- Les disponibilités d’eau permettront de continuer la campagne de contre saison jusqu’en février/mars au lieu de avril/mai en moyenne
- La demande de la paille et du bois sera normale en zone urbaine.
- Il n’y aura aucun impact significatif des pluies tardives d’octobre.
- Le déficit fourrager sera compensé par la transhumance et ne va pas se traduire par une dégradation significative de l’embonpoint des animaux.
- Les marchés seront bien approvisionnés à la faveur de flux internes et externes normaux. Les prix vont évoluer à la hausse compte tenu de la pression qui sera forte sur les marchés.
A la faveur de productions moyennes dans les grands bassins de production agricole (Maradi, Dosso et Zinder), on s’attend à un fonctionnement normal des flux internes et un niveau satisfaisant d’approvisionnement des marchés même si les prix seront hauts suite à la pression de la demande consécutive aux besoins de reconstitution de stocks de sécurité du gouvernement (achat de 63 000 tonnes) et des autres stocks (commerçants, ménages éleveurs et ménages déficitaires…) en décembre et janvier. Les productions attendues dans les pays d’importations de céréales (Nigéria, Bénin…) laissent supposer des flux transfrontaliers qui vont fonctionner normalement et renforcer les flux internes.
Toutefois, des crises alimentaires localisées seront observées principalement dans la zone agropastorale où environ 3,4 millions de personnes, soit une situation similaire à la moyenne des 5 dernières, auront des difficultés pour assurer leur alimentation suite à des déficits de production agricole et de faibles stratégies d’adaptation. La majorité de ces personnes se trouvent dans les départements de Filingué, Tillabéri et Téra de la région de Tillabéri. La sécurité alimentaire sera caractérisée à partir de février/mars par un épuisement des stocks producteurs, des prix élevés des produits sur les marchés locaux et un manque de travail migrant rémunérateur pour les ménages pauvres et très pauvres qui, seront dans une situation de compétition d’offre de main d’œuvre avec d’autres pauvres (ceux de Ouallam) qui ont plus d’avantages comparatifs dans cette stratégie de moyens d’existence.
Ainsi, dans le scénario le plus probable, les stocks de la production propre vont couvrir les besoins alimentaires en octobre jusqu’en janvier (Figure 2). La sécurité alimentaire sera globalement dans la phase de « sans insécurité alimentaire aiguë » avec toutefois, des déficits de protection des moyens d’existence qui seront observés à partir de janvier dans les départements de Filingué, Tillabéri et Téra suite à un déficit de production alimentaire et un faible niveau de stratégies d’adaptation. Compte tenu de la faible production de fourrage dans la zone pastorale de Tahoua et de l’expérience vécue en 2010 pendant la crise pastorale, on pourrait assister à l’adoption de stratégies locales axées sur le déstockage stratégique des animaux qui vont minimiser les effets prévisibles des déficits fourragers (Figure 3).
Evolution des résultats dans la zone agropastorale des départements de Filingué, Tillabéri et Téra
La consommation alimentaire provient actuellement d’une part des stocks de céréales hérités de la campagne précédente (qui était excellente), des produits de cueillette et des achats en attendant le démarrage des nouvelles récoltes. Les disponibilités des aliments sont renforcées par la mise en vente des stocks des coopératives et de l’Etat dans tout le pays.
Les sources de revenus des pauvres et très pauvres sont normales à bonnes (cas de la main d’œuvre agricole dont le prix a augmenté de 50 pour cent par rapport à la moyenne dans cette zone passant de 1000 XOF par jour à 1500 XOF). Les termes de l’échange bétail/céréales sont favorables aux vendeurs d’animaux qui permettent de procurer, en septembre 2011, 180 kg de mil en vendant un bouc contre 151 kg en moyenne et 163 kg en 2010 en septembre 2010.
Les marchés sont bien approvisionnés et présentent des prix similaires à la moyenne saisonnière. L’offre des commerçants est équilibrée par rapport à la demande qui est moyenne compte des bons résultats de la saison hivernale passée et des assistances alimentaires dont les pauvres et très pauvres ont bénéficié en juillet et août passés.
La zone agorpastorale de l’ouest se trouve dans l’isohyète 300-400 mm, mais cette année, le cumul pluviométrique saisonnier varie entre 160 à 300 mm mal répartie dans le temps et dans l’espace. Ainsi, les conditions hydriques des cultures pluviales (mil, sorgho, niébé) sont inférieures aux besoins en eaux pendant les phases critiques de développement phénologique des plantes. Cette situation se traduit aussi par des faibles niveaux de remplissage des points d’eaux par rapport aux niveaux moyens et un fort taux de déficit hydrique des plantes fourragères.
Les déficits de production agricole seront plus importants dans la zone agropastorale qui représente 30 à 40 pour cent de la superficie totale de la région de Tillabéri (contre 15 à 20 pour cent pour la zone agricole, 5 à 15 pour cent pour la zone pastorale et 15 à 20 pour cent pour la zone riveraine du Fleuve Niger).
Les chocs principaux entre octobre et mars sont :
- Les impacts des aléas pluviométriques sur les zones agricoles et riveraines de la région de Tillabéri ne sont pas significatifs.
- L’arrivée des sautereaux à Tillabéri coïncidait avec la maturation des cultures de mil et ont provoqué des baisses additionnelles de la production d’environ 15 pour cent dans les zones agropastorales.
- On s’attend à ce que la production soit en baisse de 60 pour cent pour le mil et sorgho et 50 pour cent pour le niébé par rapport aux niveaux moyens, un niveau comparable à celle de 2009.
- Les prix des céréales traditionnelles et du niébé seront supérieurs aux niveaux de l’année passée ; il est peu probable qu’ils dépassent les niveaux nominaux de 2008/09 ou 2009/10.
- Consécutivement aux faibles niveaux de remplissage des points, on va assister à une forte réduction de la durée de la disponibilité en eaux en janvier et un tarissement précoce des points d’eaux en février avec pour corollaire un arrêt en février/mars au lieu de mars/avril) de la production agricole en saison sèche. La production agricole en contre saison sera en baisse de 25 à 50 pour cent par à la moyenne. Les revenus moyens tirés de la vente de fruits et légumes seront normaux suite à l’amélioration de leur valeur marchande consécutive à une faible offre mais les revenus seront gagnés au détriment des apports calorifiques des cultures de contre saison dans les consommations alimentaires des ménages pauvres et très pauvres.
- Cette zone sera aussi confrontée à un déficit de production fourragère dans les enclaves pastorales suite à une pluviométrie agricole insuffisante par rapport aux besoins en eaux des plantes. Les prix des foins seront hauts de 30 à 50 pour cent par rapport à la moyenne à partir de février comme en 2009.
Cette ampleur de la baisse de la production agricole va se manifester par la fin des stocks céréaliers des ménages pauvres en décembre/janvier (environ deux mois plus tôt que d’habitude). Les ménages pauvres et très pauvres auront un recours plus tôt que la normale aux marchés à partir de décembre au lieu de février normalement pour achat de céréales, soit une durée plus longue de 2 à 3 mois des achats comme source de nourriture. Cela va engendrer une hausse plus tôt que la moyenne des prix des céréales supérieurs de 10 à 15 pour cent en janvier-avril contre une moyenne de 5 à 10% respectivement. Cependant la perte des revenus tirés de la vente de niébé à partir de décembre ne sera que légère vu l’importance attendue du prix.
Les ménages pauvres et très pauvres vont développer des stratégies d’adaptation telles que la vente de bois et paille mais leur faible niveau d’intégration dans le réseau de collecte et de vente de bois dans les centres urbains et de travail migrant vont limiter fortement l’efficacité de ces stratégies à combler les gaps. Les résidus agricoles et la paille seront faiblement disponibles pour les ventes qui procurent 15 à 20 pour cent de revenus aux ménages pauvres et très pauvres en année normale. Cela se traduira par un coût de l’entretien des animaux qui passe de 750 XOF par jour en moyenne à 950 à 1200 XOF par jour à partir de mars et une baisse de la demande des animaux pour la pratique d’embouche par les ménages pauvres et très pauvres qui ne peuvent pas profiter de la hausse conséquente des prix des animaux.
La consommation alimentaire sera constituée par les récoltes de mil et sorgho entre octobre-décembre/janvier (au lieu de mars/avril dans une année moyen). L’accès aux aliments sera normale sans recours à des stratégies d’adaptation négatives jusqu’en décembre. Ainsi, on n’attend pas à ce que les taux de la malnutrition aiguë soient significativement différents de la moyenne. On s’attend à ce que les ménages pauvres et très pauvres soient sans insécurité alimentaire aiguë d’octobre à décembre.
Les achats ponctuels seront opérés avec les revenus qui seront générés par la vente de niébé, de paille et le travail rémunérateur local en octobre à décembre/janvier. La dépendance presque totale sur les achats va commencer en janvier/février au lieu de mars comme d’habitude. Compte tenu des prix qui seront hauts par rapport à la moyenne, les ménages pauvres et très pauvres seront confrontés à de fortes réductions des quantités de céréales achetées en janvier-mars. La consommation alimentaire pourrait se dégrader significativement à partir de janvier/février jusqu’en avril/mai et les stocks de niébé, de la paille et la couverture des programmes cash et food for work seront insuffisants pour permettre à tous les pauvres et très pauvres de disposer de revenus suffisants pour l’achat de céréales.
Sur les marchés qui seront bien approvisionnés, les prix vont rester hauts avec des pics en juillet et août. Le nombre de migrants sera en augmentation par rapport à la moyenne mais la demande de travail migrant va rester aussi importante et suffisante par rapport à l’offre. Ce nombre élevé de migrants va se traduire par une absence de bras valides dans certains ménages pour bénéficier des revenus en nature et en espèce des programmes de cash et food for work.
L’insécurité alimentaire qui va se situer au niveau « crise », en juin/juillet va se poursuivre en août car les assistances seront insuffisantes compte tenu du nombre plus élevés que la moyenne de ménages vulnérables dans cette zone et les prix de la main d’œuvre seront normaux alors que cette ressource constitue en cette période la seule source de revenus de ménages qui seront plus nombreux que la moyenne.
On s’attend que le taux de malnutrition des enfants soit proche du seuil d’urgence en janvier-mai et comparable au seuil d’urgence en juin-septembre.
Les ménages pauvres et très pauvres du département de Ouallam, qui a subit le même choc sur la production agricole et pastorale, ne seront pas en insécurité alimentaire aiguë pendant la période du scénario. Les moyens d’existence à Ouallam sont relativement plus dépendants des marchés et moins dépendants sur la production agricole. De plus, leurs sources de revenus (vente de bois, de paille, travail domestique, transfert d’argent) ne seront pas significativement affectés par ces chocs et vont rester normales. Ainsi, on ne s’attend pas à voir jusqu’en mars, des déficits alimentaires ni de protection de moyens d’existence pour les ménages pauvres et très pauvres de Ouallam qui n’auront pas ainsi besoin d’assistances.
Après mars, les suppositions suivantes sous-tendent la perspective :
- Une prévalence des maladies saisonnières, notamment le paludisme et parfois le choléra, favorisées par les conditions pluviométriques attendues en 2012/13 moyennes en juillet/août/septembre. Toutefois, la situation pourrait rester dans la tendance saisonnière normale à la faveur des interventions axées sur la prévention et la prise en charge de la malnutrition.
- Les ventes à prix modéré et les distributions gratuites ciblées se réaliseront entre mai/juin et août 2012.
- Les prix des céréales seront supérieurs de 10 à 15 pour cent en avril/mai et 15 à 20 pour cent en juin-septembre par rapport à la moyenne.
- Le coût de l’entretien des animaux passera de 750 XOF par jour en moyenne à 950 à 1200 XOF par jour à partir de mars. Cela entrainera une baisse de la demande des animaux pour la pratique d’embouche par les ménages pauvres et très pauvres qui ne peuvent pas profiter de la hausse conséquente des prix des animaux.
- En juillet, août et septembre, les assistances alimentaires vont renforcer l’accès alimentaire mais n’arrivent pas à couvrir tous les besoins de tous les ménages pauvres et très pauvres. Donc les assistances alimentaires ne vont pas significativement entrainer une baisse de la demande de céréales qui va rester à un niveau moyen à haut durant la période de janvier à avril mais plus haut à partir de juin jusqu’en septembre suite au retour des migrants.
La demande de consommation alimentaire augmente à partir d’avril suite au retour des migrants et des besoins céréaliers pour les travaux champêtres en mai-juin-juillet-septembre. Les marchés restent la source principale pour l’alimentation des ménages dont les pauvres et très pauvres constituent la majorité. Ces marchés connaitront des dysfonctionnements avec souvent des ruptures d’approvisionnements qui seront observés dans les zones enclavées et déficitaires en juillet-août-septembre. Les prix seront plus hauts que la moyenne et ceux de 2011 en juin-juillet-août-septembre. La vente de main d’œuvre agricole va constituer en cette période la source de revenu mais les prix étant normaux, vont permettre d’acheter les céréales dont les quantités réduites seront complétées par les assistances alimentaires qui seront conduites en juillet-août-septembre. L’intensification des activités comme le travail agricole et les assistances alimentaires vont permettre de compléter la consommation alimentaire qui sera en dégradation en avril/mai/juin suite à l’épuisement des stocks de réserves. En juillet/août et septembre, la vente de main d’œuvre agricole et les assistances alimentaires (distributions gratuites ciblées) seront généralement suffisantes pour générer les ressources alimentaires nécessaires.
L’insécurité alimentaire va globalement évoluer « en stress alimentaire » pendant toute cette période. Cependant, malgré ces assistances, la dépendance plus accrue que d’habitude sur les marchés, à Téra, Tillabéri, et surtout à Filingué, fera que les ménages très pauvres à pauvres soient à risque de se trouver en insécurité alimentaire aiguë de niveau Crise (IPC Phase 3) à partir d’avril allant jusqu’à août/septembre.
Tableau 3. Evénements moins probables dans les prochains six mois qui pourraient changer les scenarios ci-dessus.
Zone | Evénement | Impact sur les conditions de la sécurité alimentaire |
|---|---|---|
National | Pression exceptionnelle exercée par les commerçants et les pouvoirs publics pour reconstituer les stocks à des niveaux jamais égalés | Limitation des flux des zones excédentaires vers les zones déficitaires notamment entre juin-août avec une augmentation plus importante qu’attendu des prix |
Forte appréciation de la Naira au Nigéria | Augmentation de la demande au Nigeria des céréales du Niger, hausse des prix au dessus de la moyenne sur les marchés nationaux | |
Zone Agropastorale de Filingué, Tillabéri et Téra. | Assistance alimentaire plus forte qu’attendue | Forte couverture des programmes, amélioration aux revenus et aux aliments par rapport aux attentes |
Poursuite de pluies utiles jusqu’en octobre Inondation à grande échelle | Production agricole moyenne avec une normalisation des prix et une amélioration de l’accès alimentaire par rapport au scénario. | |
Disponibilité plus longue des ressources en eaux qu’attendu dans le scénario ; durée plus longue des activités de culture de contre saison avec une disponibilité et diversité alimentaire et des revenus des producteurs meilleurs qu’attendus dans le scénario | ||
Bonnes disponibilités fourragères et de paille pour la vente. Prix rémunérateurs des animaux, des termes de l’échange de bétail à céréales sera plus rémunérateurs que prévu et il y aura un engouement moyen pour l’embauche. |
Source : FEWS NET
Source : FEWS NET
Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.